Si loin, tout proche

MUSIQUES | Souvent qualifié de Dominique A lyonnais depuis l'époque King Kong Vahiné, Denis Rivet souffre la comparaison mais ne s'y réduit pas. Échappé en solitaire avec le très beau mini-album "Tout Proches", ce chanteur de l'entre-deux vient d'être sélectionné pour représenter Rhône-Alpes au Printemps de Bourges. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Lundi 21 janvier 2013

«Dimanche, 18 heures, c'est déjà lundi / les dernières lueurs / tombent dans la nuit / dans ton cœur / il y a de la mélancolie / sur la route du fort / il y a la pluie». Rédiger un portrait de Denis Rivet un dimanche d'hiver en écoutant en boucle son Dimanche, 18h, voilà qui plonge illico dans le syndrome du dimanche soir. C'est un fait, que ce soit avec Le Bruit des Touches ou King Kong Vahiné (lauréat de feu Dandelyon en 2006), Denis Rivet, 37 ans, a toujours su mettre des mots sur ces petites sensations indéfinissables, ces impressions fugaces, ces sidérations qu'on ne saurait forcément nommer mais qui nous traversent sans cesse. Jusqu'à ce qu'un jour, un scientifique distrait se penche sur la question en trébuchant et nous invente le «syndrome du dimanche soir», «la colique d'avant piscine», ou «la boule au ventre de l'Amour qui passe».

« Près des voies ferrées »

Comme ce Monsieur A auquel on l'a beaucoup comparé, mais avec une patte bien à lui, preuve que la comparaison est aussi flatteuse qu'injuste et néanmoins assumée – «je n'ai jamais ressenti autant de proximité avec un artiste. J'ai écrit La Ville est tranquille [King Kong Vahiné, NLDR] avant de le connaître et sa découverte a été un choc. Ensuite je l'ai beaucoup écouté et ça m'a probablement déteint sur la gueule» –, Denis R. est de ces poètes des zones grises de la vie (géographiques, musicales, mentales, sentimentales), coincées dans un entre-deux, banlieue pavillonnaire d'affections pendulaires.

Ces zones grises, Denis Rivet, fils d'ouvriers, y a grandi jusqu'à en devenir une : «On habitait près des voies ferrés ou dans des impasses. Ça a dû me marquer, me transpercer. Gamin, je me suis beaucoup ennuyé. A 18 ans, je suis parti au Québec : trois années lumineuses. Pourtant quand je relis mes carnets de l'époque, il y a une mélancolie terrible. J'avais plein de potes mais j'étais aussi un grand solitaire».

De là, sans doute, cette tendance à l'observation, participative ou non, chez celui qui travaille, dans le paysage de plus en plus désertique des Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficultés, à combattre des moulins à vents à coups de polycop' : «J'ai une vie où je fais tellement mille choses que je ne suis jamais aussi heureux que quand je me pose dans un café à regarder les gens. J'aime observer, regarder, prendre de la distance».

De la distance, Denis Rivet en a pris aussi avec King Kong Vahiné, contraint et forcé. Les vies de chacun ayant quelque peu gelé le projet, il a fini par décider de se relancer seul, se découvrant léger dans le grand saut : «Je n'ai plus envie de porter un projet pour un groupe. En solo, il y a un côté super léger même si c'est vraiment dur d'aller au charbon tout seul. Il faut tout tenir, tu ne peux te reposer sur personne. Mais c'est aussi ce que je cherchais quand j'ai commencé à faire des concerts en solo : me coller à ça».

«Ce qui a plu»

Le résultat est reconnaissable entre mille pour qui connut les Vahinés : ambiances nuageuses façon Lithium (le label mais pas que), mélodies d'entresol et textes en demi-teintes qui disent sans dire, évoquent plus qu'ils ne parlent, enlacent sans retenir, tel ce magnifique «Tout ce qui vous tient» en duo avec Frédéric Bobin. Mais le musicien y apprend aussi «la nudité» d'être à soi – simplicité sophistiquée qui n'est pas sans rappeler Yves Simon, modèle avoué : «J'aime cette idée d'un quotidien impressionniste. Je n'ai pas envie de commencer à dire que Dimanche, 18h se passe dans un Renault Scénic en donnant le numéro d'une départementale. C'est au départ inconscient mais si je prends un peu de recul sur mes chansons, je me rends compte qu'elles ne sont pas datables».

Sans doute aussi, au-delà du charme intemporel de ses chansons, la réussite de cet album tient elle à une volonté farouche de ne pas se cacher derrière l'arbre sec de l'auto-production, signe d'une ambition sage mais bien réelle : «Quitte à y aller, autant sortir un vrai CD, chiader les visuels, la prod'. Après, la question c'était : cet album j'en fais quoi ? Faire tous les rades de Lyon et filer mon CD à des mecs qui n'en ont rien à branler avec l'espoir de taper un troquet le 25 décembre pour que dalle ? J'ai choisi de ne viser que les tremplins : là, tu as l'assurance qu'on va te répondre. Tu es pris, tu y vas ; tu gagnes, tant mieux ; tu ne gagnes pas, au pire tu rencontres des gens. L'idée était vraiment de garder mon énergie pour la musique, les sets, les arrangements».

Premier envoi : les présélections régionales de Bourges. Il est pris. N'en revient pas en ce soir de novembre où on le rencontre. Se demande «ce qui a plu». Confesse avoir vérifié s'il n'y avait pas de limite d'âge. Et puis : «deux heures après l'annonce des présélections de Bourges, coup de fil d'un programmateur que j'avais déjà appelé plusieurs fois et qui ne m'avait jamais calculé». Dans le week-end où l'on écrit ces lignes, Denis Rivet a appris sa sélection pour Le Printemps de Bourges, consécutive aux auditions régionales de mi-décembre, «ravi du travail qui s'annonce sur les trois prochains mois pour faire en sorte d'avancer musicalement mais aussi sur tous les autres fronts». Deux mois plus tôt il confiait : «Le cap de l'arrêt de toute ambition, je le mets vraiment dans cet album-là. J'ai encore envie de m'accrocher, d'y croire, de ne faire que ça, vivre ça à fond. Ce sont des rêves de gamin que j'ai encore». Car comme il le chante sur Dimanche 18h toujours, dans ce cœur où se glisse «un mortel ennui (…) il y a de l'envie aussi».

Denis Rivet
Au Théâtre des Pénitents (Montbrison/Tremplin des Poly'sons), samedi 26 janvier
Au Marché Gare (première partie de Mathieu Boogaerts, Les Chants de Mars), samedi 23 mars
Tout proches (Anthropoïde/Birdy Birdy Partners)

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Hubert Mounier dans la place

Chanson | C'est à la suite du concert hommage donné par Benjamin Biolay en juillet 2018 à Fourvière que la scène lyonnaise à commencé à mûrir l'idée d'un projet autour de cette (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 octobre 2019

Hubert Mounier dans la place

C'est à la suite du concert hommage donné par Benjamin Biolay en juillet 2018 à Fourvière que la scène lyonnaise à commencé à mûrir l'idée d'un projet autour de cette grande figure de la pop hexagonale mais aussi locale. Très vite, dans le sillage du chanteur Stan Mathis et des Chic Types, l'idée d'un concert fait son chemin puis d'un disque produit par Stardust ACP. La fine fleur de la scène chanson-pop de Lyon picore alors des titres dans le répertoire de Mounier et de l'Affaire Louis Trio pour en enregistrer des relectures au studio Magneto de They Call Me Rico : on y retrouve, en plus de tous les précités, Kent, un vieil ami, Carmen Maria Vega, Buridane, Joe Bel, Denis Rivet, Billie et quelques autres sur un vinyle à sortir le 5 novembre. Le même jour aura lieu dans la grande salle du Transbordeur une release party en présence de tous les intéressés (hormis Joe Bel en tournée au Canada et Kent) où tout ce petit monde dansera sur la chic planète d'Hubert. La chose est gratuite, mais l'on compte dé

Continuer à lire

Inouïs du Printemps de Bourges : et les auditionnés sont...

Tremplin | Les affaires reprennent pour les Inouïs du Printemps de Bourges, chargés de repérer les talents de demain qui iront s'illustrer au festival du même nom. Ou (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 17 décembre 2018

Inouïs du Printemps de Bourges : et les auditionnés sont...

Les affaires reprennent pour les Inouïs du Printemps de Bourges, chargés de repérer les talents de demain qui iront s'illustrer au festival du même nom. Ou plutôt elles ont déjà repris puisque nous es dévoilée la sélection rhônalpine dûment qualifiée pour les auditions régionales qui se tiendront le 26 janvier prochain à la Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand), le 31 janvier à Bizarre (Vénissieux) et le 1er février à la Tannerie (Bourg-en-Bresse). Parmi eux quelques noms pas tout à fait inconnus des suiveurs de la scène régiono-locale en les personnes de Martin Luminet (chanson), Dowdelin (world d'obédience créolisante), Pelouse (projet de la figure grenobloise Xavier Machault), et même Piniol (savant mariage forcément foufou des cultes Poil et Ni). Ajoutez y le hip-hop du lyonnais Marty de Lutèce et du stéphan

Continuer à lire

Dominique A : haut, bas, fragile

L'Album | Dominique A l'affirme dans l'interview qu'il nous a accordé : il a toujours été vieux. C'est pourtant vers une seconde jeunesse que le musicien de 50 (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

Dominique A : haut, bas, fragile

Dominique A l'affirme dans l'interview qu'il nous a accordé : il a toujours été vieux. C'est pourtant vers une seconde jeunesse que le musicien de 50 ans se tourne avec La Fragilité, revenant, comme au temps de La Fossette, il y a un plus d'un quart de siècle, mais aussi de La Musique – deux de ses albums préférés – à l'intimité de sa chambre. Là où s'épanouit l'épure de l'enregistrement solitaire sur un 8-pistes en la seule compagnie d'une boîte à rythmes et, surtout, de la guitare acoustique aux nylons usés achetée au moment de La Mémoire neuve (1995). Une sorte de contre-pied à Toute Latitude, sorti au printemps et brûlant de rage électro-rock (la terreur sourde de Corps de ferme à l'abandon...). Ici, la chose éclôt en douceur avec La Poésie, écrite au lendemain de la mort de Leonard Cohen et de l'élection de Donald Trump le jour suivant, deux sacrés coups portés à la poésie du monde. Poé

Continuer à lire

Dominique A : « les chansons phagocytent ma vie »

Chanson | À l'occasion de ses cinquante ans, Dominique Ané dit A n'a pas fait les choses à moitié avec deux albums explorant deux versants de sa palette esthétique et un livre qui retrace sa vie et son parcours en chansons. L'occasion, au moment de sa venue au Radiant et à la librairie Musicalame, de faire le point sur une riche carrière.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

Dominique A : « les chansons phagocytent ma vie »

Vous avez fêté vos 50 ans cette année. Une année particulièrement riche pour vous avec deux albums, Toute Latitude au printemps et La Fragilité cet automne, deux tournées et un livre, Ma vie en morceaux. Y-avait-il de votre part une manière de la marquer cette année d'une pierre blanche, de dresser une sorte de bilan ? Dominique A : De marquer le coup oui, de faire en sorte d'en finir avec un cycle, certaines façons de faire, un certain rythme : un disque tous les trois ans, une tournée dans la foulée. Mais un bilan non ! Ça, on me le sort à chaque album et j'en ai un peu marre (rires). De toute façon, un disque marque toujours quelque chose de l'ordre du check-up créatif. Moi, ce sont les retours des gens qui me renseignent sur mon degré de pertinence par rapport à tel ou tel projet. Vous publiez donc Ma vie en morceaux (Flammarion) dan

Continuer à lire

Les sélectionnés du Printemps de Bourges dévoilés

MUSIQUES | Ils ont été auditionnés en ces bonnes villes de Grenoble et Lyon parmi huit candidats et aux termes de ces deux soirées réparties en groupe de quatre, ils ont (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 mars 2018

Les sélectionnés du Printemps de Bourges dévoilés

Ils ont été auditionnés en ces bonnes villes de Grenoble et Lyon parmi huit candidats et aux termes de ces deux soirées réparties en groupe de quatre, ils ont été sélectionnés. Voilà donc les lauréats Rhône-Alpes des Inouïs du Printemps de Bourges : la rappeuse lyonnaise au flow insensé Tracy de Sa, la chanson écorché vive du duo stéphanois Terrenoire et le rock technoïde des Drômois de Parquet représenteront donc la région au festival. Sachant que sur les huit candidat il pouvait n'en rester qu'un, deux ou trois. Ou même aucun. C'est donc carton plein pour les jeunes pousses Rhône-Alpes cette année.

Continuer à lire

"Permafrost" : le nouvel album de Denis Rivet

Chanson | Avec Permafrost, le Lyonnais Denis Rivet livre un nouvel album de l'entre-deux, celui d'un univers qui se déglace et se réchauffe au gré de chansons hivernales en apparence mais solaire en profondeur. 

Stéphane Duchêne | Mardi 6 février 2018

« Ici, la vie est rude / J'en ai pris l'habitude / J'aime ces terres arides / Et ces hivers humides / Et la neige et le froid / Les piqûres d'aoûtats (...) Et si jamais tu passes / Quand l'orage menace / Remets-toi vite en route / Ne laisse pas le doute / J'en ai vus plantés là / Qui ne repartaient pas. » Voici comment débute Permafrost, le nouvel album du Lyonnais Denis Rivet avec lequel les amateurs de chanson-rock ont au fil des années pris leurs habitudes. Entre une rythmique minimaliste, le ressac d'arpèges cristallins et un synthétiseur sédaté, Rivet pose le décor. Celui d'un disque dont le titre dit tout. Le permafrost c'est ce sol perpétuellement gelé des régions septentrionales qui semble figurer ici la manière dont les paysages du Grand Nord infusent sur l'état de l'âme jusqu'à la cristallisation complète. Mais c'est peut-être aller un peu vite en besogne que de prendre cela, uniquement cela, pour argent comptant. Je me souviens D'aussi loin qu'on se souvienne, Denis Rivet a toujours rendu compte des zones grises de la vie. Sur Tout proches (2012), il explorait le thème de l'ambivalence entre l

Continuer à lire

Présélections des iNOUïs : Les 8 artistes régionaux en lice pour le Printemps de Bourges

Printemps de Bourges | Ils étaient 297 au départ, les jurys d'écoute en ont choisis 8 et comme chaque année voici les élus, les présélectionnés régionaux des iNOUïs du Printemps de Bourges 2018.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 décembre 2017

Présélections des iNOUïs : Les 8 artistes régionaux en lice pour le Printemps de Bourges

Huit projets rhônalpins (pour des raisons pratiques, la nouvelle carte des régions n'a pas impacté celle des antennes régionales des iNOUïs) qui représentent chacun l'éventail des esthétiques du dispositif. En chanson, Leïla Huissoud, piquante jeune iséroise vue à Nouvelles Voix (et à The Voice) et bercée par les grands anciens du triple B (Barbara, Brel, Brassens) côtoiera Terrenoire, projet de Raphaël Herrerias, auteur d'une chanson électro oscillant entre Murat et Massive Attack. En pop, le mot ramasse large, brilleront les univers si singuliers des Lyonnais Kcidy et Saint Sadrill (le projet crypto-wyattien du prolifique Antoine Mermet de Chromb !). En rock le trio Pratos combinera distorsion de guitare, claviers fou et batterie en furie. L'électro mettra à l'honneur le producteur isérois Nikitch et les drômois de Parquet, se définissant comme la rencontre de Pac Man et de Jeff Mills. Enfin en hip-hop, on découvrira, si ce n'est déjà fait, l'espoir du hip-hop lyonnais, mais anglophone, c'est importa

Continuer à lire

Rivet au casque

Chanson | À quelques semaines de la sortie de son nouveau disque baptisé Permafrost, dont on vous dira prochainement tout le bien qu'on en pense, le chanteur (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 21 novembre 2017

Rivet au casque

À quelques semaines de la sortie de son nouveau disque baptisé Permafrost, dont on vous dira prochainement tout le bien qu'on en pense, le chanteur Denis Rivet, ce conteur hors-pair des zones grises de la vie, se fend d'une initiative pour le moins originale : organiser une séance d'écoute au casque tout confort (canapé, boisson) sise au Ciné-café Aquarium (10 rue Dumont dans le 4e arrondissement), en partenariat avec le TNG. Contre 15€, en plus de la prestation précitée, on pourra acquérir le dit album. Une écoute qui s'accompagnera, pour mieux s'immerger dans l'univers de Denis Rivet, de la projection sur écran géant des photos réalisées par Fabrice Buffart pour la pochette de l'album et se poursuivra par un échange avec l'intéressé mené par Arnaud Bonpublic, animateur sur la webradio Les Enfants du Rhône. Cela se passera le dimanche 26 novembre au long de trois séances successives (14h, 16h, 18h) pour lesquelles il es

Continuer à lire

L'Effondras – Rock (Ain)

Les Inouïs du Printemps de Bourges 2017 - Sélections régionales | Comme chaque année, Les Inouïs du Printemps de Bourges présélectionnent huit candidats en Rhône-Alpes, toutes disciplines musicales confondues. Et pour aller avec huit clips musicaux inédits confiés aux bons soins des vidéastes de Shoot !t.

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 septembre 2017

L'Effondras – Rock (Ain)

L'Effondras, rien que ce nom aurait pu constituer un chapitre du programme de François Fillon et de son si vendeur pays en faillite – ou le délitement de sa réputation et de sa campagne. On doute pourtant que ce trio (deux guitares, une batterie qui en vaut deux) aux assonances post-rock et aux allitérations noise soit très fans de l'ex-candidat à la présidentielle (une intuition, comme ça). Comme le chantait Julien Baer, avec lequel on ne leur sent guère plus d'accointances (musicales, cette fois), ici, « Le Monde s'écroule, mais le monde c'est [eux] ». Il y a en effet chez l'Effondras, bien au-delà de ce nom (celui d'un hameau de l'Ain), comme une esthétique de l'affaissement et de ce qu'il faudrait en faire : soit une musique qui pratiquerait avec l'Apocalypse-même, la politique de la terre brûlée, à la fois renoncement apathique au bord de la génuflexion et affront semé d'orgueil, comme sur ce Lux Furiosa. Chez L'Effondras, lauréat auvergne-rhônalpin des Inouïs cette année, il ne semble pas plus y avoir d'instant présent que d'après, juste un flux ininterrompu de saccades et d'effluves sonores, « de la neige en été » et « des feux toutes les dix maisons » c

Continuer à lire

1000 Chevaux-vapeur – Electro (Loire)

Les Inouïs du Printemps de Bourges 2017 - Sélections régionales | Comme chaque année, Les Inouïs du Printemps de Bourges présélectionnent huit candidats en Rhône-Alpes, toutes disciplines musicales confondues. Et pour aller avec huit clips musicaux inédits confiés aux bons soins des vidéastes de Shoot !t.

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 mai 2017

1000 Chevaux-vapeur – Electro (Loire)

S'ils sont vapeur, les 1000 chevaux de 1000 Chevaux-vapeur n'en sont pas moins des chevaux de race, remorquant une électro classieuse et atypique, langoureuse, vaporeuse (forcément), aqueuse, même. En un mot insidieuse. Son EP Animals (Cascade Records), sorti fin novembre, et ses live pas comme les autres – s'il reste dans la veine de ces électroniciens solo qui chantent, plus rares sont ceux qui sont aussi habités dans l'exercice vocal, comme le prouve ce Dream #1 ou agrémentent leurs sets de saxophone – témoignent de cet abord immédiatement addictif. Comme dans un rêve donc, doucement tentaculaire comme une pieuvre (Octopus), piquant et cavalant comme une armée de fourmis vous montant le long des bras (Ants), lumineux et brûlant comme une méduse (Jellyfish), et on l'a dit, racé comme un troupeau de chevaux (Horses). Vapeur ou pas.

Continuer à lire

DD's Brothers – Soul (Haute-Savoie)

LES INOUÏS DU PRINTEMPS DE BOURGES 2017 - SÉLECTIONS RÉGIONALES | Comme chaque année, Les Inouïs du Printemps de Bourges présélectionnent huit candidats en Rhône-Alpes, toutes disciplines musicales confondues. Et pour aller avec huit clips musicaux inédits confiés aux bons soins des vidéastes de Shoot !t.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 avril 2017

DD's Brothers – Soul (Haute-Savoie)

Un nom qui fleure bon l'âge d'or de la soul, et les look ad hoc. Une vibe à vous remettre en marche le légendaire « Soul Train » en deux temps syncopés et trois mouvement chaloupés. Les DD's Brothers sont huit et pas spécialement frères, résident dans le 74 mais s'arment, en plus de l'incroyable chanteuse Dora Kuvuna, d'un chanteur californien, Dorien Smith, qui n'a rien à envier aux meilleurs hâbleurs du genre (ce sont donc eux, les DD du groupe). Ils étaient préselctionnés aux Inouïs mais ont déjà pas mal de bouteille sous la forme notamment de leur redoutable album We got the law, masterisé à Abbey Road. Au long de dix titres qui oscillent entre soul et pop, basses rondes et cuivres mélancoliques, harmonies vocales aux petits oignons frits – d'où ce clip dans un diner, sans doute pour le Tarantinien The Sun goes down – et vous creusent allègrement la cervelle (Tennesse Burning, Eyes on Me), les DD's Brothers font la loi, oui, mais avec une désinvolture de hors-la-loi.

Continuer à lire

Dominique Abel & Fiona Gordon : « ce qu’on fait en réalité, c’est du théâtre à l’écran »

Entretien | Clowns à l’écran et sur les planches, le duo Abel & Gordon se balade aux quatre coins de la capitale, occasion idéale pour tous les hommages et toutes les rencontres. Cartographie d’un univers partagé qui rend la réalité si triste et les pitres si beaux.

Julien Homère | Mardi 14 mars 2017

Dominique Abel & Fiona Gordon : « ce qu’on fait en réalité, c’est du théâtre à l’écran »

Avez-vous essayé de retrouver la fibre unique du réalisme poétique ? Dominique Abel : On s’inspire de ces films, même si on a trouvé nos propres lieux, qui dégagent une magie bien particulière : je pense à cette statue de la Liberté qui a été un vrai cadeau du ciel. L’idée de mettre un SDF qui plante sa tente à ses pieds, c’était chouette. On a été nourri par plusieurs styles différents, mais on adore le burlesque : Max Linder, Buster Keaton, Charlie Chaplin, Laurel et Hardy, ou les créateurs plus contemporains comme Kaurismäki. Mais nos goûts sont plus larges que ça. Emmanuelle Riva était-elle l’une de ces références ? D.A : On ne l’avait jamais vu dans un autre registre que celui du drame. Elle était très curieuse, vivante avec le rire incroyable d’une jeune fille de 14 ans. Elle faisait beaucoup de théâtre et nous, ce qu’on souhaitait, c’était de répéter pour atteindre une mécanique propre à notre jeu. À ça, e

Continuer à lire

L'Effondras (seul) lauréat rhônalpin des Inouïs du Printemps de Bourges

Inouïs du Printemps de Bourges | Fusion des régions oblige, sans doute, ce n'est pas, comme d'usage, deux mais un seul qualifié sur les huit qui représentera Rhône-Alpes sur la scène des Inouïs du (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 3 mars 2017

L'Effondras (seul) lauréat rhônalpin des Inouïs du Printemps de Bourges

Fusion des régions oblige, sans doute, ce n'est pas, comme d'usage, deux mais un seul qualifié sur les huit qui représentera Rhône-Alpes sur la scène des Inouïs du Printemps de Bourges : L'Effondras. Il sera accompagné par le duo électro-synth-pop auvergnat Brabalan (représentant l'Auvergne donc). On imagine, au regard de la qualité tous azimuts des présélectionnés de cette année, que le choix a dû se révéler d'autant plus draconien et compliqué. Toujours est-il que c'est le trio L'Effondras (deux guitares, une batterie) qui aura l'honneur de voir le Printemps et d'en secouer quelque peu le cocotier avec son post-rock à la fois renonciateur et têtu. Sans chauvinisme aucun on leur souhaite le meilleur, c'est-à-dire de déchausser quelques mâchoires en terre berruyère, le mercredi 16 avril.

Continuer à lire

"Paris Pieds Nus" : recherche Martha désespérement

Et aussi | Qui aurait cru que l’ultime film d’Emmanuelle Riva, récemment disparue et abonnée aux drames intimistes, serait une farce enfantine ? Noyade, valse, Canada et Pierre Richard sont au programme de ce conte aussi déglinguant que déglingué.

Julien Homère | Mardi 7 mars 2017

Bibliothécaire dégingandée, Fiona débarque de son Canada natal pour chercher sa tante Martha dans Paris et son dédale avec l’aide de Dom, SDF loufoque et séducteur. Traversée d’une joie communicative, cette comédie raconte les péripéties de deux clowns dans toute leur grâce d’êtres inadaptés, hors des conventions sociales. Son charme provient autant de la candeur des comédiens que de ses effets de mise en scène élégants et efficaces, servant à souligner un gag ou à le révéler complètement. Il faut voir la scène où Dom s’enroule dans un câble électrique à un restaurant, suivi d’un plan avec une fourchette s’entourant de spaghettis à une table voisine pour mesurer la force de ce mélange harmonieux entre le théâtre, le cirque et le cinéma. Humanité mon amour Travellings léchés, couleurs vives, cadres fixes blindés de détails, décors vivants et travaillés, cette minutie esthétique s’accompagne d’un regard doux amer sur l’Homme et ses bassesses. Chat de gouttière sans gène, Dom n’a aucun respect pour la mort et peut ruiner l’éloge funèbre d’une d

Continuer à lire

Raoul Vignal - Folk (Drôme)

Les Inouïs du Printemps de Bourges 2017 - Sélections régionales | Comme chaque année, Les Inouïs du Printemps de Bourges présélectionnent huit candidats en Rhône-Alpes, toutes disciplines musicales confondues. Et pour aller avec huit clips musicaux inédits confiés aux bons soins des vidéastes de Shoot !t. En attendant les résultats, découvrez leurs visages et leur musique au jour le jour à raison d'une vidéo quotidienne pendant une semaine.

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 mars 2017

Raoul Vignal - Folk (Drôme)

Né à Lyon, Raoul Vignal a fait ses armes sur les scènes de Berlin. Mais aussi dans ses studios (Klangbild en tête) où il enregistra un EP et la musique du film Sweet Water of Memories, aux accents post-folk hypnotiques. C'est au studio Klangbild toujours qu'il met au jour son album à venir The Silver Veil, qui portera magnifiquement son nom. C'est que Raoul Vignal pratique un folk qui jette un voile brumeux sur la tristesse de ses chansons et sur leur origine française. Au programme, des arpèges à la Nick Drake période Pink Moon, une voix ombrageuse et une langueur qui n'est pas sans rappeler les meilleurs élèves du folk scandinave. Son talent, récompensé par le tremplin Jeunes Talents du festival Cognac Blues Passions, n'a pas tardé à être remarqué puisque The Silver Veil paraîtra sur le très défricheur label bordelais Talitres. Le site Soul Kitchen l'a d'ailleurs qualifié de « joyau le mieux gardé du coffre à musique lyonnais ». Un joyau de noirceur dont les éclats de lumière et les inflexions de voix en clair-obscur parviennent à faire danser les méduses, comme sur ce Bless you déchirant. D'ici peu, c'est sûr, on va vraiment savoi

Continuer à lire

Ma Pauvre Lucette – Chanson (Isère)

Les Inouïs du Printemps de Bourges 2017 - Sélections régionales | Comme chaque année, Les Inouïs du Printemps de Bourges présélectionnent huit candidats en Rhône-Alpes, toutes disciplines musicales confondues. Et pour aller avec huit clips musicaux inédits confiés aux bons soins des vidéastes de Shoot !t. En attendant les résultats, découvrez leurs visages et leur musique au jour le jour à raison d'une vidéo quotidienne pendant une semaine.

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 mars 2017

Ma Pauvre Lucette – Chanson (Isère)

On connaît PNL (ou pas), voici, même si rien à voir, MPL, acronyme de Ma Pauvre Lucette, groupe de chansons élégantes et de spoken word fauviste – qu'on apprécie ou pas la référence à Fauve, il y a dans ces arpèges, parfois dans le ton, quelque chose de l'ex-phénomène du rock français –, bande de musiciens et comédiens pour lequel chaque chanson est aussi l'objet d'un drôle de clip : on s'y shoote, jusqu'aux hallus malsaines, aux cendres de la regrettée et tant aimée Lulu ; on danse façon boy's band rappeur dans une friche (Le Videur du quartier) ; on y kidnappe Pierrot sur un rond point ; on y caracole sur des chevaux de bois sur Infidèles destriers, par ailleurs, petit bijou d'écriture ; on s'y accoutre drôlement (la plupart du temps) comme dans ce clip réalisé par Shoot it, petits maillots et gros bonnets (de bain) pour ce Jeté à l'eau. Il y a boire et à manger, chez Ma Pauvre Lucette, mais c'est au bon sens du terme, tant la collation stylistique, la créativité visuelle à trois bouts de ficelle et les mini-tubes sont copieux. Comme la collation, à la fois triste et joyeuse, qui succède toujours aux funérailles. En l'occurrence,

Continuer à lire

Trinix – Electro (Rhône)

Les Inouïs du Printemps de Bourges 2017 - Sélections régionales | Comme chaque année, Les Inouïs du Printemps de Bourges présélectionnent huit candidats en Rhône-Alpes, toutes disciplines musicales confondues. Et pour aller avec huit clips musicaux inédits confiés aux bons soins des vidéastes de Shoot !t. En attendant les résultats, découvrez leurs visages et leur musique au jour le jour à raison d'une vidéo quotidienne pendant une semaine.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 février 2017

Trinix – Electro (Rhône)

Partagé entre les influences électro (Gramatik, Nebbra, DJ Fly, 20 SYL) et classiques hip-hop (De La Soul, Methodman & Redman, Krs One), le duo de beatmaker Trinix, composé de Josh Chergui et Lois Serre, l'air à peine sorti de l'adolsecence s'est pris d'affection pour les beats bien pesants propre à rester gravés dans le cortex et à provoquer des mouvements involontaires de la face (et d'ailleurs) qu'ils décrivent eux-mêmes comme old, bass et vintage. Manière aussi de résumer en trois mots un album baptisé en trois lettres OWN (2015). En 2017, le duo qui a ouvert dans le passé successivement pour Vald et deux de leurs idoles, Method Man & Redman, ne pourra plus se cacher beaucoup avec la sortie récente du EP Hide, dont la plupart des titres sont des hits en puissance. Le premier titre de ce EP ? Never Enough. On avait bien compris. Tout comme on a compris que le single No sleep, sorti l'an dernier s'il peut avoir des airs de berceuse, garantit surtout le somnambulisme dansant au risque d'aller se perdre au fond des bois.

Continuer à lire

Madame Bert – Hip-hop (Drôme)

Les Inouïs du Printemps de Bourges 2017 - Sélections régionales | Comme chaque année, Les Inouïs du Printemps de Bourges présélectionnent huit candidats en Rhône-Alpes, toutes disciplines musicales confondues. Et pour aller avec huit clips musicaux inédits confiés aux bons soins des vidéastes de Shoot !t. En attendant les résultats, découvrez leurs visages et leur musique au jour le jour à raison d'une vidéo quotidienne pendant une semaine.

Stéphane Duchêne | Lundi 27 février 2017

Madame Bert – Hip-hop (Drôme)

Comme son nom ne l'indique pas, Madame Bert (MadBert pour les intimes) est un rappeur à la verve inextinguible, capable de vous narrer en moins de trois minutes une journée sans briquet (le titre Guerre du feu) ou de rendre hommage à Abebe Bikila, légendaire athlète éthiopien des courses de fond, l'homme qui courait pied nu. Madame Bert aussi court dans tous les sens, se définissant comme un « artiste local (…) agité du bocal ». Pas facile d'être un rappeur à Valence mais Madame Bert s'en extirpe avec une rage, un humour et surtout une bonne dose d'autodérision qui ne font pas oublier ses productions qui frappent juste et ses mots qui frappent fort, justes et drôle, ici, sur De Longue, « La France vieillit mal comme Alain Delon ». Avec lui, Valence devient Valence Angeles, c'est dire. Quant à savoir pourquoi Madame Bert, vous le saurez bien assez tôt.

Continuer à lire

Sélection Rhône-Alpes Inouïs 2016 : les auditions régionales en live

MUSIQUES | Comme chaque année, nous vous présentons en vidéo, avec la complicité, et surtout le talent, du collectif Shoot it, les huit candidats rhonalpins aux Inouïs du Printemps de Bourges. La formule consacrée : un jour/un artiste/une vidéo (du vendredi 5 au mardi 16 février). La nouveauté 2016 : c'est extrait live des auditions des 29 et 30 janvier derniers, sises à respectivement à Cluses et Annemasse que nous vous livrons – inouï, non ? En attendant le choix du jury qui désignera le (ou les) lauréats, les nominés sont...

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 février 2016

Sélection Rhône-Alpes Inouïs 2016 : les auditions régionales en live

Daisy Lambert Daisy Lambert n'est pas seulement Un Chic Type, comme le stipulait le titre de son premier album, c'est aussi un spécimen si ce n'est unique, du moins rarissime. Et pas seulement parce que ce garçon porte un prénom de fille – hommage à une chanson de Christophe, le chanteur. Avant tout parce qu'il l'un de ces rares chanteurs à pouvoir jouer la tristesse avec un sourire en coin – on appelle ça l'élégance –, à citer la plus honteuse – pour nous, pauvres snobs – des références variétoches en l'accolant aux plus pointus des bricoleurs musicaux, à tisser des atmosphères rétro-futuristes d'une main, tout en tricotant des tubes de l'autre. La preuve avec... De l'autre côté, saisi ici en live. Mais il y en a d'autres. Sin Tiempo Si l'on a fait allemand première langue comme Jean-Marc Ayrault, on a des chances d'accéder au Quai d'Orsay mais on ignore probablement qu'en espagnol Sin Tiempo signifie « pas le temps ». Celui que cet électronicien lyonnais passé par le conservatoire, machiniste mais aussi

Continuer à lire

Dominique A, l'Horizon

MUSIQUES | Y Revenir était le titre d'un précédent livre de Dominique A, évoquant le lieu de son enfance. C'est pourtant à Lyon (ou dans ses environs) que le chanteur de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 janvier 2016

Dominique A, l'Horizon

Y Revenir était le titre d'un précédent livre de Dominique A, évoquant le lieu de son enfance. C'est pourtant à Lyon (ou dans ses environs) que le chanteur de Provins revient sans cesse avec la même régularité que les saisons. Après Fourvière en juillet dernier, monsieur A vient au Radiant-Bellevue en ce 27 janvier pour présenter une nouvelle fois - mais en indoor - son superbe et lumineux Eléor, son album le plus rock depuis longtemps, paradoxalement et délicatement tapissé de cordes, sorti en même temps que son livre Regarder l'Océan et d'une certaine façon son pendant musical. Le chef de file de cette fameuse "nouvelle scène française" désormais grisonnante est toujours hanté par les voyages, fussent-ils immobiles, les départs volontiers faux et les lieux fantasmés de l'enfance ou d'un futur qui n'arrivera pas. Il faudra sans doute un jour dresser, si une telle chose est possible, une cartographie des errances de l'oeuvre anéenne aussi vaste que la terre du milieu et de ses interminables tournées comme compensatoire de ses aspirations d'éternel voyageur de l'imaginaire. SD

Continuer à lire

Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

MUSIQUES | Entre Polna, Neil Young, les Insus et même le retour du plus si jeune Jon Spencer (porté pâle au printemps), les aînés seront là en force en 2016. Mais la jeune garde veille et ne s'en laissera pas compter.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

Jon Spencer aime tellement nos panoramas de rentrée – il en a déjà fait la Une – qu'il parvient même à y figurer deux fois par an. On l'annonçait en septembre dernier, voilà qu'on le réannonce pour le 6 mars à l'Épicerie Moderne. Avec bonheur, puisque si nous le faisons, c'est que le trio du New-yorkais avait dû annuler à la dernière minute cet automne pour raisons de santé. Tout va mieux, donc tout va bien, et cela indique peut-être que cette année 2016 sera légèrement moins pénible que la précédente – raccrochons-nous aux branches, tant qu'il y a encore des arbres. Or des branches, même vieilles, il se trouve qu'il en repousse, en témoigne une tripotée de reformations plus ou moins récentes de groupes plus ou moins relous à l'oreille (Louise Attaque au Transbo le 29 mars, Elmer Food Beat au CCO le 6 avril) dont la palme revient bien sûr aux Insus, soit Téléphone sans fille (n'y allez pas, c'est complet) – rayon nostalgie de jeunesse, on préférera de loin se consacrer à Nada Surf, qui ne s'est jamais déformé, le 26 avril à l'Epicerie. Ah, tiens on allait oublier Polnareff

Continuer à lire

Musilac – Du 10 au 12 juillet – Aix-les-Bains (73)

MUSIQUES | Il est des festivals qui parviennent à concilier l'inconciliable. C'est le cas de Musilac qui, en bordure d'un lac cher à Lamartine, parvient à mélanger l'eau de l'exigence populaire et l'huile d'actes de bravoure artistiques, nécessité économique et prise de risques, David Guetta et Alt-J. Sélection pas complètement au débotté. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Musilac – Du 10 au 12 juillet – Aix-les-Bains (73)

Alt-J Dans Alt-J, le "J", se prononce "Djé" à l'anglaise, mais aussi comme dans "genius". Car c'est un peu ce qu'est le quatuor de Leeds : une bande de petits génies à laquelle il n'est pas toujours aisé d'être sensible, tant cette pop versatile est sophistiquée et trompeuse. Sournoise presque, dans sa manière de nous embarquer – incroyable morceau que Every Other Freckle sur This Is All Yours. Alt-J, c'est la confirmation en 2015 que la pop peut se compliquer la vie et avoir la folie des grandeurs, du moment qu'elle se donne les moyens de les atteindre.

Continuer à lire

Dominique A, la force tranquille

MUSIQUES | Dominique A sera cette année l'une des têtes d'affiche de Fourvière et l'une de ses rares figures que l'on pourra qualifier de "rock". Pour son dixième album, "Eleor", classiquement beau, il n'en fallait pas moins. Pas moins non plus que "Regarder L'Océan", petit livre éclairant que Mister A vient de publier et qui, comme ses chansons, dit beaucoup en peu de mots. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 9 juin 2015

Dominique A, la force tranquille

Qualifier de classique un album de Dominique A pourrait laisser entendre qu'on a affaire à du A pur jus. Or ce n'est pas le cas d'Éléor, dont le classicisme est à évaluer au regard des standards de la chanson ou du format pop. Des titres courts où un trio rock classique donc, baigne dans des arrangements de violons enveloppants – qui succèdent ici aux cuivres du pas toujours compris Vers les lueurs – pour un résultat d'une grande simplicité et d'une grande douceur. Une certaine suavité comme le confie lui-même l'auteur de La Fossette. Cap Farvel ouvre cet album de grands espaces qui pour la plupart appellent ou évoquent le renoncement, se cristallisent dans le fantasme du voyage par procuration – Par le Canada et ses violons oniriques – ou la simple évocation des lieux – Central Otago, dont les guitares résonnent en écho à ces fascinantes syllabes du bout du monde, quelque part en Nouvelle-Zélande, suffisant à traverser le monde. Or du voyage au transport amoureux, il n'y a souvent chez A qu'un pas, comme en témoigne le sublime Au revoir mon amour, sur ces passions fugaces imaginées le temps d'un

Continuer à lire

De nouveaux noms pour Musilac

MUSIQUES | Le festival prévu du 10 au 13 juillet à Aix-les-Bains vient d’annoncer les derniers gros artistes programmés. On fait le point.

Aurélien Martinez | Vendredi 10 avril 2015

De nouveaux noms pour Musilac

On était déjà au courant pour Christine and the Queens, The Chemical Brothers, Baxter Dury, David Guetta, The Do, Alt-J, Cerrone, Muse (complet dans le cadre du "bonus day"), Brigitte, Selah Sue… Mais l’équipe du festival en avait encore en stock. Se rajoutent au programme les indie pop The Kooks, les explosifs Français The Shoes, l’élégant Dominique A, les punks Toy Dolls ou encore les classieusement pop et toujours « ready for the floor » Hot Chip (photo). Pêle-mêle, il y aura aussi Joris Delacroix, Electric Octopus Orchestra, Prince Miiaou, Gomina, Triggerfinger, Bo Ningen, The Bohicas et Palace. La prog complète jour par jour est à découvrir ici.

Continuer à lire

Sélections régionales du Printemps de Bourges : les candidats en vidéo

MUSIQUES | Jusqu'à la veille des Auditions Inouïs du Printemps de Bourges des 12 et 13 février prochain à la Cordonnerie (Romans), les candidats de l'antenne Rhône-Alpes Tagada Tsoin Tsoin se présentent à nous en avant-première. Et fort bien mis en scène avec ça dans des vidéos live réalisées tout exprès comme l'an dernier par l'équipe de vidéastes de Shoot !t. Suivez bien, on vous dévoile un groupe ou artiste par jour pendant une semaine. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 février 2015

Sélections régionales du Printemps de Bourges : les candidats en vidéo

Grimme (pop) Ancien membre d'Azrael et Xxmariani, fondateur de l'association AADN, Grimme apporte autant de soin à l'image (vidéo, arts numériques), où il excelle, qu'à la musique. A moins que ce ne soit l'inverse, puisqu'en la matière – qui nous intéresse ici au premier chef – il brille tout autant que dans le domaine visuel, y compris dans un registre à mille lieux de ses formations précédentes. On pourrait ergoter à l'infini sur le pourquoi du comment, le décorum, les instruments – mélange d'acoustique, d'électronique et de noyade de violons – les genres – un enfant de Bob Dylan et d'Aphex Twin, dit-on, oui bon, pourquoi pas ?. Mais quand l'essentiel parle de et pour lui-même, il n'y a quasiment plus rien à faire d'autre qu'écouter des compositions pour certaines renversantes, En témoignent Lordship Lane, baroque folk en cordes à pleurer, timbre posé entre un Shane McGowan pas encore ravagé et un Ben Lee enfin pubère, ou encore Hey Stranger et As friend or fighter qui rappellent, entre autre, les nuages cosmiques de Mercury Rev. On s'arrête là avec l'idée que pour

Continuer à lire

Bonjour tristesse

MUSIQUES | Tout est triste, rien n'est grave. Voilà à peu de chose près une définition de notre époque. Une double définition même : manière d'apprendre à relativiser ce qui va (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 28 octobre 2014

Bonjour tristesse

Tout est triste, rien n'est grave. Voilà à peu de chose près une définition de notre époque. Une double définition même : manière d'apprendre à relativiser ce qui va mal ou justement de pointer le relativisme ambiant, désensibilisant, dévitalisant. Denis Rivet a sûrement choisi entre ces deux options. Qu'il nous permette de croire que son album,  marqué du sceau d'une rupture qui reste à digérer, se balance dans cet entre-deux. L'attaque est d'ailleurs frontale : mur de guitares brûlantes parce que glaçantes (Autour du grand feu, Tu disais), écriture, comme toujours chez Rivet – le bien nommé ? – vissée à l'économie, cueillant à froid.   Après l'excellent EP Tout proches, Tout est triste, rien n'est grave montre un Denis Rivet qui a fait du chemin sans s'éloigner de ses proches (Mikaël Cointepas mais aussi Frédéric Bobin et Philippe Prohom, présents pour deux duos), ni de Tout ce qui [le] tient et

Continuer à lire

Lyon's Club

MUSIQUES | Qu'elle soit un concept fumeux ou pas, la scène musicale lyonnaise est là et bien là. La preuve avec ce petit passage en revue – non exhaustif – d'un automne rock'n'gone. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Lyon's Club

Lors d'une discussion en ligne portant sur les coiffeurs, leurs pronostics de football et l'Olympique de Marseille, un grand connaisseur du rock et de bien d'autres choses nous lâcha, magie d'un fil de discussion : «le concept de groupes lyonnais, well... ». Certes, toute personne rejetant l'idée que l'on puisse être Lyonnais juste «parce qu'on a fait sécher ses chaussettes une fois à Lyon», comme nous l'a récemment exposé notre critique cinéma maison, souscrira sans mal à cette réflexion. Mais on ne va pas faire comme si "ces gens-là" n'existaient pas puisqu'ils ne cessent de nous prouver le contraire. Telle Billie, qui nous prépare quelques remixes des titres de son album Le Baiser. L'excellent album de Denis Rivet – ex-King Kong Vahiné pour les intimes – est à venir, lui, le 30 octobre, et Denis jouera un peu partout pendant cet automne à commencer par ce même jour, le

Continuer à lire

La fête à la maison

MUSIQUES | Quel est l'idiot qui a eu cette idée folle d'inventer la fête de la musique, pour en plus la caser le même jour qu'Argentine-Iran et Nigeria-Bosnie ? Faut-il à ce point détester l'être humain ? Puisque c'est comme ça, voici une sélection des festivités avec pleins de Lyonnais dedans, même si pas assez. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

La fête à la maison

La fuite des cerveaux, qu'on appelle ça. Chaque 21 juin, on constate avec un peu plus d'amertume mêlée de joie – pour eux, surtout – que certains des meilleurs éléments de la scène lyonnaise exportent leurs talents pour aller fêter la musique avec des gens qu'on connaît même pas. Prenons (c'est une image) par exemple Erotic Market, qui déplace pour l'occasion son petit commerce amoureux à Beauvais. Même si l'on veut bien admettre qu'il est fort charitable d'apporter un peu d'érotisme bootylicious dans la vie des Beauvaisien – déjà que la Picardie pourrait disparaître –, il y a de quoi être furax de se voir lâchés au moment où on a le plus besoin de nos meilleurs éléments pour couvrir le grand vacarme populaire du musicien du dimanche entendant bien prouver que oui, la France a un incroyable talent et qu'en plus c'est lui – il sait jouer I've Got You Under My Skin avec un poireau à coulisses. Pire, certains de nos chers groupes lyonnais restent même chez eux en attendant que ça passe (ce sont les mêmes qui ne font pas la vaisselle pour la Journée de la femme, honte à eux). Folk progre

Continuer à lire

Inouïs du printemps de Bourges : les sélectionnés sont...

MUSIQUES | Alors voilà. Après un marathon de deux soirées au Marché Gare qui a vu s'affronter huit candidats répartis en divers genre musicaux, la décision vient de tomber (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 mars 2014

Inouïs du printemps de Bourges : les sélectionnés sont...

Alors voilà. Après un marathon de deux soirées au Marché Gare qui a vu s'affronter huit candidats répartis en divers genre musicaux, la décision vient de tomber sur nos téléscripteurs. Les trois groupes chargés de défendre les couleurs de Rhône-Alpes aux Printemps de Bourges seront le duo hip-hop stéphanois un rien cramé du bulbe Schlaasss, l'électronicien Miso Soup et l'étrange duo pop Pethrol. Ca se passera respectivement les 23 (pour les deux premiers cités) et le 25 avril au 22 (ça c'est le nom de la salle) à Bourges.

Continuer à lire

Inouïs du Printemps de Bourges : le compte-à-rebours en vidéo

MUSIQUES | Jusqu'à la veille des Auditions Inouïs du Printemps de Bourges sises les 13 et 14 février au Marché Gare, découvrez chaque jour l'un des candidats de l'antenne Rhône-Alpes Tagada Tsoin Tsoin. Et en avant-première les vidéos live réalisées tout exprès pour l'occasion par les shooteurs fous de Shoot !t. Huitième et dernier épisode avec la Hip-pop de Joe Bel. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 février 2014

Inouïs du Printemps de Bourges : le compte-à-rebours en vidéo

Joe Bel (pop) S'il y a une artiste qui mérite le qualificatif de « découverte » sur, disons, l'année et demie écoulée, c'est bien Joe Bel. En l'espace d'une grosse poignée de mois, la jeune femme est passée de concerts en petit comité et en mode guitare-voix à des premières parties inespérées à ce stade de la compétition (Corneille, Ms Dynamite au Stade des Alpes, Ólafur Arnalds à l'Epicerie Moderne), incluant une tournée en ouverture d'Asaf Avidan conclue à l'Olympia (rien que ça). Des concerts qui se comptent par dizaines et presque autant de sollicitations médiatiques pour cette folkeuse pop à la voix soul et au feeling hip-hop. Un album arrivera très bientôt pour non pas boucler la boucle mais pour franchir une nouvelle étape, après celle d'une formule scénique qui la voit désormais se produire en groupe et, pour la première fois, dans le cadre des Inouïs, avec une batterie chargée de rajouter – s'il en fallait – encore un peu plus d'épaisseur au groove irrésistible de demoiselle Bel. Au Marché Gare, vendredi 14 février.

Continuer à lire

Biotop(e) pop

MUSIQUES | Ah, cette scène locale et sa fâcheuse tendance à rester figée dans ce circuit court que chérissent tant les épiciers bio, sans parvenir à mener une carrière durable au-delà du périph’. On s’en est presque fait une raison tout en ayant choisi d’en ignorer les raisons. D'autant que ce n'est qu'à moitié vrai. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Biotop(e) pop

C’est un fait, il y a fort longtemps que la scène pop lyonnaise ne s’est pas aussi bien portée, qualitativement comme quantitativement. Les anciens sont toujours là et n’en finissent plus de se renouveler, à l’image des Purple Lords, qu’on n’attendaient plus, avec leur splendide Slow Motion Trip d'il y a quelques mois, de Prohom dont la sortie ces jours-ci de l’album Un Monde pour soi sera fêtée le 10 novembre au Périscope, et de Denis Rivet (King Kong Vahiné) dont on avait vanté les mérites du Tout Proches. Après avoir connu les honneurs des Inouïs du Printemps de Bourges, il verra sa tournée française passer par le festival Just Rock ? en compagnie d’Emily Jane White. Le Chic Type Daisy Lambert, toujours alangui dans les bacs, y sera également à l’affiche en soutien de Cascadeur et Rover (classe !), le 23 octobre au Club Transbo. Ses camarades d’Erotic Market, eux, s’en iront érotiser le festival Nouvelles Voix en Beaujolais, et les Taïni et Strongs le "sadiser" (respectivement les 22 et 23 novembre)

Continuer à lire

En plein Air

MUSIQUES | «Décrassons-nous les oreilles», prône le Festival Changez d’Air, coton-tige géant à l’appui. Mais plutôt que de s’enfoncer ledit objet jusqu’aux tréfonds de (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 16 mai 2013

En plein Air

«Décrassons-nous les oreilles», prône le Festival Changez d’Air, coton-tige géant à l’appui. Mais plutôt que de s’enfoncer ledit objet jusqu’aux tréfonds de l’oreille interne – ce qui est fortement déconseillé par l’ORL moyen, on préfèrera se caresser la touffe ciliaire – ben oui, c’est comme ça que ça s’appelle, on n’y peut rien – à l’écoute des divers invités de son édition 2013 : la douce Tachka, le très (trop ?) aérien Yan Destal, le trio folk féminin Théodore, Paul & Gabriel (oui, elles ont des prénoms de garçons, et alors ? Joni Mitchell aussi) et bien sûr notre chouchou Denis Rivet. Mais ne nous cachons pas derrière notre coton-tige, l’attraction de l’événement sera bel et bien Bertrand Belin et la découverte en avant-première du successeur de son terrible Hypernuit. La chose s’appelle Parcs et le confirme en chevalier noir de la chanson française. Comme si les fantômes de Bashung et Johnny Cash visitaient les contrées country de Bill Callahan (Smog) ou les forêts welches de Rodolphe Burger. Pétri de références qui sont autant d’infinies étendues littéraires (Cormac McCarthy,

Continuer à lire

C'est (pas) la même chanson

CONNAITRE | Rien de tel qu'une bonne chanson pour se replonger dans une époque et tout ce qu'elle a pu représenter pour nous, sur une échelle allant de l'intime à (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 février 2013

C'est (pas) la même chanson

Rien de tel qu'une bonne chanson pour se replonger dans une époque et tout ce qu'elle a pu représenter pour nous, sur une échelle allant de l'intime à l'universel. Une sorte de madeleine de Proust sans matière grasse en somme. À l'aune de ce constat, la Fête du Livre de Bron a cette année choisi d'innover en accord avec sa thématique. Lors des éditions précédentes, il était demandé à quelques auteurs de bien vouloir présenter leur(s) livre(s) de chevet : cette fois, il s'agira pour eux d'évoquer des morceaux qui les ont marqués d'une manière ou d'une autre. On verra ainsi se succéder, notamment l'après-midi du 17 février, François Bégaudeau devisant de Basket Case de Green Day, Emmanuelle Pireyre vantant les mérites comparés de quatre Lettres au Président (Vian, Renaud, Axiom, Iron Sy) ou l'historien des idées François Cusset se frottant au je-m’en-foutiste C'est comme ça des Rita Mitsouko, et l'on tentera de comprendre pourquoi Lionel Duroy a choisi La Traviata (qui rappelons-le n'est pas à proprement parler une chanson), si ce n'est pour faire son malin. Sur les liens entre littérature et musique ne pas omettre

Continuer à lire

Bourges : le Grand huit des présélectionnés

MUSIQUES | On connaît désormais les huit projets musicaux sélectionnés pour les sélections régionales du Printemps de Bourges. Ils s'affronteront amicalement les 14 et 15 (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 29 octobre 2012

Bourges : le Grand huit des présélectionnés

On connaît désormais les huit projets musicaux sélectionnés pour les sélections régionales du Printemps de Bourges. Ils s'affronteront amicalement les 14 et 15 décembre en live au Centre culturel de Viviers (Ardèche) afin de gagner une place parmi les désormais fameuses Découvertes du Printemps (23 au 28 avril 2013). Il s'agit de : Denis Rivet, Erotic Market, Broc, Metastaz, The Architect, Kacem Wapalek, Ni et Golden Zip. Les pronostics sont ouverts et les préférences permises. Résultat des courses en janvier.

Continuer à lire

Just Folk ?

MUSIQUES | Entre découverte musicale (dé)branchée et déambulation urbaine, le Parcours Folk marque la première étape du festival Just Rock ? Et pas la moins intéressante. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 octobre 2012

Just Folk ?

À Lyon, on aime les parcours, les traboulages en tout genre qui vous font dégringoler d'une partie de la ville à l'autre pour y dénicher des trésors insoupçonnés seulement connus de quelque guide à moustache. Sans doute conscient de cette réalité lyonnaise, le festival Just Rock ? a initié en guise d'ouverture son propre Parcours Folk, où il s'agit ni plus, ni moins que de déambuler d'un coin à l'autre de la ville, de lieux improbables en endroits qui le sont moins, à la découverte de petits trésors folk parfois également insoupçonnés mais pas toujours. La règle pour les artistes n'étant pas forcément, comme l'indique l'intitulé de l'événement de jouer spécifiquement du folk, mais de se produire en version acoustique. Pour certains, les folkeux notamment, l'exercice est naturel, ceux-ci ayant rarement l'électricité. Pour d'autres un peu moins mais c'est aussi ce qui fait le charme de l'exercice. Trio féminin, chant, guitare, contrebasse, poussé au conservatoire, Jüne n'aura pas de problème d'adaptation avec son folk jazz entêtant (entêté?), à voir à l'heure du shopping (14h) place des Célestins. Après quoi l'on pourra passer chez le libraire, en l'occurrence Expé

Continuer à lire

Françoiz, Dom et les autres : le best-of

MUSIQUES | Le Twenty-Two Bar (1995) avec Dominique A C'est elle qu'on aperçoit au premier plan de la pochette de La Mémoire Neuve. La fille avec la grosse guitare du (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 27 septembre 2012

Françoiz, Dom et les autres : le best-of

Le Twenty-Two Bar (1995) avec Dominique A C'est elle qu'on aperçoit au premier plan de la pochette de La Mémoire Neuve. La fille avec la grosse guitare du clip qui révéla Dominique A au grand public, c'est elle aussi. Le climax d'une fructueuse relation musicale (et un temps amoureuse) avec un Monsieur A qui la poussera vers une carrière solo. Dominique A - Le Twenty-two bar par DominiqueA-Official Ballad of Cable Hogue (2002) et Keeper of the Flame (2012) avec CalexicoSur le live World drifts in, elle chante les couplets en Français du titre phare de Calexico. Elle y reprend aussi Si tu disais en duo avec Joey Burns, qui lui rendra la pareille sur un titre d'Un

Continuer à lire

A cœur ouvert

MUSIQUES | Quatre ans après A l'Aveuglette, Françoiz Breut est de retour avec "La Chirurgie des Sentiments" et un concert à l'Epicerie Moderne. À cette occasion, elle se confie de bon cœur sur ce disque du changement dans la continuité. Et sur le reste : la musique, l'écriture, la vie, Bruxelles... Texte et entretiens: Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 27 septembre 2012

A cœur ouvert

La Chirurgie des sentiments est un titre qui pourrait facilement résumer votre discographie...Françoiz Breut : Sans doute parce que je continue d'y décortiquer le sentiment amoureux. Mais j'y parle aussi de plein d'autres choses (rires). Je travaille un peu par phases : les idées arrivent et d'autres par-dessus, puis elles reviennent. Je construis mes textes et mes albums à partir de cette succession d'idées. Quant à la chanson qui donne son titre à l'album, elle parle du fait qu'on a beau essayer d'être rationnel, le cœur est toujours là qui nous fait faire des choses auxquelles on n'aurait pas forcément pensé. Et c'est très bien, parce qu'au fond, on en a besoin. Le premier titre de l'album, BXL Bleuette, est consacré à Bruxelles, où vous vivez. L'amour des villes, la géographie, le voyage, c'est une autre constante de votre œuvre...C'est vrai : depuis le premier disque, je suis passée par Tarifa, par Portsmouth, par Dunkerque. J'ai aussi parlé des villes en général dan

Continuer à lire

Revenants

MUSIQUES | À force, les salles lyonnaises sont un peu comme le PMU du coin de la rue, elles finissent par avoir des habitués. Ce qui en dit long sur la qualité de l'accueil de nos salles. Ou sur le fait que Lyon soit bel et bien réapparu sur la carte de France du rock. SD

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Revenants

Cette saison encore, quelques bienvenues impressions de déjà-vu. Qu'il s'agisse d'artistes quasi bi-annuel comme Dominique A – dont, quoi qu'il arrive, on ne se lasse pas – ou quasi-annuel comme Deerhoof ou The Wedding Present qui (re)vient tout spécialement pour jouer en intégralité l'un de ses albums mythiques Seamonsters. Il y a aussi les chouchous tels le Canadien Patrick Watson – pourtant de plus en plus déroutant – pour lequel l'Épicerie Moderne se damnerait volontiers, comme elle le ferait pour la formation hollandaise The Ex quasiment assignée à résidence, ou ses collègues bruitistes d'A Place to Bury Strangers aka «le groupe le plus bruyant de NY». Autre retours de groupe qu'on a l'impression d'avoir quittés hier : Dark Dark Dark, malheureusement programmé l'an dernier en face de The Chap, et les Caennais de Concrete Knives dont l'avenir, sur le label anglais Bella Union, s'annonce aussi glorieux que leurs hymnes pop sont foux-dingues. Tandis que ceux-ci passeront de la scène du Kafé, à celle plus p

Continuer à lire

Deux pour le prix d'A

MUSIQUES | Si l'on devait écrire une histoire capillaire et musicale de Dominique A, on dirait que sa musique s'est déployée au fil des ans à mesure que ses cheveux (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 juin 2012

Deux pour le prix d'A

Si l'on devait écrire une histoire capillaire et musicale de Dominique A, on dirait que sa musique s'est déployée au fil des ans à mesure que ses cheveux s'amenuisaient sur son crâne. L'enfant de Provins s'est également un peu épaissi, de même que son talent musical et sa tessiture vocale, mais au fond, l'auteur de La Fossette, cet album fondateur d'une «autre chanson française», au minimalisme sec comme un coup de trique et qui fête ses vingt ans cette année, est bien le même que celui de Vers les lueurs, son splendide dernier album. Tout juste sera-t-il passé en vingt ans par tous les états de lui-même. Comme si le chemin musical parcouru entre les deux était de ces voyages immobiles (mais pas immobilistes) qui mènent très loin. C'est la bonne idée de ce petit jeu auquel va s'adonner Monsieur A sur la scène du Théâtre antique de Fourvière. L'ancien Dominique A – en réalité celui d'aujourd'hui, puisqu'il ne sera fait aucun usage d'hologramme – y jouera en première partie une relecture de La Fossette (qui contient quelques-uns de ses plus beaux titres comme Va-t'en, Les Habi

Continuer à lire

Oh comment certains vivent

CONNAITRE | Avant de venir enchanter les Nuits de Fourvière en célébrant vingt d’une carrière rare (de La Fossette à Vers les lueurs) le 18 juin, Dominique A fera halte à (...)

Nadja Pobel | Jeudi 26 avril 2012

Oh comment certains vivent

Avant de venir enchanter les Nuits de Fourvière en célébrant vingt d’une carrière rare (de La Fossette à Vers les lueurs) le 18 juin, Dominique A fera halte à libraire Passages jeudi 3 mai. Le chanteur vient de coucher sur papier son enfance et retrouve du même coup son patronyme, Ané. Souvent considéré comme nantais, Dominique A revient à sa source, Provins, sa ville natale de Seine-et-Marne, dans Y revenir, opuscule simple de 90 pages édité dans la collection La Forêt dirigée par Brigitte Giraud chez Stock. Jusqu’à 15 ans, il fut un garçon discret dans une ville muette qu’il ne ménage pas «C’est la ville de l’immuable (…). Le maire est de ceux qui nous gouvernent depuis la nuit des temps, telle une malédiction dont on ne verrait jamais le bout». Il parle de sa cité comme Bruno Dumont avait filmé Bailleul dans La Vie de Jésus (le mysticisme en moins) : avec un dégoût qui n’a d’égal que sa joie d’avoir mis les voiles. Dominique A prolonge ici sa chanson Rue des Marais (album

Continuer à lire

Bonnes étoiles à Fourvière

CONNAITRE | Et voici la programmation complète (ou presque, tant elle est riche) des Nuits de Fourvière 2012 ! Certains événements étaient déjà connus, mais s’y ajoutent d’excellentes surprises, qu’elles soient musicales ou théâtrales… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 26 mars 2012

Bonnes étoiles à Fourvière

Les fuites ayant été nombreuses cette année (mais comment, à l’heure d’internet, garder sous cloche pendant trois mois les dates de tournée d’artistes que leurs fans observent comme le lait sur feu ?), on savait déjà que Les Nuits de Fourvière 2012 allaient envoyer du lourd. Cela faisait un bail que les organisateurs rêvaient d’accueillir Björk (le 30 juin), et ce sera donc chose faite cette année, après le lancement (passé un peu inaperçu) de son album concept multimédia Biophilia. Rêve aussi avec la reformation des Stone Roses (le 25 juin), groupe culte de la brit-pop flamboyante des années 90, dont le concert s’est inscrit in extremis dans la programmation. Enfin, retour en force de Bartabas, certes un habitué du festival, mais avec une de ses productions XXL, Calacas, où les cavaliers célèbrent la fête des morts mexicaine déguisés en squelettes sur leurs toujours impressionnantes montures (du 11 juin au 17 juillet au Parc de Parilly). Mais tout cela, on le savait déjà, donc. De A à Ben En revanche, deux poids lourds s’ajoutent à la liste : Ben Harper (le 17 juillet

Continuer à lire

La Fée

ECRANS | De et avec Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy (Fr-Belg, 1h33)

Dorotée Aznar | Mercredi 7 septembre 2011

La Fée

Y a-t-il un axe cinématographique franco-européen dont le port d’attache serait Le Havre ? Avant le film de Kaurismaki, c’est le trio Abel, Gordon et Romy qui y a posé sa caméra, avec des idées assez similaires et des références communes (Jacques Tati, ombre écrasante). Ici, un gardien de nuit apathique rencontre une fée qui lui propose d’exaucer trois vœux. Le garçon, ayant aussi peu d’idées que d’idéaux, demande une nouvelle bécane et de l’essence à volonté. Quant au troisième vœux, infiniment repoussé, il devient le gimmick principal des (rares) dialogues du film. Les trois réalisateurs-acteurs déballent donc leur habituel folklore poétique très «arts de la rue», qui atteint ici une laideur visuelle consternante. Le ballet aquatique ou la poursuite finale, par exemple, représentent une certaine idée du j’men-foutisme esthétique, où le bricolage devient une excuse à l’incapacité à créer de l’illusion. Plus ennuyeux encore : la manière dont ils font rentrer au chausse-pied la politique dans leur bazar, et notamment la question des sans-papiers. Quelque chose ne colle pas entre la naïveté agressive de leur univers et leur prétention à aborder, avec la même nonchalance, des sujet

Continuer à lire

Un bon chanteur vivant

MUSIQUES | Après un double album magnifique qui le replace tout en haut du rock français, Dominique A repart en tournée — arrêt local à L’Épicerie moderne vendredi 13 novembre. L’occasion de dire, encore et toujours, l’importance d’un artiste intègre et essentiel. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 5 novembre 2009

Un bon chanteur vivant

Avec la sortie de La Musique, double album qui ne disait pas son nom — La Matière, le deuxième disque, n’est officiellement qu’un simple bonus du premier ! on a pu dire de nouveau à quel point Dominique A est un immense artiste. Fini le temps où l’on se forçait pour cacher nos réserves face à Tout sera comme avant (tentative bancale de «grand album» à la fois novateur et populaire) ou L’Horizon (et son petit goût d’inachevé). Plus besoin de sortir l’argument kubrickien du «on ne peut qu’être déçu», en regard des sommets qu’étaient La Fossette, Remué et Auguri. La Musique est un disque fulgurant, cohérent et passionnant de bout en bout, 24 chansons qui remettent leur auteur à leur juste place : au sommet. Pour arriver à ce résultat impeccable, Dominique A a d’abord fait table rase pour retrouver la simplicité de ses débuts : il l’a enregistré seul, comme au temps de La Fossette. À l’origine Pourtant, l’album est loin d’être minimaliste ; La Musique porte l’empreinte de toutes les aventures musicales traversées en quinze ans. Ainsi, La Fin d’un monde

Continuer à lire

Village People

MUSIQUES | Disque / Il est des groupes et des disques qui nous réconcilient avec une chanson française qu’on a tendance à bouder toutes les cinq minutes, à la moindre (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 3 juillet 2009

Village People

Disque / Il est des groupes et des disques qui nous réconcilient avec une chanson française qu’on a tendance à bouder toutes les cinq minutes, à la moindre apparition d’une chanteuse à gouaille. Les King Kong Vahiné appartiennent à cette catégorie de groupes, sûrement parce que la gouaille n’est pas vraiment leur truc. Sûrement aussi parce que le trio lyonnais chasse sur les mêmes terres que les formations de feu le label Lithium ou du Village Vert. De village, s’il n’est pas vert, il est question ici. C’est même le titre de l’album et de la chanson qui l’ouvre, doucement addictive. La recette de King Kong Vahiné est toujours la même et c’est justement celle qu’on aime : un minimalisme quasi aphone, volontiers new wave, et quelques rayons de fantaisies électroniques ou accordéonistes. Voilà d’ailleurs l’un des rares groupes à pouvoir se permettre d’user du piano à bretelles sans qu’on ait envie de se farcir un Gavroche dans la minute. Et puis il y a les textes de Denis Rivet, mélancoliques et détachés, en proie à la désincarnation, avec ce quelque chose d’un exode rural raté : la pochette rose du précédent album, La Ville est tranquille, laissant place au carton noir et blanc d’une

Continuer à lire

Bouquet final pour Dandelyon

MUSIQUES | Musique / À l’origine, la tournée organisée par Dandelyon devait marquer les cinq ans d’activité de l’association. Si l’on veut être négatif, on pourra dire que (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 24 avril 2009

Bouquet final pour Dandelyon

Musique / À l’origine, la tournée organisée par Dandelyon devait marquer les cinq ans d’activité de l’association. Si l’on veut être négatif, on pourra dire que les circonstances (une coupe dans les subventions et un dépôt des armes) ont métamorphosé l’anniversaire en chant du cygne. Si l’on souhaite toutefois conserver la positive attitude si indispensable en ces temps de vache enragée sauce couleuvres, on dira que l’association est finalement parvenue à réaliser l’objectif entrevu lors de sa création : faire tourner des groupes locaux hors-les-murs pour présenter la production lyonnaise (au sens large) au reste du monde non lyonnais. Pendant tout le printemps, Fake Oddity, qui revient également de quelques dates en Turquie, Scalde, que l’on voit beaucoup ces temps-ci aux côtés du New-yorkais Fredo Viola, et Vale Poher, désormais en formation groupée bourrée de vitamines, se sont donc produits d’Annecy à Valence, de Bourg à Vienne, et de la Suisse à la capitale. En tout, une douzaine de dates dont la dernière s’affiche en grande pompe au Kao pour le finale d’une tournée qui en dépit des difficultés aura été une belle réussite. Histoire de fêter dignement son dernier show, Dandelyo

Continuer à lire

Dandelyon : une tournée et un adieu

MUSIQUES | Musique / Fer de lance depuis 2003 de l’accompagnement des musiciens rock locaux, Dandelyon n’est plus. «Découvreuse» de talents tels que Coming Soon ou (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 6 février 2009

Dandelyon : une tournée et un adieu

Musique / Fer de lance depuis 2003 de l’accompagnement des musiciens rock locaux, Dandelyon n’est plus. «Découvreuse» de talents tels que Coming Soon ou Fake Oddity, l’association menée par Sylvain Rebut-Minotti n’a plus un sou. La faute notamment à une mauvaise surprise au moment de recevoir la substantielle subvention municipale qui permettait à l’association de fonctionner : Dandelyon avait demandé 8000 €, en espérant 6000 suite à une confirmation verbale de la Ville, mais n’en a vu arriver que 4000. Soit 500 de moins que l’année précédente et un trou de 2000€ dans le budget prévisionnel que Dandelyon, en dépit de la bonne volonté de ses bénévoles, n’a pu supporter. Mauvaise nouvelle donc pour l’émergence rock à Lyon et pour les groupes présélectionnés cette année, dont les trois meilleurs, non encore désignés, ne pourront bénéficier des prestations habituellement réservées aux finalistes (résidences, formations, show-cases). Si la réalisation de la compilation annuelle reste en suspens, les différents partenaires de Dandelyon envisagent toutefois d’organiser le concert réunissant les trois lauréats. Ironiquement, comme le souligne Sylvain Rebut-Minotti, Dandelyon finira néanmoi

Continuer à lire

Mellano, l’homme de l’ombre

MUSIQUES | Musique / Aux côtés des plus grands (Miossec, Dominique A.) et des plus prometteurs (Psykick Lyrikah, Laetitia Shériff), à la barre de projets personnels, du ciné-concert à la musique contemporaine, Olivier Mellano est une figure discrète et centrale du rock français. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 7 janvier 2009

Mellano, l’homme de l’ombre

Peu de gens connaissent le nom d’Olivier Mellano. Cette affirmation simple et avérée est déjà un petit scandale tant il est impossible, pour qui aime un tant soi peu la musique, de l’avoir croisé sur une pochette de disque. Mais Mellano est de ces personnages qui se glissent partout, apparaissant là où on ne les attend pas, s’activant sur tous les fronts, pour lui comme pour les autres, cheville ouvrière d’un rock français qui a élevé la curiosité au rang de profession de foi. À son arrivée à Rennes à la fin des années 80, il fait partie des créateurs du label Rrose Sélavy (d’après le pseudo de Marcel Duchamp, Julien Doré n’a donc rien inventé !), emblématique du bouillonnement créatif qui s’empare de la scène musicale indépendante à l’époque, à l’Ouest tout particulièrement. À l’arrière des BerlinesS’il possède une formation de violoniste classique, c’est surtout la guitare, qu’il apprend seul en écoutant les groupes new-wave du moment, qui va lui mettre le pied à l’étrier musical. «Le fait de jouer sur des disques dans ma chambre m’a donné la vraie base», commente-t-il. Alors qu’il anime des groupes qu’il qualifie lui-même de «confidentiels», Olivier Mellano va faire

Continuer à lire

Dominique A Un bon chanteur mort

CONNAITRE | La machine à cailloux

Christophe Chabert | Samedi 8 novembre 2008

Dominique A
Un bon chanteur mort

Dans cette collection qui donne la parole à des chanteurs français ayant des choses à dire le temps d’un livre guère plus long qu’un album, l’ouvrage de Dominique A était très attendu. Et s’il surprend, il ne déçoit pas. Le bon chanteur mort du titre, c’est lui parmi d’autres, dans la perspective mélancolique où une œuvre ne sera jamais évaluable qu’une fois son créateur passé de vie à trépas. Mais plus encore, Dominique A pense que certains artistes semblaient morts de leur vivant, qu’ils chantaient «comme s’ils n’étaient plus parmi nous». En écho à cette réflexion centrale, tout le livre paraît écrit comme un étrange requiem : retour aux premières émotions musicales, à l’enfance, aux premières démos (précoces), à l’adolescence, au premier album (le minimaliste et inoubliable La Fossette)… Ces fragments sont ponctués par un regard détaché, presque extérieur, sur sa manière d’écrire, le travail en studio, les concerts. Écrit avec une langue qui elle aussi à l’air de sortir d’un ailleurs intemporel (les «oui-da» sonnent comme une provocation au jeunisme ambiant), Un bon chanteur mort se termine sur un paradoxe : l’originalité ne naît pas forcément des gens qui se veulent orig

Continuer à lire

Rumba

ECRANS | de et avec Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy (Fr-Belg, 1h17) avec Philippe Martz…

Dorotée Aznar | Jeudi 4 septembre 2008

Rumba

Fiona Gordon et Dominique Abel, flanqués du fidèle comparse Bruno Romy, poursuivent après L’Iceberg leur exploration de la poésie ludique, entre la chaleur humaine de Buster Keaton et l’hilarante froideur des meilleurs Kaurismaki. Cette fois-ci, le trio nous conte une histoire d’amour perturbée par une amnésie inopportune, sur fond de danse latino. Reprenant à leur compte cinématographique quelques figures imposées du clown et du théâtre de rue, ils installent une mécanique narrative fondée en grande partie sur le comique de répétition – ce qui ne manquera pas de rebuter les spectateurs les moins patients. En dépit d’une durée lapidaire, Rumba choisit en effet de prendre son temps, de fonctionner par plans séquence étirés à l’extrême. Une fois ces partis pris assimilés, il faut se laisser porter par la dynamique à part de ce couple d’Auguste pour savourer pleinement cet OVNI. FC

Continuer à lire

Pop en stock

MUSIQUES | Rock / Comme toujours, la fraîcheur de la pop et l’efficacité rock n’roll de la Fête de la Musique seront à chercher du côté du plateau Dandelyon et à l’île Barbe. Revue d’effectifs. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 12 juin 2008

Pop en stock

Il y a deux ans, le plateau Dandelyon et celui de l’île Barbe avaient en partie fusionnés à l’occasion de la Fête de la Musique. Cette année, comme l’an dernier, il faudra bien choisir son camp (la Guille ou l’île Barbe donc) pour se repaître de jeunesse, de pop et de rock. Chaque année, on le sait, le plateau Dandelyon du 21 juin est l’occasion de faire le point sur les progrès et les avancées des poulains du tremplin pop. Les gagnants de l’édition en cours se mêlant à ceux de l’année précédente pour un passage de témoin pratiquant l’alternance. On saluera en ce sens, parmi les lauréats 2007, la présence des savoyards de Coming Soon qui, en dépit de leur succès spectaculaire en France et ailleurs, seront fidèles au poste. Et sûrement très fiers d’arborer ce nouveau statut de sensation folk rock qui leur a valu de rencontrer un nombreux public tout en récoltant des critiques élogieuses dans tous les media. On suivra également avec intérêt les progrès de Benjamin Fincher, auteur cette année d’un très joli album. Tout comme ceux de S., groupe très noisy, atypique dans l’univers pop-rock de Dandelyon, mais qui prend toute sa mesure sur scène avec des prestations tranchantes au dernier

Continuer à lire