Du goudron et des plumes

ECRANS | De Pascal Rabaté (Fr, 1h30) avec Sami Bouajila, Isabelle Carré, Daniel Prévost…

Christophe Chabert | Mardi 8 juillet 2014

Il aura fallu trois films pour que l'auteur de BD Pascal Rabaté réussisse sa mue de cinéaste, c'est-à-dire qu'il sorte d'un cinéma de la vignette pour développer une réelle dynamique de mise en scène où l'invention graphique se met au service de son récit et de ses personnages. Ce qui, dans Les Petits ruisseaux et Ni à vendre, ni à louer, semblait figé et nostalgique, devient dans Du goudron et des plumes vivant et très actuel. Christian, commercial divorcé aux combines peu reluisantes, perd son boulot et l'estime de sa fille, mais gagne le cœur d'une jeune femme, elle aussi mère célibataire. Ne reste plus qu'à accomplir l'exploit qui va le faire sortir de son rôle de gentil poissard : ce sera le Triathlon de l'été, sorte de mini-Intervilles local télédiffusé, compétition dans laquelle il va s'investir corps et âme.

Rabaté en fait une sorte d'anti-héros français d'aujourd'hui, métissé et râleur, qui se fond dans le décor intemporel d'un Montauban fait de pavillons anonymes, de ronds-points, de boîtes de nuit tristes et de salles de sport municipales… Maniant le gag visuel et sonore avec une minutie à la Tati, cherchant dans le quotidien le plus trivial une matière poétique, il fait surtout preuve d'une vraie confiance dans les pouvoirs de la mise en scène et offre à chacun de ses comédiens une jolie partition à interpréter. Du coup, c'est étrangement le scénario qui reste à la traîne, notamment un troisième acte reposant sur des ressorts trop conformes à l'ordinaire de la fiction télé française. Cela ne vient pas gâcher le plaisir pris face à un film qui ose jouer la carte de la comédie et du style — après Tristesse Club et avant Les Combattants, la réjouissante tendance de cet été 2014.

Christophe Chabert


Du Goudron et des plumes

De Pascal Rabaté (Fr, 1h31) avec Sami Bouajila, Isabelle Carré, Daniel Prévost...

De Pascal Rabaté (Fr, 1h31) avec Sami Bouajila, Isabelle Carré, Daniel Prévost...

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L'été arrive à Montauban, avec les vacances, les barbecues… et le "Triathlon de l’été", compétition populaire télédiffusée. Christian, divorcé et commercial aux petites combines, n'a d’autre joie que sa fille de 12 ans.


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“Rouge“ de Farid Bentoumi : poussée à boue

Thriller | De petits arrangements avec la sécurité dans une influente usine vont empoisonner l’environnement, les salariés et les relations familiale d’une infirmière trop jeune et trop honnête. Après la belle histoire Good Luck Algeria, Farid Bentoumi monte d’un cran avec cet éco-thriller tristement contemporain. Label Cannes 2020.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Rouge“ de Farid Bentoumi : poussée à boue

Tout juste diplômée, Nour a été embauchée comme infirmière dans l’usine où son père est syndicaliste. Très vite, elle découvre l’existence de graves pollutions boueuses affectant l’environnement et les salariés, ainsi que de nombreuses complicités pour dissimuler ces empoisonnements… Ironie tragique, le rouge du titre ne renvoie pas à la couleur du monde ouvrier, celui-ci ayant pactisé avec le patronat autour d’intérêt communs ; en l’occurence sur le dos du monde vert. C’est d’ailleurs l’un des enjeux remarquables de ce film qui infléchit de manière pragmatique la démarcation entre “les bons et les méchants“. En vérité, on n’est plus dans la dialectique ancienne parant mécaniquement le prolétaire de toutes les vertus et l’employeur des pires turpitudes : la loi du marché est passée par là. Et les compromissions clientélistes successives des élus comme des représentants syndicaux ont fait le reste. Le capitalisme ayant horreur du vide (comprenez : de ne pas avoir une classe à exploiter impunément) a donc jeté son dévolu sur l’environnement, au sens large. Alerte rouge

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Benjamin Parent : « J’avais envie de rendre un peu extraordinaire le quotidien »

Un vrai bonhomme | Pour son premier long-métrage, Benjamin Parent s’aventure dans un registre peu coutumier en France : le “coming at age movie“ — une sorte de film d’apprentissage adolescent. Une jolie réussite dont il dévoile quelques secrets. Attention, un mini spoiler s’y dissimule…

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Benjamin Parent : « J’avais envie de rendre un peu extraordinaire le quotidien »

Un thème commun se dégage de votre film Un vrai bonhomme et de Mon inconnue que vous avez co-écrit avec Hugo Gélin : l’uchronie, ou l’idée de permettre à des personnages d’accomplir des destinées alternatives. Est-ce délibéré ? Benjamin Parent : Pas du tout. Dans Mon Inconnue, l’idée d’uchronie vient d’Hugo ; j’ai essayé de développer la dramaturgie sur l’uchronie “la plus intéressante“. Je trouve que l’uchronie permet de raconter l’histoire d’une manière extrêmement drastique, avec ce truc d’inversion absolue des choses : “et si“ on pouvait rencontrer ses parents et qu’on se rendait compte que son père était un blaireau et que sa mère voulait nous choper, qu’est-ce qu’on ferait ? L’uchronie, finalement, c’est un pitch radical, qui permet plein de possibilités et un déploiement de l’imaginaire. Un vrai bonhomme, où le personnage de Léo est une extension de celui de Tom, permet également le déploiement de

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Je mets mes pas dans les pas de mon frère : "Un vrai bonhomme"

Comédie Dramatique | Un adolescent solitaire s’appuie sur le fantôme de son aîné pour s’affirmer aux yeux de ses camarades, de la fille qu’il convoite et de son père qui l’ignorait, perdu dans le deuil de son fils préféré. Une brillante première réalisation signée par le coscénariste de Mon Inconnue.

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Je mets mes pas dans les pas de mon frère :

Ado introverti ayant toujours subi l’aura solaire de de son frère Léo, Tom fait sa rentrée dans un nouveau lycée. Heureusement, Léo est là pour lui prodiguer encouragements et conseils. Sauf que depuis un accident de la route fatal à Léo, celui-ci n’existe plus que dans la tête de Tom… On ne divulgâche rien en dévoilant d’entrée le fait que Léo est ici un personnage imaginaire, puisque Benjamin Parent s’arrange pour lever toute ambiguïté à ce sujet dès la minute 18. Tout l’enjeu de son film n’est pas de fabriquer un mystère à la Shyamalan pour le public, mais d’inclure ce dernier dans la névrose de son héros ; de lui faire partager les affects d’un adolescent mal remis d'un traumatisme et croyant trouver par cet expédient le chemin de la résilience. Mon frère, ce halo Comédie, drame ? Disons dramédie bien tempérée, ce qui constitue un tour de force : rares sont en effet les films hexagonaux capables d’aborder la question adolescente sans s’abandonner à des récits d’amourettes (La Boum), à des pitret

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Au revoir mon amour : "L'Angle Mort"

Fantastique | Dominick possède depuis l’enfance l’étrange pouvoir de se rendre invisible. Une faculté dont il fait un usage modéré — chaque “passage“ lui coûtant cher en énergie vitale — car elle suscite aussi, surtout, moult quiproquos gênants avec ses proches. Est-ce un don ou une malédiction ?

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Au revoir mon amour :

Les histoires de couples perturbés par des interférences créées par des mondes parallèles — ésotériques ou psychiques — forment “l’ordinaire fantasmatique“ du cinéma de Bernard & Trividic, collectionneurs de discordances en tous genres. Dancing (2003) et L’Autre (2009) traquaient déjà en effet des irruptions singulières dans ce que l’on nomme la normalité, en adoptant des constructions cinématographiques volontiers elliptiques, mentales ou peu linéaires. Est-ce ici l’influence d’Emmanuel Carrère, qui leur a soufflé l’argument de L’Angle Mort ? Sans déroger à leur propension au fantastique, ce film manifeste un changement de forme radical, adoptant une narration plus posée et une structure de conte contemporain à morale philosophique — comme si Rohmer s’était aventuré dans le registre du super-héros décalé, ou Alphonse Daudet au cinéma. Drame à double niveau sur la question de la disparition du corps social — ce qu’il advient de l’individu lorsque sa présence physique s’évanouit au sens propre, mais aussi lorsque son ex

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Films européens tout bâbord à Meyzieu !

Festival | Parrain de la 18e édition du Festival de cinéma européen de Meyzieu, Daniel Prévost (le célèbre M. Cheval du Dîner de cons) présentera lors de la soirée de (...)

Aliénor Vinçotte | Mardi 20 mars 2018

Films européens tout bâbord à Meyzieu !

Parrain de la 18e édition du Festival de cinéma européen de Meyzieu, Daniel Prévost (le célèbre M. Cheval du Dîner de cons) présentera lors de la soirée de pré-ouverture, Les Petits Ruisseaux (2010). À sa suite, les grandes rivières du festival s’écouleront avec un panel de onze films européens en avant-première (et en VOST) dont quatre projetés en présence de leurs réalisateurs — ainsi qu’une compétition de neuf courts-métrages. Le dimanche matin, un goûter et un atelier “Maquillage & Effets spéciaux” feront la joie des petits spectateurs, après la séance consacrée à l’animation danoise, Mika & Sebastian l’aventure de la poire géante. La Maison des Associations présentera également une démonstration de cascades et de techniques du cinéma. Avec la présence d’Une femme heureuse de l’Anglais Dominic Savage, le festival européen semble (pour l’instant) être épargné par le Brexit… Fes

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Graines d’Éluard : "Liberté 13 films-poèmes de Paul Éluard"

Animation | de 13 réalisateurs (Fr, 0h42) animation avec les voix de Isabelle Carré, Denis Podalydès, Christian Pfohl

Vincent Raymond | Mardi 6 mars 2018

Graines d’Éluard :

Ils sont 13 jeunes cinéastes achevant leur formation dans les plus prestigieuses écoles d’animation, et toutes et tous ont planché sur quelques vers de Paul Éluard (1895-1952), livrant leur vision originale de son univers poétique. En tout liberté, bien entendu. S’inscrivant dans la suite des programmes de courts-métrages dédiés à Prévert et Apollinaire, ce nouveau florilège de la série En sortant de l’école met en lumière l’œuvre d’un “apparenté surréaliste” dont la notoriété est souvent, hélas, réduite au seul — et incontournable — Liberté… Sa délicatesse, en amour comme en fantaisie, s’avère un combustible merveilleux pour de jeunes illustrateurs dont l’inspiration carbure à l’éclectisme. Et si le tableau final tient du coq-à-l’âne stylistique, des grandes lignes thématiques s’y répondent comme ce sentiment indicible qu’est l’attachement (moins grandiloquent que la passion et plus profond) ou la fascination pour la mer. On notera également quelques stupéfiantes réussites graphiques, tels Poisson de A

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"Comment j'ai rencontré mon père" de Maxime Motte : “Je” est un autre

ECRANS | de Maxime Motte (Fr, 1h25) avec François-Xavier Demaison, Isabelle Carré, Albert Delpy…

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

Enguerrand a six ans et des parents adoptifs qui moulinent un peu avec ce concept. Alors, lorsqu’il découvre un soir sur la plage un sans papier d’origine africaine comme lui, il est persuadé d’avoir rencontré son père biologique. Sauf que non : Kwabéna veut juste passer en Angleterre… La promesse du titre est à moitié tenue : le “je” laisse entendre que le film va être vu à hauteur d’enfant. En réalité, ce sont les parents (et surtout le grand-père délinquant-débauché joué par Albert Delpy) qui occupent le premier plan, l’enfant — doté de la maturité d’un grand pré-ado — se contentant de vignettes. Privé de cette ambition, le film équivaut à un Welcome traité façon comédie, émaillé de séquences de “Papy sème sa zone à l’hospice avec ses potes les vieux” et d’engueulades sitcom entre les parents (elle, juge rigide ; lui, libraire nonchalant). Un (gros) peu d’écriture en plus n’aurait pas nui.

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"Une vie ailleurs" : critique et interview d'Isabelle Carré et Olivier Peyon

ECRANS | Epaulée par Mehdi, un assistant social, Sylvie se rend en Uruguay pour ramener en France son fils Felipe, enlevé par son père. Mais rien ne se passera (...)

Julien Homère | Mardi 21 mars 2017

Epaulée par Mehdi, un assistant social, Sylvie se rend en Uruguay pour ramener en France son fils Felipe, enlevé par son père. Mais rien ne se passera comme prévu, et sa relation avec l'enfant prendra une tournure inattendue. Olivier Peyon vient du documentaire et ça se voit. Caméra à l’épaule au plus près des visages, toujours au bon endroit au bon regard, la forme singe presque le reportage. Elle ne mise pas sur la symbolique, ses acteurs véhiculant le sens du film jusqu’à une fin ouverte bienvenue. La puissance du mélodrame émane de la retenue et de la pudeur, laissant le soin au spectateur de reconstruire l’histoire. Incarnant la filiation absente chez Sylvie, Mehdi devient un père de substitution, cordon ombilical fragile et nécessaire pour grandir. En somme, Peyon montre ce qu’il y a de plus douloureux et complexe : l’incertitude des retrouvailles où même une mère peut être l’étrangère. 3 questions à... Isabelle Carré et Olivier Peyon La maternité présente de multiples facettes, difficiles à traiter pour certaines lorsq

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"La Mécanique de l'ombre" : Affaires intérieures

ECRANS | de Thomas Kruithof (Fr-Bel, 1h33) avec François Cluzet, Denis Podalydès, Sami Bouajila…

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Solitaire, chômeur et buveur repenti, un comptable est recruté par un discret commanditaire pour retranscrire à la machine à écrire des écoutes téléphoniques enregistrées sur cassettes magnétiques. Sans le savoir, il va pénétrer dans les sordides coulisses de l’appareil d’État… Un thriller politique s’inscrivant dans le contexte de ces officines supposées gripper ou fluidifier les rouages de notre république, bénéficie forcément d’un regard bienveillant. Pas parce qu’il alimente la machine à fantasmes des complotistes — fonctionnant sans adjonction de carburant extérieur — mais parce qu’elles recèlent autant de mystères et d’interdits que les antichambres du pouvoir américaines, si largement rebattues. Comme un creuset où se fonderaient entre elles les affaires Rondot, Squarcini, Snowden et Takieddine, cette première réalisation de Thomas Kruithof est à la fois très concrète et pétrie de symboles (tel celui du puzzle, l’objet fétiche du héros ; une structure complexe rendue inopérante dès lors que la plus misérable pièce fait défaut). Esthétiquement composé en Scope, ce film à la lisière de l’enquête intérieure et de l’actualité rappelle aut

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François Cluzet : « Le rôle de l’interprète, c’est uniquement d’être vivant »

3 questions à... | La Mécanique de l’ombre est aussi l’occasion d’explorer celle du comédien en compagnie de François Cluzet. Cours magistral sur son métier qu’il résume ainsi : « Un acteur, c’est d’abord un corps dans une situation. »

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

François Cluzet : « Le rôle de l’interprète, c’est uniquement d’être vivant »

Comment ressent-on la question de la surveillance d’une manière générale lorsqu’on exerce un métier où l’on est constamment scruté ? François Cluzet : À dire vrai, je ne m’occupe pas trop d’être scruté ; c’est le problème des spectateurs. Nous, les acteurs, on est des exhibitionnistes ; il faut qu’on se se méfie du narcissisme, de l’ego hypertrophié. Le rôle de l’interprète, c’est uniquement d’être vivant — j’ai beaucoup réfléchi à cela parce que je suis passionné et que j’essaie de faire mon boulot le mieux possible. Alors, depuis très longtemps, je ne joue plus : j’essaie de vivre les situations sans ramener mon grain de sel. Bien sûr, elles sont vécues sur commandes, car reliées au script, mais finalement j’aime bien cette idée. Longtemps ça m’a fait peur, je pensais qu’il ne se passerait rien. Je me suis rendu compte que c’était le contraire. Je me sens proche de cet acteur américain à qui un metteur en scène avait demandé s’il pouvait jouer plus expressif, et qui avait répondu : « — Non, mais toi tu peux rapprocher un peu plus ta caméra. » (rires) Quelles sont les exigences d’un tel rôle ?

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Le Cœur régulier

ECRANS | de Vanja d’Alcantara (Fr./Bel., 1h30) Avec Isabelle Carré, Jun Kunimura, Niels Schneider…

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Le Cœur régulier

D’un certain point de vue, Vanja d’Alcantara signe une adaptation conforme au roman d’Olivier Adam : Le Cœur régulier étant l’un de ses ouvrages les plus dépouillés, sinistres — sur ce point, il y a débat, car chaque nouveau livre de l’auteur de Je vais bien ne t’en fais pas rebat les cartes — et pour tout dire rébarbatifs, le film en découlant se révèle d’un intérêt chétif. Épure à la nippone ? Admettons, au risque de tomber dans le cliché. Or, Le Cœur régulier-film ressemble à une Biennale de la photographie tant il en accumule : contemplation, caméra à hauteur de tatami, mutisme éloquent, jeune écolière en uniforme délurée (comprenez : qui va se dénuder), Isabelle Carré grave dans l’attente d’une illumination intérieure, puis Isabelle Carré dégageant une sérénité irénique de chrétienne pour chromo sulpicien… Ce drame assourdissait par les mots sur papier, il indiffère sur écran. VR

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Good Luck Algeria

ECRANS | de Farid Bentoumi (Fr, 1h30) avec Sami Bouajila, Franck Gastambide, Chiara Mastroianni…

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Good Luck Algeria

Aux origines, une belle histoire… qui donne naissance à un film joliment ourlé. Pas si fréquent sous nos latitudes, alors qu'Hollywood est coutumier de ces contes exaltant le dépassement de soi, forgés à partir d’un exploit individuel accompli dans un cadre absurde. Comparable au mémorable Rasta Rocket (1994) et voisin de Eddie the Eagle (narrant le parcours du premier sauteur à ski olympique britannique, en avril sur les écrans), Good Luck Algeria s’inspire des rocambolesques péripéties du frère du réalisateur, un Rhônalpin désireux de concourir pour les JO et “promené” par les responsables de la fédération algérienne de ski, moins intéressés par l’athlète que par l’aubaine d’une subvention à détourner — des notables ici moqués avec causticité. À partir de l’anecdote familiale, Farid Bentoumi tisse un scénario plus complexe, où le résultat devient annexe, le défi seul étant prétexte à une redécouverte par le héros, Sam, de ses origines doubles ainsi qu’à une mise à plat des rapports entre lui, son père et ses oncles restés au bled. Si pour la course Sam affiche son attachement au drapeau paternel (ses racines retro

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Isabelle Carré, cœur régulier

ECRANS | Pour la troisième fois (après Maman est folle et Des vents contraires), Isabelle Carré se trouve à l’affiche d’une adaptation d’un roman d’Olivier Adam. Dans (...)

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Isabelle Carré, cœur régulier

Pour la troisième fois (après Maman est folle et Des vents contraires), Isabelle Carré se trouve à l’affiche d’une adaptation d’un roman d’Olivier Adam. Dans Le Cœur régulier, la comédienne est dirigée par Vanja D’Alcantara ; et c’est accompagnée par la réalisatrice qu’elle viendra présenter le film en avant-première le jeudi 17 mars à 20h à l’UGC Astoria.

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Paris-Willouby

ECRANS | De Quentin Reynaud & Arthur Delaire (Fr, 1h23) Avec Isabelle Carré, Stéphane De Groodt, Alex Lutz…

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

Paris-Willouby

Collectionner des talents sur une affiche n’a jamais été gage de réussite artistique : si grandes soient leurs qualités, elles ne parviennent jamais à masquer ni compenser les défauts d’un film, et surtout pas ceux d’un scénario cacochyme. Constat à nouveau opéré avec ce poussif décalque de Little Miss Sunshine, qui oublie cependant de s’inspirer du rythme et de la transgression du modèle. Au lieu de singer des comédies “indépendantes” étasuniennes formatées, les jeunes auteurs français devraient lorgner du côté du vétéran Rappeneau et son Belles Familles : ils gagneraient en causticité, finesse et profondeur… VR

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Marie Heurtin

ECRANS | De Jean-Pierre Améris (Fr, 1h38) avec Ariana Rivoire, Isabelle Carré…

Christophe Chabert | Mardi 11 novembre 2014

Marie Heurtin

Il y a deux manières de regarder Marie Heurtin : la première, c’est de se dire que l’on n’est pas dans une salle de cinéma, mais dans la douce torpeur de l’après-midi, sur son canapé, devant sa télé, à regarder les belles images d’une jolie histoire que l’on peut sans problème suivre malgré l’irrépressible envie d’une petite sieste digestive. On verra alors cette édifiante leçon de vie où une gentille nonne phtisique décide, parce qu’elle lui a caressé la main, de venir en aide à une enfant sauvage, sourde, muette et aveugle, pour lui apprendre à communiquer avec le monde, comme une œuvre à l’anachronisme rassurant et à l’académisme reposant. En revanche, si on décide de garder les yeux grands ouverts, le nouveau film de Jean-Pierre Améris — dont on garde en mémoire le précédent fiasco, L’Homme qui rit, massacre en règle du chef-d’œuvre de Hugo — sonne le retour en grande pompe de ce cinéma de qualité française tant détesté par les futurs cinéastes de la Nouvelle Vague. On ne voit là que performances outrées et angélisme dégoulinant, réalis

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Cheba Louisa

ECRANS | De Françoise Charpiat (Fr, 1h35) avec Rachida Brakni, Isabelle Carré, Biyouna…

Christophe Chabert | Mardi 23 avril 2013

Cheba Louisa

Avec ses coups de théâtre à toutes les séquences, son image de téléfilm France 3, sa direction artistique atroce et ses mots d’auteur qui pèsent une tonne (un pour la route : «la cas soc’, elle te dit cassos»), Cheba Louisa a tout de l’accident pur et simple. Visiblement écrit avec un exemplaire de Robert MacKee dans une main et "La Banlieue pour les nuls" dans l’autre — dur de tenir le crayon, du coup — il se permet de sacrifier une actrice comme Isabelle Carré, enlaidie au-delà du raisonnable afin de la faire passer pour une caissière de supermarché. Rien à sauver là-dedans, mais de quoi se distraire au moins cinq minutes en regardant Steve Tran. Steve qui ? Depuis qu’il a tenu un des trois rôles principaux de Beur sur la ville, Steve Tran est devenu le bon pote asiatique de service dans les banlieues-films, histoire de respecter une forme de représentativité raciale. On a pu le voir ailleurs — dans

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Des vents contraires

ECRANS | de Jalil Lespert (Fr, 1h31) avec Benoît Magimel, Isabelle Carré, Ramzy Bedia…

Jerôme Dittmar | Jeudi 8 décembre 2011

Des vents contraires

Cinéma français et roman hexagonal font rarement bon ménage. Adapté du livre éponyme d'Olivier Adam, déjà coupable de Je vais bien ne t'en fais pas, Des vents contraires emprunte la même voie d'un terrorisme émotionnel en quête de vérité sur la vie. Suivant la reconstruction d'un père et ses deux enfants immigrés à Saint Malo après la disparition inexpliquée de la mère, le film trouve dans ce macguffin un pur prétexte de scénario pour filmer moins l'absence de l'autre au monde, que ce qui autorise à compenser le manque en soi. Cinéma de l'égoïsme et de l'état d'âme brulé au fer rouge par son ignoble petite intrigue rondement menée, Des vents contraires ne parle que de culpabilité et de fautes à excuser ; jamais d'un authentique amour en suspens. Du côté des pères qui en bavent, Lespert filme la vie comme une épreuve et avec le réalisme d'une thérapie de plateau télé. L'auteur est plus fin lorsqu'il observe les enfants, mais il a hélas pris le pire bouquin : gris, déprimant, vain.Jérôme Dittmar

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Ni à vendre, ni à louer

ECRANS | De Pascal Rabaté (Fr, 1h20) avec Jacques Gamblin, Maria De Medeiros, François Damiens…

Christophe Chabert | Jeudi 23 juin 2011

Ni à vendre, ni à louer

Le fantôme de Jacques Tati plane au-dessus de Ni à vendre, ni à louer, deuxième film de Pascal Rabaté, par ailleurs dessinateur de bédé. Ce n’est pas un détail, tant sa fascination pour le travail de Tati se confond avec sa pratique de la case et de la planche. D’où la désagréable sensation d’assister à un storyboard filmé où les acteurs, privés de parole et réduits à des borborygmes, ne font que prêter leurs traits aux idées visuelles de Rabaté, simples instruments de gags tellement préparés qu’on les devine avec trois ou quatre plans d’avance. Ce systématisme froid se retrouve dans le scénario concept où une quinzaine de personnages se croisent pendant un week-end de vacances à la mer («c’est super», comme le dit le chanteur Mike Brank dans la meilleure séquence du film !) où chacun marine dans son stéréotype. Là, la référence à Tati pose un autre problème : on ne sait plus si c’est la nostalgie pour son cinéma ou pour la France qu’il décrit qui motive Rabaté. Car les clichés un peu rances qu’il utilise (les caravanes, le Tour de France, l’adultère à l’hôtel), même s’ils se mêlent parfois à un esprit anar très contemporain (l’avenir de l’homme, pour

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Omar m’a tuer

ECRANS | De Roschdy Zem (Fr, 1h25) avec Sami Bouajila, Denis Podalydès…

Christophe Chabert | Mardi 14 juin 2011

Omar m’a tuer

Projet porté par Rachid Bouchareb qui en a finalement confié la réalisation à Roschdy Zem, Omar m’a tuer conserve toutefois la marque du cinéaste de Hors la loi. Ennemi de la dialectique et partisan d’un cinéma à thèse dont le but est d’avoir un écho sur les bancs de l’assemblée, Bouchareb traite l’affaire Omar Radad selon deux points de vue qui enfoncent le même clou : l’enquête menée par Jean-Marie Rouard (dont le nom a mystérieusement été changé dans le film) pour disculper Omar, et la reconstitution des mois qui suivirent l’arrestation du jardinier accusé d’homicide. Dans les deux cas, aucune ambiguïté : Radad est un coupable fabriqué par la justice et la police (on ne voit rien à l’écran de cette mécanique-là, et on le regrette), un brave type pris dans une machination dont le film se garde bien de révéler les commanditaires. Au-delà de ce parti-pris discutable, Omar m’a tuer frappe par son manque de souffle, ses fausses bonnes idées (la narration alternée est laborieuse) et la prestation gênante de Sami Bouajila, acteur lettré qui fait ici de visibles efforts pour baragouiner un français approximatif. La faiblesse de la mise en scène fait que l’u

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Là-haut

SCENES | CRITIQUE / En tout juste une heure, la scène devient un champ de bataille fantasmagorique où l’on retrouve une curieuse fratrie emportée sur un véhicule (...)

Dorotée Aznar | Lundi 9 mai 2011

Là-haut

CRITIQUE / En tout juste une heure, la scène devient un champ de bataille fantasmagorique où l’on retrouve une curieuse fratrie emportée sur un véhicule protéiforme en mouvement perpétuel, sorte de radeau aérien.«Un décor au centre, pas comme une décoration mais telle une architecture qui, comme le dit Jean Nouvel, répond à une question qui n'est pas posée», explique Mathurin Bolze. Sur cet engin du diable qui s’envolera, cinq interprètes (dont Bolze lui-même) vont se croiser. Qui sont-ils ? Des rescapés ? De parfaits inconnus les uns envers les autres ? Où sont-ils ? Où vont-ils ? Des questions, beaucoup de questions, mais pas de réponses. Mathurin Bolze a ainsi conçu un spectacle ouvert, qui se reçoit comme un voyage époustouflant vers un ailleurs indéfini, où des êtres se côtoient avec toute l’urgence que la vie impose. Une grande fresque héroïque, rappelant un temps où certains hommes pouvaient se prendre pour des dieux, et où on les croyait sans sourciller, parce que l’on a toujours besoin de mythes pour avancer… Point de départ de la création : les lectures. Beaucoup, comme l’explique Mathurin Bolze. De ces matériaux riches servant de «combustibl

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Repères Mathurin Bolze

SCENES | Formation : Lyonnais, âgé de 36 ans, Mathurin Bolze a été formé notamment au Centre National des Arts du Cirque. Il a travaillé, comme interprète, avec le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 mai 2011

Repères Mathurin Bolze

Formation : Lyonnais, âgé de 36 ans, Mathurin Bolze a été formé notamment au Centre National des Arts du Cirque. Il a travaillé, comme interprète, avec le chorégraphe Joseph Nadj pour la tournée du Cri du caméléon et avec le chorégraphe François Verret dans les pièces Kaspar Konzert, Chantier Musil et Sans retour. 2001 : Fondation de la Compagnie «Les Mains les Pieds et la Tête Aussi», soit tout un programme où corps, technique, imagination et réflexion ne font qu'un.2002 : Fenêtres, solo émouvant et drôle où Mathurin Bolze campe un personnage esseulé dont le sol de son habitation est un trampoline. 2005 : Tangentes. Trois protagonistes tentent de s’arracher et d’échapper aux rouages de la machine sociale contemporaine (soit sur scène deux tapis roulants et une roue), aussi absurde et répétitive que les cycles de Sisyphe 2008 : Ali, duo créé avec Hedi Thabet 2010 : Du Goudron et des plumes

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«Se libérer de la machine»

SCENES | Entretien / Mathurin Bolze Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 mai 2011

«Se libérer de la machine»

Petit Bulletin : De quand date, dans votre parcours, ce désir de mêler cirque, danse, musique ?Mathurin Bolze : Il n'y a pas eu de basculement précis. J'ai découvert le monde du spectacle très jeune, à 8 ans, en faisant de la figuration dans les pièces de théâtre de Bruno Boëglin et Jean-Pierre Delore. Parallèlement, j'ai fait de la gymnastique jusqu'à 16 ans. Puis, j'ai été attiré par le cirque où je pouvais allier le plaisir du mouvement au plaisir du spectacle. Ce mélange des disciplines était une réalité, déjà, lors de ma formation. La technique circassienne n'a jamais été pour moi un enjeu premier, mais toujours un outil au service d'une dramaturgie. Ceci dit, les sensations «techniques» restent importantes car elles emmènent à des endroits de précision et de conscience particulières du corps. Qu'est-ce qui déclenche chez vous le désir d'une création ?Il me faut un état de disponibilité et de sensibilité, un état de concordance où j'arrive à mettre en lien des choses qui me touchent : une actualité, une rencontre, un film, un livre... Ces éléments s'agglomèrent, des questions apparaissent qui peuven

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Les Émotifs anonymes

ECRANS | De Jean-Pierre Améris (Fr, 1h20) avec Isabelle Carré, Benoît Poelvoorde… Sortie le 22 décembre

Christophe Chabert | Jeudi 16 décembre 2010

Les Émotifs anonymes

Au jeu de la comédie française sous influence Lubitsch, Jean-Pierre Améris s’en sort mieux que Pierre Salvadori avec ses "Vrais mensonges". Pas de quoi grimper au rideau, mais "Les Émotifs anonymes" est sauvé par le côté élève appliqué de son cinéaste, compensant une écriture parfois pataude par une mise en scène rigoureuse et une direction artistique correcte (sauf la musique, insupportable). On n’est pourtant pas sûr de bien comprendre pourquoi Améris a placé cette rencontre amoureuse entre deux timides maladifs dans un environnement volontairement rétro et désuet, comme si un Jean-Pierre Jeunet se piquait de réalisme et abandonnait ses focales et ses pots de ripolin numériques. Pour souligner qu’il fait une comédie à l’ancienne ? Par peur de la modernité (il faut dire que quand une webcam débarque dans le cadre, c’est rencontre du troisième type) ? Il y a pourtant quelque chose de furieusement moderne dans le film : le jeu éblouissant de Benoît Poelvoorde. Jamais l’acteur n’avait à ce point osé faire rire de ses failles, de ses névroses et de ses angoisses, tout en conservant son incroyable instinct comique, ce timing parfait et cette gestion magistrale des ruptures. Sa parte

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De vrais mensonges

ECRANS | De Pierre Salvadori (Fr, 1h45) avec Audrey Tautou, Sami Bouajila, Nathalie Baye…

Christophe Chabert | Mercredi 1 décembre 2010

De vrais mensonges

Quand un cinéaste qu’on aime rate un film, cela ne remet pas en cause l’estime qu’on peut avoir pour son travail. C’est le cas de Salvadori avec "De vrais mensonges", où l’on retrouve ce qu’on apprécie d’ordinaire chez lui — une écriture rigoureuse et un regard doux-amer sur des personnages à côté de leurs pompes — mais comme joué par un orchestre aux instruments déréglés. La théâtralité des situations et des dialogues n’est assumée qu’à moitié (par exemple, le choix de décors naturels renvoie à un réalisme hors sujet), l’humour ne fonctionne jamais et le film est plombé par un cruel manque de rythme mal camouflé par un montage hystérique. Quant aux acteurs, si Nathalie Baye est à l’aise en mère déprimée virant femme cougar, Bouajila adopte d’incompréhensibles airs de tragédien et Tautou se perd dans des mimiques qui enlèvent toute spontanéité et tout naturel à son jeu. Un coup d’épée dans l’eau, surtout après l’excellent "Hors de prix". CC

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Hors-la-loi

ECRANS | De Rachid Bouchareb (Fr-Alg, 2h18) avec Roschdy Zem, Djamel Debbouze, Sami Bouajila…

Christophe Chabert | Mardi 14 septembre 2010

Hors-la-loi

Hors-la-loi cherche, à la manière d’"Il était une fois en Amérique" de Sergio Leone ou de "L’Armée des ombres" de Melville, à raconter la naissance du FLN à travers le parcours de trois enfants ayant connu le massacre de Sétif le 8 mai 1845. Bouchareb, qui avait réussi à marier épique et grand sujet dans "Indigènes", n’arrive ici qu’à un résultat péniblement académique. Les personnages n’ont aucune liberté, pieds et poings liés au discours du film ; quand ils ouvrent la bouche, c’est pour faire une grande phrase sentencieuse. Et encore, les hommes ont le droit de l’ouvrir, car les femmes, elles, sont réduites à un silence assourdissant… La reconstitution est tout aussi empesée, entre costumes sentant encore le loueur et bidonvilles géants survolés avec une overdose de plans à la grue. Même la musique n’est qu’un plagiat ridicule de celle de "Dark Knight". Les acteurs s’expriment avec des accents arabes qui sonnent faux, les scènes d’action sont illisibles, les rebondissements téléphonés et l’ensemble tire vers un manichéisme assez choquant au nom des codes du genre (la police française torture, point). Le plus embarrassant, c’est quand Bouchareb fait de gros clins d’œil à l’actu

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Le Refuge

ECRANS | De François Ozon (Fr, 1h30) avec Isabelle Carré, Louis-Ronan Choisy…

Christophe Chabert | Jeudi 21 janvier 2010

Le Refuge

Le Refuge plonge tête la première dans ce qui guette le cinéma de François Ozon : son côté Patrice Leconte auteuriste où un film = une idée + un casting. C’était le cas de Swimming pool, son plus mauvais film à ce jour, ça l’est encore plus ici car Ozon y rajoute une donnée intenable : un discours sournoisement planqué derrière son récit. Soit un couple de junkies ; le mec (Melvil Poupaud) meurt et la fille (Isabelle Carré) tombe enceinte. Elle trouve refuge dans une maison au bord de l’océan, où le frère gay de feu-son amant la rejoint. Elle décide de garder l’enfant, et découvre dans ce frère en rupture avec sa famille bourgeoise un père de substitution possible. La fin viendra enfoncer le clou : oui, les homos peuvent être d’excellents pères, meilleurs que certains hétéros. Soit. Mais la démission totale de Ozon en tant que scénariste (le film n’est qu’accumulation de dialogues dignes de Plus belle la vie) et cinéaste (il n’y a rien à regarder dans les plans, plats comme un téléfilm) donne le sentiment que Le Refuge n’est qu’un prétexte pour un futur débat sur la question. Christophe Chabert

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Tellement proches !

ECRANS | D’Olivier Nakache et Eric Toledano (Fr, 1h42) avec Vincent Elbaz, Audrey Dana, Isabelle Carré…

Christophe Chabert | Mercredi 10 juin 2009

Tellement proches !

Le cinéma français semble s’être trouvé un nouveau pré carré : non plus le couple, mais la famille, prétexte à des modes de récits choraux et à des observations sociétales à vertu identificatoire. Ça peut donner des choses bien (Le Premier Jour du reste de ta vie), mais aussi des désastres (Le Code a changé). Tellement proches ! part d’ailleurs très mal, dans la lignée du navet de Danielle Thompson : un dîner réunissant des stéréotypes humains assez médiocres, dont on prend spontanément la bêtise en grippe. Pas très bien écrite, plutôt mal filmée, cette longue première partie fait penser, et ce n’est pas un compliment, aux chansons de Benabar… Il faudra donc attendre que la folie prenne vraiment le dessus et qu’à force d’outrance, les personnages fassent vaciller leurs propres caricatures, pour que le film trouve la bonne distance. On s’aperçoit alors que les acteurs sont formidables, à commencer par ceux auxquels on ne croyait pas tellement : François-Xavier Demaison et Omar Sy. Mais c’est surtout Vincent Elbaz, dans son meilleur rôle depuis longtemps, qui s’avère le plus touchant. Pas de quoi se relever la nuit, mais pas honteux non plus. CC

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La création perpétuelle

SCENES | Mathurin Bolze reprend la Tangente ces mardi et mercredi au Centre Culturel de Saint-Priest. L'occasion pour nous de faire le point sur l'énergie créatrice de cet acrobate actuellement en résidence aux Subsistances. Propos recueillis par Marion Quillard

Marion Quillard | Mardi 25 novembre 2008

La création perpétuelle

Petit Bulletin : Vous rejouez "Tangentes" cette semaine, une création qui date de 2005. Comment expliquez-vous le succès de ce spectacle ?Mathurin Bolze: Je ne l'explique pas ! C'est un travail qu'on a joué une centaine de fois, et là c'est bientôt la fin... Ce n'est pas le public qui choisit un spectacle, mais les directeurs de salle. Ce sont eux qui nous programment. Ça veut dire que le spectacle a plu à un certain nombre d'entre eux, et qu'ils ont décidé de le diffuser... Nous, par ce biais-là, nous avons pu rencontrer leur public. Des publics variés, parce qu'on était dans différentes régions, dans différents pays...S'il y a une chose à mettre au compte du spectacle, c'est qu'il y a très peu de texte, donc c'est un langage qui est compréhensible par tous. C'est un langage visuel, véhiculé par des émotions, des impressions... Il n'y a pas besoin d'être un habitué du spectacle, un habitué du monde culturel, pour apprécier un spectacle de cirque. C'est pour cela que le cirque est une forme populaire qui permet une forme d'exigence... Le spectacle a-t-il évolué depuis 2005 ?Oui ! Il a beaucoup évolué depuis sa création... Un spectacle de cirque pre

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