"Biopigs", du théâtre qui prêche aux convertis

Nadja Pobel | Mardi 15 septembre 2015

Passer les codes du théâtre à la moulinette ? Sophie Perez, Xavier Boussiron et leur compagnie du Zerep s'en sont fait une spécialité qui ne manque ni de panache ni de pertinence.

Les applaudissements n'interviennent d'ordinaire qu'en fin de pièce ? Qu'à cela ne tienne : en voilà qui scandent le début de Biopigs de façon mécanique – et ce pourrait être drôle si ce n'était pas qu'un exercice. Plus tard, après que les comédiens, survitaminés, ont moqué des artistes comme Peggy Guggenheim ou Sammy Davis Jr., des scènes plus ou moins cultes du théâtre sont détournées sous le regard laconique d'une grosse tête gluante aux yeux globuleux (pour en montrer la vacuité ? La force ? La question reste ouverte). C'est ainsi que l'on retrouve avec plaisir les notes de Massive Attack sur lesquelles ont dansé Pascal Gréggory et Patrice Chéreau dans Dans la solitude des champs de coton ou des ersatz de Stanislas Nordey et Audrey Bonnet rejouer, sans les cris et la douleur, Clôture de l'amour de Pascal Rambert.

Mais à qui s'adresse ce spectacle ? De toute évidence, à ceux qui fréquentent les salles à haute dose. Ce n'est pas un problème en soi – le théâtre peut, comme tous les arts, rire de lui-même, s'auto-citer pour mieux se remettre en cause et écrire son histoire. Mais Biopigs exclut avec un systématisme gênant tous les autres spectateurs, ceux qui n'ont pas les clés de lecture. Et ce travail qui voulait décoincer le théâtre de produire exactement l'effet inverse : il l'enferme dans son entre-soi.

Biopigs
Aux Subsistances du mercredi 16 au samedi 19 septembre


Biopigs

Par la Cie du Zerep
Les Subs 8 bis quai Saint-Vincent Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Stéphane Malfettes : « le lieu bénéficie d'une aura très forte »

Les Subsistances | Officiellement en poste depuis mai, Stéphane Malfettes, qui a succédé à Cathy Bouvard et Guy Walter à la tête des Subsistances, participe au renouvellement massif et inédit des nouvelles directions de lieux culturels à Lyon. Il nous détaille son projet : international et transversal.

Nadja Pobel | Mardi 10 septembre 2019

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Guy Walter s'est occupé d'une grande partie de la programmation des Subsistances, jusqu'au Moi de la Danse fin janvier. Quel est votre apport dans les prochains mois ? Stéphane Malfettes : Il me tenait à cœur d’ouvrir la saison avec l’une des propositions fortes de mon projet : une collaboration avec cette structure géniale qu'est L'Atelier des Artistes en Exil, à Paris. Depuis deux ans, elle accompagne l'arrivée d'artistes qui ont fui leur pays plus par absolue nécessité que par agrément. Aux Subs, nous proposerons des rendez-vous chaque saison sous forme de soirées musique / performance / clubbing avec des artistes venus des quatre coins du monde que nous accueillerons en résidence. On commence avec le performeur congolais Yannos Majestikos et le musicien syrien Wael Alkak. Ça va donner le ton ! Dans un tout autre registre, nous accompagnons le prochain spectacle de Xavier Veilh

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Ateliers | À chaque vacances scolaires, la problématique reste la même : comment occuper les enfants ? Surtout à l'occasion de vacances qui n'en sont pas vraiment. Suivez le guide.

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La facilité "parents indignes" de les laisser scotcher devant la tablette n'étant pas (totalement) recevable, la meilleure solution est de leur ouvrir les portes vers le monde merveilleux des arts plastiques, des pratiques circassiennes ou d'un musée hautement fréquentable pour des ateliers. Pour ce qui est de la patouille tip top, la Galerie Vaubecour se trouve être l'écrin idéal pour sensibiliser l'enfant à la matière – et cela dès cinq ans. Déjà parce que l'endroit est magnifique et que la programmation jeune public est impeccable. Jugez plutôt : le 26 décembre, ils pourront sculpter et peindre la comète de Noël ; le lendemain, à partir de matériaux recyclés, ils imagineront un périple spatial. Le 28, ils empoigneront ciseaux, colle et tubes de peinture pour fabriquer leur propre planète terre (pour ensuite complèter le système solaire au grand complet le mardi 2 janvier). Le 3 janvier, ils se pencheront sur l'expédition Apollo 13 en direction de la Lune, grâce à des photomontages réalisés par leurs petites fourches caudines (et fabriqueront l'astre et ses prochaines voisines étoilées le 5 janvier). Le jeudi 4 janvier, ils in

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Babar et les enfants d'abord

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Nadja Pobel | Mardi 28 mars 2017

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C'est l'histoire d'une compagnie irritante qui pourtant nous intrigue encore. Le Zerep va s'adresser au jeune public au TNG du 3 mars au 2 avril avec Babarman, créé ici-même avant de rejoindre notamment les Amandiers-Nanterre. En ouverture de saison dernière ce duo était passé par ici, par les Subsistances avec son Biopigs, revisitation souvent ironique de grandes scènes du théâtre qui cultivait un entre-soi gênant. Là, ça se passera entre enfants (dès 7 ans) invités à être au cœur d'un chapiteau avec les amis de Babar et sans leurs parents restés au dehors, dans la salle à entendre les bruits de l'intérieur et voir les coulisses de ce qui se trame pour les plus petits. Ainsi ce sont eux sur qui l'adulte a habituellement le pouvoir qui vont avoir la primeur du travail de Sophie Perez et Xavier Boussiron. Au programme, un questionnement sur la notion de roi. Qui l'a ? Comment faire quand il di

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Lancement de la saison des Subs ce samedi

MUSIQUES | À l'issue de la représentation de Biopigs (voir notre critique) ce samedi 18 septembre, les Subsistances lanceront officiellement leur saison (...)

Nadja Pobel | Vendredi 18 septembre 2015

Lancement de la saison des Subs ce samedi

À l'issue de la représentation de Biopigs (voir notre critique) ce samedi 18 septembre, les Subsistances lanceront officiellement leur saison 2015/2016. À 21h30, la direction du lieu présentera la programmation à venir, puis James Stewart animera la soirée aux platines. Évenement gratuit avec food truck et une buvette.

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Au bonheur des arts

SCENES | Dix ans que les Subsistances font contrepoids aux institutions culturelles lyonnaises. Durant un week-end sur la thématique du bonheur, ce laboratoire artistique se demande si «Ca va ?». Réponse par l’affirmative de sa co-directrice, Cathy Bouvard, qui n’a pas vu le temps passer. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 25 mars 2014

Au bonheur des arts

«Comment ça va sur la terre ? / - ça va, ça va, ça va bien. / Les petits chiens sont-ils prospères ? / - Mon Dieu oui, merci bien». Et si cette strophe de Jean Tardieu que les écoliers connaissent par cœur était un raccourci de ces dix années de Subsistances ? Car ce lieu atypique se porte bien. Les chiffres en attestent : 70 compagnies accueillies - dont 20 internationales -, environ 35 créations et 35 000 spectateurs par an. Cathy Bouvard, co-directrice du lieu avec Guy Walter (par ailleurs directeur de la Villa-Gillet), se dit elle-même heureuse du chemin parcouru (à toute allure), et d’y avoir fait découvrir – entre autres ! - ces Chiens auxquels elle n’accole même plus le nom "de Navarre" tant elle a connu tôt cette troupe, la programmant à plusieurs reprises bien avant que des lieux beaucoup plus institutionnalisés ne les réclament - comme le très médiatique Rond-Point parisien,  où ils ont fait l'événement en février. Les Chiens de Navarre donc, mais aussi le metteur en scène David Bobee, le comédien Gilles Pastor, les performeurs Steven Cohen et Phia Ménard… Une histoire de compagnonnage qui n’a jamais été pré-établie et s’est installée au fil du temps.

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Livrés frais aux Subsistances

SCENES | Les Subsistances clôturent leur saison avec "Livraisons d’été". Soit une grande guinguette gastronomique et quatre créations singulières et attendues, dans les domaines de la danse et du théâtre. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 14 juin 2013

Livrés frais aux Subsistances

Pour les musiciens, le "pleurage" consiste à ralentir le son (un disque vinyle de 45 tours qui passe en 33 tours par exemple), l’auditeur pouvant alors avoir l’impression que la musique "pleure". Le "scintillement" renvoie lui à la déformation en accéléré du son. L’auditeur perçoit ainsi une musique qui s’emballe, qui "brille". Pleurage et scintillement, création de l’Association W. aux Subsistances, c’est donc la musique de la vie qui ralentit ou qui accélère. Une idée simple qui suffisait d’ailleurs à un philosophe comme Spinoza, dans son Ethique, à définir une vie, un individu : un rapport de vitesses et de lenteurs, mâtiné de quelques affects tristes ou joyeux… «Deux personnages se rencontrent de manière inattendue. Ils esquissent une sorte de valse des humeurs, sentiments et émotions se déclinent en variations», résume le circassien et danseur Jean-Baptiste André. Créé avec Julia Christ (qui a le même parcours que lui, entre danse et cirque, mais avec une culture plus allemande), ce premier duo s’inspire directement de l’œuvre du photographe expressionniste suédois Anders Petersen.

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Monstres gentils

SCENES | Sophie Perez et Xavier Boussiron aiment les masques vendus dans les boutiques de farces et attrapes, les coussins péteurs et ne pas parler sérieusement de leur travail. Ils aiment aussi Gombrowicz et lui rendent hommage dans une création présentée trois soirs aux Subsistances. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Mardi 4 novembre 2008

Monstres gentils

Sophie Perez et Xavier Boussiron ont (au moins) un point commun. Ils vouent un amour inconditionnel à Gombrowicz, grand écrivain polonais du XXe siècle. De lui, ils ont tout lu, vouent un culte à sa mauvaise foi et à son caractère acariâtre. Ils convoquent régulièrement l’auteur, par bribes, dans leurs créations. Gombrowiczshow est donc un moyen d’en finir avec cet auteur, de traverser son oeuvre avec pour fil rouge un roman : Les Envoûtés. On nous a souvent reproché de faire des private jokes, d’être trop élitistes. Avec Les Envoûtés, Gombrowicz voulait écrire un vrai roman de gare, un livre facile qui ne s’adresse pas à l’élite. Il s’est rendu compte que c’était beaucoup plus difficile... Avec Gombrowiczshow, nous avons décidé nous aussi de créer un vrai succès populaire, s’amuse Xavier Boussiron. QUESTION DE FORMEDans son oeuvre, Gombrowicz parle toujours du problème de la forme. Gombrowiczshow est sans doute plus proche de la forme théâtrale qu’ont pu l’être les autres spectacles de la compagnie. Dans la forme, l’écriture de Gombrowicz est très classique. Son œuvre est faussement

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