Art contemporain / C'est parti pour plus de trois mois d'art contemporain en différents lieux de la métropole. La 17ᵉ Biennale d'art contemporain, rassemblera quelque 80 artistes internationaux et nombre de productions inédites.
Une biennale d'art contemporain est une équation à 80 inconnu(e)s... Quatre-vingts artistes internationaux, souvent jeunes, qui viennent à Lyon montrer de nouvelles productions. Les commissaires d'exposition invités n'étant pas mathématiciens, il arrive souvent que les biennales soient un peu bringuebalantes et décousues. Les meilleurs « crus » furent souvent des biennales resserrées autour d'une thématique précise ou bien autour d'un médium phare : biennale autour de l'art vidéo en 1995, « Partages d'exotisme » en 2000, biennale largement consacrée au dessin et à l'inquiétante étrangeté en 2011... Créée en 1991 par Thierry Raspail et Thierry Prat, le challenge d'une biennale lyonnaise était pour eux de tendre au maximum vers la cohérence d'une exposition. Pari difficile donc, et que relèvera cette année Alexia Fabre, directrice de l'École des Beaux-Arts de Paris.
Le thème un peu énigmatique qu'elle a retenu s'intitule : « Les voix des fleuves », thème fluvial et liquide décidément récurrent après « Mondes flottants » en 2017 ou « Là où les eaux se mêlent » en 2019. Et, lorsque Alexia Fabre précise sa thématique, le sens en demeure encore bien flou : « Les relations humaines et l'accueil de l'autre sont au cœur de cette invitation adressée aux artistes comme au public. Les artistes ont interprété librement ce thème et l'ont enrichi de leurs visions et expériences de ce qui nous lie et nous délie, nous sépare ou nous rassemble. Les œuvres créées pour cette édition témoignent de l'espoir en la force du collectif, de la nécessaire conversation entre les êtres et avec leur environnement pour construire, transmettre, faire corps et société. »
Confronter œuvres récentes et contemporaines
Derrière les titres et les beaux discours consensuels, cette 17ᵉ biennale s'annonce originale par l'accent porté sur la jeune création internationale, avec des artistes fraîchement diplômés, et l'investissement de nouveaux lieux : la Cité internationale de la gastronomie, et les Grandes Locos, site immense occupé auparavant par un centre technique de la SNCF. Là, dans deux grandes halles et à l'extérieur, nous découvrirons les installations les plus impressionnantes, signées par exemple Hélène Delprat, Nicole Stéphane, Myriam Mihindou, Mona Cara...
La Biennale 2024 reprend par ailleurs l'idée (au Musée d'art contemporain surtout) de confronter des œuvres récentes avec des œuvres contemporaines d'artistes reconnus (et parfois décédés) comme Le Voyage de Noces de Christian Boltanski et Annette Messager, une installation vidéo de la cinéaste belge Chantal Akerman, Le Baiser (deux projecteurs accolés l'un à l'autre) d'Ange Leccia... Parmi les artistes invités connus des amateurs d'art contemporain, on notera avec enthousiasme la présence de Jesper Just, Hans Schabus, Edi Dubien, Olivier Beer, Julien Discrit, Delphine Balley, Mathieu Pernot...
L'Institut d'art contemporain de Villeurbanne accueillera quant à lui, et comme de coutume, dix artistes émergents (5 de la région Auvergne-Rhône-Alpes et 5 étrangers), gage souvent de bonnes rencontres !
17ᵉ Biennale d'art contemporain de Lyon
Du 21 septembre au 5 janvier 2025.