Balade nocturne

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 juin 2008

Parallèlement à la venue de Léonard Cohen, une autre icône des années 60 était originellement programmée aux Nuits de Fourvière : Marianne Faithfull, ex-égérie des Stones et d'à peu près tous les gars ayant tenté de coucher avec à l'époque, attirés qu'ils étaient par une certaine grâce aristocratique et une poitrine affolante. Mais les ex-fans des 60's devront se passer de la mamie branchée du rock : Marianne est forfait. Fort heureusement, il est des moments où la vie est bien faite et les Nuits de Fourvière sont parvenues à remplacer l'icône ultime des 60's par l'une de ses dauphines d'alors, également britannique : Jane Birkin. La voix est plus fluette, la présence plus discrète et la poitrine plus abstraite mais c'est presque aussi bien. Étienne Daho, prévu avec Marianne Faithfull, reste fidèle au poste quelques années après un premier passage réussi au Théâtre Antique. Autre femme de tête, bien faite et bien pleine, affolant le branchomètre, Catpower est également très attendue sur la colline. Certes son dernier album, Jukebox, n'est pas gégé mais elle a suffisamment de matériel en stock pour affoler la nuit lyonnaise de son charisme tordu. Tant qu'on y est, le dernier R.E.M. n'est pas non plus à se pâmer mais comme souvent on y trouve quelques morceaux empreints de cette flamme qui fait les tubes inoubliables. Qu'on ne s'y trompe pas, le nombreux public du Théâtre Antique (le concert est complet) viendra avant tout applaudir le trio d'Athens pour ses prodigieuses archives : les Losing My Religion, les Man on the Moon ou autres Radio Free Europe. Mais si R.E.M. est à ne pas manquer en live c'est aussi parce que Michael Stipe, monstre de présence scénique à la poésie gestuelle inégalée, est aussi l'une des plus belles palettes d'émotions vocales du rock. Souvent les concerts de R.E.M. se finissent sur le bordélique It's the end of world (as we know it and I feel fine) et on en vient alors presque à la souhaiter, la fin du monde. Parce qu' «après ça, comme disait le philosophe Thierry Roland un certain 12 juillet, on peut mourir tranquille». SDCatpower + Benjamin Biolay
Au Théâtre Antique de Fourvière
Le jeudi 3 juilletR.E.M.
Au Théâtre Antique de Fourvière
Le mardi 8 juilletJane Birkin + Etienne Daho + Alexandre Kinn
Au Théâtre Antique de Fourvière
Le vendredi 11 juillet

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Charlotte Gainsbourg : « ce qui m’intéressait, c’était voir sa peau, avoir un contact physique »

Jane par Charlotte | La fille de qui l’on sait et sa mère se livrent (et se délivrent) l’une l’autre dans un double portrait au miroir tenant autant de la catharsis que de l’apprivoisement mutuel, à la lisière timide du public et de l'intime. Rencontre avec Charlotte Gainsbourg.

Vincent Raymond | Mercredi 12 janvier 2022

Charlotte Gainsbourg : « ce qui m’intéressait, c’était voir sa peau, avoir un contact physique »

Comment en êtes-vous arrivée à ce dialogue ouvrant le film, au Japon autour d’une tasse de thé avec votre mère ? Charlotte Gainsbourg : Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour démarrer. Je me suis d’abord adressée au producteur de mes clips. Du coup, c’était facile de mettre sur pied une équipe avec le chef-op’ que je connaissais. Entre le temps où j’ai demandé à ma mère si l’idée pouvait la séduire et le fait d’aller au Japon pour que ça se concrétise, ce n’a pas été si long. Mais elle n’a pas aimé ce premier échange. Elle ne savait pas ce que je voulais faire ; moi-même je ne savais pas. J’avais mis au point une interview avec plein de questions en me disant qu’il fallait que je sois la plus sincère possible, que ce soit direct, intime et pas professionnel. Mais justement, c’était choquant pour elle d'avoir à répondre à des questions personnelles devant une équipe qu’elle ne connaissait pas, en pensant peut-être que j'allais faire un documentaire comme elle en avait déjà fait plein. Elle a accusé le coup et m’a dit « on arrête, je ne veux pas recommencer ». Deux ans ont passé, j

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Jane Birkin chez les frères Lumière

Institut Lumière | Alors que vient de débuter la rétrospective Varda, donnant l’occasion de (re)voir vendredi 16 septembre le portrait-fantaisie que la cinéaste avait consacré à (...)

Vincent Raymond | Dimanche 4 septembre 2016

 Jane Birkin chez les frères Lumière

Alors que vient de débuter la rétrospective Varda, donnant l’occasion de (re)voir vendredi 16 septembre le portrait-fantaisie que la cinéaste avait consacré à la jeune quadragénaire — Jane B. par Agnès V. (1988) —, Jane Birkin a droit à “son” invitation à l’Institut Lumière. Une soirée en deux parties, forcément trop courte pour évoquer l’étonnante carrière de l’Anglaise aux “yeux bleus, cheveux châtains, teint pâle”. À elle seule en effet, la muse et interprète de Serge Gainsbourg puis de Jacques Doillon, a beaucoup plus accompli durant le demi-siècle écoulé en faveur de la place du Royaume-Uni dans l’Europe culturelle que nombre de ministres de Sa Gracieuse Majesté. Comédienne de cinéma, puis chanteuse presque par hasard ; femme de théâtre et de lettres, réalisatrice enfin (Boxes, en 2007), l’artiste Jane Birkin est aussi une bel

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La rentrée de l'Institut Lumière : feux croisés

La rentrée cinéma à Lyon | À cinq semaines de la 8e édition de son festival — qui honorera Catherine Deneuve, faut-il encore le rappeler ? —, l’Institut Lumière fourbit bien d’autres nouveautés pour la saison 2016-2017. Pleins phares sur quelques rendez-vous attendus…

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

La rentrée de l'Institut Lumière : feux croisés

Septembre n’est pas encore là que la salle du Hangar s’offre un 5 à 7 avec Cléo en guise de soirée d’ouverture de saison — et surtout de prémices à la rétrospective Agnès Varda. Une rentrée très dense rue du Premier-Film, où l’agenda déborde déjà : quelques invitations émailleront la fin de l’été — Jane Birkin (13 septembre), puis l’homme de cinéma mac-mahonien Pierre Rissient (21 septembre) —, une nuit Batman autour des films de Tim Burton et Christopher Nolan tiendra éveillés les citoyens de Gotham le 24 septembre ; enfin La Vie de château, Belle de jour et Ma saison préférée permettront "d’attendre" Catherine Deneuve. Car nombreux sont les spectateurs à avoir déjà en ligne de mire le Festiv

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Annulation du concert de Jane Birkin aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | Le concert de Jane Birkin, «Serge Gainsbourg et Jane via Japan» initialement prévu le 28 Juin est annulé pour raisons de santé  (...)

Dorotée Aznar | Lundi 25 juin 2012

Annulation du concert de Jane Birkin aux Nuits de Fourvière

Le concert de Jane Birkin, «Serge Gainsbourg et Jane via Japan» initialement prévu le 28 Juin est annulé pour raisons de santé 

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Bonnes étoiles à Fourvière

CONNAITRE | Et voici la programmation complète (ou presque, tant elle est riche) des Nuits de Fourvière 2012 ! Certains événements étaient déjà connus, mais s’y ajoutent d’excellentes surprises, qu’elles soient musicales ou théâtrales… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 26 mars 2012

Bonnes étoiles à Fourvière

Les fuites ayant été nombreuses cette année (mais comment, à l’heure d’internet, garder sous cloche pendant trois mois les dates de tournée d’artistes que leurs fans observent comme le lait sur feu ?), on savait déjà que Les Nuits de Fourvière 2012 allaient envoyer du lourd. Cela faisait un bail que les organisateurs rêvaient d’accueillir Björk (le 30 juin), et ce sera donc chose faite cette année, après le lancement (passé un peu inaperçu) de son album concept multimédia Biophilia. Rêve aussi avec la reformation des Stone Roses (le 25 juin), groupe culte de la brit-pop flamboyante des années 90, dont le concert s’est inscrit in extremis dans la programmation. Enfin, retour en force de Bartabas, certes un habitué du festival, mais avec une de ses productions XXL, Calacas, où les cavaliers célèbrent la fête des morts mexicaine déguisés en squelettes sur leurs toujours impressionnantes montures (du 11 juin au 17 juillet au Parc de Parilly). Mais tout cela, on le savait déjà, donc. De A à Ben En revanche, deux poids lourds s’ajoutent à la liste : Ben Harper (le 17 juillet

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Thelma, Louise et Chantal

ECRANS | De Benoît Pétré (Fr, 1h30) avec Jane Birkin, Catherine Jacob, Caroline Cellier…

Christophe Chabert | Jeudi 25 février 2010

Thelma, Louise et Chantal

Ce road-movie féministe où trois quinquagénaires s’embarquent direction La Rochelle pour assister au mariage de leur ancien amour avec une inconnue est une nouvelle déconfiture de la comédie française. Le film est dévoré par un instinct publicitaire cannibale qui conceptualiste absolument tout : le titre, le générique, le pitch, les personnages, le casting, la mise en scène, la musique, les dialogues et, bien entendu, les inévitables placements produits. Benoît Pétré, dont le CV tient de l’exploit nanardesque (co-réalisateur de Foon, acteur dans Mes stars et moi, réalisateur du making of de Humains…), lutte en permanence pour imposer un semblant de sincérité, un frisson d’émotion à l’écran… Mais le sentiment que tout ici est matière à vendre, comme une suite ininterrompue d’extraits et de clips du film à venir, balaie toutes ses tentatives dans un grand vent de superficialité mal assumée. CC

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36 vues du Pic Saint-Loup

ECRANS | de Jacques Rivette (Fr-It, 1h24) avec Jane Birkin, Sergio Castellitto…

Christophe Chabert | Mardi 1 septembre 2009

36 vues du Pic Saint-Loup

Il serait facile de dire que Rivette signe ici son film de trop. Car, à vrai dire, depuis dix ans, chacun de ses films est en trop. Il faut être maso pour continuer à trouver passionnant ce cinéma qui n’en peut plus de réfléchir sur son impureté (un coup la littérature, un coup le théâtre, un coup la peinture ; ici le cirque), où tout passe en force théorique (sommes-nous dans la réalité du récit ou dans sa représentation ?) et où la fantaisie est non seulement sinistre mais consciente de l’être. Il y a un réel cynisme chez Rivette : on se souvient du dialogue moqueur sur la critique (qui lui assure sa survie artistique) dans Ne touchez pas à la hâche. Ici, c’est un spectacle de clowns dépressifs qui provoque un éclat de rire chez le spectateur Castellito. «Pourquoi vous avez ri ? — Je ne sais pas…» Nous non plus, car rien n’est drôle, tout est fastidieux, pesant, ennuyeux. Enfin, avec ses quatre-vingt-quatre minutes, on pourrait penser que Rivette va, cette fois, nous épargner ses longueurs habituelles. Eh non ! 36 vues du Pic Saint-Loup démontre, pour notre malheur, que son cinéma est ontologiquement chiant. CC

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