La Cinémathèque rend hommage à Michel Warren

ECRANS | Le patron sera à l'honneur le temps d'une soirée où sera notamment projeté "La Chinoise" de Godard.

Vincent Raymond | Mardi 13 octobre 2015

On est presque sûr qu'il ronchonnerait à l'idée qu'un hommage lui soit rendu, prétextant que les films sont plus importants que lui. Mais il n'est plus là, hélas, pour faire entendre ses protestations. Mort au début de l'été, Michel Warren a été celui grâce à qui Grenoble peut s'enorgueillir aujourd'hui de posséder son festival de courts-métrages en plein air internationalement reconnu et une Cinémathèque des plus dynamiques.

Elle en donne une preuve éclatante en inscrivant à son programme la même semaine un polar qui en a sous le capot, Bullitt de Peter Yates (lundi 19), ainsi que deux monstres : Welles et son Othello (jeudi 22) et Laurence Olivier et son Henry V (vendredi 23), ouvrant son cycle Shakespeare au cinéma.

Entre les deux, la soirée dédiée à Michel Warren (mardi 20, dès 20h) ajoutera une touche d'éclectisme supplémentaire en proposant de revoir La Chinoise (1967, photo) de Godard. Pour l'importance de ce film, long tract dialectique abstrait – réputé ferment idéologique de Mai-68 – comme pour l'une de ses interprètes féminines, la Grenobloise Juliet Berto. Icône générationnelle, cette brune énigmatique, ayant donné son nom à la salle de la Cinémathèque, étincelle d'un feu intérieur à même d'attiser bien des révoltes.

On retrouvera ensuite avec émotion la voix et la verve de Michel Warren, grâce à un document rare : un entretien effectué par Jacques Richard en 2002, diffusé en intégralité, dans lequel il évoque Henri Langlois, son mentor et modèle dans la fondation d'une cinémathèque. Une jolie mise en abyme, montrant qu'avec le cinéma personne ne disparaît jamais totalement…


La Chinoise

De Jean-Luc Godard (1967, Fr, 1h36) avec Anne Wiazemsky, Juliet Berto...

De Jean-Luc Godard (1967, Fr, 1h36) avec Anne Wiazemsky, Juliet Berto...

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Dans un appartement dont les murs sont recouverts de petits livres rouges, des jeunes gens étudient la pensée marxiste-léniniste. Leur leader, Véronique, propose au groupe l'assassinat d'une personnalité. Réalisé un an avant les évènements de Mai 68, "la Chinoise" est considéré comme un film prophétique.


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"Tirez sur le pianiste" : un Truffaut pas si mineur (et tourné partiellement à Grenoble)

ECRANS | Un film à (re)découvrir vendredi 23 octobre à 18h dans le cadre du cycle "Godard / Truffaut" de la Cinémathèque de Grenoble.

Vincent Raymond | Mardi 20 octobre 2020

Une antique légende rapporte que, jadis, les cinéastes signaient un premier long-métrage ultra-personnel, une sorte de fourre-tout dans lequel ils déversaient leurs affects en puisant jusqu’aux tréfonds de leur âme, puis enchaînaient avec un polar. Godard, toujours prompt à se distinguer, commença par À bout de souffle, un policier tellement tordu qu’il respecte en définitive l’adage. Quant à Truffaut, scénariste du précédent, il débuta par l’autobiographie déguisée Les 400 Coups, avant d’adapter l'auteur états-unien David Goodis à sa moulinette dans Tirez sur le pianiste (1960). Écrasé par deux succès devenus des classiques (Jules et Jim sortira l’année suivante), ce film noir passe pour mineur alors qu’il fourmille de ruptures de ton et d’irrévérences, sautant de la comédie à la mélancolie. Un vrai long-métrage cyclothymique ! Bobby Lapointe y chante sous-titré, Michèle Mercier (avant Angélique) dévoile ses appâts et Charles Aznavour compose un pianiste d’origine arménienne tenaillé par le deuil (est-ce tant une composition ?). Ajoutons, pour faire local, qu’il fut tourn

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Made In Taïwan

Cycle | La Palme de l'originalité à la Cinémathèque de Grenoble : jeudi 12 et vendredi 13 mars, l'établissement programme une série de films taïwanais. De quoi surprendre... agréablement !

Damien Grimbert | Mardi 10 mars 2020

Made In Taïwan

C’était le genre d’événement à vous faire regretter de ne pas vivre à Paris : en avril dernier, la Cinémathèque française consacrait une impressionnante rétrospective au "cinéma de (mauvais) genre taïwanais" des années 60 à 80, composée de treize films rares et à peu près invisibles en toute autre circonstance. C’est donc peu dire que l’on est ravi du choix de la Cinémathèque de Grenoble de reprendre à son tour une partie de ce cycle jeudi 12 et vendredi 13 mars au cinéma Juliet-Berto, avec une sélection allant du film d’auteur contestataire (The Mountain, The End of the Track) au film de sabre en langue taïwanaise (The Vengeance of the Phoenix Sisters), en passant par la comédie sociale transgressive (The Elegant Mr Hu). Comme l’explique Wafa Ghermani, curatrice de la rétrospective, « le titre de la rétrospective joue sur la polysémie de l'expression mauvais genre. Il s'agit de mettre en avant des films qui tentaient de s'échapper de la chape du discours dominant imposé par le gouvernement nationaliste chinois en place. Les films officiels mettaient en scène une société idéale sous l'autorité du gouvernement. Les films

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"Le Redoutable" : JLG, passionnant portrait chinois

ECRANS | Une année à part dans la vie du cinéaste Jean-Luc Godard (Louis Garrel à l'écran), quand les sentiments et la politique plongent ce fer de lance de la Nouvelle Vague dans le vague à l’âme. Une évocation fidèle au personnage, à son style, à son esprit potache ou mesquin. Pas du cinéma juste ; juste du cinéma, par Michel Hazanavicius.

Vincent Raymond | Lundi 11 septembre 2017

1967. Au sommet de sa gloire, Jean-Luc n’est pas à une contradiction près : s’il provoque en public en professant des slogans marxistes ou égalitaristes, il aspire en privé à une union conformiste de petit-bourgeois jaloux avec la jeune Anne. Tiraillé entre son Mao et son Moi, le cinéaste passe de l’idéologie au hideux au logis. L’insuccès de La Chinoise ne va rien arranger… Toutes proportions gardées, la vision du Redoutable rappelle celle du film AI, cette étonnante symbiose entre les univers et manière de deux cinéastes (l’un inspirateur, l’autre réalisateur), où Spielberg n’était jamais étouffé par le spectre de Kubrick. L’enjeu est différent pour Michel Hazanavicius, à qui il a fallu de la témérité pour se frotter à un Commandeur bien vivant – certes reclus et discret, mais toujours prompt à la sentence lapidaire ou la vacherie définitive. Hommage et dessert En savant théoricien-praticien de l’art du détournement, Hazanavicius a extrait du récit autobiographique d’Anne Wiazemsky Un an après une substance purement cinématographique et godardienne (faite de références intellectuelles, de cale

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Vendredi, on fête l'anniversaire de Juliet Berto à la Cinémathèque

ECRANS | « Sur les vieux écrans de soixante-huit / Vous étiez Chinoise, mangeuse de frites / Ferdinand Godard vous avait alpaguée / De l'autre côté du miroir d'un (...)

Vincent Raymond | Mardi 7 mars 2017

Vendredi, on fête l'anniversaire de Juliet Berto à la Cinémathèque

« Sur les vieux écrans de soixante-huit / Vous étiez Chinoise, mangeuse de frites / Ferdinand Godard vous avait alpaguée / De l'autre côté du miroir d'un café » chantait Yves Simon en souvenir de Juliet Berto, comédienne grenobloise puis cinéaste qui aurait fêté ses 70 ans cette année. La Cinémathèque rend hommage à cette icône de la Nouvelle Vague et "patronne" de sa salle en projetant son ultime réalisation, Havre (1984), où se croisent les silhouettes d’Alain Maneval, Joris Ivens, Tony Gatlif… Allez, partons cueillir des pâquerettes au pays des merveilles de Juliet vendredi 10 mars à 20h, au cinéma Juliet-Berto donc.

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Ciné-Club de Grenoble : putain, 50 ans !

ACTUS | En plein centre-ville de Grenoble, place Saint-André, se cache le cinéma Juliet Berto. Une très belle salle occupée par la Cinémathèque, mais aussi par le Ciné-Club de Grenoble, association qui fêtera ses cinquante ans en 2017. On est allés rencontrer deux de ses membres alors que sa nouvelle saison s’ouvrira mercredi 28 septembre avec la projection du légendaire "Apocalypse Now" de Francis Ford Coppola.

Aurélien Martinez | Mardi 20 septembre 2016

Ciné-Club de Grenoble : putain, 50 ans !

« On est sur une idée peut-être ancienne mais à laquelle on croit beaucoup : celle du partage du cinéma, celle de l’échange autour des films. » Voilà ce que nous dit Daniel Buisson, président du Ciné-Club de Grenoble, lorsqu’on lui demande à quoi sert un ciné-club aujourd’hui – on vous passe le couplet historique sur les mutations du monde du cinéma, mais c’est l’idée. Comprendre avec sa réponse qu’on est face à des cinéphiles militants, pour qui la séance de cinéma est un moment sacré propice au débat. Des débats que mènent chaque mercredi, à raison de 35 et 40 séances par an, les membres de l’association. « Quand on présente un film, c’est une illusion de croire que tout le monde dans la salle a vu le même. D’où la pertinence de ces débats. » Surtout que les films choisis, qu’ils soient du patrimoine ancien ou produits plus récemment (les prochaines semaines, on ira d’Apocalypse Now de Francis Ford Coppola au plus récent

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39e marche pour le Festival du film court en plein air

ECRANS | Organisée par une Cinémathèque en plein changement, la nouvelle édition du Festival du film court en plein air de Grenoble est prévue du mardi 5 au dimanche 10 juillet. Zoom sur la prog.

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

39e marche pour le Festival du film court en plein air

Qui aurait imaginé l’an dernier à la même époque la somme de bouleversements que connaîtrait la Cinémathèque de Grenoble en moins d’une saison ? Que l’édition 2015 du festival serait l’ultime de Michel Warren en tant que spectateur, son tempétueux créateur, disparu peu après sa clôture le 28 juillet dernier ; et que celle s’apprêtant à s’ouvrir coïnciderait avec les adieux de Guillaume Poulet, qui avait pris la suite de Michel Warren en 2009 ? Avant de céder son fauteuil à Peggy Zejgman-Lecarme, le (toujours) directeur accompagne l’événement phare de l’institution grenobloise, presque quadragénaire. Toujours gratuit, toujours aussi alléchant, le rendez-vous continue de jouer la carte de l’ouverture – n’est-il pas en ple

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Cinémathèque : décès de son fondateur Michel Warren

ACTUS | C’était une figure culturelle locale importante. Michel Warren, connu pour sa cinéphilie (il était proche de la Nouvelle Vague) et son caractère volcanique, (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 28 août 2015

Cinémathèque : décès de son fondateur Michel Warren

C’était une figure culturelle locale importante. Michel Warren, connu pour sa cinéphilie (il était proche de la Nouvelle Vague) et son caractère volcanique, est mort mardi 28 juillet à l’âge de 73 ans. Il avait pris sa retraite en 2009, après presque cinquante ans passés à la tête de la Cinémathèque de Grenoble, fondée par ses soins en 1962 et présentée comme une émanation de la Cinémathèque française basée à Paris. « À partir de cette date, la Cinémathèque de Grenoble n'a eu de cesse de mettre en œuvre les deux préceptes de Henri Langlois [fondateur de la Cinémathèque française – NDLR] : montrer – conserver, mais aussi enrichir » dixit Guillaume Poulet, actuel directeur de la Cinémathèque de Grenoble. Et ce n’est pas tout : Michel Warren avait aussi lancé en 1978 le Festival du film court en plein air de Grenoble, qui a révélé de nombreux cinéastes (Léos Carax, François Ozon, Michel Ocelot, Mathieu Kassovitz…) et qui, aujourd’hui, existe toujours – on en parle chaque été dans nos colonnes. Une cérémonie en son honneur, ouverte à tous, sera célébrée vendredi 4 septembre à 17h au funérarium de Grenoble. Et un hommage aura lieu duran

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Maladie d’amour, maladie de la jeunesse…

ECRANS | Après son chouette cycle Delon avant Delon, le Centre culturel cinématographique (CCC) s’attaque à une thématique bien différente autour des amours de jeunesse. (...)

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

Maladie d’amour, maladie de la jeunesse…

Après son chouette cycle Delon avant Delon, le Centre culturel cinématographique (CCC) s’attaque à une thématique bien différente autour des amours de jeunesse. À l’arrivée, c’est un drôle de mélange de genres, d’époques et de pays résumé en quatre films, preuve sans doute que le sujet est universel et intemporel. Ça démarre donc ce mercredi 4 mars avec Masculin, féminin de Godard – on y revient – et cela enchaînera le 11 mars avec le très irritant Les Amours imaginaires de Xavier Dolan, son pire film, le plus clipesque et référentiel de sa brève (et déjà surévaluée) carrière. Surestimé aussi, le Taïwanais Hou Hsiao-hsien qui avait bu le bouillon en touchant, comme beaucoup de cinéastes étrangers savent le faire cyniquement, un gros chèque en euros bien français avec Café Lumière (le 18 mars), hommage à Ozu tourné à Paris, qui confondait la placidité du maître avec

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Adieu au langage

ECRANS | Sublime conversion de Jean-Luc Godard à la 3D, qu’il manie en peintre romantique dans un film somme et pourtant accueillant, où il prône la Révolution et le devenir-chien d’une humanité à bout de souffle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 27 mai 2014

Adieu au langage

D’où parle Jean-Luc Godard aujourd’hui ? D’un lieu double, comme l’est son dernier film : si l’on suit la première partie (« La Nature »), ce serait quelque part du côté du lac de Genève, où transitent deux types de fantômes, ceux des touristes arrivés des bateaux de plaisance battant alternativement pavillon suisse et pavillon français, et ceux de Lord Byron et Mary Shelley, dans un exil romantique forcé qui donne naissance au fameux Frankenstein. Mais selon la deuxième partie (« La Métaphore »), Godard nous parle d’un lieu plus mystérieux, un au-delà du langage où il retrouve son outil et se fait peintre du monde, de ses bruissements, de ses êtres mis à nu. Cette dualité n’est pas neuve chez lui : elle dure au moins depuis Nouvelle Vague (1990), où la noyade d’un homme entraînait l’apparition de son double. Nouvelle vague était aussi un film d’exil : le premier à montrer ce bout de Suisse dans laquelle Godard s’est réfugié et le premier à mettre en scène un Alain Delon qui n’hésitait pas à y faire quelques navettes pour planquer son pognon – l’exilé romantique et l’exilé fiscal, la nature et la métaphore. Or, depuis ce film

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La Nuit fauve

ECRANS | Classique / Fils du grand Maurice Tourneur, cinéaste français ayant offert au muet hollywoodien quelques-unes de ses œuvres phares, Jacques Tourneur lui (...)

François Cau | Lundi 9 janvier 2012

La Nuit fauve

Classique / Fils du grand Maurice Tourneur, cinéaste français ayant offert au muet hollywoodien quelques-unes de ses œuvres phares, Jacques Tourneur lui emboîte le pas durant l’âge d’or des studios. S’associant avec le rusé mais avisé producteur Val Lewton, il lance sa carrière avec une trilogie de films «de peur» qu’il tourne pour la RKO, studio alors réputé pour ses budgets modestes et l’efficacité de ses techniciens. De fait, La Féline, Vaudou et L’Homme léopard compensent leur peu de moyens par une direction artistique inventive, une photographie faisant la part belle au clair-obscur, rehaussant le travail détaillé et méthodique sur les décors (en dur ou complétés par de superbes matte-paintings).Ce style convient parfaitement au projet de Tourneur, qui montre peu mais suggère beaucoup, promenant le spectateur dans des scénarios pas toujours grandioses (et forcément datés) en lui faisant miroiter la prochaine scène d’angoisse, pour le coup remarquable dans sa mise en scène. L’Homme léopard, dernier film de la trilogie, se déroule dans un Nouveau Mexique plein de castagnettes et d’amourettes mélodramatiques, de diseuses de bonne aventure et de flics nonchalants. Dans la premi

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Oh oui, exploite-moi

ECRANS | La nouvelle édition du Festival des Maudits Films enfonce le clou d’une ligne éditoriale aussi ludique qu’exigeante. En offrant la parole à d’authentiques passionnés de la chose cinématographique, en exhumant des bijoux méconnus du 7e art, et, in fine, en redonnant aux cinémas de genre et d’exploitation des lettres de noblesse qu’ils auraient toujours dû avoir. François Cau

François Cau | Vendredi 6 janvier 2012

Oh oui, exploite-moi

En septembre, on vous entretenait de la précarité toujours accrue du Centre Culturel Cinématographique, et incidemment de l’impact prévisible sur son événement phare annuel. Comme le soulignait la présidente du ciné-club historique grenoblois, un festival doit prendre de l’ampleur pour ne pas stagner puis disparaître. Si la compétition de longs-métrages n’est toujours pas à l’ordre du jour (celle des courts répond présent cette année encore), le corpus de sa programmation en revanche mérite moult louanges de la part de tout cinéphile se respectant un minimum. Pour vous donner une idée, si on était dans un teen movie américain, au beau milieu d’une assemblée, une personne se lèverait, regarderait le comité de sélection dans les yeux, et commencerait à frapper dans ses mains de la façon la plus sonore possible, entraînant rapidement le reste de la salle dans un tonnerre d’applaudissements. L’équipe du CCC avait d’ores et déjà démontré que son appréhension du cinéma de genre ne se limitait pas à surfer sur un engouement ludique, mais reposait bien sur une émulation poussée autour de la face trop souvent cachée et déconsidérée du cinéma. Artistes maudits Le caractè

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Changement dans la continuité (et vice-versa)

ECRANS | Le nouveau directeur de la Cinémathèque de Grenoble, Guillaume Poulet, a la lourde charge de remettre la structure sur le devant de la scène, tout en composant avec l’existant. Heureusement, ce ne sont pas les projets ou la bonne volonté qui manquent. Propos recueillis par François Cau

François Cau | Lundi 15 février 2010

Changement dans la continuité (et vice-versa)

Petit Bulletin : Comment se passe le passage de relais avec Michel Warren (tête pensante historique de la structure, NDLR) ?Guillaume Poulet : Il est en train de se faire. Michel continue à travailler à la programmation, est toujours présent aux soirées de la Cinémathèque… Globalement ça se passe bien, j’ai une grande marge de manœuvre au quotidien - ce qui joue aussi, c’est l’arrivée depuis septembre d’un nouveau président, Nicolas Tixier, un proche de la Cinémathèque depuis très longtemps, qui a envie que le lieu se développe et redore un peu son blason. Les soubresauts qu’a pu connaître la Cinémathèque ces derniers temps ont peut-être entamé le crédit qu’elle pouvait avoir ; la volonté de Nicolas et la mienne est de repartir sur de bonnes bases, et d’assurer à la fois une forme de stabilité et le développement du projet, des idées, des collaborations. Sentez-vous de la part des collectivités une prise de conscience de l’importance d’un tel lieu ?La difficulté vient du fait que chaque personne a son idée de ce que devrait être une cinémathèque de province, ou du moins dans une ville comme Grenoble. J’entend

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(É)pris de court(s)

ECRANS | Entretien / À l’occasion de la 29e édition du festival du court-métrage en plein-air, rencontre avec Michel Warren, à la tête de l’équipe organisatrice. Propos recueillis par Damien Grimbert

Christophe Chabert | Mercredi 5 juillet 2006

(É)pris de court(s)

Petit Bulletin : Quel bilan tirez-vous de tous les films visionnés pour aboutir à la sélection du festival ?Michel Warren : Depuis 2002, la tendance était plutôt à la baisse en termes de quantité de films réalisés et cette année, c’est remonté, pas au niveau des grandes années 1996-1997, mais pratiquement au niveau 2002, donc la baisse de production est enrayée. D’autre part, la qualité des productions est elle plutôt à la hausse, les producteurs et réalisateurs continuent à savoir être inventifs, créatifs, et faire des films qui aujourd’hui ne ressemblent pas à ceux d’hier. Alors après, ils plaisent ou ne plaisent pas, mais globalement, je crois pouvoir dire que la sélection de cette année est plutôt un bon cru. Comment expliquez-vous cette recrudescence quantitative ?C’est un peu difficile parce que je ne suis pas du bon côté de la barrière, mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a 3 ans, un certain nombre de “grandes maisons” de production de courts-métrages, ont fermé : les films du jeudi, Lazenec… n’ont plus produit de films, ce qui a contribué à faire un trou en termes de quantité de films produits. Et parallèlement, de petites sociétés, qui étaient

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