Quartet

ECRANS | De Dustin Hoffman (Ang, 1h38) avec Maggie Smith, Michael Gambon, Billy Connolly...

Jerôme Dittmar | Mercredi 27 mars 2013

Depuis Quatre mariages et un enterrement, l'Angleterre fait figure d'Eldorado de la comédie romantique. Si à Hollywood celle-ci a plongé dans l'hyper vulgarité ou au mieux la relecture post-geek, Outre-Manche le genre se découvre une nouvelle tendance : la version troisième âge. La vieille Europe voudrait-elle ainsi dire que l'amour n'est pas qu'un truc de trentenaires ou réservé aux héros des films de Judd Apatow ? Qui sait. Après Indian palace et sa maison de retraite délocalisée, voici en tout cas Quartet, ou la demeure chic pour musiciens classiques en fin de vie. Piloté par Dustin Hoffman, dont l'âge avoisine celui de son casting, le film ne brille ni par son intrigue (pour se reformer un quatuor doit faire face au temps passé sur les plans professionnel et sentimental), ni par sa mise en scène (cosy et surtout pépère). Le cinéaste en herbe trouve évidemment là un film miroir, un peu embarrassant, auquel il manque un supplément d'audace et de style pour ne pas tomber dans l'oubli.

Jérôme Dittmar


Quartet

De Dustin Hoffman (Ang, 1h38) avec Maggie Smith, Tom Courtenay...

De Dustin Hoffman (Ang, 1h38) avec Maggie Smith, Tom Courtenay...

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À Beecham House, paisible pension au cœur de la campagne anglaise qui accueille des musiciens et chanteurs d’opéra à la retraite, le bruit court qu’une nouvelle pensionnaire arriverait sous peu.


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Le Lauréat, ou comment le jeune Hoffman tua le vieil Hollywood

ECRANS | Alors que Dustin Hoffman vient de souffler gaillardement ses huitante bougies, le cycle Amérique rebelle du Ciné-Collection nous incite à nous pencher sur (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

Le Lauréat, ou comment le jeune Hoffman tua le vieil Hollywood

Alors que Dustin Hoffman vient de souffler gaillardement ses huitante bougies, le cycle Amérique rebelle du Ciné-Collection nous incite à nous pencher sur le film qui le fit connaître voilà tout juste un demi-siècle, Le Lauréat de Mike Nichols. Bien que trentenaire au moment du tournage, le comédien y promène une bouille poupine et éberluée ; celle de Ben Braddock, un jeune diplômé entamant une “coupable” liaison avec la séduisante mère d’Elaine Robinson, sa promise. « Pfff ! Un argument de porn-milf-movie », grommellent déjà les millenials en triturant leur smartphone. Sauf que dans le contexte de l’époque — Woodstock n’a pas encore eu lieu, jeunes impatients — ce genre de romance est considérée contre-nature par les si moralistes studios hollywoodiens. Mais le code Hays, qui (auto-)censure les productions, vit ses derniers instants. Et Nichols s’en donne à cœur joie pour l’achever en multipliant les transgressions : à son script “scabreux”, il a ajouté un montage “obscène” (pour matérialiser le trouble de Ben, il glisse des inserts de femme nue, rendez-vous compt

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Little Big Man : “J’ai été un Indien, moi, monsieur !”

ECRANS | Au moment où Sergio Leone redéfinissait — en Europe de surcroît — la forme canonique du western, Arthur Penn contribuait avec Little Big Man (1970) à (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 septembre 2016

Little Big Man : “J’ai été un Indien, moi, monsieur !”

Au moment où Sergio Leone redéfinissait — en Europe de surcroît — la forme canonique du western, Arthur Penn contribuait avec Little Big Man (1970) à renverser la table hollywoodienne en contestant la version édulcorée du récit national étasunien colportée par les dogmes et les poncifs de ce genre héroïque. Sous ses dehors de comédie d’aventures bariolée, cette saga apparaît comme révolutionnaire à plus d’un titre. Parce qu’elle donne des Américains natifs une représentation positive — ils ne sont plus ces éternels sauvages violents et braillards ; ces agresseurs ignares du Blanc, mais les détenteurs d’une culture, occupants légitimes d’un territoire envahi par des colons belliqueux. Et qu’elle ne prend pas un vainqueur pour héros, mais un jouet fragile du destin (à l’instar, plus tard, du protagoniste de Slumdog Millionnaire) : en l’occurrence Jack Crabb, visage pâle de plus de 120 ans racontant une existence tumultueuse dans l’Ouest, faite d’allers-retours entre son monde d’origine et la tribu cheyenne l’ayant adopté. La longévité exceptionnelle de Crabb (avant que Jeanne

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The Lady In The Van

ECRANS | de Nicholas Hytner (G-B/E-U, 1h44) avec Maggie Smith, Alex Jennings, Frances de la Tour…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

The Lady In The Van

Adaptateur monomaniaque de Alan Bennett depuis La Folie du roi George (1995), Nicholas Hytner signe un film britannique tout ce qu’il y a de plus règlementaire, incluant pantalon à velours côtelé, scones et flegme. Un écrin classique pour Jim Broadbent et surtout Maggie Smith, qui surcompose la harpie décomposée de camionnette, vêtue de peaux de chats et embaumant l’urine, pittoresque attraction pour la gentry de Camden. Mais davantage que l’interprétation attendue de Dame Smith, c’est le travail sur la dissociation de l’auteur qui retient l’attention : à la fois narrateur et personnage agissant dans l’histoire, Bennett se dédouble à l’écran ; s’observe dans cette duplication, échangeant avec son alter ego des considérations proustiennes. Il y a dans cette tentative de narration décalée une “réflexion” (dans tous les sens du terme) séduisante, rappelant les chambres à écho construites par Resnais ou Charlie Kaufman. En moins élaborées, quand même — we’re British ! VR

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Michel Raskine divise son "Quartett" par deux

SCENES | Et soudain surgit Winnie. Tout au long des 90 minutes de Quartett, mis en scène par Michel Raskine d'après Les Liaisons dangereuses, Marief (...)

Nadja Pobel | Mardi 12 janvier 2016

Michel Raskine divise son

Et soudain surgit Winnie. Tout au long des 90 minutes de Quartett, mis en scène par Michel Raskine d'après Les Liaisons dangereuses, Marief Guittier sera juchée et engoncée dans un talus de terre. Immobile, comme l’héroïne de Oh les beaux jours, la voilà qui elle aussi monologue. Elle sait parfaitement le faire, de surcroît avec les mots intemporels d’Heiner Müller évoquant «le gaspillage de jouissance qu’entraîne la fidélité d’un mari», ses propos féministes assurant que «l’homme n’est que l’instrument de la jouissance des femmes». Bien sûr, l'alchimie prend. Thomas Rortais est beaucoup plus jeune que Valmont ? Qu’importe. Les liens physiques n’en ont que faire, la torture du désir aussi. D'autant que les deux comédiens ont déjà parfaitement rodé leur duo dans Le Triomphe de l’amour et Au cœur des ténèbres en septembre dernier. Le décor, lu

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Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

MUSIQUES | Entre éternels retours et renouvellement forcenés des talents, Jazz à Vienne continue pour sa 35e édition de puiser aux sources du jazz tout en se posant en laboratoire de la musique de demain. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

On pourrait dire cela de chacune des éditions de Jazz à Vienne, mais c'est particulièrement vrai pour celle-ci : elle marque un retour aux sources, et même plusieurs. D'abord avec une ouverture en forme d'hommage et de déclaration d'amour à la ville-mère du jazz, La Nouvelle Orléans. Où l'on croisera entre autres Dee Dee Bridgewater, mais aussi la fascinante Leyla McCalla, et dont le point d'orgue sera la présence, peu commune, du pianiste, chanteur, auteur-compositeur et surtout producteur de R'n'B originel Allen Toussaint. Comme chaque année, c'est un retour aux sources en chaîne qui s'opère derrière. Retour un peu permanent avec l'éternel comeback de figures comme George Benson ou Didier Lockwood, mais aussi de genres oubliés, avec le légendaire Golden Gate Quartet, qui prêche le gospel depuis 80 ans, et Gilberto Gil et Caetano Veloso, ce couple inspiré qui mit le feux aux poudres de la musique brésilienne (et de la musique tout court) à la fin des années 60 pour accoucher d'un mouvement qu'on appela tropicalisme. Dans le genre all-stars, ne pas manquer n

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Indian Palace : Suite royale

ECRANS | De John Madden (Ang-Éu, 2h03) avec Dev Patel, Judi Dench, Maggie Smith, Richard Gere…

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

Indian Palace : Suite royale

Retour au Marigold Hotel avec ses sympathiques pensionnaires british du troisième âge et son truculent personnel autochtone, décidés à passer un braquet commercial en investissant dans un nouveau palace plus moderne et plus luxueux. Mais c’est plutôt business as usual dans cette suite sous tranxène, qui prend prétexte de la préparation d’un mariage indien pour multiplier les micro-intrigues toutes plus inintéressantes les unes que les autres sans jamais remettre en cause son caractère néo-colonial. Exemple ultime de ce qu’est aujourd’hui le cinéma pour seniors — qu’ont-ils fait pour qu’on leur réserve de telles purges ? Indian Palace en reprend la grande idée : la vieillesse n’est ni un naufrage, ni un crépuscule, mais une deuxième jeunesse. Perspective rassurante qui permet du coup de laisser de côté toutes les questions qui fâchent : la perte d’autonomie physique, le corps plus à la hauteur d’un désir toujours vif et surtout la mort, que le film balaie d’une pichenette scénaristique assez honteuse. Les danses bollywoodiennes, les pitreries d’un Dev Patel en passe de rafler le trophée de pire acteur de l’année après sa performance

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Mélange Fort

MUSIQUES | Alors que l'exposition hommage à Django Reinhardt se poursuit au Fort du Bruissin jusqu'au 14 juillet, le festival Fort en Jazz se refermera le 24 juin (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 24 mai 2013

Mélange Fort

Alors que l'exposition hommage à Django Reinhardt se poursuit au Fort du Bruissin jusqu'au 14 juillet, le festival Fort en Jazz se refermera le 24 juin avec les Canadiens de The Lost Fingers, dont le nom est un hommage au maître du jazz manouche et à ses fameux doigts manquants - lesquels ne l'ont pas empêché de devenir le plus grand guitariste de son genre. Pour eux, il s'agit surtout de revisiter à la sauce manouche des standards des années 80. Un bien beau symbole d'une édition 2013 qui n'hésite pas à abuser des mélanges. Ainsi aura-t-on la joie (ou pas) d'assister au grand retour de Matt Bianco, le groupe d'un certain Mark Reilly qui, à l'époque où les Smiths régnaient sur le bon goût, fut l'un des rares Anglais à produire une musique tournée vers le jazz et les rythmes latino. Non sans empocher le pactole avec quelques tubes, dont le mythique Yeh, Yeh. Parmi les prestations à ne pas rater, on notera celle du pianiste et claviériste Bojan Z, grand rafleur de Victoires du Jazz, tout comme Eric Legnini, qui viendra présenter un projet où se croisent afro beat, folk,

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Classic Pop

MUSIQUES | Kronos QuartetÀ l'origine ensemble de chambre, le Kronos Quartet est la formation la plus innovante du classique contemporain et même de la planète (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 7 octobre 2012

Classic Pop

Kronos QuartetÀ l'origine ensemble de chambre, le Kronos Quartet est la formation la plus innovante du classique contemporain et même de la planète musicale, ne reculant devant aucune barrière pour jouer, entre autres, les dévoreurs de musiques pop. La preuve avec ses adaptations de Jimi Hendrix, Sigur Ros, Television ou Bob Dylan. Francesco TristanoPianiste classique de formation formé à la Juillard School, également spécialiste de baroque (Frescobaldi, Bach), le Luxembourgeois, qui émarge sur le label créé par Agoria, InFiné, trempe régulièrement ses doigts dans l'électronique et la musique contemporaine : au sein du trio Aufgang ou lorsque, sur Not for Piano, il reprend des pièces électroniques de Jeff Mills, Derrick May ou Autechre. Philip GlassSymphonies tirées de Heroes et Low de David Bowie, collaborations avec Suzanne Vega et Mick Jagger, album avec Leonard Cohen (The Book of Longing), adaptation pour orchestre du Icct Hedral d'Aphex Twin ou pour piano du Sound of Silence de Paul Simon... Le compositeur contemporain d'opéras, de musiq

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Last chance for love

ECRANS | De Joel Hopkins (ÉU, 1h33) avec Dustin Hoffman, Emma Thompson…

Christophe Chabert | Mercredi 25 février 2009

Last chance for love

Tout le monde n’a pas la chance de s’appeler Clint Eastwood et d’attendre patiemment derrière la caméra un rôle à la mesure de sa légende. Du coup, les seniors du cinéma américain doivent faire avec ce qui se présente. L’an dernier, Morgan Freeman et Jack Nicholson ont tenté la comédie dramatique grabataire avec l’écœurant Sans plus attendre ; de leurs côtés, Pacino et De Niro ont misé sur un polar plus mou et prévisible qu’un vieux Derrick avec La Loi et l’ordre. Dustin Hoffman, lui, s’est récupéré cette bluette à bailler dans les chaumières, bonne tisane verveine-camomille avec supplément sucre. On patauge du début à la fin dans les bons sentiments filmés façon télé, et le couteau sous la gorge émotionnel brandi par les auteurs donne envie de leur planter dans le bide en guise de représailles. Hollywood donnera-t-il une dernière chance au vieux Dustin pour jouer un vrai rôle dans un bon film ? CC

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Le Lauréat

ECRANS | En 1967, Mike Nichols et Dustin Hoffman font entrer un souffle de jeunesse dans le cinéma américain avec cette histoire d’apprentissage amoureux pleine d’humour, d’ironie et de mélancolie. CC

Christophe Chabert | Mercredi 9 avril 2008

Le Lauréat

Dans Le Lauréat, il n’y a presque que des vieux avec des tronches pas possibles. Ils menacent, ils maugréent, ils sont collants et envahissants. Même leur progéniture est vieille : au premier incident, il y a toujours un blondinet prêt à appeler la police. Et quand l’un d’entre eux se marie, c’est forcément parce qu’il a mis sa fiancée enceinte ! C’est dans ce contexte social et moral sondant les abîmes de l’inertie que Mike Nichols propulse Benjamin Braddock, jeune diplômé rentrant fêter sa réussite chez ses parents. Immobile sur un escalier mécanique, un travelling l’accompagne à la même vitesse que le tapis roulant, donnant l’impression qu’il stagne dans le cadre. Plus tard, lors de la soirée avec les invités, il n’arrivera jamais à se dépêtrer de leurs attentions. Encore plus tard, engoncé dans une ridicule combinaison de plongée, c’est le fond de la piscine qu’il va devoir sonder, accablé par de si pathétiques distractions. Le premier tiers du Lauréat montre ainsi Dustin Hoffman comme un corps malléable et indécis, émettant d’hilarants couinements de gêne lors des situations encombrantes qu’il traverse. Mais dès qu’il passera à l’acte sexuel avec une amie de sa mè

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