Le diable au corps

Stéphane Duchêne | Jeudi 25 octobre 2012

Qui a déjà vu le sketch d'anthologie de l'humoriste Yacine Belhousse, transfuge du Jamel Comedy Club, sur les Québécoises un peu trop bavardes pendant l'amour, a forcément en mémoire ce fameux : « Coule en moi, grand démon ! ». C'est un peu – les Québécoises vont être comblées – ce que fait Troy Von Balthazar avec sa dernière production....Is with the demon nous annonce donc, façon statut Facebook, que Troy a le diable au corps. Et comme toujours avec l'Hawaïen, c'est un démon plutôt coulant. Ça commence dans l'apaisement, puis ça se tord, comme le chanteur lors de ses concerts.

Et la noirceur finit par affleurer en douceur. Comme si toute la rage rentrée de Chokebore (dont il fut) empruntait ici des chemins plus tortueux pour se libérer avec la souplesse et la délicatesse d'un chat qu'il ne faudrait pas approcher de trop près. À l'image des désormais habituels sauts périlleux que TVB réalise sur scène, retombant toujours sur ses pattes et sur celles de sa musique peut-être jamais aussi belle et déroutante que sur ce dernier album. Habitué des scènes lyonnaises, qu'il écume les unes après les autres, c'est au Clacson que le diablotin viendra le 2 novembre faire tourner les têtes à défaut des tables.

SD

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20 ans d’écart

MUSIQUES | Et de deux revivals pour Chokebore. Après la tournée de reformation en 2011, la tournée des 20 ans cette année… Voilà qui commence à ressembler furieusement à un (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 5 novembre 2013

20 ans d’écart

Et de deux revivals pour Chokebore. Après la tournée de reformation en 2011, la tournée des 20 ans cette année… Voilà qui commence à ressembler furieusement à un début de syndrome Âge tendre et tête de bois (de mule ?). Qui s’en plaindra, quand on sait que cet anniversaire double décennal s’accompagne de la réédition – en vertu de la nouvelle équation largement répandue : "20 pions = réédition" - des premiers albums du groupe ?   A croire qu’il s’agit effectivement, contrairement à ce qu’écrivait ce rabat-joie de Paul Nizan, «du plus bel âge de la vie», fut-ce uniquement pour les groupes de rock – mais qui y-a-t-il d’autre qui compte en ce bas monde ? C’est Motionless, cri primal du groupe hawaïen, qui fête donc ses 20 ans via une ressortie vinyle chez Vicious Circle, entraînant avec lui son successeur Anything Near Water, de deux ans son cadet. Deux albums qui devraient logiquement figurer en bonne place dans les sets proposés par Troy Von Balthazar & co. pour cette tournée des grands ducs, l

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La rentrée musicale en dix dates

MUSIQUES | Nous ne savions pas dans quelle case faire entrer les dix concerts qui suivent. Mais ils sont tout autant que ceux couverts par nos panoramas, si ce n'est plus, des jalons incontournables de ce début de saison musicale. Stéphane Duchêne, Benjamin Mialot et Térence Caron

Benjamin Mialot | Mardi 24 septembre 2013

La rentrée musicale en dix dates

Born Ruffians Les quatre Canadiens de Born Ruffians avaient produit leur petit buzz en 2008 avec Red, Yellow and Blue, un disque d'indie rock de campagne galopant, joué sans effet, avec humour, en direct du garage de maman. Autant fans de country que de funk ou tout simplement de pop sophistiquée, ils sont surtout imprévisibles et là est tout leur talent. Après Say It, disque attachant où la recette se faisait encore plus raffinée et complexe, Birthmarks, le petit dernier, les voit basculer dans des sphères dansantes, électro-pop même (Permanent Hesitation, Rage Flows), tout en gardant leur versatilité. Un son plus "club-friendly" qui a séduit le brasseur Grolsch et le Sucre, mais qui s'estompera derrière les grosses guitares et la liste de tubes impeccables du groupe. Au Sucre, jeudi 3 octobre

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Noir c'est noir

MUSIQUES | Musique / Après les Melvins, c'est au tour d'un autre «groupe préféré» de Kurt Cobain de faire halte à l’Épicerie Moderne. Son nom : Chokebore, combo hawaïen auquel le rock indépendant nord-américain doit quelques unes de ses plus touchantes poussées de rage. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 12 octobre 2011

Noir c'est noir

«Les mathématiques ne peuvent effacer aucun préjugé», écrivait Goethe dans son recueil de Maximes et réflexions. «Ils auraient même tendance à les renforcer», aurait pu ajouter le penseur teuton. Exemple avec l'addition suivante : Hawaï + musique = bonhomme en paréo et à la chevelure de noix de coco qui chante au ukulélé la beauté de son île. Genre Israel Kamakawiwo'ole, Israel Iz pour les intimes, roi de la synchronisation publicitaire post-mortem avec sa reprise du Somewhere Over the Rainbow de Judy Garland in Le Magicien d'Oz. Ce qu'omet cette implacable opération, c'est qu'avant d'être une manne pour les éditeurs de catalogues de voyages, ce coin du Pacifique est un point chaud très prisé des géologues. Autrement dit une bombe volcanique à retardement, dont l'instabilité notoire ne pouvait qu'engendrer l'un des groupes les plus explosifs de l'histoire des musiques amplifiées. Ce groupe, c'est Chokebore, et on est prêt à parier notre collection de chemises à carreaux que ses fondateurs, à savoir Troy Von Balthazar, les frères James et Jonathan Kroll, et Johnny Keep ont passé leur adolescence à zoner sur les pentes du Kilauea. Cheval de TroyDébutée pour de bon en 1993

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Un plan culte

MUSIQUES | «Qu'est-ce qu'un musicien culte ?» Voilà une question à laquelle cette demie-saison musicale permettra sans doute de répondre, tant elle s'annonce riche en artistes singuliers, en légendes vivantes et en personnalités hautes en couleurs. Rendu des copies dans quatre mois. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 16 septembre 2011

Un plan culte

Ne boudons pas notre plaisir. Sur le papier au moins, il y a fort longtemps qu'on n'avait vu à Lyon se dessiner un automne aussi «rock n'roll», pour reprendre les mots de Sean Bateman, dans Les Lois de l'Attraction. Et d'attractions, cette rentrée n'en manquera pas. On le sait : «Être un programmateur libéré tu sais, c'est pas si facile» chante le refrain bien connu des Lyonnais (lire l'interview avec le collectif Grnd Zero). N'empêche que les différents acteurs locaux des musiques actuelles, des plus petits (Sonic, Kraspek, Kafé) aux plus gros (Transbordeur et Épicerie Moderne, qui remporte cette année encore la palme du meilleur boutiquier), se sortent les doigts du séant pour nous offrir le meilleur avec les moyens du bord et un maximum d'inspiration. Au point que même chez les groupes lyonnais, on sent comme une espèce d'émulation au point qu'on miserait bien quelques drachmes sur le futur des Salmon Fishers, Ronan Siri ou Taïni & StroNgs (lire l'encadré Découvertes). Certaines semaines, le mélomane qui n'a pas la chance d'être au chômage ou d'avoir le «cancer de l'assistanat» devra prendre un congé sans solde et certains soirs avoir le don d'ubiquité (ou avoir lu le Petit Bull

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Chokebore

MUSIQUES | Une autre victime de l'éclipse Nirvana. En effet, Chokebore a beau avoir été régulièrement désigné par Kurt Cobain comme «son groupe préféré», on ne peut pas dire que (...)

Benjamin Mialot | Lundi 12 septembre 2011

Chokebore

Une autre victime de l'éclipse Nirvana. En effet, Chokebore a beau avoir été régulièrement désigné par Kurt Cobain comme «son groupe préféré», on ne peut pas dire que l'annonce de sa reformation l'an passé a fait grand bruit. Un comble quand on sait que ces Hawaïens, emmené par le doux-dingue Troy Von Balthazar (dont la carrière solo est aussi sujette à dévotion), ont acquis l'éternel respect de la communauté indie rock sur la foi d'un spleen abrasif digne d'un bœuf entre Radiohead et Sonic Youth. Et si on réévaluait à la hausse les années 90 ?

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