Les 5 expos à voir en juin

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 1 juin 2017

Photo : © DR


1/ Frédéric Khodja à la galerie Françoise Besson, jusqu'au 31 juillet

L'artiste lyonnais présente trois nouvelles séries de dessins à partir de réminiscences d'images et de souvenirs personnels : des Paysages mentaux, des Architectures fantômes. Ou encore des Rêves d'expositions, notre série favorite, où Frédéric Khodja met en scène une sorte de studio photo où rideaux, cadres vides, figures géométriques s'ouvrent sur de nouveaux espaces énigmatiques. Ces rêves s'avèrent être d'ailleurs étonnamment proches de l'univers d'un David Lynch et des prémices de la troisième saison de Twin Peaks !

2/ Frédéric Houvert à Néon, jusqu'au 24 juin

Frédéric Houvert a invité au centre d'art Néon trois autres artistes (Daniel Mato, Laurent Proux et Fabio Viscogliosi) pour une exposition épurée aux confins de l'abstraction, de l'ornementation et du minimalisme. Les formes et les sensations y migrent de toile en toile, et jusqu'aux cimaises et à l'atmosphère général du dispositif. Une réussite !

3/ Benjamin Bruneau, à la galerie Henri Chartier jusqu'au 17 juin

Le peintre Benjamin Bruneau inaugure les nouveaux espaces de la galerie Henri Chartier, rue Auguste Comte. Sur ses toiles, l'artiste entremêle les médiums (peinture, photographie, grattage) et les références (Poussin, le Pop Art, Ingres, abstraction...), et pousse les images à leurs limites. Il en résulte des œuvres dissonantes, faisant se côtoyer figures et taches informes, réalisme et résurgences fantomatiques, rire et effroi.

4/ Cécile Reims et Fred Deux à l'URDLA et au Centre d'art contemporain de Lacoux jusqu'au 22 juillet

Fred Deux (1924-2015) et son épouse Cécile Reims (née en 1927) font l'objet de deux expositions dans la région cet été avant la grande exposition consacrée à Fred Deux au Musée des Beaux-Arts en septembre. Le couple s'est investi autant dans la littérature que dans la composition d'œuvres plastiques (des gravures réalisées ensemble notamment) ouvrant et explorant les labyrinthes d'un univers tout à la fois sexuel, organique et poétique.

5/ Édouard Pignon au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 28 août

Le Musée des Beaux-Arts ressuscite Édouard Pignon (1905-1993), une figure importante de la peinture française au 20e siècle, aujourd'hui un peu oubliée. Et présente une petite exposition consacrée au moment où, à Ostende en Belgique, sa peinture bascule vers un réalisme singulier, fait de sensations colorées, d'atmosphères subtiles et d'un certain lyrisme des formes.


Cécile Reims + Fred Deux


URDLA 207 rue Francis de Pressensé Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Benjamin Bruneau

Le voyage immobile
Galerie Henri Chartier 3 rue Auguste Comte Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Simon Rayssac + Frédéric Houvert

Une jeune fille dans un champ de maïs + Jaune Mondrian
Bikini 15 bis rue de la Thibaudière Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Frédéric Khodja

Oui certainement, oui absolument, maintenant absolument
Galerie Françoise Besson 10 rue de Crimée Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Dame nature est morte à la Galerie Michel Descours

Peinture | « Je ne crois pas aux paysages. Parfaitement. » écrit, en refusant de se justifier, le poète Fernando Pessoa. Sans se justifier beaucoup plus, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 octobre 2019

Dame nature est morte à la Galerie Michel Descours

« Je ne crois pas aux paysages. Parfaitement. » écrit, en refusant de se justifier, le poète Fernando Pessoa. Sans se justifier beaucoup plus, la Galerie Michel Descours a invité trois artistes contemporains sous l'égide de cet athéisme paysager. C'est curieux pour Marc Desgrandchamps qui ne fait, depuis bien des années, quasiment que cela : peindre des paysages ! Mais ça l'est moins lorsqu'on découvre concrètement ses toiles qui ne cessent de faire dégouliner les perspectives, trembler les lignes d'horizon et les motifs, rendre aussi fantomatique que vaporeuse toute réalité, qu'elle relève de dame nature ou de ses excroissances humaines. C'est aussi assez curieux pour Frédéric Khodja qui dessine, surtout, des architectures imaginaires et des espaces improbables, en ouvrant des fenêtres quasi "paysagères" ou (plutôt) cinématographiques sur le monde. L'artiste se révèle être aussi, par la bande, un post-romantique : certes moins versé vers le rendu paysager scrupuleux de l’Éco

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Cinq expositions à voir dans les galeries ces prochains mois

Bons Plans | Voici cinq petites expositions en galeries qu'il vous faut cocher sur votre agenda.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

Cinq expositions à voir dans les galeries ces prochains mois

S'inspirer de Pessoa Je ne crois pas au paysage rassemble trois artistes à la galerie Descours. Le titre est du poète Fernando Pessoa, extrait du Livre de l'intranquillité. Une intranquillité qui sied si bien avec le travail de chacun des artistes : l'évanescence et l'incertitude ontologique des peintures de Marc Desgrandchamps, les topologies imaginaires et les géométries alternatives de Frédéric Khodja, les formes végétales incertaines entre douceur et angoisse de Mélanie Delattre-Vogt... Je ne crois pas au paysage À la galerie Michel Descours jusqu'au 31 octobre Voir enfin l'URDLA La nouvelle exposition de l'URDLA a un double intérêt : nous faire redécouvrir ce lieu atypique et nous faire découvrir un artiste méconnu, Mark Geffriaud. Le plasticien (performeur, vidéaste, sculpteur...) s'approprie les espaces du centre international de l'estampe et ses impressionnantes presses ou autres objets. Il invite le spectateur à un parcours entre fiction et réalité, objets réels et artefacts artistiques... Mark Geffriaud À l'URDLA ​jusqu'au 30 octobre

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Au moins Deux : Fred Deux au Musée des Beaux-Arts

Dessin | Le Musée des Beaux-Arts consacre une importante rétrospective à Fred Deux. Un artiste-écrivain en quête de soi et qui ne trouvera son identité que dans le faire, le déplacement, le mouvement.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 octobre 2017

Au moins Deux : Fred Deux au Musée des Beaux-Arts

S'en sortir... Tel a peut-être été l'impératif obsédant et vital de Fred Deux (1924-2015), à travers ses milliers de dessins, ses livres (dont La Gana paru en 1958) et ses nombreux enregistrements audio autobiographiques. S'en sortir : de la cave glauque de l'appartement familial, de l'exclusion et de la pauvreté de ses racines sociales (un milieu ouvrier), de l'enclavement de la bourgeoisie artistique qui aurait pu l'accueillir, des traumas de la Seconde Guerre mondiale (pendant laquelle il s'engagea dans la Résistance), des turpitudes de la dépression... Si beaucoup d'artistes expriment dans leurs œuvres une volonté de changer d'identité pour une autre, le monde, ou plus simplement notre perception des choses, l'enjeu pour Fred Deux est sans doute plus crucial : se construire lui-même, se forger une identité, tracer des lignes ou des taches de subjectivité... Je est un vertige Et c'est dans l'informe même de la tache ou de la matière, des organes hors des gonds de leurs fonctions, des corps réinventés que Fred Deux travaille, surgit, c'est-à-dire dessine, parle

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On pense à vos dimanches : 5 expos à voir absolument

Au Musée | Que voir cet automne dans les musées ? Des anatomies étranges, de l'effervescence fin de siècle, des bougies d'anniversaire, des psys urbains et même des... Mexicains en embuscade !

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 septembre 2017

On pense à vos dimanches : 5 expos à voir absolument

Anatomies au Musée des Beaux-Arts Écrivain (on lui doit notamment le mythique récit autobiographie La Gana publié en 1958), graveur, dessinateur, Fred Deux (1924-2015) conçoit chacune de ses œuvres comme une descente, à la fois précise et imaginaire, dans les mondes de l'organique et du sexuel. Soit les soubassements même des êtres humains et de quelques autres créatures. Le Musée des Beaux-Arts consacre à l’artiste une grande et rare rétrospective qui réunira quelque 180 dessins, en suivant le fil chronologique des grands cycles de dessins de Fred Deux : Otages, Spermes noirs, Spermes colorés, Autoportraits… Le Monde de Fred Deux Au Musée des Beaux-Arts du 20 septembre au 8 janvier 2018 La galerie Michel Descours présente en parallèle une exposition Fred Deux du 19 septembre au 18 novembre Effervescence au Musée Dini On va beaucoup parler cet automne de modernité, thème sous-jacent à la 14e Biennale d'Art Contemporain... La naissance de la modernité artistique est discutée, mais elle est souvent da

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Traces et tracés de Frédéric Khodja à la galerie Besson

Dessin | Aujourd'hui, tout est "tracé" : produits, patients, sujets, actes professionnels et privés... Faut-il en être réellement rassurés ou s'en alarmer ? Cette (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 juin 2017

Traces et tracés de Frédéric Khodja à la galerie Besson

Aujourd'hui, tout est "tracé" : produits, patients, sujets, actes professionnels et privés... Faut-il en être réellement rassurés ou s'en alarmer ? Cette conception de la trace, cette tra(n)sparence objective est à mille lieux de celle d'un artiste comme Frédéric Khodja. La trace ou le vestige visuel devient chez lui un fragment à partir duquel créer, inventer, dessiner... Ses œuvres se veulent les rémanences, mi-réelles mi-fictives, de paysages vécus, d'images rencontrées, d'architectures rêvées, de fantômes de sensations. À la galerie Françoise Besson, il présente pour l'essentiel trois nouvelles séries de dessins dont les titres parlent d'eux-mêmes : Paysages mentaux, Architectures fantômes et Rêve d'exposition... Dans ce dernier ensemble, l'artiste semble comme déplier l'espace et les objets énigmatiques (encadrements vides, rideaux, panneaux...) d'un petit studio de peinture ou de photographie : rémanences et circulations visuelles centrées ici surtout sur le cadre, le voilé-dévoilé, l'espace et le dispositif de vision. Pour un peu, on se c

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A l'URDLA, le monde du sexe et de l'organique

Dessin et Gravure | Cécile Reims et Fred Deux font l'objet de deux expositions dans la région. Deux occasions exceptionnelles de découvrir leur univers transgressif et organique aux métamorphoses fascinantes.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 juin 2017

A l'URDLA, le monde du sexe et de l'organique

Par transparence, par dédoublement, par mutations successives, les personnages de Fred Deux ouvrent à notre regard tous leurs mystères d'entrailles et de bizarreries corporelles, de relations organiques et sexuelles, de confusion des temporalités... L'artiste les dévoile autant qu'ils les recouvrent par l'extrême de leur étrangeté. L'exposition consacrée à l'URDLA à Fred Deux (1924-2015) et à son épouse Cécile Reims (née en 1927) nous fait littéralement basculer dans un univers inédit. Lui dessine, elle "interprète" ses dessins en les transposant en gravures. Tous deux ont aussi écrit beaucoup de textes à teneur autobiographique, dont L'Épure publiée par Cécile Reims en 1962 et La Gana publiée en 1958 par Fred Deux sous le pseudonyme Jean Douassot. « Jean Douassot a découvert une planète que nous pensions connaître : le monde du sexe et de l’organique, ou le monde réduit à ses soubassements sexuels et organiques, alors que nous en ignorions l

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Aux Beaux-Arts, Édouard Pignon met les voiles

Peinture | Le Musée des Beaux-Arts remet au devant de la scène le peintre Édouard Pignon, en se concentrant sur une période où son œuvre bascule et s'émancipe, lors de séjours au port d'Ostende en 1946.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 juin 2017

Aux Beaux-Arts, Édouard Pignon met les voiles

Au début de l'exposition Édouard Pignon (1905-1993), on découvre son Olivier noir (1952), qui frappe par son aspect à la fois tragique et physique. Ses longues branches noires se courbent et se tordent, laissant apparaître au milieu de l'arbre comme une blessure de lumière et de peinture blanche. La figure est entourée de gris, alors que des couleurs plus réalistes se devinent en arrière-plan, comme prise dans un halo la séparant du reste du champ pour l'en arracher et l'offrir au regard. Dans des écrits parus en 1966, Édouard Pignon note : « D'abord mes premiers oliviers sur nature ressemblaient à mes voiles d'Ostende. J'ai essayé de travailler avec plus d'exactitude, si l'on veut. Et c'est là que j'ai ressenti une sorte de désir d'appréhender davantage la réalité. Et par là une autre manière de concevoir l'espace, à cause de cette précipitation des volumes, des ouvertures des branches qui se pressaient l'une sur l'autre parce que je me plaçais très près de l'olivier : méthode que j'ai toujours conservée. » Réalisme atypique L'exposition débute par un olivier et, si l'on

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Benjamin Bruneau : les images de l'intranquillité

Peinture | Le galeriste Henri Chartier reprend son activité à Lyon avec un nouveau lieu et une nouvelle exposition, consacrée à Benjamin Bruneau. Un peintre méconnu qui met l'image sous tension et la confronte à son refoulé.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 23 mai 2017

Benjamin Bruneau : les images de l'intranquillité

Bonne nouvelle ! La galerie Henri Chartier, après trois ans d'absence, rouvre ses portes dans un nouveau lieu, rue Auguste Comte. L'espace d'exposition est à la fois coquet et modeste en surface, et le galeriste espère y poursuivre la ligne artistique impulsée dans ses deux précédents lieux sur les pentes de la Croix-Rousse : des artistes souvent écorchés vifs, pas toujours sous les feux de la rampe, dont les œuvres déploient des univers étranges, sensibles, dénués de toute esthétique pompeuse... Tels, par exemple, Philippe Jusforgues et ses curieux photo-collages quasi dadaïstes, Grégoire Dalle et ses dessins labyrinthiques fourmillant de détails, Caroline Demangel et ses corps et visages tourmentés... Dissonances La première exposition rue Auguste Comte est consacrée à un artiste qui a très peu présenté son travail jusqu'à présent. Benjamin Bruneau est né en 1974 à Montpellier, a été formé aux Beaux-Arts de Paris à l'atelier de Jean-Michel Alberola, et dép

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Les ramifications de Frédéric Houvert

Peinture | Le centre d'art Néon invite un artiste, Frédéric Houvert, qui en invite trois autres pour une exposition intitulée "Les tournesols". Où il est question de floraisons, de couleurs, de sobriété et de ramifications.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 mai 2017

Les ramifications de Frédéric Houvert

Avant d'être étudiant aux Beaux-Arts, Frédéric Houvert (né en 1980 à Toulon, installé aujourd'hui à Lyon) a fait une école d'horticulture. Cela n'explique rien, mais l'artiste (peintre, sculpteur, photographe) en a sans doute conservé un goût prononcé pour le motif floral et pour l'univers végétal en général. Il a notamment composé de nombreuses toiles représentant des fleurs, quasi monochromes, dans des nuances de tons très fines, où le motif paraît comme s'effacer, ou "affleurer" à peine. Comme par discrétion, ou comme une continuation possible de l'idée de modernité, lancée, entre autres, par Mallarmé : « Je dis : une fleur ! Et, hors de l'oubli où ma voix relègue aucun contour, en tant que quelque chose d'autre que les calices sus, musicalement se lève, idée même et suave, l'absente de tous les bouquets. » L'absolu moderniste, cherché dans le langage replié sur lui-même ou dans l'abstraction monochrome, s'ouvre à nouveau avec Frédéric Houve

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Peinture sous toutes ses coutures

Peinture | À l'occasion de l'ouverture récente du Musée Jean Couty, voisin de quelques mètres, l'Attrape-Couleurs réunit cinq artistes lyonnais qui, chacun, ont une (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 2 mai 2017

Peinture sous toutes ses coutures

À l'occasion de l'ouverture récente du Musée Jean Couty, voisin de quelques mètres, l'Attrape-Couleurs réunit cinq artistes lyonnais qui, chacun, ont une approche singulière de la peinture. Jean-Luc Blanchet procède par "effacements" : il recouvre des toiles de peinture noire laquée et retire ensuite de la matière pour faire naître des figures... Ici, on découvre deux fragments de forêts en hivers aux allures assez sinistres et aux formats imposants. La jeune Anne Renaud (née en 1985) assemble quant à elle, sur des toiles plus modestes et des tonalités plus acidulées, différentes formes oscillant entre abstraction et figuration (on y devine quelques fruits ou légumes). Ses compositions d'allure très rythmique et musicale, font beaucoup penser à l'univers de Vassily Kandinsky... Frédéric Houvert développe lui-

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Des expos qui feront bouger les lignes

Expositions | Qu'elle prenne pour origine un souffle indistinct ou au contraire une limpidité idéale, l'image artistique tente de faire bouger nos perceptions, nos émotions et nos manières de penser. Et va parfois, pour cela, jusqu'à "s'encanailler" avec la littérature, le cinéma et le design.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 janvier 2017

Des expos qui feront bouger les lignes

« Le rêve sait à sa façon que l'image est chaos » écrit le psychanalyste Pierre Fédida dans un article au titre évocateur : Le souffle indistinct de l'image. Rêves et œuvres artistiques, selon Fédida, auraient pour origine fluctuante et floue une sorte d'haleine, de brume d'images mouvantes, charriant quelques fantômes et réminiscences ancestrales... C'est dans cette "ambiance", sous ce point de vue, que l'on peut appréhender les tableaux si singuliers du jeune peintre lyonnais Frantz Metzger que la galerie Anne-Marie et Roland Pallade présentera pour la deuxième fois, du 19 janvier au 11 mars. Les corps de ses personnages y semblent composés autant de chair que d'air brumeux, et revisitent avec force et trouble quelques scènes classiques : annonciation, mythe de Diane et Actéon, descente de la croix... Dans un tout autre genre (installations, environnements...), l'artiste belge Ann Veronica Janssens (née en 1956) travaille elle aussi à partir de matériaux informels comme la lumière, le son, ou ses fameux brouillards col

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K., le procès des images

URDLA | Plutôt que de s'en méfier, Frédéric Khodja nous invite à faire confiance aux images, et se lance à l'URDLA sur leur(s) piste(s), explorant leurs métamorphoses, leurs devenirs, leurs présences énigmatiques.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 juin 2016

K., le procès des images

À Villeurbanne, au fronton de la porte d'entrée d'une maison, sont gravés les mots : « Mon rêve ». Est-ce le rêve de l'architecte, celui du propriétaire ? Le rêve est-il la maison ou est-il contenu entre ses murs ? Ou bien, hypothèse plus incongrue, est-ce là simplement un tag ancestral, le rêve se réduisant alors à l'inscription elle-même, à la gravure qui évide la pierre ? Si le rêve est puissance créatrice d'images, il peut ainsi se décliner en contenant (l'écran du rêve) et en contenu (les images du rêve qui s'y projettent), en recto (voir) et en verso (être vu), en plein et en creux, en présence et en absence... Toutes interrogations qui traversent et irriguent l'exposition de Frédéric Khodja à l'URDLA, réunissant des estampes, des dessins, des volumes, des croquis... On y retrouve aussi la présence forte de l'architecture, motif quasi obsessionnel chez l'artiste. Il y est question par exemple de la Villa Malaparte (où Godard tourna Le Mépris en 1963), de fenêtre (celle notamment à travers laquelle

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A l'ombre des tableaux : les expos de l'été

ARTS | Dans les musées comme dans les galeries, l'amateur d'art contemporain aura la chance de pouvoir découvrir cet été à Lyon un grand nombre d'expositions de haute tenue. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 juillet 2014

A l'ombre des tableaux : les expos de l'été

Depuis le début de sa longue carrière, le photographe Georges Rousse réalise d'étonnants trompe-l’œil en investissant des lieux déshérités, les transformant, les repeignant, en redéfinissant leur structure pour composer ses images. Celles-ci entremêlent abstraction et architecture, poésie et réalité concrète. L'exposition qui lui est consacrée au Plateau (jusqu'au 26 juillet) rassemble une quarantaine d'images à travers un bel accrochage retraçant les grandes lignes de son œuvre.   Le plus jeune plasticien Guillaume Leblon s'empare lui des espaces de l'Institut d'Art Contemporain (jusqu'au 24 août) pour inviter le visiteur à «une promenade visuelle» donnant de nouvelles perspectives sur l'architecture et les objets. Les premières salles sont les plus réussies, avec un immense cube d'argile frais ouvert à toutes les figures possibles, des fantômes d'anima

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A ciel ouvert

ARTS | Frédéric Khodja expose à la galerie Besson des dessins et des collages récents, traçant des topographies imaginaires à la fois étranges et inquiétantes. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 juillet 2014

A ciel ouvert

Au milieu de l'accrochage de ses dessins, Frédéric Khodja nous dit espérer «que ces images tissent entre elles, pour le regardeur, une sorte de langage commun». Jetant un coup d'oeil rapide et circulaire, nous remarquons la présence, la récurrence, d'une œuvre à l'autre, de "trous". Trous oculaires dans les masques ou les visages, cercles géométriques "creusés" dans des rochers se faisant face, trous dans le sol de certains espaces... On pourrait presque s'imaginer passer d'un dessin à l'autre par ces ouvertures, ou y plonger telle Alice dans un terrier ouvrant à une logique incongrue, à une dimension irrationnelle. Mais peut-être que, plus précisément, ces vides se posent ici comme autant de "sites de l'étranger", de lieux d'accueil du manque, de l'absence, de la perte. Si langage il y a, si les images "parlent" d'une certaine façon, c'est pour nous inviter à les ouvrir, à les approfondir de nos propres failles, angoisses et représentations intempestives. Une idée très proche de la thèse du critique d'art Georges Didi-Huberman qui, dans Ce que nous voyons, ce qui nous regarde, attribue à l'image «le pouvoir d'imposer sa visualit

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Sur la route des expos

ARTS | Qu'ils voyagent dans des espaces fictifs ou réels, les (bons) artistes opèrent toujours chez nous un déplacement du regard. Petite sélection, non exhaustive, des expositions attendues en ce début d'année 2014. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 janvier 2014

Sur la route des expos

Après avoir accueilli une partie de la Biennale, le Musée d'art contemporain semble vouloir décompresser avec la curieuse et vrombissante exposition Motopoétique (du 21 février au 20 avril). Soit 200 œuvres signées par 38 artistes (BP, Alain Bublex, Ange Leccia, Xavier Veilhan...) et réunies par le critique d'art Paul Ardenne (auteur notamment du très intéressant Art, l'âge contemporain), toutes en rapport avec... la moto ! Les non bikers auront quelques doutes sur l'intérêt de ladite thématique, mais Paul Ardenne nous assure percevoir et ressentir la moto comme «un outil essentiel mis au service d'un sensualisme total». «La moto condense tout à la fois le mécanique, le viscéral, l'animal, le brut» et le critique fonceur n'hésite pas à y voir jusqu'à un «objet transitionnel» en citant le psychanalyste Winnicott ! A moto, en auto ou en bus, le photographe Bernard Plossu a depuis longtemps fait de l'errance une ligne à la fois éthique et esthétique. Après ses voyages au Mexique ou aux Etats-Unis, il présentera au Réverbère (du 18 janvier au 12 avril) des photographies glanées au Portugal et en G

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À propos de "Zorzi"

ARTS | Seul artiste contemporain exposé dans la belle exposition "Le Dessin en couleurs", parmi des œuvres d’artistes illustres (Le Douanier Rousseau, Roberto Matta, Oskar Bergman, Jean Tinguely, Pierre Tal-Coat…), Frédéric Khodja se livre ici au difficile exercice du commentaire (détaillé) de sa propre création intitulée "Zorzi".

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 18 avril 2013

À propos de

«Zorzi est un dessin aux crayons de couleur, dessin dessiné sur vélin de Rives au printemps 2011, dessin dessiné également, dès ses débuts et à la toute fin de sa construction, avec de petites gommes blanches taillées comme des silex. La feuille épaisse mesure un mètre soixante par un mètre vingt, l'image est installée au centre du papier et mesure cent deux centimètres par soixante treize centimètres. Les plans colorés sont distincts et fondus, les passages des verts, des bruns, des gris et des bleus sont visibles et mêlés. Un événement amplifie la composition du récit interne de ce paysage doté d'arbres, de rochers et d'un ciel : un volume crayeux dans la partie droite, en suspension quasiment au premier plan, élément percé d'un oculus le faisant masque et ossement tout à la fois.  L'événement se répercute de l'autre côté du dessin avec la présence d’une cascade gelée qui modifie l'arbre en surplomb : trois masses de stalactites se forment entre les branches. Zorzi est un montage atmosphérique. Si je reprends le carnet sur lequel j'ai tracé les prémisses du dessin, je lis : "Un jour de

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Nuits transfigurées

ARTS | Lectrices, lecteurs, passons la nuit ensemble. Passons-la en revue, avec la sortie du dernier numéro d’Hippocampe, et en exposition, avec «Tout s’éteindra» à la galerie Besson. Une nuit multiple, pas forcément obscure, mais toujours interrogatrice, déstabilisatrice, décentrant le sujet… Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 29 avril 2012

Nuits transfigurées

En 1952, Robert Rauschenberg fait œuvre, scandale et date en effaçant un dessin de Willem De Kooning. En 2012, le jeune artiste parisien Nicolas Aeillo révèle, à travers une vidéo constituée de 127 photographies, le fantôme de ce dessin : un buste, quelques surfaces sombres, des traits dispersés… S’il fallait encore le rappeler, la création contemporaine consciente d’elle-même est «condamnée» au fragment, aux souvenirs fêlés, aux représentations inachevées, au montage d’images et de récits épars. C’est sur ce principe de montage sans unité, cher à Walter Benjamin, que se compose, au fil du temps, la revue Hippocampe dont le 7e et magnifique numéro est consacré à «la nuit». «Évitant de s’en tenir à des propositions illustratives, trop évidentes, nous avons cherché au contraire à réunir des contributions susceptibles de démontrer la complexité de cet espace/temps particulier : la Nuit», écrit Gwilherm Perthuis, responsable de la revue. Gwilerm Perthuis est aussi le commissaire de l’exposition collective Tout s’éteindra qui accompagne la sortie de ce numéro. «Le fil conducteur que nous avons tenté de suivre, sans

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Œuvres ouvertes

ARTS | Dans son nouveau et très beau lieu d'exposition, la galerie Françoise Besson consacre sa troisième exposition au dessinateur Frédéric Khodja. Ses œuvres, âpres au premier abord, révèlent peu à peu des espaces étranges et énigmatiques, stimulant les sens et l'imagination. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 11 mars 2010

Œuvres ouvertes

Quoi de pire qu'une image qui cherche à tout prix à produire un effet précis sur le spectateur ? Quoi de plus asphyxiant, assommant et manipulateur qu'une œuvre d'art, une musique, un film à «effets». «Vraiment l'émancipation commence lorsque justement il y a rupture entre la cause et l'effet. C'est dans cette béance que s'inscrit l'activité du spectateur», déclare le philosophe Jacques Rancière dans un entretien. Et les dessins de Frédéric Khodja s'inscrivent, selon nous, au sein de cette béance. Il faut du coup prendre un peu de temps pour se les approprier, les peupler, les associer à nos propres préoccupations ou désirs, les «habiter» en quelque sorte. Leur relative austérité au premier abord invite aussi à cela, et risque de laisser les plus pressés indifférents... Parmi les motifs essentiels de l'artiste, il y a celui, crucial «des lieux vides ou vidés, en tout cas occupés par peu de choses. Je souhaite qu'il y ait peu d'éléments, pas d'exubérance, pas de baroque. Cela permet au regardeur de s'approprier l'image, une image en creux en quelque sorte», nous confie Frédéric Khodja. Au stylo à bille ou au crayon de couleur (avec une grande économie de moyens donc), il ouvre une s

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