Freakshow must go on

Benjamin Mialot | Jeudi 26 juin 2014

Le 15 octobre 2006 le CBGB, fermait définitivement ses portes, non sans que son propriétaire fasse part de son intention de rouvrir ce haut lieu de la contreculture new-yorkaise – en sa qualité de berceau du punk made in USA – à Las Vegas. Une idée en l'air qu'il ne s'attendait sans doute pas à voir récupérée au vol par des Drômois. C'est pourtant ce qui s'est produit en 2009, quand l'association Gigors Electric Sound System a inauguré, dans la commune qui lui donne son nom, le CBGC (Concert Bar Gigors Cobonne), salle qui a depuis vu défiler quantité de groupes parmi les plus indisciplinés et assourdissants de la planète, notamment dans le cadre du bien nommé Freakshow Festival. Sa prochaine édition, qui se tiendra les 29 et 30 août, est à ce titre un modèle du genre : du one-man-band encapuchonné Jessica93, dont la noise à pédales épouse les contours ternes et saillants des banlieues anonymes, à T.I.T.S., véritable all-star-band de ce garage-rock frondeur et malpropre dont la France est de plus en plus féconde, en passant par les stakhanovistes du psychédélisme feel good de Thee Oh Sees ou Future of the Left, sommité galloise du hardcore biscornu et déchaîné à la At the Drive-in, vous ne trouverez pas plus en dehors des clous cet été.

 

 

Benjamin Mialot


Freakshow Festival
A Gigors (26), les 29 et 30 août

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Jessica93 : présumé coupable

Shoegaze | Il y a ceux qui trouvent que le pur Jessica93 a perdu un peu de sel avec son Guilty Species, que ce disque tourne en rond et s'est peut-être au fond un (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 mars 2018

Jessica93 : présumé coupable

Il y a ceux qui trouvent que le pur Jessica93 a perdu un peu de sel avec son Guilty Species, que ce disque tourne en rond et s'est peut-être au fond un peu trop vendu au grunge, à la mélodie et au shoegaze, qui sont trois choses différentes. Et il y a ceux qui pensent que la radicalité n'empêche pas d'évoluer en continuant de maintenir ferme la barre. De ce point de vue, plutôt partagé, Guilty Species est sans doute le meilleur album de Geoffroy Laporte & Co. Plus mélodique mais cinglant comme une tempête de pluie froide, rugueux mais plastique, Jessica93, qui ouvrira en l'Épicerie Moderne pour The Soft Moon ce vendredi 16 mars, balance ici des pop songs ébouriffées, mal élevées, intranquilles, comme on en faisait sous les régimes cold-wave et/ou grunge. Des pop songs où les guitares sonnent comme des alarmes et la basse comme une promesse de danger mortel. Et s'il y a bien une chose que

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Thee Oh Sees : le Sacre du tympan

Rock | Songwriter généreux, John Dwyer, homme-lige de Thee Oh Sees, voit sa discographie grossir de manière spectaculaire au fil des ans, sans jamais rien perdre d'une verve créatrice qui doit autant à un art consommé du recyclage qu'à une inspiration inépuisable.

Stéphane Duchêne | Mardi 9 mai 2017

Thee Oh Sees : le Sacre du tympan

Peu en prise avec les impératifs du temps, John Dwyer et ses Thee Oh Sees semblent vivre à une époque où il était tout naturel, au sein d'une industrie musicale soucieuse de ne pas laisser les esgourdes prendre le goût du farniente et sûre que créer du désir par l'attente était un mauvais calcul, de sortir un maximum de disque en un minimum de temps. Cela explique sans doute aussi une notion du temps toute relative. Ainsi lorsque leur stakhanoviste leader annonçait fin 2013, lors d'un concert à San Francisco, que le groupe ne rejouerait pas avant un bon moment, cela sembla étrange. Plus encore lorsque Dwyer confiait le lendemain dans une interview que Thee Oh Sees étaient mis entre parenthèse pendant une durée indéterminée. C'était juste après l'album Floating coffin ("Cercueil flottant") et certains purent sans doute y voir une petite mort des Oh Sees. Mais les congés et Dwyer cela fait plus que deux (sans doute un nombre égal à ses projets parallèles). Par durée indéterminée, il fallait donc entendre : « pas pour longtemps. » Et se souvenir que Dwyer fait valser les membres de son groupe à l'envie, celui-c

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Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

MUSIQUES | Ouvert sur le monde et recentré sur la musique électronique. Tel s'annonçait Nuits Sonores 2015 à la découverte de sa programmation de jour. Tel s'affirme le festival à l'heure de dévoiler son pendant nocturne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 11 février 2015

Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

C'est quoi, être rock en 2015 ? Les lecteurs de Rock & Folk ont sans doute leur (fausse) idée sur la question. Les autres, nous sommes au regret de vous le confirmer, ne trouveront pas la réponse à Nuits Sonores cette année – à moins que le "concert spécial", pour l'instant tenu secret, ne vienne nous contredire. Grande absente de la programmation de jour, la musique électrique ne constitue en effet que la portion congrue de son homologue nocturne, bien que l'on se réjouisse des venues du polarisant Jessica93 (de ce côté-ci de l'écran, on adore sa noise pour périphérique), des intransigeants et déjantés Future of the Left, des industrieux industriels de The Soft Moon ou des Saints, a.k.a. les Ramones du pays des kangourous, à l'affiche du Circuit. Circuit d'ailleurs encore en cours de montage mais qui, outre son habituel cortège d'activistes locaux (Flore, Manoo, Kosme...), promet d'ores et déjà pas mal de dilem

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Insomniaque - Semaine du 30 octobre au 5 novembre

MUSIQUES | Les 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le "barathon" du Riddim Collision, Alto Clark au Kraspek Myzik et JD Twitch au Club Transbo. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 23 octobre 2013

Insomniaque - Semaine du 30 octobre au 5 novembre

31.10 Riddim Collision Lancée le 10 octobre, la quinzième édition du Riddim Collision connaitra son acmé les 8, 9 et 10 novembre au Transbordeur. Entre temps, le festival investira les pentes de la Croix-Rousse pour une sorte de barathon, durant lequel se produiront simultanément une quinzaine de formations (au Trokson, aux Valseuses, aux Capucins, au Buffet Froid et au Kraspek Myzik). Parmi elles, le one-man-band qui en a sous la pédale d'effet Jessica93, les métalleux a

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Hauts Sees

MUSIQUES | Hyperactif, sous la férule du grand timonier John Dwyer, Thee Oh Sees revient en concert avec un nouvel album, le quatrième en deux ans, qui surprend positivement sans dérouter. On pourrait fatiguer mais on en redemande. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 16 mai 2013

Hauts Sees

John Dwyer, le leader de Thee Oh Sees, est un homme aussi pressé que la musique de son groupe le laisse entendre, comme si ce San Franciscain avait toujours un cable-car à attraper. A moins qu’il ne fasse sien, eu égard au sceau vintage de son garage psyché, l’adage soixante-huitard : «Cours camarade, le vieux monde est derrière toi». Cherchant à toujours garder le pas d’avance nécessaire, la distance de sécurité, comme on dit sur les autoroutes, pour ne pas se laisser happer malgré tout par la tentation du passéisme. Ou du moins éviter l’accusation de faire du neuf avec du vieux, risque inhérent à la pratique du garage depuis l’exhumation grand public des compilations Nuggets. Alors Dwyer court et produit, à un rythme effréné qu’il devient très compliqué de suivre, surtout si l’on ajoute sa tendance à la double vie et aux projets parallèles (on a arrêté de compter). Le dernier album de Thee Oh Sees est donc en définitive toujours un peu le prochain. Et l’on est rarement déçu, sinon de ne pas l’être, déçu. Cercueil flottant

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Thee Oh Sees

MUSIQUES | Quand il s'agit de repasser au garage pour une révision des classiques, Thee Oh Sees reste l'un des rares groupes à véritablement perpétuer l'esprit des (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 29 avril 2011

Thee Oh Sees

Quand il s'agit de repasser au garage pour une révision des classiques, Thee Oh Sees reste l'un des rares groupes à véritablement perpétuer l'esprit des mythiques compilations Nuggets. À la fois tendue et décontractée, non dénuée d'une certaine potacherie, leur musique finit pourtant irrémédiablement par donner des Cramps un peu partout. Leur dernier single I need seed plus acoustique et psychédélique est aussi un bel hommage indirect (ou pas) à la légende psyché garage Sky Saxon (The Seeds). Surtout il donne envie de reprendre en chœur cette devise pour notre siècle :«It don't feel too good to be dead in the 21st century». Pour les trompe-la-mort, ça se passe au Clacson mardi 10 mai.

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