L'ombilic du dessin au Musée d'art moderne et contemporain

ARTS | Le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne propose simultanément cinq nouvelles expositions, toutes passionnantes. La plus troublante d'entre elles, "Intrigantes incertitudes", est consacrée à l’inquiétante étrangeté du dessin contemporain.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 mars 2016

Photo : © DR


Chez les grands artistes classiques, le dessin servait surtout d'esquisse, d'étape intermédiaire de travail... À posteriori, nous sommes déjà touchés par la fragilité des traits et des figures, par le désir naissant et hésitant de l'œuvre à venir. Cette fragilité propre au dessin, les artistes contemporains s'en saisissent souvent pour représenter une incertitude non plus de forme, mais de fond.

L'incertitude du médium rejoint l'incertitude même des choses, leur inquiétante étrangeté, notre difficulté à les appréhender de manière claire et distincte. « Même si le dessin est mimétique, comme on dit, écrivait Jacques Derrida, reproductif, figuratif, représentatif, même si le modèle est présentement en face de l'artiste, il faut que le trait procède dans la nuit. Il échappe au champ de la vue. »

Lorand Hegyi, directeur du MAMC, a rassemblé une quarantaine d'artistes internationaux pour son exposition consacrée au dessin : « Intrigantes Incertitudes, écrit le commissaire, explore la question du doute et de l'incertain. Le visiteur est invité à parcourir les "royaumes intérieurs" des artistes, peuplés de questions, de fantômes et de rêves, en empruntant le chemin le plus intime et le plus spontané des moyens d'expression artistique : le dessin. »

Dessins intranquilles

L'accrochage de l'exposition s'ouvre à nous, à travers plusieurs salles, comme autant de pages d'un grand Livre de l'intranquillité (titre du maître ouvrage du poète Pessoa) à tourner et à parcourir. Quelques thématiques structurent, en sourdine, l'exposition : le paysage fantastique, l'architecture imaginaire, les métamorphoses du corps, les troubles de l'identité et de la représentation du visage. On y retrouve certains grands noms de l'histoire de l'art récent : Erik Dietman, Jim Dine, Jan Fabre, Dennis Oppenheim, Kiki Smith ou encore les Actionnistes viennois Günter Brus et Hermann Nitsch...

Mais les plus belles découvertes proviennent d'artistes moins connus comme le danois Peter Martensensen et ses personnages un peu vieillots qui semblent autant de doubles les uns des autres. La jeune parisienne Maud Maris qui revisite le thème de la ruine en estompant ses volumes et en transférant, avec douceur, la stabilité des choses minérales vers une instabilité proprement ontologique. La bulgare Oda Jaune qui, dans un univers post-Bacon, fait fondre les chairs et les organes pour inventer de nouveaux corps stupéfiants...
Chez tous ces artistes, le doute est à la hauteur de leur capacité d'invention libre de formes, de rapports au monde, d'identités insoupçonnées. JED

Intrigantes incertitudes
Au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne ​jusqu'au 5 juin 2016

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Le moi et son double

Danse | Débuté la semaine passée, le festival Moi de la Danse se poursuit aux Subsistances avec les spectacles de Thomas Hauert et de Jan Fabre, puis avec le nouveau solo prometteur de Mark Tompkins, Stayin Alive.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 janvier 2019

Le moi et son double

Chorégraphes reconnus, le Flamand Jan Fabre et l'Américain Mark Tompkins (qui vit en France) partagent sans doute peu de choses artistiquement, si ce n'est un certain goût pour la théâtralité et la transgression des codes esthétiques. Ils présenteront tous deux un solo sous forme de dialogue entre un "moi" et son double. Attends, attends, attends... de Jan Fabre suit notamment le fil d'un échange imaginaire entre un fils et son père, dans une traversée des générations, de temporalités différentes et... de la mort. De la mort et du vieillissement, il sera question aussi dans Stayin Alive de Mark Tompkins, dialogue métaphysique et ironique avec lui-même. Rester vivant, rester debout Découvert aux Subsistances il y a plusieurs années avec Animal ou Song and dance, Mark Tompkins est un chorégraphe atypique, inclassable, travaillant aux confins des musiques disco et pop (dont il compose certains morceaux lui-même), de la danse-contact de Steve Pa

Continuer à lire

Minuscules majuscules au Musée des Confluences

Cabinet de Curiosités | On les mange, on les adule ou on les redoute : les coléoptères sont aussi peu visibles qu'omniprésents sur terre. Le Musée des Confluences leur consacre une petite et passionnante exposition transdiciplinaire.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 14 janvier 2019

Minuscules majuscules au Musée des Confluences

La nouvelle exposition du Musée des Confluences, Coléoptères, insectes extraordinaires, s'inscrit au cœur même de la politique générale du musée : entrecroiser les sciences dures, les sciences humaines (l'ethnologie notamment), et les arts, autour d'un même "objet". Ici, l'objet en question est un insecte qui dispose d'une paire d'élytres (ailes dures recouvrant les ailes membraneuses qui lui servent à voler), dont on date l'apparition à moins de 250 millions d'années, et dont on recense, de manière non exhaustive, sur tous les continents (hormis l'Antarctique), quelque 387 000 espèces ! Les plus connus des coléoptères se nomment couramment coccinelle, doryphore, scarabée, luciole, hanneton... Le plus petit passe par le chas d'une aiguille et le plus imposant a l'envergure d'une main. Mille fois son poids Modeste dans ses dimensions (il s'agit d'une exposition de poche sur 175 m²), l'exposition se décline en quatre temps : des capacités étonnantes de certains coléoptères jusqu'à une terrible et magnifique vanité de l'artiste flamand Jan Fabre (un crâne recouvert d'élytres "m

Continuer à lire

Les modernes et les contemporains

Panorama Danse | Deux festivals et quelques grandes figures de la danse contemporaine (Cunningham, Trisha Brown, Jiří Kylián, Hofesh Shechter) donneront le tempo d'un premier semestre chorégraphique alléchant.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 janvier 2019

Les modernes et les contemporains

Deux festivals... Depuis quatre ans, deux festivals de danse structurent les débuts d'année chorégraphique à Lyon. Le Moi de la Danse aux Subsistances (du 23 janvier au 10 février) invite plusieurs artistes à explorer et à rouvrir la notion d'identité à travers leurs spectacles. Pour cette quatrième édition, nous aurons la joie de retrouver Mark Tompkins avec son solo intimiste auto-fictionnel sur des tubes disco et pop, Stayin Alive ; Jan Fabre chorégraphiant le dialogue imaginaire d'un fils et de son père dans Attends, attends, attends... (pour mon père) ; et le fabuleux (fabuleux pour ses recherches de mouvements des plus singuliers et décalés, expérimentateur en diable) chorégraphe suisse Thomas Hauert qui fêtera les vingt ans de sa compagnie ZOO avec How to proceed, une pièce pour huit danseurs. À la Maison de la Danse, le festival Sens Dessus Dessous (du 4 mars au 9 avril) sondera les nouvelles tendances chorégraphiques (le gr

Continuer à lire

Dominique Hervieu : « mon cheval de bataille, c'est la création »

Biennale de la Danse | Directrice de la Maison de la Danse et de la Biennale de Lyon depuis 2011, Dominique Hervieu nous livre sa conception de la danse, de la programmation d'une Biennale, des relations entre les corps et les nouvelles technologies... Et quelques confidences plus personnelles.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 12 septembre 2018

Dominique Hervieu : « mon cheval de bataille, c'est la création »

En tant que spectatrice, quel a été votre premier grand choc chorégraphique ? Dominique Hervieu : C'était la série de performances de Jan Fabre créée dans les années 1980, C'était du théâtre comme c'était à prévoir, présentée au Petit Théâtre de Bastille à Paris. Plus qu'un choc, ce fut même une révolution, pour moi danseuse classique à l'époque. Cette pièce m'a ouverte à la création contemporaine, et j'y ai été sensible aux glissements entre danse et théâtre, danse et arts plastiques. Il y avait dans cette œuvre de Jan Fabre une grande sensibilité, un engagement parfois au bord de l'hystérie, un mélange si singulier entre hyper sobriété et hyper théâtralité. Et le dernier en date ? Il y en a deux. D'abord un solo de Oona Doherty (Lazarus & the Birds of Paradise) où la jeune chorégraphe parvient à nouer ensemble les questions du sens, du corps et du mouvement. Il n'y a pas chez elle de messag

Continuer à lire

Quatre expos ouvertes en août

Regarder | Tout n'est pas fermé en août : voici quatre expos à voir avant la rentrée.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 8 août 2018

Quatre expos ouvertes en août

L'inclassable Impossible de définir ou de classer Erik Dietman (1937-2002), artiste aussi nomade géographiquement qu'esthétiquement. Dietman a eu des amitiés avec des artistes de Fluxus et du nouveau réalisme, des admirations pour Marcel Duchamp ou Kurt Schwitters, mais il est resté libre et farouche, de ses premières peintures réalisées les yeux bandées à ses dernières sculptures ou installations. Le musée revient sur cet électron libre à travers une cinquantaine d'œuvres. Au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 17 septembre La contemporaine Le Bleu du Ciel réunit rien moins que dix-sept artistes dont les images (photographies et vidéos principalement) interrogent les normes, les conflits et les points de fuite du monde contemporain. Parmi eux : Bertrand Stofleth, Julien Guinand, Guillaume Robert, Aurélie Pétrel, Karim Kal.... Au Bleu du Ciel jusqu'au 1er septembre

Continuer à lire

Jan Fabre, performeur

Villa Gillet | Chorégraphe, plasticien, performeur, metteur en scène, Jan Fabre (né à Anvers en 1958) n'a jamais confondu ces différents médiums mais tenté de pousser chacun (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 novembre 2016

Jan Fabre, performeur

Chorégraphe, plasticien, performeur, metteur en scène, Jan Fabre (né à Anvers en 1958) n'a jamais confondu ces différents médiums mais tenté de pousser chacun jusqu'à ses ultimes limites. À Lyon, on a pu découvrir ces dernières années des dessins composés de son sperme ou de son sang, des danseuses évoluant en solos sur de l'huile d'olive ou dans un cercueil... Mais c'est surtout la performance qui, tout au long de sa carrière, a été un terrain majeur d'expérimentations et de provocations pour l'artiste. Et ce dès sa sortie de l'Académie Royale des Beaux Arts d'Anvers à la fin des années 1970 : il s'enferme alors dans une pièce pour la recouvrir entièrement de stylos Bic, peint le drapeau belge sur des coquilles d'escargots dans la vitrine d'un commerce, transforme des billets de banque en avions avant de les brûler... « Quand l'envie est là, confie-t-il dans un entretien à Germano Celant en 2013, quand cette envie de m'interroger d'une manière extrême grandit parfois d

Continuer à lire

Jan Fabre en piste

ARTS | L'artiste belge Jan Fabre fait de la danse, des vidéos, des performances, du théâtre, il dessine aussi avec son sang ou avec son sperme... Il ne lui (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 septembre 2016

Jan Fabre en piste

L'artiste belge Jan Fabre fait de la danse, des vidéos, des performances, du théâtre, il dessine aussi avec son sang ou avec son sperme... Il ne lui restait plus qu'à se mettre au sport, au vélo en l'occurrence, pour essayer par exemple de ne pas battre le record du monde de l'heure (celui en tout cas de Merckx établi à Mexico en 1972). L'événement saugrenu aura lieu ce jeudi 29 septembre à 18h au Vélodrome du Parc de la Tête d'Or, en présence d'Eddy Merckx, de Raymond Poulidor et de Daniel Mangeas...

Continuer à lire

Expositions : ce qui vous attend

De Kandinsky à Matisse | Jan Fabre, Henri Matisse, Vassily Kandinsky : tels seront les ténors de la saison artistique qui s'ouvre cet automne... Avec, en contrepoint, et pour faire crisser un peu les yeux et leur offrir des cheminements plastiques plus aventureux, quelques énergumènes singuliers : Félicien Rops en tête, ou encore Jason Dodge et Jean-Luc Parant.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Expositions : ce qui vous attend

Au Mac, la diversité Si le chorégraphe, performeur et plasticien belge Jan Fabre fera figure au Musée d'art contemporain de tête d'affiche avec une rétrospective centrée sur ses performances, deux autres événements lui feront "concurrence", voire de l'ombre : Wall drawings, une exposition internationale consacrée au street art, et Le bonheur de deviner peu à peu dévoilant des œuvres (signées Orlan, Ilya Kabakov, Cai Guo-Qiang...) qui, justement, ont pour caractéristique de ne se dévoiler au visiteur que "peu à peu", gardant une part de mystère... Dans le cadre de ce dernier événement, l'artiste-poète Jean-Luc Parant poursuivra son fascinant "work in progress" Éboulement, entassant dans le musée ses boules de différents formats, avec pour but final d'envahir totalement le MAC ! À partir du 10 mars, le musée enchaînera avec une exposition sur le groupe lyonnais Frigo et une autre sur la scène artistique de Los Angeles. Jan Fabre + Wall drawings + Le bonh

Continuer à lire

Une Biennale sous perfs

SCENES | La seizième Biennale de la danse, toujours aussi prolifique et hétéroclite, se place cette année sous le signe de la performance et de ses avatars contemporains. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 juin 2014

Une Biennale sous perfs

Pour sa deuxième Biennale, Dominique Hervieu enfonce le clou de ses convictions et de sa sensibilité. Si sa programmation, comme celle de son prédécesseur Guy Darmet, s'ouvre à tous les styles de danse contemporaine (du hip hop avec l'incontournable Mourad Merzouki au néoclassique en passant par le flamenco avec Rocío Molina et quelques chorégraphes inclassables), elle s'enrichit d'un nombre de créations plus important (comme cette Carmen selon Dada Masilo) et, surtout, se teinte de deux ensembles thématiques : le cirque contemporain et la performance. Si le premier, notamment représenté par James Thierée et la Compagnie XY, est aujourd'hui une quasi porte enfoncée, la réflexion annoncée sur l'actualité de la seconde promet d'être beaucoup plus stimulante ! Le fil rouge tissé par Dominique Hervieu

Continuer à lire

Images à vendre

SCENES | La Biennale de la danse démarre lentement voire laborieusement avec deux spectacles surfaits : du butô frelaté signé Sankaï Juku, et un solo de Jan Fabre en manque d’inspiration… Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 15 septembre 2012

Images à vendre

La première semaine de Biennale a été marquée du sceau du rituel… Rituels butô, rituels traditionnels balinais (pas vus), rituel funéraire à la sauce Jan Fabre… Comme nous le redoutions, le choc Sankai Juku (célèbre compagnie butô japonaise) a bien eu lieu à l’Opéra et sonnait aussi creux sur scène qu’un supplément d’âme frelaté pour public occidental crédule. Dans des décors et des lumières certes superbes, la création Umusuna nous proposait rien moins que de remonter aux origines mystérieuses de la vie. Avec Sankai Juku, même les larves (des danseurs poudrés de blanc se tortillant au sol sur une sorte de musique new-age bidon, tendance Ushuaïa) sont jolies et fréquentables ! Tournicoti tournicoto, gesticulations vers le ciel par ci par là, cris étouffés à la Munch accompagnés parfois de claquements de mâchoires pour mieux gober d’invisibles mouches, les rituels de pacotille d’Ushio Amagatsu sont de jolies images à vendre (et bien vendues du reste) sans qu’il n’en émane la moindre émotion ni le moindre trouble. Jan Fabre sans caféine Le Flamand Jan Fabre présentait quant à lui sa dernière conquête féminine (la danseuse Annabelle Chamb

Continuer à lire

Une Biennale de la danse 2012 très ouverte

SCENES | 15e Biennale de la danse et première biennale sans Guy Darmet, son fondateur, mais sous la houlette de Dominique Hervieu. Pour son premier opus très attendu, la chorégraphe a mis l'accent sur la création (une vingtaine environ) et poursuit par ailleurs l'esprit d'ouverture défini par son prédécesseur. Jean-Emmanuel Denave

Christophe Chabert | Mardi 10 avril 2012

Une Biennale de la danse 2012 très ouverte

En septembre, sur une période plus resserrée, la 15e Biennale de la danse proposera un panel large de «toutes» les danses : du hip-hop de la Cie Käfig ou de Mortal Combat au néoclassicisme de Jiri Kylian (reprise de One of a kind par le Ballet de l'Opéra), en passant par le buto japonais (Ushio Amagatsu de la célèbre Cie Sankai Juku créera une nouvelle pièce à l'Opéra), les danses balinaises de la Troupe des artistes de Sebatu s'inspirant d'Antonin Artaud, les chorégraphies très plasticiennes de Rachid Ouramdane, la danse engagée et survitaminée de la sud-africaine Robyn Orlin, le flamenco puissant et radical du génial Israel Galvan, un spectacle du Ballet Preljocaj s'inspirant d'un écrit de Laurent Mauvignier, un solo concocté par le sulfureux Jan Fabre ou l'imagerie baroque de Philippe Decouflé... Comme à l'accoutumée et pour

Continuer à lire

Podcast / Entretien avec Jan Fabre

ARTS | Le Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne expose l’artiste Jan Fabre pour une rétrospective intitulée ‘les années de l’heure bleue’

Dorotée Aznar | Mercredi 14 mars 2012

Podcast / Entretien avec Jan Fabre

Date de première diffusion:  13 Mars 2012Emission n°101 Durée: 31’32 minInvité: Jan Fabre, artiste; Pauline Faure, responsable service exposition MAMSEContenu: Le Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne expose l’artiste Jan Fabre pour une rétrospective intitulée ‘les années de l’heure bleue’ jusqu’au 28 Mai 2012. Cette exposition propose une importante collection de pièces produites entre 77 et 92, mais aussi une nouvelle proposition pour l’entrée du musée, toutes réalisées avec des stylos BIC bleus inlassablement épuisés sur leur support plan ou sculptural. Jan Fabre a accepté de répondre à quelques questions. Chroniques: Gwilherm Perthuis se penche sur les revues de dessin, Solenne Livolsi s’attache au système des artothèques à travers la nouvelle exposition du centre photographique de Lectoure ‘L’espace de l’autre’. Liens utiles :  Vidéo amateur d’une des oeuvres les plus monumentales de l’artiste Jan Fabre lors de la Bienn

Continuer à lire

Deux insoumis

ARTS | Expo / Erik Dietman et Pierre Bettencourt (respectivement exposées à la galerie Martinez et à la librairie Le Bal des ardents) sont deux grands bonhommes de l’art qui ont préféré les chemins de traverse aux autoroutes du bon goût. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 février 2009

Deux insoumis

Petites sculptures en bronze difformes, expérimentations au polaroïd, hommages saugrenus à l’abstraction, estampes et dessins de monstres ou d’individus bizarres côtoyant aussi bien Eros que Thanatos… La Galerie José Martinez expose un patchwork hétéroclite d’œuvres d’Erik Dietman (1937-2002), artiste inclassable d’origine suédoise qui s’installa en France pour échapper au service militaire. On dit aussi qu’il fut renvoyé du lycée pour avoir uriné sur le drapeau suédois. Bref, le gaillard est un rebelle épris de liberté qui, s’il fut proche du mouvement Fluxus et des Nouveaux Réalistes, ne s’enrôla jamais dans un groupe. «Deux c’est déjà une armée» déclarait-il à l’envi. Gastronome rabelaisien, créateur prolifique, Erik Dietman a usé de tous les médiums plastiques pour mieux briser les académismes. On retrouve à la Galerie Martinez son goût pour les titres-jeux de mots, son obsession du corps capable de toutes les métamorphoses et hanté par la décrépitude. Certains de ses dessins font penser à ceux de Michaux, montrant davantage le passage de la vie ou d’une forme à une autre, plutôt qu’un état figé des choses, une individualité, une identité. Des œuvres dérangeantes, drôles, forte

Continuer à lire