Machete

ECRANS | De Robert Rodriguez et Ethan Maniquis (ÉU, 1h45) avec Danny Trejo, Robert De Niro, Jessica Alba, Steven Seagal…

Christophe Chabert | Mardi 23 novembre 2010

Nostalgie du film de vidéo-club, suite. Après "Expendables" et "Piranha", voilà "Machete", équivalent mexicain des films de la blaxploitation dans les années 70. Parti d'une fausse bande-annonce (géniale) pour le double programme Grind house, "Machete" est devenu un vrai long-métrage, gonflant son casting de départ de stars (De Niro, qui va loin dans la bouffonnerie) et de super has-beens (Don Johnson, Lindsay Lohan et surtout Steven Seagal, toujours aussi farci aux pancakes). Le début du film est excellent : l'introduction, gore à souhait, où la femme et l'enfant de Machete (Danny Trejo, très drôle dans son sérieux absolu et ses répliques badass, dont le déjà légendaire «Machete don't text») sont massacrés sous ses yeux, puis le premier acte où, devenu un clandestin ordinaire, il est recruté pour abattre un politicien réactionnaire. Le film possède alors la solidité d'un bon Carpenter. Mais plus il avance, moins il dissimule sous un second degré bien pratique son j'm'en foutisme évident. Les divers fils de l'intrigue sont grossièrement résolus (rien à voir avec la virtuosité de "Planète terreur" du même Rodriguez) et la grande scène finale est un sommet de bâclage où aucun raccord n'est juste, les personnages débarquant par enchantement d'on ne sait où. Certes, le film reste sympathique, conforme à son projet initial. Mais on n'attendait plus de Rodriguez, qui retombe ici dans son dilettantisme habituel.
CC

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Ris amer : "Joker"

Le Film de la Semaine | La douloureuse naissance de l’antagoniste de Batman en mode rite initiatique sadique et parcours contre-résilient. Bouc émissaire virant bourreau, Joaquin Phoenix est plus qu’inquiétant dans cette copie-carbone du cinéma des 70’s. Un interloquant Lion d’Or.

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Ris amer :

Atteint d’un trouble mental lui provoquant d’irrépressibles fous-rires, Arthur Fleck vit seul avec sa mère grabataire. Effectuant des prestations de clown pour survivre, il ambitionne de se lancer dans le stand-up. Mais rien ne se passe comme prévu, et une spirale infernale l’aspire… Un déclassé humilié par tous dans une grande métropole en crise devenant un héros populaire après avoir commis un acte délictuel ; un humoriste raté se vengeant de ses échecs sur son idole… Une quarantaine d’années environ après Taxi Driver (1976) et La Valse des Pantins (1982), Martin Scorsese vient donc de recevoir (par procuration) le Lion d’Or de la Mostra pour un film portant nombre de ses “stigmates“ — ne manque guère qu’un petit fond de religiosité chez le personnage principal —, mais aussi payant un lourd tribut à Sidney Lumet (Network, Un après-midi de Chien) comme à DePalma, dont le Blow Out (1981) brille au fronton d’un cinéma de Gotham. Todd Philipps a en effet signé avec Joker un

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Robert Rodriguez & Rosa Salazar : « Alita montre un monde dystopique et potentiel »

Alita : Battle Angel | Appelé par l’équipe d’"Avatar" pour réaliser "Alita", Robert Rodriguez signe un divertissement d’anticipation visuellement éblouissant transcendé par la comédienne Rosa Salazar. Tous deux évoquent la conception d’un film au fond politique assumé…

Vincent Raymond | Mardi 19 février 2019

Robert Rodriguez & Rosa Salazar : « Alita montre un monde dystopique et potentiel »

Jon Landau, coproducteur du film avec James Cameron, dit qu’Alita a constitué le plus grand défi de votre carrière. Partagez-vous son opinion ? Robert Rodriguez : Il s’agit certainement du plus grand défi de ma carrière. Et c’est génial ! Quand on commence à avoir une carrière assez longue comme la mienne, on a envie de faire des choses nouvelles. Ça fait longtemps que je suis ami avec James Cameron — dont je suis aussi fan. Je m’étais toujours demandé, à la façon d’un éternel étudiant, comment il pouvait continuer à fabriquer des films comme un artisan. On n’imagine pas que Jim a fait ses débuts avec des films à petit budget — après tout, il a travaillé pour Roger Corman, il a fait Terminator pour presque rien comme j’ai fait El Mariachi. Comment a-t-il pu faire ce saut vers le “gros cinéma“ avec de gros budgets et des échelles bien plus importantes ? J’ai toujours choisi des films à budget modeste, et comme Jim je veux éviter les studios, parce que j’adore la liberté que donne le cinéma indépendant. J’ai un petit budget, mais je fais en sor

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Le Pinocchio 2.0 de Robert Rodriguez : "Alita : Battle Angel"

Sci-fi | De Robert Rodriguez (É-U, 2h02) avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly…

Vincent Raymond | Mercredi 13 février 2019

Le Pinocchio 2.0 de Robert Rodriguez :

Le XXVIe siècle, après une féroce guerre. Dans la décharge de la ville basse d’Iron City, un docteur/mécanicien trouve une cyborg démantibulée ultra-sophistiquée qu'il répare et nomme Alita comme sa fille défunte. Il découvre qu’elle présente d’étonnantes dispositions au combat… La récente poussée des membres de la trinité mexicaine Iñarritu/Cuarón/del Toro ne doit pas oblitérer leurs camarades, actifs depuis au moins autant longtemps qu’eux dans le milieu. Tel le polyvalent Robert Rodriguez, Texan d'origine mexicaine, qui signe ici après Sin City (2005) une nouvelle adaptation de BD – en l’occurrence un manga futuriste de Yukito Kishiro. On reconnaît dans cette version augmentée de Pinocchio (où la marionnette serait une cyborg et son Gepetto un savant doublé d’un traqueur de criminels) l’empreinte du producteur James Cameron : perfection formelle absolue des images, rigueur du récit, spectaculaire immersif (les courses en motorball ne déchirent pas : elles dévissent), distribution soignée… Peut-être tient-on un pendant à Blade Runner, en moi

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Le Nouveau Stagiaire

ECRANS | De Nancy Meyers (ÉU, 2h01) avec Robert De Niro, Anne Hathaway, Rene Russo…

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2015

Le Nouveau Stagiaire

Septuagénaire désœuvré, Ben postule comme stagiaire dans la startup dirigée par la bouillonnante mais débordée Jules. Très vite, sa gentillesse et sa compétence vont le rendre indispensable à tous… Cela fait quand même bizarre de voir un De Niro bien peigné jouer au papy gâteau, sans jamais perdre ses nerfs. Mais chez Nancy Meyers, on fait dans la camomille, dans le film en chaussettes à mater sous la couette, et avec du comédien millésimé. On vante l’élégance et les manières d’antan (sans trop médire sur la jeunesse, hein, parce que les séniors, c’est super tolérant) et tout finit par s’arranger, pour que Anne Hathaway puisse à nouveau sourire de toutes ses 72 dents. Allez, une verveine et au dodo.

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"Raging bull", la passion du christ-boxeur

ECRANS | Après dix ans à se chercher des anti-héros dans les marges de la société, le cinéma américain entamait les années 80 en poussant un cran plus (trop ?) loin les (...)

Christophe Chabert | Mardi 3 juin 2014

Après dix ans à se chercher des anti-héros dans les marges de la société, le cinéma américain entamait les années 80 en poussant un cran plus (trop ?) loin les choses, inventant une poignée de flamboyants héros négatifs. Orgueilleux, aveugles, bêtes, cyniques ou tout cela en même temps, ils hantent des œuvres aussi essentielles que La Porte du paradis de Cimino ou Scarface de De Palma. De tous, Jake La Motta est sans doute le plus retors : ce boxeur, qui fut un des rares blancs à aller décrocher un titre de champion du monde au nez et à la barbe de ses adversaires blacks, était dans le privé un monstre paranoïaque, jaloux et profondément égocentrique, ce qui le conduira à une suite de choix désastreux qui ruineront sa carrière et sa famille avant de l’envoyer faire un petit tour en taule. Dans Raging Bull, sous la caméra de Scorsese — et dans la peau extensible d’un De Niro plus vrai que nature — la vie de La Motta devient une passion christique, manière habile de contourner les écueils de la bio filmée — pas aussi en vogue à l’époque

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Cimino, l’enfer avant l’enfer

ECRANS | Ce mois-ci, la Ciné Collection propose dans les salles indépendantes de l’agglomération rien moins qu’un des plus beaux films du monde, mais aussi un des (...)

Christophe Chabert | Jeudi 2 janvier 2014

Cimino, l’enfer avant l’enfer

Ce mois-ci, la Ciné Collection propose dans les salles indépendantes de l’agglomération rien moins qu’un des plus beaux films du monde, mais aussi un des plus douloureux : Voyage au bout de l’enfer. En 1977, le tout jeune Michael Cimino — qui n’avait réalisé auparavant que le déjà très bon Canardeur avec Eastwood — se lance dans une fresque qui prendrait la guerre du Vietnam pour centre, mais qui la déborderait de part et d’autre pour écrire la chronique d’une petite communauté d’immigrés polonais installés dans une vallée sidérurgique de Pennsylvanie. Avant le départ au front, on assiste au mariage de Steven, entouré de ses amis ouvriers la semaine et chasseurs de daims le week-end (d’où le titre original : The Deer hunter). Dans ce premier acte, Cimino cherche à faire corps avec les personnages en prenant le temps de les immerger dans un mariage où rien n’est simulé, ni les rituels, ni les accidents, ni l’alcool qui coule à flots… On ne parle pas que des "stars" — De Niro, Walken

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Malavita

ECRANS | Pur fantasme d’un Luc Besson emballant à la va-vite des concepts de plus en plus boiteux, "Malavita" tente de greffer en Normandie la mythologie du film de mafia new-yorkais. Écrit n’importe comment, sans angle ni point de vue, cette comédie pas drôle sent le naufrage. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Samedi 26 octobre 2013

Malavita

Un film d’animation pour enfants, une bio d’Aung San Suu Kyi, une comédie de mafia avec De Niro… La filmographie de Luc Besson prend des allures d’inventaire à la Prévert, alignant les versions premium des produits cheaps livrés par EuropaCorp, dont il assure lui-même la réalisation en y apposant un savoir-faire de moins en moins flagrant. Malavita, adapté d’un roman de Tonino Benacquista, portait pourtant en lui une belle promesse : celle de faire se rencontrer la mythologie phare du cinéma américain, celle des films de mafieux new-yorkais façon Scorsese, et la réalité de la France d’aujourd’hui. On y voit ainsi une famille de repentis s’installer dans un bled paumé en Normandie et tenter d’y faire profil bas, même si le naturel revient toujours au galop. De tout cela, il ne sort qu’une médiocre comédie policière, nonchalante dans ses enjeux, incroyablement mal écrite, et où seuls les deux acteurs principaux (De Niro et Pfeiffer) réussissent à tirer leur épingle du jeu en ne cherchant ni à être des parodies de leurs personnages mythiques, ni des pantins au service d’un film opportuniste. Dégénéré Car Besson ne tire absolument rien de son argum

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Happiness therapy

ECRANS | Des personnages borderline dans une comédie romantique dont la mise en scène s’autorise à son tour toutes les hystéries visuelles : David O’Russell fait dans le pléonasme et l’emphase pour camoufler sa progressive absorption par la norme hollywoodienne. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 25 janvier 2013

Happiness therapy

Pat Solotano est bizarre. Il faut dire qu’il a sauvagement tabassé l’amant de sa femme quand il les a découverts nus sous la douche en rentrant de son boulot. Complètement cinglé selon les uns, temporairement perturbé selon les autres, en voie de rémission selon lui-même, on lui donne une chance de sortir de l’asile où il a atterri pour échapper à la prison, et le voilà revenu chez ses parents. Eux aussi sont un peu bizarres : la mère est surprotectrice, le père est bourré de tocs. Même ses amis sont bizarres, à leur façon : un couple très dépareillé qui ne trouve son équilibre qu’en ravalant ses frustrations, et une jeune veuve devenue nymphomane et obsédée par l’idée de réussir un concours de danse. Pour ceux qui ne le sauraient pas, David O’Russell est aussi un type bizarre : à l’époque de son manifeste cinématographique hermétique (J’♥ Huckabees), il donnait ses interviews pieds nus et dans une sorte de transe méditative. Happiness therapy veut faire de cette bizarrerie généralisée la matière à un renouveau de la comédie romantique. Les personnages y chercheraient une forme d’équilibre par le chaos psychologique ambiant, et les codes les plus attendus

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In Godfather we trust

ECRANS | Une main qui tire les ficelles d’une marionnette invisible. Une trompette étouffée qui interprète une mélodie aux accents italiens. Une phrase devenue (...)

Christophe Chabert | Lundi 17 septembre 2012

In Godfather we trust

Une main qui tire les ficelles d’une marionnette invisible. Une trompette étouffée qui interprète une mélodie aux accents italiens. Une phrase devenue gimmick : «Une proposition que vous ne pouvez pas refuser». Et puis une foule d’images toutes plus mythiques les unes que les autres : une tête de cheval coupée dans un lit, un homme criblé de balles lors d’un traquenard à un péage… C’est évidemment du Parrain, de son affiche, de sa musique et, plus globalement, de l’aura culte qui l’entoure et qui continue à fasciner toutes les générations de spectateurs que l’on parle. C’est un fait : découvrir Le Parrain, c’est faire l’expérience d’un immense classique du cinéma qui, pourtant, a sonné comme une révolution. Révolution dans le traitement des codes du film de gangsters : nous voilà au cœur de la mafia italo-américaine, de ses rites, de ses rivalités, de ses trahisons, sans le contrechamp moral de la loi qui la mettrait hors-jeu. Au cœur d’une famille dont on suit sur trois générations la grandeur et la chute : l’arrivée d’un gamin sicilien aux États-Unis au milieu de milliers d’immigrés puis son installation au sommet du crime organisé (

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Happy New Year

ECRANS | de Garry Marshall (USA, 1h58) avec Hilary Swank, Michelle Pfeiffer, Robert De Niro, Zac Efron, Katherine Heigl…

Jerôme Dittmar | Vendredi 16 décembre 2011

Happy New Year

Echec permanent, le nouvel an avait peu de chance de trouver un salut au cinéma. Pas plus que la Saint-Valentin, déjà prétexte à un film people pour Garry Marshall. Regroupant une brochette de stars dans le creux de la vague ou à l'avenir incertain, Happy New Year tente pourtant l'impossible : le film choral sur la Saint-Sylvestre. Suivant le patron de Love Actually, Marshall assemble dix intrigues bidons pour n'en traiter aucune, veillant seulement au temps de présence du casting et justifier l'événement qui lui sert d'alibi. Jumeau en tout mais moins honteux que Valentine`s Day, Happy New Year tient du pudding de Noël, de la comédie romantique sucrée et eucharistique, entièrement prisonnière de son concept marketing sur la rédemption. Du néant, assez linéaire, s'échappe malgré tout Michelle Pfeiffer. En duo improbable avec Zac Efron, l'actrice erre ébahie, fragile, insaisissable, Catwoman malade fissurant d'un regard la formule insipide pour lui offrir un peu de sublime.Jérôme Dittmar    

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Volutes américaines

ECRANS | Reprise / "Il était une fois en Amérique", le chef-d’œuvre de Sergio Leone, ressort en copies neuves. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 14 juin 2011

Volutes américaines

Sergio Leone a longuement mûri ce qui allait être son chant du cygne, précoce pour un cinéaste alors au sommet de son ambition d’artiste. Lui, l’Italien qui fantasma toute sa vie une Amérique dont il réinventait la légende en rêvant librement à partir de son cinéma, mettait enfin les pieds sur cette terre promise. Mais, comme conscient de ce statut d’éternel étranger, son Il était une fois en Amérique est aussi une forme de long rêve (3h45), encadré dans des volutes d’opium que le personnage principal, Noodles (De Niro), inhale pour oublier un passé qui le hante. Ses premiers émois érotiques d’adolescent, les mauvais coups effectués avec la bande qu’il avait formée autour de Max (James Woods), puis leur business mafieux florissant dans les années 30 où le gang met à mal rivaux, policiers et politiciens avec une énergie conquérante, cette même énergie qui provoquera leur chute quand l’ambition et les trahisons prendront le pas sur l’intérêt commun… Leone, grand cinéaste marxiste, montre que l’individualisme n’est jamais très loin quand l’argent est en jeu, et que le système lave plus blanc, transformant une crapule en homme politique respectable. Le génie d’Il était

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Limitless

ECRANS | De Neil Burger (ÉU, 1h45) avec Bradley Cooper, Robert De Niro…

Dorotée Aznar | Jeudi 2 juin 2011

Limitless

Un écrivain raté découvre une drogue miraculeuse, capable de solliciter 100% de l’activité cérébrale, et, pour assouvir ses nouvelles et mystérieuses ambitions, devient un trader génial et charismatique – du moins tant qu’il n’est pas en manque. De ce high concept gentiment racoleur, Neil Burger et la scénariste Leslie Dixon tirent un film-univers à la Hyper tension, où la surenchère est de mise grâce à une réinvention constante des règles en vigueur. Aussi ludique que vulgaire, le traitement de cette histoire sidère par son amoralité soutenue – peu importe ce que fait le héros, l’important est qu’il se shoote à nouveau ! Dans le paysage de plus en plus normalisé des séries B américaines, Limitless offre une respiration inattendue, tout en tendant à l’industrie hollywoodienne le reflet déformé de son irresponsabilité. Oui, carrément. FC

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Stone

ECRANS | De John Curran (ÉU, 1h45) avec Robert De Niro, Edward Norton…

Dorotée Aznar | Mardi 3 mai 2011

Stone

Un juge apathique tombe dans un engrenage mollement infernal en entretenant une liaison avec la compagne d’un détenu. Étrange thriller à contretemps dans ses meilleurs moments, Stone peine à lutter contre une mise en image neurasthénique et le manque cruel d’enjeux de son intrigue - un peu comme si John Curran s’était dit que la seule frontière entre le cinéma de genre et le cinéma d’auteur était le rythme. On se tourne alors du côté d’un casting qui aurait pu apparaître comme audacieux dix ans plus tôt, mais les têtes d’affiche ne relèvent pas vraiment le niveau. De Niro a l’air de s’emmerder sec, Edward Norton nous compose un mix sans passion entre ses rôles de Peur Primale et American History X, et Milla Jovovich tente une énième fois de donner tout ce qu’elle a, avec cette candeur cocaïnée qui la rend, parfois, si fascinante. Cette curiosité mise à part, on est prêt à parier qu’on n’en aura strictement aucun souvenir d’ici deux mois. FC

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The Killer inside me

ECRANS | De Michael Winterbottom (ÉU, 1h49) avec Casey Affleck, Jessica Alba, Kate Hudson…

Christophe Chabert | Mercredi 7 juillet 2010

The Killer inside me

Au départ, un roman noirissime, sans doute le meilleur de Jim Thompson, "Le Démon dans ma peau", décrivant les agissements d’un shérif psychopathe dans le sud des États-Unis. Michael Winterbottom, cinéaste insaisissable et artistiquement schizophrène, a choisi d’adapter fidèlement le livre, prenant pour modèle évident certains polars des frères Coen. "The Killer inside me" est donc tenaillé entre un désir respectueux de retranscrire à l’écran la violence et la psyché torturée des personnages de Thompson et une certaine ironie vis-à-vis du genre, dont la mise en scène reproduit avec un fétichisme manifeste les plus grands clichés. Curieusement, la sauce prend et Winterbottom signe ici un de ses films les plus réussis, même si il doit grandement cette réussite à l’incroyable composition de Casey Affleck dans le rôle de Lou Ford, dont les facettes retracent sa brève mais déjà passionnante carrière. Ford est d’abord un petit shérif pâlot, encore un peu adolescent — le Affleck de Gerry — avant de se révéler cruel et impulsif — le masque qui tombe sous le coup de la frustration dans L’Assassinat de Jesse James. Son forfait accompli, Ford reprend comme si de rien n’était sa place socia

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La Loi et l’ordre

ECRANS | de Jon Avnet (ÉU, 1h40) avec Al Pacino, Robert De Niro, John Leguizamo…

Christophe Chabert | Mercredi 1 octobre 2008

La Loi et l’ordre

Une nouvelle rencontre entre Pacino et De Niro, quinze ans après Heat, ça faisait rêver. La présence du tâcheron Jon Avnet derrière la caméra avait en revanche de quoi faire frémir. Mais de là à envisager un tel naufrage, il fallait avoir beaucoup d’imagination… La Loi et l’ordre, c’est le genre de scénario moisi au fond d’un tiroir qui n’aurait jamais été exhumé sans cette perspective opportuniste de réunir les deux monstres sacrés. Bavarde, grossièrement manipulatrice et idéologiquement puante, cette histoire de flic ripou mais sympa qui pallie les manques de la justice traditionnelle en allant flinguer du délinquant est mise en scène avec une balourdise infernale par Avnet, même pas capable de valoriser ses deux stars. Sont-ils bons ? Sont-ils mauvais ? Le montage clippé, l’incapacité à faire durer une scène ou à laisser du silence entre les répliques tue toute possibilité de juger leur prestation. Mais le film est si médiocre que, de toute façon, on oubliera vite qu’ils se sont égarés là-dedans.CC

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