Figurer, défigurer, transfigurer

ARTS | Panorama / Après une Biennale d'art contemporain assez exceptionnelle, la saison expos se poursuit avec une grande rétrospective attendue consacrée à Robert Combas et une multitude d'expositions plus discrètes et curieuses dans les galeries. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 21 décembre 2011

Photo : Robert COMBAS, La fanfare du ragelade, 1985 Collection Fondation Cartier, Paris © Adagp, Paris, 2011


Après Warhol, Keith Haring et Ben, Le Musée d'Art Contemporain ouvre grand ses trois étages (du 24 février au 15 juillet) à l'un des héros de la Figuration Libre (aux côtés de Hervé Di Rosa, François Boisrond...) Robert Combas né en 1957 à Lyon où il passa sa crise d'œdipe avant de rejoindre Sète en 1961. C'est la première grande rétrospective consacrée à cet artiste ultra prolifique avec quelque 300 œuvres ressemblant à autant de jungles visuelles. Le parcours d'exposition sera rythmé en musique par une playlist rock concoctée par Combas et, au dernier étage du musée, l'artiste sera présent pendant deux mois pour créer de nouvelles œuvres sur place, jouer de la musique ou inviter d'autres artistes... En février aussi, à la galerie Pallade (du 2 février au 24 mars) et à la galerie Confluence(s) de l'IUFM (du 3 février au 23 mars), c'est une grande figure de la Figuration Narrative cette fois, Jacques Monory, qui viendra à Lyon présenter des œuvres récentes ou historiques. Proches de l'objectivité photographique, ses toiles à forte dominante bleue, représentent généralement des scènes de meurtres, de violence ou de rues, aussi frappantes qu'énigmatiques.

Jusqu'à la nuit...

De la figuration libre ou narrative des années 1970 et 1980, on pourra ensuite passer allègrement par toutes sortes de tentatives de dé-figuration ou de mise sous tension de la figure... Avec par exemple une exposition consacrée à Jean Raine (1927-1986) à la galerie Chartier (du 22 janvier au 17 mars), artiste proche du groupe Cobra et qui vécut en région lyonnaise à la fin de sa vie. Son œuvre tremblée, trouble et hantée n'en finit pas de perdre le spectateur parmi ses entrelacs et ses apparitions fragiles. A la galerie Domi Nostrae, deux expositions à ne pas rater cette année : la mise en regard (du 25 février au 7 avril) des œuvres du dessinateur Christian Lhopital (invité à la dernière Biennale d'art contemporain) et de Frédéric Lecomte, connu pour ses papiers découpés et ses remontages d'images ; et une exposition collective autour du thème du pavillon de banlieue et de l'architecture urbaine (du 3 mai au 16 juin) réunissant Philippe Cognée, Marc Desgrandchamps, Jérémy Liron, Jean-Luc Blanchet... L'envers de la figuration comme l'envers du jour sera aussi l'une des dimensions de l'exposition organisée par Gwilherm Perthuis à la galerie Françoise Besson (du 26 avril au 5 juin) autour de la thématique de la nuit, avec Frédéric Khodja, Clément Montolio, Karine Hoffman, Eric Corne, Damien Deroubaix... Une exposition qui s'articulera avec la sortie du prochain numéro de la belle revue Hippocampe.

Jusqu'aujourd'hui

A l'URDLA (du 4 février au 13 avril), on attend avec impatience l'événement organisé autour de l'artiste et écrivain Onuma Nemon qui, à travers des dessins, des sculptures, des gravures, des photographies et un film, donnera quelques aperçus supplémentaires de sa vaste cosmologie. Celle-ci, aux confins de la science-fiction, de la poésie et de l'expérimentation littéraire, compte déjà quelque 20 000 pages manuscrites et a été partiellement éditée chez Tristram et Gallimard... Les amateurs de mythologies plus historiques pourront quant à eux aller au Musée des Beaux-Arts (du 30 mars au 2 juillet) découvrir l'Egypte antique d'Emile Guimet. Et ceux qui ne jurent que par l'art contemporain se diriger vers le Centre d'arts plastiques de Saint-Fons (du 11 février au 14 avril) où Audrey Nervi exposera des peintures réalisées à partir de photographies de raves, à la BF15 (du 3 février au 24 mars)où Thomas Léon et Guillaume Louot interrogeront des notions d'espace, et à la Salle de Bains (du 24 janvier au 10 mars) où la jeune Stéphanie Cherpin exposera ses étranges sculptures et installations, réalisées en général à partir de matériaux industriels.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Lyon : une nouvelle salle au Musée des Confluences, dédiée aux donateurs

Musée | Gratuitement durant les week-ends et lors des vacances, le Musée des Confluences convie ses visiteurs dans un nouvel espace permanent : une galerie dédiée à ses donateurs. Logiquement, Émile Guimet est à l’honneur.

Nadja Pobel | Mercredi 22 septembre 2021

Lyon : une nouvelle salle au Musée des Confluences, dédiée aux donateurs

Il est loin déjà le temps où Émile Guimet (1836-1918), se joignant au déménagement du Muséum d’Histoire Naturelle, livrait les trésors issus de ses explorations au musée du boulevard des Belges qui, comme à Paris, porta son nom. Celui-ci a fermé mais le Musée des Confluences a englobé ses collections. Presque sept ans après l’ouverture de ce paquebot dont le succès ne se dément pas (autant de visiteurs — presque 100 000 — cet été que lors de l’été 2019, avant le Covid), et après diverses expositions temporaires (Le monde en tête grâce à Antoine de Galbert, Désir d’art grâce au couple Develon), sept vitrines livrent aujourd'hui à nos regards 250 objets de 80 donateurs différents (particuliers ou institutions, fondations…). De nature hétéroclite, d’époques extrêmement diverses, ces objets au soclage désormais aimanté pour être plus mobiles (

Continuer à lire

Lionel Martin : rhino féroce

Jazz | C'est aux commandes d'un EP tellurique en faux Solo(s) entièrement enregistré en extérieur avec Bertrand Larrieu qu'est réapparu cet automne, sans jamais avoir pourtant disparu, le saxo tellurique de Lionel Martin à la conquête des vibrations du monde et de ses dimensions parallèles.

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 décembre 2020

Lionel Martin : rhino féroce

Quiconque a un jour évoqué la personne de Lionel Martin aura souligné à quel point l'animal est singulier. Dans ses recherches musicales comme dans ses manières de les restituer et d'occuper le terrain, à commencer par la rue. Car c'est précisément, dans la rue, son jardin de grand enfant préféré que Lionel Martin est allé enregistrer son dernier projet. Un EP sobrement baptisé Solo(s). Après, entre deux embardées éthio-machinchose avec Ukandanz, un duo avec le pianiste bulgare Mario Stantchev à la remorque de la musique de Louis Moreau Gottschalk et un détour du côté de chez Count Basie et son Afrique, en compagnie de Sangoma Everett (un bon jazzeux est d'abord un jazzeux qui sait s'entourer), Martin est donc descendu en bas de chez lui — on exagère à peine — pour se livrer à une expérimentation

Continuer à lire

Cinq expos à voir en juin

Bons Plans | Notre sélection de cinq expositions à découvrir en galeries ou en musées ce mois-ci. D'un improbable portrait de Bashung au photo-reportage de guerre, en passant par l'univers fantasmatique de Christian Lhopital.

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 7 juin 2019

Cinq expos à voir en juin

Les vies dansées du dessin L’artiste lyonnais Christian Lhopital expose à la galerie Descours ses nouvelles séries de dessins. Séries fascinantes d’inventivité visuelle, d’hallucinations joyeuses ou sombres, d’errances plastiques libres… C’est à une véritable danse du regard que nous invite Christian Lhopital, dont on ressort émerveillé et bouleversés ! À la galerie Michel Descours jusqu’au 22 juin Bernard Pras, bricoleur génial d'images Les images pour Bernard Pras c'est du solide ! Pour composer ses portraits (de Van Gogh, Guignol, Louis XIV...) ou ses reproductions de tableaux célèbres (Manet, Magritte...), l'artiste utilise toutes sortes de matériaux de récupération (de rouleaux de papier toilette à des jouets) et compose des installations : celles-ci, vues sous un certain angle et à une certaine distance, sont tout simplement bluffantes de réalisme ! À ne pas rater notamment : un portrait de Bashung composé avec des voitures miniature

Continuer à lire

Les vies dansées du dessin de Christian Lhopital

Dessin | La galerie Michel Descours expose les dernières séries de dessins de Christian Lhopital. Où l’on est à nouveau fasciné par son inventivité graphique et les émotions fortes qu’elle procure.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 avril 2019

Les vies dansées du dessin de Christian Lhopital

Sur une scène improbable, faite d’un peu de graphite et de peinture, un personnage à la tête sans traits se penche un peu de profil, plie les jambes, tend les bras vers l’arrière… On dirait un danseur exécutant un solo (titre du dessin et de la série dont il est issu, datant de 2018) au beau milieu d’un déchaînement d’éléments plastiques : volutes de pastel, petites taches de couleur-lumière, cercles-astres de différentes circonférences et de différents tons, coulures floutées, lignes tremblotantes… Qui entraîne l’autre ? Est-ce le danseur (l’artiste ?) qui fait se mouvoir en spirales le dessin, ou bien est-ce le mouvement du dessin qui donne son rythme et son mouvement au personnage (à l’artiste) ? Qu’importe, la scène semble, de toute façon, plonger dans une fantasmagorie imaginaire hors de tout repère rationnel, reculer vers un passé et un réel dont les souvenirs sinuent en lignes courbes et en éclats. Le souvenir, la trace, l’œuvre sont chez Christian Lhopital toujours multiples, équivoques, vivants. Vies du r

Continuer à lire

Les cinémas intérieurs de Robert Malaval et Christian Lhopital

Dessin | Parmi l'accrochage collectif de la galerie Descours, le cinéma s'arroge discrètement une place intrigante. À travers, d'abord, l'artiste lyonnais (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 novembre 2018

Les cinémas intérieurs de Robert Malaval et Christian Lhopital

Parmi l'accrochage collectif de la galerie Descours, le cinéma s'arroge discrètement une place intrigante. À travers, d'abord, l'artiste lyonnais Christian Lhopital qui présente plusieurs œuvres issues de sa série dite des Rotations ou Cinématiques, où ses personnages et ses motifs sont dédoublés comme sur des photogrammes d'une pellicule de film. « Ce qui m'intéresse ici, précisait l'artiste dans nos colonnes, c'est le "presque pareil", la copie et la variation, les similitudes et les petites différences. Il se passe beaucoup de choses entre deux personnages, dans les interstices, dans les failles... Ce dédoublement infini a un rapport avec ce que je pourrais appeler mon cinéma intérieur. » De cinéma intérieur, il est aussi littéralement question dans le dessin de Robert Malaval (1937-1980), Le Cinéma, de 1962. Une coupe de profil d'un visage humain nous montre une amusante séance de projection où un public d'homoncules prend place dans le ce

Continuer à lire

Cinq expos à voir en novembre

Bons Plans | Vues ou pressenties comme intéressantes, voici notre sélection de cinq expositions à voir ce mois-ci.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 8 novembre 2018

Cinq expos à voir en novembre

Dark Matters Attention, l'exposition Dark Matters s'annonce aussi brève (une petite semaine) que passionnante ! Sur le motif du noir, elle nous propose de traverser cinq siècles d'histoire de l'art et réunit de nombreux artistes : de Rembrandt à Tapiès, d'Odilon Redon à Jim Dine, d'Olivier Debré à Baptiste Fompeyrine... Elle est présentée par Céline Moine et Laurent Giros, du 24 novembre au 1er décembre, dans un nouveau lieu situé 3 rue Pleney dans le 1er arrondissement de Lyon (entrée libre du mercredi au samedi de 14h à 19h). Victor Soren Du noir, il est aussi fortement question dans l'exposition de Victor Soren, présentée à la récente galerie Ories. Entre univers fantastique et graphisme approchant celui de la BD parfois, Victor Soren transpose dans toute leur étrangeté et toute leur potentialité angoissante de nos cauchemars et nos peurs d'enfant. Un grand frisson en noir e

Continuer à lire

Exposition curieuses en approche

Dans les galeries | On l'oublie trop souvent, mais les petits lieux artistiques (galeries, centres d'art...) présentent souvent des exposition de grande qualité, et, qui plus est, gratuites ! Voici notre sélection thématique de la rentrée en cinq entrées.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 19 septembre 2018

Exposition curieuses en approche

Photos plein les yeux Le festival Lyon septembre de la photographie revient avec un drôle de nom, 9PH, et propose plusieurs expositions alléchantes sur le thème de la frontière : Valérie Jouve avec un travail à Jéricho à la Galerie Besson, Sylvie Bonnot et Danila Tkachenko autour de la Russie au Bleu du Ciel, Chloé Serre aux limites entre la chorégraphie et la photographie à la BF15... Par ailleurs, le Réverbère expose cinq photographes (William Klein, Denis Roche...) autour de livres photo récemment publiés (jusqu'au 29 décembre), la Galerie Lumière des images de tournage d'Ingmar Bergman (jusqu'au 4 novembre), la galerie Vrais-Rêves les utopies architecturales de Philippe Calandre (jusqu'au 10 novembre). Et petite piqûre de rappel : l'accrochage plongé dans la pénombre de l'Abat Jour (jusqu'au 17 novembre) des photographies d'Arnaud Brihay, artiste voyageur et poète visuel, est superbe ! Variétés prestigieuses Comme régulièrement, la galerie Descours nous propose cet automne une Varia (du 18 octobre au 26 janvier)

Continuer à lire

Comment ça va avec la douleur ? : "Rester vivant - méthode"

Aïe ! | de Erik Lieshout (P-B, 1h10) avec Iggy Pop, Michel Houellebecq, Robert Combas…

Vincent Raymond | Lundi 14 mai 2018

Comment ça va avec la douleur ? :

De la douleur surmontée naît la création poétique. Tel est le postulat de l’essai signé par Michel Houellebecq en 1991, Rester vivant, méthode. Un bréviaire dont fait ici son miel Iggy Pop, jadis réputé pour ses performances scéniques limites conjuguant scarifications et auto-mutilations diverses. En vénérable pré-punk apaisé, l’Iguane s’emploie à lire devant la caméra quelques stances de l’ouvrage, à les commenter à la lumière de son parcours ; croisant sa propre vie avec celle d’autres artistes aussi marqués par la souffrance que lui. On y découvre les écrivains écorchés Claire Bourdin et Jérôme Tessier, ainsi que le vibrionnant peintre Robert Combas, témoignant tous de leur rapport intime à la maladie — schizophrénie, dépression ou autre plaie intérieure térébrante qu’ils ont convertie en carburant créatif. Et puis il y a dans un recoin du film, à son extrémité caudale même, un certain “Vincent“, artiste reclus absorbé par un grand œuvre mystérieux. Il s’agit du seul “personnage“ fictif de ce documentaire hybride, interprété par Houellebecq en personne. Visage rongé de

Continuer à lire

Faire entrevoir le chaos

Peinture | La galerie Descours consacre une deuxième exposition monographique à Jean Raine, agrémentée d’un catalogue rétrospectif qui met en exergue l'acuité de l’œuvre de l’artiste belge.

Sarah Fouassier | Mardi 17 avril 2018

Faire entrevoir le chaos

« Je vis dans un état d’insatisfaction fondamentale. Quand j’écris des poèmes, l’image me manque ; quand je peins, c’est le mot qui me manque. Créer n’est pas un plaisir, c’est une nécessité profonde. » (Jean Raine, Le Temps du verbe - 1992). Faire coaliser le trait et le verbe de Jean Raine, voici l’une des réussites du catalogue qui accompagne l’exposition Jean Raine. De CoBrA à l’expressionnisme abstrait. Et il s’agit bien de coaliser, de faire une alliance de la toile et du mot dans le combat contre l'angoisse que l’artiste reconnaissait comme motrice d’une création pluridisciplinaire. Un artiste d'avant-garde Le parcours de Jean Raine, bien qu’il se soit amorcé de manière précoce, a été clairsemé d’empêchement, d’incompréhension. Très jeune, il fut en prise directe avec les surréalistes belges. À 16 ans, il participe aux discussions du groupe où il rencontre des artistes qui deviendront des amis tels que Louis Scutellaire et René Magritte. Sur les ruines de l’après-guerre, des artistes d’avant-garde se prêtent à rêver l’art comme un langage universel dégagé de tout élitisme, de toute rationalité dogmatique.

Continuer à lire

Une œuvre commentée de Christian Lhopital

Une œuvre commentée... | Parmi les séries de dessins exposées par Christian Lhopital, nous avons choisi ici d'explorer plus avant l'une des plus troublantes : Faces et ses personnages fantomatiques flottant parmi les limbes d'une mémoire fragmentaire.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 novembre 2016

Une œuvre commentée de Christian Lhopital

Le travail de Christian Lhopital relève sur bien des plans du palimpseste : l'image se dessine sur et à partir d'autres images (triviales ou artistiques), par décantation, précipité quasiment chimique, condensation... Les séries Fixe face seule (2010-2012), Fixe face silence (2013-2014) et Faces (2015), sont, à ce titre, assez emblématiques. Découpant des images (de personnalités célèbres du monde politique ou culturel) qui ont accroché son regard dans des journaux, mais sans les recadrer, Christian Lhopital les enduit de peinture blanchâtre en conservant seulement les yeux de la figure retravaillés au crayon. Pour Faces, l'artiste applique ensuite de l'aquarelle et évoque ainsi quelques formes qui apparaissent comme fondues, dissoutes. « Le dessin révèle alors, nous confie Christian Lhopital, un personnage fantomatique. Le personnage de départ ne disparaît pas complètement malgré l'enfouissement. » Il flotte dans des limbes, entre mémoire et oubli, présence et absence, et darde vers nous son regard inquiétant et déses

Continuer à lire

Les dessins hallucinés de Christian Lhopital

Galerie Domi Nostrae | Christian Lhopital expose ses nouvelles œuvres : des dessins essentiellement, qui nous entraînent dans un monde halluciné de personnages et d'objets traversés de bizarrerie et de sentiments ambigus. L'artiste nous confie ici sa manière de travailler et ce qui constitue son "cinéma intérieur".

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 novembre 2016

Les dessins hallucinés de Christian Lhopital

Que présentez-vous à la galerie Domi Nostrae ? Christian Lhopital : Plusieurs séries de dessins réalisées entre 2013 et 2016. Une série, pour moi, est constituée par un même type de support, un même matériau, et naît à partir d'une pensée (à partir de bribes de textes ou de paroles entendues, à la radio notamment), ou à partir d'une image... Je travaille toujours en même temps sur plusieurs cycles de dessins. Ces derniers s'enfouissent, s'empilent les uns sur les autres à l'atelier et j'aime, ensuite, avoir la surprise de les redécouvrir et de les retravailler. D'où viennent ces images ? De sources très différentes : de croquis réalisés sur des carnets, d'images prises dans des journaux, des magazines, des arrêts sur image du Net, voire d'images publicitaires dans la rue ou le métro… c'est peut-être mon côté pop art ! J'ai beaucoup d'images dans ma tête et il s'agit avant tout de les décanter. Quelque chose doit, à partir de cette masse d'images, se densifier et s'amalgamer. J'essaye dans mes dessins à la fois de saisir quelque chose de très dense et d'y insuffler beaucoup de légèreté.

Continuer à lire

Notre cabinet de curiosités : sélection d'expositions singulières

Hors des sentiers battus | Parcourez ces chemins de traverse en suivant de sobres hashtags ; et découvrez des artistes singuliers, parfois exposés dans des lieux inattendus : un couvent, un théâtre ou un hôpital psychiatrique...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Notre cabinet de curiosités : sélection d'expositions singulières

#Effacement « Dans l’acte de peindre, il y aura comme dans l’acte d’écrire, une série de soustractions, de gommages. La nécessité de nettoyer la toile... la nécessité de nettoyer la toile pour empêcher les clichés de prendre. » affirmait le philosophe Gilles Deleuze. Depuis ses débuts, l'artiste lyonnais Jean-Luc Blanchet répond parfaitement à cette conception de la peinture : il crée par effacement, par soustraction de matière, par libération d'images fantômes sous-jacentes à nos représentations habituelles... Il présente dans sa galerie deux nouvelles séries : des "ectoplasmes" d’œuvres d'art connues (signées Rembrandt, Warhol, Manet...) et des photographies effacées à l'acétone. À noter : Après Jean-Luc Blanchet, la galerie Domi Nostrae présentera des œuvres récentes d'un autre artiste lyonnais aimant lui-aussi les fantômes et l'évanescence, Christian Lhopital (du 5 novembre au 17

Continuer à lire

L'abstraction fait bonne figure au musée Paul Dini

musée Paul Dini | Le Musée Paul Dini présente les œuvres d'une quinzaine d'artistes régionaux, présents dans ses collections, sous le signe de l'abstraction. Un genre pictural toujours aussi vivant et pluriel.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 avril 2016

L'abstraction fait bonne figure au musée Paul Dini

Kandinsky, aujourd'hui reconnu comme le pionnier de l'abstraction, se serait dit-on affranchi de la figuration vers 1910 en découvrant la beauté de l'une de ses toiles rangée à l'envers ! Le musée de Grenoble consacrera bientôt une exposition à Kandinsky (sur ses années parisiennes en fin de sa carrière, plus précisément, à partir du 29 octobre). En attendant, on pourra aller voir les œuvres de certains des héritiers régionaux de l'artiste russe au musée Paul Dini. Depuis le début du 20e siècle, l'abstraction n'a cessé d'essaimer courants et contre-courants : Expressionnisme abstrait, Art informel, Abstraction lyrique, Abstraction géométrique, Minimalisme, etc.. Si l'exposition du musée de Villefranche-sur-Saône n'a nulle vocation historique ni exhaustive, on y trouve représentés un grand nombre des déclinaisons de l’abstraction à travers des œuvres relativement récentes d'artistes en majorité lyonnais. La rapidité de l'escrime L'accrochage, très aéré et très réussi, profite de l’espace et de la luminosité de l'Espace Cornil (une ancienne usine) pour rapprocher des œuvres de factures parfois très différentes, souvent de grand format. Une imposante

Continuer à lire

Christian Lhopital en Drôme

ARTS | L'artiste lyonnais Christian Lhopital expose (jusqu'au 17 avril) un ensemble de dessins et de sculptures au Centre d'Art Contemporain de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 2 mars 2016

Christian Lhopital en Drôme

L'artiste lyonnais Christian Lhopital expose (jusqu'au 17 avril) un ensemble de dessins et de sculptures au Centre d'Art Contemporain de Saint-Restitut. On y retrouvera son univers mi-onirique mi-humoristique peuplé d'étranges figures anthropomorphes, d'animaux, de fleurs et de quelques inquiétants ectoplasmes... Ce sera aussi l'occasion de découvrir nombre d’œuvres récentes de l'artiste qui n'avait pas exposé dans la région depuis 2013 au Musée de Saint-Étienne.

Continuer à lire

À l’origine...

ARTS | Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’espace dédié aux expositions temporaires est plus important que celui accordé à leur voisine permanente (2800 m² (...)

Nadja Pobel | Mardi 23 décembre 2014

À l’origine...

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’espace dédié aux expositions temporaires est plus important que celui accordé à leur voisine permanente (2800 m² contre 1900 m²). Il faut dire qu’avec pas moins de 2, 2 millions d’objets en sa possession, le Musée des confluences a de la ressource. Histoire d'en montrer un maximum dès l'ouverture, il a fait le choix, judicieux, de rendre hommage à celui qui a commencé cette collection, Emile Guimet, et à la manière dont étaient présentées ses trouvailles au XVIIIe siècle : dans des cabinets de curiosité, véritables "chambres des merveilles", ainsi que le souligne le titre de l’expo. Plus de 800 pièces sont ici présentées, dans un foisonnement dont le désordre n’est qu’apparent. Tout est au contraire parfaitement agencé, en un clin d'oeil aux premières classifications, si bien que l’ensemble forme quasiment un tableau pictural avec ses rosaces faites de poissons et ses alignements quasi-pointillistes de coccinelles épinglées. Contempler ces joyaux est une chose, voyager pour les découvrir puis les porter à la connaissance de ses congénères en est une autre qu’Emile Guimet (1836 - 1918) s’est ingénié à faire à Dresd

Continuer à lire

Christian Lhopital et ses fantômes

CONNAITRE | L'artiste lyonnais Christian Lhopital (né en 1953) a connu dernièrement une actualité intense : Biennale d'art contemporain de Lyon en 2012, exposition au (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 septembre 2014

Christian Lhopital et ses fantômes

L'artiste lyonnais Christian Lhopital (né en 1953) a connu dernièrement une actualité intense : Biennale d'art contemporain de Lyon en 2012, exposition au Musée d'art moderne de Saint-Etienne en 2013 et dans diverses galeries (dont Domi Nostrae, qui le représente à Lyon)... Nous nous en sommes réjouis dans ces colonnes, tant ses dessins, notamment, à mi-chemin entre l'humour et l'inquiétant, nous touchent. Il publie cette année un livre centré sur une partie peut-être moins connue de son travail : sa série Fixe face seule, composée à partir de coupures de journaux, ses grands dessins muraux éphémères à la poudre de graphite, ses "sculptures" réalisées à partir de peluches trempées dans de la peinture blanche puis mises en scène... Le livre en restitue une riche documentation photographique, accompagnée d'un texte de la critique d'art Marie de Brugerolle. Un texte qui rappelle notamment les références importantes des œuvres de l'artiste : Samuel Beckett, Lewis Caroll, Francis Picabia, Mike Kelley, Georges Bataille... Et qui se conclue joyeusement sur cette idée clef : «Les petits personnages qui peuplent les œuvres de Lhopital sont des ind

Continuer à lire

Petits espaces, grandes expos

ARTS | Cet été, les petits centres d'art et galeries tiennent la dragée haute aux musées, avec notamment trois expositions exceptionnelles dans des domaines très différents : la photographie au Réverbère, l'art contemporain à la BF15 et la peinture à la galerie Descours. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 12 juillet 2013

Petits espaces, grandes expos

Le temps se suspend, le quotidien se fissure et laisse alors entrevoir  les lignes de fuite de la pensée et des sensations corporelles. Le regard d'une femme passe de l'autre côté du miroir d'un snack, vitrine constellée des reflets de la ville. Une jeune fille s'évade dans le sommeil et la rêverie au cœur même de ce qui nourrit peut-être cette rêverie  : un cinéma aux fauteuils rouges mangés d'ombre. Et dans un café de Saint-Pétersbourg, un couple esseulé, baigné dans une atmosphère picturale à la Edward Hopper, semble soudain coupé du monde. A travers un petit ensemble d'images, Géraldine Lay saisit les Failles ordinaires, étranges instants figés où les individus montrés semblent basculer "ailleurs" - un ailleurs intime où le proche paraît lointain, vertigineux. Ces images prennent place dans une exposition collective organisée par Le Réverbère et intitulée Désir de collection (jusqu'au 27 juillet), dans laquelle la galerie présente des ensembles de ses photographes (François Deladerrière, William Klein, Bernard Plossu, Denis Roche, Lionel Fourneaux...), ainsi qu'un florilège d'images d'anonyme

Continuer à lire

Les vertiges de Jean Raine

ARTS | L'exposition "Jean Raine, revoir la question" rassemble des peintures et des dessins de l'artiste belge, de différentes périodes, et tente une première synthèse de son œuvre éclatée. Une excellente occasion de s'initier à son univers halluciné, puissant, urgent. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 30 juin 2013

Les vertiges de Jean Raine

Parmi les œuvres de Jean Raine présentées à la galerie Descours, on découvre notamment une acrylique sur papier intitulée Regard sur le chaos (1979). Au milieu de méandres colorés, sorte de magma marécageux, on y discerne des paires d'yeux jetant des regards hallucinés, des visages ou des masques disséminés, des cernes noirs ou bleutés entourant des figures tremblées... On y ressent aussi le geste de l'artiste, l'urgence de la création, une folie des formes. D'une certaine manière, cette peinture résume l'effort de Jean Raine, qui lutta tout au long de sa vie avec et contre les forces du chaos, son cheminement entre expressionnisme et surréalisme, son ouverture aux courants d'airs vertigineux de l'inconscient humain et de ses pulsions. «Mon œuvre picturale apparaîtra sans doute comme une tératologie complaisante à l’horreur, mais entre autres significations complexes qu’elle revêt, dans le dynamisme créateur de mon expression poétique, elle est, sur un plan mythique, une tentative de retrouver l’homme en germe dans une originelle animalité». Encres

Continuer à lire

Mine de rien

ARTS | A l’occasion de deux expositions (Laurence Cathala à la Fondation Bullukian et "Le Dessin en couleurs" à la galerie Descours), nous avons voulu nous pencher sur le dessin. Le sujet est très à la mode, voire tarte à la crème. Aussi, pour lui redonner sa singularité, avons-nous donné la parole à plusieurs artistes lyonnais. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 18 avril 2013

Mine de rien

Dans une lettre datée du 8 septembre 1888, Vincent Van Gogh écrit : «Qu’est-ce que dessiner, comment y arrive-t-on ? C’est l’action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible qui semble se trouver entre ce que l’on sent et ce que l’on peut. Comment doit-on traverser ce mur ? Car il ne sert à rien d’y frapper fort. On doit miner le mur et le traverser à la mine, lentement et avec patience». Quand Christian Lhopital parle de la «légèreté du dessin», opposé au poids de la peinture, peut-être est-ce aussi pour ne pas frapper trop fort, asséner, aliéner. Même quand l’artiste lyonnais crée concrètement sur des murs, il préfère le crayon au pinceau, le jeu sur l’opposition de quelques valeurs plutôt que sur toutes les couleurs. «Un dessin ne doit jamais être lourd ou besogneux. Au fil du temps, l’habileté de la pratique nourrit cette entière liberté, cette puissance de possibilités de ce qui se passe sur l’espace blanc de la feuille de papier. Plus je dessine, plus je suis libre» dit-il. «Bing image à peine presque jamais une seconde temps sidéral bleu et blanc au vent »

Continuer à lire

Creuser la tête

ARTS | La Galerie Domi Nostrae fête ses 25 ans d’acquisitions et d’expositions, commencées dans le lieu de vie de Christine et Fabrice Treppoz, poursuivies dans un appartement adjacent. À cette occasion, les galeristes reviennent sur leur parcours, placé pour l'essentiel sous le signe du portrait. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 31 janvier 2013

Creuser la tête

À deux pas de la Préfecture, depuis 25 ans, dans deux appartements voisins, Christine et Fabrice Treppoz collectionnent et exposent quantité de visages. Peints, dessinés, photographiés, sculptés. «Les œuvres où domine la présence sidérante de la face humaine sont les plus nombreuses. Soleil noir, cou coupé, chaque figure conjugue l’humain, l’animal et le monstrueux pour donner naissance à une image qui vous saisit et vous renvoie à votre propre (in)humanité» écrit Fabrice Treppoz dans le catalogue de l’exposition Soleil noir, qui revient sur cette histoire. À deux pas des identités fichées, anthropométriques, calibrées, normées, se déploient donc des identités déchirées, fêlées, métamorphosées, défigurées, en devenir constant et indéfini. «Visage, quelle horreur, il est naturellement lunaire, avec ses pores, ses méplats, ses mats, ses brillants, ses blancheurs et ses trous : il n’y a pas besoin d’en faire un gros plan pour le rendre inhumain, il est gros plan naturellement, et naturellement inhumain, monstrueuse cagoule» assenaient Gilles Deleuze et Félix Guattari dans Mille Plateaux. Masques Qu'on s

Continuer à lire

On n’arrête pas le Combas

ARTS | 97 374 visiteurs… Tel est le chiffre de fréquentation qu’a obtenu la (très longue : presque cinq mois !) rétrospective Robert Combas au Musée d’art (...)

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 20 août 2012

On n’arrête pas le Combas

97 374 visiteurs… Tel est le chiffre de fréquentation qu’a obtenu la (très longue : presque cinq mois !) rétrospective Robert Combas au Musée d’art contemporain (MAC). Si le MAC s’apprête maintenant à accueillir une exposition plus attendue et plus originale autour des liens entre John Cage et Erik Satie, Robert Combas et le mouvement de la Figuration Libre en général continuent d’avoir une actualité à Lyon. La Bibliothèque de quartier du 3e Arrondissement expose en effet, jusqu’au samedi 29 septembre, plusieurs estampes originales de représentants de ce courant : François Boisrond, Robert Combas, les frères Di Rosa, mais aussi d’autres artistes figuratifs travaillant dans cet univers esthétique, comme les Lyonnais Jean-Philippe Aubanel et Bernard Pelligand… Françoise Lonardoni, chargée des collections contemporaines de la Bibliothèque Municipale de Lyon, donnera une conférence le vendredi 14 septembre à 18h autour des liens entre la Figuration Libre, les graffitistes américains et la création des années 1980 en général. Jean-Emmanuel Denave

Continuer à lire

L’Égypte d’Émile Guimet

ARTS | Le Musée des Beaux-Arts se penche sur la vie et le parcours d’Émile Guimet (1836-1918) au nom aussi connu (via les Musées Guimet de Paris et de Lyon qu’il (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 11 avril 2012

L’Égypte d’Émile Guimet

Le Musée des Beaux-Arts se penche sur la vie et le parcours d’Émile Guimet (1836-1918) au nom aussi connu (via les Musées Guimet de Paris et de Lyon qu’il fonda) que son existence reste méconnue. Fils d’une riche famille d’industriels lyonnais, directeur d’une entreprise de chimie, compositeur d’opéras à ses heures perdues, ce touche-à-tout fut aussi et surtout un passionné d’égyptologie et constitua, après un premier voyage en 1865, une importante collection d’antiquités égyptiennes, léguée après sa mort à différents musées, au Louvre notamment. C’est donc à l’une de ces personnalités «transversales», aux confins du savoir scientifique, du pouvoir financier, de la passion autodidacte et du goût de l’aventure, essentielles dans la constitution des collections de nos grandes institutions, que rend hommage le musée. D’où une exposition un peu étrange et en demi-teinte, partagée entre des salles assez anecdotiques sur Guimet, et d’autres beaucoup plus stimulantes présentant des momies, des sarcophages, des papyrus, des statuettes, des objets de rites funéraires, ou d’autres objets consacrés aux cultes d’Isis, centre d’intérêt majeur pour Guimet… Cette présentation

Continuer à lire

Combas lasse

ARTS | À travers plus de 600 œuvres, le Musée d'art contemporain remet sous les feux de la rampe le peintre de la Figuration libre, un peu oublié, Robert Combas. Malgré son indéniable talent et sa puissance d'imagerie, sa peinture nous laisse indifférent sur le plan plastique et émotionnel. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 1 mars 2012

Combas lasse

Nous sommes en province en 2005, le pouvoir d'attraction de prêteurs d’œuvres et le budget du Musée d'art contemporain (MAC) ne sont pas illimités. Avec les moyens du bord, le MAC a alors la bonne idée d'organiser une exposition Warhol dévoilant une face méconnue de l'artiste, son "œuvre ultime". L'événement est intéressant et réussi et, mieux encore, le public s'y précipite (autour de 150 000 visiteurs). À l'époque déjà, conservateurs et pouvoirs publics ont les yeux rivés sur les chiffres de fréquentation des lieux culturels. La belle et astucieuse exposition de la Pop star Warhol se retourne alors en obligation un peu cauchemardesque : réitérer régulièrement ce genre d'événement «blockbuster». D'où les rétrospectives Keith Haring (sympathique), Ben (vide) et, aujourd'hui, Robert Combas. Soit un artiste relativement facile d'accès et connu, soutenu par une bonne campagne de communication. En plus, l'artiste a eu

Continuer à lire

Podcast / Débat critique sur Combas au Mac de Lyon

ARTS | Le Musée d’art Contemporain de Lyon ouvre sa grande exposition Robert Combas intitulée Greatest Hits, jusqu’au 15 Juillet 2012. Qu’en est-il de cette tentative de réhabilitation d’un artiste connu mais souffrant également d’une image du passé, celle des années 80 ?

Dorotée Aznar | Mercredi 29 février 2012

Podcast / Débat critique sur Combas au Mac de Lyon

Date de première diffusion:  28 Février 2012Emission n°99 Durée: 29’45 minInvité: Cécile Carretti, responsable galerie Confluences IUFM; Hugo Pernet, artiste; David Gauthier, critique, commissaire et responsable des affaires culturelles à l’ENS Lyon.Contenu: Le Musée d’art Contemporain de Lyon ouvre sa grande exposition Robert Combas intitulée Greatest Hits, jusqu’au 15 Juillet 2012. Qu’en est-il de cette tentative de réhabilitation d’un artiste connu mais souffrant également d’une image du passé, celle des années 80? Chroniques: Marie Bassano et Simon Feydieu font parler Robert Altman et son ‘Short cuts’ dans leur capsule cinématographique; Quentin Maussang ouvre un nouveau chapitre de son histoire de l’art avec la chanson ‘brut, libre, putain il faut vivre’ en miroir de l’exposition Combas (avec Matthieu Schmittel pour la guitare solo et les choeurs, et Matthieu Peyraud pour la production). Liens utiles : Site web de Robert Combas Re

Continuer à lire

Traversée d'une "Cosmologie"

ARTS | Commencée à l'adolescence dans la plus complète obscurité, poursuivie à partir de 1984 dans une semi-clarté (quelques expositions et publications rares ici et là), (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 février 2012

Traversée d'une

Commencée à l'adolescence dans la plus complète obscurité, poursuivie à partir de 1984 dans une semi-clarté (quelques expositions et publications rares ici et là), l’œuvre d'Onuma Nemon prolifère peu à peu par rhizomes de textes poétiques, éclats de voix, fragments plastiques... À l'instar de Rimbaud, Onuma Nemon est un poète voleur de feu qui se voit «chargé de l'humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions ; si ce qu'il rapporte de là-bas a forme, il donne forme : si c'est informe, il donne de l'informe. Trouver une langue». Sa Cosmologie titanesque est autant une expérience de la langue que du corps, une géographie du monde et de la littérature passée (d'Homère à la Beat Generation) secouée de séismes, d'intensités, de saillies, d'illuminations, de mouvements centrifuges (à partir d'un socle autobiographique) de déterritorialisation. Un grand artiste, «à la manière de ceux qui savent extraire de nouvelles formes, et créer de nouvelles manières de sentir et de penser, tout un nouveau langage» (G. Deleuze). L'exposition de l'écrivain-artiste à l'URDLA, mêlant textes et œuvres (dessins, photographies, gravures...),

Continuer à lire

«L'innocence, l'extase, la poésie»

ARTS | Dans une pièce retirée de l'URDLA, l'écrivain et artiste Onuma Nemon répond à nos questions pendant son vernissage auquel il ne participera pas directement, refusant d'apparaître en public. Ni bouderie, ni snobisme, depuis le début O.N., comme on le surnomme, s'efface derrière son œuvre... Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 février 2012

«L'innocence, l'extase, la poésie»

La Cosmologie Depuis la fin des années 1960, j'ai entrepris l'écriture d'une Cosmologie, sans plan a priori mais en progressant par prolifération, à la manière d'un Faulkner qui, de roman en roman, a créé un conté imaginaire. Dès l'adolescence, j'avais une idée un peu mystique et très idéaliste de l’œuvre à venir, avec une division du monde en cinq continents imaginaires. Plus tard, j'ai écrit des voix plutôt que des personnages à proprement parler. L'aspect sonore est très important pour moi. Au fur et à mesure, ces « personnages » se modifient comme dans la mythologie (je fais beaucoup d'emprunts aux mythologies, grecque ou autre). Ce ne sont pas des formes fixes, mais ils répondent davantage à l'idée antique du récit où le héros se définit essentiellement par ses actes. L'aspect physique de mon écriture provient aussi de ma pratique des arts martiaux (le karaté) et de la place central accordée au corps. Onuma Nemon ? En grec et en latin, je dis deux fois que mon nom est «personne». Je pense sincèrement qu'il y a deux choses séparées : l'écriture et l'auteur. La notion d'auteur ne m'intéresse pas. Je suis du côté de l'inscription, de l'écri

Continuer à lire

Podcast / Entretien avec Jacques Monory

ARTS | Jacques Monory, un des artistes les plus importants de la figuration narrative, expose à Lyon à la galerie Pallade et à la galerie IUFM Confluences jusqu’au 24 Mars 2012.

Dorotée Aznar | Vendredi 10 février 2012

Podcast / Entretien avec Jacques Monory

Date de première diffusion:  7 Février 2012Emission n°96 Durée: 30’50 minInvité: Jacques Monory, artisteContenu: Jacques Monory, un des artistes les plus importants de la figuration narrative, expose à Lyon à la galerie Pallade et à la galerie IUFM Confluences jusqu’au 24 Mars 2012. Il a accepté de répondre à quelques questions à propos de ce double rendez-vous et de ses presque 60 ans de carrière.   Chroniques: Mamy Faire lance son chien de chasse sur les traces des crimes perpétrés dans les peintures de Jacques Monory; Solenne Livolsi soliloque cette fois-ci sur l’exposition de Yann Kersalé à l’espace de la fondation EDF de Paris. Liens utiles : Site web de Jacques Monory Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine 

Continuer à lire

La solitude n'est pas une maladie honteuse

ARTS | Deux expositions à Lyon permettent de redécouvrir l’œuvre névrosée et critique du célèbre peintre de la Figuration narrative Jacques Monory... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 3 février 2012

La solitude n'est pas une maladie honteuse

Le moi chez Freud a du grain à moudre, lui qui doit concilier tout à la fois les exigences du Ça et ses pulsions, du Sur-moi et ses exigences morales, de la réalité et ses principes sociétaux. L'analogie est osée, mais les toiles de Jacques Monory ressemblent un peu au Moi freudien : à la croisée des pulsions sexuelles et des pulsions de mort, du réalisme violent, et de cadrages «sévères». Le Moi de Monory (le peintre se met d'ailleurs souvent en scène) est aussi névrosé et vibre de tous les malaises de notre civilisation. Dans ses toiles monochromes (bleu, jaune ou rose), le meurtre est partout, les images de la société de consommation agressives, l'érotisme sadien ou de pacotille, les rues solitaires et angoissantes. L'artiste, marqué depuis son enfance par le cinéma, opte souvent pour des grands formats et peint à partir de photographies projetées sur ses toiles. Les plus connues sont bleues : «Ni le bleu du ciel ni le bleu de la mer, mais celui de la télé noir et blanc ! Quand on la photographie, elle est bleue», précise Monory, avant d'ajouter ironique : «Le bleu c'est lointain, c'est la rêverie, c'est romantique !». Un romantisme pour le moins glacé.

Continuer à lire

Vortex

ARTS | Pour son cinquième anniversaire, la galerie Henri Chartier expose des œuvres de l'artiste d'origine belge Jean Raine. Des pièces datant de 1955 à 1986, avec pour point d'orgue une acrylique monumentale, «Fin de comédie». Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 22 janvier 2012

Vortex

Comment peignait Jean Raine (1927-1986) ? À même le sol et en slip, ce qui est plutôt bon signe pour un artiste... Né Jean-Philippe Robert Greenen en Belgique, Jean Raine participa comme poète et cinéaste au groupe COBRA, croisa les chemins du surréalisme en général et de Magritte en particulier, serra la pince d'André Breton et, à partir de 1968,  s'installa dans la région lyonnaise. Toute sa vie, Jean Raine but beaucoup d'alcools, jusqu'à en perdre un temps la perception des couleurs et se mettre alors à composer de grandes encres tremblées, fantomatiques, hallucinées... «Mon œuvre picturale apparaîtra sans doute comme une tératologie complaisante à l'horreur, mais entre autres significations complexes qu'elle revêt, dans le dynamisme créateur de mon expression poétique, elle est sur un plan mythique, une tentative de retrouver l'homme en germe dans une originelle animalité» déclarait Jean Raine. Car, oui, où que vous regardiez parmi ses petites ou grandes toiles, ses dessins ou ses huiles, ses œuvre monochromes ou multicolores, il y a toujours, plus ou moins apparent, au moins un visage humain... L'un des plus beaux et des plus «évidents» est un petit portrait datant

Continuer à lire

Jacques Monory

ARTS | Un monde ultramoderne et ultra névrosé, des scènes de crime ou des situations angoissantes, des bris de verre et un sens clinique du réalisme proche de la (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 8 septembre 2011

Jacques Monory

Un monde ultramoderne et ultra névrosé, des scènes de crime ou des situations angoissantes, des bris de verre et un sens clinique du réalisme proche de la photographie… Le tout à travers une palette monomaniaque bleue. Chouette, c’est Jacques Monory (né en 1934 à Paris) ! Pas l’un des peintres les plus gais de la Figuration Narrative, mais pas l’un des moins passionnants non plus. On attend donc avec impatience sa double exposition à la galerie Pallade et à l’IUFM ! Du 2 février au 24 mars, à la galerie Anne-Marie & Roland Pallade, et à la galerie Confluence(s) de l’IUFM

Continuer à lire

Robert Combas, Greatest hits

ARTS | Après Warhol, Keith Haring et Ben, c’est au tour du peintre Robert Combas de remplir les trois étages du Musée d’Art Contemporain et d’attirer le plus de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 8 septembre 2011

Robert Combas, Greatest hits

Après Warhol, Keith Haring et Ben, c’est au tour du peintre Robert Combas de remplir les trois étages du Musée d’Art Contemporain et d’attirer le plus de spectateurs possibles pour une rétrospective «blockbuster». Une rétrospective annoncée comme bon enfant et rock’n’roll : l’artiste de la figuration libre, né en 1957, travaillera dans le musée durant son exposition, accompagnera le parcours chronologique de ses œuvres par une bande-son et invitera régulièrement des groupes de musique et des artistes proches sur une scène cabaret au sein du MAC ! Du 24 février au 15 juillet 2012, au Musée d’Art Contemporain.

Continuer à lire

Jean Raine

ARTS | La galerie Henri Chartier consacre à nouveau une petite exposition (jusqu'au samedi 29 mai) à Jean Raine (1927-1986), cinéaste, poète et peintre proche du (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 avril 2010

Jean Raine

La galerie Henri Chartier consacre à nouveau une petite exposition (jusqu'au samedi 29 mai) à Jean Raine (1927-1986), cinéaste, poète et peintre proche du groupe Cobra et féru de surréalisme. Les œuvres présentées sont très belles et très diverses : une acrylique intitulée «Sous l'aile d'un moulin rose» entraîne dans un grand mouvement circulaire plusieurs formes indéfinies parmi lesquelles on devine une femme nue ; des encres nous plongent au sein de leurs méandres obscurs et tourmentés ; quelques dessins jouent avec les mots, des lettres et des signes abstraits... Une création mue par l'urgence, le hasard, l'angoisse, l'hallucination, toujours déconcertante et émouvante. JED

Continuer à lire

La fièvre du dessin

ARTS | Expo / Christian Lhopital expose ses dessins au Musée d’art contemporain et à la galerie Domi Nostrae (derniers jours). Un univers tout en tremblements, diablement émouvant. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 6 novembre 2008

La fièvre du dessin

Avec ses coulures, ses taches et ses traits chancelants, avec ses petits monstres acéphales, ses figures de rêves ou de cauchemars, Christian Lhopital refait surface. Il refait s’émouvoir, vaciller et se perdre le regard. La surface de ses dessins s’avère, elle, toujours double : entremêlant l’apparition évanescente de tout un «bestiaire» hétérogène (humain, animal, monstrueux…), et des préoccupations d’ordre purement plastiques, avec des histoires de matières, d’espaces, de mouvements, de rythmes, de lignes… «Essayer encore. Rater encore. Rater mieux encore. Ou mieux plus mal. Rater plus mal encore. Encore plus mal encore», écrit Beckett. Mots qui résonnent particulièrement bien avec l’œuvre de Lhopital balbutiant ses efforts à la limite de l’épuisement, ses ratages réussis, ses réussites ratées, ses dérapages au bord du vide et de l’angoisse. «Il y a parfois dans mes dessins une répétition des motifs jusqu’à l’épuisement, la maladresse, le déséquilibre. Je m’intéresse aussi à ce fil qui se déroule en dessinant les figures, ce trait sinueux qui se dévide, éventuellement jusqu’à l’effondrement de la ligne sur elle-m

Continuer à lire

L'encre dans la peau

ARTS | Exposition / Une seule salle au Musée des Beaux-Arts consacrée à Jean Raine (1927-1986), mais quelle salle ! Cinq immenses encres sur papier ocre marouflées (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 27 mars 2008

L'encre dans la peau

Exposition / Une seule salle au Musée des Beaux-Arts consacrée à Jean Raine (1927-1986), mais quelle salle ! Cinq immenses encres sur papier ocre marouflées sur toile y sont accrochées ; soit cinq visions à la fois grotesques et effrayantes des entrailles de l'enfer ou de la folie du monde. D'innombrables créatures aux visages tremblant d'effroi, mi-fantômes mi-oiseaux, nous entourent, nous fixent de leurs grands yeux avides ou vides. C'est tout à la fois monstrueux et enfantin, comme une sarabande ou un carnaval de formes tourmentées, constituées de tâches et de giclées d'encre, de figures cauchemardesques tordues par des bourrasques de vent noir. Les œuvres datent des années 1960, époque où, après un coma de trois semaines, l'artiste a perdu la perception des couleurs (qu'il recouvrera peu à peu à partir de 1966-68)... Injustement méconnu, poète, cinéaste et artiste, Jean Raine participa au mouvement surréaliste belge emmené par Magritte, fut un proche d'Alechinsky et du mouvement Cobra, et fréquenta les derniers surréalistes français à la fin des années 1940... Adepte du dérèglement de tous les sens de Rimbaud, il dessine et peint dans l'urgence et la fièvre

Continuer à lire