Les mots Belin

MUSIQUES | Salué en 2010 pour le splendide "Hypernuit" et de retour à Lyon pour présenter "Parcs" à l’Épicerie Moderne, Bertrand Belin se bonifie au fil des albums, en quête d’une forme d’ascèse textuelle. Comment parler de son travail quand on est un homme de peu de mots ? Réponse ici avec l’intéressé. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 octobre 2013

Photo : Ph.Lebruman


Votre dernier album, Parcs, voit vos textes toucher à une forme d'épure de plus en plus marquée. Comme s'ils étaient guidés par la musique et le rythme plus que par le sens…

Bertrand Belin : C'est l'un de mes points d'intérêt que de travailler sur la nature des textes, d'aller vers quelque chose qui présente quelques traits originaux, une singularité. Dans la diversité du paysage de la chanson française, j'essaie d'apporter quelque chose d'un peu saillant et de voir la place que ça peut prendre dans la modernité d'aujourd'hui. Pour moi, une chanson ne se résume pas aux textes. En France, nous appréhendons d'ailleurs généralement la musique anglo-saxonne sans se préoccuper du fond du texte : nous ne sommes pas tous suffisamment anglophones pour comprendre toutes les paroles de Dylan. Du coup, dès lors qu'on chante en français devant un public français, le sens du texte a tendance à prendre immédiatement le dessus, souvent au détriment de ce qu'on a glissé de sens dans la musique.

Y-a-t-il chez vous une volonté de déconstruire le format de la chanson, la manière dont elle s'écrit ?

Oui, mais sans déconstruire les volontés des autres ou leurs chansons. En fait, ça correspond surtout pour moi à une façon de vivre le monde, d'y prendre part en acceptant son caractère insoluble. Mon pari c'est de considérer que les mots ne peuvent pas tout dire et que, de là, beaucoup de mots ne disent pas forcément plus que peu de mots.

Est-ce vrai que lorsque vous les "écrivez", vous ne couchez jamais vos textes sur papier ?

En effet. Je les accumule, je les chante au sein de la musique, c'est ma manière de faire. Mes textes n'ont pas vocation à être lus mais à être entendus avec de la musique. Les lire, donc les écrire, ce serait les détourner de leur emploi premier.

A la sortie d'Hypernuit vous aviez qualifié votre musique de «plus tellurique». Ce disque semble avoir marqué une étape importante de votre musique, vers davantage de gravité, à tous les sens du terme…

Sur le premier album [Parcs est son quatrième, NDLR], il y avait quand même déjà des passages assez graves, pas si éloignés de ce que je fais aujourd'hui, même si on retient en général plutôt son côté solaire. Mais ma voix a changé aussi. Elle est plus grave, charrie des choses différentes et donne peut-être une impression de plus de profondeur.

Avez-vous changé votre manière de chanter ou est-ce votre voix qui évolue naturellement ?

Les deux. Ca fait partie de mon travail, en tant que chanteur, de recherche sur le sens et le son. Et puis, il faudrait demander ça à un ORL, mais il faut croire aussi qu'il y a une mutation de ma voix qui s'opère simplement par le fait de vivre, avec le temps qui passe...

Pourquoi le thème de la fuite du temps vous obsède-t-il à ce point ?

Il faudrait se lancer dans une psychanalyse longue et coûteuse pour répondre à cette question (rires). Mais franchement, s'il y a des gens sur cette planète qui ne sont pas concernés par ce thème, j'aimerais bien les rencontrer. Ca touche tout le monde et je n'y échappe pas. Et puis le rapport de force avec le temps est constitutif de l'écriture. 

Vous êtes allé enregistrer Parcs à Sheffield, aux Yellow Arch Studios de Mark Sheridan. Vous y cherchiez quelque chose en particulier ?

Le dépaysement surtout. En fait, tout est parti du directeur artistique de mon label qui m'a dit : «Tu devrais rencontrer Mark Sheridan. Je pense que vous avez des choses à vous dire». J'ai suivi son conseil, on s'est rencontré plusieurs fois et ça m'a donné envie de poursuivre le travail à Sheffield. Je n'ai découvert qu'après les faits d'armes de ce studio [Arctic Monkeys, Goldfrapp, Richard Hawley, NdlR]. Beaucoup de groupes ont joué là-bas, le lieu en est imprégné, mais ce n'est pas ce que je suis allé chercher. A mes yeux, ça n'a pas énormément de valeur.

Concrètement, qu'est-ce que cette collaboration a apporté à Parcs ?

J'avais déjà une idée assez précise de ce que je voulais obtenir – du moins pour ce qui peut être anticipé. J'avais pas mal préparé les chansons en amont et on est allé là-bas pour mettre les choses en grand. Mark a apporté sa grâce et son savoir-faire. Réaliser un disque ce n'est pas qu'une affaire de notes et de rythme, c'est aussi organiser des journées de studio, diffuser une humeur et une présence humaine qui va faire naître les chansons dans un environnement propice.

Sur scène, vos morceaux prennent une dimension tout autre : beaucoup plus rock, plus enlevée. On sent une vraie joie, presque adolescente, de se produire sur scène, celle des premiers groupes.

Les concerts, ce sont des moments présents, des moments de présence. Les disques, pour moi, s'inscrivent dans un rapport paradoxal car mes chansons sont avant tout faites pour être jouées sur scène. Si j'enregistre des disques c'est parce que ça se fait, parce qu'il faut vendre des albums pour pouvoir diffuser sa musique. Et je ne m'attache pas du tout à créer un lien d'égalité ou de cohérence entre la scène et le disque. Ce sont deux choses très distinctes et ça l'a toujours été pour moi. D'où la différence entre cette soi-disant mélancolie de mes disques et la notion de jeu – dans toutes les acceptions du terme – que permet la scène.

 

Bertrand Belin [+ H-Burns]
A l'Epicerie Moderne, vendredi 18 octobre


Bertrand Belin + H-Burns & cuivres

Pop française
Épicerie Moderne Place René Lescot Feyzin
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Bertrand Belin : le livre de la jungle

Littérature | En amont de son passage aux Nuits de Fourvière, le chanteur et romancier Bertrand Belin se fend d'une halte à Musicalame. L'occasion d'évoquer son troisième roman, Grands Carnivores, qui au fil d'une écriture virtuose déchiquète les mécanismes de la peur comme carburant d'une société sauvage.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 avril 2019

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« Puisqu'ils ne sont ni visibles, ni nulle part, hélas, il faut donc qu'ils soient partout ». « Ils » ce sont les fauves, échappés d'un cirque, la faute à un employé qui a laissé ouverte des cages qu'il a pourtant refermées (sic) – on ne saura jamais le fin mot de l'histoire –, des fauves, lions, tigres, on ne sait, en liberté dans une ville indéterminée d'un Empire dont on ne nous dit que le déclin certain et le froid qui cingle comme une « gifle orientale ». Mais c'est aussi la peur qui s'installe alors en ville, se répandant comme un virus, plus sûrement une rumeur, nappée d'irrationnel et de fantasmes mal placés (« le faux vrai se devait d'avoir l'air encore plus vrai que du vrai vrai »). « Ils » ce pourrait être n'importe quoi, n'importe qui, et donc, par association, l'autre, celui qu'on exècre parce qu'il est une menace, ou qui est une menace parce qu'on l'exècre. À l'image de cette figure témoin qu'est le « récemment promu nouveau directeur des entreprises de ressorts et boulons », un arriviste confit dans le rance de ses valeurs, et de son antithèse de frère honni et jalousé, artiste-peintre coupa

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