La Renaissance se confirme

SCENES | Le théâtre oullinois attend avec impatience l’arrivée du métro B à sa porte. Ce sera chose faite le 11 décembre. En attendant, Roland Auzet, son directeur-artiste, a conçu sa deuxième saison avec de très nombreuses collaborations pour proposer pas moins de 42 spectacles ! Décryptage des mois à venir dans ce qui s’impose comme LE lieu consacré aux liens entre entre musique et théâtre dans la petite couronne lyonnaise. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 15 avril 2013

Une fois n'est pas coutume, voici une saison théâtrale qui commence… en juin ! Le Théâtre de la Renaissance se délocalisera sur la colline de Fourvière pendant les Nuits avec FoRest de Jérôme Thomas, accompagné d'un impromptu le 10 juin entre ce circassien et Roland Auzet, son acolyte dans Deux hommes jonglaient dans leur tête, une pièce qui ne cesse de tourner depuis sa création en 2008. Pour parfaire ce dialogue entre le festival et le théâtre, l'ensemble autrichien de musique baroque Franui mettra en notes une des Vies minuscules de Pierre Michon, lue par le génial André Wilms.

Partenaires particuliers

Tout au long de la saison, le Théâtre de la Renaissance va donc s'associer à d'autres manifestations culturelles du territoire comme la Biennale d'Art contemporain, en accueillant une installation musicale de Michel Aubry sur le site du Bac à Traille. Le festival international de théâtre des Célestins, Sens interdits, fera lui halte pour la première fois à Oullins avec le retour du Chœur de femmes de 48 polonaises pour une trilogie les 26 et 27 octobre. Un spectacle sera aussi proposé au cours des rencontres cinéma et sciences À nous de voir (novembre). Dernier partenariat majeur : celui avec le GRAME et notamment sa Biennale des Musiques en scène en mars 2014, avec en point d'orgue, Steve Five (King different) création de Roland Auzet et Fabrice Melquiot se superposant les destins d'Henri V et de Steve Jobs ! À voir à l'Opéra de Lyon du 14 au 18 mars.

Reprises

L'histoire entre Melquiot et Auzet n'est pas nouvelle. L'an dernier déjà, ils montaient ensemble un spectacle jeune public troublant, Aucun homme n'est une île, qui reviendra à la Renaissance cette année, à l'instar d'autres créations maison de la saison qui s'achève : The Need for cosmos (février) ou Tu tiens sur tous les fronts (avril). Les tournées et les productions gérées par la Renaissance sont les chevilles ouvrières de l'économie de ce théâtre doté de 160 000 € de l'Etat et 120 000 € de la Région.

Des petits comme des grands

Le jeune public ne sera pas en reste, mais le directeur précise bien qu'il s'agit là d'«objets artistiques et non de spectacles pour enfants» comme ce sera le cas avec The Animals and children took to the streets, de la compagnie 1927, en anglais surtitré (décembre) ou Un beau matin, Aladin avec le marionnettiste à la renommée internationale Matej Forman et la grande Agnès Sourdillon (mai). Quelques lectures seront également égrénées au long de la saison, le rôle du théâtre public étant, selon Roland Auzet, «de proposer aussi des rencontres, des formes en construction, pas seulement des spectacles prêts à consommer». L'écrivain "goncourtisé" Laurent Gaudé et l'électroacouticien Franck Vigroix se rencontreront ainsi en décembre, tandis que Fabrice Melquiot et le musicien Nicolas Lespagnol-Rizzi collaboreront en mai.

Philip Glass

Enfin, un mot sur les stars : Louis Sclavis fera jazzer le théâtre avec Keyvan Chemirani (février), Dominique Pinon campera Richard III sous la houlette de Laurent Fréchuret (avril), Rodolphe Burger donnera son interprétation du Cantique des cantiques et de textes de Mahmoud Darwich (avril) et, surtout, le pionnier du minimalisme Philip Glass assurera un solo de piano le 18 janvier.

Pass partout

Impossible de détailler ici l'ensemble de la programmation, au vu de sa densité. Elle l'est toutefois d'ores et déjà dans notre agenda. A noter que pour la première fois, le théâtre ouvrira une billetterie en ligne dès le 10 juin prochain. Exit, d'ailleurs, le système d'abonnement «à la papa» avec une création, un classique du répertoire et un concert. Voici venu le temps du pass, formule plus souple que la précédente : en payant 20€ (tarif plein), le spectateur pourra ensuite accéder à chaque spectacle pour 8€ sans devoir nécessairement composer son menu en début de saison, libre de picorer au fil des mois.

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En formule trio

Jazz | Ce n'est pas si courant dans nos contrées : trois pointures du jazz se succèdent en quelques jours dans les salles lyonnaises, avec Ibrahim Maalouf, Louis Sclavis et Herbie Hancock.

Sébastien Broquet | Mardi 15 octobre 2019

En formule trio

Ibrahim Maalouf Du jazz à la Halle Tony Garnier ? Rare sensation, mais il faut bien avouer que le parcours d'Ibrahim Maalouf est peu commun. Le trompettiste depuis longtemps ferraille dans les chemins de traverse, puisant dans les musiques latines et la pop mainstream d'autres pistes pour nourrir ses inspirations, pour aller plus loin que la figure déjà respectée qu'il aurait pu incarner, celle d'un descendant de Miles, de Jon Hassell et d'Erik Truffaz. Le Libanais, modèle d'ouverture et de subtilité, que l'on a pu voir au petit matin dans un studio de télévision après onze heures d'avion improviser avec Sami Pageaux-Waro une mélopée tirant des larmes à la maquilleuse en plateau, est capable d'initier des moments d'émotion intenses dans quasi toutes les configurations, et l'on ne doute pas que le gigantisme de cette salle ne soit même pas un obstacle pour celui qui fût récompensé en 2017 d'un César pour sa musique du film Dans les forêts de Sibérie. Depuis son premier album en 2007, le neveu d'

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Irène Jacob, la voix sereine

Portrait | Le visage de trois quart de profil en gros plan, devant Jean-Louis Trintignant. Rouge. Le film de Kieślowski, avec La Double vie de Véronique, va révéler la comédienne Irène Jacob dans les années 90. Depuis, elle tourne dans le monde entier, chante et sera La Voix humaine de Cocteau en novembre.

Nadja Pobel | Mardi 6 novembre 2018

Irène Jacob, la voix sereine

D'elle, il nous parvient des flashs apaisants : son visage (qui n'a guère changé depuis les films du cinéaste polonais mythique) et sa voix qui décline les questions de Cosmopolitan en susurrant à l'oreille de Vincent Delerm « avez-vous déjà fait souffrir votre partenaire ? » ou nous informe que « c'est une période difficile pour les natives du deuxième décan ». Elle est aussi « une fille Deutsche Grammophon » sur l'album Kensington square. Et Jean-Luc Le Ténia lui a même consacré une chanson à son nom. Iconique. Osons le mot qu'elle ne peut s'attribuer. Il y a de cela chez Irène Jacob, mais une icône accessible que l'on voudrait toutefois ne pas trop chahuter pour respecter ce travail mené depuis plus de vingt avec exigence et humilité. Tracer sa voix (humaine) D'emblée, elle rencontre des hommes de cinéma reconnus pour leur rigueur. C'est Louis Malle qui met le pied à l'étrier de cette fille de physicien et psychologue, la quatrième fille, après trois g

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Archie Shepp, Louis Sclavis : libres !

Jazz | Double shot de pointures jazz cette semaine : Archie Shepp pose son saxo à l'Auditorium, Louis Sclavis squatte l'Opéra Underground. Enfin le réveil de la note bleue à Lyon ?

Sébastien Broquet | Lundi 8 octobre 2018

Archie Shepp, Louis Sclavis : libres !

Ce n'est pas toutes les semaines que les aficionados de jazz se régalent ainsi de deux concerts concomitants conviant une paire de figures cultes. Du côté de l'Opéra revisité underground, le bienvenu régional de l'étape qu'est Louis Sclavis ouvre les festivités. Le clarinettiste phare de la scène européenne s'avance en formule quartet (Benjamin Moussay au piano, Sarah Murcia à la contrebasse et Christophe Lavergne à la batterie), avec sous le bras un nouvel opus enregistré lui en compagnie d'un autre allumé notoire, Bernard Lubat, merveille de tandem explorant en finesse l'improvisation, telle qu'énoncée par une certaine scène free française qui a su s'émanciper des canons étasuniens pour créer un idiome underground qui lui est propre (relire à ce sujet l'excellent ouvrage de Serge Loupien, La France Underground). Pour ce concert, Sclavis explorera sa création Characters on a Wall, où huit pièces sont mises en perspective d'œuvres picturales l'entraînant par exemple sur les pas de Darwich à Ramallah. Things have got t

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Direction O.S.L.Ø. pour le label Ouch! Records

Saint Fons Jazz | Ouch! Records, c'est un label, axé vinyles et dépourvu d'œillères, œuvrant sur les crêtes du jazz, là où le punk s'effiloche. Mené par le saxophoniste très stoogien Lionel Martin, rééditant des raretés de Louis Sclavis ou de Ukandanz (qui vient de s'arrêter), mettant en lumière l'illustre Louis Moreau Gottschalk, Ouch! s'offre un concert spécial sous patronyme O.S.L.Ø., réunissant pour le Saint-Fons Jazz la crème des musiciens du label, dont Louis Sclavis. Conversation.

Sébastien Broquet | Mardi 24 janvier 2017

Direction O.S.L.Ø. pour le label Ouch! Records

Lionel Martin : Je le trouvais trop long, le premier Ukandanz, en CD. Tu décroches. Trop d'intensité ! En vinyle, Yetchalal, tu l'as sur quatre faces, tu respires, tu retournes, et c'est reparti. Tu arrives à la fin, tu as le temps d'avoir encore faim. C'est aussi le sens du vinyle : la contrainte de temps. Expliquons : Ouch! Records, c'est donc un label, dédié au vinyle principalement, pour des éditions limitées à 500 exemplaires. Lionel Martin : L'histoire commence vraiment avec Ukandanz. Ce premier album méritait d'être remis en lumière, d'être découpé différemment. C'est mon préféré ! J'ai décidé de monter un label pour le ressortir, sous forme d'un bel objet, un peu de collection. Qui dit collection, dit jouer sur la rareté. Je suis collectionneur de vinyles, aussi : j'ai passé pas mal de samedis matin à me lever de bonne heure pour aller faire les brocantes. Je ne le fais plus depuis quatre ans, trop de monde, trop de professionnels : c'est stressant. Et les prix ont explosé. Ce qui me désespère, surtout quand des gens font de la spéculation sur des di

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Un Festival Berlioz impérial

MUSIQUES | Pas facile d’imaginer été après été un festival dédié à un même compositeur sans risquer de tourner en rond. Le Festival Berlioz réussit pourtant à surprendre avec un (...)

Philippe Yves | Mercredi 24 juin 2015

Un Festival Berlioz impérial

Pas facile d’imaginer été après été un festival dédié à un même compositeur sans risquer de tourner en rond. Le Festival Berlioz réussit pourtant à surprendre avec un programme à l’inspiration chaque fois renouvelée, grâce à une maline approche thématique. Sans oublier les tubes berlioziens tels la Symphonie fantastique, le festival nous emmène cette année sur la route Napoléon (qui relie les Alpes et la Côte d’Azur), en Corse et sous la figure impériale de… Napoléon. Bonaparte est au centre des choix musicaux des invités, dont le chef Daniel Kawka avec trois évocations napoléoniennes (Schönberg, Castérède, Honegger), ainsi que d’une création mêlant les polyphonies corses d’A Filetta et un orchestre signée Bruno Coulais. Et comme on ne saurait fêter Berlioz sans ses œuvres XXL pour masses orchestrales et chorales, le festival investira le Théâtre antique de Vienne pour une nuit autour du monumental Te Deum dirigé par François-Xavier Roth réunissant près de mille pros et amateurs. Une nuit symboliquement ouverte aux jeunes et clôturée par une relecture jazz avec Louis Sclavis,

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Dans la solitude de la Part-Dieu

SCENES | A priori, rien de mieux pour aborder le lien marchand et le désir qui structurent "Dans la solitude des champs de coton" que de le jouer dans un centre commercial. Pourtant, même avec deux grandes comédiennes, la mise en scène de Roland Auzet se dissout dans cet espace sans fin. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 19 mai 2015

Dans la solitude de la Part-Dieu

Un dealer, un client. Vendre, acheter. Ou, à tout le moins, désirer le faire. Car la pièce que Bernard-Marie Koltès a écrite en 1985, quatre ans avant son décès (suivront encore Roberto Zucco ou Le Retour au désert) est un prélude à l’action : ce qui se dit durant 1h15 a trait à la réflexion qui préfigure le geste de céder. Pourquoi et comment s’établit ce lien entre l’un et l’autre, qu’est-ce que ce désir dit de nous ? Quand bien même l’objet de la transaction ne serait pas une drogue, il y a bien une dépendance – voire une nécessité vitale de consommer. Bienvenue, en conséquence, dans ce temple moderne de la pulsion d'achat qu’est le centre commercial de la Part-Dieu, où se cognent aux vitres des enseignes, comme ils se cognent à eux-mêmes, des protagonistes en plein doute. Roland Auzet, qui n’a pas peur de se confronter à des textes âpres, fussent-ils pour les enfants (cf. Aucun homme n’est une île récemment), a choisi de confier ces rôles, jusque-là toujours masculins, à des comédiennes. Un choix qui, sans renverser le propos, a le mérite de prouv

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Les Célestins et les Ateliers avancent casqués

SCENES | Adieu fauteuils de velours rouge, poulailler et parterre, bienvenue au centre commercial de la Part-Dieu ! Les Célestins s’y délocalisent du 13 au 23 (...)

Nadja Pobel | Mardi 12 mai 2015

Les Célestins et les Ateliers avancent casqués

Adieu fauteuils de velours rouge, poulailler et parterre, bienvenue au centre commercial de la Part-Dieu ! Les Célestins s’y délocalisent du 13 au 23 mai prochain, le temps pour Roland Auzet d’y mettre en scène Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès où, pour une fois, les rôles du dealer et de son client seront tenus par des femmes. Et quelles femmes ! C’est entre Anne Alvaro et Audrey Bonnet (impériale dans le très réussi Clôture de l’amour comme dans le très raté Répétition, tous deux de Pascal Rambert) que se développera un désir devenant commerce. A l’heure où chaque rideau de magasin est tombé, ce temple de la consommation ne peut que se révéler idéal. Chaque spectateur sera par ailleurs muni d’un casque sans fil pour écouter, comme une bande son, les errances des comédiennes en déambulation. Casque toujours avec les créations de Karim Bel Kacem aux Ateliers (jusqu’au 16 mai). Ces «pièces de chambres» sont à écouter muni de cet engin et à regarder par une vitre sans tain derrière laquelle les acteurs jouent en espace clos. Ce dispositif sensoriel s’adaptera aux petits

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La saison 2015/2016 du Théâtre de la Renaissance

ACTUS | Théâtre qui, comme celui de la Croix-Rousse, s’est fait une spécialité des spectacles musicaux, la Renaissance (Oullins) présente une saison 2015-16 sonore aux deux tiers et faisant la part belle à la création. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 7 mai 2015

La saison 2015/2016 du Théâtre de la Renaissance

De sérénades en fugues, la musique se déclinera sur tous les tons cette saison à la Renaissance. La Fugue, c'est celle de Samuel Achache, complice de Jeanne Candel (Le Crocodile trompeur). Elle sera d'abord donnée en version courte à Valence (dans le cadre du festival Ambivalence(s) en juin), puis créée au festival d’Avignon et en présentée à la Croix-Rousse (en février) dans la cadre d’un partenariat. Sérénades (en avril) sera quant à lui porté par la charismatique Anna Mouglalis qui jouera, avec l’auteur Arnaud Cathrine, sous la direction de Ninon Brétecher. Le projet entend nous emmener à la découverte du "despecho", le mal d’amour tel qu’il est nommé en Colombie, où il est considéré comme une maladie ordinaire, les employés pouvant même s’absenter de leur travail pour ce motif Deux autres temps forts rythment la saison musicale du lieu, à commencer par une adaptation de Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne par Gérard Lecointe et ses Percussions Claviers de Lyon

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A Vaulx, du jazz à foison

MUSIQUES | Si cette édition d'Á Vaulx Jazz, qui va allègrement sur ses trente ans, se clôturera en apothéose supersonique avec un hommage appuyé à Sun Ra par Thomas (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2015

A Vaulx, du jazz à foison

Si cette édition d'Á Vaulx Jazz, qui va allègrement sur ses trente ans, se clôturera en apothéose supersonique avec un hommage appuyé à Sun Ra par Thomas Pourquery puis le Sun Ra Arkestra, les festivités ne s'arrêteront pas là. Enfin si, mais du moins ne commenceront-elles pas là. Dans la même série d'hommages à des artistes ou à des albums mythiques, devenue un peu par hasard l'une des marques de fabrique du festival vaudais, l'un des moments forts de cette mouture 2015 sera Over The Hills, création de l'iMuzzic Grand(s) Ensemble revisitant l'invisitable, à savoir l'opéra-jazz de Carla Bley et Paul Haines (au livret) Escalator Over the Hill, monument musical du tournant 60-70. Stéphane Kerecki et son quartet s'attaqueront eux à la musique de la Nouvelle Vague – également représentée par la projection de ce film free qu'est Pierrot le Fou qui témoigne de l'empreinte cinématographique du festival. Pour le reste, la thématique déployée par Á Vaulx Jazz tourne autour des «soufflants, des voix et des cordes» – ce qui est toujours, il faut bien le dire, un peu le cas. Où l'on

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Roland Auzet quittera la Renaissance à la fin de la saison

SCENES | Roland Auzet, directeur du théâtre de La Renaissance à Oullins, a décidé de ne pas solliciter de deuxième mandat à ses tutelles. Le créateur arrivera en juin à échéance (...)

Nadja Pobel | Lundi 21 octobre 2013

Roland Auzet quittera la Renaissance à la fin de la saison

Roland Auzet, directeur du théâtre de La Renaissance à Oullins, a décidé de ne pas solliciter de deuxième mandat à ses tutelles. Le créateur arrivera en juin à échéance de ses trois ans passés à la tête de ce théâtre et retournera en compagnie pour ne se consacrer qu'à son travail d'artiste de théâtre mêlant de manière forte les arts visuels et la musique contemporaine. Le nom de son successeur sera connu à la fin de l'hiver.

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Livraison à domicile

SCENES | Les prochaines créations des directeurs-artistes des grandes maisons. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 6 septembre 2013

Livraison à domicile

TNP Christian Schiaretti monte Le Roi Lear de Shakespeare (du 10 janvier au 15 février) à la demande de (et avec) l’acteur rocailleux et monumental Serge Merlin. Le comédien avait déjà interprété ce rôle sous la direction de Matthias Langhoff avec une grosse machinerie dont il souhaite se débarrasser ici. Ca tombe bien, Schiaretti n’a pas son pareil pour mettre en avant le texte, ici traduit par Yves Bonnefoy. Célestins Déjà joué 44 fois cet été dans la cour du château de Madame de Sévigné à Grignan, Chatte sur un toit brûlant, mis en scène par Claudia Stavisky, ouvrira durant un mois (du 19 septembre au 20 octobre) la saison des Célestins. Théâtre de la Croix-Rousse Bells are ringing, c’est la création dont Jean Lacornerie rêve depuis longtemps. Triomphe à Broadway dès sa création en 1956 avant d’être porté à l’écran par Vincente Minelli, ce spectacle n’a jamais encore été joué en France. Ce

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L’union fait la force

SCENES | C’est peu dire que l’expérience tentée par Roland Auzet paraissait minée d’avance : adapter l’exigeant et parfois opaque poète Christophe Tarkos avec un (...)

Nadja Pobel | Vendredi 8 février 2013

L’union fait la force

C’est peu dire que l’expérience tentée par Roland Auzet paraissait minée d’avance : adapter l’exigeant et parfois opaque poète Christophe Tarkos avec un acteur sociétaire de la Comédie-Française, Hervé Pierre, et Pascal Duquenne, comédien révélé au grand public par un tonitruant prix d’interprétation obtenu conjointement avec Daniel Auteuil au Festival de Cannes en 1996 pour Le Huitième jour de Jaco Van Dormael. Pourtant, sur scène, ce dialogue entre un homme qui absorbe toute la parole et un autre qui s’exprime avec son corps, de la peinture et de la musique, prend peu à peu, avec une langueur donnant le temps d’apprécier et de disséquer les connivences qui naissent au fil du spectacle et finissent par fondre ces deux hommes en une seule entité. Quand leurs mains se rejoignent, l’émotion est palpable, comme si ce geste était une première fois. À quoi tient une telle sensation ? Probablement à l’immense sincérité avec laquelle est construit ce spectacle dépourvu de la moindre once d’esbroufe. Mais l’honnêteté sans le talent ne serait rien, en l'occurrence celui de Roland Auzet, qui à force d'intuition et

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Île et lui

SCENES | Avant qu'il ne présente la semaine prochaine le très acrobatique et in fine émouvant Tu tiens sur tous les fronts, sur un texte de Christophe Tarkos avec (...)

Nadja Pobel | Lundi 4 février 2013

Île et lui

Avant qu'il ne présente la semaine prochaine le très acrobatique et in fine émouvant Tu tiens sur tous les fronts, sur un texte de Christophe Tarkos avec Hervé Pierre de la Comédie Française et Pascal Duquenne du Huitième jour, Roland Auzet, directeur du Théâtre de la Renaissance, fait un grand écart comme il les aime (et sait les faire) avec Aucun homme n'est une île, fable de Fabrice Melquiot confrontant un personnage de synthèse, Oscar, à un jeune adolescent bien réel, Jacques, incarné par le grand comédien Julien Romelard. Au plateau, c'est un déluge d'artifices technologiques qui s'abat sans que jamais l'humanité des personnages ne passe à la trappe. La pièce s'ouvre majestueusement sur d'immenses yeux se dessinant sur une toile en avant-scène. Oscar se réveille. Commence alors un dialogue d'autant plus animé que lui et Jacques s'entichent d'une même fille, laquelle traverse virtuellement la scène dans une robe rouge éclaboussant un univers sombre et bleuté. Jacques est seul sur son île, ou plutôt son no man's land (ça peut être sa maison, une cour d'école...), enf

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Au sommet de l’enfance

SCENES | Une fois n’est pas coutume, le Théâtre Nouvelle Génération déroule le tapis rouge aux jeunes spectateurs pour cette nouvelle saison avec notamment le retour de l’auteur Stéphane Jaubertie. Partout ailleurs, les autres salles se démènent pour cultiver les petits. Tour d’horizon – non exhaustif ! - des propositions. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 7 septembre 2012

Au sommet de l’enfance

Stéphane Jaubertie est de retour et c’est une excellente nouvelle ! Le metteur en scène et directeur du Théâtre Nouvelle Génération, Nino d’Introna, lui a passé commande. Livraison annoncée en février avec Everest. Les deux hommes avaient précédemment collaboré pour ce qui reste comme les spectacles les plus marquants de l’Italien depuis son arrivée à Lyon en 2004 : Yael Tautavel ou l’enfance de l’art et Jojo au bord du monde. L’auteur, qui s'est toujours livré à une analyse de la vie de l’enfant, observant comment il grandit avec une acuité et une drôlerie mêlées, continue sa quête en passant par le conte. Ici, dans une famille qui ne se parle pas, le père est soudain réduit à l’état de miniature au cours d’une balade en forêt et c’est au fils de le porter sur son épaule. Le père ne retrouvera sa taille normale qu’en se mettant à lire. La culture pour grandir, au sens propre et figuré. Pour adapter ce texte, Nino d’Introna convie les comédiens de Yael Tautavel : Cédric Marchal et Angélique Heller ainsi que Patrick Najean au son. D’autres grandes pointur

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Bravo l'À Vaulx

MUSIQUES | C'est avec un programme de choix qu'À Vaulx Jazz fête un quart de siècle d'activité. Plus que le jazz d'ailleurs, c'est un art consommé du métissage et de l'ouverture musicale que le festival vaudois peut se targuer d'avoir célébré depuis 25 ans en un lieu particulièrement symbolique de notre territoire. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 mars 2012

Bravo l'À Vaulx

Il y a 25 ans, Vaulx-en-Velin était encore surtout connu pour avoir été le théâtre des premières émeutes urbaines en France. Une image qui lui a longtemps collé à la peau, si bien qu'encore aujourd'hui, le nom de cette commune résonne bizarrement et injustement dans l'inconscient collectif. Et puis il y a eu À Vaulx Jazz, et c'est le jazz qui s'est mis à résonner depuis Vaulx-en-Velin, jusqu'à faire du festival, non seulement l'un des plus reconnus de l'Hexagone mais aussi un véritable outil de maillage social du territoire et de ses habitants, tout entier impliqués dans un événement qui dépasse le simple cadre de la musique. Quand les télévisions américaines, qui aiment tant jouer la «Géo pour les nuls» en cas d'échauffourées banlieusards français (remember 2005), placeraient probablement Vaulx-en-Velin sur une carte entre Cannes (Côtes-d'Armor) et Monaco (Loir-et-Cher), les passionnés d'À Vau

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Ciel, mon théâtre !

SCENES | Changements de direction à la tête des théâtres, nouvelles infrastructures, orientations artistiques différentes pour les lieux existants… Ces bouleversements vont-ils modifier en profondeur le paysage théâtral lyonnais ? Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 5 septembre 2011

Ciel, mon théâtre !

Rarement les institutions culturelles lyonnaises, et notamment les théâtres, auront connu de tels bouleversements. Dans un milieu dans lequel les directeurs ont la réputation (et souvent l’habitude) de rester en fonction autant que faire ce peut, parfois bien au-delà du raisonnable, on a assisté la saison dernière à des changements profonds. À l’échelle locale, le plus médiatique fut sans doute celui occasionné, en juillet 2010, par le décès de Philippe Faure, directeur du Théâtre de la Croix-Rousse depuis 1994 et dont la succession a été le révélateur d’un malaise profond chez les metteurs en scène de la région. Dans les semaines qui ont suivi l’annonce de la disparition de Philippe Faure, dix-sept candidats ont fait connaître leur volonté de prendre la direction du lieu. Une grande partie d’entre eux était composée de metteurs en scène à la recherche d’un lieu dans lequel établir leur compagnie, un lieu dans lequel créer leurs spectacles et, finalement, un moyen de sortir d’une forme de précarité. Et le tollé provoqué par la décision de la Ville de Lyon (propriétaire du théâtre) de ne pas lancer d’appel à candidatures pour le recrutement d’un nouveau directeur ne dit pas autre ch

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"Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny"

ARTS | De Fabrice Melquiot, on connaît souvent les textes pour enfants. Changement d’ambiance avec "La Nuit des brutes", pièce présentée dans la petite salle du (...)

Dorotée Aznar | Lundi 18 octobre 2010

De Fabrice Melquiot, on connaît souvent les textes pour enfants. Changement d’ambiance avec "La Nuit des brutes", pièce présentée dans la petite salle du Théâtre Les Célestins jusqu’au vendredi 22 octobre, née de la rencontre entre Melquiot, qui rêvait de se frotter au théâtre musical et du compositeur Roland Auzet. Une pièce qui explore le thème du masochisme en suivant deux femmes qui, victimes de violence domestiques, partent la nuit à la rencontre des brutes à aimer.

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