L'expo Picasso débutera le 15 juillet

Sébastien Broquet | Jeudi 11 juin 2020

Photo : © DR


C'est officiel : l'exposition du Musée des Beaux-Arts consacrée à Pablo Picasso, autour du thème des baigneuses, ouvrira le mercredi 15 juillet au public et sera prolongée jusqu'au 3 janvier 2021. C'est l'une des expositions les plus attendues à Lyon.

Selon le musée, il s'agit d'une « relecture du thème de la baigneuse dans l'œuvre de Picasso avec des contrepoints d'œuvres d'artistes du passé, comme Jean Auguste Dominique Ingres, Paul Cézanne, Auguste Renoir, qui ont influencé Picasso dans le traitement de ce sujet. D'autres artistes contemporains ou suiveurs de Picasso (Henry Moore, Francis Bacon) seront également présentés alors qu'ils se sont intéressés aux baigneuses picassiennes. »

Bien entendu, la touchante Femme assise sur la place (1937) que détient le musée depuis le legs Delubac en 1997 sera présente aussi.

C'est un tour de force réalisée par Sylvie Ramond la directrice car il a fallu négocier la prolongation du prêt d'œuvres circulant peu auprès des collectionneurs comme du Musée Picasso de Paris. Tous ou presque ont accepté : seulement quatre œuvres prévues initialement ne font plus partie de l'expo, mais ont été remplacées par quatre autres. La jauge sera cependant limitée compte-tenu de la crise sanitaire et il faudra réserver son billet en ligne en amont de la visite.


Picasso. Baigneuses et baigneurs


Musée des Beaux-Arts 20 place des Terreaux Lyon 1er
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Dix expos à cocher dans votre agenda

Bons Plans | Des grands noms avec Picasso ou Doisneau, des méconnus comme Edi Dubien, de l'Histoire et du vinyle, le graphiste du label 4AD ou encore les nouvelles expos du Musée des Confluences : on vous dévoile tout ce qui va se passer dans les mois à venir dans les galeries et musées.

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Cinq expos à voir cet été à Lyon

Bons Plans | Picasso en tête, les musées et les galeries proposent cet été nombre de belles expositions. Nous en avons sélectionné cinq, mais la liste est loin d'être exhaustive !

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 15 juillet 2020

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De la nature, au Musée Dini Piochant dans ses collections modernes et contemporaines, le Musée Dini présente une exposition autour du thème, tout simple et vaste, de la nature : avec des plages fantomatiques signées Marc Desgrandchamps, une nature morte de Antoine Vollon, des paysages recomposés par Jérémy Liron… Et d’autres œuvres de Auguste Morisot, Jacques Truphémus, Marie-Anita Gaube…. Au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu’au dimanche 20 septembre Picasso, l'expo événément Se confrontant à ses maîtres (Ingres, Manet, Cézanne...), Picasso a peint, dessiné, sculpté de très nombreuses scènes de baignade. À travers ce thème estival et revivifiant, l'exposition du Musée des Beaux-Arts parcourt toutes les grandes étapes de la carrière de l'artiste : cubisme, néo-classicisme, surréalisme, primitivis

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"Femme assise sur la plage", 1937, de Pablo Picasso

Une œuvre dans l'expo | C’est parfois sur la plage, là où tout devrait être clair et précis sous la lumière et dans le dénuement, que les choses paradoxalement peuvent se révéler (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 9 juillet 2020

C’est parfois sur la plage, là où tout devrait être clair et précis sous la lumière et dans le dénuement, que les choses paradoxalement peuvent se révéler complexes, confuses, en devenir… Rappelons-nous, par exemple, le meurtre commis par Meursault dans un éclat de soleil, dans L'Étranger de Camus, ou bien la baignade en mer de Thomas l’obscur (Maurice Blanchot) où dedans et dehors s’inversent sans cesse. Esseulée dans une clarté sans ombre ou presque, la Femme assise sur la plage (1937) de Picasso se gratte un pied. C’est aussi simple et trivial que cela. Mais, plus avant, est-ce vraiment une femme ou est-ce un monstre quasi extra-terrestre, est-elle de profil ou est-elle de face, est-elle débordante de chair et de vie ou figée dans la pierre et la mort, est-elle en deux ou en trois dimensions ? Est-elle un peu simplette concentrée sur sa tâche triviale ou plongée dans une profonde boucle mélancolique ? Avec Picasso ce type d’alternatives semble s’ouvrir sur un rap

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Picasso, vamos a la playa

Musée des Beaux-Arts | L’exposition Picasso, baigneuses et baigneurs réunit quelque 150 dessins, sculptures et peintures de Picasso sur ce motif et… de nombreux autres artistes l’ayant influencé (Ingres, Cézanne, Manet, Degas...) ou ayant été influencés par lui (Francis Bacon, Niki de Saint Phalle…). Soit une double et passionnante traversée au fil de l’eau : de la modernité et de l’œuvre profuse de Picasso.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 8 juillet 2020

Picasso, vamos a la playa

« Cela fait des années que je désirais faire une exposition autour de la Femme assise sur la plage de Picasso » s’enthousiasme Sylvie Ramond devant la presse. Un rêve qui se réalise presque idéalement en plein mois de juillet pour la directrice du musée et co-commissaire de Picasso. Baigneuses et baigneurs, avec Émilie Bouvard, ancienne conservatrice du Musée Picasso à Paris. Dans l’exposition, ce tableau de Picasso (voir notre encadré) côtoie deux autres baigneuses, peintes elles-aussi en février 1937, et très rarement réunies ensemble. Cette même année, Picasso s’attellera à la composition de... Guernica. Pour l’heure, en février, le peintre renoue avec son goût pour les baigneuses, dont les premières dataient de 1908, et les plus connues jusqu’alors étaient celles de la série dite des baigneuses de Dinard de 1928. À travers ce motif, comme Sylvie Ramond nous le rappelle, « Picasso voulait rivaliser avec ses maîtres (Ingres, Manet,

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Les expos à ne pas manquer cette année

Art | Les expositions de ce début d'année nous emmèneront en bord de plage avec Picasso, parmi différentes formes de contre-cultures futuristes avec Fabien Giraud et Raphaël Siboni, ou s'attarderont sur les figures moins connues d'Edi Dubien, Oumar Ly ou Claire Vaudey : visite guidée.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 janvier 2020

Les expos à ne pas manquer cette année

Avec une bonne édition de la Biennale d'Art Contemporain et une passionnante exposition consacrée au drapé (au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 8 mars), la saison a commencé sur les chapeaux de roue ! Et l'année 2020 s'annonce sous de très bons augures, avec pour premier grand rendez-vous une exposition autour du thème des baigneuses chez Picasso (au Musée des Beaux-Arts du 18 mars au 13 juillet), avec pour point d'accroche la si étrange et si touchante Femme assise sur la place (1937) que détient le musée depuis le legs Delubac en 1997. De l'autre côté du spectre artistique, on attend aussi beaucoup des deux larrons quadragénaires de l'art contemporain français, Fabien Giraud et Raphaël Siboni qui occuperont tous les espaces de l'Institut d'Art Contemporain (du 21 février au 3 mai) avec un important dispositif artistique, rassemblant sculptures, vidéos et performances, pour envisager les futurs possibles

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Picasso, en vrac

Art | « Hors norme, exposition immersive, nouveau genre, performance technique et technologique, avant-première mondiale... » : les promesses de l’exposition-spectacle Imagine Picasso sont-elles tenues ?

Sarah Fouassier | Mardi 22 octobre 2019

Picasso, en vrac

Nous ne pouvions être qu’enthousiastes à la lecture des qualificatifs brossant le portrait de cette exposition-spectacle consacrée à Picasso qui s’est ouverte le 17 octobre à La Sucrière. La société de production Encore, chapeautée par Pascal Bernardin, avait déjà fait étape à Lyon en 2008 avec la sulfureuse exposition Our body, à corps ouvert, interdite à Paris sur décision de justice : 17 cadavres humains d’origine chinoise, disséqués et plastinés, étaient alors montrés. Encore Productions affirmait que les corps avaient été donnés à la science, mais aucune preuve n’avait pu démontrer qu’ils ne provenaient pas d’un trafic de condamnés à mort chinois. Pascal Bernardin revient en terres lyonnaises avec une exposition beaucoup plus consensuelle : la projection en “images totales” de 200 œu

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Ce qui vous attend dans les musées

Les Expos à venir | Un mastodonte avec Picasso, une intéressante perspective autour du drapé, des locaux à Villefranche et des découvertes : voici ce qui va se passer dans nos musées cette saison.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

Ce qui vous attend dans les musées

Picasso voit triple Comme Monet, Van Gogh et quelques autres, Picasso est un artiste bankable depuis plusieurs années. Lyon et sa région n'échapperont pas à la règle, même si les musées font l'effort d'approcher le maître andalou sous des angles originaux. Nos voisins du Musée de Grenoble ouvrent la marche avec Picasso au cœur des ténèbres (1939-1945) en se focalisant sur le travail de Picasso pendant la guerre à Paris. Parallèlement, à La Sucrière à partir du 11 octobre, Imagine Picasso proposera une plus spectaculaire immersion, en images projetées de quelque deux-cents œuvres de l'artiste. Enfin, du 18 mars au 13 juillet, le Musée des Beaux-Arts s'attellera à une relecture du thème de la baigneuse dans l’œuvre de Picasso et de quelques autres artistes du 19e siècle l'ayant influencé. Imagine Picasso À La Sucrière à partir du vendredi 11 octobre 2019 Picasso Au Musée des Beaux-Arts du 18 mars au 13 juillet 2020

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Immersion Picasso à La Sucrière

À venir | L'exposition multimédia "Imagine Picasso" sera présentée en première mondiale à La Sucrière, à partir du 11 octobre.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 juillet 2019

Immersion Picasso à La Sucrière

À Paris, les expositions immersives consacrées à Klimt puis, en ce moment, à Van Gogh (à l'Atelier des Lumières) connaissent un engouement public exceptionnel. On peut y plonger dans les toiles des artistes grâce à un jeu impressionnant de projections d'images et de motifs. Imagine Picasso s'annonce comme un événement spectaculaire du même type, avec la projection géante de quelque deux cents œuvres du maître espagnol. Cette exposition multimédia sera présentée en première mondiale à Lyon à La Sucrière, à partir du 11 octobre. Au même moment, nos voisins du Musée de Grenoble présenteront une exposition plus traditionnelle : Picasso 1939-1945, Au cœur des ténèbres (du 5 octobre au 5 janvier 2020) sur la vie et le travail de Picasso pendant les années sombres de la guerre. De son côté, le Musée des Beaux-Arts de Lyon prépare une exposition Picasso autour du tableau Femme assise sur la plage

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Picasso, Matisse : grave bien !

Peinture | La petite galerie-appartement le 1111 présente une quinzaine de gravures et de lithographies de Picasso et de Matisse. L’occasion de s’attarder, hors des foules des grandes expositions muséales, sur quelques aspects du travail des deux grandes figures de la modernité.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 mai 2019

Picasso, Matisse : grave bien !

En 1905, Picasso est à Paris depuis un an. Agé de 24 ans, en couple avec Fernande Olivier, il voit la vie, et ses toiles, en rose, après une période bleue mélancolique (1901-1904) et le deuil de son ami suicidé Carlos Casagemas. Il dessine et il peint alors beaucoup le monde du cirque, des clowns, des acrobates, des dompteurs, ou encore cette figure qui le fascine tant, Arlequin. À Paris, Picasso fait ses débuts aussi dans les techniques de la gravure et l’on retrouve, dans trois estampes présentées au 1111, des arlequins et le monde des saltimbanques. Picasso y représente notamment la scène biblique de la danse de Salomé devant son père Hérode, Salomé qui se trémousse en échange de la tête décapitée et placée sur un plateau de Jean Baptiste. Il y a là encore une maladresse touchante dans la composition de cette scène, avec une danseuse exécutant nue un grand écart sur pointe, devant un Hérode bouffi, aussi adipeux qu’œdipien. Le sexe, la mort, la transgression, le corps dans tous ses états : bien des éléments de l’œuvre à venir de Picasso sont présents dans cette petite g

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«Bram plus gestuel et brutal, Geer plus modéré»

ARTS | Entretien / Sylvie Ramond, directrice du Musée des Beaux-Arts et co-commissaire de l'exposition Bram et Geer van Velde, avec Rainer Michael Mason. Propos recueillis par JED

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 avril 2010

«Bram plus gestuel et brutal, Geer plus modéré»

Petit Bulletin : Pourquoi exposer Bram et Geer van Velde qui n'avaient pas été présentés ensemble depuis 1948 ?Sylvie Ramond : Ces deux artistes sont bien représentés dans nos collections. Par ailleurs, j'avais pris beaucoup de plaisir à travailler sur l'exposition Braque-Laurens et j'avais envie de donner suite à ce type de dialogue, même si ici les choses sont un peu différentes puisque les frères van Velde ont suivi la même formation et sont issus du même milieu. Ces deux artistes synthétisent aussi, chacun avec une évolution différente, beaucoup des grandes problématiques artistiques du XXe siècle. Avec Geer se pose la question de l'héritage du cubisme dont il ne se libérera jamais totalement. Bram, quant à lui, se dégage rapidement de la figuration. On note aussi, dans les années 1930 et chez les deux peintres, l'importance de Picasso. Qu'avez-vous appris sur les deux artistes ?Si l'œuvre de Bram a été relativement bien étudiée (catalogue raisonné), celle de Geer l'a été de manière moins systématique. L'exposition est l'occasion de remettre à plat l'étude de l'œuvre de Geer, de proposer une chronologie et d'émettre des hypothèses quant à la datati

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Prendre son pied avec les Modernes

ARTS | Avec 180 oeuvres (sculptures, peintures, dessins) issues, pour les deux tiers, des collections du Musée, l'exposition « Les Modernes » traverse le 20e Siècle. L'occasion de redécouvrir des chefs-d'oeuvre mais aussi des « petits maîtres », capables aussi de provoquer bien des émotions oculaires... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 octobre 2009

Prendre son pied avec les Modernes

Tu montes ? Allez, oui, pourquoi pas, j'ai payé pour «ça» après tout, et les marches ne sont ni trop nombreuses ni trop raides. En haut, assise sur son canapé, elle m'attend. Une jolie petite rousse aux formes rondes. Elle est nue (hormis une paire de bas rouge très «professionnels») et ses yeux noirs se plantent, avec aplomb, dans les miens... Elle avait une vingtaine d'années en 1901. Alors en 2009 ? Toujours vingt ans, toujours le même regard, et le corps toujours enfoncé dans une sorte d'épaisse mousse blanche, verte, bleue. C'est Picasso qui, dans ce tableau de prostituée parisienne, a arrêté, autant qu'intensifié, le temps, le regard, le désir... Qu'une exposition, portant sur la modernité artistique, s'ouvre sur une telle toile en dit long à la fois sur l'importance de la figure de Picasso au XXe siècle, et sur l'invitation du musée à approcher les œuvres par le biais des sens, du plaisir, des émotions, et pas seulement à travers les concepts balisés de l'histoire de l'art. C'est nu, déshabillé de toute connaissance, qu'il faut donc aussi parcourir, flâner, hasarder, percevoir, parmi les petits espaces d'exposition (25 «écrins» au total) aux cimaises grises et percés d'ouver

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Bacon, la chair de la peinture

ARTS | «Eh bien, c'est sûr, nous sommes de la viande, nous sommes des carcasses en puissance. Si je vais chez un boucher, je trouve toujours surprenant de ne (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 octobre 2009

Bacon, la chair de la peinture

«Eh bien, c'est sûr, nous sommes de la viande, nous sommes des carcasses en puissance. Si je vais chez un boucher, je trouve toujours surprenant de ne pas être là, à la place de l'animal», dit Francis Bacon (1909-1992) dans ses éclairants ‘Entretiens’ avec David Sylvester. Dans l'une des sections les plus impressionnantes de l'exposition du Musée des beaux-arts, intitulée «Animalité», on découvre notamment une toile de l'artiste, Carcasse de viande et oiseau de proie (1980). Entrer dans la chair des choses, sa beauté et son horreur mêlées, entrer dans la sensation et ses abysses, tel est le but de Bacon, pour qui la peinture est «une tentative pour que la figuration atteigne le système nerveux de manière plus violente et plus poignante». De nerfs à nerfs, d'os à os, de viande à viande, de cri à cri, court-circuitant la raison et l'intelligibilité, l'art de Bacon va au cœur du mouvement, du hasard, de la violence, des élans et des instincts vitaux. À côté de la Carcasse, on peut découvrir une autre toile où une autre «bête» est cette fois-ci bien vivante, convulsive, au milieu de l'arène d'une corrida. ‘Étude pour une corrida’ No 2 (1969) fait partie d'une série

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«Braconner, trouver des chemins de traverse»

ARTS | Entretien / Sylvie Ramond, directrice de Musée des Beaux-Arts de Lyon depuis février 2004 et commissaire de l'exposition «Les Modernes». Propos recueillis par JED

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 octobre 2009

«Braconner, trouver des chemins de traverse»

IntentionsCette exposition est un peu particulière car, pour l'essentiel, elle est constituée d'oeuvres du XXe siècle issues des collections du musée. Aujourd'hui, le XXe siècle est une période close et on peut donc se permettre d'y réfléchir, d'en tirer quelques conclusions. À Lyon, contrairement au Centre Georges Pompidou, nous n'avons pas la capacité de présenter des oeuvres représentatives de la totalité de l'histoire de l'art au XXe siècle. La configuration de nos collections nous a donc obligés à braconner, à trouver des chemins de traverse, et à effectuer aussi des choix très personnels. L'exposition se subdivise en 25 sections, avec un parcours assez pédagogique, mais qui sort des catégories habituelles des spécialistes. Nous avons composé, presque musicalement, une suite d'impromptus, plutôt qu'une histoire canonique. La collection du XXe siècle du muséeLa collection du XXe siècle du musée est tout à la fois importante, très belle et lacunaire. Nous manquons de place pour pouvoir la présenter en permanence dans son intégralité. Parmi ses caractéristiques, notons que le musée a été l'un des tout premiers en France à acheter des toiles impressionniste

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Les Modernes

ARTS | Au-delà de bien des définitions possibles, l'art moderne c'est : des Fauves (Suzanne Valadon, Raoul Dufy, Van Dongen...) qui peignent des visages en vert (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 septembre 2009

Les Modernes

Au-delà de bien des définitions possibles, l'art moderne c'est : des Fauves (Suzanne Valadon, Raoul Dufy, Van Dongen...) qui peignent des visages en vert et des forêts en rouge, des Russes (Malevitch) qui jouent les avants-gardes radicales, des Cubistes (Braque, Gleizes...) qui éclatent le réel en kaléidoscopes, des Surréalistes (Masson, Ernst, Miro, Brauner...) qui vous jettent du rêve ou du cauchemar à pleines palettes, des électrons libres (Picasso, Matisse, Léger) qui accouchent de chefs-d'oeuvre à foison, des abstraits (Tapiès, Soulages, De Staël, Hartung, Rebeyrolle...) qui vous enfoncent du noir, des signes ou des matières dans les yeux pour mieux ramoner vos émotions les plus enfouies, des Bruts ou des Singuliers (Dubuffet, Bettencourt, Chaissac, Ughetto...) qui jouent quelques jolis tours à la folie, des Narratifs qui peignent l'urgence de l'actualité du monde et un Francis Bacon qui clôt la ronde, arrachant des cris à la barbaque humaine... Tout ce petit monde sera réuni au Musée des Beaux-Arts à travers 130 sculptures et peintures issues des collections du musée, de fondations ou de galeries privées. « Picasso, Matisse, Dubuffet, Bacon… Les modernes s’exposent au Mus

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