Des images au balcon

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 novembre 2014

Photo : photogramme d’une vidéo d’Anne Sauser-Hall


Depuis la rentrée de septembre, nous traquons dans nos papiers l'étrange et passionnant devenir des images à travers certaines expositions. Images réinterrogées dans leur essence par Céline Duval à Vénissieux, images remixées et stratifiées à travers plusieurs médiums chez Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize à l'URDLA, collages et montages d'images jusqu'à la démence chez Erró au MAC...

Quelques spectacles récents nous ont saisi aussi par l'utilisation singulière des images dans leur mise en scène. C'est Pierrick Sorin, par exemple, qui en juin dernier à l'Opéra montrait la "fabrique artisanale" des images dans sa Flûte enchantée. C'est Philippe Vincent qui, aux Ateliers le mois dernier, fait circuler les spectateurs d'une salle de cinéma à… une salle de théâtre où l'on tourne en direct le film projeté (Rêves Kafka). C'est, enfin, la chorégraphe Michèle Noiret qui, dans Hors champ, parvient parfois à une fascinante confusion entre les corps dansants et les corps filmés... L'image ne cesse d'être un matériau de création autant qu'un terreau d'investigations et d'interrogations théorico-pratiques.

Edouard Manet, considéré comme l'une des figures clefs de la modernité artistique, a donné à l'image et à la représentation bien du fil à retordre, voire à distordre, inversant les rôles du regardeur et du regardé, de la perspective et de la planéité, de la représentation et de la présentation, etc. Son Balcon peint en 1868-1869 fait l'objet, dans le dernier numéro de la revue Hippocampe, de deux textes et d'un portfolio de photogrammes extraits d'une vidéo de Anne Sauser-Hall. Une œuvre de Manet où, selon Nina Léger, «en retournant le tableau sur lui-même, Manet ne révèle pas le mystère de la peinture, il ne dévoile pas ce qu'il y a dessous, il le désigne seulement et le condense dans les yeux noirs de cette femme, dans ce regard qui fait mur tout autant qu'il fait gouffre». Avec Manet, mais aussi avec Jean Epstein, avec Andreï Tarkovski et bien d'autres, la revue Hippocampe explore elle aussi le devenir et les métamorphoses des images.

Jean-Emmanuel Denave

Hippocampe numéro 11
Automne 2014, 135 pages, 14 euros

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Picasso, vamos a la playa

Musée des Beaux-Arts | L’exposition Picasso, baigneuses et baigneurs réunit quelque 150 dessins, sculptures et peintures de Picasso sur ce motif et… de nombreux autres artistes l’ayant influencé (Ingres, Cézanne, Manet, Degas...) ou ayant été influencés par lui (Francis Bacon, Niki de Saint Phalle…). Soit une double et passionnante traversée au fil de l’eau : de la modernité et de l’œuvre profuse de Picasso.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 8 juillet 2020

Picasso, vamos a la playa

« Cela fait des années que je désirais faire une exposition autour de la Femme assise sur la plage de Picasso » s’enthousiasme Sylvie Ramond devant la presse. Un rêve qui se réalise presque idéalement en plein mois de juillet pour la directrice du musée et co-commissaire de Picasso. Baigneuses et baigneurs, avec Émilie Bouvard, ancienne conservatrice du Musée Picasso à Paris. Dans l’exposition, ce tableau de Picasso (voir notre encadré) côtoie deux autres baigneuses, peintes elles-aussi en février 1937, et très rarement réunies ensemble. Cette même année, Picasso s’attellera à la composition de... Guernica. Pour l’heure, en février, le peintre renoue avec son goût pour les baigneuses, dont les premières dataient de 1908, et les plus connues jusqu’alors étaient celles de la série dite des baigneuses de Dinard de 1928. À travers ce motif, comme Sylvie Ramond nous le rappelle, « Picasso voulait rivaliser avec ses maîtres (Ingres, Manet,

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36 chants d’elles : "Haut les filles"

Documentaire | Alors que la scène française contemporaine semble renaître grâce à l’énergie des rockeuses, François Armanet part à la rencontre de quelques-unes de celles qui ont marqué de leurs voix, textes, notes et présence le dernier demi-siècle.

Vincent Raymond | Mardi 2 juillet 2019

36 chants d’elles :

Ce panorama du rock au féminin, à la fois agréable et foutraque par son côté joyeusement a-chronologique, s’avère fatalement frustrant : il manque forcément dans cette évocation les témoignages des disparues dont on aurait aimé entendre le point de vue (et d’écoute), comme France Gall. Et puis on déplore les impasses sur quelques voix importantes, telle que celle de Corine Marienneau (ex Téléphone), trop souvent marginalisée ou de Zazie aux abonnées absentes, quand certaines artistes du moment se retrouvent sur-représentées. Le showbiz ne change pas : infligeant ses purgatoires ici, cajolant ses favoris là… Heureusement, il accorde une place prépondérante à cette figure majeure qu’est Françoise Hardy, dont la carrière et le parcours à nul autre pareil vaudraient bien une dizaine de documentaires. Sa voix posée, et ses mot simples tranchent avec le commentaire spiralé lu par par Élisabeth Quin, tout droit sorti de la plume d’Armanet et Bayon. Haut les Filles Un film de François Armanet (Fr, 1h19) avec Françoise Hardy, Jeanne Added, Jehnny B

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Où l'on reparle de Françoise Dolto

Sciences Humaines | Renaître de ses cendres Disparus les centaines de milliers de lecteurs (enfin, n'allons pas trop vite, d'acheteurs) des livres de Foucault et de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 2 octobre 2018

Où l'on reparle de Françoise Dolto

Renaître de ses cendres Disparus les centaines de milliers de lecteurs (enfin, n'allons pas trop vite, d'acheteurs) des livres de Foucault et de Lacan dans les années 1960 ? Mortes les sciences humaines dont les noms des auteurs n'évoquent rien à personne au cours d'un dîner, ou sur un plateau TV ? Disons que philosophes et universitaires se font peut-être d'autant plus discrets qu'ils se font plus "travailleurs" ! Et des cendres du 20e siècle, l'on peut renaître comme avec la réédition des écrits esthétiques de l'américain W. J. T. Mitchell, ou avec le court essai roboratif et explosif de Pierre-Henri Castel (Le Mal qui vient, Cerf) portant justement sur les cendres, celles-ci très concrètes et à venir, d'un monde humain voué inéluctablement à son autodestruction ! Des femmes psy On vous a déjà parlé ici de l'ouvrage de la psychanalyste lyonnaise Anne Brun sur les origines du processus créateur sorti récemment. D'autres p

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Label des chants

Chanson | C'est avec Côme ce samedi 17 mars à Léo Ferré, puis Klô Pelgag à l'Odéon le lendemain que débute le festival Les Chants de Mars, labellisé chanson française (au sens très (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 mars 2018

Label des chants

C'est avec Côme ce samedi 17 mars à Léo Ferré, puis Klô Pelgag à l'Odéon le lendemain que débute le festival Les Chants de Mars, labellisé chanson française (au sens très large). Une 12e édition premium puisqu'elle accueillera jusqu'au 24 mars figures en pleine bourre (Juliette Armanet, Eddy de Pretto, Tim Dup) et grands anciens (Steve Waring, Anne Sylvestre) au milieu d'une poignée de jeunes espoirs du crû (MPL, Nazca, Thaïs Té, Sarah Mikovski...). Et en guise d'étrange étranger le rock garage catalan et irrésistible de The Limiñanas. On en reparle très vite.

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Plongée dans les carnets de Jean-Guy Coulange

Création radiophonique | « Je rencontre Claire Bouteloup et commence la lecture de Mémoires vives, son recueil d'entretiens et d'analyses sur la marée noire de l'Amoco. Je (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 décembre 2016

Plongée dans les carnets de Jean-Guy Coulange

« Je rencontre Claire Bouteloup et commence la lecture de Mémoires vives, son recueil d'entretiens et d'analyses sur la marée noire de l'Amoco. Je note. La mer comme une tôle ondulée avec une espèce de bruit métallique. On n'entend pas un oiseau. Hululements des rouleaux de pétrole. C'est frappant le silence. Tracteurs, tonnes à lisier, pompes, pelleteuses » écrit Jean-Guy Coulange en 2010, dans l'un de ses carnets sonores et photographiques. Chaque carnet évoque ainsi, dans un style elliptique et sobre, le processus de création d'une œuvre sonore ou, plus rarement, d'un projet photographique. Et le lecteur le suit ainsi de Bretagne en Californie, du Havre en Grèce, au plus près de matières sonores et sensibles qui déboucheront ensuite sur des "essais radiophoniques", des "contes radiophoniques", des portraits, des entretiens, diffusés sur France Culture, la RTBF... Après avoir été compositeur et multi-instrumentiste pour la chanson, le théâtre et le cinéma, Jean-Guy Coulange se consacre, depuis 2008, entièrement à la création sonore et radiophonique.

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Anne Maurel sur les traces de Giacometti

CONNAITRE | Déjà journal bimestriel, revue pluridisciplinaire semestrielle, Hippocampe devient aussi éditeur avec la publication ce mois-ci de Je descends la rue de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 novembre 2016

Anne Maurel sur les traces de Giacometti

Déjà journal bimestriel, revue pluridisciplinaire semestrielle, Hippocampe devient aussi éditeur avec la publication ce mois-ci de Je descends la rue de Siam (carnets sonores et photographiques) du créateur sonore Jean-Guy Coulange, et Avec ce qu'il resterait à dire (sur une figurine d'Alberto Giacometti) de Anne Maurel. Cette dernière se lance dans une sorte de fiction-documentaire sur une minuscule sculpture de Giacometti, représentant une femme aimée. « L'émotion ressentie à la vue de la figurine sous sa vitrine est revenue m'envahir, comme si elle me mettait en cause, moi et le sentiment de l'espace devant moi. Dans la distance me séparant d'un autre corps, il y avait comme un élan interrompu. » dit Anne Maurel, dont l'écriture tente de prolonger cet élan avec des mots. Pour lancer sa nouvelle activité d'éditeur et cet ouvrage, Hippocampe organise une soirée avec Anne Maurel à la galerie Michel Descours le mercredi 30 novembre à 19 heures.

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La Revue des revues

Festival | Pour sa 2e édition, le festival Livraisons réunit une vingtaine de revues (de sciences humaines, littérature, arts...) à travers des débats, des lectures et des spectacles. Gwilherm Perthuis (co-organisateur de l'événement avec Paul Ruellan) nous en confie la teneur.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 mai 2016

La Revue des revues

Qu'est-ce qu'une revue ? On peut la différencier du livre avec ses contenus plus courts ; du mook qui, lui, concerne plutôt les grands reportages et qui est venu pallier certains manques dans la presse ; et du magazine avec, en ce qui concerne la revue, une périodicité moins fréquente, des textes plus approfondis et plus distanciés d'avec l'actualité. Ceci dit, le "médium revue" peut prendre des formes extrêmement variées, de la revue de poésie MUSCLE qui contient deux textes et se présente sous la forme d'une feuille pliée quatre fois, à la toute nouvelle revue Apulée dirigée par Hubert Haddad qui compte quelque 400 pages. La revue se caractérise aussi par un soin particulier apporté à la typographie, à la mise en page, aux liens entre les textes et les images. En ce sens, il n'existe pas vraiment de revue sur Internet, où les contenus ne sont pas travaillés de la même manière. Comment se portent les revues aujourd'hui ? L'association Livraisons est centrée sur les revues de sciences humaines, d'art et de littérature. En ce qui les concerne, en France, il existe environ un millier de revues (en comptant

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Hippocampe explore l'enjeu migratoire

CONNAITRE | La revue lyonnaise qui donne à penser est de retour sur les étals des libraires : pour 2€50, Hippocampe offre tous les deux mois un sommaire touffu. Ce (...)

Sébastien Broquet | Mardi 15 mars 2016

Hippocampe explore l'enjeu migratoire

La revue lyonnaise qui donne à penser est de retour sur les étals des libraires : pour 2€50, Hippocampe offre tous les deux mois un sommaire touffu. Ce n°25 ne déroge pas à la règle : dossier sur l'enjeu migratoire, entretien poussé avec l'écrivain islandais Eiríkur Örn Norddahl (en photo) ou l'historien Patrick Boucheron, critiques d'Histoire de la Littérature d'Olivier Cadiot et d'expositions (Dubuffet, etc). La revue, à la maquette aussi sommaire qu'est dense le contenu, est menée par Gwilherm Perthuis. À dénicher chez Passages, rue de Brest.

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Le Démon d'or vous entraîne au bout de la nuit

MUSIQUES | «L’accès au festival se fait uniquement par la commune de Limonest car la route de la Glande est en sens unique» prévient le site du Démon d'or. (...)

Benjamin Mialot | Mardi 23 juin 2015

Le Démon d'or vous entraîne au bout de la nuit

«L’accès au festival se fait uniquement par la commune de Limonest car la route de la Glande est en sens unique» prévient le site du Démon d'or. Indirectement, le ton est donné : on ne se rend pas là-haut pour se tourner les orteils, surtout que la programmation de l'édition 2015 de cette chasse aux fantômes de l'ennui en milieu bucolique est particulièrement gratinée. Notamment en matière de musiques à danser, via la présence d'une flopée de Lyonnais bien connus de nos services, selectors au goût sûr (Fabylicious, Freakistan, Boulimix...) ou jeunes talents à bon droit (Submarine FM et son post-dubstep aux reflets d'argent, le dompteur de beats Groove Sparkz, le quatuor de trip-hop de chambre Wild Wild Waves), mais aussi et surtout grâce à une carte blanche au collectif Encore au cours de laquelle la techno se déclinera sur tous les tons, du hardcore cybernétique de Manu le Malin à l'ambient molletonnée de Benjamin Damage. C'est toutefois côté hip-hop, qu'on l'aime détendu

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Revue des revues

ARTS | Malgré leur mort clinique annoncée, les revues d’art bougent encore. Mieux, à Lyon, "Initiales" vient de naître à l’Ecole des Beaux-Arts. Et d’autres, guère plus anciennes (Hippocampe, Specimen, Rodéo), nous donnent rendez-vous pour une rencontre avec leurs responsables à la galerie Descours. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 7 février 2013

Revue des revues

Désuet le papier ? Enterrées les revues ? Passée de mode la critique d’art prenant son temps et son souffle ? A Lyon, en l’espace de quelques mois et à contre-courant de toutes les idioties proférées sur le tout numérique, trois revues d’art de qualité ont vu le jour. Et c’est loin d’être l’affaire de "vieux cons" hors de l’époque et ne sachant pas manier une souris… Gwilherm Perthuis, qui n’a pas passé la barre de la trentaine, a fondé il y a quelques années la belle revue semestrielle et pluridisciplinaire Hippocampe (arts, littérature, sciences humaines), dont nous avons déjà fait l’éloge dans ces colonnes et qui sortira ces jours-ci un nouvel opus consacré au Liban. Non content de cela, l’agitateur d’idées a lancé en octobre dernier un mensuel du même nom : quatre grandes pages débordant de textes où l’on peut lire de longues critiques d’expositions, des chroniques de spectacles, de livres ou de disques. Dans un premier édito tonitruant, il écrit : «De plus en plus de médias publient des papiers généraux sur des expositions qui n’ont pas encore ouvert leurs portes et sur lesquelles ils proposent simplement quelques arguments tirés des dossiers de presse. Les mag

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Nuits transfigurées

ARTS | Lectrices, lecteurs, passons la nuit ensemble. Passons-la en revue, avec la sortie du dernier numéro d’Hippocampe, et en exposition, avec «Tout s’éteindra» à la galerie Besson. Une nuit multiple, pas forcément obscure, mais toujours interrogatrice, déstabilisatrice, décentrant le sujet… Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 29 avril 2012

Nuits transfigurées

En 1952, Robert Rauschenberg fait œuvre, scandale et date en effaçant un dessin de Willem De Kooning. En 2012, le jeune artiste parisien Nicolas Aeillo révèle, à travers une vidéo constituée de 127 photographies, le fantôme de ce dessin : un buste, quelques surfaces sombres, des traits dispersés… S’il fallait encore le rappeler, la création contemporaine consciente d’elle-même est «condamnée» au fragment, aux souvenirs fêlés, aux représentations inachevées, au montage d’images et de récits épars. C’est sur ce principe de montage sans unité, cher à Walter Benjamin, que se compose, au fil du temps, la revue Hippocampe dont le 7e et magnifique numéro est consacré à «la nuit». «Évitant de s’en tenir à des propositions illustratives, trop évidentes, nous avons cherché au contraire à réunir des contributions susceptibles de démontrer la complexité de cet espace/temps particulier : la Nuit», écrit Gwilherm Perthuis, responsable de la revue. Gwilerm Perthuis est aussi le commissaire de l’exposition collective Tout s’éteindra qui accompagne la sortie de ce numéro. «Le fil conducteur que nous avons tenté de suivre, sans

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Vent du sud

ARTS | Arts visuels, philosophie, littérature... Sous la houlette de Gwilerm Perthuis et dans le sillage de l'idée de montage chère à Walter Benjamin, la revue (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 février 2012

Vent du sud

Arts visuels, philosophie, littérature... Sous la houlette de Gwilerm Perthuis et dans le sillage de l'idée de montage chère à Walter Benjamin, la revue Hippocampe brasse large. Embrasse beaucoup, bien étreint. Ses numéros proposent alternativement une thématique générale et une thématique géographique. Le sixième consacré à la Catalogne n'avait, a priori, rien de très excitant. Mais comme ce fut déjà le cas pour la Nouvelle-Zélande, la revue aux tonalités catalanes nous surprend encore par la diversité des angles de vue, l'originalité et la qualité de la plupart des articles. On y croise George Orwell à l'engagement relu par Roger Dadoun, le photographe irrévérencieux Joan Fontcuberta, un portrait littéraire de Salvador Dali par Josep Pla, un texte inédit de l'écrivain espagnol Enrique Vila-Matas... Et aussi une passionnante interview, longue et fouillée, de l'artiste Jordi Colomer dont on avait pu découvrir le travail dans une superbe exposition monographique à l'Institut d'Art Contemporain. En m

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Sous le signe d'Hippocampe

CONNAITRE | Revue / Un phallus blanc pénétrant une femme à tête d'épinards dont le cœur fait «ah !». Telle est la couverture plutôt osée du nouveau numéro de la revue (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 27 mai 2010

Sous le signe d'Hippocampe

Revue / Un phallus blanc pénétrant une femme à tête d'épinards dont le cœur fait «ah !». Telle est la couverture plutôt osée du nouveau numéro de la revue "Hippocampe", consacré au thème de la signature. Il s'agit en l'occurrence d'un cadavre exquis de 1929 signé par André Breton et quelques autres. Mais ce qui est osé surtout avec "Hippocampe", c'est de se lancer dans l'aventure d'une revue dense, «sérieuse», ne répondant à aucune sirène de la mode, et touchant à toutes les disciplines (arts, littérature, philosophie, sciences humaines). L'initiative en revient à Gwilherm Perthuis, jeune doctorant lyonnais en histoire de l'art. La revue a fait des débuts balbutiants sous forme de fascicules, avant de se lancer dans une nouvelle série de numéros plus étoffés. Ce troisième opus est une véritable réussite, avec une pagination augmentée, une maquette remaniée, et des textes et une iconographie souvent passionnants. À partir de l'idée de montage chère à Walter Benjamin, "Hippocampe" se compose d'images et d'écrits aux contenus très divers : une interview de Jacques Aubert qui a dirigé la dernière traduction d'"Ulysse" de Joyce et qui travailla avec Lacan, une courte nouvelle de l'espag

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