Dix concerts de classique à réserver

Classique et Contemporain | Dix concerts classiques à ne pas rater cette saison. Une sélection qui fait la part belle aux stars et aux grandes œuvres de répertoire, mais avec une attention particulière portée aux auteurs plus contemporains : Boulez, Grisey, Neuwirth, Glass...

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 22 septembre 2021

Photo : © DR


Renée Fleming chante Messiaen

Composés en 1936-1937, les Poèmes pour Mi d'Olivier Messiaen (1908-1992) est un grand cycle de chant pour soprano et orchestre, dédiée à sa première épouse, Claire Delbos. L'oeuvre narre l'amour conjugal étayé sur une certaine foi religieuse, en une organisation rythmique fort singulière. Elle sera interprétée à Lyon par la diva américaine (considérée comme l'une des plus grandes soprano contemporaines) Renée Fleming et l'orchestre de la Philarmonie de l'Elbe. Le programme de la soirée sera complété par la quatrième symphonie de Anton Bruckner.

À l'Auditorium le samedi 23 octobre


Pierre Boulez

Il est tellement rare de pouvoir entendre une œuvre de Pierre Boulez (1925-2016) à Lyon, que nous sommes ravis que les étudiants du Conservatoire National Supérieur Musique et Danse l'aient au programme cette année ! L'orchestre du CNSMD viendra à l'Auditorium (un concert gratuit) pour jouer notamment le Rituel in memoriam Bruno Maderna. Une œuvre de 1973 pour un orchestre divisé en huit groupes distincts, et novatrice tant sur le plan rythmique, que sur le rôle et la résonance des percussions.

À l'Auditorium le mercredi 10 novembre (gratuit)


Philippe Jaroussky

Multi-récompensé, le contre-ténor Philippe Jaroussky (né en 1978) est connu aussi comme défricheur de partitions et de répertoires délaissés. Pour son récital à Lyon avec les musiciens du Concert de la Loge, Jaroussky interprètera des airs lyriques de deux grands compositeurs rivaux de la grande époque londonienne du XVIIIe siècle, Nicola Porpora (1686-1768) et Georg Friedrich Haendel.

À la Chapelle de La Trinité (Les Grands Concerts) le jeudi 18 novembre


Maria Joao Pires

Artiste associée à l'Auditorium cette saison, la pianiste Maria Joao Pires voue un culte quasi religieux à la musique, étant allée jusqu'à fonder un centre artistique en pleine campagne isolée au Portugal. Son jeu à la fois sobre et gracieux n'a guère de limite, allant de Mozart à Debussy, et de Bach à Schubert ou Beethoven. Pour son récital à Lyon, elle interprétera notamment la mythique et dernière sonate pour piano de Beethoven Opus 111, « drame intérieur aux explosions bien réelles » pour reprendre les mots de l'écrivain Thomas Mann.

À l'Auditorium le samedi 20 novembre


Philip Glass

Pape de la musique minimaliste et répétitive (avec quelques autres : Steve Reich, Terry Riley…), Philip Glass (né en 1937) a beaucoup composé pour des claviers : pour piano et, c'est moins connu, pour orgue dans les années 1970. C'est à cet aspect de l'œuvre de Glass que s'attelleront la pianiste Maki Namekawa (qui a enregistré l'intégralité des Études pour piano de Glass) et l'organiste James McVinnie.

À l'Auditorium le dimanche 6 février 2022


Le Sacre du Printemps

En 1913, le Sacre du printemps d'Igor Stravinski dansé par les Ballets Russes fait scandale au théâtre des Champs-Élysées à Paris. Les ballets précédents du compositeur avaient été, eux, pourtant bien accueillis, mais là c'en est trop : trop de répétitions, trop de rythmes et de figures païennes ! Plus d'un siècle plus tard, l'œuvre fait toujours trembler la terre et les oreilles, et il est indispensable de l‘entendre et de la vivre live. C'est ce que nous propose l'Orchestre du Festival de Budapest dirigé par Ivan Fischer, au sein d'un programme entièrement dédié à Stravinsky.

À l'Auditorium le dimanche 20 février 2022


Gérard Grisey

Parmi les nombreux événements de la biennale B!ME (Biennale des Musiques Exploratoires), on notera avec bonheur l'hommage rendu au compositeur Gérard Grisey (1946-1998). Grisey fut, dans les années 1970, avec Tristan Murail et d'autres, l'un des initiateurs de la musique dite spectrale (Grisey préférait, lui, parler de musique liminale), qui a pour caractéristiques de s'appuyer sur la technologie informatique, de moduler des fréquences, dilater certains sons dans la durée… L'Ensemble Intercontemporain jouera plusieurs œuvres du compositeur, dont son dernier opus, Quatre Chants pour franchir le seuil, inédit à Lyon.

A l'Auditorium dans le cadre de la Biennale des Musiques Exploratoires le dimanche 27 mars 2022


Debussy et Neuwirth

Œuvre symphonique qualifiée d'impressionniste, composée entre 1903 et 1905, La Mer de Claude Debussy nous immerge parmi les variations atmosphériques et rythmiques des flux maritimes, de doux balancements de vagues à de plus inquiétants et tumultueux fracas. C'est toujours un bonheur de l'écouter et de la "voir" en concert. Concert qui sera agrémenté de la découverte d'une création de la compositrice autrichienne Olga Neuwirth (associée cette saison à l'Auditorium), Dreydl. Une suite orchestrale inspirée d'Orlando de Virginia Woolf, signée par une artiste ancrée dans le monde contemporain, et qui n'hésite pas à puiser son inspiration aussi bien chez Bach que dans la musique électronique ou punk !

À l'Auditorium les vendredi 20 et samedi 21 mai 2022


Gustav Mahler

Les aficionados de Gustav Mahler se seront déjà régalés avec la Symphonie n°5 à l'Auditorium (les 11 et 12 mars), et ne manqueront certainement pas cet autre monument qu'est la Symphonie n°2 dite Résurrection.

En chiffres la Résurrection c'est : six ans de travail de 1888 à 1894 (Mahler a 28 ans au début de sa composition, 34 ans à la fin), cinq mouvements pour une durée d'une heure trente, un orchestre XXL et plus de 170 versions décomptées à ce jour (dont la première parisienne fit fuir Debussy)... Un beau défi pour l'Orchestre National de Lyon et son chef, récemment nommé en septembre 2020, Nikolaj Szeps-Znaider.

À l'Auditorium les jeudi 16 et samedi 18 juin 2022


Jakub Józef Orlinski

Le jeune contre-ténor polonais Jakub Józef Orlinski (né en 1990) est aussi… break danseur ! Un ovni de la musique classique qui triomphe au festival lyrique d'Aix-en-Provence en 2017, participe à des concours hip-hop, apparaît dans des pubs pour de grandes marques, et comptabilise plus de sept millions de vues sur YouTube chantant un air de Vivaldi (mais est-ce aussi parce qu'il l'interprète en bermuda et baskets?). À Lyon avec l'Ensemble Il Giardino d'Amore, il interprétera un florilège baroque d'œuvres de Vivaldi et de Haendel.

À la Chapelle de la Trinité (Grands Concerts) le vendredi 1er juillet 2022

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Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 21 octobre 2021

Renée Fleming chante Messiaen

L’Auditorium accueille l’orchestre de la Philarmonie de l’Elbe, une formation pour le moins réputée, avec Alan Gilbert à la baguette. Ils joueront la Quatrième Symphonie, dite Romantique, de Anton Bruckner ce qui, déjà, n’est pas une mince affiche ! Mais l’événement de la soirée sera la présence de la soprano Renée Fleming pour l’interprétation des Poèmes pour Mi d’Olivier Messiaen. Star américaine de la musique classique, Renée Fleming (née en 1959) est capable de chanter au Metropolitan Opera de New York comme à l’occasion du Super Bowl ou encore au jubilé de la reine Elizabeth II, et de passer de Mozart au jazz ou à la pop avec Elton John ! À Lyon, elle se lancera plus prosaïquement dans l’ode à l’amour conjugal composée par Olivier Messi

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