Drôle de rentrée

Dorotée Aznar | Vendredi 23 décembre 2011

Humour / Après une fin d'année euphorique, la saison continue sur un rythme plus pépère, entre prolongations des succès avérés (Pipo et Molo dans Hollywood et côtes de bœuf au Boui-boui jusqu'au 3 mars, le retour de Monsieur Fraize et son one man show au Rideau rouge du 31 janvier au 7 mars) et changement dans la continuité (au Complexe du rire, Jacques Chambon poursuit son O.P.A. sur la scène comique avec Un petit coup de blues, qu'il a écrit et qu'il met en scène jusqu'au 28 janvier, et Bilan provisoire, son one qu'il défendra du 6 au 28 avril). Quelques dates sont toutefois à retenir : on est curieux de découvrir le one woman show de Zazon, découverte sur France 4, qui se lance en public avec la même dose d'humour caustique (au Boui-Boui du 3 au 28 avril) ; quant à l'excellent Didier Bénureau, il présentera à la Salle Rameau son dernier spectacle, Indigne, le 28 avril. Niveau grosses pointures, les très populaires Audrey Lamy (Dernières avant Vegas, le 29 mars) et Thomas Ngijol (À block, le 12 janvier) investiront le Transbordeur, tandis que La Bourse du Travail verra défiler (entre autres) Gaspard Proust (les 6 et 7 février), François-Xavier Demaison (le 29 janvier) et Guy Bedos (le 24 janvier).  Le projet le plus excitant reste toutefois Dans ta bulle (aux Tontons flingueurs tous les mercredi à partir du 11 janvier), adaptation par Jocelyn Flippo et ses complices comédiens habituels (Alex Ramirès, Léon Vitale et Alexandra Bialy) des BD signées Domas, dont l'univers doux-amer évoque une version dessinée des nouvelles de Raymond Carver. On vous en reparlera très vite…
Christophe Chabert

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Le crime conserve : "Rebelles"

Comédie | De Allan Mauduit (Fr, avec avertissement, 1h27) avec Cécile de France, Yolande Moreau, Audrey Lamy…

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Le crime conserve :

Une ex-reine de beauté passée du pole-danse à Pôle Emploi, tout juste embauchée dans une conserverie, tue par accident le contremaître qui tentait de l’agresser. Avec l’aide de deux collègues, elle fait disparaître le corps et découvre que le vilain cachait un sacré magot… Cette comédie sociale aux allures de de western made in Hauts-de-France possède de bons atouts dans son jeu, à commencer par son trio d’actrices, rompues à tous les registres, et souvent engagées dans des rôles où l’humanisme affleure sous l’humour. Leur alliance tient de surcroît de la synergie de caractères, rappelant ces buddy movies tels que Comment se débarrasser de son patron (1980) de Colin Higgins, usant de la blague parfois lourdingue pour promouvoir la libération féminine d’une masculinité aussi dominatrice que débile — il y a d’ailleurs ici quelques furieux spécimens d’abrutis. Allan Mauduit aurait toutefois gagné à creuser davantage vers Petits meurtres entre amis (1994), son humour noir restant encore un peu pâle, surtou

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Rich Moore & Phil Johnston : « on donne des coups de coudes, mais avec amour »

Ralph 2.0. | Auteurs des Mondes de Ralph et de Zootopie, les sympathiques Rich Moore & Phil Johnston ont à nouveau uni leurs forces pour donner une suite aux aventures de leurs héros d’arcade. Conversation.

Vincent Raymond | Mardi 19 février 2019

Rich Moore & Phil Johnston : « on donne des coups de coudes, mais avec amour »

Comment vous avez eu l’idée de projeter Ralph dans l’Internet ? Phil Johnston : Elle est venue au-dessus de mon bureau. Nous venions d’avoir un bébé avec ma femme et elle s’est faite avoir par une arnaque sur Internet par un type qui vendait de la viande en ligne. À ce moment-là, on a réalisé que ça arrivait à tout le monde. Et on a imaginé ce qu’il pouvait se passer si jamais Ralph était obligé d’aller dans Internet, s’il se faisait arnaquer, jusqu’où ça pourrait nous mener… Rich Moore : Ça a juste commencé avec l’idée d’aller dans Internet, sans histoire ; à partir de là, on a commencé à travailler. L’Internet que vous montrez est un océan de marques. Comment avez-vous fait pour obtenir l’autorisation de les utiliser ? RM : On n’avait pas besoin de demander. Aux États-Unis, il existe dans le droit le fair-use qui dit que tant que l’on ne dénigre pas ou que l’on ne détourne pas la marque, on peut l’utiliser dans un film. Ainsi, eBay ne savait même pas qu’ils étaient dans le film avant la sortie du trailer

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La fibre de l’amitié : "Ralph 2.0"

Animation - dès 6 ans | de Rich Moore & Phil Johnston (É-U, 1h53) avec les voix (v.f.) de François-Xavier Demaison, Dorothée Pousséo, Jonathan Cohen…

Vincent Raymond | Mercredi 13 février 2019

La fibre de l’amitié :

Ayant provoqué malgré lui la casse du jeu d’arcade de son amie Vanellope, Ralph plonge avec elle dans l’univers multidimensionnel de l’Internet pour trouver l’argent permettant de le réparer. Il leur faudra triompher de nouveaux adversaires et de féroces bugs pour boucler ce niveau… On connaît tous le principe évolutif d’une suite : offrir davantage que l’opus précédent afin d’élargir sa “surface de contact“ pour ne pas perdre le public de base et, si possible, en gagner un nouveau. Contrat rempli pour Ralph 2.0 qui délaisse le monde vernaculaire des jeux d’arcade pour conquérir en toute logique ce qui lui a succédé, son hyper-extension cosmique qu’est Internet. Moore & Johnston le matérialisent avec une indéniable virtuosité graphique et esthétique, comme une réplique de notre réalité, reprenant en cela le concept élaboré dès Tron — auquel leur film rend un hommage en forme de tacle. Le terme “matérialiser“ convient d’ailleurs assez bien à ce territoire virtuel, saturé de banderoles, de log

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Enfermées dehors : "Les Invisibles"

Comédie | De Louis-Julien Petit (Fr, 1h42) avec Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky…

Vincent Raymond | Mardi 8 janvier 2019

Enfermées dehors :

Manu dirige L’Envol, un centre d’accueil de jour pour femmes SDF. La tutelle municipale ayant décidé de sa prochaine fermeture, Manu et ses éducatrices entrent en campagne pour accélérer la réinsertion de leurs habituées. Quitte à outrepasser leur rôle et à tricher avec les règles… Louis-Julien Petit va-t-il devenir le porte-voix des sans-voix, le relai des opprimés et des victimes du déclassement social, avec Corinne Masiero en égérie ? Discount (2015) pointait les aberrations éthiques d’une grande distribution préférant détruire des denrées au seuil de péremption plutôt que de les distribuer aux nécessiteux ; Les Invisibles dénonce dans la foulée les rigidités administratives du secteur social, ainsi que la disparition de l’humain dans la “gestion“ (prenons à dessein des expressions comptables, c’est dans l’air du temps) d’une misère déplacée dans des méga-complexes hors des villes. S’il recourt volontiers à la comédie de caractères réaliste et aigre-douce prisée par Paul Laverty — en manifestant une nette pr

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À poil les culs terreux ! : "Normandie Nue"

Comédie mal fagotée | de Philippe Le Guay (Fr, 1h45) avec François Cluzet, Toby Jones, François-Xavier Demaison…

Vincent Raymond | Mardi 9 janvier 2018

À poil les culs terreux ! :

Pour attirer l’attention du monde entier sur sa commune où les éleveurs et paysans n’en finissent plus de crever à petit feu, le maire Balbuzard accepte la proposition d’un artiste américain souhaitant photographier ses concitoyens nus dans un champ. Il lui reste juste à les convaincre… Transposer la démarche de Spencer Tunick sur une communauté en pleine lutte sociale, voilà qui aurait pu faire un bon Ken Loach. Sauf que c’est un Le Guay. Et que le cinéaste français a des ambitions de téléfilm, préférant à une comédie à enjeu dramatique des plans brumeux bucoliques, une surabondance de protagonistes vêtus de chemises à carreaux et des sous-intrigues de clocher éculées. Certes, pour la caution sociale, il glisse bien de-ci de-là une allusion aux cours de la viande, à la concurrence germano-roumaine, aux grandes surfaces, à l’usage des produits phytosanitaires, mais cela pue l’alibi comme une fosse à purin. Le Guay semble avoir en outre la même vision étriquée de la campagne que le personnage du néo-rural — un pubard parisien, interprété par Demaison

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Chanteurs/cultes : "Coexister" de Fabrice Eboué

ECRANS | de & avec Fabrice Eboué (Fr, 1h30) avec également Ramzy Bedia, Guillaume De Tonquédec, Audrey Lamy…

Vincent Raymond | Mardi 10 octobre 2017

Chanteurs/cultes :

Directeur de la branche musicale déficitaire d’une multinationale, Nicolas est sommé par sa PDG de produire un succès sous six mois. Au bout du rouleau, il décide de créer un groupe réunissant un prêtre, un rabbin et un (faux) imam chantant le vivre-ensemble et la concorde. Un sacré défi… Alleluia ! À partir de cet improbable argument, qui aurait pu aisément choir dans la comédie flasque et la bienveillance sucrée, Fabrice Eboué a su tirer une authentique satire prenant comme cible non pas les divergences entre les obédiences, mais les hypocrisies — rassemblant fidèles et mécréants. S’appuyant sur un trio excellemment choisi (Tonquédec/Cohen/Bédia, à la fois naturels et caricaturaux), complété par Audrey Lamy convaincante en ingénue-couche-toi-là et Mathilde Seigner plus que réaliste en capitaine d’industrie sans état d’âme, le comédien-réalisateur (dont le personnage ne se donne même plus la peine d’être cynique) repousse les limites de la provocation et du mauvais goût en restant dans les clous — si l’on ose. Jamais blessant, son très plaisant sens du corrosif

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"Comment j'ai rencontré mon père" de Maxime Motte : “Je” est un autre

ECRANS | de Maxime Motte (Fr, 1h25) avec François-Xavier Demaison, Isabelle Carré, Albert Delpy…

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

Enguerrand a six ans et des parents adoptifs qui moulinent un peu avec ce concept. Alors, lorsqu’il découvre un soir sur la plage un sans papier d’origine africaine comme lui, il est persuadé d’avoir rencontré son père biologique. Sauf que non : Kwabéna veut juste passer en Angleterre… La promesse du titre est à moitié tenue : le “je” laisse entendre que le film va être vu à hauteur d’enfant. En réalité, ce sont les parents (et surtout le grand-père délinquant-débauché joué par Albert Delpy) qui occupent le premier plan, l’enfant — doté de la maturité d’un grand pré-ado — se contentant de vignettes. Privé de cette ambition, le film équivaut à un Welcome traité façon comédie, émaillé de séquences de “Papy sème sa zone à l’hospice avec ses potes les vieux” et d’engueulades sitcom entre les parents (elle, juge rigide ; lui, libraire nonchalant). Un (gros) peu d’écriture en plus n’aurait pas nui.

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"L'Outsider" : pour enfin comprendre l'affaire Kerviel

ECRANS | Christophe Barratier remise patine et chansonnette pour prendre le parti de Jérôme Kerviel face à la Loi des marchés. Il réalise une jolie plus-value au passage : grâce à ce film maîtrisé, la séance se clôt par une forte hausse de la valeur de son cinéma.

Vincent Raymond | Mardi 21 juin 2016

Qu’il semble loin, le temps des Choristes, de Faubourg 36 ou de La Nouvelle Guerre des boutons ; cette époque laissant croire que Christophe Barratier préférait idéaliser un passé de carton-pâte, baigné d’insouciance nostalgique, comme s’il fuyait toute représentation du présent. Pour son premier film réellement contemporain, le cinéaste se paie le luxe de traiter frontalement un sujet en or que beaucoup de ses confrères français auraient sans doute évacué comme le mistigri : “l’affaire Kerviel”. Frontalement, c’est-à-dire sans recourir à ce faux-nez habituel qu’est “l’évocation de faits réels” — une touchante pudeur visant à se prémunir d’éventuelles poursuites. Ici, tout étant avéré, Barratier cite nommément et sans barguigner les protagonistes et les ra

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"L'Idéal" : Frédéric Beigbeder s'adapte lui-même

ECRANS | de Frédéric Beigbeder (Fr., 1h30) avec Gaspard Proust, Audrey Fleurot, Anamaria Vartolomei…

Vincent Raymond | Mardi 14 juin 2016

En 2007, Beigbeder confiait à Jan Kounen le soin de tourner l’adaptation de son roman 99 francs. Moins d’une décennie plus tard, et après avoir franchi le pas en transposant L’Amour dure trois ans, l’écrivain se charge lui-même de la réalisation de la suite Au secours, pardon, qu’il remodèle pour la peine. Retranchant les éléments équivoques (le surplus de sexe avec mineures, d’inceste potentiel, de paradis artificiels), ajoutant des personnages féminins et féministes (type Femen) comme pour donner des gages à notre époque, il ne manque pas non plus une occasion d’afficher à l’écran la marque du magazine qu’il dirige, Lui. Cynisme hypocrite ou ironie, dans u

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Tout pour être heureux

ECRANS | de Cyril Gelblat (Fr, 1h37) avec Manu Payet, Audrey Lamy, Aure Atika, Joe Bel…

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

Tout pour être heureux

Ses yeux de cocker l’ont conduit à prêter sa voix au chien Bill ; sa barbe de trois jours et son poil grisonnant semblent le condamner à des emplois d’épave en rupture de famille, de copine, de boulot (mais qui arrivera bien par s’en sortir, allez) assistant à leur propre déchéance avec une fatalité lasse… Peut-être que Manu Payet devrait envisager le rasage de près pour accéder à des rôles différents, ne tournant pas autour du nombril d’un quadra bobo exprimant son ressenti de victime d’une précarité sournoise, tout ça parce qu’il a craqué le lacet de sa Stan Smith droite — sa préférée. Ce n’est en tout cas pas avec cette comédie fatiguée, espérant sans doute se parer de l’épithète “dramatique” parce qu’elle ne se boucle pas totalement en faveur du héros, qu’il sort de sa zone de confiance. Dommage pour Audrey Lamy qui, elle, arrive à faire quelque chose de son maigre personnage.

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Elle est l'autre

ARTS | Laurence Demaison expose plusieurs séries photographiques à la galerie Domi Nostrae. Un travail passionnant et sans concession sur la (dé)construction de l'identité. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 janvier 2015

Elle est l'autre

Sous l'un de ses portraits gravés, Gérard de Nerval (1808-1855) a écrit à la main : «Je suis l'autre». Etrange formule qui résonne avec celle de Rimbaud, postérieure et plus ouverte encore avec son pronom indéfini : «Je est un autre». Dangereuse formule sans doute aussi, pour un poète qui vécut à plusieurs reprises les souffrances de la folie. Car la folie affronte, entre autre, deux sortes de drames diamétralement opposés : l'impossibilité de se réunir en une identité cohérente, corps et psyché éclatant en morceaux incohérents ; la cristallisation aliénante en l'identité étouffante d'un autre, à une image fixe et fascinante. Ce double écueil de la folie est paradoxalement l'un des ressorts de la création artistique, cherchant à (re)faire et défaire les identités. Depuis le début des années 1990, la photographe Laurence Demaison se consacre quasi exclusivement à l'autoportrait. Un genre qui, avec elle, ne tire pas vers le sublime, mais tout au contraire vers une interrogation, angoissée et angoissante, sur l'identité. La sienne propre et, à travers elle, la nôtre. «Utiliser ma carcasse détestée comme sujet, a pu déclarer l'artiste, aurait é

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Le corps dans tous ses états

ARTS | Des images du corps au corps des images, les expositions de la rentrée font vaciller, danser, se métamorphoser la figure humaine. Et certains artistes, comme Céline Duval ou Erro, vont jusqu'à insuffler une seconde vie aux images elles-mêmes... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 septembre 2014

Le corps dans tous ses états

En Avignon, dans une prison désaffectée, des œuvres d'art contemporain ont remplacé les corps dans les cellules et les couloirs (dans le cadre de l'exposition La Disparition des lucioles, jusqu'au 25 novembre). En 2010, au Musée d'art moderne de New York, Marina Abramovic est restée trois mois assise, silencieuse, face au public (le film sur Abramovic The Artist Is Present est projeté au Comoedia, ce dimanche 21 septembre à 11h15). Le corps d'Abramovic remplace cette fois-ci l’œuvre d'art. Comme si, dans ces deux exemples, l’œuvre et le corps étaient interchangeables, la première ne représentant pas seulement l'autre, mais l'un valant l'autre, l'un allant, à la limite, jusqu'à se confondre avec l'autre. On ne vous apprendra certainement pas grand chose en soulignant ici les liens serrés et essentiels entre le corps humain et l'œuvre d'art, mais cette proximité connue vaut la peine d'être rappelée à l'heure lyonnaise où la Biennale de la danse suit le fil de la performance, et où nombre d'expositions de la rentrée auront pour enjeu, d'une manière ou d'une autre, le corps. Le jeune arti

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C’est l’histoire d’un mec, y surprend

SCENES | Seul et en silence, Monsieur Fraize renverse les codes du café-théâtre et plonge son auditoire dans l’hilarité comme personne, le long d'un spectacle sur le fil, reflet d’une société infiniment fragile. Rencontre. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 10 janvier 2014

C’est l’histoire d’un mec, y surprend

Il fallait le voir l'été dernier au festival d’Avignon... où il n’était pas. Dans le capharnaüm d’affiches qui recouvraient les murs, abribus et autres glissières de sécurité de la ville, il y avait la sienne : la photo d’un fil à linge sur lequel séchaient son polo rouge et son pantalon bleu de velours, surmontée du texte «Monsieur Fraize relâche du 8 au 31 juillet 2013». Pas de visage, à la différence de tous ses congénères comiques, encore moins de spectacle, alors que l’année précédente il remplissait le Palace. Voilà résumé ce que Marc Fraize essaye de faire avec son personnage : se décaler. Etre là où ne l’attend pas, ne pas être là où on l’attend. Pourtant, rien ne prédisposait ce quasi quadragénaire à être sur les planches, si ce n’est «une envie de connaitre des gens», née quand sa famille a quitté la banlieue parisienne pour celle de Lyon. Il est alors lycéen, suit un copain dans la troupe du Sol à Charly : «J’adorais l’idée de construire quelque chose à plusieurs. J’aimais ce vieux mythe du Café de la Gare, avec des potes qui jouaient, mangeaient des pâtes, se couchaient tard, gagnaient trois francs six sous et faisaient des choses ensemb

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Il suffira d'un signe

SCENES | Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 3 janvier 2014

Il suffira d'un signe

Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de mesure, Dieudonné a réussi son coup : ici comme ailleurs, on ne parle plus que de la possible interdiction de sa venue à l'Amphi 3000 (le 13 juin). Pas un mot, en revanche, sur la reprise de la survoltée mise à nu d'Alex Ramirès au Complexe du Rire en mai. Ni sur les autres étoiles montantes de la galaxie Jocelyn Flipo (qui mettra en scène la romance porno Trash en mars à la Comédie-Odéon et

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Alex Ramirès, un grand garçon dans le vent

SCENES | Révélé par un premier one-man-show prodigieusement schizophrène dans lequel il racontait son dépucelage sur un texte de Jocelyn Flipo, Alex Ramirès revient avec Alex Ramirès est un grand garçon, "spectacle de la maturité" aussi jubilatoire qu'émouvant dont la construction ne doit (presque) rien à personne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 12 décembre 2013

Alex Ramirès, un grand garçon dans le vent

La, si, do, mi, fa, sol, fa, mi, do, si. Toute la personnalité d'Alex Ramirès est contenue dans ces dix notes, qui composent (en la majeur) la mélodie douce-amère du Kids de MGMT, et au son desquelles il salue le public au terme de son nouveau one-man-show, Alex Ramirès est un grand garçon. Un lucide et décoiffant autoportrait du comédien en "fuyard en avant" dont la genèse remonte justement à l'enfance. Nous sommes en 1998 à Roussillon, en Isère. Alex n'a que 9 ans, mais assez d'énergie et de volubilité pour que sa mère juge opportun de l'inscrire au cours d'improvisation théâtrale du centre social du coin. Il va y faire sa première rencontre déterminante : celle du conteur Olivier Ponsot, avec lequel il va apprendre à matérialiser une histoire en deux temps trois mouvements. Au sens propre, l'endroit disposant pour seul matériel de deux paravents, qui font office de coulisses. Galvanisé à l'idée de pouvoir être, au gré de ce qui le traverse le jour, qui il veut le soir à l'instar, d'une certaine façon, des super-héros masqués dont il goûte alors les exploits, il suivra cet atelier toute une décennie. Dix ans pendants lesquels ce tchatcheur né, qui con

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Ça bulle pour lui

SCENES | Jocelyn Flipo a beau avoir une carrure de rugbyman, il n'y connaît rien en plaquages. Du moins ceux qui coupent l'élan. Ceux qui écrasent le cœur, en revanche, n'ont aucun secret pour ce quadra lyonnais qui, en l'espace de cinq ans, s'est imposé comme le golden boy du café-théâtre local. Son emploi du temps s'en ressent : avec trois projets à l'affiche et le double en cours de réalisation, le suivre ne va pas être une mince affaire. Il va pourtant bien falloir. De très près qui plus est. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 14 février 2013

Ça bulle pour lui

«Je suis quelqu'un qui travaille dans l'ombre. J'aime faire briller les autres». Ce sont, à quelques balbutiements près, les premiers mots qu'a prononcés Jocelyn Flipo lorsque nous lui avons fait part de notre volonté de lui consacrer la Une de ce numéro. Des mots d'excuse à peine déguisés, ceux d'un homme gêné à l'idée de tirer à lui une couverture dont ces «autres» lui paraissent plus dignes. Cet embarras ne l'a cependant pas empêché de se démener pour nous fournir un portrait photo digne d'une publicité Lacoste – ce doit être la première fois qu'un artiste organise un shooting rien que pour nous. L'anecdote peut sembler anodine. Elle en dit pourtant long sur la personnalité de ce jeune auteur et metteur en scène lyonnais, dont le travail injecte de la nuance au communément très criard milieu du café-théâtre. Un pro de l'impro La carrière de Jocelyn Flipo débute il y a cinq ans lorsque, en parallèle d'une vie salariale le voyant assumer successivement des postes d'éducateur sportif, de conseiller juridique et de responsable RH, il chope le virus de l'improvisation après s'être amusé de la prestation d'un ami : «Ce qui est génial

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Un drôle de réveillon

SCENES | La nouvelle, datée du 29 novembre, est tombée comme un couperet : cette année, France 3 ne diffusera pas son traditionnel bêtisier. Il flotte depuis comme une odeur de fin de règne. Sauf chez ceux qui savent que, pour achever un cycle calendaire sur une bonne marrade, c’est au café-théâtre que ça se passe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 15 décembre 2012

Un drôle de réveillon

On les aime bien, tous ces gens qui font tourner les cafés-théâtres du coin. Ne serait-ce que parce que leur travail contribue à améliorer les fonctions cognitives de ceux qui en bénéficient – pour nous qui passons la majeure partie de notre temps à nous écouter réfléchir, ce n’est pas négligeable. Mais s’ils pouvaient remettre leur agenda à zéro plus en douceur, ça nous arrangerait. Non parce que faire le tri dans une quarantaine de propositions artistiques, voilà un travail herculéen… Ca va que c’est peut-être la dernière fois que nous nous en acquittons, et qu’il nous donne l’occasion de vous redire tout le bien que l’on pense de Dans ta bulle, une pièce aussi drôle qu’émouvante et servie par trois acteurs parfaits, dont Léon Vitale, qui incarne tous les seconds rôles masculins de cette histoire – librement inspirée des BD de Domas – d’un garçon optimiste pensant que le sourire est une arme de séduction massive. Pour le meilleur et pour le rire Ce numéro se concluant par un portrait d’Alexandre Astier, poursuivons par une révérence aux

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Pauline détective

ECRANS | De Marc Fitoussi (Fr, 1h41) avec Sandrine Kiberlain, Audrey Lamy…

Christophe Chabert | Mardi 25 septembre 2012

Pauline détective

Sur les pas de Pascal Thomas période Agatha Christie, Marc Fitoussi (La Vie d’artiste, Copacabana : un bon auteur de comédie, donc) se vautre complètement avec ce Pauline détective qui sent vite l’impasse. Il faut dire qu’entre les déboires sentimentaux trop ordinaires de ladite Pauline, et ses vacances avec sa sœur et son beau-frère en Italie, pleines de clichés sur les Français à l’étranger, le fond de la sauce est déjà épais. Mais c’est bien dans le vrai-faux film policier que les choses virent au naufrage : que Pauline s’entête à voir du crime et du mystère partout, soit ; mais l’indifférence générale qui entoure ses velléités de détective, à commencer par celle de Fitoussi, trop occupé à dessiner un contexte pop à coups de couleurs acidulées et de dressing top tendance, ne permet aucune identification au personnage et aucun début d’intérêt pour l’intrigue. On comprend vite qu’on est face à une suite de fausses pistes traitées au deuxième degré et sans aucune rigueur, sacrifiant au passage la pauvre Sandrine Kiberlain, dont la carrière v

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Plan de table

ECRANS | De Christelle Raynal (Fr, 1h30) avec Franck Dubosc, Elsa Zylberstein, Audrey Lamy…

Christophe Chabert | Mercredi 4 avril 2012

Plan de table

Dans The Player, Robert Altman montrait des producteurs capables de donner leur feu vert à n’importe quel projet, même le plus stupide, pourvu que Julia Roberts joue dedans. Vingt ans plus tard, ce n’est plus de la fiction, il semble que ce soit la même chose en France avec Franck Dubosc. Pourtant incroyablement mauvais, ce comédien qui n’a jamais réussi à comprendre qu’il n’était plus en one man show mais qu’il jouait avec d’autres acteurs sur le plateau continue donc à se commettre dans des films aberrants. Plan de table surfe donc sur tout ce qui est dans l’air (la comédie de mariage, le concept du ou bien, ou bien, la critique à peu de frais d’un matérialisme dans lequel les personnages se vautrent à longueur de temps) sans la moindre rigueur dans l’écriture ou la mise en scène. Confondant précipitation et rythme, Christelle Raynal raconte tout à 400 à l’heure, excès de vitesse dont les acteurs sont les premières victimes, condamnés à la grimace, au cabotinage ou au profil bas. Naufrage !Christophe Chabert

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La vie est bulle

SCENES | Drôle, émouvant, remarquablement interprété, ambitieux, Dans ta bulle, librement inspiré des BD du Marseillais Domas, confirme que Jocelyn Flipo est un metteur en scène passionnant. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 2 février 2012

La vie est bulle

Il y a longtemps, en Amérique, un romancier nommé Raymond Carver racontait, sous forme de nouvelles, des histoires a priori anecdotiques mais qui, mises bout à bout, parlaient de leur époque, des gens qui en formaient l’ordinaire, et savait les rendre extraordinaires et universelles. Aujourd’hui, en France, Domas, un dessinateur marseillais croque à son tour les anecdotes d’une vie et nous parle, sans identification forcée ou sociologie encombrante, de nous. Il s’est forgé un alter-ego, Max. Il vit en colocation avec Pierrot, lunaire et largué, ne pense qu’à faire le premier pas vers les autres et rêve de tomber amoureux. Domas découpe sa vie en planches, équivalents dessinés de la nouvelle, et les transforme en comédie humaine vibrante d’émotions où les petits riens se font grandes questions. De la planche aux planches Prolonger sur scène un tel matériau était ambitieux, surtout quand on a jusque-là fait ses armes dans le one-man-show comique et l’improvisation. Jocelyn Flipo, qui s’affirme ici comme un metteur en scène important, a donc bousculé les lignes, dans tous les sens du terme. D’abord en donnant à Max une incarnation fidèle : c’est

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L’Amour dure trois ans

ECRANS | De Frédéric Beigbeder (Fr, 1h38) avec Gaspard Proust, Louise Bourgoin, JoeyStarr…

Dorotée Aznar | Mercredi 11 janvier 2012

L’Amour dure trois ans

Écrivain, Frédéric Beigbeder aimait les formules-choc, probablement héritées de son passé de publicitaire. Devenu cinéaste (mais on devrait plutôt dire qu’il s’improvise dans cette fonction), le voici qui tente pathétiquement d’en trouver un équivalent filmique. Solution 1 : faire reprendre par son personnage-alter ego (un médiocre Gaspard Proust dont le jeu bien pauvre consiste à dire son texte en bougeant les bras) les aphorismes lourdingues du roman, dans des intérieurs chics qui doivent valoir l’équivalent d’une vie entière d’un SMICARD. Solution 2 : pomper sans vergogne le style Fight club en lui ôtant toute substance (car ce que raconte le film sur l’amour, le couple, les hommes, les femmes et la vie, est au bas mot sans intérêt), comme un défilé fatiguant de formats courts télé (Bref n’est pas très loin…) où l’on injecte guests (certaines sont très bien, Lemercier en particulier) et clins d’œil, jusqu’à ce climax cauchemardesque où Louise Bourgoin regarde sur son écran plat Le Grand journal de Canal +. Dur de faire plus bêtement corporate que cette mise en abyme éloquente, où l’on regarde son nombril télévisuel avec satisfaction. L’

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La revanche des losers

SCENES | Que se passe-t-il quand deux acteurs brillants se rencontrent ? Ils inventent un spectacle où ils jouent des artistes ratés. C’est ce que viennent de faire Yann Guillarme et Aurélien Portehaut (alias Pipo et Molo) et ça donne un OVNI comique gonflé et inédit. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 18 novembre 2011

La revanche des losers

Ils arrivent sur scène avec des marionnettes qu’ils manipulent comme des manches, un son et lumière pourri et un look grotesque de saltimbanques du siècle dernier, pantalon rouge flashy et petite moustache trop bien taillée. Ils s’appellent Pipo et Molo. Dans le jargon populaire des artistes, deux noms synonymes de bras cassés, d’escrocs, de ratés. C’est d’ailleurs ce qu’ils sont : des gars qui, depuis vingt ans, écument les rues piétonnes et les cabarets pour faire des tours de magie éculés, des numéros de transformismes foireux, de la ventriloquie minable et des imitations pathétiques. Mais Pipo et Molo, c’est aussi André Pipolin et Serge Molocci ; derrière les artistes de rue à la ramasse, des comédiens qui ont quand même envie d’arriver à quelque chose quelque part (aller à Hollywood et manger des côtés de bœuf, pour leur cas). Dans un geste de la dernière chance, Pipo et Molo vont donc sortir de leur mouise congénitale et essayer de vendre, ne serait-ce qu’une fois, du rêve à leur public. Ce qu’ils parviendront à faire : chanter du jazz (Sinatra et Dean Martin), refaire un blockbuster d’action américain (Pipovitch contre Mologan) et révéler un don, un vrai : Molo a des tale

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Gaspard Proust

SCENES | Depuis Desproges, aucun humoriste n’avait réussi à être aussi acide sur scène que Gaspard Proust. Son drôle de j’m’enfoutisme, apanage des grands timides qui (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 1 septembre 2011

Gaspard Proust

Depuis Desproges, aucun humoriste n’avait réussi à être aussi acide sur scène que Gaspard Proust. Son drôle de j’m’enfoutisme, apanage des grands timides qui se libèrent une fois les pieds sur une scène, son sens aiguisé de la provocation l’air de rien et, surtout, ses textes extrêmement bien écrits (on peut parler d’auteur) le mettent à la pointe de l’humour français actuel. Lundi 6 et mardi 7 février au Théâtre de Villefranche ; mercredi 4 avril à la Bourse du travail

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Sans laisser de traces

ECRANS | De Grégoire Vigneron (Fr, 1h35) avec Benoît Magimel, François-Xavier Demaison…

Christophe Chabert | Jeudi 4 mars 2010

Sans laisser de traces

Le tandem Vigneron / Tirard responsable du "Petit Nicolas" nous vend un thriller qui se voudrait immoral, mais qui est surtout très bête. Résumons : un futur PDG, presque self-made-man (il a quand même épousé la fille du patron), a des remords. Le produit qui a fait sa gloire au sein de l’entreprise repose sur un brevet spolié à un petit inventeur. Pensant aller le dédommager pour régler ses problèmes de conscience, il finit par le buter avec l’aide d’un ancien pote loser. Le reste est à l’avenant de ce début branlant : mou comme de la chique, reposant sur un casting improbable (Magimel, comme absent à lui-même, et Demaison, qui est loin de savoir tout jouer…), des dialogues affreux et surtout, un parfait connard en guise de protagoniste, qui blâme le monde entier de la médiocrité de ses actes sans jamais se remettre en question. Son apologie de la «chance» ressemble en fait à un plaidoyer pour un monde décomplexé face à l’argent, au crime, à la goujaterie, etc. CC

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Divorces

ECRANS | De Valérie Gugnabodet (Fr, 1h40) avec François-Xavier Demaison, Pascale Arbillot…

Christophe Chabert | Mardi 6 octobre 2009

Divorces

Ça va mal au pays de la comédie française… Après 'Victor' la semaine dernière, 'Divorces' enfonce le clou du cercueil : point de salut hors le recensement vulgaire et téléfilmé de la médiocrité ordinaire, comme si le spectateur ne pouvait rire face à l’écran que de sa bassesse et de la merde quotidienne dans laquelle il est englué. Bizarre, tout de même, comme remède contre la morosité ambiante ! Toujours est-il que Valérie Guignabodet, pourtant réalisatrice de l’intéressant 'Danse avec lui', se pourlèche les babines face à ce jeu de massacre entre un couple d’avocats spécialisés dans le divorce à l’amiable, dont la belle alliance est menacée par leur propre séparation. On apprendra, entre autres questions vitales à la survie de l’humanité, que le couple, c’est castrateur, que le ticket de métro, pour vous mesdames, est une bonne manière de réveiller l’appétit sexuel de monsieur, et que quand on appelle une jeune chienne une «chiotte», c’est drôle. Non ? On est d’accords, alors… CC

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Coluche

ECRANS | D’Antoine De Caunes (Fr, 1h43) avec François-Xavier Demaison, Léa Drucker, Olivier Gourmet…

Christophe Chabert | Mercredi 8 octobre 2008

Coluche

Coluche ressemble exactement à ce que l’on pouvait attendre de la part d’Antoine De Caunes : la copie sans rature d’un élève ayant si peur de mal faire qu’il ne fait pas grand chose. Tous ses films sont ainsi, et celui-ci peut-être plus que les autres… Plutôt qu’une bio filmée, Coluche évoque un moment de la vie de l’acteur, quand il décide de se présenter aux présidentielles en 1981. Décision intéressante, mais dont on ne trouvera jamais de justification à l’écran. La période ? Juste un décorum folklorique… La politique selon Coluche ? Un poujadisme irresponsable mais finalement salutaire. Sa vie privée ? Des fêtes et de la came, mais pas vraiment de drame à l’horizon. Ce qu’il manque à tout ça, c’est un point de vue qui donnerait du relief aux événements qui se succèdent à l’écran. Film plat agité par d’agaçants gimmicks de réalisation et plombé par le syndrome Patrick Sébastien (Demaison transparent, Drucker enlaidie…), Coluche laisse indifférent ; un comble vu le côté polémique du personnage… CC

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