Un euro le tableau

Nadja Pobel | Jeudi 27 septembre 2012

Photo : MBA Lyon-Alain Basset


Pour la première fois de son histoire, et à l'instar du Louvre, le Musée des Beaux-Arts de Lyon ouvre une souscription publique pour acquérir un tableau. L'Arétin et l'envoyé de Charles Quint peint en 1848 par Ingres trouvera tout naturellement sa place dans la salle des troubadours du musée si 80 000 € manquant (sur une totalité de 750 000) sont récoltés auprès des particuliers d'ici le 15 décembre. Tous les dons (dès un euro !) sont déductibles des impôts à hauteur de 66%. Plus de renseignements sur www.donnerpouringres.fr et dans notre article sur www.petit-bulletin.fr/lyon.

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"Femme assise sur la plage", 1937, de Pablo Picasso

Une œuvre dans l'expo | C’est parfois sur la plage, là où tout devrait être clair et précis sous la lumière et dans le dénuement, que les choses paradoxalement peuvent se révéler (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 9 juillet 2020

C’est parfois sur la plage, là où tout devrait être clair et précis sous la lumière et dans le dénuement, que les choses paradoxalement peuvent se révéler complexes, confuses, en devenir… Rappelons-nous, par exemple, le meurtre commis par Meursault dans un éclat de soleil, dans L'Étranger de Camus, ou bien la baignade en mer de Thomas l’obscur (Maurice Blanchot) où dedans et dehors s’inversent sans cesse. Esseulée dans une clarté sans ombre ou presque, la Femme assise sur la plage (1937) de Picasso se gratte un pied. C’est aussi simple et trivial que cela. Mais, plus avant, est-ce vraiment une femme ou est-ce un monstre quasi extra-terrestre, est-elle de profil ou est-elle de face, est-elle débordante de chair et de vie ou figée dans la pierre et la mort, est-elle en deux ou en trois dimensions ? Est-elle un peu simplette concentrée sur sa tâche triviale ou plongée dans une profonde boucle mélancolique ? Avec Picasso ce type d’alternatives semble s’ouvrir sur un rap

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Le Musée des Beaux-Arts s'ouvre au XXe siècle

ARTS | Sa collection permanente du XXe siècle étant partie au Mexique, le Musée des Beaux-Arts ouvre ses salles aux artistes lyonnais du début du XXe aux années 1980. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 janvier 2016

Le Musée des Beaux-Arts s'ouvre au XXe siècle

Sa collection permanente du XXe siècle étant partie au Mexique, le Musée des Beaux-Arts ouvre ses salles aux artistes lyonnais du début du XXe aux années 1980. Une "lyonnaiserie" rassemblant les croûtes du musée ? Tout au contraire : le parcours casse l'image d'une scène régionaliste repliée sur elle-même en présentant quelque 160 œuvres de bonne voire d’excellente tenue. Aucun lien évident entre elles, mais un kaléidoscope de personnalités et de perspectives qu'on découvre ou redécouvre avec joie. Comme cette très baudelairienne Passante de Jacques Truphémus (né en 1922), franchissant une passerelle comme on franchit les rives de l'angoisse. Ou ce très bel ensemble de gravures et de peintures de ce singulier artiste, mi-symboliste mi-érotomane, qu'était Pierre Combet-Descombes (1885-1966). Ou encore l'abstraction aux espaces éclatés à la Geer Van Velde de Pierre Doye (né en 1927). Ainsi que le précisent Sylvie Ramond (directrice du musée) et Patrice Béghain (ancien adjoint à la culture de la Ville et auteur d'Une histoire de la peinture à Lyon aux éditions Bachès), il s'agit moins d'une exposition en tant que telle que

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Le musée des Beaux-Arts de Lyon en haut du classement

ARTS | Si la quenelle émettait l'équivalent d'un "cocorico" cocardier, le moment serait tout trouvé pour le pousser : d'après un "Palmarès 2013 des musées" dressé par Le (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 4 juillet 2014

Le musée des Beaux-Arts de Lyon en haut du classement

Si la quenelle émettait l'équivalent d'un "cocorico" cocardier, le moment serait tout trouvé pour le pousser : d'après un "Palmarès 2013 des musées" dressé par Le Journal des Arts, le musée des Beaux-Arts de Lyon est, en termes de fréquentation, le 1er musée en région et le 5e en France (derrière le Centre Pompidou, le Louvre, le musée du quai Branly et le musée d’Orsay). Un succès auquel n'est pas étrangère, notamment, l'audacieuse exposition Joseph Cornell et les surréalistes à New York et qui vient conforter le lieu dans sa politique d'ouverture (nocturnes, collaborations avec Lyon BD ou les Nuits de Fourvière...), mais aussi dans ses démarches d'acquisition.

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Passé recomposé

ARTS | Amateurs de sensations fortes et de belle peinture, vous serez comblés par la nouvelle exposition du Musée des Beaux-Arts, consacrée au retour sur le passé de peintres du début du XIXe Siècle. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 mai 2014

Passé recomposé

Le Musée des Beaux-Arts effectue un double rétropédalage dans le passé avec L'Invention du passé, une vaste exposition qui «s'intéresse à la représentation de l'histoire dans les arts figurés en Europe au XIXe siècle, et plus particulièrement au regard porté par les artistes sur le Moyen-Âge, la Renaissance et le XVIIe siècle». Elle réunit concrètement deux cents tableaux, dessins et sculptures signés Ingres, Delaroche, Delacroix, ou réalisés par des Lyonnais comme Fleury Richard et Pierre Révoil. Ce "genre historique" qui apparaît après la chute de l'Empire doit être replacé dans son contexte : l'intérêt pour l'histoire touche alors tous les arts (voir les romans de Walter Scott à la même époque) et, en France du moins, le retour aux grandes figures nationales semble panser les plaies de la défaite et s'inscrira plus tard (en faveur ou en opposition du reste) dans le sillage de la Restauration. Entre 1802 et 1850, les artistes ne se contentent donc pas de redécouvir l'Histoire, ils la réinterprètent, la tirent à hue et à dia selon leurs opinions politiques, mais toujour

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«Fuck off Charles!»

ARTS | Après des œuvres de Poussin et de Soulages, le Musée des Beaux-Arts vient d’acquérir L’Arétin et l’envoyé de Charles Quint de Jean Auguste Dominique Ingres. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 14 février 2013

«Fuck off Charles!»

On dirait presque un rappeur ou un punk, rebelle avachi sur son fauteuil et envoyant balader un émissaire politique d’un (presque) grand doigt d’honneur. Pierre l’Arétin, né en 1492 à Arezzo et mort en 1556 à Venise, en est sans doute l’ancêtre. Auteur de satires mordantes sur la société de son temps et de pièces comiques, cet ami de Titien écrivit aussi quelques œuvres pieuses à la fin de sa vie que l’on dit rocambolesque : au cours d’un repas, une plaisanterie particulièrement obscène aurait provoqué chez lui une grande crise de rire, au point qu’il tomba à la renverse et se fendit le crâne. Une trentaine d’années après l’avoir traité de manière plus sobre et raide, Ingres s’empare en 1848 d’un autre fait plus ou moins légendaire : l’Empereur Charles Quint envoyant à l’Aretin un messager afin de lui remettre une chaîne en or pour acheter le silence du redouté pamphlétaire. La "réponse" représentée par Ingres est signifiée dans le tableau par le visage de l’Arétin exprimant une stupéfiante morgue dédaigneuse. S’opposer ou souscrire ? Dans cette scène très éclairée, l’opposition entre la nonchalance de l’écrivain et la raideur outrée et belliqu

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Ne soyez pas pingres avec Ingres

ARTS | Le Musée des Beaux-Arts lance une souscription publique afin d’acquérir une œuvre d’Ingres jamais exposée. En plus de l’argent récolté auprès de ses fidèles entreprises mécènes, le musée appelle chacun à contribuer l’achat final de ce tableau. Don minimum fixé à un euro ! Nadja Pobel

Christophe Chabert | Jeudi 27 septembre 2012

Ne soyez pas pingres avec Ingres

L’argent public manque, ce n’est un secret pour personne. L’arrivée de la gauche au pouvoir entérine une baisse du budget de la culture et même si la Ville de Lyon consacre toujours 20% de son fond à ce portefeuille, la culture a besoin de mécènes comme dans les pays anglo-saxons où cette pratique est depuis longtemps développée. La France commence tout juste à oser piocher dans cette manne financière. En 2008, le musée des Beaux-Arts de Lyon avait acquis La Fuite en Égypte de Poussin grâce aux dons des entreprises. L’an dernier trois œuvres de Soulages sont tombées dans son escarcelle, qui donneront lieu à une vaste exposition sur le peintre français incontournable à partir du 12 octobre. Et, ce mois-ci, pour la première fois, l’équipe du Musée a eu l’idée de faire appel au tout-venant. Outre, la somme d’argent à récolter, l’idée est aussi presque pédagogique : «il s’agit de s’approprier le musée et d’élargir le public» comme le disent de concert Sylvie Ramond, directrice du musée et Georges Képénékian, adjoint la culture et aux grands événements de la Ville de Lyon. Seuls les musées du Louvre (Les Trois Grâces de Lucas Cranach l’Ancie

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Trois Soulages

ARTS | L’acquisition, il y a trois ans, d’un Poussin a fait des petits. Le Musée des Beaux-Arts a réuni à nouveau plusieurs mécènes pour acquérir, avec un financement (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 25 novembre 2011

Trois Soulages

L’acquisition, il y a trois ans, d’un Poussin a fait des petits. Le Musée des Beaux-Arts a réuni à nouveau plusieurs mécènes pour acquérir, avec un financement public-privé (1, 5 million d’euros), trois œuvres du peintre Pierre Soulages. Un brou de noix sur papier de 1947, une huile de 1967 et un triptyque à l’acrylique de 2009. On pourra les découvrir à partir de mars 2012 et le musée annonce aussi une exposition consacrée au maître de l’abstraction et du noir en octobre 2012.

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Les enfants d’abord

CONNAITRE | Jeune public / Pendant les vacances de Noël, quelques vaillants programmateurs ont décidé de donner un coup de main aux parents qui sont déjà allés au cinéma (...)

Dorotée Aznar | Lundi 21 décembre 2009

Les enfants d’abord

Jeune public / Pendant les vacances de Noël, quelques vaillants programmateurs ont décidé de donner un coup de main aux parents qui sont déjà allés au cinéma quatre fois en deux jours. Parmi les activités proposées, on trouve celles du Musée des Beaux-arts de Lyon, généralement très prisées. La Balade d’hiver invite les enfants (accompagnés) à découvrir contes et légendes autour de Noël ainsi que des peintures, sculptures et objets divers. Pour ceux dont la progéniture traverse une phase d’amour inconditionnel pour le Père Noël, rendez-vous chez Guignol soit au musée théâtre Guignol de Brindas, à la maison de Guignol (Lyon 5e) ou à la salle de La Ficelle (Lyon 4e) pour des aventures mettant en scène le fameux barbu. À noter, plusieurs petits théâtres de la Presqu’île proposent une programmation à destination du jeune public pendant les vacances. C’est le cas de l’espace 44 qui accueille Sindbad le marin (à partir de 3 ans), de l’Étoile royale qui invite à un voyage en terre amérindienne avec Les Plumes de l’aigle et du Carré 30, avec Enfantom(e). Dans le 9e arrondissement, l’Acte 2 théâtre propose trois spectacles familiaux différents tandis que les amateurs de cirque poétique ont

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Classe classique

ARTS | Expo / Le Musée des Beaux-Arts consacre une vaste rétrospective à un peintre d'origine lyonnaise quasiment inconnu : Jacques Stella (1596-1657). Un classique «pur beurre» qui se révèle aussi audacieux, drôle et attentif à la vie de son époque. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 20 décembre 2006

Classe classique

Artiste largement tombé dans les oubliettes de l'histoire de l'art, vieux garçon au caractère réputé froid et maladif, peintre ordinaire du roi sous Richelieu, proche des pouvoirs politiques et religieux, Jacques Stella n'est pas l'artiste le plus émoustillant que l'on puisse imaginer ! On le découvre d'ailleurs, dans une première salle du musée, à travers un portrait aux forts relents œdipiens : le teint pâle et le regard fuyant, il se tient, tristounet et apeuré, aux côtés de sa mère qui, elle au contraire, nous fixe de son regard dur, glacial, inquiétant. Dans l'ombre de maman, Stella est aussi resté longtemps dans l'ombre de Nicolas Poussin (dont il était l'ami proche, et dont il achetait et revendait les œuvres), avec qui on le confond souvent. Ou que l'on considère comme un simple suiveur du grand maître français du classicisme. Les marchands allaient jusqu'à effacer son nom sur ses gravures pour le remplacer par celui de Poussin afin d'en obtenir un meilleur prix ! Ni vu ni connu : tour de passe-passe commercial symptomatique de son statut de peintre biffé par le temps, négligé, fantomatique. Alors pourquoi l'exhumer ? Parce qu'il s'agit «d'un des grands peintres du XVIIe si

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