Danse, un nouvel élan

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 janvier 2017

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L'année chorégraphique 2017 commencera tambour battant avec la deuxième édition du Moi de la Danse (du 26 janvier au 12 février, aux Subsistances), festival visant à déplier la diversité de nos identités à travers le mouvement. Carolyn Carlson y présentera, par exemple, trois soli inspirés par les éléments naturels (vent, vagues...), le suisse Thomas Hauert une mise à nu de l'ambivalence des sentiments humains sur un madrigal de Monteverdi, et Maud Le Pladec une création à forte teneur autobiographique...

Au même moment (du 25 janvier au 3 février), la Maison de la Danse consacrera un "archipel" à l'une des figures les plus connues de la danse contemporaine française, Angelin Preljocaj. Avec trois pièces au programme de cette mini-rétrospective : la reprise du ballet Roméo et Juliette dans des décors d'Enki Bilal créé à Lyon en 1996, une "soirée de duos" traversant plusieurs pièces de Preljocaj, et une création inspirée d'un conte médiéval chinois où le réel et l'imaginaire viennent à se confondre.

Après une création et la reprise du Sacre d'Emmanuel Gat (les 15 et 16 février), la Maison de la Danse enchaînera avec une édition de son festival survitaminé Sens Dessus Dessous réunissant cette année nombre de chorégraphes en proie à l'histoire et à l'actualité politique : Patricia Apergi avec un portrait sans concession de la société athénienne contemporaine, Serge Aimé Coulibaly sur les traces du musicien et militant Fela Kuti, Dorothée Munyaneza avec une pièce sur le génocide rwandais...

Quelques rendez-vous à noter encore : Jiri Kylian présentera une pièce inédite en France, Sleepless, au Toboggan au mois d'avril, Joëlle Bouvier reprendra son Tristan et Isolde à la Maison de la Danse, et Crystal Pite et Sidi Larbi Cherkaoui présenteront leurs dernières créations attendues en mai à la Maison de la Danse.

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Un pas en avant, un pas en arrière

Danse | La deuxième partie de la saison danse s'annonce tout à la fois sous le signe de la découverte et des reprises. Et aussi du retour à Lyon de grands chorégraphes comme Sidi Larbi Cherkaoui, Akram Kahn, Eun-Me Ahn...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 janvier 2020

Un pas en avant, un pas en arrière

Maintenant bien ancrés dans le paysage culturel lyonnais, deux festivals de danse ouvrent l'année avec des chorégraphes méconnus ou cheminant hors des sentiers battus. À partir du 23 janvier, le Moi de la Danse aux Subsistances nous invitera à découvrir un solo de Youness Aboulakoul (danseur pour Christian Rizzo, Olivier Dubois...) autour de la violence, le travail de la compagnie Dikie autour de l'oppression et du soulèvement, et une pièce du chorégraphe lyonnais Alexandre Roccoli. Un peu plus tard (à partir du 9 mars à la Maison de la Danse), la huitième édition de Sens Dessus Dessous rassemblera pêle-mêle la compagnie espagnole La Veronal qui navigue entre danse, théâtre, cinéma et arts plastiques ; Rianto, un jeune artiste javanais ; la dernière création du collectif (La) Horde ; le travail entre écriture et danse de Pierre Pontvianne avec David Mambouch... On retrouvera d'ailleurs le chorégraphe stéphanois Pierre Pontvianne avec le Ballet de l'Opéra qui, du 28 au 30 avril au Toboggan, s'offre un bain de jouvence en invitant trois chorégra

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Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

Danse | La Maison de la Danse fêtera en 2020 ses quarante ans d'existence. Et propose dès cet automne une saison pour le moins alléchante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 mai 2019

Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

La quarantième saison de la Maison de la Danse a du panache : toujours ouverte aux divers courants de la création chorégraphique (nouveau cirque, hip-hop, classique, contemporain...), et riche en grandes figures de la danse contemporaine (Anne Teresa de Keersmaeker, Sidi Larbi Cherkaoui, Akram Kahn, Jean-Claude Gallotta...). On y décèle, aussi, avec joie, une certaine veine lyrique avec la chorégraphie de l'album mythique de John Coltrane, A Love Supreme, signée par Anne Teresa de Keersmaeker et Salva Sanchis (du 1er au 3 octobre). Une pièce d'une grande précision et qui laisse aussi à ses quatre interprètes une part d'improvisation, en écho au free jazz de Coltrane. Le Ballet de Montréal et trois chorégraphes s'emparent quant à eux du répertoire de Leonard Cohen à travers la danse virtuose de quinze interprètes (du 5 au 13 novembre). Enfin, cerise ou légume sur le gâteau lyrique : Gallotta reprend, dix ans après sa création, L'Homme à tête de ch

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Thomas Hauert : une traversée du chaos

Moi de la Danse | Chorégraphe suisse établi en Belgique, Thomas Hauert travaille depuis vingt ans au bord du chaos et de l'informe. Pièce fragile et libre, pour huit interprètes, How to proceed se veut l'écho d'un état du monde contemporain, comme l'explique Thomas Hauert dans cet entretien. La pièce est présentée cette semaine aux Subsistances dans le cadre du festival Moi de la Danse.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 janvier 2019

Thomas Hauert : une traversée du chaos

Votre nouvelle création How to proceed marque les vingt ans de votre compagnie ZOO, et l'idée de collectif y semble importante ? Thomas Hauert : Oui, quatre danseurs travaillent avec moi depuis vingt ans, les autres depuis une dizaine d'années, et la compagnie a fonctionné pour cette pièce de manière particulièrement forte en collectif de création. Chacun a apporté son regard, sa matière, ses idées... Ici - d'autant plus qu'au moment de cette création je traversais personnellement une phase dépressive et de crise d'inspiration - la cohésion du collectif, la confiance, une forme d'amour ont permis d'aboutir à cette pièce. Quel est son point de départ ? C'est une forte inquiétude face à notre époque. Journaux et reportages nous bombardent chaque jour de mauvaises nouvelles sur le climat, les injustices sociales, les guerres... Cela provoque un grand nombre d'émotions concrètes de l'ordre du sentiment d'impuissance, de la frustration, de la colère... Ces émotions hétérogènes constituent la base de la pièce et elles sont aussi le moteur de so

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Classique au cordeau

Danse | C'est un classique de Jiří Kylián (créé en 1991), un classique pour le Ballet de l'Opéra (entré au répertoire en 1997) et un classique de la danse (...)

Nadja Pobel | Mardi 24 avril 2018

Classique au cordeau

C'est un classique de Jiří Kylián (créé en 1991), un classique pour le Ballet de l'Opéra (entré au répertoire en 1997) et un classique de la danse contemporaine tant le chorégraphe tchèque a su avec cette Petite Mort, allier les gestes ancestraux et hautement techniques sur une symphonie de Mozart à son savoir-faire de l'entre-deux, des attitudes esquissées, glissées. Entre les fleurets des danseurs et les corps quasiment unisexes, c'est un accouplement dangereux, intense qui se joue à l'Opéra de Lyon jusqu'au 25 avril. En préambule, No more play (1988, mais nouvellement inscrite au Ballet), avec les mêmes robes de soirées carcans que dans Petite Mort, se dessine déjà, en un groupe restreint (cinq), le jeu d'attraction/répulsion des interprètes. La partie la plus étonnante de la soirée émane de Johan Inger, vingt ans durant soliste et danseur au Nederlands Dans Theatre, longtemps antre de Kylián. Dans Under a day, Nina Simone et Jeff Buckley font écho aux douze danseurs, gangrenés par la noirceu

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Kylian en images et en mouvement

Danse | Artiste associé au Ballet de l'Opéra, le chorégraphe tchèque Jiri Kylian a une double actualité aux Subsistances dès cette rentrée... Il reprend une pièce créée au (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 septembre 2017

Kylian en images et en mouvement

Artiste associé au Ballet de l'Opéra, le chorégraphe tchèque Jiri Kylian a une double actualité aux Subsistances dès cette rentrée... Il reprend une pièce créée au Japon en 2013, après la catastrophe de Fukushima, un duo nommé East Shadow (du 27 au 29 septembre). Cette pièce inspirée du texte, lu en voix off, Neither de Samuel Beckett et baignée d'une sonate pour piano de Schubert est interprétée par l'ancien danseur et chorégraphe Gary Chryst et par la muse de Kylian, Sabine Kupferberg. C'est aussi Sabine Kupferberg qui est au centre d'une installation de photographies (sur une musique de Bach) présentée par Kylian aux Subs toujours, du 15 au 29 septembre.

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Les immanquables de la saison danse

Sélection | Cinq spectacles pour lesquels la réservation se fait sans hésitation.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 septembre 2017

Les immanquables de la saison danse

Le lynchien : Moeder de Peeping Tom Après Vader ("le père"), la surprenante compagnie flamande Peeping Tom présente Moeder, deuxième volet de la trilogie Père-mère-enfant. Cette nouvelle pièce, toujours très inspirée par l'esthétique cinématographique et le vacillement entre rêve et réalité de David Lynch, nous entraînera dans des lieux aussi différents qu’un service de maternité, un salon funéraire, un musée ou un studio d’enregistrement ! À la Maison de la Danse les 13 et 14 septembre L'associé : East Shadow de Jiří Kylián Le grand chorégraphe tchèque, Jiří Kylián (artiste associé au Ballet de l'Opéra) présente aux Subsistances un duo récent, créé en hommage aux victimes japonaises du tremblement de terre de 2011. Autour d'une table, à l'aube de la vieillesse, deux interprètes tentent de parer au désastre (intime et extime) sur des airs de Schubert et un texte lu de Samuel Beckett (Neither)... Aux Subsistances ​du 27 au 29 septembre Le populaire :

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"Fractus V" de Cherkaoui

Danse | Tant dans sa gestuelle que dans ses modes de collaboration et de création, le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui fait montre d'une exceptionnelle souplesse. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 mai 2017

Tant dans sa gestuelle que dans ses modes de collaboration et de création, le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui fait montre d'une exceptionnelle souplesse. Sa pièce Fractus V (présentée du 16 au 19 mai à La Maison de la Danse) s'inspire de la critique des médias de Noam Chomsky et rassemble des musiciens et des danseurs d'horizons très divers (hip-hop, flamenco, nouveau cirque...). Soit neuf artistes au total pour un entre-tissage s'annonçant fluide et intense !

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Kylián passe-muraille

Danse | Artiste-chorégraphe associé au Ballet de l'Opéra, Jiří Kylián transmet une pièce inédite en France, Sleepless, inspiré par l'univers plastique de Lucio Fontana.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 avril 2017

Kylián passe-muraille

Avec les années, le succès et la reconnaissance, Jiří Kylián (né en 1947 en Tchéquie) commence un peu à se regarder chorégraphier et alourdit parfois ses pièces de passages "sentencieux" et affectés... Reste que le chorégraphe a du talent à revendre et surtout une bonne dose de curiosité qui le pousse à changer d'univers, de création en création. Après Stravinski, Mozart, Debussy ou le romantisme de La Nuit transfigurée de Schöenberg, Kylián s'est penché, en 2004, sur le monde plastique de l'artiste italien Lucio Fontana (1899-1968), connu pour ses toiles monochromes percées ou fendues (les fameux Concetto Spaziale). Les deux artistes partagent un même souci de la spatialité que Kylián, dans un entretien en 2010, rappelle ainsi : « Lucio Fontana a pris un couteau et a détruit la surface monochrome de la peinture. Mais son acte destructeur a donné une nouvelle vie à sa peinture... une 3e dimension. Il a ouvert une porte secrète,

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Le rythme dans le moi-peau

Le Moi de la Danse | Les Subsistances présentent la deuxième édition du passionnant rendez-vous Le Moi de la Danse : un festival de soli, où le moi se fait dansant, vibrant, changeant.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 janvier 2017

Le rythme dans le moi-peau

Et si, plutôt que de nous figer dans nos peurs et nous réfugier dans l'immobilité, nous inventions un "moi" dansant, plus souple dans son rapport à lui-même et aux autres ? Le chorégraphe Boris Charmatz nous y invite comme, plus largement, ce festival des Subsistances où il est invité : Le Moi de la Danse. Ce festival rassemble des artistes émergents (comme Fouad Nafili) et d'autres plus renommés (Carolyn Carlson) autour de ces questions de l'identité, singulière et plurielle à la fois. Depuis, au moins, l'écrit de l'anthropologue Marcel Mauss, Les techniques du corps, l'on sait les constructions historiques et relatives de nos postures corporelles et de nos façons de nous mouvoir. L'on sait aussi la possibilité

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Moi de la Danse, deuxième

SCENES | Explorant la pluralité des identités à travers le mouvement, le festival Le Moi de la Danse, lancé par les Subsistances, invite (du 26 janvier au 12 février) (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 décembre 2016

Moi de la Danse, deuxième

Explorant la pluralité des identités à travers le mouvement, le festival Le Moi de la Danse, lancé par les Subsistances, invite (du 26 janvier au 12 février) plusieurs chorégraphes à présenter des pièces, des conférences, des workshops... Avec cette année, la grande dame de la danse Carolyn Carlson, le suisse Thomas Hauert, le trublion Boris Charmatz et une création de Maud Le Pladec. Les Subsistances organisent aussi un "lancer de festival" autour d'un apéritif et des cours de danse-minute le jeudi 12 janvier à 19h (entrée libre sur réservation).

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Jiri Kylián, artiste associé à l'Opéra

SCENES | Élégance et rigueur. Deux mots-clés qui pourraient à la fois caractériser l'essentiel de l’œuvre de Jiri Kylián et sa personnalité. Né en 1947 en ex (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 mars 2016

Jiri Kylián, artiste associé à l'Opéra

Élégance et rigueur. Deux mots-clés qui pourraient à la fois caractériser l'essentiel de l’œuvre de Jiri Kylián et sa personnalité. Né en 1947 en ex Tchécoslovaquie, plongée alors dans les turpitudes de l'Histoire, le chorégraphe révèle très tôt des dons pour la musique et la danse : il crée sa première pièce (Paradox) à l'âge de vingt-trois ans ! Figure, depuis, de la danse dite "néo-classique", longtemps directeur artistique du Nederlands Dans Theater (NDT) de 1975 à 2004, Kylián a signé un nombre incalculable de pièces dont La Symphonie des Psaumes (1978) ou One of a kind (2000). Nombre d'entre elles sont inscrites au répertoire du Ballet de l'Opéra dont Jiri Kylián sera l'artiste associé pendant trois saisons à partir de septembre 2016. Il y reprendra l'an prochain One of a kind et transmettra au Ballet Sleepless, une pièce créée en 2004 (jamais montrée en France) autour de l'univers du peintre Lucio Fontana. JED

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Nouvelle création pour Thomas Hauert

SCENES | Le chorégraphe suisse Thomas Hauert présentera au Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape (le 24 février à 19h30, entrée libre) une étape de travail de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 24 février 2016

Nouvelle création pour Thomas Hauert

Le chorégraphe suisse Thomas Hauert présentera au Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape (le 24 février à 19h30, entrée libre) une étape de travail de sa nouvelle création, Inaudible. Artiste polyvalent (danse, chant, etc), Thomas Hauert et sa compagnie ZOO développent, depuis 1997, une gestuelle à la fois ludique et savante, existentielle et abstraite, fouillant les tréfonds du chaos contemporain, la notion de gravité, les rapports entre l'individu et le collectif, les tensions entre la forme et l'informe.

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Sidi Larbi Cherkaoui au nirvana

SCENES | Fruit de l'improbable rencontre entre le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui et des moines du temple Shaolin, "Sutra" donne à voir les puissants contrastes de la Chine dans un grand et beau geste martial. Et arrive enfin à Lyon, sept ans après son triomphe en Avignon. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 31 mars 2015

Sidi Larbi Cherkaoui au nirvana

Quand ils ne sont pas occupés à se forger un corps et un mental d'acier, les pensionnaires du monastère Shaolin se donnent en spectacle aux quatre coins du monde, dans des démonstrations d'arts martiaux où leur virtuosité est employée à mauvais escient :comme une couverture d'un trafic de bracelets porte-bonheur, là où elle devrait être pur véhicule de leur pensée bouddhiste. Elle l'est toutefois dans Sutra, une pièce pour une vingtaine de moines guerriers et un danseur imaginée en 2007 par Sidi Larbi Cherkaoui lors de séjours au dit temple, perché au sommet de l'une des cinq montagnes sacrées que compte la Chine – le mont Song, à l'est du pays. Fan de Bruce Lee et alors en quête d'une sérénité ravie par l'accueil mitigé réservé à son précédent travail (Myth), le chorégraphe y a fait l'expérience d'une discipline de vie plus raccord avec ses aspirations – il est végétarien et indifférent à l'alcool depuis l'adolescence – que celle de sa Belgique natale. Et rencontré des jeunes gens mus par «une véritable envie de s’exprimer, de tendre une main». A fond la caisse Sa belle idée est de les avoir laissé le faire à l

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Une nouvelle Aire

SCENES | Pour la quatrième année consécutive, Les Subsistances rattaquent la saison avec le petit festival Aire de jeu (du 27 au 31 janvier). Une formule originale (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 janvier 2015

Une nouvelle Aire

Pour la quatrième année consécutive, Les Subsistances rattaquent la saison avec le petit festival Aire de jeu (du 27 au 31 janvier). Une formule originale qui permet tout à la fois de découvrir un compositeur méconnu et des pièces chorégraphiques dansées sur la musique de ce dernier. Après l'avant-gardiste pop Nico Muhly en 2014, auquel nous avions alors consacré notre Une, c'est le Finlandais Kalevi Aho, musicien renouant avec la "belle musique" et l'harmonie, proche parfois des épopées de Dmitri Chostakovitch, qui sera à l'honneur. Il a inspiré à Maud Le Pladec, habituée de l'événement; Hunted, un rituel performatif sous forme de solo incantatoire ; au collectif lyonnais Loge 22 (à l'origine de l'événement performatif Spider) le trio Rumeur, déclinant l'idée de métamorphose chère à Ovide ; et à l'Australien Adam Linder le duo Vexed Vista, entremêlant voix, danse et décor lunaire et abstrait signé du plasticien Shahryar Nashat. Autant de créations qui seront précédées d'un court concert des étudiants du CNSMD, préambule à un programme dédié à l'Auditorium le 1er février.

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Les moments forts de la saison danse 2013/2014

SCENES | Un Toboggan dont on ne connaît pas encore la programmation, un Ballet de l'Opéra qui reprend un génial mais énième opus de William Forsythe, une Maison de la Danse qui ouvre sa saison avec Benjamin Millepied... Le début de l'année chorégraphique n'est pas des plus fous. Les choses devraient toutefois s'arranger par la suite. La preuve en dix rendez-vous. Jean-Emmanuel Denave et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison danse 2013/2014

Limb's Theorem Créé en 1990, transmis au Ballet de l'Opéra en 2005, «le théorème des limbes» (limb pouvant aussi désigner le bord ou le membre, polysémie dont joue le chorégraphe) est l'une des pièces phares du grand William Forsythe. Inspiré par l'architecte Daniel Libeskind et les écrits du philosophe Wittgenstein, il y plonge ses interprètes dans des jeux de pénombre et de clair-obscur parmi un dispositif spatial et "machinique" complexe et parfois infernal. Le tout baigné de la bande sonore de son complice Thom Willems, oscillant entre musique et drones assourdissants. Une pièce aussi folle que réglée au cordeau, qui se tisse d'oppositions entre l'humain et la technique, la forme et le chaos, la danse et l'enfer mécanique.A l'Opéra, du 13 au 19 septembre  

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Nuits de Fourvière 2013 - La programmation

MUSIQUES | Pour certains, le début du printemps coïncide avec la floraison des crocus et le réveil des hérissons. Pour d'autres, elle s'incarne dans un bouillonnement hormonal, dans une atmosphère révolutionnaire ou dans une recrudescence de la présence de punks à chien (les hirondelles des citadins). Au Petit Bulletin, le printemps devient réalité au moment où les Nuits de Fourvière dévoilent l'intégralité leur programmation. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 23 mars 2013

Nuits de Fourvière 2013 - La programmation

Cette année, c'est ve lundi 25 mars à 11h que les Nuits de Fourvière ont annoncé qui, à l'instar de M (13 juin), Dead Can Dance (27 juin), Crosby, Stills & Nash (16 juillet) et Nick Cave (27 juillet), aura cet été l'insigne honneur d'être enseveli sous des coussins – au contraire du Cirque Plume qui, pour rappel, investira le Parc de Parilly du 28 juin au 1er août. La colline a des vieux S'il fallait résumer la teneur de cette édition 2013 des Nuits en un mot qui n'existe pas, ce serait vénérabilité. Et pour cause ! L'événement a beau accueillir chaque année son lot de mythes vivants, on a rarement vu une telle concentration d'artistes aux carrières longues comme des jours sans communiqués de presse (notre pain quotidien) à son affiche. Jugez plutôt : outre le rereretour du metteur en scène Georges Lavaudant (en ouverture du 4 au 12 juin avec un Cyranoc de Bergerac), les antiques hauteurs de Lyon verront défiler les chorégraphes Angelin Preljocaj

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Dissoudre les certitudes

SCENES | La formule d’Aire de jeu est aussi simple que sympathique : un compositeur invité et quatre chorégraphes créant sur l’une de ses pièces, avec une musique jouée (...)

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 27 janvier 2013

Dissoudre les certitudes

La formule d’Aire de jeu est aussi simple que sympathique : un compositeur invité et quatre chorégraphes créant sur l’une de ses pièces, avec une musique jouée sur le plateau. Après David Lang en 2012, c’est sa compatriote américaine Julia Wofe qui est conviée pour cette deuxième édition du festival. Deux compositeurs très proches puisqu’ils ont cofondé avec Michael Gordon le collectif new-yorkais de musique contemporaine Bang on the Can. S’inscrivant dans le courant de la musique minimaliste ou répétitive (Philip Glass au premier chef), Julia Wolfe donne corps et chaleur à ses compositions en puisant aussi dans l’énergie rock. Une énergie qui a inspiré Maud Le Pladec (déjà présente pour Aire de Jeu 2012) qui lancera six danseurs sur Dark Full Ride, morceau pour quatre percussionnistes, avec «l’envie de travailler sur la démocratie, pas la démocratie réduite à son cadre politique. La démocratie "insurgente" qui œuvre pour la dissolution des certitudes». Autre femme forte invitée : l’artiste portugaise touche-à-tout Tânia Carvalho qui s’emparera d’une pièce pour cornemuse de Julia Wolfe, avec trois danseurs et «des intensités du corps, des rythmes, des pause

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Boom à la Maison

SCENES | Premier temps fort de l’année, «Le boom des années 1980» nous invite, pendant trois semaines et neuf spectacles, à nous replonger dans une bouillonnante et trépidante période de la danse hexagonale. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 3 janvier 2013

Boom à la Maison

«La nouvelle danse française», puisque c'est ainsi que les historiens nomment le courant chorégraphique né à l'époque, fut caractérisée par les spécificités suivantes : «Un goût pour le petit geste, le détail, la sophistication, plus que pour l’exploit... Le développement des scénographies de plus en plus importantes marque une tendance à représenter des espaces clos, ou denses, plutôt que des étendues illimitées. Il indique aussi que la danse française hérite d’une tradition théâtrale riche. C’est peut-être ce dernier trait qui détermine une identité française : le mouvement ne sert pas à se déplacer à travers l’espace, mais s’offre plutôt en miroir à l’intériorité du danseur » (in La Danse au XXe Siècle, Bordas). Ses jeunes représentants, bientôt estampillés «auteurs» (comme il existe un cinéma d’auteur) se nomment alors Dominique Bagouet, Odile Duboc, Régine Chopinot, Joëlle Bouvier, Régis Obadia, Maguy Marin, Jean-Claude Gallotta… Et la nouvelle vague s’étend en dehors des frontières de l’Hexagone avec la Belge Anne Teresa de Keersmaeker, par exemple. Paradis retrouvé De cette dernière on p

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Sylvie Guillem, deux pas sur trois

SCENES | La danseuse étoile, Sylvie Guillem (née en 1965), est l’une des rares interprètes à pouvoir organiser un spectacle en son nom, tout en attirant dans son sillage les meilleurs chorégraphes actuels.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 7 juin 2012

Sylvie Guillem, deux pas sur trois

Après Russell Maliphant et Akram Khan, c’est William Forsyhte, Jirí Kylián et Mats Ek (la crème de la danse néo/classique) qui ont collaboré avec la star pour 6000 Miles Away. Le résultat est discutable, voire un peu paradoxal puisque la pièce la plus forte, signée Jirí Kylián, n’est pas dansée par Sylvie Guillem. Soit en l’occurrence une transposition de 27’52’’, pièce ancienne de Kylián, pour un duo sous très haute tension, formé par Aurélie Cayla et Lukas Timulak. Le chorégraphe tchèque y explore l’une de ses obsessions, le rapport homme-femme, et étonne toujours avec ses rythmes syncopés, ses accélérations, ses figures précipitées. Le tout se déliant peu à peu vers la sensualité, la rencontre, l’érotisme. L’autre duo du programme, signé William Forstyhe et interprété par Guillem, s’avère lui aussi de bonne tenue, sorte d’exercice de style où le chorégraphe manie avec brio sens de l’espace (semblant continuellement «respirer» entre dilatation et contraction), superbes jeux de lumières et virtuosité sèche et tranchante des gestes. Mais ces bonnes impressions se voient «gâchées» par le solo final de Sylvie Guillem créé par Mats Ek. L’ha

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Kylian, l’âme au corps

SCENES | Danse / Farouche et fragile comme une oiselle, légère et fluide comme un corps de vapeur, une danseuse ouvre en zigzag un chemin de lumière parmi les (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 6 juin 2008

Kylian, l’âme au corps

Danse / Farouche et fragile comme une oiselle, légère et fluide comme un corps de vapeur, une danseuse ouvre en zigzag un chemin de lumière parmi les ténèbres de la scène. Des voix chantées s’élèvent doucement, l’onde d’un violoncelle sinue, un décor architectural abstrait s’éclaire, puis surgissent, issues de nulle part, une deuxième, une troisième, une quatrième danseuse… Des filles, et bientôt des garçons, qui frôlent l’espace, caressent le vide, s’enroulent sur eux-mêmes ou autour de l’autre, partenaire fugace, dans des duos superbes. Les mouvements sont doux ou aigus, vifs ou ralentis, vibratiles ou sûrs, mais toujours délicats, sobres et poignants. Depuis trente ans, Jiri Kylian nous parle d’amour et de mort, d’aliénation et de liberté individuelle, de chute et d’élévation : oui toujours et « seulement » de cela, mais avec quelle grâce, quelle inventivité gestuelle de chaque instant, quel génie du détail et de la forme ! Dans une pénombre bleutée, ses interprètes cherchent un chemin, un peu de lumière, un équilibre, une étreinte ; confrontés aux énigmes de l’existence et sans cesse menacés de solitude et d’abandon. Divisée en trois parties distinctes, One of a kind (créée en

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S'en sortir par le haut

ECRANS | Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit (...)

Christophe Chabert | Mercredi 7 mars 2007

S'en sortir par le haut

Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit chef d'œuvre de Mathurin Bolze, Tangentes, créé aux Subsistances en 2005. Avec quatre interprètes, un trampoline, un mat chinois, une roue infernale et deux tapis roulants, le tout emballé par le free jazz panique d'Akosh S. Unit joué live, Mathurin Bolze met en scène l'enfer de la mécanique sociale contemporaine : petites mesquineries, compétitions absurdes, bousculades dans le métro d'hommes pressés sous pression, corps moulés et mesurés à l'aune de normes gestionnaires. Il s'agit alors pour les quatre protagonistes de chercher des lignes de fuite à travers quelques pas de danse, des équilibres précaires, des vrilles en apesanteur au dessus d'un trampoline. L'un des temps forts de la saison ! Second rendez-vous : le grand maître de la danse néo-classique, Jiri Kylian, est de passage à Lyon pour transmettre au Ballet de l'Opéra une pièce datant de 1995, Bella Figura. Sur des musiques baroques, Kylian mêle le rêve à la réalité et crée sur scène des «images», à partir de sa maîtrise fabuleuse de la mise en espace des corps, des lumière

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