Cinq expositions à voir dans les galeries ces prochains mois

Bons Plans | Voici cinq petites expositions en galeries qu'il vous faut cocher sur votre agenda.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

Photo : © DR


S'inspirer de Pessoa

Je ne crois pas au paysage rassemble trois artistes à la galerie Descours. Le titre est du poète Fernando Pessoa, extrait du Livre de l'intranquillité. Une intranquillité qui sied si bien avec le travail de chacun des artistes : l'évanescence et l'incertitude ontologique des peintures de Marc Desgrandchamps, les topologies imaginaires et les géométries alternatives de Frédéric Khodja, les formes végétales incertaines entre douceur et angoisse de Mélanie Delattre-Vogt...

Je ne crois pas au paysage
À la galerie Michel Descours jusqu'au 31 octobre


Voir enfin l'URDLA

La nouvelle exposition de l'URDLA a un double intérêt : nous faire redécouvrir ce lieu atypique et nous faire découvrir un artiste méconnu, Mark Geffriaud. Le plasticien (performeur, vidéaste, sculpteur...) s'approprie les espaces du centre international de l'estampe et ses impressionnantes presses ou autres objets. Il invite le spectateur à un parcours entre fiction et réalité, objets réels et artefacts artistiques...

Mark Geffriaud
À l'URDLA ​jusqu'au 30 octobre


Réunir les galeries

Ni foire ni exposition collective, le Rendez-vous des galeries est un nouvel événement singulier organisé par le Loft 4.40, au cœur du Vieux Lyon. Onze galeries de la région (Pome Turbil, Vrais Rêves, Ories, Kashagan....) y présenteront certains de leurs artistes. Le tout sous l'œil d'une jeune commissaire d'exposition, Bénédicte Maselli. Parmi la vingtaine d'artistes retenus, on notera la présence de Ludovic Paquelier, Maxime Lamarche, Bénédicte Reverchon, Alice Dourenn...

Rendez-vous des galeries
Au Loft 4.40 jusqu'au 5 octobre


Explorer les zones frontières

Existe-t-il un lien entre les paysages d'Auvergne et ceux de zones de conflits au Moyen Orient ? Oui, et il se nomme Anne-Marie Filaire, photographe née en 1961 à Chamalières. Anne-Marie Filaire s'intéresse aux zones frontières, aux limites entre deux espaces, au paysage en général, que ce soit dans son Auvergne natale ou dans des lieux beaucoup plus turbulents au Yémen, à Jérusalem, au Liban...

Anne-Marie Filaire
À la galerie Regard Sud ​du 19 septembre au 31 octobre


Dialoguer avec Rodin

La galerie 1111 est un petit lieu que nous apprécions beaucoup et qui propose des cartes blanches à des artistes, consistant à dialoguer avec une ou plusieurs œuvres classiques. On sera ainsi heureux de retrouver la photographe fantasque et un brin surréaliste Delphine Balley en dialogue avec une œuvre d'Auguste Rodin.

Delphine Balley et Rodin
Au 1111 ​du 16 novembre au 15 décembre


Mark Geffriaud

Raúl D.
URDLA 207 rue Francis de Pressensé Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Anne-Marie Filaire

Paysages d'Auvergne et fragments d'Orient. Photographie
Galerie Regard Sud 1-3 rue des Pierres Plantées Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Delphine Balley + Carole Benzaken + Claire Chevrier + Hilary Dymond...

Elles, question de genre ?
Musée Paul-Dini 2 place Faubert Villefranche-sur-Saône
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Cinq expos à voir cet été à Lyon

Bons Plans | Picasso en tête, les musées et les galeries proposent cet été nombre de belles expositions. Nous en avons sélectionné cinq, mais la liste est loin d'être exhaustive !

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 15 juillet 2020

Cinq expos à voir cet été à Lyon

De la nature, au Musée Dini Piochant dans ses collections modernes et contemporaines, le Musée Dini présente une exposition autour du thème, tout simple et vaste, de la nature : avec des plages fantomatiques signées Marc Desgrandchamps, une nature morte de Antoine Vollon, des paysages recomposés par Jérémy Liron… Et d’autres œuvres de Auguste Morisot, Jacques Truphémus, Marie-Anita Gaube…. Au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu’au dimanche 20 septembre Picasso, l'expo événément Se confrontant à ses maîtres (Ingres, Manet, Cézanne...), Picasso a peint, dessiné, sculpté de très nombreuses scènes de baignade. À travers ce thème estival et revivifiant, l'exposition du Musée des Beaux-Arts parcourt toutes les grandes étapes de la carrière de l'artiste : cubisme, néo-classicisme, surréalisme, primitivis

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La famille nombreuse de Delphine Balley

Photographie | La photographe Delphine Balley présente au 1111 deux images inédites en dialogue avec des œuvres de Rodin, et ajoute quelques pages à son Album de famille...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 décembre 2019

La famille nombreuse de Delphine Balley

Ne pas céder sur son désir, creuser un même sillon, s'entêter, poursuivre... C'est sans doute à cela qu'on reconnaît un artiste, une œuvre. Depuis ses premières expositions à la galerie Le Réverbère jusqu'à aujourd'hui, force est de constater l'opiniâtreté thématique créative de Delphine Balley (née en 1974 à Romans dans la Drôme). Son point de départ est pourtant très simple voire un peu casse-gueule : l'Album de famille qui débute en 2002 et où l'artiste met en scène sa propre famille, interrogeant à travers des images très picturales sa mémoire familiale. Une mémoire qui a priori ne nous intéresse guère, voire qui pourrait s'écraser contre le mur du nombrilisme narcissique de nombre d'artistes et d'écrivains français ! Mais Delphine Balley injecte tant de fantasmagories, d'humour, d'aspects incongrus et d'étrangeté dans ses images qu'elle tord le cou à Narcisse et fait écho à beaucoup d'autres dimensions... Famille brisée dans un grand éclat de rire

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Les cinq expos à voir en décembre

Bons Plans | Les incontournables du mois, de l'événement autour du drapé au Musée des Beaux-Arts à une expo plus confidentielle à l'Estancot : sélection.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 décembre 2019

Les cinq expos à voir en décembre

Delphine Balley et Rodin Mi-réaliste mi-surréaliste, la photographe Delphine Balley a mis en scène sa propre famille, des scènes de crimes glanées dans les faits divers de journaux, et bien d'autres situations encore... Pour sa carte blanche au 1111, l'artiste présente deux photographies inédites en dialogue avec une petite sculpture de Rodin. Deux photographies qui font partie d'un nouveau volet de son Album de famille. Au 1111 jusqu'au 15 décembre Arte Povera Mouvement aussi hétérogène que mythique, l'Arte Povera ("art pauvre") a marqué les années 1960 et 1970 en Italie et au-delà. Le Musée de Saint-Étienne présente une rétrospective de l'Arte Povera réunissant une centaine d’œuvres en insistant sur la dimension performative du mouvement. Oeuvres signées Mario Merz, Luciano Fabro, Giovanni Anselmo... Au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienn

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Dame nature est morte à la Galerie Michel Descours

Peinture | « Je ne crois pas aux paysages. Parfaitement. » écrit, en refusant de se justifier, le poète Fernando Pessoa. Sans se justifier beaucoup plus, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 octobre 2019

Dame nature est morte à la Galerie Michel Descours

« Je ne crois pas aux paysages. Parfaitement. » écrit, en refusant de se justifier, le poète Fernando Pessoa. Sans se justifier beaucoup plus, la Galerie Michel Descours a invité trois artistes contemporains sous l'égide de cet athéisme paysager. C'est curieux pour Marc Desgrandchamps qui ne fait, depuis bien des années, quasiment que cela : peindre des paysages ! Mais ça l'est moins lorsqu'on découvre concrètement ses toiles qui ne cessent de faire dégouliner les perspectives, trembler les lignes d'horizon et les motifs, rendre aussi fantomatique que vaporeuse toute réalité, qu'elle relève de dame nature ou de ses excroissances humaines. C'est aussi assez curieux pour Frédéric Khodja qui dessine, surtout, des architectures imaginaires et des espaces improbables, en ouvrant des fenêtres quasi "paysagères" ou (plutôt) cinématographiques sur le monde. L'artiste se révèle être aussi, par la bande, un post-romantique : certes moins versé vers le rendu paysager scrupuleux de l’Éco

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Ce qui vous attend dans les musées

Les Expos à venir | Un mastodonte avec Picasso, une intéressante perspective autour du drapé, des locaux à Villefranche et des découvertes : voici ce qui va se passer dans nos musées cette saison.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

Ce qui vous attend dans les musées

Picasso voit triple Comme Monet, Van Gogh et quelques autres, Picasso est un artiste bankable depuis plusieurs années. Lyon et sa région n'échapperont pas à la règle, même si les musées font l'effort d'approcher le maître andalou sous des angles originaux. Nos voisins du Musée de Grenoble ouvrent la marche avec Picasso au cœur des ténèbres (1939-1945) en se focalisant sur le travail de Picasso pendant la guerre à Paris. Parallèlement, à La Sucrière à partir du 11 octobre, Imagine Picasso proposera une plus spectaculaire immersion, en images projetées de quelque deux-cents œuvres de l'artiste. Enfin, du 18 mars au 13 juillet, le Musée des Beaux-Arts s'attellera à une relecture du thème de la baigneuse dans l’œuvre de Picasso et de quelques autres artistes du 19e siècle l'ayant influencé. Imagine Picasso À La Sucrière à partir du vendredi 11 octobre 2019 Picasso Au Musée des Beaux-Arts du 18 mars au 13 juillet 2020

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Cinq expos à voir cet été

Bons Plans | Notre sélection subjective de cinq belles expositions à découvrir tout l'été, dans les musées de Lyon et de la région...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 juillet 2019

Cinq expos à voir cet été

Des coiffes qui décoiffent A la suite d'une donation du collectionneur Antoine de Galbert, le Musée des Confluences présente quelque 350 coiffes du monde entier, datant essentiellement des XIXe et XXe siècles. Cérémonielles, ornementales, hiérarchiques, guerrières ou autres, ces coiffes fascinent par leur inventivité esthétique, leur prolixité symbolique, leur aspect parfois un peu délirant. Au Musée des Confluences jusqu'au 15 mars 2020 Pierre Buraglio, Bas voltage Depuis presque soixante ans, Pierre Buraglio traverse courants et mouvements artistiques en toute singularité, renversant les codes de la peinture et de la représentation. Il utilise aussi bien des châssis dénudés que des fenêtres glanées dans des chantiers, et peint volontiers sur des portes de 2CV, des cartes postales, des pages de journaux... Parallèlement, l'artiste musarde dans les musées et dessine d'après Seurat, Courbet, Munch, Monet, Rodin... Son œuvre inclassable fait l'objet d'une grande rétrospective

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Des artistes aux semelles de vent

Art Contemporain | Derniers jours pour découvrir au Musée Paul Dini une exposition collective d'art contemporain consacrée au thème large du vagabondage.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 septembre 2017

Des artistes aux semelles de vent

Toute œuvre d'art exige a minima, de l'artiste comme du spectateur, un déplacement. Déplacement du regard, déplacement de valeurs esthétiques et éthiques, déplacement de notre perception du monde, des autres et de soi. Parfois, l'œuvre nous pousse jusqu'à la perte de notre identité et de notre rapport quotidien au monde, elle devient alors vertige, rencontre essentielle, métamorphose. Le thème large du vagabondage semble alors idoine à une exposition d'art contemporain, thème proposé en l'occurrence par le Musée Paul Dini pour la 14e édition de son Été contemporain (une exposition annuelle réunissant plusieurs artistes contemporains de la région). Lignes d'erre L'exposition ouvre l'errance vagabonde à toutes ses dimensions possibles : « Au-delà de l'arpenteur des campagnes, écrivent les commissaires de l'exposition, l'artiste peut en effet saisir la modernité urbaine, entre effet diurne et effet nocturne. Avec ses moyens propres, en deux ou trois dimensions, il évoque le rêve éveillé, l'évasion, le cheminement au travers duquel l'esprit ou le corps se meut, dans un espace et un temps parallè

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Traces et tracés de Frédéric Khodja à la galerie Besson

Dessin | Aujourd'hui, tout est "tracé" : produits, patients, sujets, actes professionnels et privés... Faut-il en être réellement rassurés ou s'en alarmer ? Cette (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 juin 2017

Traces et tracés de Frédéric Khodja à la galerie Besson

Aujourd'hui, tout est "tracé" : produits, patients, sujets, actes professionnels et privés... Faut-il en être réellement rassurés ou s'en alarmer ? Cette conception de la trace, cette tra(n)sparence objective est à mille lieux de celle d'un artiste comme Frédéric Khodja. La trace ou le vestige visuel devient chez lui un fragment à partir duquel créer, inventer, dessiner... Ses œuvres se veulent les rémanences, mi-réelles mi-fictives, de paysages vécus, d'images rencontrées, d'architectures rêvées, de fantômes de sensations. À la galerie Françoise Besson, il présente pour l'essentiel trois nouvelles séries de dessins dont les titres parlent d'eux-mêmes : Paysages mentaux, Architectures fantômes et Rêve d'exposition... Dans ce dernier ensemble, l'artiste semble comme déplier l'espace et les objets énigmatiques (encadrements vides, rideaux, panneaux...) d'un petit studio de peinture ou de photographie : rémanences et circulations visuelles centrées ici surtout sur le cadre, le voilé-dévoilé, l'espace et le dispositif de vision. Pour un peu, on se c

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Les 5 expos à voir en juin

Art | 1/ Frédéric Khodja à la galerie Françoise Besson, jusqu'au 31 juillet L'artiste lyonnais présente trois nouvelles séries de dessins à partir de réminiscences (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 1 juin 2017

Les 5 expos à voir en juin

1/ Frédéric Khodja à la galerie Françoise Besson, jusqu'au 31 juillet L'artiste lyonnais présente trois nouvelles séries de dessins à partir de réminiscences d'images et de souvenirs personnels : des Paysages mentaux, des Architectures fantômes. Ou encore des Rêves d'expositions, notre série favorite, où Frédéric Khodja met en scène une sorte de studio photo où rideaux, cadres vides, figures géométriques s'ouvrent sur de nouveaux espaces énigmatiques. Ces rêves s'avèrent être d'ailleurs étonnamment proches de l'univers d'un David Lynch et des prémices de la troisième saison de Twin Peaks ! 2/ Frédéric Houvert à Néon, jusqu'au 24 juin Frédéric Houvert a invité au centre d'art Néon trois autres artistes (Daniel Mato, Laurent Proux et Fabio Viscogliosi) pour une exposition épurée aux confins de l'abstraction, de l'ornementation et du minimalisme. Les formes et les sensation

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Muriel Pic et Marc Desgrandchamps : les mots et les images

Littérature | Deux très prometteuses rencontres ont lieu cette semaine autour des liens entre les images et les mots, avec, respectivement, l'écrivaine Muriel Pic et le peintre Marc Desgrandchamps.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 avril 2017

Muriel Pic et Marc Desgrandchamps : les mots et les images

« Devant la caméra de Franju, les animaux me regardent. Ils me regardent avec cette insistance muette, sans concept, qui me fait penser, parler, réfléchir à mon humanité » écrit Muriel Pic dans En regardant le sang des bêtes. Ce petit livre est né du visionnage du court documentaire de Georges Franju, Le Sang des bêtes (1949), sur les abattoirs de la banlieue parisienne. Autour des images cruelles de ce film, Muriel Pic (écrivaine, critique littéraire et traductrice) a composé cent fragments qui entremêlent archives visuelles et textuelles relatives au tournage du documentaire, retours sur son autobiographie, portraits d'écrivains en lien avec les animaux (La Rochefoucault, Michel Leiris, etc.)... Comme dans d'autres de ses livres, Muriel Pic s'empare à la fois de l'archive et de l'art du montage, cher à Walter Benjamin. Montage dont la part magique, selon elle, « tient à la liberté de l'attraction entre les fragments qui n'a rien de systématique ni d

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Des expos qui feront bouger les lignes

Expositions | Qu'elle prenne pour origine un souffle indistinct ou au contraire une limpidité idéale, l'image artistique tente de faire bouger nos perceptions, nos émotions et nos manières de penser. Et va parfois, pour cela, jusqu'à "s'encanailler" avec la littérature, le cinéma et le design.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 janvier 2017

Des expos qui feront bouger les lignes

« Le rêve sait à sa façon que l'image est chaos » écrit le psychanalyste Pierre Fédida dans un article au titre évocateur : Le souffle indistinct de l'image. Rêves et œuvres artistiques, selon Fédida, auraient pour origine fluctuante et floue une sorte d'haleine, de brume d'images mouvantes, charriant quelques fantômes et réminiscences ancestrales... C'est dans cette "ambiance", sous ce point de vue, que l'on peut appréhender les tableaux si singuliers du jeune peintre lyonnais Frantz Metzger que la galerie Anne-Marie et Roland Pallade présentera pour la deuxième fois, du 19 janvier au 11 mars. Les corps de ses personnages y semblent composés autant de chair que d'air brumeux, et revisitent avec force et trouble quelques scènes classiques : annonciation, mythe de Diane et Actéon, descente de la croix... Dans un tout autre genre (installations, environnements...), l'artiste belge Ann Veronica Janssens (née en 1956) travaille elle aussi à partir de matériaux informels comme la lumière, le son, ou ses fameux brouillards col

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K., le procès des images

URDLA | Plutôt que de s'en méfier, Frédéric Khodja nous invite à faire confiance aux images, et se lance à l'URDLA sur leur(s) piste(s), explorant leurs métamorphoses, leurs devenirs, leurs présences énigmatiques.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 juin 2016

K., le procès des images

À Villeurbanne, au fronton de la porte d'entrée d'une maison, sont gravés les mots : « Mon rêve ». Est-ce le rêve de l'architecte, celui du propriétaire ? Le rêve est-il la maison ou est-il contenu entre ses murs ? Ou bien, hypothèse plus incongrue, est-ce là simplement un tag ancestral, le rêve se réduisant alors à l'inscription elle-même, à la gravure qui évide la pierre ? Si le rêve est puissance créatrice d'images, il peut ainsi se décliner en contenant (l'écran du rêve) et en contenu (les images du rêve qui s'y projettent), en recto (voir) et en verso (être vu), en plein et en creux, en présence et en absence... Toutes interrogations qui traversent et irriguent l'exposition de Frédéric Khodja à l'URDLA, réunissant des estampes, des dessins, des volumes, des croquis... On y retrouve aussi la présence forte de l'architecture, motif quasi obsessionnel chez l'artiste. Il y est question par exemple de la Villa Malaparte (où Godard tourna Le Mépris en 1963), de fenêtre (celle notamment à travers laquelle

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A l'ombre des tableaux : les expos de l'été

ARTS | Dans les musées comme dans les galeries, l'amateur d'art contemporain aura la chance de pouvoir découvrir cet été à Lyon un grand nombre d'expositions de haute tenue. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 juillet 2014

A l'ombre des tableaux : les expos de l'été

Depuis le début de sa longue carrière, le photographe Georges Rousse réalise d'étonnants trompe-l’œil en investissant des lieux déshérités, les transformant, les repeignant, en redéfinissant leur structure pour composer ses images. Celles-ci entremêlent abstraction et architecture, poésie et réalité concrète. L'exposition qui lui est consacrée au Plateau (jusqu'au 26 juillet) rassemble une quarantaine d'images à travers un bel accrochage retraçant les grandes lignes de son œuvre.   Le plus jeune plasticien Guillaume Leblon s'empare lui des espaces de l'Institut d'Art Contemporain (jusqu'au 24 août) pour inviter le visiteur à «une promenade visuelle» donnant de nouvelles perspectives sur l'architecture et les objets. Les premières salles sont les plus réussies, avec un immense cube d'argile frais ouvert à toutes les figures possibles, des fantômes d'anima

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A ciel ouvert

ARTS | Frédéric Khodja expose à la galerie Besson des dessins et des collages récents, traçant des topographies imaginaires à la fois étranges et inquiétantes. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 juillet 2014

A ciel ouvert

Au milieu de l'accrochage de ses dessins, Frédéric Khodja nous dit espérer «que ces images tissent entre elles, pour le regardeur, une sorte de langage commun». Jetant un coup d'oeil rapide et circulaire, nous remarquons la présence, la récurrence, d'une œuvre à l'autre, de "trous". Trous oculaires dans les masques ou les visages, cercles géométriques "creusés" dans des rochers se faisant face, trous dans le sol de certains espaces... On pourrait presque s'imaginer passer d'un dessin à l'autre par ces ouvertures, ou y plonger telle Alice dans un terrier ouvrant à une logique incongrue, à une dimension irrationnelle. Mais peut-être que, plus précisément, ces vides se posent ici comme autant de "sites de l'étranger", de lieux d'accueil du manque, de l'absence, de la perte. Si langage il y a, si les images "parlent" d'une certaine façon, c'est pour nous inviter à les ouvrir, à les approfondir de nos propres failles, angoisses et représentations intempestives. Une idée très proche de la thèse du critique d'art Georges Didi-Huberman qui, dans Ce que nous voyons, ce qui nous regarde, attribue à l'image «le pouvoir d'imposer sa visualit

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Sur la route des expos

ARTS | Qu'ils voyagent dans des espaces fictifs ou réels, les (bons) artistes opèrent toujours chez nous un déplacement du regard. Petite sélection, non exhaustive, des expositions attendues en ce début d'année 2014. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 janvier 2014

Sur la route des expos

Après avoir accueilli une partie de la Biennale, le Musée d'art contemporain semble vouloir décompresser avec la curieuse et vrombissante exposition Motopoétique (du 21 février au 20 avril). Soit 200 œuvres signées par 38 artistes (BP, Alain Bublex, Ange Leccia, Xavier Veilhan...) et réunies par le critique d'art Paul Ardenne (auteur notamment du très intéressant Art, l'âge contemporain), toutes en rapport avec... la moto ! Les non bikers auront quelques doutes sur l'intérêt de ladite thématique, mais Paul Ardenne nous assure percevoir et ressentir la moto comme «un outil essentiel mis au service d'un sensualisme total». «La moto condense tout à la fois le mécanique, le viscéral, l'animal, le brut» et le critique fonceur n'hésite pas à y voir jusqu'à un «objet transitionnel» en citant le psychanalyste Winnicott ! A moto, en auto ou en bus, le photographe Bernard Plossu a depuis longtemps fait de l'errance une ligne à la fois éthique et esthétique. Après ses voyages au Mexique ou aux Etats-Unis, il présentera au Réverbère (du 18 janvier au 12 avril) des photographies glanées au Portugal et en G

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À propos de "Zorzi"

ARTS | Seul artiste contemporain exposé dans la belle exposition "Le Dessin en couleurs", parmi des œuvres d’artistes illustres (Le Douanier Rousseau, Roberto Matta, Oskar Bergman, Jean Tinguely, Pierre Tal-Coat…), Frédéric Khodja se livre ici au difficile exercice du commentaire (détaillé) de sa propre création intitulée "Zorzi".

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 18 avril 2013

À propos de

«Zorzi est un dessin aux crayons de couleur, dessin dessiné sur vélin de Rives au printemps 2011, dessin dessiné également, dès ses débuts et à la toute fin de sa construction, avec de petites gommes blanches taillées comme des silex. La feuille épaisse mesure un mètre soixante par un mètre vingt, l'image est installée au centre du papier et mesure cent deux centimètres par soixante treize centimètres. Les plans colorés sont distincts et fondus, les passages des verts, des bruns, des gris et des bleus sont visibles et mêlés. Un événement amplifie la composition du récit interne de ce paysage doté d'arbres, de rochers et d'un ciel : un volume crayeux dans la partie droite, en suspension quasiment au premier plan, élément percé d'un oculus le faisant masque et ossement tout à la fois.  L'événement se répercute de l'autre côté du dessin avec la présence d’une cascade gelée qui modifie l'arbre en surplomb : trois masses de stalactites se forment entre les branches. Zorzi est un montage atmosphérique. Si je reprends le carnet sur lequel j'ai tracé les prémisses du dessin, je lis : "Un jour de

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Images fantômes à Gadagne

ARTS | «Cette exposition aux Musées Gadagne correspond à une envie depuis longtemps d’exposer non pas mes photos sur des murs blancs, mais de les insérer dans un (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 22 juin 2012

Images fantômes à Gadagne

«Cette exposition aux Musées Gadagne correspond à une envie depuis longtemps d’exposer non pas mes photos sur des murs blancs, mais de les insérer dans un espace «habité»», écrit la photographe lyonnaise Delphine Balley. Et force est de constater que les six grands tirages qu’elle présente au Musée Gadagne trouvent une place idoine dans différentes salles du superbe édifice Renaissance…  La luminosité parfois intimiste ou mordorée des lieux, les tentures des cimaises répondant aux fonds des images, la présence alentour de portraits ou d’objets anciens, renforcent le caractère d’étrangeté et l’impression de temps figé des œuvres de l’artiste. Ces dernières flirtent avec la peinture et sont, comme toujours avec Delphine Balley, des fragments possibles de récits, de légendes, de petites fictions énigmatiques et un peu délirantes. On y verra la suite de son Album de famille où, à partir de son roman familial ou d’anecdotes de son village natal, l’artiste compose des images à la limite du surréalisme et du baroque. Et aussi les débuts d’une nouvelle série, Théâtre de l’esprit, où Delphine Balley, s’imprégnant de l’atmosphère de pièc

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Nuits transfigurées

ARTS | Lectrices, lecteurs, passons la nuit ensemble. Passons-la en revue, avec la sortie du dernier numéro d’Hippocampe, et en exposition, avec «Tout s’éteindra» à la galerie Besson. Une nuit multiple, pas forcément obscure, mais toujours interrogatrice, déstabilisatrice, décentrant le sujet… Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 29 avril 2012

Nuits transfigurées

En 1952, Robert Rauschenberg fait œuvre, scandale et date en effaçant un dessin de Willem De Kooning. En 2012, le jeune artiste parisien Nicolas Aeillo révèle, à travers une vidéo constituée de 127 photographies, le fantôme de ce dessin : un buste, quelques surfaces sombres, des traits dispersés… S’il fallait encore le rappeler, la création contemporaine consciente d’elle-même est «condamnée» au fragment, aux souvenirs fêlés, aux représentations inachevées, au montage d’images et de récits épars. C’est sur ce principe de montage sans unité, cher à Walter Benjamin, que se compose, au fil du temps, la revue Hippocampe dont le 7e et magnifique numéro est consacré à «la nuit». «Évitant de s’en tenir à des propositions illustratives, trop évidentes, nous avons cherché au contraire à réunir des contributions susceptibles de démontrer la complexité de cet espace/temps particulier : la Nuit», écrit Gwilherm Perthuis, responsable de la revue. Gwilerm Perthuis est aussi le commissaire de l’exposition collective Tout s’éteindra qui accompagne la sortie de ce numéro. «Le fil conducteur que nous avons tenté de suivre, sans

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Œuvres ouvertes

ARTS | Dans son nouveau et très beau lieu d'exposition, la galerie Françoise Besson consacre sa troisième exposition au dessinateur Frédéric Khodja. Ses œuvres, âpres au premier abord, révèlent peu à peu des espaces étranges et énigmatiques, stimulant les sens et l'imagination. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 11 mars 2010

Œuvres ouvertes

Quoi de pire qu'une image qui cherche à tout prix à produire un effet précis sur le spectateur ? Quoi de plus asphyxiant, assommant et manipulateur qu'une œuvre d'art, une musique, un film à «effets». «Vraiment l'émancipation commence lorsque justement il y a rupture entre la cause et l'effet. C'est dans cette béance que s'inscrit l'activité du spectateur», déclare le philosophe Jacques Rancière dans un entretien. Et les dessins de Frédéric Khodja s'inscrivent, selon nous, au sein de cette béance. Il faut du coup prendre un peu de temps pour se les approprier, les peupler, les associer à nos propres préoccupations ou désirs, les «habiter» en quelque sorte. Leur relative austérité au premier abord invite aussi à cela, et risque de laisser les plus pressés indifférents... Parmi les motifs essentiels de l'artiste, il y a celui, crucial «des lieux vides ou vidés, en tout cas occupés par peu de choses. Je souhaite qu'il y ait peu d'éléments, pas d'exubérance, pas de baroque. Cela permet au regardeur de s'approprier l'image, une image en creux en quelque sorte», nous confie Frédéric Khodja. Au stylo à bille ou au crayon de couleur (avec une grande économie de moyens donc), il ouvre une s

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Delphine Balley -Résonance Biennale Art Contemporain

ARTS | La photographe lyonnaise Delphine Balley crée des images à partir de petits faits réels : des histoires de famille ou de village, des faits divers (...)

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 6 septembre 2009

Delphine Balley -Résonance Biennale Art Contemporain

La photographe lyonnaise Delphine Balley crée des images à partir de petits faits réels : des histoires de famille ou de village, des faits divers sanguinolents, des anecdotes étranges piochées dans de vieux journaux... Elle y ajoute son grain de folie pour les métamorphoser en récits visuels abracadabrants. Le dernier en date narre l'histoire du Docteur Williams, personnage du XIXe siècle et inventeur de la pilule Pink pour personnes pâles... On pourra découvrir cette nouvelle série à la galerie Le Réverbère à partir du samedi 12 septembre (et jusqu'au 21 novembre). Notez que ce même samedi 12 septembre, de 14h à 21h, l'ensemble des galeries de la rue Burdeau (Lyon 1er) seront ouvertes et inaugureront leurs nouvelles expositions.-

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