"Le Serpent aux mille coupures" : mort sûre violente

ECRANS | de Éric Valette (Fr-Bel, int. -16 ans, 1h46) avec Tomer Sisley, Terence Yin, Pascal Greggory…

Vincent Raymond | Mardi 4 avril 2017

Photo : © DR


Un rendez-vous entre truands qui tourne mal transforme un coin de campagne en apparence tranquille en champ de bataille pour un soldat perdu, la pègre internationale, la police et des paysans racistes. Les balles vont siffler ; elles ne seront pas de paille…

Adaptée de et par DOA, cette série B sans figure totalement positive rappelle, le soleil en moins, le Canicule de Vautrin (et Boisset). Tomer Sisley joue les semeurs d'ivraie en investissant une ferme et prenant en otages ses propriétaires, mais tout brutal qu'il soit, il paraît finalement débonnaire comparé aux autres abominables débarquant d'un peu partout — dont l'épouvantable Tod, expert en tortures asiatiques.

Si les écorchements et/ou scarifications prodigués par icelui remplissent leur office de produit d'appel gore, ils présentent moins d'intérêt que le traitement — un peu superficiel, hélas — d'un certain monde rural solidement ancré dans son conservatisme xénophobe. Lequel doit beaucoup à une troupe d'interprètes peu connus.


Le serpent aux milles coupures

De Eric Valette (Fr, 1h46) avec Tomer Sisley, Terence Yin...

De Eric Valette (Fr, 1h46) avec Tomer Sisley, Terence Yin...

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Un motard blessé quitte les lieux d’un carnage. Le mystérieux fugitif trouve refuge chez les Petit, une famille de fermiers qu’il prend en otage. A ses trousses : des barons de la drogue colombiens, le lieutenant colonel Massé du Réaux, et un tueur à gage d’élite, qui sont bien décidés à le neutraliser, par tous les moyens.


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Nuit blanche

ECRANS | De Frédéric Jardin (Fr, 1h38) avec Tomer Sisley, Serge Riaboukine, JoeyStarr, Julien Boisselier…

Jerôme Dittmar | Mercredi 9 novembre 2011

Nuit blanche

Dans les tréfonds du thriller français oliviermarchalisé, Nuit blanche tire son épingle du jeu. Celle qu'on préfère doit moins à Frédéric Jardin, revenu d'un lointain Cravate Club, que Nicolas Saada, son co-scénariste et ex journaliste de HK magazine. Difficile de ne pas repérer l'influence du cinéma de Hong Kong dans ce film nerveux et cadenassé où Tomer Sisley, flic empêtré dans un sac de nœuds, passse une nuit d'enfer pour récupérer son fils. Élagage des enjeux, minimalisme du scénario rebondissant, choix du décor unique mais labyrinthique (une boîte), action sèche et martelée, Nuit blanche fait dans le cinéma hard boiled pour acteurs masochistes. Jardin et Saada ne craignent pas les excès ou les situations miraculeuses pour booster l'intrigue. La mise en scène commando et Tom Stern à la photo n'évitent pas les choix d'images attendus, les personnages se limitent à des fonctions, mais l'esprit est là, la machine hargneuse, tendue, quasi sans frontières dans son approche du genre. Jérôme Dittmar 

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La Proie

ECRANS | Un braqueur de banque s’évade de prison pour mettre hors d’état de nuire un pédophile : avec un humour noir, un esprit anar et une réelle efficacité, Eric Valette confirme qu’il sait faire en France du cinéma de genre crédible. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 5 avril 2011

La Proie

On dresse des lauriers prématurés à Fred Cavayé, Olivier Marchal est désormais intouchable, mais Éric Valette reste négligé par ceux qui rêvent d’une résurrection du cinéma de genre français. Maléfique et Une affaire d’état  montraient pourtant que Valette en avait dans l’estomac, et qu’il savait adapter les codes du film d’horreur et du polar d’espionnage à la réalité hexagonale contemporaine. La Proie sonnera-t-il l’heure de la reconnaissance ? Si le film n’est pas sans défaut (un passage à vide au cœur du récit), il confirme l’intelligence de son metteur en scène et sa montée en puissance. L’intrigue, astucieuse, commence quand Franck Adrien, un braqueur de banques emprisonné (Dupontel, dans un impressionnant registre physique) confie à son co-détenu Jean-Louis ses secrets. Condamné — à tort selon lui — pour viol sur mineure, Jean-Louis est libéré et s’empresse de récupérer le magot planqué par Adrien, avant de kidnapper sa fille. Une sanglante évasion plus tard, Franck se met en chasse du pédophile tandis que la police est à ses propres trousses. Les racines du mal De cette course contre la montre, Valette tire d’

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Largo Winch II

ECRANS | De Jérôme Salles (Fr-All-Belg, 1h59) avec Tomer Sisley, Sharon Stone…

Christophe Chabert | Jeudi 10 février 2011

Largo Winch II

Dans cette suite, Largo Winch voyage à travers le monde, joue au milliardaire philanthrope, démasque des complots internationaux impliquant oligarques russes et junte birmane, fait de l’humanitaire et tombe une belle asiate… Ce James Bond des riches est cinématographiquement un James Bond du pauvre, avec des incohérences de scénario constantes, des scènes d’action où la caméra est tellement secouée qu’on se demande s’il y a vraiment de l’action dedans, des dialogues nanardesques et un manque d’imagination coupable (Sharon Stone porte la même robe que dans "Basic instinct"). Quant à Tomer Sisley, il semble ne plus jouer du tout ; il balance ses répliques avec un sourire charmeur, point. Enfin, le film piétine un mythe : pour sa dernière apparition à l’écran, Laurent Terzieff doit se coltiner un personnage ridicule conduisant à un twist minable. Triste fin pour un immense acteur ! CC

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Une affaire d'État

ECRANS | De retour en France, le réalisateur de 'Maléfique' Eric Valette signe un polar politique intègre, noir, violent et efficace, en hommage au cinéma populaire des années 70. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 novembre 2009

Une affaire d'État

Le vent de la nostalgie souffle du côté des années 70, époque où le cinéma d’ici accouchait d’œuvres populaires dignes et couillues. Mais là où Christian Carion et François Favrat ratent le coche en signant des films datés dans le fond mais surtout dans leur forme, Eric Valette, plus malin, met à profit son expérience américaine (restée inédite chez nous) pour insuffler une vigueur très contemporaine à sa mise en scène et ne retient des 70’s qu’un esprit anar et nihiliste. Dès les premières séquences, où l’explosion d’un avion en plein vol raccorde avec une partouze feutrée entre pontes de la politique et de l’industrie, le cinéaste affirme qu’il ne fera pas de compromis avec les normes du prime time. C’est ce qui réjouit dans 'Une affaire d’état' : le film ne recule pas devant la violence de son récit, sans pour autant tomber dans la complaisance cracra (on est loin d’Olivier Marchal), et impose un tableau déliquescent de la démocratie française et de ses institutions. Le premier acte, où une tentative de libération d’otages ratée révèle un trafic d’armes avec l’Afrique conduite par un patron proche du président (André Dussollier, glaçant de cynisme poli), met ainsi à nu une pyram

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Largo Winch

ECRANS | De Jérôme Salle (Fr, 1h48) avec Tomer Sisley, Kristin Scott-Thomas, Gilbert Melki…

Christophe Chabert | Mercredi 10 décembre 2008

Largo Winch

Il faut préciser, avant de parler de ce Largo Winch, que son réalisateur avait auparavant commis l’involontairement comique Anthony Zimmer et son twist en carton démarquant Usual Suspects. Le voilà, par les miracles de la production française, aux commandes de ce blockbuster foireux transposant en live les aventures du héros créé par Franck et Van Hamme. C’est parti pour le refrain habituel : surproduit à coup de musique envahissante, de lumières clippées et de ralentis chics, le film est incapable de développer des scènes d’action cohérentes, surdécoupant jusqu’à la bouillie en confondant rythme et épilepsie. Niveau script, on passe de Largo Winch begins à La Vengeance dans Largo Winch, preuve que Salle aime les mêmes films que nous. Quant aux enjeux, c’est carrément pas de bol ! En antidatant l’action de ce thriller financier entre septembre et octobre 2008, les auteurs se prennent la crise dans les dents et patatras pour la crédibilité. Seul point positif : on est content de voir un film d’action français sans Gilles Lellouche ni Clovis Cornillac, mais avec des acteurs inattendus comme Melki ou Anne Consigny. CC

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