Et de la gare, rejoindre la verdure

Patrimoine | Une gare, c'est un point de départ. Une promesse. Voici trois destinations vers lesquelles prendre un billet.

Nadja Pobel | Mardi 11 avril 2017

Photo : © DR


Lac de Villerest (Loire)

Envie d'aller se baigner ou se balader le long de la Loire ? Hop, direction le lac de Villerest. 1h18 (au plus court) de TER entre Perrache et Roanne, puis un bus (le n°10) durant vingt minutes et vous voilà, sans voiture, sur cette plage aménagée comprenant des activités nautiques, une baignade surveillée l'été et des aires de jeux : elle est particulièrement prisée par les familles.

Autre possibilité de cette journée : entrer dans le village qui comprend une chapelle (Saint-Sulpice) fondée au IXe siècle par les moines de Cluny et achevée au XIe. Elle a été édifiée sur l'emplacement d'une villa gallo-romaine. Un amusant musée de l'Heure et du Feu raconte l'histoire du feu, de la préhistoire à nos jours.

Sur le chemin du retour, passez prendre une praluline chez Pralus : la famille de confiseurs-pâtissiers est roannaise et, à prix équivalent, mieux vaut acheter la célèbre brioche ici que rue de Brest ou à la Croix-Rousse... Circuit court !


La Dombes et Châtillon-sur-Chalaronne (Ain)

Il vous faut seulement 38 minutes et 8, 40€ pour rallier la Part-Dieu à la gare de Villars-les-Dombes. Si vous avez déjà arpenté le Parc des Oiseaux ou que son omniprésence vous fatigue (étape du Tour de France, du Critérium cycliste en juin, organisation d'un festival estival musical à l'époque où tout cela avait lieu...), embarquez un vélo (mais renseignez-vous bien sur le site de la SNCF qui fait tout pour vous en dissuader tant c'est devenu compliqué d'embarquer un vélo sans la housse qui va bien et s'il n'est pas liable / démontable) et laissez-vous porter sur ces routes sinueuses accessibles aux débutants. Tout est fléché entre les étangs qui prennent quasi plus de place que la terre dans ce coin de l'Ain particulièrement singulier, rebaptisé parfois par les guides touristiques la "Sologne des Lyonnais".

En pédalant, rejoignez 16 km plus loin Châtillon-sur-Chalaronne, et rendez-vous sous la vieille halle créée au XVe, plusieurs fois reconstruite depuis suite à des incendies. Si c'est un samedi, faites-vous un sandwich sur place avec les produits du terroir, à déguster sur le lieu central (et couvert !) de cette ancienne place forte.

Retour rapide en vélo par la D7, mais elle s'avère dangereuse tant les voitures tracent en ligne droite alors mieux vaut prendre le temps de sillonner entre les étangs.


Couvent de la Tourette – Éveux (Rhône)

C'est un trou de verdure... avec l'érection d'un drôle de Couvent, celui que Le Corbusier, agnostique, a imaginé en 1953 à la demande des Frères Dominicains. Sept ans plus tard, un vaste rectangle de béton auquel s'adosse une église conique domine les monts du Lyonnais. Pour accéder à cet iconoclaste bâti, il suffit de 34 minutes de train depuis la gare de Gorge de Loup à L'Arbresle (et 5, 10€), puis de marcher une demi-heure sur les petites routes, bordées de champs de vaches, menant à la commune d'Éveux, riche d'à peine plus de mille habitants.

Au bout, la possibilité de visiter cette construction qui reprend tous les préceptes du célèbre architecte, avec un savant mélange de formes géométriques et de lignes droites. La lumière est utilisée pour guider le visiteur avec des fentes dans les couloirs, des brises-soleil dans les angles et des verrières inspirées de la musique de Iannis Xenakis.

Les couleurs primaires irriguent tout cet ensemble où vivent encore quelques moines et où séjournent de nombreux étudiants venus du monde entier. Il est possible de passer une nuit dans une cellule (lit une place, placard, lavabo et loggia ombragée) pour la modique somme de... 54€ (demi pension obligatoire la première nuit). Le tarif a augmenté mais l'expérience est unique. À noter que des expositions sont régulièrement accueillies en ces murs. Tout récemment celle d'Anselm Kieffer était remarquable.

Fermé depuis le 15 mars 2020, le couvent de La Tourette a rouvert le 12 mai avecd es visites uniquement sur réservation (accueil@couventdelatourette.fr) pour des groupes de 9 personnes maximum du mardi au samedi à 14h et 16h.

L'équipe du couvent précise que le port du masque est obligatoire et que le réglements e fait uniquement en carte bancaire.

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Notre cabinet de curiosités : sélection d'expositions singulières

Hors des sentiers battus | Parcourez ces chemins de traverse en suivant de sobres hashtags ; et découvrez des artistes singuliers, parfois exposés dans des lieux inattendus : un couvent, un théâtre ou un hôpital psychiatrique...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Notre cabinet de curiosités : sélection d'expositions singulières

#Effacement « Dans l’acte de peindre, il y aura comme dans l’acte d’écrire, une série de soustractions, de gommages. La nécessité de nettoyer la toile... la nécessité de nettoyer la toile pour empêcher les clichés de prendre. » affirmait le philosophe Gilles Deleuze. Depuis ses débuts, l'artiste lyonnais Jean-Luc Blanchet répond parfaitement à cette conception de la peinture : il crée par effacement, par soustraction de matière, par libération d'images fantômes sous-jacentes à nos représentations habituelles... Il présente dans sa galerie deux nouvelles séries : des "ectoplasmes" d’œuvres d'art connues (signées Rembrandt, Warhol, Manet...) et des photographies effacées à l'acétone. À noter : Après Jean-Luc Blanchet, la galerie Domi Nostrae présentera des œuvres récentes d'un autre artiste lyonnais aimant lui-aussi les fantômes et l'évanescence, Christian Lhopital (du 5 novembre au 17

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Le couvent de la Tourette, sacrément moderne

Patrimoine | Religion et modernité ne sont pas incompatibles. Les Frères Dominicains en ont apporté la preuve en demandant à un architecte renommé de construire le couvent de la Tourette : Le Corbusier. Grâce à lui, le moderne a renoué avec le sacré.

Maïté Revy | Mercredi 6 juillet 2016

Le couvent de la Tourette, sacrément moderne

C'est près d'Éveux-sur-l'Arbresle, au milieu d'une étendue de verdure, que s'est implantée une touche d'art contemporain, en béton armé. Entièrement conceptualisé par Le Corbusier, le couvent Sainte-Marie de la Tourette a été construit entre 1956 et 1959, sur un projet élaboré dès 1953 sous l'impulsion du révérend père Couturier. Les dominicains avaient déjà joué un rôle majeur dans la modernisation architecturale religieuse avec le lancement la revue L'art sacré en 1969 ; le choix d'un architecte comme Le Corbusier, représentant du mouvement moderne, n'était pas une surprise. Rectangle de béton, lignes géométriques et droites : finies les formes arrondies, les éclairages multiples, et place à l'utilisation optimale de la lumière naturelle, l'une des signatures de Le Corbusier. Pas étonnant de retrouver des puits de lumière naturelle plus ou moins grands (très peu d'éclairage dans les couloirs, escaliers équipés de toutes petites lampes), sculptant l'espace, les volumes et faisant de cette lumière un matériau à part entière, l'un des points majeurs qui fait la particularité de ce lieu de culte. L'édifice, classé au titre des monuments historiques dep

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L'architecture du sacré selon Le Corbusier

ACTUS | Juste à côte de l’Arbresle, entre Lyon et Roanne, Le Corbusier a implanté, en 1960 et à la demande directe des Frères dominicains, un couvent dédié à la prière mais aussi à la recherche. Toujours utilisé par une poignée d’entre eux, ce temple de béton est ouvert à tous. Visite. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 7 avril 2015

L'architecture du sacré selon Le Corbusier

C’est un rectangle de béton posé en pleine nature, au bout d’une petite route qui monte légèrement. Le couvent de la Tourette n’est pas isolé du monde, mais semble le regarder vivre à ses pieds, du haut de son terrain en déclivité. Quand, à la fin des années 50, les frères dominicains font appel à Le Corbusier, ce dernier, agnostique mais fasciné par le sacré, a déjà livré, cinq ans plus tôt, la chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp (Haute-Saône). Ici, dans le Lyonnais, il abandonne ses formes arrondies et reprend son modèle d’habitation : des formes géométriques et des lignes droites. Et une utilisation maximale de la lumière extérieure. Ainsi, dans les couloirs, il y a très peu d’éclairage. Á la place, des fenêtres, presque des fentes, guident le visiteur dans sa marche, même au plus sombre de la journée voire de la nuit. Au bout, pour amorcer un virage, des brise-soleil donnent le sens de la déambulation. De la même façon, les volées d’escaliers ne sont équipées que de toutes petites lampes coincées au bas des marches. Cité radieuse En plus de l’église, dotée d’un toit-terrasse accessible, deux types d’espaces aux formats et fonctions opposé

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Nouvelles boutures des Poirier

ARTS | Qu'un frère dominicain (Marc Chauveau, responsable des expositions au Couvent de la Tourette) ressuscite un couple d'artistes contemporains, on ne verra (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 16 octobre 2013

Nouvelles boutures des Poirier

Qu'un frère dominicain (Marc Chauveau, responsable des expositions au Couvent de la Tourette) ressuscite un couple d'artistes contemporains, on ne verra là que logique. Anne et Patrick Poirier ont en effet connu leur heure de gloire dans les années 1970 (expositions à Beaubourg, à Kassel, au MOMA de New York...) et ont été, depuis, un peu oubliés. Se définissant eux-mêmes comme architectes ou archéologues autant que plasticiens, ils explorent dans leurs œuvres la fragilité de l'existence humaine, de la mémoire, de l'histoire... Et usent d'autant de mediums différents que l'exige le questionnement qu'ils déploient dans leurs travaux.   Sensibles au couvent conçu par Le Corbusier, à la «peau des murs» et aux jeux de lumière, ils y présentent notamment d'émouvants bas-reliefs en papier Japon, empreintes fragiles des aspérités du béton et des menus accidents parsemant les cloisons. Ils y déploient aussi une très grande maquette d'une utopie nommée Amnesia, «sorte de grand bunker construit dans un imme

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Couvent de la Tourette – Éveux - 1960

CONNAITRE | Descendre à la gare de l’Arbresle et poursuivre à pied durant une bonne demi-heure au milieu des vallons des Côteaux du lyonnais. C’est dans ce coin de (...)

Nadja Pobel | Jeudi 5 juillet 2012

Couvent de la Tourette – Éveux - 1960

Descendre à la gare de l’Arbresle et poursuivre à pied durant une bonne demi-heure au milieu des vallons des Côteaux du lyonnais. C’est dans ce coin de verdure que le visiteur pourra s’aventurer au couvent de la Tourette et, pourquoi pas, y passer une nuit en «cellule» (35€ avec le petit-déjeuner). Ces "cellules" (dotée d’un bureau, d'un lavabo, d'un balcon et d'un lit simple) invitent au silence et au calme. Quand les frères Dominicains font appel à Le Corbusier en 1953, ils recherchent ce savant dosage entre espace collectif et individuel. Puis, en Mai 68, de nombreux frères désertent le lieu. Aujourd'hui, onze frères habitent au couvent et parlent avec passion du "Corbu", comment ils le nomment. Des expositions sont régulièrement organisées, l’église ouvrira après rénovation début 2013. Rien ici ne ressemble à un sanctuaire, mais tout invite au partage le plus impromptu comme avec des touristes architectes argentins qui passent par là lors d’un voyage d’études sur les traces de Le Corbusier. TER arrêt L’Arbresle (à 40 minutes de Lyon) + 30 minutes de marche

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