Djazia Satour, toujours

Sono mondiale | Ce n'est pas parce qu'on est assis au concert que c'est moins bien : si vous ne nous croyez pas, rendez-vous à La Source de Fontaine le 14 janvier pour écouter Djazia Satour.

Hugo Verit | Mardi 4 janvier 2022

Photo : Yannick Siegel


[CONCERT REPORTE AU 18 FEVRIER]

On a compté : depuis 2009, le PB a consacré plus d'une douzaine d'articles (une moyenne d'un papier par an) à Djazia Satour, via la plume de trois journalistes différents. Et même quatre, désormais. Car on ne va pas se priver d'ajouter un éloge supplémentaire à cette liste de dithyrambes unanimes.

Découverte par le public grenoblois – et bientôt au-delà – avec le groupe de trip-hop MIG au début des années 2000, la chanteuse d'origine algéroise s'impose tout de suite comme l'une des plus belles voix de la région en maîtrisant à la perfection des morceaux de bravoure, tel Leaving Beth dont on ne se remettra jamais totalement. Ensuite, Djazia se lance en solo avec un premier album de compositions pop/soul plutôt réussi, Alwâne. Mais c'est surtout le second, Aswât (2018) – plus personnel, plus cohérent, chanté intégralement en arabe et nimbé d'influences musicales algéroises – que nous louerons ici. Parce qu'un titre comme Neghmat Erriah est une leçon d'écriture pop, avec tout ce que cela comporte d'universalité et de transcendance. Parce que les envolées vocales de Ghounia ont quelque chose de cosmique. Parce que les thèmes abordés – l'exil, l'errance, la dépossession – bouillonnent de réalité. Parce qu'enfin, ce sont ces chansons que Djazia Satour interprétera sur la scène de La Source, dans une formule duo inédite avec son pianiste Pierre-Luc Jamain. Ce qui valait bien un article de plus.

Djazia Satour + Djamila Lebdiri le 14 janvier à La Source (Fontaine), de 9€ à 14€


Djazia Satour + Djamila Lebdiri

Artiste incontournable de la scène grenobloise qui a à son actif plus de 70 concerts en France et à l’étranger, Djazia Satour prolonge l’aventure scénique de son album Aswât avec un tout nouveau spectacle.
La Source 38 avenue Lénine Fontaine
Vendredi 18 février 2022 à 20h30


Djazia Satour

Après "Klami" et "Alwâne", Djazia Satour revient avec un nouvel album intitulé "Aswât" (des voix).
Espace Aragon 19 boulevard Jules Ferry Villard-Bonnot
Vendredi 3 juin 2022 à 20h


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Vox Low, une lumière dans la nuit

Cold-wave | Il flotte dans l’air comme un parfum de découragement. Partout des bras qui se baissent, des épaules qu’on hausse, des affaires qu’on lâche. L’idée (...)

Hugo Verit | Mardi 14 décembre 2021

Vox Low, une lumière dans la nuit

Il flotte dans l’air comme un parfum de découragement. Partout des bras qui se baissent, des épaules qu’on hausse, des affaires qu’on lâche. L’idée (intolérable !) que tout est paumé semble avoir fait son chemin. Il est de mise, désormais, d’attendre la fin du monde comme un bon perdant en se nourrissant de science-fiction bien dystopique. Et cela se ressent tout particulièrement chez pas mal de musiciens d’obédience punk dont le slogan "no future" – qui résonnait comme une boutade – se lit maintenant au premier degré, corroboré par des conclusions scientifiques sans appel. Vox Low est de ceux-là. Nihiliste à fond, le quatuor parisien revendique même des inspirations littéraires étonnantes (Maurice Dantec n’a pas souvent pris position pour le bien de l’humanité dans sa vie). Mais tout ça est vite oublié lorsque le groupe monte sur scène et déploie sa cold-wave disco envoûtante avec un son qui tutoie la perfection. Celui de la basse par-dessus tout, ronde et piquante à la fois, celui des synthés aussi qui adoucissent le propos un brin péremptoire. Très organiques, les lives de Vox Low n’ont plus à faire leur réputation : ça virevolte, ça tape, ça explose et fatalement, dans le pu

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"Fables à la fontaine" : eh bien, dansez maintenant !

Danse jeune public | L'idée, lancée dans les années 2000, est originale : demander à différents chorégraphes d'imaginer une (...)

Aurélien Martinez | Lundi 29 novembre 2021

L'idée, lancée dans les années 2000, est originale : demander à différents chorégraphes d'imaginer une courte (20 minutes) proposition dansée autour de l'une des fameuses fables de Jean de La Fontaine. « Chaque pièce est drôle comme est drôle le monde de l’enfance et sérieuse comme il l'est aussi », résumait la productrice Annie Sellem à l’initiative du projet, qui compte déjà un paquet de versions. Pour cette nouvelle tournée, on retrouve la spécialiste de la danse baroque Béatrice Massin, la Brésilienne engagée Lia Rodrigues et la directrice de la Maison de la danse de Lyon Dominique Hervieu. Si Le Loup et l'Agneau de la première est illustrée de façon très littérale (avec un premier tableau sous de grandes – fausses – peaux de bêtes très fort, mais vite abandonné), et si Le Corbeau et le Renard de la troisième est pleine de facéties à même

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Shannon Wright va piano

rock | Arpentant les scènes françaises avec la régularité d'un métronome, Shannon Wright n'a l'an dernier pas fait exception à la mode des concerts multi-reportés qui (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 16 novembre 2021

Shannon Wright va piano

Arpentant les scènes françaises avec la régularité d'un métronome, Shannon Wright n'a l'an dernier pas fait exception à la mode des concerts multi-reportés qui n'ont sans doute guère eu l'heur de lui plaire, elle qui vit pour la scène, qui fait bouillir la marmite autant qu'une âme affamée. C'est au piano, comme prévu initialement, que s'opère le retour. Ce même piano qui lui sauva la vie (artistique), par l'entremise de Katia Labèque, l'empêchant de raccrocher pour de bon en 2015 après une énième crise de doute (qui la jeta dans un studio muni d'un spécimen de l'instrument avec interdiction d'en sortir tant qu'elle n'aurait pas repris du plaisir à composer). Ce piano sur lequel elle a écrit une partie de Division (2017) et surtout le sublime Providence (2019) sur lequel la rage sonique habituelle se rentre pour parcourir l'échine de l'intérieur, coller des gnons grimés en caresses, rallier le cri primal via la complainte. Comme toujours avec Shannon Wright, se fait jour ici, dans cet exercice piano-voix auquel a participé Katia Labèque, un troublant équilibre entre fragilité et puissance – cette fille pourrait, pense-t-on,

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Bachar Mar-Khalifé en toute intimité

Multi-instrumentiste | On peut critiquer les conservatoires pour leur académisme affirmé et leur méfiance à l’égard d’une créativité trop iconoclaste. Mais il en sort parfois de véritables (...)

Hugo Verit | Mardi 5 octobre 2021

Bachar Mar-Khalifé en toute intimité

On peut critiquer les conservatoires pour leur académisme affirmé et leur méfiance à l’égard d’une créativité trop iconoclaste. Mais il en sort parfois de véritables merveilles, mêlant technique, érudition musicale et indépendance d’esprit. Issu du conservatoire de Paris, Bachar Mar-Khalifé est l’une d’entre elles. Le multi-instrumentiste franco-libanais propose, depuis une dizaine d’années et une poignée d’albums très différents, une musique inclassable et toujours grandiose, entre mélodies orientales, électro dansante, pop, hip-hop et classique. Le tout en prenant parfois des positions politiques bienvenues, contre son ignoble homonyme syrien notamment, à l’instant crucial des Printemps Arabes. Pour écrire son dernier album On/Off, Bachar Mar-Khalifé a souhaité s’isoler dans les montagnes du Jaj de son Liban natal, loin des tumultes de la ville. Il en résulte un disque très calme, apaisé, intime, langoureux, amoureux, voire carrément érotique. Ainsi de L’amour à plusieurs dont le titre résume le propos. Plus sombre – et seul titre énervé de l’album – Insomnia rappelle le Bachar des anciens disques tandis que Chaffeh Chaffeh,

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"Présidents" : vieilles choses publiques

ECRANS | Enchaînant films et sujets opposés, Anne Fontaine s’attaque après Police à l’étage supérieur : le pouvoir suprême et ceux qui l’ont exercé… lorsqu’ils en sont dépossédés. Entre fable et farce, une relecture des institutions et de l’actualité politique bien plus intéressant que ce que les teasers-sketches laissaient supposer…

Vincent Raymond | Mardi 29 juin 2021

Reconverti en homme d’intérieur dépressif, l’ex-président Nicolas S. prend pour prétexte la popularité grandissante de la candidate d’extrême-droite pour partir en Corrèze afin de convaincre son ancien adversaire et successeur François H. de monter un nouveau parti avec lui. La cohabitation sera d’autant plus rude qu’ils sont opposés en tout, et que leurs compagnes s’invitent dans la campagne… Une évidence en préambule : sur les arcanes de la Ve République (et ses bruits de cabinet, diront les mauvaises langues), il sera difficile de parvenir un jour à se montrer plus complet que le magistral L’Exercice de l’État de Pierre Schoeller. Rien n’empêche toutefois d’attaquer le sujet par la bande, en se focalisant sur des espèces s’ébattant dans cet écosystème. Tels les présidents du film homonyme d’Anne Fontaine construit comme une fable dont les protagonistes ne seraient pas de grands fauves, mais deux ex éconduits par leur bien-aimée, trompant ensemble leur déni dans l’illusoire espoir d’une reconquête. Sauf que la belle, de plus en plus versatile et capricieuse, ne veut plus d’eux.

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Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

ACTUS | Après plus de six mois de fermeture, les salles de spectacle et les théâtres peuvent rouvrir leurs portes depuis le mercredi 19 mai. Mais si la reprise est largement saluée par les acteurs culturels, elle occasionne également de nouvelles problématiques pour les salles.

Sandy Plas | Lundi 17 mai 2021

Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

Elle était attendue depuis plusieurs mois. Espérée début janvier, puis mi-avril, c’est finalement le 19 mai que les salles de spectacle pourront rouvrir leurs portes au public et proposer à nouveau concerts, pièces de théâtre, danse et rendez-vous de toutes sortes, mis à l’arrêt depuis la fermeture des lieux culturels le 30 octobre dernier. Annoncé fin avril, le calendrier progressif du déconfinement prévoit la réouverture des salles en trois temps, avec une première phase, du 19 mai au 9 juin, permettant l’accueil de 800 spectateurs maximum et une jauge à 35% de la capacité de la salle, une seconde phase, du 9 juin au 1er juillet, avec une jauge à 65%, et une levée des restrictions d’accueil à partir du 1er juillet. Mais si le déconfinement des lieux de spectacle est forcément une bonne nouvelle pour les spectateurs, les artistes et les acteurs culturels laissés sur le carreau pendant plus de six mois, la réouverture dans un contexte de fin de saison pose un certain nombre de questions. Au Théâtre municipal de Grenoble (TMG), qui regroupe le Grand théâtre, le Théâtre 145 et le Théâtre de poche, l’annonce de la reprise a été re

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Grenoble est exotique

ESCAPADES | Marmottes, chamois, tétras lyres, canards colverts… Voir toujours les mêmes bestioles dans le coin peut être assez lassant. Heureusement, Grenoble innove aussi avec la nature et l’arrivée de nouvelles plantes et espèces exotiques, changement climatique oblige. Et pour compléter tout ça, direction la fontaine ardente du Gua. C’est le deuxième volet de nos bizarreries grenobloises, côté nature (qu’on aime beaucoup !)

Jérémy Tronc | Vendredi 23 avril 2021

Grenoble est exotique

Le gecko migre à Grenoble Plutôt familière des pays du pourtour méditerranéen et généralement près des côtes, la tarente de Maurétanie a été signalée à Grenoble pour la première fois en 2018. Cette espèce de gecko est arrivée dans la capitale des Alpes sous l’effet du changement climatique. Très bien adaptée à l'homme, on peut fréquemment la voir sur les murs, en particulier près des éclairages où se trouvent les insectes la nuit. Les tarentes affectionnent les zones pierreuses et les broussailles clairsemées. L’animal semble ainsi particulièrement se plaire dans les secteurs de la Porte de France et de l’Esplanade. L’association Nemeton (un biolab grenoblois) y organise des promenades d’observation lorsque des chaleurs plus importantes sont durablement installées. On appréciera alors les prouesses de la tarente : ce petit gecko nocturne est en effet un animal vif, capable de courir sur toutes les surfaces, même dénuées de la moindre prise, et de sauter très rapidement, par exemple du sol à une branche. Infos pratiques D'autres renseignements sont à découvrir sur le site Internet de Nemeton (

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Gwizdek, tout court

Concert | Le vendredi 12 mars, à 19h, Daniel Gwizdek dévoilera, en livestream depuis la scène de la Source, son tout nouveau projet en forme de petite révolution personnelle. Désormais, le jeune Grenoblois se tourne vers la pop, chante en français, joue en trio… et ça s’appelle Gwizdek, tout court.

Hugo Verit | Mercredi 10 mars 2021

Gwizdek, tout court

Il était évident, à le voir chanter tout seul (et timidement) derrière sa guitare sur les scènes les plus confidentielles de Grenoble, que Daniel Gwizdek avait besoin d’un peu s’entourer. Bien sûr, ses compositions électro-folk subtiles, sa voix surprenante qu’on ne présente plus et ses faux airs de vrai dandy ne manquaient pas de séduire. Bien sûr, l’album Sandbox, sorti en 2017, était une grande réussite et sonnait comme un véritable aboutissement pour cet autodidacte, un brin casanier, qui avait pris l’habitude de se claquemurer dans son appartement pour y écrire, composer, jouer, enregistrer, mixer et répéter des dizaines de chansons. Bien sûr, le talent de Daniel Gwizdek ne faisait aucun doute. Et pourtant, lui semblait en douter. Éprouvant les limites du travail solitaire, en proie au grabuge intérieur du bûcheur en solo. Retour en trio Il était évident, donc, de le retrouver quelques années plus tard dans une nouvelle formule trio, plus sobrement intitulée Gwizdek. Accompagné de Vadim Bernard (batterie) et de Quentin Faverger (synthé et sample), Daniel se réinvente complètement. Les morceaux s’annoncent plus pop, les tempo s’accélèrent et le

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La Source s'écoule toujours

Spectacles en ligne | Depuis quelque mois, malgré la situation sanitaire, la Source continue de proposer résidences et événements (pour la plupart en livestream), pour combler un tant soit peu notre irréductible besoin de consolation. Et voici que la dernière salve en date s'avance pour les prochaines semaines !

Stéphane Duchêne | Mercredi 17 février 2021

La Source s'écoule toujours

ÀÀ vos agendas : le programme débute très vite, dès ce jeudi 18 février, à 18h30, avec la sortie de résidence des P'tits Maux des Mômes, un spectacle jeune public de la Cie Poêle à Gratter. Une résidence durant laquelle la compagnie a proposé des ateliers musicaux à destination des enfants du Centre de loisirs de Fontaine. Sur scène, et donc à travers le filtre du livestream, on retrouve trois musiciens pour un spectacle participatif né de leurs expériences dans le milieu scolaire et de la petite enfance. Les mardi 23 et mercredi 14 février, à 19h, sonnera l'heure des auditions régionales des iNOUïS du printemps de Bourges, un événement réservé aux professionnels de la profession (il s'agit comme indiqué d'auditions) mais retransmis sur Sol FM, qui proposera également des interviews des artistes. Les huit artistes régionaux présélectionnés par l'antenne régionale des iNOUïS seront comme d'usage répartis en deux groupes sur les deux soirs : le rappeur Richi, la protée lyonnaise Thaïs Lona, le Brésilien d'origine Joao Selva et la magnifique gouaille gone de

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Concerts debout : on en est où ?

ACTUS | Enquête / C’est la question qui taraude presque tout le monde : les concerts debout en intérieur, toujours interdits à l’heure de notre bouclage, vont-ils bientôt pouvoir reprendre ? Et quelles stratégies les salles les accueillant mettent-elles en place dans ce contexte d’incertitude ? Tour d’horizon.

Damien Grimbert | Mardi 8 septembre 2020

Concerts debout : on en est où ?

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ? Sans prise de position officielle claire depuis la fin du confinement, il n’était pas interdit d’espérer secrètement un déblocage tardif de la situation pour les salles ayant l’habitude d’accueillir des concerts debout. Un espoir aujourd’hui de plus en plus ténu – pour ne pas dire inexistant. C’est du moins le constat sans appel que l’on dresse après s’être entretenu avec des acteurs culturels comme la Bobine, l’Ampérage, la Source ou encore la Belle Électrique : plus personne ne croit encore vraiment en une possible évolution de la situation avant 2021, tout juste les plus optimistes s’autorisent-ils encore à garder un très mince espoir de changement pour le mois de décembre. À défaut, il faut donc pour les salles apprendre à composer avec l’incertitude. Les uns après les autres, et au compte-goutte la plupart du temps, les évènements debout un temps annoncés pour l’automne se voient de nouveau annulés ou reportés (le plus souvent à des échéances prudemment lointaines). Au mieux, ils sont transposés dans des configurations assises, avec toutes les contraintes que cela impose. Assis ou dehors Dans ces conditions, que fai

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"La Source" : planche de salut

ECRANS | de Rodolphe Lauga (Fr, 1h45) avec Sneazzy, Thomas Goldberg, Christophe Lambert…

Vincent Raymond | Lundi 22 juillet 2019

Désœuvré, vivant comme une malédiction la nécessité de reprendre l’entreprise de plomberie familiale de son père défunt, Samir s’imagine un autre avenir loin de la cité, en devenant surfeur pro. Même s’il n’a jamais mis les pieds sur une planche de sa vie. Et qu’il ne sait pas nager… Du parcours "éclaboussant" de Karim Braire, le réalisateur (et surfeur) Rodolphe Lauga a ôté toute l’écume sulfureuse et le ressac saumâtre : Samir en constitue une version à la fois épurée et fictionnalisée dans le bon sens du terme, puisque seul compte le récit initiatique d’un ado refusant le déterminisme socio-familial pour s’accomplir dans une inexplicable passion, en suivant son instinct. On objectera que le schéma est classique, mais le film l’est moins, qui déroge à tous les clichés du cinéma de banlieue ou du cinéma de glisse : l’une et l’autre sont en effet considérées ici comme des éléments contextuels, non comme des prétextes à images chocs ou spectaculaires. Par ailleurs scénariste (notamment des deux derniers Canet), Lauga

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La Fête du Travailleur alpin : demandez le programme de la 90e édition !

Festival | Rendez-vous du vendredi 28 au dimanche 30 juin au parc de la Poya de Fontaine.

Damien Grimbert | Mardi 18 juin 2019

La Fête du Travailleur alpin : demandez le programme de la 90e édition !

« Je rappe tellement bien qu’on dit que je rappe mal. » Si cette réflexion pourrait en soi s’appliquer à bon nombre de rappeurs, il fallait en revanche toute la science d’écriture de Kery James (photo) pour la formuler de manière aussi condensée et éclatante (sur Le Combat Continue Part 3 en 2008). Il faut dire aussi que l’artiste, qui sortait en novembre dernier son septième album solo J’rap encore, est tout sauf un perdreau de l’année. De ses débuts en 1991 sur le premier album de MC Solaar aux virulentes années du groupe Idéal J aux côtés de DJ Mehdi en passant par le début de sa carrière solo en 2001 (avec le très remarqué Si c’était à refaire), le rappeur du Val-de-Marne affilié au collectif Mafia K’1 Fry a en effet eu tout le temps d’affûter son flow et sa plume. Autant dire que c’est une véritable légende du rap français qui foulera la scène de la Fête du Travailleur alpin samedi 29 juin. Le même soir, on retrouvera également une autre figure de proue du rap engagé en la personne de Médi

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Vercors Music Festival : nos quatre coups de cœur

Festival | En dépit de sa jeunesse (c'est sa 5e édition), le Vercors Music Festival sait déjà attirer les grands noms autour d'une ligne qui mêle le populaire et la découverte, l'exploration de la chanson française et l'expression multiculturelle et multigenre. En marge des Zaz, Grand Corps Malade, Sanseverino, Gauvain Sers et Ibrahim Maalouf, petite sélection de (nos) choix à découvrir entre le 4 et le 7 juillet à Autrans.

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 juin 2019

Vercors Music Festival : nos quatre coups de cœur

Djazia Satour C'est devenu une tarte à la crème que d'accommoder la ou les musiques des origines à la sauce pop. Tout autant que de faire l'inverse. Le fait est que cela donne souvent un résultat absolument envoûtant. D'où vient que cela est particulièrement vrai avec la musique traditionnelle algérienne (de Rachid Taha à Imarhan) ? On ne sait guère... Mais c'est cette alchimie gracile que la Grenobloise Djazia Satour obtient sur ses disques, à commencer (pour ainsi dire) par le dernier, Aswât, où le blues se mêle au chaâbi, le banjo à l'oud, et l'esprit de conquête western à la mélancolie orientale. Où l'on a parfois l'impression que le Mississippi se jette dans la Méditerranée. Vendredi 5 juillet à 20h The Blue Butter Pot "Dis petit

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Fontaines D.C. : et voici la nouvelle sensation du rock indé britannique à guitares

Concert | Alors que tambourine une rumeur de plus en plus flatteuse, les cinq Dublinois de Fontaines D.C., qui n'ont toujours pas commis le moindre album, déboulent sur la scène de la Bobine pour mettre tout le monde d'accord.

Stéphane Duchêne | Lundi 4 février 2019

Fontaines D.C. : et voici la nouvelle sensation du rock indé britannique à guitares

Au rayon "next big thing", ce "demain on rase gratis" version (presse) rock'n'roll maintes fois évoqué ici, Fontaines D.C. est sans doute la chose – prochaine et grosse donc – qui a, ces derniers mois, le plus fait frissonner les suiveurs indés. De ce genre de frissons, si propres à ce milieu, qui caractérisent si bien la crise de manque aigüe. Mais alors du manque de quelque chose qu'on ne connaît pas encore, ou si peu. Auquel on aurait à peine goûté. On sait trop à quel point la presse britannique a couronné des têtes et bâti des royaumes de futures légendes sur la foi de quelque chimérique single, d'une gueule de petit prince dépenaillé ou d'un storytelling à la croisée de Walter Scott, Charles Dickens et Martin Amis. On sait combien souvent la chose a fait long feu – ou embrasé des continents, c'est arrivé. Et on ne sait que trop comment cela a marché à tous les coups, le panneau étant trop rutilant pour ne pas tomber dedans la tête la première à la recherche d'une commotion dont on se souviendra longtemps. Alors voilà Fontaines D.C. donc, jeune (forcément) quintet dublinois (le D.C.

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26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Panorama de rentrée | Avec de la pop, du jazz, du rap, de l'électro, de la chanson... Suivez-nous !

La rédaction | Mardi 8 janvier 2019

26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Flavien Berger Entre chanson javellisée, bidouillages électroniques et influences exponentielles, Flavien Berger s'est imposé comme l'une des figures de cette scène française qui se moque tellement des étiquettes qu'elle s'en colle partout – hip-hop, électro chanson, R'n'B et plus car affinités. Avec son récent album Contre-temps, successeur du déjà encensé Léviathan (qui lui avait valu d'être adoubé par Étienne Daho en personne), Berger a frappé très fort. Avec une sorte d'œuvre à contre-courant qui souffle l'air du temps. À la Belle électrique samedi 26 janvier Indianizer + L'Éclair Serait-ce l’influence des DJs et collectionneurs de disques rares des années 1960 et 1970 qui se ferait sentir ? Toujours est-il que depuis quelques années, un nombre croissant de jeunes formations européennes se plaît à orchestrer en live une fusion exaltante et inédite entre musiques tropicales, krautrock, grooves funk & disco, pop psychédélique, exotica, library music et autres vestiges musicaux méc

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"Aswât" : pop méditerranéenne signée Djazia Satour

Concert | On a écouté le nouvel album de la musicienne grenobloise avant sa sortie le 26 octobre. Et c'est une réussite, à découvrir en avant-première samedi 13 octobre sur la scène de la Source.

Aurélien Martinez | Mardi 9 octobre 2018

En 2014, Alwâne, premier album solo de la Grenobloise Djazia Satour, s’ouvrait avec le petit tube Bittersweet : un morceau chanté en anglais qui emmenait l’ensemble vers un côté cabaret assumé (Illinois Blues, Voodoo Night…), même si les musiques arabes que la chanteuse affectionne depuis tant d’années étaient déjà présentes sur certains titres, lovées dans des mélodies pop, blues et folk à l’efficacité immédiate. Des musiques arabes aujourd’hui réellement au cœur de son univers métissé. Car en 2018, son deuxième album solo Aswât s’ouvre avec le petit tube Neghmat Erriah, à la structure proche de ce qui se fait couramment dans la pop. Mais un morceau chanté en arabe et, surtout, qui convoque pas mal d’instruments issus de la culture

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Djazia Satour : « Donner une vraie place aux musiques traditionnelles arabes »

Concert | En 2014, à l'écoute du premier album solo de la Grenobloise Djazia Satour, nous fûmes conquis. Et avions alors accordé une "une" enflammée à cette artiste que nous adorons depuis longtemps au PB. Autant dire que nous attendions avec impatience de pouvoir écouter son nouvel album "Aswât", qui sortira le 26 octobre. Une deuxième réussite, cette fois-ci chantée tout en arabe, qu’elle dévoilera en avant-première samedi 13 octobre sur la scène de la Source. Alors interview.

Aurélien Martinez | Mardi 9 octobre 2018

Djazia Satour : « Donner une vraie place aux musiques traditionnelles arabes »

Alwâne (2014), votre précédent album, avait plusieurs couleurs musicales, avec notamment des chansons en anglais et d’autres en arabe. Aswât, qui lui fait suite, semble plus uniforme à l’écoute… Djazia Satour : Oui, tout à fait, car le disque est entièrement chanté en arabe, ce qui est pour moi un tournant. C’est quelque chose que je voulais faire depuis très longtemps. Et ça a du sens maintenant car l’autre fil conducteur de ce disque, c’est la présence d’instruments traditionnels algériens autrement que par des samples comme j’ai pu le faire par le passé. Il y a du coup une véritable influence des musiques traditionnelles algériennes dans l’album, grâce à cette matière brute et directe obtenue avec le banjo, le mandole, le violon – des instruments typiques du chaâbi algérien – ou encore le bendir et plusieurs autres sortes de percussions. Certes, j’ai toujours été influencée par les musiques arabes et algériennes en particulier, mais là, je leur donne une vraie place. Avec l’idée de les mélanger avec d’autres musiques plus anglo-saxonnes – car ce n’est pas un disque de musiques traditionnelles.

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Loran Stahl : « J’ai une responsabilité qui va un peu plus loin que le simple fait de choisir les artistes »

ACTUS | Après s’être occupé pendant quatorze ans de la programmation du Cabaret frappé, fameux festival musical de l’été grenoblois, Loran Stahl rejoint la Source, l’ambitieuse salle de concert de Fontaine. On l’a rencontré pour en savoir plus.

Aurélien Martinez | Mardi 4 septembre 2018

Loran Stahl : « J’ai une responsabilité qui va un peu plus loin que le simple fait de choisir les artistes »

Début 2018, Jean-François Braun, directeur et programmateur de la Source de Fontaine depuis son ouverture en 2010, annonçait son départ. Le voilà aujourd’hui remplacé par une figure bien connue dans l’agglo : Loran Stahl, ex-programmateur du Cabaret frappé qui vient tout juste de quitter le festival après avoir célébré ses 20 ans. Enfin, "remplacé", pas tout à fait. « Je suis maintenant responsable du spectacle vivant pour la Ville de Fontaine, ce qui inclut un travail de programmation à la Source mais aussi de, par exemple, prendre en compte la salle Edmond-Vigne ou encore la Fête de la musique. » Loran Stahl travaillera donc en lien avec Pascaline Thorel, directrice du Conservatoire de Fontaine qui, elle, a pris la direction de la Source, comme le Conservatoire se trouve dans les mêmes murs que les salles de concert. « Ce nouveau mode de fon

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Xavier Machault : « Faire connaître le répertoire caché de Brigitte Fontaine »

Concert | Du mardi 27 février au dimanche 4 mars, les musiciens grenoblois Xavier Machault et Martin Debisschop reprendront au Midi / Minuit "L'Incendie", album de Brigitte Fontaine sorti en 1974. Un projet qui consiste à faire découvrir le répertoire poétique d’une chanteuse au talent parfois mal compris. Xavier Machault nous en dit plus.

Alice Colmart | Mardi 20 février 2018

Xavier Machault : « Faire connaître le répertoire caché de Brigitte Fontaine »

À partir du mardi 27 février et pendant toute la semaine, le théâtre le Midi / Minuit (ex-Petit 38) proposera un concert baptisé L’Incendie. Soit une réinterprétation de l’album (culte pour quelques fans) de Brigitte Fontaine et Areski Belkacem sorti en 1974, par le chanteur Xavier Machault (à qui l’on doit le récent – et enthousiasmant – projet Pelouse) et Martin Debisschop à la grosse caisse et à la basse. « Le projet est né il y a moins d’un an. On est partis à la recherche de pépites oubliées. Après avoir écouté des albums d’Alain Bashung et Bernard Lavilliers, on est vite tombés sur celui de Brigitte Fontaine et Areski Belkacem. C’est un disque sensible, à la poésie mélancolique et surréaliste » nous explique Xavier Machault, ancien chargé de communication à la Métropole de Grenoble qui s’est lancé dans la musique il y a pl

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Jean-François Braun : « Je vais avoir un pincement au cœur en quittant la Source »

ACTUS | Il a été le premier directeur de la Source, équipement municipal de la Ville de Fontaine dédié à la musique. Après huit ans à sa tête, il part en Ardèche pour une nouvelle aventure. L'occasion de faire avec lui un petit bilan.

Aurélien Martinez | Lundi 15 janvier 2018

Jean-François Braun : « Je vais avoir un pincement au cœur en quittant la Source »

Fin décembre, nous décernions à la Source de Fontaine le PB d’or de la salle qui gagnerait à être plus connue du fait de la diversité des choix de programmation de son directeur Jean-François Braun et sa volonté clairement affichée d’aller sur des propositions plus risquées, moins "mainstreams" – « depuis l’ouverture en 2010, j’ai toujours essayé de faire des pas de côté ». Mais voilà que quelques jours après la publication de l’article, nous apprenions que ce même Jean-François Braun allait quitter son poste début février, pour prendre la tête de la scène de musiques actuelles de l’Ardèche. « C’est l’opportunité de terminer ma vie professionnelle– je ne vais pas tarder à avoir 60 ans – sur un nouveau projet et ainsi revenir à la vie associative, là où j’ai commencé. » On le rencontre donc dans son bureau de la Source pour un rapide bilan. « Je vais avoir un pincement au cœur en quittant la Source, c’est évident. » Content de cet équipement culturel ambitieux (trois plateaux,

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"Marvin ou la belle éducation" : et Anne Fontaine sombra dans la caricature

ECRANS | de Anne Fontaine (Fr., 1h53) avec Finnegan Oldfield, Grégory Gadebois, Vincent Macaigne…

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

Depuis toujours, Marvin Bijou se sent "à part". Traité de "pédé" et harcelé au collège, il étouffe aussi dans sa famille à peine quart-monde. Grâce à un atelier théâtre et à sa rencontre avec un metteur en scène, il va découvrir qu’une issue existe et qu’il peut s’affirmer dans son identité… Anne Fontaine a une manière de filmer la misère sociale qui rappelle, sans vouloir faire offense ni à l’une ni à l’autre, le Ettore Scola de Affreux, sales et méchants. Sauf que le cinéaste italien tournait au second degré. Pas la réalisatrice française, qui pense nécessaire de représenter dans leur caricature la plus élimée des pauvres qu’elle ne doit guère connaître. Non qu’il faille adoucir ni faire de l’angélisme, mais cette représentation tient davantage du vieux stéréotype que du réalisme – curieusement, sa vision des sphères bourgeoises est plus réaliste. De fait, elle pousse vers une outrance aussi aberrante qu’inutile ses comédiens, au premier chef desquels

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Anne Fontaine : « "Marvin" parle de la différence au sens propre du terme »

ECRANS | Queer Lion à la Mostra de Venise, "Marvin ou la belle éducation", quinzième long-métrage d’Anne Fontaine, est une adaptation lointaine du fameux roman "En finir avec Eddy Bellegueule" d'Édouard Louis. On en a discuté avec elle.

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

Anne Fontaine : «

Adapté d’un livre racontant une "renaissance" passant par un changement de nom, votre film Marvin change également le nom du protagoniste. À travers le prisme du cinéma, il s’agit donc d’un changement au carré… Anne Fontaine : Le point de départ a été la rencontre avec le roman En finir avec Eddy Bellegueule d'Édouard Louis, dont j’ai voulu sortir en inventant le parcours que j’imaginais pour le personnage à travers les années : comment il pouvait trouver sa vocation, comment il pouvait s’en sortir… Ce qui n’est pas le cas du livre, qui est sur l’enfance, et ne traite pas l’épanouissement ni la singularité de son destin. Très vite, avec Edouard Louis, on est tombés d’accord sur le fait que c’était pas une adaptation, mais un acte d’inspiration. Près de 70% du film est inventé à p

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Ce week-end, Échirolles sera en mode "Tempo Libre"

CONNAITRE | « Une grande fête où culture, poésie, spectacle vivant, arts de la rue, sport et écocitoyenneté ne font qu'un » : voilà comment la Ville (...)

Aurélien Martinez | Mardi 16 mai 2017

Ce week-end, Échirolles sera en mode

« Une grande fête où culture, poésie, spectacle vivant, arts de la rue, sport et écocitoyenneté ne font qu'un » : voilà comment la Ville d’Échirolles présente la deuxième édition de son événement gratuit Tempo Libre, prévue vendredi 19 et samedi 20 mai place des cinq fontaines. Si le programme est varié et chargé, on retient surtout le concert de Djazia Satour (photo) le vendredi à 21h30, chanteuse grenobloise que l’on adore (écoutez son mini tube Bittersweet), et le Pasha Disco Club des fameux Barbarins fourchus le samedi à 20h.

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"La Fontaine fait son cinéma" : la morale est sauve

ECRANS | de Pascal Adant, de Arnaud Demuynck, Pascal Adant, Frits Standaert, Pascale Hecquet, Fabrice Luang-Vija (Fr.-Bel., 0h40 min) animation…

Vincent Raymond | Mardi 21 mars 2017

Présentée et commentée par la Chouette du cinéma bien connue du jeune public, cette collection de courts métrages, inspirés – ou pas – par les historiettes animalières du plus célèbre des fabulistes (Jean de La Fontaine), en montre la pertinence permanente. Ainsi que de ses morales, où la ruse et l’intelligence triomphent toujours de la force et de l’orgueil. Toutes les approches ne se valent pas dans ce florilège : Le Corbeau et le Renard et La Grenouille et le Bœuf, signées par un épigone un peu scolaire de Gotlib, Pascal Adant, sont laborieuses et graphiquement sans relief. En revanche, Rumeurs de Frits Standaert et son ambiance foutraque, La Loi du plus fort de Pascale Hecquet et son décor bariolé digne de Michel Ocelot ou Les Fables en délire, mélange ubuesque et rythmé (façon carpe et lapin) d’animaux hétéroclites, valent leur pesant de fromage. Eh bien, visionnez, maintenant !

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Avec "Fables", la morale est sauve

Théâtre tout public | Quand les fables de la Fontaine servent de matière première à un spectacle intelligent, on ne peut que s'enthousiasmer. À découvrir vendredi 2 décembre à La Tronche grâce à la compagnie Tábola Rassa.

Aurélien Martinez | Mardi 29 novembre 2016

Avec

Les fables de Jean de La Fontaine (1621 – 1695) sont des petits bijoux convoquant, comme tout le monde l’a bien appris à l’école, des animaux se comportant comme des humains – ils sont notamment très bavards. Des bijoux qui, à l’époque, laissèrent leur auteur libre de livrer diverses morales plus ou moins déguisées pas très tendres pour la société du XVIIe siècle. Les retrouver sur scène, portées par deux comédiens, permet de les redécouvrir sous un nouvel angle, moins scolaire, plus ludique. Sobrement intitulée Fables, l’aventure d'Olivier Benoit, interprétée avec Alexandre Jean, utilise donc ce matériau à la puissance romanesque évidente (ce sont de véritables histoires) pour le transmettre au public d'aujourd'hui. Les deux comédiens s'amusent alors en campant les divers personnages des quinze fables sélectionnées (sur les 240 de l'auteur), tels deux enfants prenant plaisir à se déguiser avec trois fois rien pour jouer à l'agneau, à la cigale ou encore au lion. Grâce aux vers de La Fontaine et à un décor léger propice à divers détournements, ils livrent ainsi un spectacle inventif tout public, et s

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Tous les chemins mènent à Fontaine en montagne

CONNAITRE | Zoom sur la trentième édition du fameux festival, qui part cette année dans toutes les directions artistiques. Pour notre plus grand plaisir.

Charline Corubolo | Mardi 4 octobre 2016

Tous les chemins mènent à Fontaine en montagne

Les sentiers sont variés pour accéder à la plénitude des sommets. Ceux choisis par le festival Fontaine en montagne, une référence dans le paysage isérois, sont orientés vers le partage et la transmission. Pour ses 30 ans, la manifestation reprend les mêmes ingrédients que pour les éditions précédentes, c’est-à-dire des activités en plein air, les traditionnels échanges avec des alpinistes, des projections ainsi que des rencontres littéraires. Et afin de vivre les pics rocheux sous tous ces angles, le festival embarque aussi passionnés et amateurs des massifs en terres musicales. À la Source, il y aura ainsi une fraîche brise d’exotisme jeudi 8 octobre avec le Bollywood Masala Orchestra, et des musiques du monde sauvagement interprétées par le violoniste de jazz français Didier Lockwood et le joueur de vièle chinoise Guo Gan samedi 15 octobre. Au centre d'art le Vog, Jeremy Wood esquisse une déambulation artistique à l’échelle d’un GPS (photo) tandis que Jean-Luc Agne et Marc Ducourtil

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Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

ACTUS | Ce jeudi 14 avril aurait dû être inaugurée au Vog, centre d’art municipal de Fontaine, une exposition consacrée à l’artiste Philippe Perrin. Mais elle a finalement été annulée par la Ville au vu du « contexte national et international » ; puis ensuite par l’artiste lui-même quand la mairie a fait machine arrière en imposant plusieurs conditions (« inacceptables » selon lui) à son maintien. On fait le point avec ceux, rares, qui ont bien voulu s’exprimer.

Aurélien Martinez | Mardi 12 avril 2016

Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

Programmée du 14 avril au 14 mai au centre d’art municipal de Fontaine le Vog, l’exposition Sheena is… remix devait présenter le travail de l’artiste Philippe Perrin. Des œuvres mettant en avant « un monde de violence, de rixes, de coups portés à d’innombrables ennemis, à tous même » comme il est écrit en préambule du dossier de presse ; mais « pas seulement ». « Philippe Perrin montre néanmoins, au travers d’une violence de l’humanité, les ambiguïtés du monde. » Des ambiguïtés qui ont dérangé l’équipe municipale de Fontaine qui avait d’abord imaginé interdire l’exposition avant de se rétracter. Forcément, on a tenté de joindre le maire communiste Jean-Paul Trovero pour avoir son point de vue (ou celui de son adjoint à la culture Brice Di Gennaro) : on nous a systématiquement renvoyés vers le communiqué de presse publié la semaine dernière. En voici un extrait : « L’exposition proposée par Philippe Perrin devait reprendre une partie de ses œuvres marquées par la scénarisation et la représentation de l’univers des armes, des codes de la violence et des

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Free to Run

ECRANS | Comment l’envie de jogger vint aux hommes, et le droit de courir fut conquis par les femmes… Partant d’un propos propre à captiver les runners du dimanche, Pierre Morath signe un documentaire haletant. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 12 avril 2016

Free to Run

De loin, ça ressemble à une soirée Théma d’Arte : un sujet dont on se moque comme de sa première ampoule au talon, qu’on commence à regarder par distraction, désœuvrement ou défi personnel… et qui, pour finir, vous happe parce qu’il est édifiant. Difficile, en effet, d’admettre que la pratique du jogging est si jeune, que sa mixité l’est encore plus et que son économie gigantesque a ruiné l’idéal hygiéniste et désintéressé de ses précurseurs – des adeptes du "mens sane in corpore sano" courant pour l’amour de la nature et du sport, malgré les quolibets, les entraves ou le mépris environnant. Tu peux courir ! Morath centre son documentaire sur une paire d’actes fondateurs : la lutte pour que les femmes puissent participer aux compétitions de fond et de demi-fond (la première épreuve féminine de marathon aux JO eut lieu à Los Angeles en… 1984 !) et la création du marathon de New York. Cette dernière manifestation, lancée par une poignée d’originaux s’adonnant à la course le week-end, est devenue une machine de guerre entre les mains de Fred Lebow, piètre coureur amateur mais homme d’affaires visionnaire… Entre les deux, Morath exhume la fig

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Les Innocentes

ECRANS | Anne Fontaine, qui apprécie toujours autant les sujets épineux (et a pris goût aux distributions internationales), en a débusqué un en Pologne : l’histoire de religieuses enceintes après avoir été violées par des soudards soviétiques… Surprenant. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 9 février 2016

Les Innocentes

C’est une fort étrange apocalypse que l’irruption de cette œuvre dans la carrière d’Anne Fontaine. Même si la cinéaste a continûment manifesté son intérêt pour les histoires un brin dérangeantes, celles-ci se déroulaient dans des familles ordonnées, aux meubles et parquets bien cirés ; la perversité et l’audace transgressive demeuraient domestiques, circonscrites au périmètre intime. Les Innocentes change la donne. Premier réel film historique de la réalisatrice – Coco avant Chanel (2009), comme son nom l’indique, était un portrait (bancal) d’une Gabrielle Chanel en pleine ascension – il s’extrait surtout du récit bourgeois pour investir un “ailleurs”, ou plutôt “des” ailleurs. Le contexte de la guerre, la situation des autres (et non plus le “moi” du couple, de la famille idéale chamboulée) ; l’apprentissage du dialogue corps-esprit, et surtout la place des femmes, universelles premières victimes des conflits, dessinent ici les lignes de force de ce qui n’est pas qu’une reconstitution. En effet,

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PB d'or 2015 : musique et soirées

MUSIQUES | 2015 aura été marquée par l'ouverture d'une nouvelle salle à Grenoble et la confirmation du talent d'une artiste que l'on suit depuis longtemps au Petit Bulletin.

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : musique et soirées

Le PB d’or de la salle qui n’a pas déçu : la Belle électrique On en parlait depuis vingt ans de cette salle de 1000 places à Grenoble, pensée comme un intermédiaire entre un immense Summum et d’autres plus petits lieux. Inaugurée en janvier dernier avec une grosse soirée gratuite, la Belle électrique a rapidement trouvé son rythme de croisière entre têtes d’affiche populaires, musiciens moins bankables et soirées électro jusqu’à 6 heures du matin. Du coup, le public s’est très vite emparé de cet espace remarquablement pensé et aménagé qui, au passage, a ringardisé pas mal de salles plus classiques. « Une salle de 2015 » comme nous l’expliquait son boss à l’ouverture. Et aussi de 2016, 2017, 2018, 2019… Le PB d’or du meilleur album grenoblois : Alwâne de Djazia Satour Certes, il est sorti fin 2014, mais c’est cette année qu’on l’a découvert sur scène, en février à l’Ampérage pour être précis :

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Par accident

ECRANS | De Camille Fontaine (Fr, 1h25) avec Hafsia Herzi, Émilie Dequenne, Mounir Margoum…

Vincent Raymond | Mardi 13 octobre 2015

Par accident

Amra écrase un piéton alors qu’elle est au téléphone. Effondrée, cette jeune mère, dont l’époux n’est pas en règle, s’attend au pire. Mais à sa grande surprise, Angélique, une jeune infirmière délurée, témoigne en sa faveur. Elles deviennent amies… Sur le papier, tout semble y être : une ébauche d’intrigue à la Highsmith, un contexte social bien marqué avec des personnages dignes de Guédiguian et même la touche arty – le Beau Bizarre (Christophe) pour une B.O.… bizarre. Pourtant, ça ne prend jamais tout à fait, malgré des comédiens estimables – parmi lesquels la découverte Mounir Margoum. Peut-être aurait-il fallu n’épouser que le point de vue d’Amra pour sentir une tension grandissante de thriller, et non des fragments. Le vrai mystère du film concerne cependant le look Bruno Gollnisch d’Emmanuel Salinger. Est-il délibéré ? En tout cas, il effraie.

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Les couleurs complémentaires de Djazia Satour

MUSIQUES | "– Djazia Satour, elle fait de la musique du monde, non ? – Non, pas vraiment. – Mais pourtant, elle est algérienne et chante parfois en arabe. – Oui, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 17 février 2015

Les couleurs complémentaires de Djazia Satour

"– Djazia Satour, elle fait de la musique du monde, non ? – Non, pas vraiment. – Mais pourtant, elle est algérienne et chante parfois en arabe. – Oui, et alors ? – Bah, euh…" Oui, "euh…"comme tu dis. Surtout que tu n'as pas dû vraiment te pencher sur Alwane, son premier album solo sorti en octobre. Sinon, tu aurais dit que Djazia Satour fait de la pop. Ou du blues. Ou de la folk. Ou de la soul. Ou du chaâbi. Enfin, tu aurais été paumé quoi, comme la plupart des auditeurs. Ce qui n'est finalement pas plus mal, tant cet Alwane se pare de différentes « couleurs » (oui, ça veut dire ça en arabe) au fil des onze morceaux. Ça commence même complètement cabaret avec l'explosif Bittersweet et son piano martelé ; le tube de l'album. « Blow my ice, my eyes with a rain / Oh this out of time loving. » S’entremêlent ensuite d'autres titres joyeux, en anglais, qui mettent en avant la voix

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Djazia Satour : « Donner libre cours aux mélodies »

Concert | La Grenobloise Djazia Satour, ancienne chanteuse du trio de trip hop (mais pas que) MIG, débarque enfin avec un premier album solo baptisé "Alwane" – "couleurs" en arabe. Une réussite dans laquelle sa voix saisissante et protéiforme se confronte à tout un tas de genres musicaux, en anglais et en arabe. Rencontre avant son concert prévu à l’Ampérage. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 17 février 2015

Djazia Satour : « Donner libre cours aux mélodies »

On vous connaît depuis plus de quinze ans à Grenoble, via vos diverses expériences musicales – principalement MIG et Gnawa Diffusion. Mais vous venez seulement de sortir votre premier album solo cet automne. Ce qui a dû être flippant ? Djazia Satour : Klami, le six titres sorti en 2010 qui était le premier disque après MIG, était plus pour moi un événement. Le premier album, ça l’est toujours, évidemment ; mais on est dans la continuité. Le six titres, c’était une façon de commencer en douceur votre carrière solo ? Il y avait un peu de ça en effet. C’était la première fois que je me retrouvais en solo. Tout avait changé autour de moi, je n’avais plus les mêmes structures de production. Je n’étais plus dans le cocon MIG, avec notamment un label… Du coup, c’était un premier essai autoproduit. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, Alwane étant sorti sur un label. Et vous l’avez longuement travaillé à Montreuil avec deux réalisateurs – Julien C

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Chansons décadentes et fantasmagoriques

MUSIQUES | Brigitte Fontaine est l’une des artistes françaises les plus singulières, malheureusement trop souvent réduite à son statut de "freak". Après le choc que fut la (...)

Aurélien Martinez | Mardi 30 septembre 2014

Chansons décadentes et fantasmagoriques

Brigitte Fontaine est l’une des artistes françaises les plus singulières, malheureusement trop souvent réduite à son statut de "freak". Après le choc que fut la sortie en 2009 de l’album Prohibition (et son titre éponyme au refrain d’une intensité viscérale – « Je suis vieille et je vous encule / Avec mon look de libellule / Je suis vieille et je vais crever / Un petit détail oublié »), la voilà revenue l’an passé avec J’ai l’honneur d’être, où sa verve subversive reste intacte. On retrouve l’auteure-interprète au mieux de sa forme, avec toujours ce savoureux recul sur elle-même et une théâtralité assumée – « Camisole de force / Relookée Crazy Horse [...] / Je suis une paria / Une moudjahida [...] / Ogresse seule et folle. » Et ce regard désabusé sur le monde, atténué par de véritables instants de grâce (Sur une mer gelée, Père

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Gemma Bovery

ECRANS | D’Anne Fontaine (Fr, 1h39) avec Fabrice Luchini, Gemma Arterton, Jason Flemyng…

Christophe Chabert | Mardi 9 septembre 2014

Gemma Bovery

Martin Joubert, un boulanger féru de littérature, s’ennuie dans son petit village normand jusqu’à ce que débarquent de leur Angleterre natale Gemma Bovery et son mari Charles. À la fois troublé par la sensualité de la jeune femme et par sa ressemblance avec l’héroïne de Flaubert, Martin s’embarque dans un jeu fait de voyeurisme et de fantasmes, érotiques autant que littéraires, envers elle. Cette trame-là est de loin ce qu’il y a de plus intéressant dans le nouveau film d’Anne Fontaine, mais la cinéaste n’en tire aucun point de vue fort dans sa mise en scène. Plutôt que de coller au regard de Martin et à sa capacité à interpréter sauvagement la réalité en fonction de son désir et de ses références, elle va régulièrement filmer son contrechamp, ce qui tue instantanément toute ambiguïté et tout trouble. L’exemple évident est la relation entre Gemma et Hervé, le fils à maman friqué qui devient son jeune amant fougueux ; la scène où Martin "double" leur dialogue à distance est une belle idée, mais Fontaine la réduit à néant en enregistrant aussi la vraie conversation entre les deux tourtereaux. Cette manière tiède et rassurante de raconter son histoire introduit auss

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« Renverser les codes »

SCENES | Dans le spectacle "Regards", la comédienne Séverine Fontaine se met à nu face au public, en retraçant son parcours de jeune fille née avec une malformation au visage. Un solo fort et sensible. Propos recueillis par Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 18 février 2014

« Renverser les codes »

Comment est venue l’idée de faire un spectacle si personnel ? Séverine Fontaine : Le thème de la différence me touche directement. Je me sens différente, du moins j’ai une particularité et je me suis dit que c’était peut être le moment, après avoir fait parler les autres [des précédents projets partis d’interviews – ndlr], de parler de moi. J’ai écrit la pièce de manière assez limpide, en évoquant mon histoire et en intégrant parfois un peu de fiction. Ça a été évident dès le début que vous seriez vous-même sur scène ? Quand j’ai écrit la pièce, je ne me voyais pas en solo, j’imaginais des acteurs et des danseurs. Je n’étais même pas partie pour l’interpréter. Puis, quand j’ai fait des lectures, c’est devenu une évidence. C’est un univers qui parle tellement de moi, que j’ai fini par me dire qu’il fallait que j’aille jusqu’au bout. Vous présentez Regards comme une « pièce manifeste sur la différence »… C’est un manifeste dans le sens où c’est une pièce qui délivr

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Ma vie

SCENES | Elle est seule sur scène, la comédienne Séverine Fontaine, pour parler d’elle. Une jeune femme qui « a grandi au cœur d’un système normatif qui ne lui a pas (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 9 janvier 2014

Ma vie

Elle est seule sur scène, la comédienne Séverine Fontaine, pour parler d’elle. Une jeune femme qui « a grandi au cœur d’un système normatif qui ne lui a pas appris pas à s’aimer et à s’accepter telle qu’elle est » (extrait de la note d’intention). « J’ai longtemps tu mon histoire que je ne pouvais paradoxalement pas cacher, visible en plein milieu de mon visage. » Entourée d’ampoules, représentations des personnes qui partagent sa vie depuis sa naissance (très belle scénographie), Séverine Fontaine choisit donc la voie risquée du spectacle autobiographique. Et réussit son pari, en donnant une portée dramatique et universelle à une aventure humaine personnelle. Sa plaie sur le visage, qu’elle mit tant de temps à accepter, on la verra finalement peu, grâce à un subtil travail autour de la lumière. Ce qui permet de se concentrer sur le propos, sur ce regard des autres si difficile à supporter. Et sur cette comédienne qui a conçu un spectacle énergique et par moments drôle, contre-pied bienvenu. AM Regards, jeudi 20 février à 20h, à l’Amphithéâtre (Pont-de-Claix)

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Avignon, notre bilan

SCENES | Ça y est : après deux semaines intenses (avec quatre à six spectacles par jour), l’équipe du Petit Bulletin a quitté Avignon. Dans nos valises, une trentaine (...)

Aurélien Martinez | Lundi 22 juillet 2013

Avignon, notre bilan

Ça y est : après deux semaines intenses (avec quatre à six spectacles par jour), l’équipe du Petit Bulletin a quitté Avignon. Dans nos valises, une trentaine de spectacles vus par nos soins qui passeront ensuite dans la région. Si vous pourrez lire nos critiques au fur et à mesure dans les différents numéros du PB, voici déjà nos principaux coups de cœur : Italie – Brésil 3 à 2, de Davide Enia, à voir le 14 novembre au Centre culturel Jean-Jacques Rousseau de Seyssinet-Pariset (près de Grenoble).Soit un match mémorable (un quart de final entre l’Italie et le Brésil lors du mondial de foot de 1982) vécu du point de vue d'un des enfants d’une famille italienne férue de foot et fidèle supportrice de l’équipe nationale – qui d’ailleurs, cette année-là, remportera carrément le mondial. Un spectacle entraînant et exaltant, dépassant le cadre sportif pour évoquer la magie des grands rassemblements populaires, les légendes vivantes et l'histoire avec un grand H. Regards de Séverine Fontaine, du 1er au 4 octobre à l’Espace Albert Camus de Bron (p

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Quand Djazia est là…

MUSIQUES | On a déjà eu plusieurs fois l’occasion de dire tout le bien qu’on pense de Klami, premier LP en solo de Djazia Satour, revenue de l’expérience MIG pour (...)

François Cau | Lundi 12 mars 2012

Quand Djazia est là…

On a déjà eu plusieurs fois l’occasion de dire tout le bien qu’on pense de Klami, premier LP en solo de Djazia Satour, revenue de l’expérience MIG pour faire vibrer sa superbe voix sur des compositions personnelles, où percent sa chaleur scénique et les subtilités d’une interprétation au cordeau. Des qualités appréciées notamment du grand Oxmo Puccino, l’un des rares rappeurs français encore debout, qui lui offrit une première partie à l’Olympia en 2009 et l’invite de nouveau le 11 mai prochain pour l’une de ses cartes blanches offertes par le Louvre pour ses Duos Ephémères. Des qualités que n’a malheureusement pas pu apprécier le public extérieur du dernier Cabaret Frappé, à cause d’une averse malencontreuse ayant poussé l’organisation du festival estival grenoblois à annuler sa prestation au tout, tout dernier moment. Un problème qui ne devrait pas se poser au concert de Djazia prévu le samedi 16 mars à 20h30 à l’Odyssée d’Eybens, salle présentant l’immense avantage d’être couverte. Allez hop, séance de rattrapage obligatoire !

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Mon pire cauchemar

ECRANS | D’Anne Fontaine (Fr-Belg, 1h43) avec Isabelle Huppert, Benoît Poelvoorde…

François Cau | Vendredi 4 novembre 2011

Mon pire cauchemar

Démonstration que la comédie n’est pas genre aisé, Mon pire cauchemar pense que son pitch (une grande bourgeoise parisienne amatrice d’art contemporain doit supporter un plombier belge alcoolique et grossier) suffit à emporter le morceau. Et, plutôt que de laisser Huppert et Poelvoorde chercher, comme leurs personnages, un territoire commun à l’écran, Anne Fontaine les enferme dans leurs emplois respectifs, provoquant artificiellement le rapprochement par les grosses ficelles du scénario. Du coup, elle se contente d’enchaîner les situations attendues, gonflant l’affaire avec une sous-intrigue redondante entre le mari coincé et une salariée de pôle emploi branchée bio et nature (un tandem de cinéma pour le coup impossible entre la scolaire Virginie Éfira et le roué André Dussollier). Il n’y a ni rire, ni malaise là-dedans ; juste un regard cruel qui, dans le drame, provoquait parfois une petite fascination (Nettoyage à sec, Entre ses mains) mais qui ici fait plutôt penser au Chatiliez des mauvais jours. CC

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La Source des femmes

ECRANS | De Radu Mihaileanu (Fr, 2h04) avec Leila Bekhti, Hafsia Herzi, Hiam Habass…

Christophe Chabert | Vendredi 28 octobre 2011

La Source des femmes

Avec Le Concert, Radu Mihaileanu avait prouvé qu’il aimait bien les clichés ethniques et pittoresques pour construire de la comédie à vocation internationale. Au moins faisait-il preuve d’un petit talent de storyteller… Avec La Source des femmes, il n’y a plus que la maladresse et les clichés, le scénario se délayant dans une longue et confuse fiction chorale illustrée façon téléfilm de luxe. Chez Mihaileanu, au nom du conte, on peut prendre des actrices françaises et résumer grossièrement leurs origines (pas marocaines, algériennes ou tunisiennes ; juste arabes) ; oui, mais c’est un film féministe ! On peut aussi diviser l’orient en deux catégories : les musulmans gentils (poètes, tolérants, respectueux de leurs femmes) et les musulmans méchants (le Coran à la main pour flanquer des roustes à leurs épouses) ; oui, mais c’est un film humaniste ! On peut enfin, en guise de conclusion rassurante façon feel good movie, terminer son film par de la danse et des chansons, des beaux costumes, des youyous et tout le monde est content ; oui, mais c’est un film d’auteur ! Au secours… Christophe Chabert

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Fortissimo

MUSIQUES | GROOVE & CO / Il y a quelque chose de profondément réjouissant à l’écoute de la musique du français General Elektriks (RV Salters à la ville), comme l’avait (...)

François Cau | Mercredi 26 octobre 2011

Fortissimo

GROOVE & CO / Il y a quelque chose de profondément réjouissant à l’écoute de la musique du français General Elektriks (RV Salters à la ville), comme l’avait prouvé à merveille en 2009 son tubesque Raid the Radio. Un son savamment maîtrisé qui donne néanmoins l’impression de s’ébrouer avec une liberté infinie, pour une ambiance vintage mais non passéiste. Car General Elektriks, malgré une panoplie d’instruments d’un autre âge (dont tout un tas de claviers), ne tombe pas dans le piège de la reproduction stérile et sans âme de standards éculés. Il y a donc un aspect résolument moderne dans son approche de la musique : un goût prononcé pour le collage et le mixage, sans négliger les vertus pop d’une mélodie ou d’un refrain chanté. En témoigne Parker Street, son troisième album à l’efficacité redoutable. L’homme, habitué au travail en solitaire, s’est cette fois-ci entouré d’un batteur pour construire un funk groove soul énergique ou planant – voire même tendre sur certains titres proches de la ballade. Fort du nombre pharaonique de concerts donnés suite au succès rencontré par son précédent album (dont un passage remarqué et rythmé au Cabaret frappé 2010), la nouvelle tournée du

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Le lièvre et la torture

MUSIQUES | Avec Grand Lièvre et après deux ans de silence, l'Arverne atrabilaire Jean-Louis Murat revient en douceur vers les sommets, entre blues minimal et langue à la renverse. Stéphane Duchêne

François Cau | Mercredi 26 octobre 2011

Le lièvre et la torture

«Qui veut voyager loin ménage sa monture» dit l'opticien amateur de poney. Murat, disquaire trop prolifique sujet aux égarements, a finalement eu pitié de la bête de somme, deux ans durant. Il faut parfois savoir prendre ses distances, «se mettre aux anges» comme il disait époque Lilith. Aux anges, ou au placard, quand sa maison de disque lui aurait mis le mors aux dents et le joug sur la carcasse, pas bouger, rien dépenser, pas même soi. L'auteur de Suicidez-vous le peuple est mort aurait même pensé à «se perdre de vue». Comprendre, pour l'angoissé de la partoche blanche, perdu de recherche, pour mieux se retrouver. Mais l'artisan, lorsqu'il ne met pas l'ouvrage sur le métier, a les doigts gourds. Quand le poète n'étale pas ses mots sur quelque surface, ils lui dégueulent de la bouche comme excès de bile. Tant et si bien que deux ans sans disque de Murat, on était au bord d'appeler les secours quand il nous devança avec Grand Lièvre : «L'art du silence aura ma peau» murmure-t-il sur Alexandrie, ajoutant plus loin dans sa (sublime) Lettre de la Pampa, fin de traversée du désert : «Toutes les sensations viennent de mon travail». Fender et Takamine Le propre de la mode étant de se

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Les Fables de Jean de la Fontaine

SCENES |

François Cau | Vendredi 7 octobre 2011

Les Fables de Jean de la Fontaine

On avait découvert le baryton-basse Paul-Alexandre Dubois la saison dernière, déjà à l’Amphithéâtre, avec un Opéra de quatre notes très drôle (qui avait même eu droit à la "une" de notre journal !). On le retrouvera vendredi 13 octobre à 19h (et la veille à 14h), toujours à Pont-de-Claix, pour interpréter sur scène plusieurs fables de Jean de la Fontaine (des standards comme Le corbeau et le renard ou La grenouille et le bœuf, et d’autres moins connues). « Dans sa cage, un directeur de ménagerie ambu­lante s’es­saie au métier de montreur d’animaux. Lui et son comparse claveciniste racontent en chantant sur les airs de Clérambault [compositeur sous Louis XV] ce que Jean de La Fontaine écrivait cinquante ans avant lui. » Le rendu est surprenant, au vu des quelques extraits que l’on a pu voir. À découvrir en famille comme nous y incite l’Amphi !

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Djazia Satour

MUSIQUES | On vous a déjà dans ces pages vanté les mérites artistiques de Djazia Satour, sa voix, ses nouvelles compos chatoyantes sur son dernier maxi autoproduit (...)

François Cau | Lundi 4 avril 2011

Djazia Satour

On vous a déjà dans ces pages vanté les mérites artistiques de Djazia Satour, sa voix, ses nouvelles compos chatoyantes sur son dernier maxi autoproduit Klami, le pouvoir de subjugation de la demoiselle sur scène. Ça tombe bien, elle sera de passage à la Bobine ce vendredi pour une date atypique dans sa tournée. Djazia sera en effet accompagnée des invités présents sur son disque, ni plus ni moins qu’un quintet de cordes classique, des musiciens maniant des instruments hybrides ou traditionnels, et of course sa formation habituelle, le tout dans l’écrin sonore de cette salle qui devrait résonner et frissonner de ses élancées tempétueuses. C’est donc ce vendredi, à partir de 20h30.

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Sa parole

MUSIQUES | On avait sournoisement profité de son passage sur la scène d’Uriage en voix début septembre pour demander à Djazia Satour quand est-ce qu’elle comptait sortir (...)

François Cau | Lundi 22 novembre 2010

Sa parole

On avait sournoisement profité de son passage sur la scène d’Uriage en voix début septembre pour demander à Djazia Satour quand est-ce qu’elle comptait sortir son premier album, dont elle nous avait parlé lors de son double concert au Théâtre 145 en mai 2009 (quand même). D’autant qu’en la voyant sur cette même scène révéler les compositions de son nouveau répertoire, langoureusement mêlées aux réarrangements de morceaux du groupe MIG dont elle fut la voix incandescente, on eut un aperçu plus qu’engageant de la nouvelle orientation de l’irrésistible chanteuse, qui partage avec Leonard Cohen d’être «born with the gift of a golden voice». Et bien voilà l’objet en question qui débarque enfin dans les bacs ; alors certes, il s’agit d’un “mini-album“ de six titres (agrémentés d’un radio edit de la chanson titre Klami – “ma parole“ en algérien), mais ne serait-ce que pour le plaisir mélomane de retrouver une interprète toujours aussi puissante et évocatrice, le jeu en vaut la chandelle. D’autant que ce n’est pas le seul (mais considérable) atout de cette autoproduction, qui impose la virtuosité mélodique de miss Djazia avec une immédiate évidence. Elle a digéré toutes ses influences, de

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Brigitte Fontaine

MUSIQUES | En mars dernier, pour son concert à Voiron, nous avions consacré notre "une" à Brigitte Fontaine, avec un entretien-portrait rocambolesque où elle évoquait (...)

François Cau | Lundi 20 septembre 2010

Brigitte Fontaine

En mars dernier, pour son concert à Voiron, nous avions consacré notre "une" à Brigitte Fontaine, avec un entretien-portrait rocambolesque où elle évoquait pêle-mêle son image médiatique, la vieillesse, et notre société actuelle qu’elle exècre tant (retrouvez le sur notre site). Des thèmes tous abordés dans Prohibition, son dernier album en date qu’elle viendra de nouveau défendre dans la région, cette fois-ci à La Source de Fontaine, vendredi 24 septembre. Un album rageur, excessif, mais aussi poétique et lettré. Car Brigitte Fontaine est une artiste multifacettes passionnante, plus riche que l’image de "timbrée" qu’elle a pu donner un temps à la télé. La preuve sur scène, où elle irradie littéralement, tour à tour touchante, drôle ou rentre-dedans. « Je suis probablement différente des autres, je ne le fais pas exprès, je suis comme ça » nous avait-elle confié, sincère. On la croit pleinement, et l’on dit à ceux bloqués par leurs préjugés qu’ils perdent beaucoup. Tant pis pour eux.

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« J’ai ressorti mes griffes »

MUSIQUES | MUSIQUE / La magnifique et sincère Brigitte Fontaine est de passage dans la région pour défendre Prohibition, un album rageur contre notre société liberticide à tout va. Allô, Brigitte ? « Excusez-moi si je suis un peu brutale, ça passe très mal chez moi, mais je ne peux pas sortir parce que je suis malade. » Propos recueillis par Aurélien Martinez

François Cau | Lundi 1 mars 2010

« J’ai ressorti mes griffes »

Jeudi 25 février, 18h. Dans les locaux du Petit Bulletin. Au téléphone. On doit interviewer Brigitte Fontaine, femme fantasque et artiste passionnante, en préambule de son concert voironnais. « Voiron ? Je ne connais pas. » On situe : en Rhône-Alpes, près de Grenoble. « C’est dans la montagne ? Ah ! Quelle horreur ! Je déteste la montagne, et j’ai peur… Il y a des routes enlacées et tout ça ? Ah non alors… » L’entrée en matière est à l’image du personnage : entier, franc et authentique. Pourtant, on a pu tout lire et tout voir sur Brigitte Fontaine, surtout ces dernières années à la grâce d’un retour artistique à succès. Les émissions de télé grand public multipliaient alors les invitations, que Brigitte Fontaine s’empressait d’accepter. Jeu dangereux. « À un moment, alors que je voulais simplement m’amuser à la télévision, ils en ont profité pour dire que j’étais fofolle, déjantée et craquée… Que je pétais des plombs… ça ne me plaisait pas, alors j’ai tout arrêté depuis environ quatre ans… » De cette période voyeuriste, elle en avait tiré Folie (Saint-Louis-en-L’île – 2004), une chanson pudique : « Brûlée vive sur le bûcher

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Jean-François Braun : « La Source est un projet pour toutes les musiques »

ACTUS | À un mois du lancement de saison de sa grande salle de concert, la Source, ambitieuse structure sise en plein cœur de Fontaine, voit déjà son équipe s’activer avec frénésie. Entretien avec son directeur, Jean-François Braun.

François Cau | Lundi 11 janvier 2010

Jean-François Braun : « La Source est un projet pour toutes les musiques »

Petit Bulletin : Je suppose que c’est un grand soulagement d’arriver enfin à la concrétisation du projet ? Jean-François Braun : Là, on est dans les phases de prise en main, de réglage. L’École de musique est officiellement ouverte au public depuis le 5 janvier, on a encore un mois pour être prêts pour la grande inauguration. La grande salle devrait être opérationnelle cette semaine, on espère pouvoir faire les premières répétitions fin janvier. Autant dire qu’on n’a pas de temps mort ! Et oui, c’est un soulagement puisque c’est un projet de longue haleine… Qui a plutôt joué de malchance… Malchance ou pas, je ne connais pas un projet qui ait été livré dans les temps, ça n’existe pas. De plus, cette salle est un prototype, le concept comme le projet architectural sont nouveaux. Ça implique un surplus d’aléas, d’intervenants… Plus les découvertes quand on conçoit un projet, qu’on s’installe sur un terrain – bon, c’est sûr qu’on n’est pas non plus tombés sur une cité troglodyte enfouie ou sur une mine, comme à Brest, mais on peut dire qu’on a bien cumulé. Pour un projet qui a été confié à une

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La Fiancée de Frankenstein

MUSIQUES | Artiste fantasque terriblement attachante, Brigitte Fontaine est de celles qui sont arrivées à créer un univers musical unique. Sur Prohibition, son dernier (...)

François Cau | Jeudi 7 janvier 2010

La Fiancée de Frankenstein

Artiste fantasque terriblement attachante, Brigitte Fontaine est de celles qui sont arrivées à créer un univers musical unique. Sur Prohibition, son dernier album en date, elle essaie néanmoins de casser son image d’allumée hors du temps pour rentrer pleinement dans le lard d’une société qu’elle ne semble plus comprendre : en témoigne le titre Partir ou rester (l’un des plus réussis), en duo avec Katerine, et écrit au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy. Son refus d’un monde aseptisé se matérialise ainsi pleinement dans la première partie de l’album, presque punk (notamment sur Dura Lex et le titre choc Prohibition où elle clame « je suis vieille et je vous encule, avec mon look de libellule »). Bien sûr, le discours est quelques fois limité : qu’importe, Brigitte Fontaine n’est pas une politique, mais une artiste. A elle la révolte, les cris, les coups de gueule violents dans des saillies dont elle seule a le secret. Son talent se matérialise pleinement sur scène, où elle devient plus que son personnage qui fait les choux gras des émissions de télévision consensuelles (un jeu dangereux). Touchante et sensible, elle interprète

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