"La Loi de la jungle", à voir à L'Aquarium

Vincent Raymond | Mercredi 19 septembre 2018

Photo : © Haut et Court


S'il s'est de doté de nouveaux meubles pour la rentrée, l'Aquarium n'a pas remisé ses bonnes habitudes : le Ciné-Café du plateau de la Croix-Rousse accueille toujours conférences, débats, rencontres avec les associations de scénaristes, impros théâtrale du CLAP, festivals (celui du Film Jeune de Lyon s'y tiendra samedi 22 à 20h45), documentaires et courts-métrages. Sans oublier les projections surprises mensuelles du “Ciné-Mystère“ (l'idée de voir un film choisi pour vous n'est-elle pas excitante ?) ni le non moins fameux ciné-club.

Celui-ci frappe un grand coup en programmant jeudi 20 septembre à 20h45 un chef-d'œuvre incompris (on assume cette position à 200%, plus les taxes), auquel ce genre de séance doit permettre de rendre justice : La Loi de la jungle (2016). Dans la droite lignée de son premier long La Fille du 14 juillet et de la tripotée de courts-métrages qu'il a tournés auparavant, Antonin Peretjatko compose ici une comédie néo-burlesque trépidante à l'hygrométrie saturée et à l'affolante sensualité (à cause de Vimala Pons ou de Vincent Macaigne, au choix), se permettant de surcroît de tourner en dérision les absurdités jacobino-administratives de notre merveilleux État.

Réécriture du récit initiatique sous les oripeaux d'une comédie d'aventures contemporaine, ce geyser de gags accéléré au montage est ponctué d'une musique grand luxe de Thomas de Pourquery et fréquenté par une distribution du même tonneau (Légitimus, Amalric, Laudenbach, Bideau, Tousch… il vous en faut d'autres ??). Faussement incohérent, parfaitement inclassable, La Loi de la jungle devrait être offert à tout acquéreur de hamac.

La Loi de la Jungle
À l'Aquarium Ciné Café le samedi 22 septembre


La loi de la jungle

D'Antonin Peretjatko (Fr, 1h39) avec Vincent Macaigne, Vimala Pons...

D'Antonin Peretjatko (Fr, 1h39) avec Vincent Macaigne, Vimala Pons...

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Marc Châtaigne, stagiaire au Ministère de la Norme, est envoyé en Guyane pour la mise aux normes européennes du chantier GUYANEIGE : première piste de ski indoor d’Amazonie destinée à relancer le tourisme en Guyane. De mésaventure en mésaventure, on lui affuble un coéquipier. Pas de chance c’est une pin-up. Pire : elle a du caractère.


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Antonin Peretjatko : « je suis prêt à remettre le couvert avec Josiane Balasko »

La Pièce rapportée | Une guichetière épouse un fils de famille et éprouve l’hostilité continue de la revêche “Reine Mère” déçu par cette mésalliance. Tel est le point de départ de la nouvelle comédie burlesque du Grenoblois Antonin Peretjatko, en partie tournée à Lyon avec Josiane Balasko. Rencontre…

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Était-ce facile pour vous de composer un personnage aussi détestable que celui de cette “Reine Mère” ?Josiane Balasko: Oh, c’est amusant ! Faire “semblant de”, comme les enfants qui jouent au gendarme, ou au théâtre où l’on gueule sur scène, c’est pas pour de vrai… Entrer dans un personnage qui n’est pas le mien et jouer ce qu’il y a à jouer, c’est ça que j’aime. Mais il faut qu’on ait l’impression que c’est pour de vrai ! Le truc amusant en plus ici, c’est que c’est un personnage de bourgeoise, très riche, avec des bijoux, qu’elle vit dans une maison incroyable. Justement, cette maison, plus qu’un décor, est un élément central du film…Antonin Peretjatko : On l’a trouvée vers Lyon, après une recherche basée autour de l’époque. Et ce n’était pas du tout ce que j’imaginais au départ — à

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Les aquariophiles savent qu’ils doivent, pour garantir la survie de leurs espèces frétillantes favorites, changer l’eau régulièrement et maintenir une oxygénation optimale. C’est un peu pareil pour l’Aquarium Ciné-Café : à l’aube de sa cinquième saison, le spot croix-roussien mêlant vidéo-club aux 10 000 titres et lieu de projection mixte renouvelle un peu son équipe (Émile Belleveaux succède à Damien Vildrac à la programmation) tout en densifiant son offre : la séance du jeudi soir prend le nom de “Regards croisés“ et se thématise chaque semaine en ciné-débat avec des partenaires (Maison de l’Écologie, CinémAsian, Osez le féminisme, etc.). Le fameux Ciné-Mystère mensuel (comme son nom l’indique : vous venez voir un film sans savoir de quoi il s’agit) double la mise en intercalant un film d’animation pour les adultes — pas uniquement du Bakshi ! Et un podcast radio enregistré en direct, des ateliers (pour tous les âges, notamment les plus jeunes pendant les vacances de la Toussaint), et toujours autant de cartes blanches à des festivals amis… Le mois d’octobre qui pointe le bout de

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Aquarium : les avisés du bocal

ECRANS | Petits poissons deviennent grands. Après trois années d’intenses activités, le ciné-café croix-roussien poursuit son développement façon pieuvre : à la fois vidéo-club, (...)

Vincent Raymond | Mardi 10 septembre 2019

Aquarium : les avisés du bocal

Petits poissons deviennent grands. Après trois années d’intenses activités, le ciné-café croix-roussien poursuit son développement façon pieuvre : à la fois vidéo-club, troquet associatif, lieu de projections et d’échanges cinéphiliques, mais aussi ateliers de formation à la pratique de l’image, l’Aquarium constitue désormais l’indispensable pendant alternatif du Saint-Denis, la vénérable salle de quartier du Plateau. Et pour bien lancer sa quatrième saison, la salle repense ses rendez-vous thématiques. Pas de panique : les fondamentaux sont conservés (Ciné-Mystère, soirées impro avec le CLAP, séances jeune public, cycles…) ; il faut compter avec de nouveaux repères. Comme l’anime du dimanche, qui une fois par mois, reprend à l’heure du goûter une œuvre emblématique de la japanimation — premier sur la liste, Your Name de Makoto Shinkai le 22 septembre. Autre bonne idée, le projet de remettre en lumière de futurs classiques injustement passés inaperçus, voire boudés lors de leur sortie : baptisée Films 21, Les Pépites du XXIe siècle, cette section prend un pari sur l’avenir en supprimant la périod

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Kino Lyon : du cinéma pour de vrai (et de faux)

ECRANS | Importé de Montréal, le Kino est un mouvement cinématographique participatif et créatif ayant trouvé du répondant à Lyon. Chaque mois, il attire près d’une centaine de sympathisants à l’Aquarium Ciné-Café… lequel ne compte que 70 places. Mieux vaut ne pas arriver en retard, au risque de rester sur le trottoir…

Vincent Raymond | Mercredi 16 mai 2018

Kino Lyon : du cinéma pour de vrai (et de faux)

Bientôt vingt ans que le Kino a vu le jour à Montréal. Favorisé par l’essor des “petites caméras“, ce mouvement réunissant des techniciens, artistes et créateurs audiovisuels répond au besoin d’expérimenter et obéit à une philosophie collectiviste et optimiste, pouvant se résumant à cette joyeuse maxime : « Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire maintenant ». Tous les mois, les participants se réunissent au cours de soirée “cabaret“, durant lesquelles ils projettent leur œuvres respectives, réalisées avec ou sans contrainte (de durée, de thème). Une “démo“ permanente des talents de toutes et tous, créant une saine dynamique de groupe, et incitant chacune à travailler avec chacun. Lancée en octobre dernier à l’initiative de deux transfuges de Montréal, la cellule lyonnaise a immédiatement connu le succès : « le modèle est mûr », analyse Nayan Ducruet, l’un des animateurs du groupe, qui programme déjà chaque mois une dizaine de courts métrages de moins de 3 minutes. En avril, la thématique Super-héros avait permis de couronner le film

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17e Doc en Courts, un festival qui a la vie longue

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Vincent Raymond | Mardi 12 décembre 2017

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Lors du dernier Festival du Film court, on avait noté la coutumière sous-représentation du genre documentaire dans la compétition européenne — deux films sur quarante-huit —, éclipsé par la fiction. Mais ne jetons pas l’anathème sur la vaillante manifestation villeurbannaise : la majorité des festivals généralistes ont pris l’habitude de programmer les documentaires ainsi que les films expérimentaux ou de création dans des sections parallèles. Pour des raisons très diverses, allant de la lisibilité globale de leur sélection à la crainte de voir un brûlot politique faire scandale en étant primé pour des raisons compassionnelles, militantes, morales — bref, non cinématographiques (Fahrenheit 9/11, vous vous souvenez ?). Voilà pourquoi des festivals comme Doc en Courts, totalement dédié aux films n’obéissant pas à une définition normative du cinéma, existent. Créé au tournant du siècle par des universitaires de Lyon 2,

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Ciné-Mystère à l’Aquarium

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Vincent Raymond | Mardi 5 décembre 2017

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À l’approche de Noël, chacun y va de son petit cadeau. L’Aquarium ne fait pas exception en vous proposant une pépite sortie de son coffre à merveilles lors de sa traditionnelle séance mensuelle. On rappelle le principe : les spectateurs sont priés de venir pour 18h découvrir un film surprise choisi par Marc Artigau (avec la complicité du Petit Bulletin une fois par trimestre). Une petite présentation précède la projection, et une chaleureuse discussion s’ensuit — avouez que c’est plus attrayant que d’aller piétinement parmi les touristes devant les illuminations. Allez, rejoignez sans hésitation ce précieux rendez-vous ! Ciné-Mystère Au Ciné-Aquarium ​le dimanche 10 décembre à 18h

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Aquarium & science-fiction

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Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

Aquarium & science-fiction

Le ciné-café de la Croix-Rousse va profiter du mois de novembre pour explorer des espaces insolites grâce à une sélection d’œuvres de science-fiction mêlant alien sexy (Under the skin le jeudi 9), amnésie sélective (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, jeudi 16), ou grosses cylindrées (Redline, samedi 11). Cette thématique vient bien entendu en complément du reste de la programmation habituelle, qui propose documentaires, courts-métrages, spectacle vivant ou concerts, ainsi que son désormais traditionnel rendez-vous avec un film surprise choisi et présenté par Marc Artigau : le ciné-mystère. Prochaine séance, dimanche 12 novembre à 18h.

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Plan 9 from Outer Space

Ciné-Concert | Nouveauté chez Aquarium : le ciné-concert, assuré par le bien-nommé quatuor Improjection. L’ensemble inaugure la formule avec un monument du cinéma Z, adulé (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 septembre 2017

Plan 9 from Outer Space

Nouveauté chez Aquarium : le ciné-concert, assuré par le bien-nommé quatuor Improjection. L’ensemble inaugure la formule avec un monument du cinéma Z, adulé notamment par Tim Burton, Plan 9 from Outer Space (1959), qui en a fait une des substances lointaines de Mars Attacks mais également de Ed Wood — ce dernier étant le réalisateur de cet improbable nanar de science-fiction. Si vous aimez les décors en carton-pâte qui bougent tous seuls, les comédiens faux comme des billets de 3$ et les scénarios en forme de gruyère, allez-y ! C’est tellement raté que ça en devient irrésistiblement drôle. Alors, avec de la musique en direct… Plan 9 from Outer Space À l’Aquarium Ciné-Café ​le samedi 16 septembre

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Ciné Mystère à l’Aquarium Ciné-café

Ciné Club | « Puisque ces mystères me dépassent, feignons d’en être l’organisateur », écrivait Cocteau. De mystères, il va être ici question en effet — de (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 septembre 2017

Ciné Mystère à l’Aquarium Ciné-café

« Puisque ces mystères me dépassent, feignons d’en être l’organisateur », écrivait Cocteau. De mystères, il va être ici question en effet — de films-mystères, plus précisément, passant sur l’écran de l’Aquarium Ciné-Café. Mais on ne feindra pas de découvrir l’existence de ce nouveau rendez-vous, l’honnêteté poussant l’'auteur de ces lignes à avouer sa contribution saisonnière à l’organisation de ces séances surprises. Histoire d’éclaircir le lecteur en le convertissant à la salle obscure, levons un pan du voile sur le principe de ces soirées mensuelles, en conservant intacte ce qui en garantit la pleine saveur : la confidentialité absolue quant au titre du film projeté. Eh oui : les spectateurs sont conviés à la (re)découverte d’une œuvre sans savoir laquelle. Ils peuvent néanmoins se reposer sur l’éclectisme et la curiosité érudite du programmateur, Marc Artigau — déjà à la manœuvre au mois de juin à l’Aquarium pour un cycle en solo. Chaque film “secret“ bénéficiera en sus de son accompagnement (une présentation apéritive, puis une dis

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Marc Artigau à l’Aquarium

Dépêche | Les cinéphiles lyonnais doivent énormément à Marc Artigau. Programmateur historique des cinémas CNP — leur âme après Robert Gilbert —, intarissable puits de culture (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

Marc Artigau à l’Aquarium

Les cinéphiles lyonnais doivent énormément à Marc Artigau. Programmateur historique des cinémas CNP — leur âme après Robert Gilbert —, intarissable puits de culture à la curiosité sans limite, il a montré les œuvres les plus exigeantes avec la plus absolue des passions. Absent depuis trop longtemps des écrans, ce merveilleux bavard se voit confier une carte blanche chaque jeudi de juin par l’Aquarium Ciné-Café, histoire de partager ses enthousiasmes et ses emportements. À (re)découvrir en sa compagnie le 8 juin La Forteresse cachée d’Akira Kurosawa (1958), précédé d’une présentation et suivi d’une discussion. Suivront Poussières dans le vent de Hou Hsiao-hsien (1986) le 15 et L’Adversaire de Satyajit Ray (1970) le 22 juin. Le rendez-vous mériterait d’être pérennisé… Marc Artigau À l’Aquarium Ciné-Café tous les jeudis jusqu’au 22 juin à 20h45

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David Vann : « Les lois n'ont souvent pas de sens »

Quais du Polar | Révélé par le magistral et outre-sombre Sukkwan Island (Prix Médicis étranger 2010), David Vann revient avec Aquarium, roman apaisé d’une déchirure familiale recousue. Avant de faire escale à Quais du Polar dont il est un des invités de marque, rencontre avec ce géant de la littérature contemporaine.

Vincent Raymond | Mardi 28 mars 2017

David Vann : « Les lois n'ont souvent pas de sens »

Vous venez pour le seconde fois à Quais du Polar. Vous considérez-vous comme un auteur de roman noir ? David Vann : Je suis très heureux de revenir : c’est un grand festival. Bien que je ne considère pas que mes romans s'intègrent dans la “fiction criminelle” aux États-Unis ou au Royaume-Uni, je pense qu'il est possible qu'ils s'inscrivent dans une plus large conception française du roman noir. De la même manière, mes romans ne correspondent pas au nature writing aux États-Unis, alors qu’ils s'inscrivent dans la conception plus large qu’en a Gallmeister, mon éditeur français. Mes romans se concentrent sur le paysage reflétant la vie intérieure des personnages — et cette réflexion est généralement sombre. Je me suis inspiré de cinq suicides et d’un meurtre dans ma famille (ou ma famille élargie), mais aussi de la tragédie Medée. J'écris sur des personnages qui s'aiment, mais se détruisent ; des personnages qui agissent inconsciemment, hors de contrôle, qui brisent des tabous, souvent violemment. Comme je m’intéresse à ces moments où les

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Quiz show à l’Aquarium

ECRANS | La dynamique équipe de l’Aquarium, qui ne laisse pas filer une journée sans proposer un événement, a bien entendu repris sur son calendrier les fameux blind (...)

Vincent Raymond | Mardi 24 janvier 2017

Quiz show à l’Aquarium

La dynamique équipe de l’Aquarium, qui ne laisse pas filer une journée sans proposer un événement, a bien entendu repris sur son calendrier les fameux blind tests concoctés par Entre les mailles. Le principe est des plus ludiques : des questions partant dans mille directions, histoire d’éprouver vos connaissances cinématographiques — de la face cachée jusqu’au côté obscur des anecdotes les moins connues —, dans une ambiance bon enfant, avec en plus des cadeaux pour les plus érudits. Le monde se divise en deux catégories : ceux qui refusent une telle proposition, et ceux qui demain matin se font des gaufres au sucre. Blind Test À L’Aquarium Ciné-Café le samedi 28 janvier à 20h45

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Benedetto Bufalino : "faire du monde une chambre d'enfants"

Fête des Lumières | Il y a les mercenaires de la Fête des Lumières (TILT, Joseph Couturier…) ; et quelques outsiders qui (re)passent par là, cette année. Parmi eux Ez3kiel, Christophe Bauder et surtout Benedetto Bufalino. Celui qui avait transformé une cabine téléphonique en aquarium revient, en cette édition ultra-sécurisée et post black-out des attentats, éclairer un dancefloor grâce à une bétonnière à facettes.

Nadja Pobel | Mardi 6 décembre 2016

Benedetto Bufalino :

Ne jamais réduire un artiste à une œuvre. Tenter d'épaissir le trait. Mais indubitablement, réapparaît la cabine téléphonique / aquarium lorsqu'il est question de Benedetto Bufalino. En 2007, le Lyonnais n'est titulaire que depuis deux ans de son diplôme supérieur d'arts appliqués de la Martinière Terreaux et, après avoir imaginé des interventions sur le territoire du premier arrondissement (mettre des échafaudages pour tutoyer le sommet des arbres, poser des bandes de prairie entre les mini fontaines au sol de la place des Terreaux...), il répond avec son ami concepteur lumière Benoit Deseille à un appel à projet pour la Fête des Lumières, qui ne connaît pas alors l'affluence d'aujourd'hui. Se considérant plus comme un plasticien que comme un designer, aimant « jouer avec le réel, le décaler, le laisser divaguer », il s'empare d'un objet existant – quoique voué à disparaître, la cabine téléphonique, et la détourne de sa fonction en y logeant un aquarium. Cette « évasion urbaine » telle qu'il l'avait nommée sera l’une des a

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Mise à l’eau pour l’Aquarium

ECRANS | Un navire se baptise au champagne, mais un aquarium ? Repris par l’équipe de cinéphiles et de court-métragistes d’Entre les mailles, le vidéoclub Atmosphères va (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Mise à l’eau pour l’Aquarium

Un navire se baptise au champagne, mais un aquarium ? Repris par l’équipe de cinéphiles et de court-métragistes d’Entre les mailles, le vidéoclub Atmosphères va donc enfin rouvrir en version “augmentée” et sous l’enseigne associative L’Aquarium ciné-café. En plus de la préservation de l’activité vidéo-DVD (et des 15 000 titres du catalogue !), des projections type ciné-club, des ateliers vidéo, des rencontres inter-professionnelles, des soirées festives ainsi que la possibilité de siroter (avec modération) une boisson fraîche ou chaude en croquant un en-cas issu d’une agriculture locale et responsable. En attendant, une inauguration d’Aquarium, ça s’arrose : rendez-vous le samedi 29 octobre à 20h, au 10 rue Dumont, dans le 4e.

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Deux jours de cinéma et de moments récréatifs à la Croix-Rousse

Blop Festival | Bouillonnante équipe d’Entre les mailles ! Bien engagée dans sa campagne de financement participatif destinée à soutenir l’ouverture de son premier ciné-café (...)

Vincent Raymond | Mardi 21 juin 2016

Deux jours de cinéma et de moments récréatifs à la Croix-Rousse

Bouillonnante équipe d’Entre les mailles ! Bien engagée dans sa campagne de financement participatif destinée à soutenir l’ouverture de son premier ciné-café alternatif Aquarium (plus des deux tiers des 20 000 euros demandés ont déjà été réunis sur la page www.kisskissbankbank.com/aquarium-cine-cafe, active jusqu’au 7 juillet), l’association n’en néglige pas pour autant les bonnes initiatives. L’événement qu’elle organise deux jours durant place de la Croix-Rousse n’est rien moins qu’un échantillon de l’esprit éclectique appelé à régner dans son futur lieu. Le Blop Festival marie en effet brocante cinéma, des projections de courts-métrages, des ateliers de réalisation, un ciné-concert, un grand quiz (une des marques de fabrique d’Entre les mailles), des concerts (J’accuse, Erwan Pinard, Les Leprechauns, Too Many Monkeys)… bref, une avalanche de moments récréatifs, complétés par un rendez-vou

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"La Loi de la jungle" : et si c'était le succès surprise de l’été ?

Critique | Satire de la bureaucratie obstinée et stérile, film d’aventure burlesque, le second long-métrage d’Antonin Peretjatko est beau comme la rencontre de Jean-Luc Godard (première époque) et de Peter Sellers sur une piste de ski en Guyane.

Vincent Raymond | Mardi 14 juin 2016

Quand elles ne font pas désespérer du genre humain, les règles administratives sont d’inépuisables sources d’inspiration pour un auteur comique. L’absurdité pratique de certaines d’entre elles, combinée à la suffisance de ceux qui les promulguent comme de ceux chargés de les faire respecter, les confit de ridicule, éclaboussant au passage l’ensemble de l’institution les ayant engendrées. Aussi, lorsque Antonin Peretjatko imagine la Métropole décréter d’utilité publique la construction d’une piste de ski artificiel en Guyane, on s’étonne à peine. Pas plus lorsqu’il montre un pays abandonné aux mains des stagiaires au mois d’août. L’abominable norme des neiges On s’étrangle en revanche — de rire — devant la cavalcade de gags assénés, à un tempo d’autant plus soutenu que la vitesse du film, légèrement accélérée, donne aux voix un ton aigrelet décalé. Peretjatko investit tous les styles d’humour (le visuel pur et chorégraphié à la Tati, le burlesque de la catastrophe façon Blake Edwards, le nonsense montypythonesque et l’aventure exotique trépidante dont Philippe de Broca avait le secret) en conservant sa propre “musique”. Tâtonnant dans ses films précédents, i

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Antonin Peretjatko : « Un gag n’est pas une science exacte »

La Loi de la Jungle | Comment faire rire ? Ce casse-tête d’un jour pour les candidats au bac de philo est le lot quotidien d’Antonin Peretjatko, qui reçoit les félicitations du jury grâce à sa dernière copie — pardon, son nouveau film.

Vincent Raymond | Mardi 14 juin 2016

Antonin Peretjatko : « Un gag n’est pas une science exacte »

Est-il facile aujourd’hui de tourner une comédie à la fois burlesque et absurde ? Les cinéastes contemporains semblent timides face à ce style, qui a jadis connu ses heures de gloire… Antonin Peretjatko : C’est effectivement de l’ordre de la timidité ou de l’autocensure. Faire des gags visuels est assez difficile, parce qu’aujourd’hui les scénarios sont financés par des lecteurs. Écrire quelque chose de visuel, c’est aussi délicat que décrire une peinture que vous allez faire ! Cela explique pourquoi il y a autant d’adaptations de BD comiques : les dessins sont déjà là, et l’on peut plus aisément visualiser le potentiel comique du film. Quant aux livres où l’on éclate de rire, il y en a très peu, il faut remonter à Rabelais. La difficulté des gags visuels, c’est qu’ils peuvent avoir un impact sur le scénario et les personnages. Un gag n’est pas une science exacte, on n’est jamais sûr à 100% que cela fonctionne. Et si au tournage ou au montage, on s’aperçoit qu’un effet burlesque situé à un nœud scénaristique très important est raté, on le met à la poubelle. Le problème est qu’il manque alors un étage à la fusée, et il faut retourner une séquence

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Aquarium, la nouvelle gueule d’Atmosphères

Cinéma | Évoquant aux cinéphiles le thème de Saint-Saëns habillant la montée des marches à Cannes, Aquarium sera aussi le nom d’une nouvelle salle de cinéma alternative à la Croix-Rousse. Ouverture le 1er octobre.

Vincent Raymond | Mardi 3 mai 2016

Aquarium, la nouvelle gueule d’Atmosphères

Ceux qui tremblaient pour les destinées d’Atmosphères, le dernier vidéoclub croix-roussien, peuvent se réjouir. Son activité va se poursuivre et prendre un jour nouveau sous l’impulsion d’un fier équipage : les membres de l’association Entre les mailles. Fondé en 2009, ce collectif de cinéastes rhodaniens s’était déjà fait remarquer en autoproduisant plusieurs court-métrages, en proposant des cours d’éducation aux images ; mais aussi en organisant une kyrielle de soirées “hors les murs” (blind tests, Court mais bref) ou en réunissant 500 personnes place Sathonay pour La Belle Journée en septembre dernier. « Des tests in vivo, explique Sébastien Joly, l’un des quatre porteurs du projet. Dès le départ, nous voulions structurer l’association autour d’un lieu de diffusion permanent, adossé à un bar. » « On a appris que Thierry Chatipoglou, le patron d’Atmo', voulait s’arrêter en 2016, poursuit Damien Vildrac. Reprendre son fonds impliquait de devenir en plus un vidéoclub, mais cela rentrait dans notre cahier des charges, comme Vidéodrome à Marseille. » Soutenu par la Mairie du 4e arrondissement et par les a

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La Fille du 14 juillet

ECRANS | Premier long-métrage d’Antonin Peretjatko, cette comédie qui tente de réunir l’esthétique des nanars et le souvenir nostalgique de la Nouvelle Vague sonne comme une impasse pour un cinéma d’auteur français gangrené par l’entre soi. Qui mérite, du coup, qu’on s’y arrête en détail… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 7 juin 2013

La Fille du 14 juillet

En remplacement d’un LOL galvaudé par l’adolescence sans orthographe, le branchouille a pris l’habitude de placer un peu partout des WTF — pour What The Fuck. WTF : un sigle qui semble avoir été importé pour résumer un certain cinoche d’auteur français qui, à la vision répétée de chacun de ses jalons, provoque la même sensation d’incrédulité. Qu’est-ce qui passe par la tête des cinéastes pour accoucher de trucs aussi improbables, dont une partie de la critique s’empare pour en faire des étendards de contemporanéité là où, même de loin, on ne voit pas la queue d’une idée aboutie ? La Fille du 14 juillet pousse même un cran plus avant le concept : c’est un film WTF assumé, le rien à péter devenant une sorte de credo esthétique et un mode de fabrication. Derrière la caméra, Antonin Peretjatko, déjà auteur d’une ribambelle de courts-métrages sélectionnés dans un tas de festivals — mais refusés systématiquement dans beaucoup d’autres, c’est dire si son cas provoquait déjà des réactions épidermiques ; devant, le dénommé Vincent Macaigne, dont l’aura de metteur en scène de théâtre — dont on a pu lire du

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