Family business

Musique / Chaque année à la Starac' ou à Nouvelle Star, un jury ivre de sa science balance à des aspirants Calogero des trucs du genre «approprie-toi la chanson bon sang, on n'est pas au karaoké» ou «c'est quoi ce feeling de charcutier ?». Preuve que la reprise est depuis toujours, plus qu'un exercice convenu, un art musical à part entière. Art dans lequel Don Nino est particulièrement à l'aise. Visiblement préoccupé par les questions de filiation musicale, il se livre, sur son troisième album, Mentors Menteurs, à un passage en revue, et accessoirement à tabac, de sa famille musicale. Une tentative comme une autre de meurtre du père (et des pairs), soumis ici au ralentisseur de particules de son folk paresseux mais inventif. Car une fois mise de côté l'identité des interprètes originaux (Prince, Lennon-McCartney, Madonna) la sensation est grande d'écouter un album écrit par Don Nino, qu'il réinterprète de l'indé branché (Sonic Youth), du classique inclassable (Cohen, The Cure) ou de la chair à Starac' (Like a Virgin, vaporeux à souhait, Porque Te Vas). En la matière, la palme revient à la reprise d'un monument du gothique : le Bela Lugosi's dead de Bauhaus qui, s'il évoque davantage un cadavre de chat dans une boîte à chaussure que la dépouille victorienne d'une goule encapée, fait bien plus peur que l'original. Et s'il ne porte pas de barrette comme le nouveau pape du cover décalé Julien «Lolita» Doré, c'est avec un autre genre de Barrett, Syd, ancien génie cramé de Pink Floyd, que la filiation de son psychédélisme retors et autiste est la plus évidente. Nul doute que la sombre cale du Sonic constituera un écrin idéal à cet hommage claustrophobe d'un songwriter à l'héritage étouffant de ses aînés. Stéphane DuchêneDON NINO + NLF3(TRIO) + JAMES BLACKSHAWAu SonicVendredi 14 septembre

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