Un été à repriser

ECRANS | Très bon été pour les reprises et le cinéma de patrimoine avec un hommage à Romy Schneider au Zola, un cycle consacré aux années 80 au Comœdia et l’incontournable Été en cinémascope sur la place Ambroise Courtois. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 16 juillet 2012

Photo : Blue velvet de David Lynch


Alors que la rentrée s'annonce carrément excitante sur le front du cinéma de patrimoine avec une rétrospective David Lean à l'Institut Lumière (du 30 août au 5 octobre) puis le festival Lumière, dont on a appris cette semaine qui serait l'heureux lauréat du Prix Lumière, à savoir Ken Loach. Passée la surprise — les rumeurs donnaient plutôt un cinéaste américain — le choix n'est pas idiot car, alors qu'on pestait contre les éloges reçus par le très faible La Part des anges, on se disait qu'il serait bon de rappeler que Loach n'est pas l'auteur sérieux de films sociaux plombés qu'on pouvait décrire à la va-vite, mais un metteur en scène qui a su, autour d'un environnement précis (les couches populaires anglaises) tisser d'infinies variations allant du romanesque historique à l'expérimentation narrative, du cinéma de genre à la fable contemporaine.

Romy impératrice

Mais là, tout de suite, c'est l'été, et entre deux blockbusters et quelques fonds de tiroir pas du tout honteux, il y a de beaux morceaux d'histoire du cinéma projetés à Lyon en juillet/août. À Villeurbanne aussi, puisque le Zola a dégainé le premier avec son hommage à Romy Schneider. Cette semaine, c'est l'incontournable Les Choses de la vie où elle partage l'affiche avec Michel Piccoli devant la caméra de Claude Sautet, qu'elle retrouvait quelques années après César et Rosalie. La séquence d'ouverture, spectaculaire accident de voiture, ainsi que la chanson dite «d'Hélène» composée par Philippe Sarde, l'ont rendu mythique, mais il est bon de revoir ce fondamental de l'œuvre de Sautet, cinéaste souvent cité mais rarement égalé dans sa capacité à saisir l'essence fugace des relations humaines. Le cycle se termine la semaine suivante avec le curieux L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot, où Serge Bromberg tente de réunir rushs, entretiens et mise en espace contemporaine de ce film inachevé pour cause de mégalomanie de son réalisateur, d'infarctus de son comédien et de préparation hasardeuse.

Bonne soupe

Au cours de son désormais rituel Été en cinémascope en plein air, place Ambroise Courtois, l'Institut Lumière témoigne une fois de plus de son hétéroclisme, faisant le grand écart entre le mélodrame cinéphile Loin du paradis (le 24 juillet), où Todd Haynes transforme Julianne Moore en héroïne de Douglas Sirk, et Un éléphant ça trompe énormément d'Yves Robert (le 21 août), classique du cinéma de copains dont les dialogues (signés Jean-Loup Dabadie) et les personnages (incarnés par Rochefort, Lanoux, Bedos et Brasseur) forment un iceberg culte dans lequel la comédie française n'arrête pas de se heurter à force de vouloir en retrouver la formule. Au milieu, un Marx Brothers parfait, car dirigé par Leo McCarey, le seul cinéaste à avoir compris le génie des frangins, La Soupe au canard (31 juillet) et une électrisante fresque de gangsters à l'italienne (Romanzo criminale de Michele Placido, le 7 août). La manifestation se terminera le 28 août avec le génial Un après-midi de Chien de Sidney Lumet, mais on en touchera un mot lors de notre numéro de rentrée.

Stars 80

Très actif durant la saison chaude pour rafraîchir ses spectateurs fidèles avec des reprises de derrière les fagots, le Comœdia met les bouchées doubles cette année. D'abord avec quelques classiques de luxe : La Garçonnière de Billy Wilder à partir du 1er août, Mélodie pour un tueur de James Toback à partir du 8 août, dont Jacques Audiard avait titré De battre mon cœur s'est arrêté, et La Servante, mélodrame sud-coréen dont Im Sang-Soo avait fait un remake acide et percutant, The Housemaid, il y a deux ans, à découvrir dès le 15 août ; puis avec un formidable cycle consacré aux années 80 dans le cinéma américain, décennie d'abord décriée et actuellement en cours de réévalutation. Si l'on s'en tient à la liste, soigneusement choisie, de cette rétro, c'est sûr qu'elle n'a pas à rougir de la comparaison avec la glorieuse décennie précédente.

En 1980, Martin Scorsese signe un des derniers chefs-d'œuvre du Nouvel Hollywood, Raging Bull (à voir le 12 août), bio filmée de Jake La Motta, boxeur à la trajectoire sulpicienne, vaincu par son orgueil et sa jalousie. En 1986, David Lynch reprend le cours de sa carrière en main après le fiasco Dune en tournant Blue Velvet (22 juillet), dans lequel il propulse Kyle MacLachlan au cœur d'une sombre histoire de kidnapping, de perversion sexuelle et de gangster défoncé à l'oxygène (Dennis Hopper, qui relançait la sienne aussi, de carrière). La même année, David Cronenberg fait un hold-up avec La Mouche (19 août), transformant la commande de ce remake d'une médiocre série B d'horreur en tragédie romantique autour de la déchéance physique d'un scientifique amoureux d'une journaliste. En 1989, Gus Van Sant prend son envol en filmant Matt Dillon en toxico burrougsien (l'auteur fait d'ailleurs une apparition clin-d'œil dans le film) dans Drugstore cowboy (29 juillet). Que du très bon dans cette sélection qui s'achèvera fin août avec une autre pépite Sidney Lumet, À bout de course… dont on touchera là encore un mot, sinon deux, à la rentrée. On vous l'a dit qu'elle allait être chargée !

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L’Été en Cinémascope, le retour

En Plein Air | Hommages et déserts au menu de l’Été en Cinémascope 2021, avec en sus de somptueux plats de résistance. Réservez tout de suite un mardi et sept jeudis ; en plus, c’est gratuit !

Vincent Raymond | Lundi 5 juillet 2021

L’Été en Cinémascope, le retour

Un temps, on a redouté que la place Ambroise-Courtois demeure silencieuse et obscure durant les mois chauds — ce qui eût été une première depuis un bon quart de siècle ! Fort heureusement, il n’en sera rien : du 1er juillet au 31 août (admirez l’amplitude et la précision de la couverture), l’Été en Cinémascope vient meubler nos soirées avec une programmation à l’image de la programmation de l’Institut Lumière dont il dépend : d’un éclectisme sans aucune frontière. S’ouvrant avec Cuisine et dépendances de Philippe Muyl (jeudi 1er juillet à 22h) et une pensée pour Jean-Pierre Bacri, le cycle se poursuit avec une autre histoire d’appartement — totalement de saison —, le délicieux 7 ans de réflexion de Billy Wilder (mardi 6 à 22h) qui incitera à prendre le métro pour rentrer et un bain moussant à la maison. En écho au 40e anniversaire de Jazz à Vienne, la soirée du 13 débutera à 21h par un set musical salsa afro-cubaine par le groupe Guaracha Sabrosa suivi par l’une

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Séances à l'air libre

L’Été en Cinémascope | Il est toujours hasardeux de tenter de trouver un point commun entre les films retenus pour l’Été en Cinémascope. Convenons au moins que l’ensemble respecte certains critères…

Vincent Raymond | Mardi 11 juin 2019

Séances à l'air libre

Pas étonnant que vous ayez une impression de déjà-vu : les films projetés depuis des temps immémoriaux sur la place Ambroise-Courtois au dos du monument dédié aux inventeurs du Cinématographe, ont tous vu le jour dans les salles obscures avant de rendre vos nuits estivales plus belles. Mais pour se retrouver au programme, ils doivent constituer un ensemble harmonieux réunissant à la fois des œuvres du patrimoine, des films à très grand spectacle hyper récents, du cinéma d’auteur, des classiques ; un savant mélange du 7e art international compacté en huit films. Cette année, c’est le très beau road movie familial de Matt Ross avec Viggo Mortensen, Captain Fantastic (2016) qui ouvre — grand — les festivités mardi 25 juin : où il est question de liens du cœur plus forts que la mort. Le cœur, toujours lui, bat fort dans Moi, Daniel Blake de Ken Loach : cette seconde Palme d’Or (2016) du Britannique conte les déboires des plus pauvres des pauvres confrontés à la bureaucratie au front de taureau. En hommage

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De Priscilla à Travolta

L’Été en Cinémascope | Peu importe que l’on soit par terre, sur un coussin, une chaise pliable ou un gradin, avec l’Été en CinémaScope, on a peut-être le bas du dos endolori, mais les yeux sont au 7e ciel…

Vincent Raymond | Mardi 19 juin 2018

De Priscilla à Travolta

« Tenue légère adaptée pour le désert ». Voilà le dress code que l’Été en CinémaScope devrait imposer au public lors de la première séance de sa nouvelle saison… Encore faut-il pouvoir compter sur une météo estivale clémente, ce qui relève hélas de l’utopie. Les courageux et courageuses peuvent oser les escarpins compensés et les bustiers moulants : ils et elles feront sensation mardi 26 juin pour la projection en plein air de Priscilla, folle du désert (1994), road movie musical dans le bush — en anglais, ça veut notamment dire buisson — australien et son Outback — son arrière-pays, si vous voulez. On changera radicalement d’ambiance la semaine suivante (c’est la vertu de ce rendez-vous : zapper d’un style, d’une ambiance, d’un genre à l’autre) en partageant le gigot de la colère servi par Claude Sautet à Vincent, François, Paul et les autres (1972). Une œuvre visionnaire sur l’évolution urbaine et de la classe moyenne pré-soixante-huitarde. Parenthèse asiatique le 10 juillet avec le polar mélancoliq

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La passante aux cent soucis : "3 jours à Quiberon"

Le Film de la Semaine | Emily Atef et Marie Bäumer ressuscitent Romy Schneider au cours d’un bref épisode de sa vie. Mais davantage qu’un “biopic à performance“, ce film tient de l’essai cinématographique, du huis clos théâtral et du portrait de femme, d’actrice, de mère.

Vincent Raymond | Lundi 11 juin 2018

La passante aux cent soucis :

1981. En plein doute sentimental et professionnel, Romy Schneider est partie en cure de repos à Quiberon. Bien qu’en froid depuis des lustres avec la presse allemande, elle accepte au nom de son amitié avec le photographe Lebeck une interview pour le Stern. L’occasion de faire le point… Cénotaphe froidement révérencieux, hagiographie méthodique, recueil d’images dorées autorisées… Le biopic est sans nul doute le genre cinématographique le plus prévisible et le moins passionnant. Si l’on y songe, il procède d’ailleurs trop souvent d’un dialogue d’initiés entre un fétichiste — le cinéaste — et une foule de fans autour de l’objet de leur fascination commune ; fascination quasi-morbide puisque l’idole en question a la plupart du temps trépassé. Alors que le cinéma est un art (collectif) de la fabrication, de la reconstitution, rares sont les films osant s’affranchir du cadre illusoire de l’histoire officielle pour construire une évocation : ils préfèrent s’engager dans l’impossible réplique du modèle… S’employer à le cerner plutôt que de le contrefaçonner permet de se débarrasser du leurre du mimétisme, et donn

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Marie Bäumer : « je me suis approchée de Romy Schneider en prenant de la distance »

3 jours à Quiberon | Prêtant sa voix et sa silhouette à Romy Schneider, la comédienne Marie Bäumer compose un portrait troublant de sa compatriote. Instantanés recueillis lors des Rencontres du Sud d’Avignon, à proximité de sa résidence française.

Vincent Raymond | Lundi 11 juin 2018

Marie Bäumer : « je me suis approchée de Romy Schneider en prenant de la distance »

Aimez-vous, autant que Romy semble l’apprécier dans le film, être prise en photo ? Marie Bäumer : J’ai toujours beaucoup aimé la photographie ; j’ai toujours aimé voir le résultat, mais pas forcément le moment-même. Je me suis dit en grandissant que ça allait être plus facile, mais c’est le contraire : le moment avec un photographe est beaucoup plus intime que dans le cinéma où l'on a encore la protection du personnage. Avec un photographe, c’est vraiment que moi et lui ou elle. Je suis toujours contente quand je peux faire des séances de photo avec des photographes que je connais ; c’est beaucoup plus facile. Qu’avez-vous reconnu de Romy Schneider en vous qui vous a convaincue d’accepter ce personnage — au-delà d’une évidente similitude physique ? Depuis que j’ai 16 ans, les gens m’ont comparée à Romy Schneider. À l’époque, je ne savais pas qui c’était : j’ai grandi sans téléviseur et j’allais rarement au cinéma, et quand j’étais petite, je ne regardais pas ses films. Je me suis un peu plus confrontée à elle et ses films durant ma formation de comédie

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Vincent Raymond | Mardi 21 juin 2016

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Précurseur de la manifestation pluriculturelle Tout l’monde dehors, le rendez-vous estival de l’Institut Lumière joue chaque année à fond la carte de la gourmandise cinéphilique en brassant les styles et les époques. Il convoque d’une semaine sur l’autre un réjouissant coq-à-l’âne d’ambiances : d’une saignante critique sociale sur fond de football dans une quelconque ville de province digne d’être une sous-préfecture chabrolienne (Coup de tête, photo) l'on passe à un film à sketches d’Ophuls d’après Maupassant (Le Plaisir), puis l’on roule en Lancia dans l’insouciance de l’Italie ensoleillée (Le Fanfaron), avant de retrouver la vivacité baroque et transformiste d’Almodóvar (Talons aiguilles), l’ambiance lourde d’un thriller post-franquiste (La Isla Minima) et le destin brisé d’une icône autodétruite par ses addictions et son trop plein de souffrance comme de talent (

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Christophe Chabert | Mercredi 1 juillet 2015

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Ça ne chôme pas du côté de l’Institut Lumière ; à peine le Prix Lumière annoncé sous les vivats des spectateurs, c’était déjà le début de l’Été en cinémascope, cycle de projections estivales en plein air place Ambroise Courtois. Signalons par ailleurs que l’Institut termine sa saison indoor avec une série de films italiens très rares dont le magistral Les Jours contés d’Elio Petri, fable cruelle sur la vie gâchée par le travail découverte au festival Lumière en 2011. Mais revenons à nos moutons extérieurs et à la programmation, comme d’habitude joliment hétéroclite, de L’Été en Cinémascope. On y trouve pêle-mêle du classique populaire (Le Corniaud de Gérard Oury et son «forcément, elle va marcher beaucoup moins bien» bourvilesque), de la comédie musicale (Beau Fixe sur New York du tandem Kelly-Donen, moins connu mais pas moins génial que Chantons sous la plui

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Le Festival Lumière lancé, il est temps pour l’Institut Lumière de sortir de son Cinéma Lumière (malheur du journaliste qui abhorre les répétitions, tout s’appelle Lumière désormais rue du Premier film) pour investir la place Ambroise Courtois et proposer en plein air et à la tombée de la nuit, un nouvel Été en Cinémascope (qui ne s’appelle pas encore L’Été en Cinémascope Lumière ; ouf !). Cette saison, il y aura du Tsui Hark, du Truffaut, du Woody Allen et du Hitchcock au menu (et aussi du vélo, centenaire du Tour oblige), mais l’apéritif d’ouverture tient déjà bien au ventre, puisqu’il s’agit de La Nuit nous appartient, James Gray cuvée 2007 et sommet de sa trilogie mafieuse. Antidaté dans les années 90, contexte souligné dès une première scène où l’on entend Heart of glass de Blondie à fond les enceintes d’une boîte de nuit pendant que, dans les bureaux, Eva Mendes se prodigue quelque plaisir manuel sous les yeux ébaubis de Joaquin Phoenix — température estimée sur la place à cet instant de la projo : 50°

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Christophe Chabert | Lundi 2 juillet 2012

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L’Été en Cinémascope, le programme de films en plein air de l’Institut Lumière, a commencé mardi dernier avec la projection de César et Rosalie en hommage à Romy Schneider (auquel le Zola consacre aussi une rétrospective cet été, on y reviendra). Pour sa deuxième séance, c’est le magnifique Le Labyrinthe de Pan qui sera proposé aux spectateurs de la Place Ambroise courtois. Sommet provisoire dans l’œuvre de Guillermo Del Toro (qui, il est vrai, n’a tourné depuis que le beau Hellboy II, se faisant régulièrement éjecter ensuite de tous les projets auxquels il fut associé), le film raconte la guerre d’Espagne du point de vue d’une petite fille dont la mère a épousé en secondes noces un capitaine de l’armée franquiste particulièrement cruel (Sergi Lopez, parfait même s’il n’a pas caché par la suite sa difficulté à s’adapter à la direction très mécanique du cinéaste). Pour affronter la violence de la réalité, elle s’évade dans un monde imaginaire qui n’est pas fait que de merveilles, mais aussi de monstres effrayants e

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Christophe Chabert | Mercredi 18 juillet 2007

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Cinéma / En cette période de refroidissement climatique, le cinéma en plein air n'est peut-être pas la meilleure idée du monde. Et pourtant, il y a de beaux films à se mettre sous la rétine pour la cuvée 2007 de L'Été en cinémascope. Comme chaque année, l'Institut Lumière pioche sans réelle thématique dans des films venus du monde entier, grands classiques et petites raretés du 7e art lancés à la volée chaque mardi sur la place Ambroise Courtois. Après Un homme et une femme et Le Pigeon, on continue avec Tenue de soirée de Bertrand Blier. Gros succès à l'époque, un peu oublié depuis, le film marque la fin de l'incroyable première partie de carrière du cinéaste et annonce même son affaissement par la suite : si les 45 premières minutes sont du très grand Blier, avec des dialogues salés et un trio d'acteurs (Blanc-Miou Miou-Depardieu) impressionnant, la suite claudique et tire la langue jusqu'à un final inutilement provo. Ensuite, on ne passera pas à côté du Gentleman Jim de Raoul Walsh avec Errol Flynn, chef-d'œuvre d'un genre qui en a produit beaucoup, le film de boxe. Après deux œuvres dont le lyrisme pompier nous laisse de marbre (Le Mariage des moussons de Mira Nair et Frida de

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