Fauve aux Nuits de Fourvière

Benjamin Mialot | Mardi 4 février 2014

Alors qu'il est en passe de remplir une vingtaine de fois le Bataclan, on apprend que le phénomène Fauve (dont nous avions causé à l'occasion de sa première incursion en terres lyonnaises), dont le premier album vient de sortir, se produira aux Nuits de Fourvière dimanche 15 juin.

Il rejoint ainsi Etienne Daho, Phoenix, les Pixies et Stromae, premières têtes d'une affiche musicale qui s'annonce colossale.

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Nastassja Martin : rouge baiser

Story | Dans un sublime récit baptisé Croire aux fauves, l'anthropologue Nastassja Martin raconte sa terrible rencontre avec un ours, sa reconstruction physique et psychologique et l'étrange métamorphose qu'elle induit. Un texte infiniment poétique qui est aussi une plongée dans l'intimité du travail des anthropologues, ces chamanes de notre temps.

Stéphane Duchêne | Mercredi 12 février 2020

Nastassja Martin : rouge baiser

«L’ours est parti depuis plusieurs heures maintenant et moi j’attends, j’attends que la brume se dissipe. La steppe est rouge, les mains sont rouges, le visage tuméfié et déchiré ne se ressemble plus. » Ainsi débute Croire aux fauves, sans exposition, sans les présentations d'usage, à vif, avec pour tout décor connu : la steppe. Une femme gît dans ce paysage, en sang, la mâchoire broyée et le cuir chevelu cisaillé. Elle vient de croiser un ours. De trop près. Drôle d'endroit pour une rencontre ? Plutôt deux fois qu'une : à cet endroit, sur un plateau glaciaire du Kamtchatka, d'ordinaire les ours ne s'aventurent guère – il n'y a rien pour faire bombance. Le truc, c'est que les humains non plus. Sauf ce jour-là donc, où la femme a vu l'ours et avec lui sa dernière heure arriver avant que l'animal, inexplicablement, ne se ravise. Cette femme, c'est l'autrice elle-même, Nastassja Martin, anthropologue élevée au savoir du grand Philippe Descola et spécialisée dans l'étude des peuples arctiques sur un terrain de jeu immense allant de l'Alaska à la Sibérie extrême-orientale. On avait ainsi pu lire, dans Les Âmes sauvages, le récit de son séjour chez

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Le café Arsène casse la croûte

Restaurant | Les anciens tenanciers de l'Escarcelle convoquent l'esprit (pas suranné mais rénové) des bistrots à la française dans un ancien atelier de bijoutier du 1er arrondissement.

Adrien Simon | Mardi 28 juin 2016

Le café Arsène casse la croûte

On avait lu que deux trentenaires — déjà connus pour leur resto sous les Chartreux : l'Escarcelle, aujourd'hui fermé — voulaient se lancer dans le « vieux café-comptoir à la française, où l'animation ne s'arrêterait jamais. » Ils annonçaient, près de l'Opéra, un vrai (de vrai) bistrot, où l'on pourrait manger un sandwich au bar en lisant la presse ; boire une pression en consultant ses mails ; tenir le crachoir auprès du patron ; avaler un plat du jour sur des banquettes en skaï. Et les patrons de convoquer l'esprit des années 20 : café Arsène, donc. Avant d'arriver, on s'imaginait un vieux zinc en reprise, à l'instar du Café du Rhône, ou du Bistrot des Fauves. Pas du tout. On a l'impression d'un grand cube creusé directement dans la pierre, s'ouvrant via une grande double-porte en bois. Au centre, un énorme comptoir, tout neuf, massif et cubique lui aussi. Autour, des tables hautes, pour boire un coup vite fait. Le long des murs, quelques banquettes en cuir encore brillantes, et au plafond (haut, le plafond) une suspension monumentale. Ok : new look, le café-comptoir. C'est l'atelier d'architecte lyonnais D

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Gerson fait son cirque

SCENES | Cette semaine au café-théâtre, on nous rejoue l'affrontement de David et Goliath – mais en match amical, d'après les intéressés. Dans le rôle du mastodonte, la (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Gerson fait son cirque

Cette semaine au café-théâtre, on nous rejoue l'affrontement de David et Goliath – mais en match amical, d'après les intéressés. Dans le rôle du mastodonte, la "succursale" lyonnaise de Juste pour Rire, dont nous vous détaillions ici-même le programme la semaine dernière. Dans celui du poids plume, l'Espace Gerson qui organise en frontal la troisième édition de son festival maison à la Salle Rameau. Pas sûr qu'il terrasse son "adversaire", d'autant que l'événement est cette année ramassé sur deux dates (vendredi 2 et samedi 3 octobre), mais peu importe, l'essentiel est qu'il demeure fidèle à sa vocation d'offrir de l'exposition aux humoristes en développement. Six d'entre eux prendront part au traditionnel tremplin ouvrant chaque soirée. Nos favoris : Bruce Fauveau et ses sketchs astucieusement minimalistes (un tour du monde bruité, un mime de la ponctuation d'une lettre de rupture) et Larry Benzaken, écrivain inaccompli au cynisme joliment verbeux, qui auront l'honneur d'ouvrir, respectivement, pour le procrastinateur au grand cœur Arnaud Cosson et Warren Zavatta, pet

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Foreztival, une drôle de ménagerie

MUSIQUES | Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Foreztival, une drôle de ménagerie

Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle d'oiseau à six pattes – depuis que DJ Pone est allé voir ailleurs si le ciel y était plus bleu – qui n'a de cesse d'emmener le hip-hop instrumental vers de nouveaux horizons, là où ses suiveurs, paresseuses poules aux œufs d'or, se contentent d'en picorer les racines black ad nauseam. Mais aussi le Fauve, inoffensive bestiole dont le cri, sorte de logorrhée de fan de Diabologum en pleine mue, a tendance à nous rendre fou de la gâchette (de fusil hypodermique, on n'est pas des bêtes). Et puis des punks en voie d'extinction (Les Sheriff), une chimère afro-funk (Vaudou Game), un ex-lion au régime strict de vers libres (Kacem Wapalek), des mélodies électroniques serpentines (charmées par Fakear) ou encore des animaux migrateurs se repérant par écholocalisation de basses fréquences (les pionniers du french dub High Tone, featuring le MC halluciné Oddateee)

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Bruits de saison

MUSIQUES | Est-ce parce qu'on commence à être habitué à ce genre de cirque ? Toujours est-il que non, le bruit qui accompagnera la venue lyonnaise d'une Christine & the Queens au sommet du succès ne suffira pas à éclipser le reste d'une programmation de fort belle facture. Et vous savez quoi ? C'est tant mieux. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Bruits de saison

En matière de musique, la hate est un fruit de saison, savamment cultivée par les réseaux sociaux, par ce fléau mondial que constitue l'aigreur d'estomac – surtout en sortie de fêtes de fin d'année –, par quelques médias victimes d'hypocondrie culturelle et, il faut bien le dire, par ceux qui la provoquent. On a ainsi droit comme ça à un ou deux boucs émissaires par an cristallisant les crispations d'une certaine branchitude mal définie. On ne vous fera pas languir plus longtemps : après Woodkid, Stromae et Fauve (qui reviendra, le 2 avril, en grande surface qui plus est, puisqu'à la Halle Tony Garnier, ramasser des forêts de cœurs avec les doigts et sans doute quelques seaux de merde), c'est au tour de Christine & the Queens (4 mars au Transbordeur) d'énerver son monde sur le thème : talent fou ou blague de l'année ? Alors oui, dans ces cas-là, o

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La Halle Tony Garnier a 100 ans

MUSIQUES | C'était en 1914, souvenez-vous (mais si, faites un effort) : sur une commande du maire Edouard Herriot, Tony Garnier mettait la touche finale à la fameuse (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 2 octobre 2014

La Halle Tony Garnier a 100 ans

C'était en 1914, souvenez-vous (mais si, faites un effort) : sur une commande du maire Edouard Herriot, Tony Garnier mettait la touche finale à la fameuse halle qui porte aujourd'hui son nom, censée abriter abattoirs et marché aux bestiaux. La Première Guerre mondiale en décida temporairement autrement. Réquisitionnée, elle  casernes et usine d'armement avant de retrouver sa fonction. Devenu à terme une salle de spectacles, l'endroit fête donc ses cent ans. Et c'est nous qui sommes bien contents. Déjà parce que la Halle en profitera, comme vous le savez, pour "investir" toutes les salles qui comptent à Lyon (Breton au Marché Gare le 21 novembre, Deltron 3030 au Transbordeur le 27, Owen Pallett à l’Épicerie Moderne le 6 décembre...). Mais aussi parce que la fête se prolongera en 2015 avec l'accueil de belles pointures parmi lesquelles le duo blues-rock The Black Keys (7 mars), les vieilles gloires du nu-metal System of a Down (14 mars, date unique en France qu'on espère plus calme que celle de 2005), Ennio Morricone (18

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Saint-Étienne Daho aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | D'un coup, Etienne Daho, qu'on a cru une fois de plus au supplice, a recouvré santé et inspiration, à la faveur de ses "Chansons de l'Innocence retrouvée". Qui valent à l'invincible et imperturbable Rennais de remonter sur la scène de Fourvière avec son meilleur album depuis des lustres. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 15 juillet 2014

Saint-Étienne Daho aux Nuits de Fourvière

«Bien sûr, je connais tes plaies et tes blessures / cyanure, tes souvenirs ont la peau dure / fêlures, à chacun son chemin, chacun ses déchirures mais je les ressens comme toi». Ces quelques vers sont issus de La Peau Dure, l'un des singles extraits du dernier album d'Etienne Daho, Les Chansons de l'Innocence retrouvée. Une chanson qui aurait tout aussi bien pu donner son titre au disque tout entier, tant elle résume l'énième retour et la carrière du Rennais. Car s'il est un constat à faire au sujet d'Etienne Daho, c'est que sa capacité de régénération et, oserait-on dire, de résurrection, confine au divin. Voilà un type que l'on a annoncé maintes fois trépassé ou pas loin, et qui toujours nous revient d'entre les mo(r)ts. Est-ce son côté Dorian Gray de la pop française ? Toujours est-il que Daho n'est jamais aussi vivant que quand on le croît clamsé. En 1995, alors qu'il est en exil artistique à Londres, on l'annonce mort du sida. Il revient en Saint Etienne Daho – en duo avec le groupe britannique Saint Etienne pour un EP baptisé Réséréction

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Trésor National

MUSIQUES | Si The National n'est pas le meilleur groupe du monde – méfions-nous, ce n'est pas impossible – il en est le plus fascinant. Oscillant entre blizzard glacé du détachement et orages de chaleur humaine, et trouvant au milieu un chemin de croix rock de toute beauté. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 15 juillet 2014

Trésor National

«Si les National étaient noirs, ce serait du blues. Mais c’est du cafard à la mie de pain blanc, spleen vieille Europe déracinée» écrivait l'an dernier ce brave Bayon à l'occasion de la sortie du déceptif (pas pour lui) Trouble Will Find Me. C'était aussi le cas de Joy Division, gang de blues blafard au groove épileptique dépigmenté par l'atmosphère grassement grise d'une Manchester pas encore Mad. Coincée sur la route du blues entre Chicago, Léviathan du Midwest, Saint-Louis, la porte d'entrée de l'Ouest, et le Nord-Est industriel, Cincinnati, ville natale de The National, n'a rien à envier à la cité de briques des Midlands – ce nœud fluvial a perdu la moitié de ses habitants en soixante ans du fait de l'avènement du rail. C'est une très jolie ville où personne ne va jamais et où il vaut mieux aimer le baseball. Pas le genre à valider des destins donc. De Cincinnati, rapidement évacuée à l'heure des études, d'abord par Matt Berninger et Scott Devendorf, puis par leurs cadets, Bryan Devendorf et ses potes les jumeaux Dessner, les National ont ramené un élan mauss

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Joyeux bordels

SCENES | Cette semaine à Fourvière, deux conceptions du cirque en collectif "s'affrontent". Celle, brindezingue, des Français d'Akoréacro. Et celle, harmonieuse, des Canadiens des 7 Doigts de la Main. And the winner is... Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 8 juillet 2014

Joyeux bordels

«Le football est un sport simple : vingt-deux hommes poursuivent un ballon pendant quatre-vingt dix minutes et à la fin, les Allemands gagnent». Édictée par l'avant-centre anglais Gary Lineker au sortir d'une défaite accrochée face à la RDA en demi-finale de la Coupe du monde 1990, cette loi s'est confirmée aux dépens des Bleus en quart de finale de celle qui s'achèvera ce dimanche. On pourrait en imaginer une toute aussi fantaisiste et impitoyable pour le cirque : «Le cirque est une discipline simple : une dizaine d'hommes et femmes défient la gravité pendant quatre-vingt dix minutes et à la fin, les Canadiens gagnent». C'est le cas cette semaine à Fourvière, également au détriment de Français, à savoir le collectif indrien Akoréacro. Klaxon, la création à onze têtes qu'il présente sous son propre chapiteau, ne démérite pourtant pas, notamment dans sa façon d'accorder prouesses physiques et musicales. Ici, un piano à queue sert de socle à des portés tandis que son interprète se révèle capable d'effectuer des sauts de carpe

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Vanessa Paradis revient aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | Après une première date à guichet fermé, Vanessa Paradis aurait dû se produire une seconde fois aux Nuits de Fourvière en compagnie des musiciens du (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 juin 2014

Vanessa Paradis revient aux Nuits de Fourvière

Après une première date à guichet fermé, Vanessa Paradis aurait dû se produire une seconde fois aux Nuits de Fourvière en compagnie des musiciens du Conservatoire à Rayonnement Régional - et de son compagnon et chef d'orchestre d'un soir Benjamin Biolay. C'était compter sans la gronde des intermittents qui, de mystérieuses promotions du premier album de The XX en journées de grève, entraina l'annulation de ce retour. Bonne nouvelle, Vaness' revisitera bel et bien une seconde fois ses Love Songs aux Nuits de Fourvière : ce sera le 27 juillet à 21h30. A croire que les histoires d'amour ne finissent pas toujours mal. Les billets seront en vente à partir du 27 juin à 11h.

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Quand la ligne prend corps

SCENES | A propos du tracé et du dessin, le philosophe Jean-Luc Nancy écrit : «C'est la trace d'un mouvement qui ouvre une différence des lieux et qui l'inscrit avec (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 juin 2014

Quand la ligne prend corps

A propos du tracé et du dessin, le philosophe Jean-Luc Nancy écrit : «C'est la trace d'un mouvement qui ouvre une différence des lieux et qui l'inscrit avec son rythme, son allure : une ligne, c'est-à-dire une incision, un écartement, un élan et une échappée». On entend là toutes les résonances que le dessin peut avoir avec la chorégraphie, cette "graphie" des corps. Dernièrement, Mathilde Monnier, François Verret, Trisha Brown, Benoît Lachambre se sont inspiré de ces échos dans leurs pièces. La chorégraphe canadienne Marie Chouinard (dont on avait vu le très beau Sacre du printemps lors d'une Biennale de la danse à Lyon) adapte, elle, les dessins et le poème d'Henri Michaux contenus dans le livre Mouvements. Ballet en un acte, Henri Michaux : Mouvements fait danser ces «mouvements à jets multiples, fête des taches, gammes des bras» avec, en arrière-plan, une projection des dessins du poète. Cette pièce sera jouée aux Nuits de Fourvière (les 30 juin et 1er juillet à l'Odéon) avec Gymnopédies, autre ballet pour douze danseurs articulé autour de la figure et des transformations du duo, sur les musiqu

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Pas de Nuits de Fourvière lundi 16 juin

CONNAITRE | Jusqu'ici épargnées par la grève des intermittents du spectacle, les Nuits de Fourvière se voient contraintes d'annuler la représentation des trois spectacles (...)

Benjamin Mialot | Dimanche 15 juin 2014

Pas de Nuits de Fourvière lundi 16 juin

Jusqu'ici épargnées par la grève des intermittents du spectacle, les Nuits de Fourvière se voient contraintes d'annuler la représentation des trois spectacles programmés demain, à savoir le concert de Vanessa Paradis avec l'Orchestre du CCR, la première d'Ignorance du Old Trout Puppet Workshop et celle de War & Breakfast par les élèves de l'ENSATT. Voici le communiqué que le festival nous a fait parvenir. Aujourd’hui à 13h, les personnels intermittents sous contrat aux Nuits de Fourvière, ont voté leur participation au mouvement national de grève du 16 juin. Le résultat de cette élection à bulletin secret avec une liste de 77 électeurs est le suivant : 80, 5% ont voté pour la grève, 14, 3% ont voté contre la grève, 5, 2% ont voté blanc. En conséquence, les Nuits de Fourvière ne seront pas en mesure de présenter les trois spectacles prévus ce même 16 juin, à savoir le concert de Vanessa Paradis avec l’Orchestre du Conservatoire à Rayonnement Régional sous la direction musicale de Benjamin Biolay au Grand Théâtre et les représentations d’Ignorance par la compagnie canadienne Old Trout Puppet Workshop au Théâtre Nouvelle

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«Une nouvelle étape»

SCENES | Le hip-hop a ses classiques. La preuve : le pionnier Mourad Merzouki propose aux Nuits de Fourvière "Répertoire #1", patchwork d'une partie de ses créations et de celles de ses camarades Bouba Landrille Tchouda, Kader Attou, Anthony Égéa et Marion Motin. A quelques heures d'une représentation de "Boxe Boxe" à Londres, il revient pour nous sur son art et sa transmission. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 17 juin 2014

«Une nouvelle étape»

Il y a vingt ans quand on parlait de hip-hop, on nommait un phénomène de mode. Aujourd’hui c’est une danse à part entière. Le titre de votre nouvelle création, Répertoire, est à cet égard des plus limpides...Mourad Merzouki : Oui, il s’est passé plein de choses, des créations ont marqué le paysage chorégraphique français et ont été vues par un public très large. Je trouve que c’est important de valoriser ce répertoire-là, de voir ce qu’il a apporté et généré dans le monde de la danse. On oublie vite que le hip-hop peut être regardé, encouragé, soutenu comme n’importe quelle autre danse. Ce spectacle est aussi une façon de regarder devant nous pour continuer ce chemin. On pose une nouvelle étape.  C’est un spectacle que vous avez conçu sans pause. Comment l’avez-vous construit avec les autres chorégraphes ?J’ai choisi treize extraits de spectacles. Ensuite, l’idée est de faire en sorte que le spectateur puisse passer d’une écriture à une autre sans qu’il y ait un rideau, un entracte ou une quelconque interruption entre les chorégraphies. Je vais donc proposer un travail de création avec un fil rouge d’une pièce à l’au

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Le plus grand cabaret du monde

SCENES | Pour sa troisième invitation aux Nuits de Fourvière, la compagnie australienne Circa revisite l'univers fantasmagorique du cabaret. Ça s'appelle Beyond, et ça va effectivement bien au-delà de l'encanaillement pailleté. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 juin 2014

Le plus grand cabaret du monde

La fin de saison sera froufroutante ou ne sera pas. Après le fantasque et quasi testamentaire Et pourquoi pas la Lune ? de Cédric Marchal et tandis que les girls girondes de Tournée font tournoyer leurs tétons aux Célestins , c'est au tour de Circa de s'emparer de la dinguerie et de la volupté du cabaret avec Beyond. La compagnie australienne part av

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Haut en couleurs

SCENES | Une maison, des lumières éclatantes qui disparaissent ou surgissent d’un fond de scène tantôt bleu ciel tantôt noir : d'emblée, dans Zinnias, the Life of Clementine (...)

Nadja Pobel | Mardi 3 juin 2014

Haut en couleurs

Une maison, des lumières éclatantes qui disparaissent ou surgissent d’un fond de scène tantôt bleu ciel tantôt noir : d'emblée, dans Zinnias, the Life of Clementine Hunter, tout Bob Wilson est là. Plus heureux, moins conceptuel que la plupart de ses spectacles, cet opéra en un acte pour onze comédiens est un retour à sa première rencontre avec une artiste. Bob Wilson a douze ans lorsqu’en vacances en Louisiane, lui le Texan, visite la plantation de Melrose à Natchitoches. Il y croise Clementine Hunter, peintre autodidacte qui s’inspire dans ses toiles de son travail quotidien dans la solitude des champs de coton et dont les tableaux très colorés (un des plus fameux est justement intitulé Zinnias) sont aujourd’hui exposés dans de nombreux musées américains, dont le National Museum of African-American History and Culture qui ouvrira en 2015 à Washington – une reconnaissance que retranscrit la dernière partie du spectacle. Au-delà de l’histoire singulière de cette femme, interprétée par Carla Duren, Bob Wilson en profite pour évoquer deux siècles de musique afro-américaine. Blues, rock mais aussi gospel habitent ainsi cette création donnée pour la première

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Vanessa Paradis se dédouble à Fourvière

MUSIQUES | Rapidement complet, le concert de Vanessa Paradis (et Benjamin Biolay à la direction musicale) aux Nuits de Fourvière ne restera pas sans suite : elle (...)

Benjamin Mialot | Lundi 19 mai 2014

Vanessa Paradis se dédouble à Fourvière

Rapidement complet, le concert de Vanessa Paradis (et Benjamin Biolay à la direction musicale) aux Nuits de Fourvière ne restera pas sans suite : elle reviendra au Grand Théâtre lundi 16 juin. Ouverture de la location à partir du jeudi 22 mai, 11h.

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Fauve qui peut

MUSIQUES | Il est peu de groupes cultes qui peuvent se permettre le luxe de décevoir dès leur premier album. Après le buzz grandissant né fin 2012 sur le net, un EP cinglant baptisé "Blizzard" et un véritable raz-de-marée de concerts sold out, la montagne Fauve a, avec "Vieux Frères", accouché d'une souris. "Génie" déjà essoufflé ou créature en pleine mutation ? Il faudra attendre la suite pour le savoir, annoncée pour l'automne. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mars 2014

Fauve qui peut

Lors de la première venue de Fauve dans les environs, au Théâtre de Villefranche, on avait souligné dans ces pages-même l’éventualité qu’à plus ou moins court terme, de cette étincelle devenue feu de forêt il ne resterait plus qu’un paysage désolé. Piétiné par l’élan des fans, parti en torche. Fauve avait tout pour exploser en vol et on était près à souffler sur les braises, à balancer de l’essence, parce que c'est ainsi que ç'aurait été le plus beau – «Better to burn out than to fade away» chanta Neil Young, offrant ainsi bien malgré lui à Kurt Cobain la plus mauvaise des idées et la meilleure des épitaphes, éclaboussée sur un mur. C’était au moment de Blizzard, EP en forme de coups au foie et de retour d’une certaine foi. Et si au final "le phénomène Fauve", décortiqué façon papillon jusque dans les pages "Evénement" de Libération – assorti d'une courte critique écrite «du bout des doigts» – cloué aussi, au mur, au pilori, par bien d’autres - y compris dans les pages du même Libération par l’inénarrable "Bourre-paf" de Garrigos et Roberts -, parodié, moqué – bien maigre rançon de la gloire à vrai dire – connaissait la pire d

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Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

CONNAITRE | 65 spectacles, 170 levers de rideau, des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison de la danse : les Nuits de Fourvière s'annoncent plus foisonnantes que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 mars 2014

Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

L'an passé, nous saluions le starpower de la soixante-huitième édition des Nuits de Fourvière. Maintenant que nous connaissons la teneur de la soixante-neuvième, nous voilà contraints de revoir notre jugement à la baisse : en termes d'éclat et de densité, la programmation de 2014 est à celle de 2013 ce que la Grande Nébuleuse d’Andromède est à la Voie Lactée. Le principal artisan de ce saut hyperspatial qualitatif n'est autre que Richard Robert, transfuge des Inrockuptibles qui semble avoir avoir définitivement trouvé ses marques de conseiller artistique. Impeccablement équilibré entre reconnaissance de phénomènes franco-belges (Phoenix,  Fauve et Stromae), concerts événementiels (un hommage à Robert Wyatt, Benjamin Biolay qui dirigera un orchestre pour sa nouvelle muse, Vanessa Paradis), rappels de la suprématie de la pop d'outre-Manche (le collectif multimédia Breton, Damon Albarn pour son premier album solo, Franz Ferdinand, Miles Kane), passages ob

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La Loi du retour

MUSIQUES | A force de la pratiquer, on le sait, la programmation musicale n’est régie par rien d’autre que les antiques lois de l’éternel retour. Nouvelle année, nouveau printemps, perpétuel recommencement. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 janvier 2014

La Loi du retour

On peut, en cette période d’Epiphanie généralisée et à la manière de Nietzsche dans le Gai Savoir, voir l’«éternel retour du même» comme une malédiction ou une bénédiction. C’est tout l’enjeu de l’expérience humaine. Pour ce qui nous intéresse ici, gageons qu’il faille prendre le mouvement renouvelé des saisons musicales, la succession des «cycles de manifestation», pourrions nous-dire en tordant un concept si cher à l’essayiste Pacôme Thiellement, comme une chance de (re)vivre des instants essentiels. A ceux pour qui rater un concert équivaut à passer à côté de sa vie, quelle belle saison s’ouvre devant vous après un automne de carême : auriez-vous loupé, en vrac, le lutin démiurgique Woodkid (le 21 février à la Halle), les exorcistes de la «Mauvaise Nouvelle» Fauve («Ne crains rien, car je suis avec toi. (…) Je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante

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Trouver la voix

MUSIQUES | Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 15 novembre 2013

Trouver la voix

Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans laissent un peu de places aux autres –, Nouvelles Voix est, comme son nom l'indique et avec la même régularité que le Beaujolais Nouveau, voué à la découverte d'artistes en devenir. Le tout étant de savoir où exactement est placé le curseur du "devenir". Pour le reste, Nouvelle Voix étend cette raison sociale à un champ toujours plus élargi d'esthétiques : chanson bien sûr avec Maissiat, Barcella et Sophie Maurin, rock (celui pour enfants de The Wackids et celui qui leur fait peur par Darko), pop(s) (Edward Barrow, Pegase, Puggy) et même country-folk québécois avec Lisa Leblanc, quelque part entre Linda Lemay (non, ne partez pas !) et Mama Rosin. Sans oublier la place laissée à la scène locale avec le duo du bayou jurassien Catfish, les propositions indécentes d'Erotic Market, l'inépuisable catch & shoot de Taïni & Strongs et Victor, le régional de l'étape

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J'aime (pas) la chanson française

MUSIQUES | Au Petit Bulletin nous avons cette réputation, en laquelle nous croyons parfois nous-mêmes, qui veut qu’à l’instar du titre des opus du dessinateur Luz, «[On] n'aime (toujours) pas la chanson française». La preuve que si, un peu. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

J'aime (pas) la chanson française

On a beau eu noircir des Unes sur Françoiz Breut, la révélation Daisy Lambert, faire des ronds de jambes à Emilie Loizeau, Jean-Louis Murat, Benji Biolay, ou même ce drôle d'animal qu'on appelle Fauve – qui revient d'ailleurs déverser sa bile casse-gueule au Festival Nouvelles Voix à Villefranche – rien n'y fait. Une réputation, ça vous colle à la peau comme le pansement du Capitaine Haddock, tout ça parce qu'on n'est pas à fond sur Calogero – et ce n'est pas avec Circus, son opéra pop, que ça va s'arranger – ou que Jean-Jacques Goldman n'est pas notre français préféré. Le truc c’est qu’appréhender la notion de chanson française c’est comme essayer d’attraper un

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Le beau Blizzard

MUSIQUES | Passé en quelques mois du statut de buzz autogéré à celui de phénomène de foire perpétuellement sold out, le collectif Fauve redéfinit les contours du rock français à coups de spoken word qui se mord la langue. A n'écouter qu'au premier degré. Comprendre : en grelottant dans le "Blizzard", du titre de son premier EP. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 24 mai 2013

Le beau Blizzard

«Toutes choses égales par ailleurs», comme disent les sociologues, Fauve n'est égal à rien, cultive la différence jusqu'à porter le signe "≠" en blason. Quand certains clament «on boit et puis on danse», ici, on vomit d'avoir trop trinqué ; on régurgite des logorrhées dégorgées sans filtre, à ravaler comme telles au risque du dégoût ; on cristallise moins la pensée par le verbe qu'on ne la dynamite pour en ramasser les miettes. Se ramasser soi-même à la petite cuiller pour charrier des tractopelles d'illusions à retrouver. Raviver une lueur d'espoir à laquelle on s'accroche comme à la poignée d'herbe qui nous suspend à la falaise. Les influences sont pourtant là, prégnantes et avouées comme les Pixies, le Wu-Tang, Lou Reed, ou fantomatiques : on ne peut s'empêcher d'entendre là l'écho, c'est le mot, d'une formation de jeunes révoltés qui ne disait pas son nom, The Feelies. Fauve, c'est The Boy with the Perpetual Nervousness au carré.

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