Éclairs de lucidité au Reverbère

Photographie | Serge Clément, Baudoin Lotin, Julien Magre et Bernard Plossu présentent au Réverbère leurs éclats photographiques, visions fugaces ou fulgurantes de leurs rencontres avec le réel.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 février 2019

Photo : © Baudoin Lotin


En exposant quatre photographes aux styles différents (Serge Clément, Baudoin Lotin, Julien Magre et Bernard Plossu), aux formats allant de la quasi miniature au grand format, et utilisant aussi bien le noir et blanc que la couleur, Le Réverbère s'est donné beaucoup de liberté pour son nouvel accrochage. L'improvisation, le jazz, la poésie sont d'ailleurs convoqués dans le texte accompagnant l'exposition. D'une plume lyrique, Jacques Damez écrit encore que ces quatre photographes « font se confronter les plans, les surfaces, les valeurs, les couleurs, les miroitements, les échos, les contrastes, le temps et la lumière pour, dans l'éclair de leurs états d'âme, foudroyer leur sujet. Ils mettent à vif le réel, ils ne lui laissent pas d'échappatoire. » Ce serait donc à force de volonté d'approcher, au plus près, de la peau du "réel", que ces quatre artistes trouveraient leur univers poétique et formel, parfois jusqu'à l'abstraction (le Canadien Serge Clément et ses jeux de reflets, de résonances et de doubles, notamment).

Espaces transitionnels

On découvre ainsi le réel et son double avec Serge Clément, le réel et ses lignes géométriques avec Baudoin Lotin, le réel et son trouble avec les images légères et caressantes du globe-trotter Bernard Plossu. Et deux cimaises sont consacrées aux fulgurances visuelles de Julien Magre dans un montage en roue libre... Le réel y est ici fragmentaire, et varie du jaillissement lumineux à l'épiphanie discrète d'une main ou bien d'un visage d'enfant parmi une pénombre bleutée. Une trace de rouge, une faille de pierre, la craquelure d'un mur, le fond nocturne de l'oubli émiettent, en les démultipliant, les textures, les couleurs, les luminosités... Et le réel trouve alors son espace paradoxal, et frontalier, entre apparition et disparition, jour et nuit, présence et absence.

La poésie abstraite du réel
Au Réverbère jusqu'au 20 avril


Serge Clément + Baudoin Lotin + Julien Magre + Bernard Plossu

La poésie abstraite du réel, photographie
Galerie Le Réverbère 38 rue Burdeau Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Lyon : cinq expositions à voir en juin

Bons Plans | Des frères Flandrin à l’entreprise de bio-chimie Monsanto, en passant par l’enfance vue par Marine Joatton, le mois de juin est placé sous le signe de la diversité, dans les musées et les galeries du Grand Lyon.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 3 juin 2021

Lyon : cinq expositions à voir en juin

Aller voir ailleurs La galerie photo Le Réverbère a eu des envies d’ailleurs et a proposé à (presque) tous ses photographes de présenter un petit ensemble d’images autour de cette thématique. L’ailleurs ici peut être bien sûr le voyage lointain, mais aussi l’ailleurs intime et nocturne avec deux photographies prises depuis une voiture par Julien Magre, l’ailleurs des images avec un travail sur leur texture par Serge Clément, l’ailleurs dans le temps avec des images anciennes de Bernard Plossu. Envie(s) d’ailleurs ! Au Réverbère jusqu’au 31 juillet La fratrie Flandrin Auguste, Hippolyte et Paul Flandrin ont marqué la scène artistique lyonnaise du XIXe siècle, et au-delà. Artistes et frères, ils furent aussi et surtout complices dans leurs projets de création, formant une sorte de collectif familial. Le Musée des Beaux-Arts propose de (re)découvrir leurs œ

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Bons Plans | Picasso en tête, les musées et les galeries proposent cet été nombre de belles expositions. Nous en avons sélectionné cinq, mais la liste est loin d'être exhaustive !

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De la nature, au Musée Dini Piochant dans ses collections modernes et contemporaines, le Musée Dini présente une exposition autour du thème, tout simple et vaste, de la nature : avec des plages fantomatiques signées Marc Desgrandchamps, une nature morte de Antoine Vollon, des paysages recomposés par Jérémy Liron… Et d’autres œuvres de Auguste Morisot, Jacques Truphémus, Marie-Anita Gaube…. Au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu’au dimanche 20 septembre Picasso, l'expo événément Se confrontant à ses maîtres (Ingres, Manet, Cézanne...), Picasso a peint, dessiné, sculpté de très nombreuses scènes de baignade. À travers ce thème estival et revivifiant, l'exposition du Musée des Beaux-Arts parcourt toutes les grandes étapes de la carrière de l'artiste : cubisme, néo-classicisme, surréalisme, primitivis

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Cinq expos à voir en mars

Bons Plans | Utopies, expériences sonores, souffles peints, voyages photographiques : sous le signe de la diversité des sens, voici cinq bonnes expos à découvrir ce mois-ci.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 mars 2020

Cinq expos à voir en mars

Retour vers le futur Fabien Giraud et Raphaël Siboni présentent à l'IAC une exposition protéiforme des plus étranges. On y déambule parmi des objets recouverts de sel, des flaques d'eau, des projections de films durant vingt-quatre heures, des fragments de masques, des tubes métalliques qui tournent sur eux-mêmes, des immortels dormant sur le sol du musée... Il y est question de la naissance d'un enfant virtuel, de subversion du capitalisme, de nouvelles formes d'échange, et d'un laps de temps utopique s'étirant de 1894 à 7231 ! Fabien Giraud & Raphaël Siboni, Infantia À l'Institut d'Art Contemporain jusqu'au dimanche 3 mai Origines du monde Pendant huit ans, le photographe brésilien Sebastiao Salgado a parcouru les endroits les plus reculés et les plus préservés de la planète, dont il présente à La Sucrière

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Fondus au monde

Photographie | Le Réverbère réunit quatre photographes qui ont le voyage dans le sang de leur création : Thomas Chable, Serge Clément, Jacques Damez et Bernard Plossu.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 février 2020

Fondus au monde

Il est cinq heures du matin à New York, à Dakar, Mumbai, Istanbul, Bangkok... Aux pays des ombres, la vie doucement s'éveille : au pied d'un pont, en bordure de plage, à l'intérieur d'une voiture, ou au reflet d'une vitrine... Et, dans cette montée timide de la lumière, le photographe canadien Serge Clément capte le lent remuement de silhouettes sombres à l'orée du jour. L'accrochage, au Réverbère, de ses images prises aux quatre coins du monde, toujours à la même heure, nous saisit par sa dominante de noirs, cette sorte de brume sombre et flottante d'humanité, parmi laquelle, peu à peu, les images comme les corps se dessinent, se précisent. Ce fondu des formes, cet entre-deux du flou et du réel nous renvoie à l'image d'un autre photographe, Bernard Plossu, métamorphosant un car touristique à Rome en présence fantomatique. Comme si chez l'un et chez l'autre de ces photographes voyageurs, le

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Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Décoration | Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 9 novembre 2019

Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le Réverbère à Lyon une photographie exigeante et de grande qualité (William Klein, Denis Roche, Bernard Plossu et beaucoup d’autres artistes). Catherine Dérioz a été nommée, le 16 septembre dernier, par le Ministère de la Culture, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Une reconnaissance qui fait chaud au cœur à l’intéressée et aux amateurs de création photographique !

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Cinq expos à voir en février

Bons Plans | Vues ou pressenties comme intéressantes, voici notre sélection des cinq expositions à découvrir en février dans les musées et les galeries de la ville.

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Cinq expos à voir en février

Fragments photo du réel Le Réverbère présente quatre photographes qui s'approchent au plus près du réel, afin d'y puiser leur propre vision du monde et de sa structure poétique... C'est, par exemple, le réel et son double chez Serge Clément qui joue de reflets et de répétitions de motifs, le réel et son trouble avec le regard poétique de Bernard Plossu, le réel et sa structure géométrique chez Baudoin Lotin. Ou encore le réel et ses épiphanies chez Julien Magre, retenant fugacement dans ses images ce qui est voué à s'absenter, disparaître. La poésie abstraite du réel Au Réverbère ​jusqu'au 20 avril La géométrie délicate de Léon Tutundjian La Fondation Bullukian consacre à Léon Tutundjian (1905-1968) une

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Quand l'art questionne le présent : 5 expos contemporaines

Dans les galeries | Petite sélection de très bonnes expositions à découvrir dans les galeries lyonnaises, les centres d'art, ou un lieu atypique comme le Couvent de la Tourette.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 septembre 2017

Quand l'art questionne le présent : 5 expos contemporaines

L'intime de Julien Magre « Elle puis elles. Elle est d’abord arrivée comme une pierre précieuse. Elles sont ensuite venues comme de petites tempêtes de vie. Caroline, Louise et Suzanne. Ma vie dans vos bras. Mes bras comme des branches » écrit le photographe Julien Magre à propos de sa femme et de ses deux filles. Depuis 1999, l'artiste photographie sa vie intime en la transfigurant dans les domaines de la poésie et de la fiction, avec une sensibilité poignante. Il aime à présenter ses images dans des boîtes ou des livres, et présentera quelque 300 œuvres au Réverbère, sa nouvelle galerie depuis mars 2017. Julien Magre, Elles Au Réverbère​ du 16 septembre au 10 novembre Les paysages de Claude Gazier Grand admirateur de Edward Hopper, le peintre lyonnais Claude Gazier était connu jusqu'à présent pour ses reprises et ses transfigurations de scènes de cinéma, des scènes notamment où transparaissait une certaine tension entre différents personnages. Pour sa nouvelle exposition à la galerie Pallade, l'artiste

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Les 5 expos à voir cet été

ARTS | Non, tout ne ferme pas au 1er juillet : les galeries sont encore actives, et les musées vous accueillent durant toutes les vacances. Voici nos cinq expos à voir cet été, que vous soyez adeptes de photographie, d'art contemporain ou de visite pour toute la famille.

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 2 juillet 2017

Les 5 expos à voir cet été

1/ Lumière ! Le cinéma inventé au Musée des Confluences jusqu'au 25 février 2018 Inventeurs hors du commun (ils ont cosigné à peu près 240 brevets !), Auguste et Louis Lumière ont non seulement mis au point le cinématographe, mais aussi l'autochrome couleur, le photorama, les prémices du cinéma en relief... L'exposition du Musée des Confluences retrace, à travers une très agréable scénographie, cette saga de l'image en mouvement, qui est aussi une saga collective, familiale, industrielle et lyonnaise. 2/ Maria Loboda et Charwei Tsai à l'Institut d'Art Contemporain à Villeurbanne jusqu'au 13 août L'IAC ouvre ses espaces à deux artistes dont l'univers poétique et esthétique est aussi un univers fort énigmatique. La polonaise Maria Loboda propose un parcours entre architecture et archéologie imaginaires ; et la taïwanaise Charwei Tsai des vidéos, des aquarelles et des installations fl

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5 œuvres, 5 expos à (re)voir

ARTS | Cinq œuvres à voir ou à revoir cet été à Lyon ou à proximité, dans des galeries ou des musées. Cinq œuvres ouvrant à cinq très belles expositions à ne pas rater. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 juillet 2015

5 œuvres, 5 expos à (re)voir

Patrice Giorda – Les deux chemins, 2e version, La Promenade N°5, 1986 Le peintre lyonnais Patrice Giorda (né en 1952) se réclame lui-même de l'expressionnisme du nord de l'Europe que l'on retrouve beaucoup dans ce tableau. Une œuvre qui, comme toutes les autres, se propose comme un «espace de méditation», simple et solitaire, une croisée des chemins qui est aussi un travail précis sur les lumières et la couleur. Patrice Giorda Au Plateau jusqu'au 25 juillet

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Serge Clément : «Je trouvais dans la ville une possibilité d'absence»

ARTS | A l'occasion de sa très belle exposition au Réverbère, le photographe canadien Serge Clément revient avec nous sur son parcours, ses partis pris esthétiques et sa passion pour la ville comme espace fantasmatique de diffraction du réel. Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 mai 2015

Serge Clément : «Je trouvais dans la ville une possibilité d'absence»

Vous présentez au Réverbère une trentaine de photographies qui couvrent l'ensemble de votre parcours depuis quarante ans. Est-ce une rétrospective ? Quelle est la nature de cet ensemble ? Serge Clément : Non, ce n'est pas une rétrospective mais une sélection d'images pour la plupart inédites, dont beaucoup étaient tombées dans l'oubli, y compris pour moi-même ! Á l'occasion de divers projets, je me suis plongé dans un corpus d'images récentes et anciennes, des années 1970 à aujourd'hui, et j'ai découvert, avec surprise, bien des correspondances et des liens entre mon travail actuel et les images de mes débuts. Je pense par exemple à une photographie de 1976, présentée au Studiolo [annexe de la galerie du Réverbère, NdlR], montrant un vendeur ambulant de marrons à New York et, derrière lui, un mur de granit qui reflète toute une scène de rue avec des piétons, des voitures, etc. Tout cela, c'est déjà, pour moi, une "image de Serge Clément" qui s'intéresse aux surfaces réfléchissantes, aux textures, à l'entremêlement ambigu entre le réel et son double, le réel et son reflet... Bien sûr, aujourd'

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Levées de rideaux

ARTS | Si une image peut en cacher une autre, elle peut aussi disparaître ou muter. De rideaux contemporains en œuvres déliquescentes et jusqu'aux expériences hybrides de l'Asie du Sud-est, l'année 2015 s'annonce plastiquement ouverte et surprenante. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 janvier 2015

Levées de rideaux

Curieuse année qui s'annonce, avec des thématiques qui pourraient sembler caduques ou oubliées. La prochaine Biennale d'art contemporain (à partir du 10 septembre), par exemple, ouvre un cycle de trois éditions consacrées au terme... "moderne" ! Alors que l'on se pensait au moins post-post-modernes, Thierry Raspail parie sur ce concept pour dire le contemporain et invite le britannique Ralph Rugoff à plancher sur cette problématique. Plus surprenant encore, l'Institut d'Art Contemporain invite l'historienne d'art Marie de Brugerolle pour une exposition collective sur le thème du rideau (du 6 février au 3 mai) ! Une fois passée l'idée désuète du rideau peint de théâtre, on attend beaucoup de cet événement qui invitera sans doute à passer derrière le miroir, à réfléchir sur la notion essentielle de seuil, d'écran, de suspens, etc. Et ce "à travers" les œuvres de Marc Desgrandchamps, Felix Gonzales-Torres, Urs Lütti, Gustav Metzger, Steven Parrino... En résonnance à cette exposition, on signalera celle du photographe canadien Serge Clément au Réverbère (mai-juillet), qui joue avec le "rideau" des surfaces miroitantes (vitri

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Bernard Plossu ou la photo vagabonde

ARTS | A l'occasion de deux expositions de Bernard Plossu à Lyon, évoquons ici son univers photographique de manière impressionniste : en des bribes de poésie, de biographie et de théorie mêlées. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 février 2014

Bernard Plossu ou la photo vagabonde

Il est "10 : 10" sur l'autoroute. A travers un pare-brise invisible, le photographe Bernard Plossu a saisi cette symétrie temporelle sur le grand panneau d'information des réseaux routiers. On nous a beaucoup rebattu les oreilles (et les yeux) avec «l'instant décisif» de Cartier-Bresson, avec cette photographie censée être liée par essence à un laps de temps plein de signification ou de cocasserie. Ce n'est nullement inintéressant, mais réducteur. Sur cette image d'autoroute, exposée à l'ENS Lettres, la mesure du temps, quasi-absurde, est enveloppée de brouillard, de silence et de vide. La trop rationnelle et raide ligne droite de la chronologie se dérègle soudain parmi l'épaisseur et l'incertitude brumeuses de l'espace. Le temps météorologique, circulaire, cosmologique a eu raison du temps linéaire, calculé, rassurant. Aussi bien, l'abstraction vaporeuse y engloutit la figuration et le réalisme précis que l'on croyait si naturels au médium photographique. «Homme approximatif ou magnifique ou misérable / Dans le brouillard des chastes âges / Habitation à bon marché les yeux ambassadeurs de feu / Que chacun interroge et soigne dans la four

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Sur la route des expos

ARTS | Qu'ils voyagent dans des espaces fictifs ou réels, les (bons) artistes opèrent toujours chez nous un déplacement du regard. Petite sélection, non exhaustive, des expositions attendues en ce début d'année 2014. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 janvier 2014

Sur la route des expos

Après avoir accueilli une partie de la Biennale, le Musée d'art contemporain semble vouloir décompresser avec la curieuse et vrombissante exposition Motopoétique (du 21 février au 20 avril). Soit 200 œuvres signées par 38 artistes (BP, Alain Bublex, Ange Leccia, Xavier Veilhan...) et réunies par le critique d'art Paul Ardenne (auteur notamment du très intéressant Art, l'âge contemporain), toutes en rapport avec... la moto ! Les non bikers auront quelques doutes sur l'intérêt de ladite thématique, mais Paul Ardenne nous assure percevoir et ressentir la moto comme «un outil essentiel mis au service d'un sensualisme total». «La moto condense tout à la fois le mécanique, le viscéral, l'animal, le brut» et le critique fonceur n'hésite pas à y voir jusqu'à un «objet transitionnel» en citant le psychanalyste Winnicott ! A moto, en auto ou en bus, le photographe Bernard Plossu a depuis longtemps fait de l'errance une ligne à la fois éthique et esthétique. Après ses voyages au Mexique ou aux Etats-Unis, il présentera au Réverbère (du 18 janvier au 12 avril) des photographies glanées au Portugal et en G

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Collection 2013/2014

ARTS | Dix expositions à ne pas rater cette saison. Où l'on apprendra que les artistes figent l'eau de la Saône, passent le permis moto, trompent l'oeil parmi des friches, lisent Virginia Woolf, retournent angoissés en enfance ou bien encore résument en quelques images toute (ou presque) la philosophie de Peter Sloterdijk ! Jean-Emmanuel Denave

Benjamin Mialot | Lundi 16 septembre 2013

Collection 2013/2014

Anna et Bernhard Blume Les époux Anna et Bernhard Blume ont l'air de bien s'amuser chez eux. Ils se mettent en scène et se photographient dans des perspectives baroques, avec des objets ou de la nourriture qui voltigent, des regards hallucinés, des corps presque contorsionnés... Au-delà de cet aspect comique, les deux photographes interrogent autant qu'ils se réfèrent à l'abstraction géométrique, au Bauhaus et à la grande histoire de la photographie.   Au Centre d'Arts Plastiques de Saint-Fons, jusqu'au 31 octobre   Myriam Mechita Née en 1974, vivant à Berlin, Myriam Mechita surprend par l'hétérogénéité des moyens plastiques qu'elle emploie, autant que par la diversité des formes qu'elle déploie. On verra à l'URDLA de grands dessins inte

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Le Réverbère sort ses réserves

ARTS | La galerie photo Le Réverbère réunit six de ses artistes pour une exposition consacrée à des œuvres récentes, décalées ou rarement montrées. Simple et efficace. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 26 janvier 2012

Le Réverbère sort ses réserves

Au rez-de-chaussée du Réverbère règne un certain esprit de liberté et de simplicité. La Lyonnaise Arièle Bonzon nous accueille avec des vues de désert, dont un très bel arbre esseulé dépliant ses rameaux au-dessus d'une dune... Un peu plus loin, Lionel Fourneaux associe librement des dessins enfantins (griboullis, oiseaux, empreinte de main...) à des photographies. Un procédé déjà souvent utilisé mais qui, là encore, révèle tout son potentiel de décalage et de poésie. «Ces dialogues obéissent à une seule loi, celle de l’attraction personnelle, elles ne s’imposent donc à personne, mais peuvent toucher ceux qui n’ont pas oublié cette dimension du jeu et du plaisir propre aux premières années de la vie. La proximité de mes enfants, leurs sentiments mêlés au spectacle de la bizarrerie du monde m’aident à recouvrer cet état d’innocence, de fraîcheur – disons cela – et de rêverie volontiers naïve, mais verticale qui m’autorisent à fabriquer ces images métisses» écrit le photographe. À ses côtés, Jean-Claude Palisse poursuit son tr

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Bernard Plossu, Then and now, L'Ouest américain

ARTS | La poésie, l'errance, la liberté en photographie riment pour nous avec le nom de Bernard Plossu. Le Réverbère consacre à l'artiste une superbe exposition (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 11 novembre 2010

Bernard Plossu, Then and now, L'Ouest américain

La poésie, l'errance, la liberté en photographie riment pour nous avec le nom de Bernard Plossu. Le Réverbère consacre à l'artiste une superbe exposition (jusqu'au samedi 20 novembre), rassemblant une centaine d'images prises dans l'Ouest américain ou au Mexique de 1970 à 1985. La plupart sont des petits formats noir et blanc où l'on retrouve cette manière, si légère et touchante, d'appréhender les hasards de la vie, l'érotisme des femmes, l'incongruité d'un quartier urbain ou d'une bâtisse, la trivialité de la vie quotidienne, la beauté d'individus anonymes croisés l'instant d'un regard... On y découvre aussi un Bernard Plossu «paysagiste» et fasciné par le désert. Sur le sable ou le bitume, l'artiste poursuit sa route artistique singulière, pudique et émouvante.JED

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Éclats new-yorkais

ARTS | Le photographe canadien Serge Clément a passé six mois à parcourir New York, notamment ses quartiers méconnus encore marqués par l’architecture du début du XXe (...)

Dorotée Aznar | Mardi 25 mai 2010

Éclats new-yorkais

Le photographe canadien Serge Clément a passé six mois à parcourir New York, notamment ses quartiers méconnus encore marqués par l’architecture du début du XXe siècle. Il s’y est interrogé sur une ville en mutation, à l’unisson d’un «empire et d’une puissance économique qui s’effrite»... Mais ce qui s’effrite, se fragmente et se démultiplie ce sont surtout l’espace, les bâtiments, les lignes de la ville à la surface complexe de ses images noir et blanc. Comme dans ses travaux précédents, l’artiste capte à même “la peau“ de New York des images qui “existent déjà“, produites par des reflets sur des vitrines, des jeux de transparence, des ombres projetées... Avec un œil de sorcier géomètre, Serge Clément repère puis enregistre sans truquage des images où ce qui est devant et ce qui est derrière, dans le champ et hors champ, voisinent sur le même plan, ainsi que de multiples traces, tags, signes, présences fantomatiques... D’une image à l’autre, et au sein d’une même image, il orchestre des points de vue éclatés, comme en une suite de musique dodécaphonique. À ce mille feuilles spatial, l’artiste ajoute aussi tout un jeu sur les matières où le métal côtoie la toile, où le t

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