Lumière en tête de peloton

CONNAITRE | Des salles remplies, des films rares, des invités prestigieux : l’Institut Lumière a pleinement réussi ses premières Rencontres sport, cinéma et littérature. Retour sur cette manifestation qui s’est tenue du 16 au 19 mars et sera reconduite en janvier prochain. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 25 mars 2014

Photo : © collection Institut Lumière Photo JL Mège


Eddy Merckx déambule. "Le Cannibale", venu à Lyon pour ouvrir ces rencontres Sport, cinéma et littérature, connait probablement par cœur les magnifiques clichés en noir et banc de L'Equipe exposés dans la galerie de l'Institut Lumière (et visibles jusqu'au 19 avril), et qui racontent pour certains d'entre eux ce qui a forgé sa légende et assis son immense célébrité. Il faut voir quelques minutes plus tard à quel point les yeux de certains spectateurs s'allument en le voyant arriver dans ce hangar du Premier Film qui vit naître le cinéma. Un tiers des spectateurs ce soir-là, comme durant le reste du week-end et bien que lyonnais pour la plupart, n'était jamais venus ici.

C'est dire si cette manifestation a bousculé les habitudes, ce nouveau public s'étant souvent retrouvé à truster les marches de la salle. Le film de Joël Santoni, La Course en tête, n'est pourtant pas facilement abordable, lui qui retrace sur fond de musique médiévale et sans commentaire l'année 73 du champion, ses entraînements, ses babillages avec ses enfants, ses victoires (au Giro et à la Vuelta mais pas au Tour, sur lequel il fit l'impasse)... Lesquelles émeuvent toujours le Grand Eddy, 68 ans, qui depuis sillonne encore les routes de cyclisme tout au long de l'année et signe, comme ce week-end à Lumière, des autographes à tour de bras.

La tête et les jambes

Au-delà des films, ces quatre jours ont été ponctués par un colloque assez généraliste, qui a pausé les bases de la manifestation. Dans la salle de cinéma du château Lumière, il fut question de littérature – ou plutôt d'écriture au sens large – en matinée, puis d'images et enfin, plus spécifiquement, de cinéma. Sans notes, Thierry Frémeaux a animé ces cinq heures de discussion avec passion et curiosité, jonglant entre des invités qui eux aussi connaissent leurs sujets sur le bout des doigts.

Benoit Heimermann, grand reporter à L'Equipe et co-organisateur avec Frémeaux de ces rencontres, a d'abord introduit le propos en rappelant que "sport et littérature" n'était pas un genre en tant que tel («le sport est souvent un prétexte, il n'est pas fondamental dans le récit») et en faisant un distingo entre les Français et les Anglo-saxons - chez les seconds, il n'existe par exemple pas de presse quotidienne sportive, le sujet étant au coeur de toutes les autres parutions, a-t-il expliqué, avant d'ajouter que «l'expression "la tête et les jambes" est typiquement française».

Dès les années 20 et notamment autour des JO de 1924 à Paris, des écrivains comme Cocteau ou Giraudeau s'intéressent au sport et y consacrent des articles. Cette même année, le grand reporter Albert Londres suit le Tour de France, signant une expression qui fera date pour dire la difficulté quasi-inhumaine de la course : «les forçats de la route». Les années 50 et 60 marquent ensuite, selon Heimermann, un divorce entre les auteurs et le sport, à l'exception en France d'Albert Camus, qui dit devoir au sport tout ce qu'il connait de la camaraderie. En revanche, aux Etats-Unis, Steinbeck, Hemingway rédigent de grands articles dans la revue Sport Illustrated. La réconciliation dans l'Hexagone passe par le polar dans les années 80 et des écrivains comme Didier Daeninckx ou Jean-Bernard Pouy. Le sport n'est alors plus vu uniquement par le prisme du héros. Il y a des bons mais aussi des méchants et ces antagonismes sont matière à littérature. Aujourd'hui, de nombreux romans, dans des éditions aussi prestigieuses que Minuit, traitent de sport. Jean Echenoz, notamment, a consacré Emil Zatopek dans Courir (il hésitait entre Fangio et le coureur de fond), Paul Fournel, Eric Fottorino (tous deux présents à ces rencontres) ou encore Lola Lafon avec La Petite Communiste qui ne souriait jamais (Nadia Comaneci) faisant également du sport un objet de très bonne littérature.

Vincent Duluc pour L'Equipe, Brieu Frérot pour So foot et Adrien Bosc pour Desports, prestigieuse revue, sont également venus expliquer comment, dans leurs supports, ils associent journalistes et écrivains de sport.

Concernant le cinéma, l'historien Gérard Camy a dressé une liste non exhaustive des films sportifs qui a trouvé son prolongement naturel dans la programmation, à commencer par des documentaires tel celui produit (et présenté) par Eric Cantona.  La star de Manchester United avait fait le déplacement à Lyon au lendemain de son altercation à Londres avec un paparazzi pour défendre le premier volet de ce film (le deuxième est en préparation) en l'honneur des footballeurs qui ont été amenés à jouer un rôle politique comme Drogba, Socrates, ou Mekloufi. Les valeurs du foot ? «La beauté du jeu, la solidarité et le plaisir de jouer du Barça, de MU jusqu'il y a peu» a-t-il énoncé, refusant au passage d'être lui-même considéré comme un rebelle et évoquant Ken Loach, qui l'avait filmé pour Looking for Eric, comme l'une des plus belles personnes qu'il ait rencontré. Le visage du King s'est pareillement éclairé lorsque nous lui avons parlé de théâtre et plus particulièrement de Dan Jemmett, qui l'avait mis en scène dans Ubu enchaîné et avec qui, coïncidence, il était justement au téléphone avant de venir à cette conférence de presse. Bientôt un retour sur les planches ? Affaire à suivre…

 

Rescapés

Affaire à suivre également que celle de Lance Amstrong. The Armstrong Lie d'Alex Gibney, présenté en avant-première est un formidable documentaire sur le champion falsifié et déchu de ses sept Tours de France. Pensé au départ comme une hagiographie du cycliste revenu d'entre les morts (un cancer en 1996), ce film a été tourné au moment de son comeback sur les routes du Tour en 2009. Et englobe de fait ses aveux chez Oprah Winfrey, les enquêtes de l'agence américaine anti-dopage, des témoignages de ses anciens co-équipiers qui l'ont accusé de triche et de ceux qu'il a humiliés ou dont il a brisé la carrière (comme Simeoni).

A son terme, Jean-Emmanuel Ducoin, journaliste à L'Humanité et lucide amoureux du vélo, déclarera logiquement n'avoir «rien appris», mais pointera le fait qu'il est explicitement dit dans ce film qu'Armstrong s'est dopé avant même sa maladie, non sans souligner les complicités des plus hautes instances sportives (en tête Hein Verbruggen, patron de l'Union Cycliste Internationale) mais aussi politique (sous la gouvernance Sarkozy) dont a bénéficié Armstrong durant son règne. Stephen Frears a présenté dans la foulée son Muhammad Ali's greatest fight et offert un extrait inédit du biopic qu'il prépare sur Armstrong et dans lequel, pour l'anecdote, on peine à reconnaitre Guillaume Canet, grimé en Docteur Ferrari (le sulfureux médecin italien que consultait l'Américain). Sortie nationale prévue fin 2014.

Enfin, c'est avec Daniel Brühl que ce sont achevés ces quatre jours. Le comédien allemand défendait un film bien mal sorti en septembre, le surprenant Rush de Ron Howard, centré sur la rivalité entre Nika Lauda et James Hunt sur les circuits de Formule 1 en 1976, terrible accident et retour inespéré de l'Autrichien compris. Là encore, l'on s'aperçoit qu'avec la formidable dramaturgie intrinsèque au geste sportif et le talent d'une équipe artistique, naissent de grandes œuvres. Et comme il y en a pléthore, rendez-vous est d"ores et déjà pris pour une deuxième édition. Probablement en janvier 2014.

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Jan Fabre en piste

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Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 septembre 2016

Jan Fabre en piste

L'artiste belge Jan Fabre fait de la danse, des vidéos, des performances, du théâtre, il dessine aussi avec son sang ou avec son sperme... Il ne lui restait plus qu'à se mettre au sport, au vélo en l'occurrence, pour essayer par exemple de ne pas battre le record du monde de l'heure (celui en tout cas de Merckx établi à Mexico en 1972). L'événement saugrenu aura lieu ce jeudi 29 septembre à 18h au Vélodrome du Parc de la Tête d'Or, en présence d'Eddy Merckx, de Raymond Poulidor et de Daniel Mangeas...

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Les Rois du monde

ECRANS | De Laurent Laffargue (Fr., 1h40) avec Sergi López, Céline Sallette, Éric Cantona, Romane Bohringer…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2015

Les Rois du monde

Jeannot Sanchez est du genre sanguin : il a passé du temps en prison pour avoir tranché à la hache les doigts d’un type qui s’étaient égarés sur l’épaule de sa compagne Chantal. Mais comme pendant son incarcération, Chantal s’est mise en ménage avec Jacky, le boucher du coin, Jeannot s’emploie à la reconquérir. À sa manière taurine et anisée… Derrière sa bonhomie coutumière, on avait presque oublié le Sergi López inquiétant de Harry, un ami qui vous veut du bien (2000), capable d’une animalité furieuse et ravageuse. Avec Les Rois du monde, Laurent Laffargue se fait fort de nous rafraîchir la mémoire dans ce film étrange qui, s’il se nourrit volontiers d’un pittoresque local (Casteljaloux, dans le Sud-Ouest de la France), ne saurait se réduire à de la "gasconnerie" folklorique. Car c’est tout un climat qu’il suscite et ressuscite, rappelant ce cinéma des années quatre-vingt en travaillant la pesanteur atmosphérique rurale comme un personnage (L’Été meurtrier, 37°2 le matin ou L’Été en pente douce). Quant aux "rois" de ce monde, ce sont en réalité de petits seigneurs dérisoir

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Les luttes finales

CONNAITRE | C'est sous le signe du combat, de la lutte acharnée pour se faire une place - si possible la première - que se place la nouvelle édition du festival Cinéma, Sport et Littérature de l'Institut Lumière. Au programme : champions invétérés, docu fanatisés et films engagés, dans tous les sens du terme. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Les luttes finales

Pour le coup d'envoi de cette deuxième édition, l'Institut a fait appel à deux des plus grands "lâche-rien" du sport français  : Hinault d'abord, Killy ensuite, histoire d'annoncer la couleur, celle de la lutte sous toutes ses formes. Le lendemain – également jour d'un déjà traditionnel colloque "Cinéma, sport et littérature" avec pléthore de journalistes et d'écrivains spécialisés – Eric Cantona, quasi pensionnaire des lieux, revient avec un de ces "Canto-docu" dont il a le secret – un genre en soi, identifiable à ses envolées lyriques, ou "cantonades", bientôt aussi mythiques que les Alain Decaux raconte... de notre enfance. Après Les Rebelles du Foot, l'ex-Mancunien s'est penché cette fois sur la question des liens entre le football français et l'histoire des grandes vagues d'immigration, toutes incarnées par des champions (Kopa le Polonais, Piantoni et Platini les Ritals, Zidane le Kabyle...). L'Histoire et les résonances politico-historiques du sport, ce sera aussi le thème sous-jacent de l'exposition signée Raymond Depardon, sise à la galerie de la rue de l'Arbre-Sec... Armées Rouges ...et celui d'un autre docu-politico-sportif : The

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Le match de leur vie

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Stéphane Duchêne | Mardi 11 mars 2014

Le match de leur vie

Jesse Owens contrariant par l’exemple les théories de domination aryenne ; Jason Collins (NBA, Brooklyn Nets) et Michael Sam (Foot US, Université du Missouri), seuls exemples de sportifs masculins en activité à avoir publiquement annoncé leur homosexualité ; Tommy Smith et John Carlos levant un point ganté de noir sur le podium des JO de Mexico en 1968 ; Mohammed Ali refusant de répondre à la mobilisation pour la guerre du Viêt Nam...Nombreux, mais pas moins exceptionnels pour autant, sont les sportifs qui ont mis en péril leur carrière, parfois leur vie, pour défendre des idées en défiant un pouvoir politique impuissant à s’opposer à leur aura. C’est à ces moments où le sport devient vecteur de quelque chose de plus grand, où le corps du sportif ne lui appartient plus, devenant récipiendaire du corps social au mépris de sa propre intégrité, où son destin individuel s’infléchit au profit du destin collectif que se sont intéressés d'un côté Stephen Frears, de l'autre Gilles Perez et Gilles Rof avec leurs films Muhammad Ali’s greatest fight, présenté en avant-première lors de la manifestation, et Les Rebelles du Foot.Dans ce dernier, un cé

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Tours de force

CONNAITRE | Eddy Merckx et Lance Armstrong sont sans doute les deux coureurs cyclistes les plus haïs de l’Histoire. Coupables de trop gagner pour l’un, de trop et (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 mars 2014

Tours de force

Eddy Merckx et Lance Armstrong sont sans doute les deux coureurs cyclistes les plus haïs de l’Histoire. Coupables de trop gagner pour l’un, de trop et de mal gagner pour l’autre. Si La Course en tête, le curieux et rarissime documentaire de Joël Santoni sur la saison 1973 de Merckx, contribue à humaniser (sa famille, ses faiblesses, ses doutes, la détresse de ses – rares – défaites) "L’Ogre de Tervuren", il en fait aussi un objet de fascination, le filmant – musique comprise – comme un chevalier médiéval toujours sur le chemin de la guerre. Ce genre d’image, Lance Armstrong a échoué à la construire durablement. C’est cette déconstruction du mythe basé sur un mensonge lui-même basé sur un mythe que The Armstrong Lie, d’Alex Gibney, parti pour être un documentaire sur le comeback du septuple vainqueur du Tour en 2009, va finalement montrer. Tout part de ce cancer qui, en 1996, transforme le destin d’un jeune coureur fougueux en récit initiatique tel que les studios américains n’osaient le rêver. «Ma lutte contre le cancer était comme une compétition d’athlétisme. Soit on gagne, soit on perd. Si on perd, on meurt. J’ai injecté cette pe

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Lumière mouille le maillot

CONNAITRE | Inatteignable surhomme ou trop banal humain, le sportif est une figure mythique qui, loin de n’occuper que les journalistes et les fans, est aussi le sujet de nombreux films et livres. En consacrant un week-end au sport, l’Institut Lumière place l’athlète au centre du jeu. Stéphane Duchêne et Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 11 mars 2014

Lumière mouille le maillot

Dans ses Mythologies (1957), au rang desquelles le Tour de France se voyait consacrer un chapitre, Roland Barthes l’écrivait clairement : «le langage donne à l’événement la majoration épique qui permet de le solidifier». Sur la Grande Boucle spécifiquement, il ajoutait qu'elle était «le meilleur exemple d’un mythe total donc ambigu ; le Tour est à la fois un mythe d’expression et un mythe de projection, réaliste et utopique tout en même temps». Si dès lors que la littérature rencontre le sport, elle ne se focalise pas uniquement sur le vélo, force est de constater que cette discipline, comme la boxe, a fait couler beaucoup d’encre, l’origine modeste de leurs champions n’y étant sans doute pas pour rien - plus l’amplitude de destin est grande, plus le mythe se consolide. Philippe Delerm (La Tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives), Jean Echenoz (Courir, sur le destin d’Emil Zatopek), Dominique Noguez et bien d’autres ont fait de l’athlète un personnage de leurs nouvelles ou récits. Toutefois, davantage que les romanciers, le programme des premières rencontres "Sport, littérature et cinéma" de l'Institut Lumière conce

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Philomena

ECRANS | Réalisé par Stephen Frears, mais écrit, produit et interprété par un Steve Coogan excellent, ce buddy movie mélodramatique slalome avec talent entre les écueils de son sujet pour construire une œuvre humaniste, souvent drôle mais surtout d’une réelle tristesse. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 6 janvier 2014

Philomena

Dans la production inégale et prolifique de Stephen Frears, Philomena figure parmi ses plus évidentes réussites. Le mérite en revient autant au cinéaste anglais, qui sait tenir sa mise en scène, invisible, pudique et d’un classicisme payant, à la bonne distance de son sujet, qu’à Steve Coogan. L’acteur en est aussi co-scénariste et producteur et il fait corps avec son personnage, Martin Sixsmith, journaliste devenu conseiller de Tony Blair avant de se faire éjecter du 10 Downing Street pour cause de mail douteux. Obligé de reprendre ses activités d’écrivain, il est approché par une serveuse dans un cocktail qui lui parle du cas de sa mère, Philomena — Judi Dench, dont il est presque superflu de dire qu’elle est formidable. Élevée dans un pensionnat catholique en Irlande, son premier fils lui a été enlevé par les nonnes qui dirigeaient l’établissement puis adopté par une riche famille américaine. Cinquante ans après, elle ne pense qu’à le retrouver. D’abord réticent, Sixsmith finit par se lancer avec Philomena à la recherche de l’enfant perdu… Philanthropie Le film, tiré d’une histoire vraie, brasse ainsi un certain nombre de sujets polémiques,

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Les Rencontres d’après minuit

ECRANS | De Yann Gonzalez (Fr, 1h32) avec Kate Moran, Niels Schneider, Éric Cantona…

Christophe Chabert | Vendredi 8 novembre 2013

Les Rencontres d’après minuit

Au prix du foutage de gueule 2013, il y aura photo finish entre La Fille de nulle part, Les Coquillettes, La Fille du 14 juillet, Tip Top et ces Rencontres d’après minuit, d’une nullité toute aussi abyssale quoique pour des raisons différentes. Ici, une partouze organisée dans un lieu mystérieux — une maison hi-tech au milieu d’une forêt enneigée — vire plutôt à la branlette mentale, chaque personnage — «L’Étalon», «La Chienne», «La Star»… — exposant son passé dans une logorrhée verbale qui a le redoutable inconvénient d’être particulièrement mal écrite. Parfois, c’est comique, mais on ne sai

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Eric Cantona remettra le Prix Lumière à Ken Loach

ECRANS | Eric Cantona, l'ex-footballeur de Manchester United devenu acteur, qui fut dirigé par Ken Loach pour Looking for Eric (projeté au cours de cette soirée), a (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 septembre 2012

Eric Cantona remettra le Prix Lumière à Ken Loach

Eric Cantona, l'ex-footballeur de Manchester United devenu acteur, qui fut dirigé par Ken Loach pour Looking for Eric (projeté au cours de cette soirée), a donc été choisi pour remettre le quatrième Prix Lumière au cinéaste britanique lors de de la soirée qui se déroulera le 20 octobre à 18h45 à la Salle 3000 de la Cité Internationale. De nombreux autres invités viendront témoigner de leur affection pour le réalisateur et son œuvre.  

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Ubu prisonnier

SCENES | Dan Jemmett aime les acteurs et ils le lui rendent bien. Il sait s’appuyer sur leur énergie ou leur force. On pense notamment à Denis Lavant, excellent (...)

Nadja Pobel | Jeudi 9 février 2012

Ubu prisonnier

Dan Jemmett aime les acteurs et ils le lui rendent bien. Il sait s’appuyer sur leur énergie ou leur force. On pense notamment à Denis Lavant, excellent dans le rôle d’un capitaine désenchanté (William Burroughs surpris en possession du chant du vieux marin de Samuel Taylor Coleridge) ou à David Ayala, étourdissant dans La Comédie des erreurs (reprise au Toboggan les 12 et 13 mars prochains). Pour Ubu enchaîné, pendant esclave d’Ubu roi, Dan Jemmett a fait appel à Éric Cantona. L’ancien attaquant de Manchester United, devenu défenseur convaincant de la cause des mal logés, est aussi un acteur mastodonte. Sa carrure et sa grande gueule le font entrer dans les habits d’Ubu avec naturel. Mais sur le plateau, Jemmett l’enferme dans une cage dorée. Rivé à un fauteuil, il éructe, jouant sur un seul mode. Lorsqu’il sort de scène pour traverser la salle, le spectacle nous offre enfin une respiration. Mais elle est de courte durée. Valérie Crouzet en Mère Ubu enragée en fait trop alors qu’elle possède tou

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Des saillies et des hommes

SCENES | Deuxième round pour la saison théâtrale qui démarre en fanfare au TNP (Py-Pommerat en simultané). On pourra, durant les mois à venir, croiser des monuments du théâtre, continuer à découvrir le cheminement d’artistes prometteurs ou rattraper des immanquables. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 21 décembre 2011

Des saillies et des hommes

Et si ces six mois se faisaient sur le tempo survolté que Dan Jemmett transmet dans ses pièces ? Avec La Comédie des erreurs (Toboggan, mars), une pièce de jeunesse de Shakespeare, le grand David Ayala met la gomme. Et Cantona, qui sera à l’affiche de l’autre spectacle de Jemmett (Ubu enchaîné aux Célestins, février) ne devrait pas être en reste. Aussi intriguant sur les plateaux de théâtre et les écrans de cinéma qu’il était explosif sur la pelouse d’Old Trafford, on en redemande. Au rayon des idoles, on demande aussi Bernard Menez qui ne sera pas sur scène mais aux commandes de Le Gros, la vache et le mainate (Croix-Rousse en janvier). Plus dans leurs rôles, Duris fait bien l’acteur pour la première fois au théâtre sous la direction de Chéreau dans un texte de Koltès (La Nuit juste avant les forêts au TNP, mars) et Claus Peymann, le metteur en scène et agitateur de l’ex-Allemagne de l’Est, sera au TNP (avril) avec Richard II, après être passé par les Nuits de Fourvière en 2010. Shakespeare ter : David Gauchard montera lui un Songe d’une nuit d’été rock (Villefranche, janvier et Renaissance, février). Enfin, deux autres mas

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Viens voir les comédiens…

SCENES | Une saison de théâtre, c’est aussi, n’en déplaise aux puristes, une saison d’acteurs exceptionnels à découvrir sur scène. D’Arestrup à Catherine Frot, de Cantona à Romain Duris, passage en revue des «stars» de cette rentrée. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 1 septembre 2011

Viens voir les comédiens…

S’il y a un acteur qu’on n’attendait pas là, c’est bien lui. Qu’Éric Cantona, pour qui on a une affection particulière, s’associe à Dan Jemmett, metteur en scène ayant l’habitude de mettre en pièces le répertoire (on se souvient de sa Nuit des Rois d’après Shakespeare), pourquoi pas ? Mais que les deux aient trouvé comme terrain d’entente Ubu enchaîné d’Alfred Jarry, voilà qui a de quoi stimuler les attentes et laisser s’épanouir tous les fantasmes. Ce qui fascine chez Cantona, c’est ce corps à la fois massif et sportif, cette voix puissante et chantante (combien d’acteurs en France ont le droit de jouer avec leur accent d’origine ?) ; un drôle de comédien dans une drôle de pièce, où le tyran devient esclave mais conserve ses humeurs et ses emportements. Romain Duris aussi a su faire de son corps souple et nerveux un instrument de fascination pour les metteurs en scène de cinéma. C’est en le filmant pour son très raté Persécution que Patrice Chéreau, qui ne rechigne plus autant à revenir au théâtre, a décidé de le pousser sur scène, faisant de lui le nouvel interprète (après Pascal Greggory, qui a fait le trajet inverse de Duris, des planches à l’écran) de son auteur fétiche, Berna

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Switch

ECRANS | De Frédéric Schoendoerffer (Fr, 1h40) avec Karine Vanasse, Eric Cantona, Aurélien Recoing…

Dorotée Aznar | Lundi 4 juillet 2011

Switch

Frédéric Schoendoerffer n'a honte de rien. Pas de s'acoquiner avec Jean-Christophe Grangé au scénario (encore que), mais de rempiler pour un énième thriller référencé. Très sérieux, comme toujours, l'auteur de Truands convoque du lourd avec Switch, allant chercher Hitchcock (pour le film de machination) et Jason Bourne (pour l'action et la reconquête de l'identité volée). Mais quand Frédo pousse sa caméra dans les escaliers, façon Greengrass, en collant ici au cul de Cantona (pas mauvais), l'image tremble, ça se voit, et c'est tout. Tout le problème du maniériste est là : il imite en vain. Et l'intrigue ? Du Grangé : la vengeance d'un bébé éprouvette qui, élevé par une mère dans l'art contemporain, dégomme ses parents biologiques. Nul. Jérôme Dittmar

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Looking for Éric

ECRANS | De Ken Loach (Ang-Fr, 1h57) avec Steve Nevets, Éric Cantona…

Christophe Chabert | Jeudi 21 mai 2009

Looking for Éric

D’une idée originale d’Éric Cantona, soumise sans obligation d’achat à Ken Loach et à son fidèle scénariste Paul Laverty, est sorti ce Looking for Éric, qui ressemble furieusement à son making of. Deux films y coexistent sans jamais vraiment se rencontrer : un film de Ken Loach assez banal, plus clairement orienté vers la comédie que d’habitude, où un facteur en plein marasme social et existentiel tente de reconquérir le cœur de sa femme, et un film avec Éric Cantona, où il apparaît en sphinx fantomatique prodiguant ses conseils sous forme d’aphorismes absurdes à ce supporter de Manchester qui l’adule. Le procédé, systématique, lasse très vite, mais c’est la faiblesse générale de ce feel good movie qui pose le plus question. Après un film aussi fort que It’s a free world, qui avait l’audace de briser le manichéisme loachien, le cinéaste embraye sur un recyclage sans génie de ses propres ficelles. Une chose saute aux yeux : plus il cherche à être léger, plus il est lourd. Particulièrement dans sa direction d’acteurs, puisque Steve Nevets en fait des tonnes dans le registre gueulard généreux assez monotone à l’arrivée. Même le corps de Cantona s

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