De nouveaux noms pour L'Original

Benjamin Mialot | Mercredi 4 mars 2015

Une semaine après l'annonce de la venue événement de Joey Bada$$, l'édition 2015 de L'Original se précise un peu plus.

Si on ne se réjouit pas plus que cela de la venue du musculeux Gradur (le 30 mai au Transbo, avec son compère Dosseh), on a en revanche hâte de retrouver la verve discordante de Vald et le boom bap patiné d'Apollo Brown (la veille au même endroit, avec Lino et Big Pooh).

Et de savoir si le reste de la prog prendra lui aussi acte du renouvellement générationnel du hip-hop. On l'espère.

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Ce qu'il ne faut pas rater côté jazz et sono mondiale cette saison

Jazz & Sono Mondiale | Une bonne grosse saison de jazz (et plus si affinités) comme on les aime à Lyon, faite de mélanges, de jeunes talents, d'expérimentations, de classiques, de stars et d'inconnus du bout du monde, voilà ce que nous proposent à eux tous, les différentes maisons qui l'accueillent.

Stéphane Duchêne | Jeudi 23 septembre 2021

Ce qu'il ne faut pas rater côté jazz et sono mondiale cette saison

« Il serait indécent de renoncer au jazz » disait le poète. Sur ce point, la reprise des affaires montre une chose, pas question de renoncer à cette discipline dont le menu de saison s'avère particulièrement copieux que ce soit chez les généralistes ou les spécialistes du genre. Sur ce point l'Opéra Underground n'est pas loin de se montrer le plus éclectique qui peut aussi bien inviter le jazz de chambre d'un Vincent Courtois (c'est tout de suite, ce 22 septembre) pour un hommage à... Jack London qu'un Bachar Mar-Khalifé flirtant avec les musiques du monde. Pour l'Opéra Underground, il n'y a d'ailleurs qu'un pas entre les deux, qui programme également le meilleur de la sono mondiale : d'un Piers Faccini, creuset folk à lui tout seul d'une musique qui fait le tour du monde (26 septembre dans le cadre des Chemins des songwriters, avant un nouveau passage en janvier) au Colorist Orchestra qui accompagne l'inclassable Howe Gelb, errant volontaire entre les genres. La programmation de l'OU s'accompagne

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Arles, de l’antique au clic

Bouches-du-Rhône | C’est peut-être le meilleur moment pour y aller. Le soleil brille toujours, les Rencontres de la Photographie s’exposent encore pour quelques jours et les touristes se font plus rares. Entre la majesté des arènes, les clichés de Sabine Weiss et ceux des révolutionnaires soudanais, Arles est la halte incontournable de cette fin d’été.

Nadja Pobel | Jeudi 9 septembre 2021

Arles, de l’antique au clic

Il y a son cœur doré à souhait par la chaleur réconfortante du sud, ses ruelles entrelacées qui mènent soit à l’imposant Rhône soit à un monument d’avant notre ère. Il y a aussi la Camargue qui la prolonge car Arles est la commune la plus grande, en termes d’étendue géographique, de France. Elle comprend notamment Salin-de-Giraud et ses camels de sel — sa voisine, à l’autre extrémité de la digue, les Saintes-Marie-de-la-Mer étant elles indépendantes. Depuis l’an dernier ce bastion communiste historique est tombé aux mains du "sans étiquette" de droite Patrick de Carolis, ex- patron de France Télé. Le théâtre est alors passé en régie municipale « pour rendre le théâtre plus accessible, selon les déclarations du maire lors du conseil municipal du 27 mai dernier. Le SYNDEAC (syndicat national des entreprises artistiques et culturelles) a dénoncé dans un communiqué « un projet aux relents populistes » ce dont l’édile se défend. Pour l’instant, il est l’heure de profiter des richesses inestimables de cette ville et de découvrir d’un même coup un lieu historique et les artistes

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Gavalda remix : "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part"

Drame | Jean-Pierre, qui s’est jadis rêvé comédien, a depuis rejoint avec succès le négoce des vins. Aîné d’une fratrie comptant Juliette (une prof démangée par l’écriture et tout juste enceinte), Mathieu, employé timide et Margaux, photographe en galère, il traverse une phase difficile…

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Gavalda remix :

En transposant à l’écran l’ouvrage homonyme d’Anna Gavalda, Arnaud Viard s’est attelé à un double défi. D’abord, d’unifier les nouvelles du recueil en une seule trame narrative sur le modèle de ce qu’avait accompli Robert Altman à partir de Neuf histoires et un poème de Carver pour bâtir son Short Cuts. Ensuite, de prendre le risque de décevoir les millions (oui oui) de lecteurs — voire adulateurs — de l’autrice qui avaient pu se forger du recueil leurs propres images. On ne contestera pas l’option choisie, évitant le morcellement du film à sketches, ni le choix de la distribution (les comédiennes et comédiens sont globalement bien trouvés, en particulier Rouve et Taglioni, quand la douleur les traverse comme un fantôme puis les habite). Mais quelle plaie de devoir, encore et toujours, subir ces destins de familles parisiennes pseudo normales, c’est-à-dire forcément pourvues d’une gentilhommière en province ou en grande couronne, où l’on se rend pour les anniversaires d’ancêtres et la Noël (et les chamailleries afférentes). Il y a quand même une douce contradic

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Ça décale aux Fêtes Escales

Fêtes Escales | Le rendez-vous musiques du monde de l’agglomération lyonnaise s’enrichit cette année d’une programmation rap : KLM et Dosseh partageront l’affiche avec Cumbia All Stars ou encore Pat Kalla & le Super Mojo. Rendez-vous à Vénissieux du 12 au 14 juillet.

Nina Roussel | Mardi 11 juin 2019

Ça décale aux Fêtes Escales

Proposer un festival de trois jours entièrement gratuit : c’est le défi que la Ville de Vénissieux a choisi de relever pour la 21ème année consécutive. Le 12 juillet, direction l’Amérique latine avec une soirée cumbia. Le groupe Sonido del Monte, dont le concert avait été annulé l’an passé pour cause d’orage, tentera de prendre sa revanche. En prime : la présence de la formation péruvienne des Cumbia All Stars, l’un des plus éminents représentants du genre. Les musiques du monde seront également à l’honneur lors de la soirée de clôture, avec une programmation afro. La grande nouveauté est pour le 13 : le festival tente un interlude rap, en partenariat avec la salle de la ville, Bizarre!. En début de soirée, l’une de ses protégées, la rappeuse lyonnaise KLM fera vibrer de ses textes engagés, avant de laisser la place au Sétois Rachid Daïf, alias Demi-Portion, puis à Dosseh. Révélé au grand public par son titre Habitué, cet artiste cultive un profil singulier dans le paysage du rap français. En addition à ces trois soirées de concerts, petits et grands pourront profiter de spectacles vivants

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Vincent Lindon : « on fait ce métier pour s’oublier »

Dernier Amour | Passionné comme toujours et comme toujours passionnant, Vincent Lindon évoque sa nouvelle collaboration avec l’un de ses metteurs en scène fétiche. De l’approche d’un rôle historique et de la philosophie de l’interprétation des personnages…

Vincent Raymond | Mardi 19 mars 2019

Vincent Lindon : « on fait ce métier pour s’oublier »

Comment avez-vous convaincu Benoît Jacquot, avec qui vous avez une longue complicité, de vous confier ce rôle de Casanova ? Vincent Lindon : Au départ, je venais le chercher pour déjeuner, il était dans son bureau et il parlait de son prochain film avec ses producteurs. Il m’a annoncé : « je vais faire Casanova ». Et j’ai aussitôt répondu : « Non, c’est moi qui vais faire Casanova. — Non, il a 26 ans, c’est l’histoire d’un jeune Casanova avec une dame plus âgée. — Ben, c’est plus ça. Il y a bien un moment où il est vieux ? — Tu plaisantes ? — Non, non, je suis très sérieux. — Fais attention, Vincent : si je te prends au mot, tu vas être bien embêté — Pas du tout : prends-moi au mot ! — Il y a bien un épisode avec la Charpillon… » Et ils ont bifurqué sur cette histoire. Qu’est-ce qui vous a séduit à ce point dans ce personnage ? Casanova, quand même ! Il n’y a pas beaucoup de personnages de cette dimension. J’ai fait Rodin, le professeur Charcot. Si demain on me demande de jouer Enzo Ferrari je vais

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Plaire, aimer, éconduire vite : "Dernier Amour", avec Vincent Lindon

Drame | De Benoît Jacquot (Fr, 1h38) avec Vincent Lindon, Stacy Martin, Valeria Golino…

Vincent Raymond | Mardi 19 mars 2019

Plaire, aimer, éconduire vite :

Au soir de sa vie, Casanova évoque à une confidente un épisode de sa vie aventureuse se déroulant à Londres, où il vivait alors en exil ; un souvenir douloureux lié à une femme dont il s’est épris, qui jamais n’a cédé à sa cour : la Charpillon, une courtisane au corps et à l’esprit bien faits… Comment diable éprouver de l’empathie pour la personne de Casanova, l’aventurier qui épousa le XVIIIe siècle en triomphant des geôles, des duels et des revers de fortune ; l’infaillible séducteur que sa réputation en tout lieux précédait et qui, de surcroît taquina la muse pour composer en sus de ses mémoires, quelques ouvrages réputés ? En le dépeignant dépourvu de ses talents et mérites, chevalier à la triste figure confronté au doute, à l’échec et à la déchéance. En rendant, en fait, à ce héros hors normes sa qualité d’humain. Le Casanova façonné par Benoît Jacquot pour Vincent Lindon (et réciproquement) apparaît ainsi comme une montagne de fragilité et de doute, au moment où la certitude de son prestige commence à s’effiloche

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Placebo la vie : " Euforia"

Mélo | De Valeria Golino (It, 1h55) avec Riccardo Scamarcio, Valerio Mastandrea, Isabella Ferrari…

Vincent Raymond | Mercredi 13 février 2019

Placebo la vie :

Entrepreneur fortuné évoluant dans le milieu de l’art, Matteo mène une existence de plaisirs loin de son village d’origine. Lorsqu’il apprend que son frère est condamné par la maladie, il le fait venir chez lui et lui fait croire à un traitement miracle. Mais pour adoucir le moral de qui ? Préparez vos mouchoirs : voici un mélodrame d’amour. Mais d’un genre inhabituel, puisque le lien unissant les protagonistes est fraternel, au sens propre — au reste dans un mélo, il y a toujours un regard empli de désir émanant du ou de la cinéaste sur ses interprètes ; il suffit de se remémorer Sirk et Hudson. À l’instar de son premier long-métrage Miele, Valeria Golino se saisit de la maladie et de la mort pour, en creux, exalter l’intensité de la vie ; ses films agissent un peu comme des vanités, à l’envers ou à l’endroit. Ici, le personnage de Matteo va prendre conscience de son égoïsme de jouisseur en considérant ceux qu’il perd et auxquels il survit. Il faudra que son frère meure pour qu’il apprenne à vivre. Douloureuse leçon de philosophie, un peu trop démonstra

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Valeria Bruni Tedeschi : « on est tous plein de blessures et de chagrins »

Les Estivants | Autour de leur partenaire et réalisatrice Valeria Bruni Tedeschi, Pierre Arditi et Valeria Golino évoquent leur travail sur Les Estivants, et de la manière dont la fiction télescope la réalité (et réciproquement) depuis le mouvement #MeToo…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Valeria Bruni Tedeschi : « on est tous plein de blessures et de chagrins »

Avez-vous eu les mêmes difficultés à convaincre la Commission d’avance sur recettes de financer votre film que votre personnage au début des Estivants ? Valeria Bruni Tedeschi : Elle n’a pas beaucoup de mal à monter son film, puisqu’elle le tourne à la fin — c’est génial avec une scène aussi catastrophique. En tout cas, je trouve que je n’ai pas trop de mal. Je fais des films avec pas trop d’argent : celui-là a coûté trois millions d’euros, avec des acteurs peu payés, et très peu de jours de tournage, sept semaines. Je ne suis pas contre le fait que ça soit un peu difficile de faire le film ; après ça serait bien d’avoir un tout petit peu plus de moyens… Dans cette séquence, les membres de la commission parlent des similitudes entre vos films. Les ressentez-vous ? VBT : (rires) J’ai l’impression que je conte toujours un peu la même chose, mais ce n’est pas grave ! J’aime bien donner la parole aux gens qui me critiquent en me disant que c’est toujours la même chose ; à ceux qui me disent des choses un peu désagréables ; du coup ça devient drôle. Mais on travail

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Congés rayés : "Les Estivants"

Comédie dramatique | De & avec Valeria Bruni Tedeschi (Fr.-It., 2h08) avec également Pierre Arditi, Valeria Golino, Riccardo Scamarcio…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Congés rayés :

Son compagnon venant de la quitter, Anna se trouve fragilisée. Pas les meilleures dispositions pour écrire son nouveau film, ni pour passer des vacances dans la villa de sa richissime famille, entre souvenirs, fantômes et vieux différends. Et si du chaos naissait pourtant un nouvel ordre ? Sur le papier, ce film cumule les handicaps : quel intérêt pourrait-on éprouver à suivre, après Il est plus facile pour un chameau et Un château en Italie, une énième variation sur les désarrois intimes et les relations compliquées de la cinéaste avec sa fameuse sœur et le non moins célèbre époux de celle-ci, de surcroît dans leur lieu de villégiature ? Ne nous permettrait-elle pas là de satisfaire un trivial goût pour l’indiscrétion, comme si l’on feuilletait une version respectable (et autorisée) d’un magazine people ? Et cependant, on est vite gagné par cet effet de dédoublement et de distance qu’elle s’impose. Par l’emboitement des mises en abyme et des échos rebondissant de film en film, également, d’une grande complexité théoriq

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Yelolino prend vie dans les murs de l'ex Clacson

Oullins | À Oullins, du neuf : l'ancienne salle du Clacson devient le Yelolino, sous l'égide d'une nouvelle équipe porteuse d'un projet revisité à hauteur des moyens financiers, limités.

Sébastien Broquet | Mercredi 29 août 2018

Yelolino prend vie dans les murs de l'ex Clacson

La rupture a été violente. Le Clacson, l'une des plus anciennes salles de concert de la métropole, co-gérée par la MJC d'Oullins et l'équipe de la radio rock Sol FM, a fermé ses portes en juin 2014 dans une atmosphère de conflit larvé. Les tentatives de relancer des concerts dans cette salle qui avait accueilli Zebda ou la Mano Negra sont toutes restées vaines. Jusqu'à 2018 : la nouvelle équipe de la MJC a décidé de s'affranchir des conflits passés dont elle n'était pas partie prenante et de se réapproprier totalement le projet. Résultat : le 15 septembre prochain ouvrira officiellement ce nouveau spot. Adieu Clacson, bonjour Yelolino ! Le Yelolino prendra place dans les murs du Clacson, rafraîchis. Peu de concert, si ce n'est à l'occasion en acoustique : il n'y a plus de console son. Mais une programmation tournée vers le théâtre, les marionnettes, le cinéma, les ciné-concerts - avec un tropisme pour le monde ama

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Mater dolorosa : "Ma fille"

Drame | de Laura Bispuri (All-It-Sui, 1h37) avec Valeria Golino, Alba Rohrwacher, Udo Kier…

Vincent Raymond | Mardi 26 juin 2018

Mater dolorosa :

Fillette sarde de 10 ans, Vittoria découvre Angelica et sa vie dépenaillée, à mille lieues de l’existence modeste mais rangée dans laquelle Tina, sa mère, veut l’élever. Sauf que la délurée Angelica est sa génitrice biologique. Vittoria va se rapprocher d’elle, au grand dam de Tina… Valeria Golino semble s’être fait une spécialité des emplois de mère courage, usant sa plénitude quadragénaire et son regard triste dans des histoires de familles à problèmes majuscules avec une grâce jamais entamée ; Ma fille le prouve à nouveau, même si la comédienne occupe ici, à égalité avec Alba Rohrwacher (dans le rôle de la serpillère, mère du sang mais pas de cœur) un rôle secondaire. Car la réalisatrice Laura Bispuri place réellement l’enfant au centre du récit, adoptant le plus souvent son point de vue afin que l’on perçoive son dilemme, ses (dés)espoirs, ses chagrins. Cela, sans un mot de sa part ou presque. Pour rendre compte de cet écartèlement permanent, qui se retrouve dans la rousseur de Vittoria, entre la bru

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Clair-obscur de femme : "Et mon cœur transparent"

Bien propre | de Raphaël & David Vital-Durand (Fr., 1h26) avec Julien Boisselier, Caterina Murino, Serge Riaboukine…

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

Clair-obscur de femme :

Le taciturne Lancelot a quitté sa première épouse pour vivre au côté de la sculpturale Irina des plaisirs volcaniques, à peine interrompus par les escapades professionnelles de la belle. Un jour, Irina meurt dans un accident de la route. Assommé, Lancelot découvre alors sa vie cachée… Les frères Vital-Durand ont pris leur temps pour passer des courts au long. Sans doute trop. Résultat : ils appliquent des recettes esthétiques ayant fait leur gloire il y a vingt ans bien tassés dans la pub et le clip — où en général une intuition plastique reposant sur une image saturée ou polarisée, doublée d’une grande maîtrise formelle ainsi que d’un ou deux clichés, peuvent compenser toutes les fragilités d’une structure narrative défaillante. Avec leur goût pour les belles optiques et les vastes décors déserts, ils auraient pu tirer vers l’arty étrange façon Jérôme Salle, voire le fantastique malsain de Mocky, le roman de Véronique Ovaldé dont ils signent ici l’adaptation. Hélas, ils semblent avoir préféré explorer une autre voie, s’enlisant quelque part entre le sentimentalisme flasque et le

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Benedetto Bufalino à la fac catho

Art contemporain | À partir du 25 avril, le Musée d'Art Contemporain de Lyon installe la limousine-table de ping-pong de Benedetto Bufalino dans le grand hall de (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 24 avril 2018

Benedetto Bufalino à la fac catho

À partir du 25 avril, le Musée d'Art Contemporain de Lyon installe la limousine-table de ping-pong de Benedetto Bufalino dans le grand hall de l'Université Catholique de Lyon. Elle a déjà été présentée pour Wall Drawings 2 en collaboration avec LPA au parc Fosse aux Ours pendant la Biennale de Lyon. Il est évidemment possible de jouer au ping-pong sur cette limousine-table, à l'instar d'Antoine de Caunes ci-dessus, et c'est même vivement recommandé ! Rendez-vous pour une partie avec l'artiste lors de l'inauguration mardi 24 avril à 12h30. Benedetto Bufalino est un artiste contemporain lyonnais à l'imagination et l'humour débridés, qui investit l'espace public autour de créations éphémères encourageant le jeu et l'échange, dont on vous a déjà parlé ici et aussi là.

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Benedetto Bufalino : "faire du monde une chambre d'enfants"

Fête des Lumières | Il y a les mercenaires de la Fête des Lumières (TILT, Joseph Couturier…) ; et quelques outsiders qui (re)passent par là, cette année. Parmi eux Ez3kiel, Christophe Bauder et surtout Benedetto Bufalino. Celui qui avait transformé une cabine téléphonique en aquarium revient, en cette édition ultra-sécurisée et post black-out des attentats, éclairer un dancefloor grâce à une bétonnière à facettes.

Nadja Pobel | Mardi 6 décembre 2016

Benedetto Bufalino :

Ne jamais réduire un artiste à une œuvre. Tenter d'épaissir le trait. Mais indubitablement, réapparaît la cabine téléphonique / aquarium lorsqu'il est question de Benedetto Bufalino. En 2007, le Lyonnais n'est titulaire que depuis deux ans de son diplôme supérieur d'arts appliqués de la Martinière Terreaux et, après avoir imaginé des interventions sur le territoire du premier arrondissement (mettre des échafaudages pour tutoyer le sommet des arbres, poser des bandes de prairie entre les mini fontaines au sol de la place des Terreaux...), il répond avec son ami concepteur lumière Benoit Deseille à un appel à projet pour la Fête des Lumières, qui ne connaît pas alors l'affluence d'aujourd'hui. Se considérant plus comme un plasticien que comme un designer, aimant « jouer avec le réel, le décaler, le laisser divaguer », il s'empare d'un objet existant – quoique voué à disparaître, la cabine téléphonique, et la détourne de sa fonction en y logeant un aquarium. Cette « évasion urbaine » telle qu'il l'avait nommée sera l’une des a

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Par Amour

ECRANS | de Giuseppe M. Gaudino (Fr/It, 1h49) avec Valeria Golino, Massimiliano Gallo, Adriano Giannini…

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

Par Amour

Il faut apprécier le zigzag pour suivre la trajectoire artistique de Valeria Golino : en France, les cinéastes la cantonnent dans des emplois de sex symbols surgis du passé ou d’un écran — de préférence dans des comédies. Quant aux cinéastes italiens, ils ne songent qu’à la voir interpréter des personnages confrontés à des situations über-dramatiques. Par amour, histoire napolitaine, ne fait pas exception à cette règle. Mais il lui permet d’obtenir un rôle intense à la Anna Magnani (façon mère courage dans un quotidien oppressant face à un conjoint violent et vaguement mafieux) au sein d’une œuvre aux inflexions baroques, lorgnant parfois vers le fantastique, scandée de surcroît par des intermèdes chantés et colorés. Le final onirique, complètement barré, oscille entre le Mocky époque Litan et la publicité pour parfum, à moins qu’il ne s’agisse d’un rituel sacrificiel exhumé de l’Atlantide. Une hétérogénéité qui rend le film bancal, mais terriblement aimable du fait de ses fragilités.

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La rentrée musique côté classique

MUSIQUES | Cette saison, tous les lieux lyonnais consacrés aux musiques dites savantes affichent un programme qui ose, qui revendique, qui dénonce une époque contemporaine en plein repli. De belles expériences en perspective.

Pascale Clavel | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté classique

Peter Pan, Jean-Sébastien Bach et Matrix sont dans un bateau. Rien d’halluciné dans ces propos, juste une lecture aiguë de la nouvelle saison de l’Auditorium. Depuis l’arrivée du très décomplexé Jean-Marc Bador à la tête de la maison, la programmation s’affole, s’emballe et le choix semble si vaste qu’on pourrait s’y perdre. Il faudrait tout tester, devenir un mélomane glouton. Certains diront qu’il y en a pour tous les goûts, d’autres que, franchement, c’est trop. Partons de l’idée que la proposition est alléchante. Les portes se sont ouvertes sur l’inoxydable Symphonie n°9 de Beethoven dirigée par Léonard Slatkin. Cerise sur le gros gâteau, le public s'est vu investi d’une belle mission : chanter l’Hymne à la joie à tue-tête, avec ses tripes et ses convictions, acte quasi politique en ces temps où la fraternité entre les peuples est plutôt mise à mal – Jean-Marc Bador et Léonard Slatkin martèlent d'ailleurs d’une seule voix leur volonté d'«effacer les distances et gommer le temps» ; vaste ambition, utopie régalante. L’énigmatique pianiste Hélène Grimaud et l’indémodable Ton Koopman seront tous deux artist

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Vald injecte une bonne dose d'absurdité dans le rap game

MUSIQUES | ​À l'affiche de L'Original la saison passée, Vald revient à Lyon le jour même de la sortie de son dernier méfait discographique. Histoire de confirmer, avec la manière, qu'il est le rappeur le plus cramé et le plus futé de sa génération.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

Vald injecte une bonne dose d'absurdité dans le rap game

Vald n'est pas un génie. Il s'en défend à longueur d'interviews, retranché derrière quatre lettres : "NQNT", pour "Ni queue ni tête", équivalent j'm'enfoutiste et prêt-à-"brander" du "no reason" de Quentin Dupieux. Mais il est assurément un petit malin. Pour preuve, la manière, elle aussi volontairement contradictoire, dont il orchestre la promo de NQNT 2 – qui fait suite à un EP et une poignée de mixtapes. Selfie, portrait d'une jeune fille à la sexualité lycanthropique – girlfriend bien sous tout rapport le jour, elle devient une bête masochiste la nuit –, a été promu par trois clips plus ou moins explicites, tournés avec la complicité des pornstars Ian Scott et Nikita Belluci – le plus hard étant diffusé sur la plate-forme de partage de vidéos pas du tout safe for work Pornhub. Même tarif pour Urbanisme, description à double tranchant des évolutions de la vie de quartier qu'illustrent trois plans-séquences quasiment identiques et anti-spectaculaires au possible – on le voit acheter des clopes et peiner à en allumer une. Trolling marque

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Vald et Joey Bada$$ relèvent L'Original

MUSIQUES | Pour sa douzième édition, L'Original reste fidèle à lui-même : cohérent dans ses idées et critiquable dans ses choix. Mais vaut le détour rien que pour les présences du prodige new-yorkais Joey Bada$$ et de la terreur du 93 Vald. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 26 mai 2015

Vald et Joey Bada$$ relèvent L'Original

La semaine dernière, la parole était à l'accusation, représentée par Lucio Bukowski et Anton Serra qui, sur leur album commun, reprochent avec force métaphores carnassières aux organisateurs de L'Original de ne programmer que des has been et des épiphénomènes, qui plus est pour des sommes aux antipodes des racines bitumées du hip-hop. Cette semaine, à l'approche de la 12e édition du festival, elle est à la défense. Et sa stratégie tient en une louable intention : dresser un état des lieux de ceux qui fixent les règles du game contemporain, furent-ils des nouveaux entrants ou des vielles gloires ne faisant pas leur âge. Á trop embrasser, L'Original prend évidemment le risque de mal étreindre, et cette déclinaison 2015 n'y coupe pas, elle qui consacre toute une soirée aux seuls Gradur et Dosseh, figures de proue d'un rap Booba-like d'une balourdise et d'une vulgarité telles qu'il n'est à sa place qu'entre les murs suintant de transpiration de salles de fitness low cost – et malh

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Les soldats de la résistance selon Melville

ECRANS | Ce 8 mai, on fête le 70e anniversaire de la victoire alliée au cours de la Seconde Guerre mondiale ; et il était un temps où les chaînes de télévision (...)

Christophe Chabert | Mardi 5 mai 2015

Les soldats de la résistance selon Melville

Ce 8 mai, on fête le 70e anniversaire de la victoire alliée au cours de la Seconde Guerre mondiale ; et il était un temps où les chaînes de télévision publiques diffusaient, ce même 8 mai, L’Armée des ombres dans la torpeur de l’après-midi férié — c’est ainsi qu’on a découvert, ébahi, le film. Les traditions cathodiques se sont bien perdues, mais le numérique — qui n’a pas que des mauvais côtés — permet aux salles de cinéma de pallier cette déficience : c’est donc dans une copie restaurée que le chef-d’œuvre de Melville, adapté de Joseph Kessel, sera visible cette semaine au Comœdia, à quelques encablures d’un des lieux de son tournage — dans le Vieux Lyon, entre Saint-Jean et Saint-Paul. On l’avait dit lors de la rétrospective Melville à l’Institut Lumière, il faut voir dans L’Armée des ombres la source intime et mystérieuse de son cinéma : les résistants impassibles, mus par une détermination sans faille et une dévotion complète à leur mission, incapables de laisser retomber la pression et jouir de la vie, prêts à sacrifier leurs (plus) proches pour préserver leur réseau, sont les doubles des tueurs à gages et autres malfrats qui hantent

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Bufalino au faîte et dans les faits

ARTS | A l'occasion de sa participation à l'exposition "Motopoétique" au Musée d'Art Contemporain, portrait en roue libre de l'artiste Benedetto Bufalino, poète et humoriste des espaces publics. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 avril 2014

Bufalino au faîte et dans les faits

La dépêche vient de tomber sur nos téléscripteurs affolés : l'artiste lyonnais Benedetto Bufalino sera à l'affiche de l'exposition Monumenta 2020. Eu égard à sa volonté expresse de ne pas exposer dans des lieux clos, Monumenta lui donnera donc les clefs de la Tour Eiffel afin qu'il construise de quoi les porter (cf. ci-dessus le visuel de son projet). Benedetto Bufalino est né en 1982 avec la ferme volonté de s'exprimer hors espace utérin, soit encore dans ce que certains (le psychanalyste Winnicott en l'occurrence) appellent un espace transitionnel fait de jeux, d'humour et de créativité. Plus grand par la suite, il sublimera ses expériences gazouillantes dans le monde dit des adultes et des espaces publics. Certains se souviennent sans doute de sa cabine téléphonique transformée pour une Fête des Lumières en surprenant aquarium contenant de non moins surprenantes espèces aquatiques ! D'autres l'ont vu arriver au vernissage d'une exposition en conduisant un Vélo'v customisé en moto Yamahah (et présenté au MAC actuellement). D'autres encore ont pu visiter sa maison témoin à Oullins, construit

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Paul, ses motos, son expo

ARTS | L'historien d'art Georges Didi-Huberman présente actuellement au Palais de Tokyo à Paris une exposition autour de ses passionnants travaux sur Aby (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 février 2014

Paul, ses motos, son expo

L'historien d'art Georges Didi-Huberman présente actuellement au Palais de Tokyo à Paris une exposition autour de ses passionnants travaux sur Aby Warburg. Le Musée d'Art Contemporain de Lyon accueille, lui, son confrère Paul Ardenne à travers sa passion toute personelle pour les motos. Cherchez l'erreur ! Il n'est pas toujours facile d'évoluer dans un pays ultra-centralisé où les intellectuels laissent à Paris leurs neurones avant de franchir le périphérique et débouler dans nos villages à grands coups de roues arrières - mais on a échappé au pire : imaginez un Paul Ardenne addict de coiffes bretonnes ou de boules à neige... Paul Ardenne a cependant réussi à ramener sur son porte-bagages une quarantaine d'artistes et deux-cents œuvres sur le thème de son dada à deux roues.  Le problème c'est que la moto pollue. Littéralement certes, mais surtout, pour ce qui nous préoccupe, esthétiquement : rassembler sur un motif unique, c'est pousser à le voir et le chercher partout. A tel point qu'on ne voit plus que des motos là où, parfois, il y a de très bonnes œuvres : les vidéos élégantes et métaphysiques de

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C'est gentil chez eux

SCENES | Le théâtre, ce sont des mots issus de textes plus ou moins classiques, mais aussi d’autres venus d’ailleurs. La jeune compagnie grenobloise Les Gentils, elle, est carrément allée les piocher dans des vieilles chansons françaises pour livrer un cabaret théâtralisé à l’énergie débordante, et au titre énigmatique : "La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi". Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Jeudi 5 décembre 2013

C'est gentil chez eux

«Je viens de Saint-Antoine-l’Abbaye [un village isérois, NdlR]. J’ai toujours eu envie de parler au plus grand monde, de faire un théâtre populaire et accessible pour des gens qui ne vont pas au théâtre, qui ne sont pas forcément "cultureux"... Un théâtre pour tous  » Bien sûr, le raisonnement n’est pas nouveau, et beaucoup de metteurs en scène affichent crânement les mêmes intentions. Mais dans le cas d’Aurélien Villard et de sa jeune compagnie Les Gentils, la démarche est sincère. Car nous avons affaire avec eux à un théâtre généreux, instinctif et non intimidant, comme en témoigne La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi, leur dernière création. «Ça faisait des années que je voulais que l’on fasse un spectacle qui irait de place de village en place de village. Un jour, mon père a trouvé une vieille carriole qu’on a retapée pour voir. Comme on n’avait pas de dates ni de lieu, on s’est dit que c’était le moment ! Faire une pièce de théâtre pouvait être compliqué pour alpaguer des gens dans la rue. Du coup, on est partis sur l’idée d’un cabaret avec de vieilles chansons françaises». Mais un cabaret théâtral. Les chansons choisies étant très n

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Haute-contre de haut vol

MUSIQUES | Eric Desnoues, directeur artistique du Festival de musique baroque de Lyon, a l’art de dénicher la voix qui va renverser le public et le laisser dans un (...)

Pascale Clavel | Jeudi 7 novembre 2013

Haute-contre de haut vol

Eric Desnoues, directeur artistique du Festival de musique baroque de Lyon, a l’art de dénicher la voix qui va renverser le public et le laisser dans un état d’hébétude profonde. Cette saison encore, nous en aurons pour nos émotions. Chez les baroqueux, on aime les hautes-contre plus que toute autre tessiture. Depuis le Farinelli de Gérard Corbiau et la redécouverte de ces voix d’une ambiguïté splendide, on n'a de cesse de les adorer. Il y a les pionniers qui ont marqué pour toujours l’Histoire, les Alfred Deller et Henri Ledroit, les novateurs culottés tel Klaus Nomi, qui a déconcerté la planète musicale dans son ensemble, et enfin les très actuels, médiatiques, hypnotiques et magnifiques Philippe Jaroussky et Max Emanuel Cencic. Depuis peu se fait entendre une voix encore plus à part, plus à l’ouest, une sorte d’OVNI dont on ne sait encore quoi réellement penser. Cette voix, c’est celle de Valer Sabadus, jeune contre-ténor roumain que personne n’a vu venir et qui pourtant s'avère déjà incontournable. Sabadus a tout pour lui : une jeunesse insolente, un timbre d’une rondeur exquise, une technique sans fa

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Miele

ECRANS | De Valeria Golino (It-Fr, 1h36) avec Jasmine Trinca, Carlo Cecchi…

Christophe Chabert | Lundi 23 septembre 2013

Miele

L’entrée en matière de Miele est intrigante et réussie : on suit une jeune femme fébrile et sur la brèche, entre l’Italie, l’Amérique et le Mexique, accrochée à ses écouteurs, sans savoir exactement ce qu’elle cherche. Junkie ? Dealeuse ? La révélation est plus inattendue : sous le pseudonyme de Miele, Irène pratique illégalement des suicides assistés. La scène où on découvre son activité est forte, décrivant avec précision ce protocole qui doit prendre en compte les victimes tout en dissimulant les preuves de ce qui reste un délit. Jasmine Trinca est d’ailleurs au diapason de ce mélange de froideur et d’empathie, vraiment formidable. Mais Valeria Golino choisit ensuite de centrer son film autour de la relation entre Miele et un homme misanthrope et blasé qui décide de mourir par affliction. La cinéaste s’embourbe alors dans une ode au retour à la vie qui confond sensibilité et sensiblerie, mais surtout vient entériner sans le vouloir l’idée que le suicide assisté n’est pas forcément légitime médicalement. Cela reste latent, car Golino insiste surtout sur la métamorphose de Miele, qui à son tour

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Une nouvelle invitée au Cinéma Lumière

ECRANS | L'information vient de tomber sur nos prompteurs (façon de parler, évidemment) : Valeria Golino viendra présenter en avant-première, le dimanche 22 septembre à (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 13 septembre 2013

Une nouvelle invitée au Cinéma Lumière

L'information vient de tomber sur nos prompteurs (façon de parler, évidemment) : Valeria Golino viendra présenter en avant-première, le dimanche 22 septembre à 21h, son premier film en tant que réalisatrice,  Miele, un portrait de femme au générique duquel figurent Jasmine Trinca et Carlo Cecchi, et dont voici le synopsis : Irène vit seule dans une maison au bord de la mer non loin de Rome. Son père et son amant la croient étudiante. En réalité, sous le nom de code MIELE, elle aide clandestinement des personnes en phase terminale à mourir dignement en leur administrant un barbiturique puissant. Un jour elle procure une de ces doses mortelles à un nouveau "client", Monsieur Grimaldi. Elle découvre cependant quʼil est en parfaite santé mais quʼil veut mettre fin à ses jours, ayant perdu goût à la vie. Bien décidée à ne pas être responsable de ce suicide, elle va tout faire pour l’en empêcher. Présenté à Cannes cette année dans la sélection Un certain regard, Miele sortira en salles le 25 nove

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Gloria in Carlos

MUSIQUES | L’Ensemble Relecture et Création et son chef Carlos Molina n’ont qu’une obsession : faire sonner des œuvres anciennes, baroques ou classiques comme si (...)

Pascale Clavel | Vendredi 16 novembre 2012

Gloria in Carlos

L’Ensemble Relecture et Création et son chef Carlos Molina n’ont qu’une obsession : faire sonner des œuvres anciennes, baroques ou classiques comme si elles avaient été écrites hier matin. Il ne s’agit pas là d’une de ces transpositions insipides et mièvres qui n’apportent rien à l’œuvre originale. Il est question d’un travail de dépoussiérage, de réappropriation, de mise en lumière, de mise à l’écoute qui révèlent l’œuvre initiale comme si elle nous était contemporaine. L’instrumentarium choisi étonne au début, déconcerte parce que la pâte sonore a l’air de sortir de nulle part : l'accordéon mêlé au vibraphone donne des accents très contemporains tandis que le dialogue du quatuor à cordes et du clavecin fait un clin d’œil appuyé à l’époque baroque, les cuivres et les bois surprennent à leur tour par une écriture rythmique que seul Carlos Molina est capable d’imaginer... Tout ce petit monde en marche pour faire redécouvrir des œuvres puissamment inscrites dans l’inconscient collectif, comme ici, rien moins que le très célèbre Gloria de Vivaldi. Une œuvre brillante, r

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À base de hip-hopopop

MUSIQUES | Hip hop / Pas besoin de s'appeler Olivier Cachin (le spécialiste français du rap, qui, pour l'anecdote, a fait ses premières armes chez Picsou Magazine) (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 30 mars 2012

À base de hip-hopopop

Hip hop / Pas besoin de s'appeler Olivier Cachin (le spécialiste français du rap, qui, pour l'anecdote, a fait ses premières armes chez Picsou Magazine) pour savoir que les cultures dites urbaines doivent leur essor à l'esprit de compétition, voire de confrontation, qui anime leurs ambassadeurs. L'une des grandes forces de L'Original Festival, vitrine annuelle desdites cultures, est justement de n'avoir depuis sa création jamais perdu du vue cette donnée, là où d'autres courent après la respectabilité avec l'avidité d'un présidentiable en mal de signatures. Un œil sur sa programmation musicale, en forme de choc des générations, suffit à en prendre conscience. Côté vieille garde, les immanquables se nomment Mash Out Posse, B-boys de la Côte Est à la proverbiale agressivité, Ali Shaheed, Dj des pionniers de l'anti-bling-bling A Tribe Called Quest, ou encore IAM, qui furent à NTM ce que Oasis fut à Blur (de très convaincants dauphins). Ce sont toutefois leurs héritiers qui se fen

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Elinor Carucci, «My children»

ARTS | L'auto-fiction a autant de succès (de limites aussi) à l'écrit qu'à l'image. Dans le domaine de la photographie, deux de ses plus illustres représentants se (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 7 janvier 2010

Elinor Carucci, «My children»

L'auto-fiction a autant de succès (de limites aussi) à l'écrit qu'à l'image. Dans le domaine de la photographie, deux de ses plus illustres représentants se nomment Nan Goldin et Wolfgang Tillmans. La new-yorkaise Elinor Carucci (née en 1971 en Israël) est une jeune épigone digne d'intérêt. Elle photographie ses doigts de pieds, ses proches, ses aisselles, ses séances pipi plein cadre, ses amours sensuelles ou sans suite... La série qu'elle présente au Bleu du ciel jusqu'au 30 janvier est centrée sur la naissance de ses jumeaux. Et ce serait comme des photos de famille sans le vernis hypocrite du sourire forcé des marmots ou de la mère ravie, avec des références artistiques bien venues et des clairs-obscurs très travaillés. La vie sans fard, ou presque, en gros.

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Lino

ECRANS | De et avec Jean-Louis Milesi (Fr, 1h23) avec Lino Milesi, Serge Riaboukine…

Christophe Chabert | Mardi 20 janvier 2009

Lino

Ce drôle de film part d’un postulat séduisant : inventer une fiction entre home movie et faux-semblant interprétée par un père et son fils de 2 ans. Le début est assez réussi, le spectateur perdant ses repères entre réalité brute et artifices, sensation de vécu et lente incorporation d’éléments scénaristiques. C’est quand Jean-Louis Milesi bouscule cet équilibre pour raconter frontalement son histoire que le film peine à convaincre : les scènes, répétitives, où l’acteur-réalisateur rencontre les pères potentiels de l’enfant, renvoient à un cinéma français psychologisant et insistant que le dispositif initial semblait fuir. Dommage, car le projet, dans son économie minimale, avait de la gueule ! CC

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Caos calmo

ECRANS | D’Antonello Grimaldi (Ita/GB, 1h55) avec Nanni Moretti, Valeria Golino…

Christophe Chabert | Vendredi 5 décembre 2008

Caos calmo

Commençons par nous faire des ennemis : le roman originel de Sandro Veronesi, chronique singulièrement chaleureuse d’un veuvage refoulé, ne méritait pas forcément le flot de dithyrambes qui a accueilli son édition française. Antonello Grimaldi et Nanni Moretti (qui officie également en tant que scénariste) ont cependant réussi à en extraire l’essentiel, élaguant le récit, au risque de recourir à des ellipses parfois un peu grossières. La mise en scène de Grimaldi cède de temps à autre à un fâcheux laisser-aller (voir la séquence tournant autour du caméo prestigieux, bâclée n’importe comment), enrobe quelques-unes de ses scènes clés comme des clips pompiers sur de la musique tendance (Rufus Wainwright, Radiohead), mais la performance exceptionnelle de Moretti finit par avoir raison de ces réserves : pour qui goûte l’art délicat du mélo, Caos Calmo est en définitive une friandise pas trop bourrative. FC

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Anne, ma sœur Anne…

MUSIQUES | Opéra / Quoi de mieux pour les mélomanes qu’un opéra italien romantique dirigé par un Italien ?

Dorotée Aznar | Vendredi 14 novembre 2008

Anne, ma sœur Anne…

Anna Bolena de Gaetano Donizetti, sera donné en version concert à l’Opéra de Lyon sous la baguette du chef d’orchestre Evelino Pido pour le régal de tous. Donizetti, peut-être le moins connu de tous ces compositeurs romantiques italiens – on pense à Rossini, Verdi, Bellini, Puccini…- est un musicien à l’énergie éruptive, un créateur boulimique. Il a composé 71 opéras, des cantates, des symphonies, une énorme quantité de musique sacrée : une production prodigieuse quasiment oubliée aujourd’hui. On ne peut donc que remercier l’Opéra de Lyon d’avoir programmé Anna Bolena, certes, en version concert, mais sous l’impulsion d’un chef spécialiste de la musique du XIXe siècle. Evelino Pido, en fin connaisseur du répertoire du Bel Canto saura faire émerger toute la tension, tout le drame et la mélancolie d’Anna Bolena. Cet opéra en deux actes, créé en 1830, peut être considéré comme le premier opéra de Donizetti qui fait sa renommée par delà les Alpes. L’intrigue est radicalement cruelle, il s’agit d’un épisode de la vie Anne de Boleyne, femme d’Henry VIII, qui fut décapitée par ordre de son mari. L’action se passe à Londres en 1536, le roi d’Angleterre, lassé de sa deuxième épouse, aime un

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«Mettre le bordel dans les cases»

SCENES | Entretien / Antonia Baehr, artiste queer, performeuse, cinéaste et chorégraphe berlinoise présente Nom d'une pipe, du 19 au 21 janvier, aux Subsistances. Propos recueillis par Dalya Daoud

| Mercredi 24 janvier 2007

«Mettre le bordel dans les cases»

Pouvez-vous dévoiler quelques éléments de la création «Nom d'une pipe» ? Antonia Baehr : Le choix du «geste de fumer la pipe», parmi les chapitres du texte de Wheehler, a été évident parce que je suis moi-même une fumeuse de pipe. Dans cette forme courte, nous nous demandons de quelle façon un geste peut être créateur d'une identité. Et pour cela on a envisagé un paysage audio qui sera projeté, fait de blablabla constant, dans un univers très calme. Deux fauteuils, deux verres de whisky... Ce sera contemplatif et on ne sait finalement pas ce que toute cette fumée va donner car ce sera une négociation entre le public et nous. Vous montez votre création aux Subsistances de concert avec Lindy Annis… Elle a écrit précisément les choses, et moi je réalise plutôt la partition générale. Pour ma part, je pars du postulat que nous jouons tous sans arrêt des rôles dans la vie. Alors quelles différences et quelles similitudes peut-il y avoir avec ceux joués sur scène ? Par exemple, je suis bien plus excessive en réalité que dans mes pièces, pour lesquelles je suis obligée de me dé-déguiser: j'ôte ma cravate, mon pantalon de costume, mes chapeaux, que je porte quotidiennement. J'ai acheté m

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