Aurélie Dupont danse, l'espace d'un instant

Vincent Raymond | Mardi 10 décembre 2019

Photo : © DR


Quand il ne tourne pas de fiction, Cédric Klapisch signe des portraits-documentaires. Après celui consacré à Renaud de la Villenie, il s'intéresse à la danseuse-étoile (et désormais directrice du ballet de l'Opéra National de Paris), Aurélie Dupont — qui avait déjà figuré dans un excellent documentaire de Nils Tavernier, Tout près des étoiles (2001). Pour célébrer les quarante ans de la Maison de la Danse et les trente ans de carrière de la chorégraphe Marie-Agnès Gillot, le réalisateur accompagne cette dernière lors de la projection de son film. On peut espérer un pas de deux.

Aurélie Dupont danse, l'espace d'un instant
Au Comœdia ​le mardi 17 décembre à 20h

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Cédric Klapisch : « on est tous des anonymes »

Deux Moi | Renouant avec deux des comédiens de Ce qui nous lie, Cédric Klapisch revient dans la foule des villes pour parler… de solitude. Un paradoxe qu’il explique volontiers.

Vincent Raymond | Mardi 10 septembre 2019

Cédric Klapisch : « on est tous des anonymes »

D’où venu cette idée de mélanger en un seul film thérapie et drame existentiel ? Cédric Klapisch : Un scénario est toujours un mélange d’idées. Là, il y avait le désir d’une sorte d’hommage à ma mère, psychanalyste à la retraite. Il y a six ou sept ans, redoutait le moment où elle aurait son dernier patient. Je me suis interrogé sur ce qu’était son métier. Dans le même temps, je me demandais si une histoire où deux personnes célibataires ne se rencontrant qu’à la fin d’un film pouvait marcher : comme je ne n’en avais jamais vu, j’ai essayé. C’est intéressant de prendre deux personnages un peu au hasard dans la grande ville et d’essayer d’être précis sur cette idée des “deux moi“ : on va assez loin dans l’intime de chacun, à l’inverse des romantic comedy. Ça décale un peu le sujet puisqu’ici on parle d’avant la rencontre. Il y a beaucoup de réminiscences de Chacun cherche son chat — pas seulement parce qu’un chat fait du lien social et par la présence de Garance Clavel ou Renée Le Calm au générique. Ici aussi, vous vous interrogez sur ce que c’est qu'être dans un quartier aujou

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Cédric Klapish est de retour avec "Deux moi"

Drame | Comment deux trentenaires parisiens confrontés à leur solitude et leurs tourments intérieurs, s’évitent avant de se trouver. Cédric Klapisch signe ici deux films en un ; voilà qui explique qu’il soit un peu trop allongé, pas uniquement à cause des séances de psychanalyse.

Vincent Raymond | Mardi 10 septembre 2019

Cédric Klapish est de retour avec

Ils sont voisins, se côtoient tous les jours mais ne se connaissent pas. Entre leur âge, leurs problèmes de sommeil, de boulot ou leurs difficultés à se projeter, Rémy et Mélanie ont beaucoup en commun et à partager. Mais pour le savoir, encore faudrait-il qu’ils se rencontrent… L’idée de jouer sur la frustration des spectateurs en retardant à l’extrême la rencontre de Rémy et Mélanie s’avère sacrément perverse si l’on y réfléchit, puisqu’elle tient du coitus interruptus entre deux personnages se frôlant à peine — chacun étant protagoniste de son histoire à l’intérieur de ce film jumeau. S’ils paraissent ensemble, ce n’est que virtuellement : dans l’esprit du public et par la grâce du montage. Le réalisateur s’égare un peu dans cette dilatation excessive précédant la délivrance collective : une vingtaine de minutes surnuméraires aurait pu rester sur le chutier. Ou alors il aurait fallu opter pour la mini-série en quatre épisodes et quatre heures. Dans la fourmilière Si l’on fait abstraction de la romance, ou si on la considère comme un prétexte, on retrouve les motifs favoris du cinéma de Klapisch : la chronique

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"Ce qui nous lie" : un bon millésime pour Cédric Klapish

Le Film de la Semaine | D’une vendange à l’autre, une fratrie renoue autour du domaine familial… Métaphore liquide du temps et de la quintessence des souvenirs précieux, le (bon) vin trouve en Cédric Klapisch un admirateur inspiré. Un millésime de qualité, après une série de crus inégaux.

Vincent Raymond | Mardi 13 juin 2017

Dix ans après avoir laissé sa Bourgogne pour courir le monde, Jean s’en revient au domaine viticole familial, alors que son père agonise. Oubliant rancune et rancœur, dépassant les tracas administratifs, il s’emploie avec sa sœur et son frère à réussir le meilleur vin possible. Le travail d’un an, le travail de leur vie… Loin de délaisser la caméra ces mois passés (il a en effet enchaîné pour la télévision la création de la série Dix pour cent et des documentaires consacrés à Renaud Lavillenie), Cédric Klapisch a pourtant pris son temps avant de revenir à la fiction sur grand écran. Une sage décision, au regard de ses dernières réalisations : sa sur-suite facultative et paresseuse à L’Auberge espagnole en mode cash-machine ou son recours systématique au film choral néo-lelouchien, constituaient autant de symptômes d’un essoufflement préoccupant. Au temps en emporte le vin Ce qui nous lie estompe cette inquiétude : respectueux de son sujet — l’apprentissage et la domestication du t

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Cédric Klapisch : « Le drame se fabrique avec la banalité du quotidien »

Entretien | C’est sur les terres du châteauneuf-du-pape, aux Rencontres du Sud d’Avignon, que Cédric Klapisch est venu évoquer en primeur le douzième degré de sa filmographie — lequel, à la différence du vin, peut se déguster sans modération.

Vincent Raymond | Mardi 13 juin 2017

Cédric Klapisch : « Le drame se fabrique avec la banalité du quotidien »

Qu’est-ce qui vous a amené à parler du vin et de la transmission aujourd’hui ? Cédric Klapisch : C’est toujours compliqué de savoir pourquoi l’on fait un film. C’est sûr que le vin m’intéresse, pas seulement parce que je l’aime. Mais parce que c’est un produit qui contient du temps. Je voulais terminer par quelqu’un qui boit un verre de vin contenant tout ce que l’on a vu dans le film, mais j’ai placé ce plan assez tôt. Les personnages boivent le vin de leur grand-père, de leur père… On sent que dans le verre, il y a une personne qui s’est exprimée. Au-delà de ça, le film raconte que le vin est à la fois un savoir-faire que l’on apprend par ses parents, un terroir, tellement de choses qui n’existent dans aucun autre produit. Le vin a quelque chose de mythologique, avec des dieux (Dionysos, Bacchus) très signifiants, qui mélangent la raison et le côté irrationnel. Bref, des choses assez complexes. Étrangement, le vin a été peu exploité sur grand écran… C’est un sujet inépuisable, et il a été pour moi une des raisons de faire ce film : ce produit est associé à l’image de

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Casse-tête chinois

ECRANS | De Cédric Klapisch (Fr, 1h54) avec Romain Duris, Audrey Tautou, Cécile de France…

Christophe Chabert | Vendredi 29 novembre 2013

Casse-tête chinois

Après L’Auberge espagnole et surtout l’affreux Les Poupées russes, il y avait de quoi redouter les retrouvailles entre Cédric Klapisch et son alter ego romanesque Xavier-Romain Duris. Or, Casse-tête chinois se situe plutôt dans la meilleure veine du cinéaste, celle de Peut-être et de Paris, lorsqu’il baisse les armes de la sociologie caustique — que Kyan Khojandi, qui fait un petit coucou dans le film, a customisé dans sa série Bref — pour se concentrer sur la singularité de ses personnages et laisser parler une certaine mélancolie. Il faut dire que ce troisième volet raconte surtout des séparations, des renoncements et des désenchantements, sans pour autant que cela vaille constat générationnel ou métaphore de l’état d’un monde. New York n’est jamais regardé béatement pour son exotisme — ce n’est pas Nous York, donc — mais comme une ville à appréhender dans son multiculturalisme, sa géographie, son prix et ses tracas.  S

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Ma part du gâteau

ECRANS | De Cédric Klapisch (Fr, 1h45) avec Karin Viard, Gilles Lellouche…

Christophe Chabert | Mercredi 9 mars 2011

Ma part du gâteau

D’un côté, un trader irresponsable, mauvais père et vrai goujat (Lellouche, plutôt bien) ; de l’autre, une ouvrière du Nord licenciée de son usine, qui se fait embaucher comme femme à tout faire chez ce même trader (Karin Viard, méritante vu ce qu’on lui demande de faire). De cet argument pioché dans l’actualité, Cédric Klapisch tire une comédie pamphlétaire, ce qui résume assez bien l’impasse dans laquelle il s’engouffre. Imaginez Stéphane Hessel ayant glissé des blagues Carambar dans son "Indignez-vous", et vous aurez une idée de ce qu’est "Ma Part du gâteau". Non seulement la comédie est lourde (Karin Viard avec l’accent russe, Karin Viard parle anglais avec les maîtres du Dow Jones, arf !), mais elle annule toute la colère que le cinéaste voulait exprimer face à son sujet. Lors de l’escapade vénitienne de Lellouche avec la mannequin ou pendant les adieux de Karin Viard à son ancien mari, le film ébauche ce qu’il aurait pu être : un conte amer, sérieux et cruel. Mais non, ce sont les vieux fantasmes sociologiques et les réflexes sarcastiques de Klapisch qui l’emportent, conduisant vers une dernière séquence qui pose un gros problème, soudain appel à l’insurrection lancé par u

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Paris

ECRANS | De Cédric Klapisch (Fr, 2h10) avec Romain Duris, Juliette Binoche, Fabrice Luchini...

Dorotée Aznar | Mercredi 13 février 2008

Paris

Paris surprend de la part d'un Cédric Klapisch revenant de loin, c'est-à-dire des horribles Poupées russes. Dès les premières images, on sent pourtant que quelque chose a changé : à commencer par Romain Duris, qu'on découvre en danseur du Lido atteint d'un mal cardiaque qui risque de lui être fatal.Adieu l'ado attardé, place à l'homme rattrapé par l'angoisse de la mort. La lumière crépusculaire, les cadres soignés, les mouvements de caméra caressants : Klapisch a lui aussi décidé de grandir, et ce vaste film choral où une vingtaine de personnages vit tant bien que mal dans le Paris d'aujourd'hui étonne par l'empathie qui s'en dégage. C'est d'ailleurs comme si Klapisch s'était surpris lui-même : il passe une bonne première partie de film à justifier son concept, à le légitimer dans les dialogues des personnages. Duris qui voit dans les fenêtres parisiennes autant de petites histoires à explorer, Luchini qui disserte sur Paris comme un assemblage d'archaïsme et de modernité, un Sénégalais qu'une bourgeoise en vacances invite par réflexe mondain à l'appeler quand il viendra à Paris... Oui, le film ne s'attache qu'à des petites intrigues et des destin

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