Street art : cuvée d'automne

Street Art | Après les murs de la ville et ceux des galeries d'art, le street art s'invite cet automne sur les pavés, au centre commercial et au stade !

Lisa Dumoulin | Jeudi 6 décembre 2018

Après la vague d'expositions de street art à la rentrée dont on vous parlait ici, l'automne regorge encore de projets artistiques dédiés à cet art urbain.

Du côté du crew décidément superactif de Superposition, plusieurs projets d'envergure ont vu le jour. Comme la fresque peinte à même le sol de la rue Victor Hugo et de la place Ampère, un projet mené en partenariat avec la Taverne Gutenberg, Maison G et l'association My Presqu'île. Onze artistes ont mis la main à la pâte : Azed, Bambi, Alex Beretta, Laurent Claveau, Khwezi, Masta, Koey, Osru, Quetzilla, Sphinx et Yandy. Le résultat filmé en vidéo est bluffant.

Autre projet ambitieux : la réunion d'une trentaine d'artistes lyonnais et internationaux sur les murs d'un magasin du centre commercial Confluence. Une “coque” vide dans le jargon, en attente avant l'emménagement prochain d'une nouvelle marque. La boutique est transformée en galerie éphémère et accueille la crème des artistes lyonnais : c'est l'exposition One Shot avec Agrume, Bambi, Idys, Alexandre Beretta, Don Mateo, Bur, Florent Espana, Quetzilla, Parvati, Sphinx, Theo Haggaï, Laho, Lena Macka, Masta et Loodz, ainsi que le génial Monsieur Zero. Ses peintures tantôt abstraites tantôt figuratives, tantôt en noir et blanc tantôt en couleur, font la part belle aux motifs. Sa fresque Future Now ! est l'une des plus convaincantes de l'exposition.

Les Montréalais Le Monstr et LSNRONE sont aussi de la partie ainsi que le légendaire Tarek. Auteur de Paris Tonkar, premier livre consacré au graffiti, et rédacteur en chef de la revue du même nom, Tarek est bien sûr peintre mais aussi photographe et dessinateur de bande dessinée. Une dizaine d'artistes a également rejoint les rangs suite à la prolongation de l'exposition, parmi lesquels Giulia Zanvit, Elodie Latchimy Bayle, Azed, Koey, Shab, Morne et Nicolas Cessieux.

Autre registre, mais même volonté de détourner les lieux et d'étendre le champ d'action du street art : la création de l'Offside Gallery au cœur du Groupama Stadium (vidéo ci-dessus). À l'initiative de Guillaume et Gauthier Mathieu, les deux gestionnaires de la marque Birdy Kids - créée par l'artiste Pec, qui a depuis quitté ce projet - et en partenariat avec l'Olympique Lyonnais, l'exposition réunit quinze artistes sur plus de 1800m2. Mioshe, Shaka, Dan23, Jef Aérosol, Mantra, Vera, Dourone, Zest, Maxime Ivanez, Monsta, Mlle Terite, Veks Van Hillik, Agrume, Graffmatt et le génial Grems ont peint in situ et en toute liberté.

Le projet ne couvre pour l'heure que la partie sud-ouest du Parc OL mais il a pour ambition de s'étendre à tout le stade.

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Superposition investit un fort artistique éphémère

Street Art | L'association Superposition quitte les abords de Perrache pour investir provisoirement un fort à la Croix-Rousse.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 juillet 2019

Superposition investit un fort artistique éphémère

Un bâtiment servant de foyer à Notre Dame des Sans Abris vendu par l’État à un promoteur immobilier pour un projet d'hôtel de luxe... Voilà une violence symbolique qui laisse bouche bée. Telle est pourtant l'histoire bien concrète du Fort Saint-Laurent, ancienne bâtisse militaire puis religieuse puis étatique, qui domine Lyon et le Rhône depuis les pentes de la Croix-Rousse et la place Bellevue. Avant la construction de l'hôtel, le bâtiment a été prêté à Superposition, association qui vise « à promouvoir les arts urbains et les artistes émergents, et à valoriser le patrimoine lyonnais » selon les mots de Maïlys Febvre, chargée de communication. Après un espace investi dans le quartier Perrache, et plusieurs événements dans la ville, c'est donc au Fort Saint-Laurent que s'installe (pour une dizaine de mois au minimum) Superposition avec une vingtaine d'artistes résidents, disposant là chacun d'un bel atelier. Cet été, seule la vaste terrasse de 460 m² sera ouverte au public avec un bar improvisé et de premières œuvres à découvri

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En odeur de sainteté ? : "Nicky Larson et le parfum de Cupidon"

Comédie | de et avec Philippe Lacheau (Fr, 1h39) avec également Élodie Fontan, Tarek Boudali…

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

En odeur de sainteté ? :

Tsunami de neige à prévoir ? Signe annonciateur de la naissance de l’antéchrist ? Comprenez que l’on soit tourneboulé : voici que l’on s’apprête à vanter les qualités objectives d’un film signé par Philippe Lacheau. Preuve qu’il ne faut jamais désespérer de rien ni de personne et combattre en permanence ses préjugés — quitte à engloutir chaque année autant de navets qu’un troupeau meuglant. Peut-être fallait-il qu’il se plonge dans l’adaptation d’un souvenir d’enfance : la transposition française de l’anime Nicky Larson, lui-même adaptation du manga de Tsukasa Hōjō. Si l’original nippon était plutôt salé, la version hexagonale cultivait pour des raisons de censure une dérision égrillarde pas très éloignée des obsessions gonadotropes (liées à la reproduction...) de la Bande à Fifi. En cuisinant sa madeleine à sa sauce, Lacheau a intégré ce second degré français, et truffé le tout de références générationnelles assez discrètes pour qu’elles ne parasitent pas l’intrigue. Une intrigue taille string, certes, mais suffisante pour porter l’absurdité de

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Art bien urbain

Street Art & Tatouage | Art vivant par excellence, le street art a conquis les murs des galeries mais ne s’arrête pas là : des festivals s'implantent et des liens se tissent avec d’autres disciplines.

Lisa Dumoulin | Mardi 8 janvier 2019

Art bien urbain

Côté expos, c’est chez Superposition que ça se passe, avec le premier solo show de Mani, équilibriste du noir et blanc mêlant fresques murales, dessin et animations, intitulé La mécanique du vide : prometteur (du 31 janvier au 2 mars). Mais aussi avec l’exposition Inking Board du projet Skate Station, deuxième édition de ce rendez-vous mixant les univers du tatouage et du skate : seize tatoueurs lyonnais (dont Pandido, Mathias Bugo, Gladys to meet you...) sont invités à encrer deux skateboards en bois brut, comme ils le feraient sur le bras d'une personne (du 11 au 26 janvier). Côté visites, on guette l’incontournable balade dans les pentes organisée par Nomade Land et Flo 81 le 19 janvier, mais aussi une nouvelle visite insolite sur le street art à la Croix-Rousse, proposée par Les Visites des Filles le 12 janvier. Côté festivals, il ne faudra pas manquer la première édition de Peinture Fraîche qui se tiendra du 3 au

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L’expo One Shot est prolongée

Street Art | One Shot, l’exposition de street art organisée par Superposition au Centre Commercial Confluence, est prolongée jusqu’au 9 décembre.

Lisa Dumoulin | Samedi 17 novembre 2018

L’expo One Shot est prolongée

La crème des artistes lyonnais s’y sont donnés rendez-vous : Agrume, Bambi, Idys, Alexandre Beretta, Don Mateo, Bur, Florent Espana, Quetzilla, Parvati, Sphinx, Theo Haggaï, Laho, Lena Macka, Masta, Loodz, le génial Monsieur Zero (photo), le Rennais Tarek et les Montréalais Le Monstr et LSNRONE sont à observer sur 200 mètres carrés de fresques murales. Installée dans un magasin vide de 2000 mètres carrés du Centre Commercial Confluence, une “coque” vide en phase de transition avant l’emménagement d’une nouvelle enseigne, l’exposition était sensée l’occuper seulement un mois et s’arrêter le 17 novembre - elle est prolongée jusqu’au 9 décembre ! L’occasion d’un accrochage élargi avec de nouveaux artistes exposés : Giulia Zanvit, Élodie Latchimy Bayle, Azed, Koey, Shab, Morne et Nicolas Cessieux rejoignent les rangs. Ce week-end est également organisée une “closing party” qui ne ferme donc rien du tout mais est l’occasion de profiter de visites guidées, d’ateliers de sérigraphie et de la mise en vente du livre de l’exposition fraîchement imprimé. Un vide-dressing et des DJ sets sont ég

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In situ : Sitio, le nouveau spot de Superposition

Street Art | La galerie Superposition de la rue Longue a déménagé dans le deuxième arrondissement, place Gensoul, à deux pas de Perrache et a ouvert Sitio. État des lieux.

Lisa Dumoulin | Mardi 27 février 2018

In situ : Sitio, le nouveau spot de Superposition

Depuis le 1er février, entre la gare Perrache et la péniche du Sonic, l'agitation règne... Juste avant de traverser le pont, un petit square occupe la place Gensoul, faisant écran entre les quais et la rue. Au n°3 a ouvert Sitio, le nouveau lieu de Superposition qui a quitté la rue Longue et sa galerie (en partie) en plein air. Sans difficulté, on constate qu’ils ont gagné au change : Sitio s’étend sur 230m2, un grand espace (quasiment) de plain-pied, divisé par de belles arches en pierre. Coté rue, une salle d’exposition baignée de lumière avec canapés et tables design. Qui dit grand espace ouvert, dit peu de murs donc peu d’espace d’accrochage. Les œuvres s’intègrent au décor et semblent vivre leur vie parmi le reste. Des cadres mais aussi un mur à peindre. La priorité est donnée aux artistes locaux : c’est Poter et ses couleurs vives qui inaugure joyeusement le lieu. Un habitué, il a déjà peint sur les rideaux de fer de la rue Longue. L’équipe de Sitio cherche encore des surfaces dans le quartier afin de proposer un parcours artistique à ciel ouvert. Laho prendra la suite en a

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Watching You à Fourvière : Merci Marie

Street Art | L’exposition Watching You au Musée d’Art Religieux de Fourvière invite le street art dans une ancienne chapelle du monument religieux le plus important de Lyon. Rencontre au sommet.

Lisa Dumoulin | Mardi 9 janvier 2018

Watching You à Fourvière : Merci Marie

Un grand chantier de réhabilitation du site de Fourvière va débuter cette année. La Basilique restera bien sûr ouverte, mais le Musée d’Art Religieux de Fourvière va fermer ses portes pour de grands travaux de restauration et d’agrandissement. Et la Fondation Fourvière a eu une idée de génie. À l’instar de la Tour Paris 13, de Rehab à la Cité Universitaire de Paris et de nombreux autres lieux qui, de plus en plus, confient leurs murs à des street artistes pour une exposition éphémère avant travaux ou démolition, le Musée d’Art Religieux de Fourvière à pris le parti d’inviter des artistes à repeindre ses murs avant le début des travaux - à priori début février, mais aucune date fixe n’a encore été précisée. Un contraste détonnant qui traduit l’ambition de la Fondation d’être en phase avec l’actualité culturelle et urbaine de Lyon, d’attirer des nouveaux publics, de moderniser son image… Et c’est réussi ! Vitraux coquins L’ancienne chapelle désacralisée est passée à la peinture fraîche, parfois sur des

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Agrume : la science des rêves

Street Art | Habitué des rues lyonnaises, Agrume est invité par Superposition à retapisser la rue Longue et exposer sur les murs de la galerie. Plongée dans l’univers poétique et onirique d’un drôle de fruit.

Lisa Dumoulin | Mardi 17 octobre 2017

Agrume : la science des rêves

À l’heure où les feuilles des arbres se colorent de teintes rousses, les Japonais s’adonnent à la coutume du momijigari : l’observation de la beauté de ce phénomène naturel nommé kōyō. Sous nos latitudes, Agrume nous invite aussi à la contemplation avec une exposition de saison dont le titre respire la nostalgie qui nous rend gentiment visite aux premières fraîcheurs de l’automne : Souvenirs d’été. Douce mélancolie pour la belle saison, l’accrochage, certes réduit, donne à voir deux séries de linogravures, l’une en noir et blanc, comme de coutume avec Agrume, et l’autre en couleurs, toutes réalisées pendant l’été écoulé. La sieste sous l’oranger, Avant l’orage, Rencontre avec la lune : l’atmosphère poétique et onirique du street artiste et ses personnages mystérieux - corps humains et visages soleils, nuages, lunes, fleurs... - nous content une balade romantique entre réminiscences de rêves et de souvenirs, comme une pluie d’été rafraîchissante et moite à la fois. Fruit bipolaire doux-amer, Agrume sonde nos profondeurs avec un regard presque enfantin, entre naïveté et sagesse. Songe d'une

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Attention aux coulures !

Street Art | Côté street art, c'est une explosion et pas seulement de couleurs ces derniers mois dans la ville. Voici un trait de cette effervescence : à vous de lever le nez pour dénicher le reste.

Lisa Dumoulin | Mardi 12 septembre 2017

Attention aux coulures !

Je me laisse guider Le street art invite à l'errance : la ville est autant sujet que l'œuvre, qui se niche dans ses recoins, se créant son propre écrin dans un contexte mouvant, à l'opposé du musée où la scénographie est pensée pour l'artiste. Initier des virées pour pister les graffeurs sur leur terrain est l'idée futée de Nomade Land et de la galerie Superposition, décidément hyperactive. Flo81, gérant de la boutique spécialisée 81Store, guide ces visites en compagnie d’un artiste invité. Nomade Land mène depuis 2015 ces balades d’un autre genre, zoomant sur les transformations urbaines, la ville en mouvement, main dans la main avec des architectes, des sociologues ou des artistes. Ici, l’art urbain est observé pour ce qu’il révèle de la cité. La balade se déroule dans les pentes, lieu d'expression et d'observation privilégié permettant d'avoir un aperçu dense de la scène actuelle et se clôture par un arrêt à la galerie Superposition, rue Longue, avec l'artiste exposant : le 23 septembre, Wenc partagera son regard avant de présenter ses oeuvres et celles de sa tribu autour des

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Pec, un grand enfant

Portrait | Vous connaissez tous Pec : c’est le créateur des Birdy Kids. Ces oiseaux ronds et colorés, vous n’avez pas pu passer à côté. Mais ces gentils volatiles ne sont que la face émergée de l’iceberg.

Lisa Dumoulin | Mardi 29 août 2017

Pec, un grand enfant

Souriant, grand, svelte, jean et tee-shirt gris chiné assorti à sa barbe et perles en bois au poignet. Il s’est cassé la main, il n’en parle pas tout de suite, mais finira par lâcher qu’il bout intérieurement à cause de ce chômage technique. Un artiste lyonnais a priori lambda. Si ce n’est cette précision de son collègue et ami d’enfance Cart’1 : « Il faut savoir que Pec est l’un des plus anciens graffeurs lyonnais. C’est la deuxième génération, mais c’est l’un des plus anciens aujourd’hui. Et c’est celui, personne ne dira le contraire, qui a le plus défoncé le périph’ à Lyon. Les gens le respectent pour ça. » On ne sait pas trop pourquoi, on avait imaginé un mec aussi bariolé et insouciant que ses peintures. S’il y a une chose qui définit son œuvre, c’est bien la couleur. Un univers enfantin, rond, joyeux et coloré. « On venait de banlieue, d’un univers gris, et on avait juste envie de foutre de la couleur sur ces putains de murs gris » poursuit Cart’1. Pas de revendication politique, chose que Pec revendique : « Je pars du principe que tu es suffisamment matraqué avec toutes les p

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Urban Art Jungle : peintures fraîches

Street Art | Après avoir réuni 2000 personnes en septembre dernier, l’Urban Art Jungle en remet une couche ce week-end et investit les 2000 m2 de La Commune dans (...)

Louis Beaufort | Samedi 18 février 2017

Urban Art Jungle : peintures fraîches

Après avoir réuni 2000 personnes en septembre dernier, l’Urban Art Jungle en remet une couche ce week-end et investit les 2000 m2 de La Commune dans le 7e arrondissement. Pour cette seconde édition, l’équipe de Superposition présente comme elle le fait régulièrement avec sa galerie in situ / ex situ plusieurs artistes inspirés par les mystères de la jungle urbaine. Il sera question de live painting bien sûr, mais également d’exposition de photos, d’ateliers participatifs et, nouveauté cette année, de deux nuits placées sous le signe de l’électro-disco-techno-acid-house, avec les Sheitan Brothers en clôture du premier soir et le collectif Chalet Perché pour le second. Mais c’est évidemment du côté de la vingtaine d'artistes de street art que notre attention sera tournée durant ces trois jours de festival. L’occasion de découvrir l’installation géante en papier maché d’Idys Pasteup, réputée pour ses sculptures surréalistes aux couleurs pop, les lettrages édulcorés et ludiques de Monsieur Zero et les illustrations naïves d’

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Jeux d'enfants

ARTS | Invader a ses envahisseurs pixelisés, héritiers de faïence de ceux que massacra toute une génération d'early gamers au début des années 80. Thomas Vuille a M. (...)

Benjamin Mialot | Mardi 11 mars 2014

Jeux d'enfants

Invader a ses envahisseurs pixelisés, héritiers de faïence de ceux que massacra toute une génération d'early gamers au début des années 80. Thomas Vuille a M. CHAT, matou rigolard et ailé dont on s'étonnera toujours qu'il n'ait pas fait des petits dans le comté de Cheshire. Les Birdy Kids, eux, ont de tout aussi identifiables volatiles au plumage acidulé et atteints de strabisme divergent, dont ils recouvrent éléments de mobilier urbain (comme les bowls du skate park des berges du Rhône) et produits dérivés depuis vingt-cinq ans. Initiée dans la clandestinité et devenue au gré de son expression à travers l'Europe un gagne-pain légitime, cette démarche de réenchantement du béton est pour le moins salutaire.  Elle trouve toutefois sa limite dans la revendication de sa vacuité : là où Invader se présente comme un hacker et pense son art comme une contamination et où Vuille, avant de se rapprocher des collectivités territoriales, définissait sa mascotte autant comme un vecteur d'optimisme que comme un défi lancé à l'autorité, ce trio parisiano-lyonnais avoue n'avoir d'autre

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