Des vacances qui cartOOnnent !

Julien Homère | Mardi 14 février 2017

Photo : Les nouvelles aventures Ferda La Fourmi © Malavidafilms


Dans le créneau compétitif du film d'animation pour enfants, l'alternative au blockbuster formaté existe : elle vous attend dans 28 salles de l'agglomération lyonnaise, avec On Cartoon dans le Grand Lyon. Un festival qui diffuse des perles rares de la production européenne, ouvrant les bouts de chou à d'autres époques et horizons culturels : la réédition tchèque Les Nouvelles Aventures de Ferda la fourmi (1977) ou la coproduction franco-danoise Tout en haut du monde en sont de brillants exemples.

Aussi ludique qu'instructive, la manifestation ne s'en tient pas aux seules projections : ateliers et expositions parallèles complètent les séances et initient aux métiers du cinéma (bruitage, musique etc.) les jeunes spectateurs n'en ayant souvent que des notions floues.

Pour aller plus loin, une jolie brochette d'invités accompagne certains films, histoire de prolonger par la discussion la magie du visionnement. Notons la présence de Gilles Paris, l'auteur d'Autobiographie d'une Courgette, autour de l'adaptation de son roman signée par Claude Barras, mais aussi celle de Pascal Le Pennec, compositeur attitré de Jean-François Laguionie, venant pour escorter leur dernier-né, Louise en Hiver ; ou encore la masterclass de Pierre-Luc Granjon, réalisateur de L'Automne de Pougne.

Signalons également une programmation intégralement dévolue à de “Belles Héroïnes” (intégrant La Jeune fille sans mains) et, parmi les 17 longs et courts-métrages, cinq avant-premières dont le nouveau Aubier & Patar, Panique tous courts ! Pas de panique : ça dure deux semaines.

7ème On Cartoon Dans Le Grand Lyon
Dans les cinémas du GRAC du 15 février au 5 mars


Ma vie de courgette

De Claude Barras (Sui-Fr, 1h06) animation

De Claude Barras (Sui-Fr, 1h06) animation

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Courgette n’a rien d’un légume, c’est un vaillant petit garçon. Il croit qu’il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas même, être heureux.


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Arac, 25 ans d’âge

Cinéma | Depuis 1991, Rhône-Alpes cinéma se pose en productrice des films produits sur son territoire. Naviguant entre échecs et beaux succès critiques ou publics, cette activité joue sur la santé économique de la région et son prestige extérieur. 25 ans après, alors que la fusion avec l'Auvergne vient de s’opérer, quels bilans retenir de cette entreprise soutenant l’audiovisuel local ?

Julien Homère | Mercredi 22 mars 2017

Arac, 25 ans d’âge

Pas étonnant que Roger Planchon, apôtre de la décentralisation théâtrale et cinéphile dans ses jeunes années, ait été à la manœuvre pour créer l’entité. 254 films plus tard, cette philosophie créatrice reste la même, revendiquant une pluralité encore omniprésente et une indépendance de l’Ile-de-France affirmée. « Notre ligne éditoriale se trouve dans la diversité des projets. On ne s’enferme pas dans une ligne exclusive : c’est le choix de la Région. » explique Grégory Faes, directeur général d’Auvergne-Rhône-Alpes cinéma. En théorie, le refus des querelles de clochers explique la bonne santé de l’entreprise privée, devenue Auvergne-Rhône-Alpes cinéma depuis la fusion des régions de tutelles début 2016. Pourtant, la réalité demeure beaucoup plus complexe.

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"Les Nouvelles Aventures de Ferda la fourmi" : insectes, à la tchèque

ECRANS | de Hermina Tyrlova (Tché, 43 min) animation

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

L’exhumation des aventures du sympathique hyménoptère, créé il y a une quarantaine d’années par la cinéaste tchèque Hermina Tyrlova, se poursuit avec un nouveau bout-à-bout de courts métrages. On y suit l’espiègle Ferda au milieu de ses amis les insectes, dans un décor et une esthétique rappelant à la fois Le Manège enchanté et le réalisme synthétique des pays frères. Ces saynètes ont en outre l’étonnante particularité de s’inspirer des cycles de vie des espèces ici anthropomorphisées ; comme si l’auteure avait voulu donner un substrat entomologique sérieux à ces contes pour tout-petits. On appréciera cette initiative éducative, en notant toutefois que le rythme un peu saccadé des images et la musique aux accents bavaro-forains peuvent faire basculer les spectateurs réceptifs à l’hypnose dans un état modifié de conscience.

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Ma vie de Courgette : l'envers du décor

L'Expo | Après avoir dévoilé l’univers de Wes Anderson et son Grand Budapest Hotel, le Musée Miniature & Cinéma épluche celui de Courgette, tourné à quelques arrêts de bus de là. Quand on dit que le circuit court a du bon…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Ma vie de Courgette : l'envers du décor

Dix années. C’est la durée qui s’est écoulée entre la découverte par Claude Barras du roman de Gilles Paris et la sortie du film qu’il lui a inspiré. Une décennie, quasiment une petite vie, pour concevoir et accomplir une œuvre dont chaque seconde aura nécessité d’être disséquée en une suite d’images minutieusement composées, photographiées, puis rassemblées pour donner l’harmonieuse illusion du mouvement… Un film en stop motion est, décidément, une drôle d’espèce cinématographique, ontologiquement contrariante : non seulement il dévore des quantités absurdes de temps pour en restituer une quintessence par la ruse, profitant de notre rémanence rétinienne ; mais en plus, il fait disparaître toutes les traces apparentes de sa chimérique création. Résultat ? Après la phase de tournage, poupées-marionnettes et décors sont rendus à leur état d’objets inanimés… c’est-à-dire inutiles, et promis à la destruction. Les précieux éléments de Ma vie de courgette auraient connu ce funeste destin si l’un des producteurs Marc Bonny, en voisin lyonnais du Musée Miniature & Cinéma, n’avai

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"Ma vie de courgette" : gratin d’amour sauce résilience

Le film | Avec ce portrait d’une marmaille cabossée par la vie retrouvant foi en elle-même et en son avenir, Claude Barras se risque sur des sentiers très escarpés qu’il parcourt avec une délicatesse infinie. Un premier long-métrage d’animation en stop motion vif et lumineux ; un chef-d’œuvre.

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Que vous soyez un enfant de 5 ou de 105 ans, accordez sans tarder un peu plus d’une heure de votre vie à cette grande œuvre ; elle vous ouvrira davantage que des perspectives : des mondes nouveaux. Ma vie de courgette est de ces miracles qui redonnent confiance dans le cinéma, qui prouvent sans conteste que tout sujet, y compris le plus sensible, est susceptible d’être présenté à un jeune public, sans qu’il faille abêtir les mots ni affadir le propos. « Tout est affaire de décor » écrivait Aragon en d’autres circonstances, ce film l’illustre en traitant successivement d’abandon, d’alcoolisme et de mort parentaux, des maltraitances enfantines, d’énurésie, d’éveil à l’amour et à la sexualité… un catalogue de tabous à faire pâlir le moindre professionnel de l’enfance. Des thématiques lourdes, attaquées de front sans ingénuité falote ni brutalité, amenées par le fil éraillé de l’existence des petits héros du film : Courgette et ses amis vivent dans un foyer, où ils tentent de guérir de leurs traumatismes passés. Où on les entoure de l’amour et l’attention dont ils ont été frustrés.

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Gilles Paris, l’auteur de "Autobiographie d’une courgette"

Trois questions à... | Publié en 2002, déjà transposé pour la télévision en 2008 par Luc Béraud, le roman Autobiographie d’une courgette est davantage qu’un phénomène littéraire. Conversation avec un auteur heureux.

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Gilles Paris, l’auteur de

C’est la seconde fois que votre Courgette est “adopté” (plus qu’adapté) par des parents de cinéma. Comment se passent la séparation, puis les retrouvailles du point de vue de l'auteur ? Gilles Paris : À la fois de loin (je laisse aux professionnels le soin d’adapter ce roman librement) et à la fois de près car je suis à la trace ce qu’ils font et je m’en émerveille chaque fois. Je suis comme le premier fan. J’aime que d’autres s’accaparent mon univers pour y insérer le leur. Claude Barras explique avoir « adouci » votre roman, rendant son film accessible à un jeune public dès 7 ans. Pourtant, il traite des mêmes thèmes graves que vous. Le cinéma, l’animation, atténuent-ils la crudité du sujet ? La mort de la mère par exemple était difficile à traiter à l’image, ce que je comprends bien. C’est beaucoup plus “acceptable” dès le début du film, ce qui, en effet ne l’a pas empêché d’être fidèle à l’esprit du roman, à sa poésie et à ce fond social qui rapproche ces enfants. Depuis sa parution, votre roman a été lu par des milliers d’adolescents et étudié par de très nombreux coll

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Sorties cinema de la rentrée 2016 : Comme un (faux) air de déjà-vu

Un semestre en salles | Un Harry Potter, un Star Wars, un Marvel, un Loach Palme d’Or… Non non, nous ne sommes pas victimes d’un sortilège nous faisant revivre en boucle la dernière décennie. Regardez d’un peu plus près : c’est dans les détails que se nichent les nuances…

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

Sorties cinema de la rentrée 2016 : Comme un (faux) air de déjà-vu

Après un gros premier semestre dévolu aux blockbusters, la fin de l’année accueille traditionnellement le cinéma d’auteur — exception faite des incontournables marteaux-pilons de Thanksgiving et Noël, conçus pour vider une bonne fois pour toutes les goussets des familles. Les candidats 2016 sont, dans l’ordre, Les Animaux fantastiques de David Yates (16 novembre), spin off de la franchise Harry Potter et Rogue One : A Star Wars Story de Gareth Edwards (14 décembre). Qui de Warner ou Disney l’emportera ? Un peu avant (26 octobre), Benedict Cumberbatch tentera de déployer la bannière Marvel dans le film de Scott Derrickson, Doctor Strange — un second couteau parmi les superhéros. Cette impression d’avoir à faire des versions alternatives ou dégraissées de vieilles connaissances se retrouve aussi chez Tim Burton qui signe avec Miss Peregrine et les enfants particuliers (5 octobre) un nouveau conte fantastique sans Helena Bonham Carter, ni Johnny Depp, ni son compositeur fétiche Danny Elfman ! Au moins, on peut espére

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Tout en haut du monde

ECRANS | Le renouveau de l’animation viendrait-il de la diversité européenne ? Même si l'on trouve mille qualités à Vice-Versa, à Dragons voire à L’Âge de glace, l’honnêteté (...)

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Tout en haut du monde

Le renouveau de l’animation viendrait-il de la diversité européenne ? Même si l'on trouve mille qualités à Vice-Versa, à Dragons voire à L’Âge de glace, l’honnêteté oblige à admettre que ces films souffrent d’un regrettable conformisme esthétique — quand ils ne succombent pas à certains gimmicks narratifs. Comme si la créativité de leurs auteurs ne pouvait s’exprimer qu’à l’intérieur d’un champ clos produisant des fruits ronds, colorés et sucrés, à la saveur prévisible. De notre côté de l’Atlantique, les cinéastes ont une autre approche : ils ne cherchent pas à rivaliser dans la restitution de la réalité — cette course à l’échalote technique servant d’argument aux films ayant les scénarios les plus pauvres —, ils investissent l’écriture en traitant de sujets plus segmentants, moins glamour ; et réfléchissent à la dimension plastique de leurs œuvres. Découvrir Tout en haut du monde, c’est avoir le regard ébloui par une bourrasque de pureté et de clarté. Rémi Chayé propose un traitement visuel allant à l’essentiel, très flat design, qui change les perspectives

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Pendant Les Toiles des Mômes, place aux jeunes

ECRANS | À dix ans, est-on encore un enfant ? Sans aucun doute, mais l’on commence à se métamorphoser. La règle s’applique aussi au festival Les Toiles des Gones, (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 octobre 2015

Pendant Les Toiles des Mômes, place aux jeunes

À dix ans, est-on encore un enfant ? Sans aucun doute, mais l’on commence à se métamorphoser. La règle s’applique aussi au festival Les Toiles des Gones, dont la décennie d’existence s’accompagne d’une formidable crise de croissance. Ainsi que d’un changement d’état civil, consécutif à l’élargissement de son périmètre initial (la Métropole, ex-Grand Lyon) : gagnant l’Ain, le Jura et la Loire, le festival s’est rebaptisé Les Toiles des Mômes, moins connoté lyonnais. Il conserve cependant la même formule, en l’appliquant désormais à 34 salles indépendantes affiliées au réseau régional GRAC. Le principe ? Proposer une cascade de films jeune public durant les vacances de la Toussaint, assortis de rencontres, d’expositions et d’animations conviviales (ateliers créatifs, goûters…). Parmi les événements, des avant-premières (Avril ou le monde truqué au Cinéma Gérard-Philipe de Vénissieux le 21, Tout en haut du monde au Zola de Villeurbanne le 1er novembre), une rencontre avec un inspecteur de police au Ciné Mourguet pour Phantom Boy (le 20), un ciné-concert par l’ARFI sur le film

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Ça cartoon mais ça ne cartonne pas toujours

ECRANS | Alors que se prépare la nouvelle édition de Cartoon Movie, marché du film d’animation qui a élu domicile au Palais des congrès de la Cité internationale, le GRAC (...)

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

Ça cartoon mais ça ne cartonne pas toujours

Alors que se prépare la nouvelle édition de Cartoon Movie, marché du film d’animation qui a élu domicile au Palais des congrès de la Cité internationale, le GRAC propose dans ses salles de l’agglomération son pendant "public" avec On cartoon dans le Grand Lyon. Soit un programme de films ayant fait l’événement cette saison et des masterclass qui offrent de belles synergies avec le festival "pro". Ainsi de celle que donnera le 7 mars Rebecca Dautremer, illustratrice et directrice artistique de Kerity, la maison des contes et qui vient à Cartoon movie présenter son nouveau projet, Miles, en cours de production. Ou encore, en mission de sauvetage face aux taules prises en salles par leurs films, Eric Goossens, le producteur de Jack et la mécanique du cœur, le gâchis monumental de Mathias Malzieu, et Jacques-Rémy Girerd et Benoît Chieux, les auteurs de Tante Hilda, très grosse veste du moment. La preuve que même avec ce royal cadeau fait par le CNC du tarif unique à 4€ pour les moins de 14 ans, tous les films jeune publ

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L’animation cartonne à Lyon

ECRANS | En marge de la manifestation Cartoon movie, les salles du GRAC organisent une rétrospective saluant le meilleur de la production européenne récente en matière de films d’animation : on cartoon dans le Grand Lyon. CC

Christophe Chabert | Vendredi 18 février 2011

L’animation cartonne à Lyon

Le cinéma d’animation européen a élu Lyon comme sa capitale. Pour une fois, l’expression n’est pas excessive. En effet, cela fait deux ans que Cartoon movie, grande rencontre entre professionnels du cinéma d’animation européen autour de films finis et de projets à financer, se déroule de l’autre côté du Rhône. L’affaire, qui n’est pas ouverte au public mais uniquement aux réalisateurs, producteurs et distributeurs, n’a pas atterri ici par hasard. La région, déjà portée par la notoriété du Festival du cinéma d’animation d’Annecy et par son marché du film, a gagné en crédibilité grâce au travail de l’école de La Poudrière et de Folimage à Valence (producteur de "La Prophétie des grenouilles", "Mia et le Migou" ou du récent "Une vie de chat") et par Gébéka distribution, rare distributeur installé en province. Bref, l’animation a trouvé une logique cohérente en Rhône-Alpes, et l’arrivée de Cartoon Movie fait figure de cerise sur le gâteau. Cette année, on y annonce rien moins que la venue de Terry Gilliam et de Patrice Leconte pour présenter les premières images de leurs nouveaux projets en cours de réalisation. Cartoon pour tous

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