Les Stone Roses à Fourvière

Christophe Chabert | Vendredi 9 mars 2012

La programmation des prochaines Nuits de Fourvière continue a être dévoilée par les sites officiels des groupes qui vont s'y produire. Ce matin, après Björk, c'était au tour des Stone Roses, mythique groupe de brit-pop emmené par Ian Brown, récemment reformé, d'annoncer leur venue dans le théâtre antique le 25 juin. Les billets seront mis en vente le 26 mars, soit le jour de la révélation de la programmation complète !

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La Vie en Roses

MUSIQUES | Événement aux Nuits de Fourvière avec l'unique date française de l'inespérée reformation des Stone Roses. Une résurrection qui a tout d'une rédemption pour ce quatuor mancunien qui, à l'aube des années 90, eut le monde à ses pieds, juste le temps que le ciel ne lui tombe sur la tête. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 14 juin 2012

La Vie en Roses

L'annonce de la conférence de presse n'avait pas suffi. Il aura fallu, le 18 octobre dernier, voir Ian Brown, John Squire, Gary «Mani» Mounfield et Alan «Reni»Wren s'asseoir à la même table l'air malicieux pour, tels Saint Thomas, parvenir à y croire : les Stone Roses, qui avaient toujours tenu leur reformation comme plus improbable que celle des Beatles, sont de retour. Et si ce retour était si attendu et, contrairement à d'autres, si nécessaire, c'est que les Roses devaient, depuis 16 ans, une revanche à leurs fans. Histoire de faire passer le goût d'inachevé d'une fin aux airs de dégringolade. De très haut, la dégringolade. Car comme l'écrit John Robb, leur biographe : «[Les Stone Roses] étaient le groupe le plus influent et le plus cool de leur génération. […] Ils avaient tout mais ont glorieusement tout foutu en l'air». Selon Eschyle, «mourir glorieusement est un bienfait des Dieux». Ou, corrigera-t-on, une malédiction. Surtout quand, pour exister, on a affronté les éléments pendant près d'une décennie. The Stone Roses l'album, celui-là même qui assoit la légende du q

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Le justicier

MUSIQUES | Que l'ex-Clash Mick Jones et son Justice Tonight Band ouvrent pour les Stone Roses n'est pour le coup effectivement que justice. Si Ian Brown et John (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 14 juin 2012

Le justicier

Que l'ex-Clash Mick Jones et son Justice Tonight Band ouvrent pour les Stone Roses n'est pour le coup effectivement que justice. Si Ian Brown et John Squire se connaissent depuis le bac à sable mancunien, leur complicité musicale s'est forgée autour du prêt de London Calling du Clash par Ian à un John qui en devint dingue. Ian lui-même était même présent dans le studio lors de l'enregistrement de Bankrobber à Manchester en 1980. Il y a quelques mois, lorsque les deux hommes sont remontés sur scène ensemble pour la première fois depuis 1995 et un concert des Roses à Wembley, il s'agissait de participer au concert Justice Tonight, chargé de récolter des fonds pour l'Hillsborough Justice Campaign qui se bat pour que justice et lumière soit faite sur le drame d'Hillsborough le stade de Sheffield survenu en 1989, où 96 supporters de Liverpool et de Nottingham Forest perdirent la vie dans un mouvement de foule. Une initiative de Mick Jones qui invita les deux ex-compères, qui venaient d'annoncer la reformation des Stone Roses, à interpréter avec lui... Bankrobber. Avant cela, il leur demandait d'improviser en duo Elizabeth My Dear, l

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Deux pour le prix d'A

MUSIQUES | Si l'on devait écrire une histoire capillaire et musicale de Dominique A, on dirait que sa musique s'est déployée au fil des ans à mesure que ses cheveux (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 juin 2012

Deux pour le prix d'A

Si l'on devait écrire une histoire capillaire et musicale de Dominique A, on dirait que sa musique s'est déployée au fil des ans à mesure que ses cheveux s'amenuisaient sur son crâne. L'enfant de Provins s'est également un peu épaissi, de même que son talent musical et sa tessiture vocale, mais au fond, l'auteur de La Fossette, cet album fondateur d'une «autre chanson française», au minimalisme sec comme un coup de trique et qui fête ses vingt ans cette année, est bien le même que celui de Vers les lueurs, son splendide dernier album. Tout juste sera-t-il passé en vingt ans par tous les états de lui-même. Comme si le chemin musical parcouru entre les deux était de ces voyages immobiles (mais pas immobilistes) qui mènent très loin. C'est la bonne idée de ce petit jeu auquel va s'adonner Monsieur A sur la scène du Théâtre antique de Fourvière. L'ancien Dominique A – en réalité celui d'aujourd'hui, puisqu'il ne sera fait aucun usage d'hologramme – y jouera en première partie une relecture de La Fossette (qui contient quelques-uns de ses plus beaux titres comme Va-t'en, Les Habi

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Sylvie Guillem, deux pas sur trois

SCENES | La danseuse étoile, Sylvie Guillem (née en 1965), est l’une des rares interprètes à pouvoir organiser un spectacle en son nom, tout en attirant dans son sillage les meilleurs chorégraphes actuels.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 7 juin 2012

Sylvie Guillem, deux pas sur trois

Après Russell Maliphant et Akram Khan, c’est William Forsyhte, Jirí Kylián et Mats Ek (la crème de la danse néo/classique) qui ont collaboré avec la star pour 6000 Miles Away. Le résultat est discutable, voire un peu paradoxal puisque la pièce la plus forte, signée Jirí Kylián, n’est pas dansée par Sylvie Guillem. Soit en l’occurrence une transposition de 27’52’’, pièce ancienne de Kylián, pour un duo sous très haute tension, formé par Aurélie Cayla et Lukas Timulak. Le chorégraphe tchèque y explore l’une de ses obsessions, le rapport homme-femme, et étonne toujours avec ses rythmes syncopés, ses accélérations, ses figures précipitées. Le tout se déliant peu à peu vers la sensualité, la rencontre, l’érotisme. L’autre duo du programme, signé William Forstyhe et interprété par Guillem, s’avère lui aussi de bonne tenue, sorte d’exercice de style où le chorégraphe manie avec brio sens de l’espace (semblant continuellement «respirer» entre dilatation et contraction), superbes jeux de lumières et virtuosité sèche et tranchante des gestes. Mais ces bonnes impressions se voient «gâchées» par le solo final de Sylvie Guillem créé par Mats Ek. L’ha

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Hannon solo

MUSIQUES | The Divine Comedy en solo : hérésie ou idée de génie ? La réponse ici et plus encore aux Nuits de Fourvière, dans le cadre de l'Odéon. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 7 juin 2012

Hannon solo

L'annonce de la venue de Neil Hannon/The Divine Comedy, que l'on n'avait plus vu à Lyon depuis le début des années 2000 provoqua chez le fan de base du Nord-Irlandais une réaction qui se décline ainsi : «Ouuuuaais !!!» suivi de «Hein ? Mais qu'est-ce que c'est que cette blague ?». «Ouuuuais !!!» parce qu'on allait enfin pouvoir se refaire en live le best-of de l'auteur de Casanova (le disque, donc) et que, comme on connaît nos Nuits de Fourvière, elles allaient nous dégainer l'Orchestre national de Lyon, de Pékin ou même de Vesoul, peu importe, pour aller avec. Et «Hein ? Qu'est-ce que c'est que cette blague ?» au moment où l'on apprenait qu'An Evening with Neil Hannon signifiait qu'en réalité le petit homme allait se produire en solo à l'Odéon, au piano et à la guitare. Onze ans qu'on n'a pas vu Nilou et il se pointe les mains dans les poches, et pourquoi pas en pyjama ? Petite précision pour qui n'est pas familier de The Divine Comedy : sa pop aux accents baroques, classiques ou romantiques, faisant la part belle, entre autres, aux arrangements emphatiques, Neil Hannon seul, c'est u

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The Stone Roses The Stone Roses – 20th Anniversary Edition

MUSIQUES | Sony BMG

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 août 2009

The Stone Roses
The Stone Roses – 20th Anniversary Edition

1989, an révolutionnaire. Bicentenaire de la mère de toutes les révolutions, celle de 1789, cette même année voyait le Mur de Berlin tomber, entraînant dans sa chute un bloc soviétique qui n’était plus que miettes et poussière d’étoile rouge. En Roumanie, on trouerait même le drapeau (et avec lui le Président) avant la fin de l’année. Loin de là, en terre d’Albion, exsangue d’une décennie de thatchérisme d’airain, se tramait un tout autre soulèvement, celui de Manchester, devenu Madchester, Manchester la dingue, sous l’effet des acides et d’une révolution musicale. En tête, les Stone Roses et leur situationnisme pop, auteurs d’un album qui scella à jamais le chaînon manquant entre les deux «Summer of love», celui de 67 et celui de 88-89, entre pop psyché et acid-house. Vingt ans ça se fête et l’album en question a droit à une énième réédition ripolinée, augmentée et forcément bienvenue. On envie même un peu ceux qui, au détour d’une gondole de supermarché culturel, tomberont sur la pépite pour la première fois. Cool, arrogant, pop, dansant comme Bacchus pompette sur la mélodie du bonheur, The Stone Roses, l’album, est l’une des plus audacieuses concentrations de tubes de l’Histoire

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