Berlioz, les sorcières et les loups garous

Festival Berlioz | La Côte-Saint-André se prépare. En Août, l’incontournable Festival Berlioz va résonner dans tous les contreforts de l’Isère. Cette nouvelle programmation a une couleur toute particulière : les sorcières seront au rendez-vous, les monstres et les diables vont sortir du bois.

Pascale Clavel | Mardi 21 juin 2016

Photo : © DR


Berlioz : un romantique génial, un orchestrateur hors-norme, un chef d'orchestre impétueux, un compositeur rare écrivant avec autant de brio une symphonie qu'un oratorio. Il a composé des mélodies sublimes, des opéras grandioses, a été nourri aux œuvres de Shakespeare et de Virgile, s'est immergé dans les légendes les plus énigmatiques. La musique de Berlioz reste unique. C'est dans sa ville natale que s'est installé depuis longtemps un festival qui lui rend un vibrant hommage.

Pour cette nouvelle édition, s'invitent du décalage, de l'humour, du grand, du beau, un brassage d'ingrédients subtils, des chemins musicaux de traverse. Une recette succulente à faire pâlir les chefs les plus étoilés ; et dans la marmite, un mélange plutôt original avec du cinéma, une intégrale pour piano de Chopin, des monuments de la musique berliozienne, de la poésie de Baudelaire, de la danse et d'autres joyeuses surprises.

Recette gagnante

L'Ouverture est en forme de bizarrerie, le public étant invité à se rendre au château et devant se laisser surprendre : ici des contes et des légendes, là une dégustation de produits du terroir, là-bas des concerts, des lectures dans les salons et pour les plus hardis… de la musique au fin fond des grottes ! Une Symphonie fantastique déjantée, revue et corrigée avec des cors des Alpes.

Dans ce château Louis XI, voici une soirée magique, entièrement consacrée à un Berlioz moins connu que celui de la Damnation, beaucoup plus intime, celui des Nuits d'été. Ce cycle de mélodies à l'écriture tendre, sensuelle, « soulève ta paupière close, qu'effleure un songe virginal, je suis le spectre d'une rose que tu portais hier au bal…» sera interprété par la divine Anne Sofie von Otter.

Dans le lourd et l'incontournable, le Festival Berlioz a fait fort, invitant pour la troisième fois consécutive Sir John Eliot Gardiner et son Orchestre Révolutionnaire et Romantique pour un Roméo et Juliette à couper le souffle. Parce qu'elles sont rares à ce poste et parce qu'elle est l'une des meilleures cheffes du moment, il ne faut pas rater la version débridée de la Symphonie fantastique donnée en clôture par la très talentueuse Marzena Diakun.

Festival Berlioz
À La Côte-Saint-André du 19 au 30 Août 2016

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Tout en majesté

Festival Berlioz | Pour le 150e anniversaire de la mort de Berlioz - acte 2 - on nous annonce : "Le roi Hector". L’acte 1 nous avait montré un "sacré Berlioz". In fine, on célèbre un sacré roi Hector Berlioz par toutes ses facettes, dans tout son génie.

Pascale Clavel | Mardi 11 juin 2019

Tout en majesté

Berlioz, compositeur si singulier dans l’histoire de la musique, est fêté en grande pompe, et cela promet de la démesure, du faste, du grandiose mais aussi beaucoup d’émotions en tous genres. Il ne faut jamais oublier que Berlioz est un immense compositeur et à la fois, cela ne peut le résumer lui qui est écrivain, chef d’orchestre, journaliste, grand voyageur, amoureux transi, visionnaire fou et surtout autodidacte talentueux… Pour cette édition 2019 du Festival Berlioz, clin d’œil appuyé au roi Hector le compositeur doublé d’un autre clin d’œil au fameux roi Hector de l’Énéide tué par Achille au cours de la guerre de Troie. Cette programmation a été tricotée à partir de cette histoire et de ce que Berlioz en a fait. De la démesure, puisqu’un village troyen va être installé au cœur même de la Côte-Saint-André, de la démesure encore puisqu’un cheval de six mètres de haut déambulera dans les rues du village, quelques musiciens cachés dans son ventre… Bruno Messina promet que l’on boira et dansera toute la nuit, ivresse assurée. Une grande fête populaire pour ouvrir le Festival et le public pourra se balader à sa guise dans un village fantastique, pourra se pre

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Berlioz, un sacré musicien !

Festival Berlioz | Chaque fin d’été à la Côte-Saint-André, Berlioz renait. Le Festival est devenu un événement musical incontournable pour les amoureux d’une musique française romantique inclassable. 2018, un cru prestigieux.

Pascale Clavel | Mardi 19 juin 2018

Berlioz, un sacré musicien !

Après le succès d'une édition 2017 "so british", le festival se tourne vers les œuvres sacrées de Berlioz et en même temps accueille les commémorations du 150e anniversaire de la mort du compositeur. Par son ambiguïté, "Sacré Berlioz", résume bien l’homme à la personnalité toute singulière : compositeur romantique avant-gardiste, écrivain, poète, orchestrateur hors cadre, maître de l’idée fixe (ce thème principal obsessionnel qui ne vous lâche jamais…), Berlioz pousse l’écriture de ses mélodies comme personne : des phrases fiévreuses, des envolées charnelles, jamais décoratives, des thèmes qui vous collent aux oreilles, absolument. Il fallait oser, sacré festival ! Qui s’ouvre sur une grande fête des moissons avec musiques et métiers d’antan, à Saint-Pierre de Bressieux. On y retrouve la folle ambiance d’un village dauphinois comme on y vivait au 19e siècle. Les batteuses, les jeux en bois, la fabrication du pain artisanal et la fanfare des Violons du Rigaudon, constituée de violonneux traditionnels. L’orchestre Les Corsaires Rouges fera danser les festivaliers jusqu’au bout de la nuit lors d’un petit bal o

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Bruno Messina : « Berlioz était un punk ! »

Festival Berlioz | Cela fait maintenant 24 ans que La Côte-Saint-André accueille un festival dédié au compositeur français Hector Berlioz (1803 – 1869). D’année en année, l’événement prend de l’ampleur, à tel point qu’il est aujourd’hui l’un des plus grands festivals de musique classique de la région. Pour Bruno Messina, son directeur artistique depuis 2009, un tel rassemblement est un hommage logique pour celui qui, de son temps, a toujours vu les choses en grand.

Nicolas Joly | Mardi 20 juin 2017

Bruno Messina : « Berlioz était un punk ! »

Grâce à vous, Berlioz est un véritable globe-trotter : après l’Italie en 2012 et l’Amérique en 2014, il se rend cette fois en Angleterre (le sous-titre de cette nouvelle édition est "Berlioz à Londres au temps des expositions universelles"). Pourquoi ce choix ? Bruno Messina : Berlioz était un vrai voyageur. Au XIXe siècle, il fut l’un des premiers compositeurs à connaître plus de succès à l’étranger qu’en France, et notamment en Angleterre. Surtout, la musique classique peut tenir à l’écart les gens qui ne la connaissent pas. C’est donc plus facile d’amener le public à s’y intéresser en lui racontant une histoire, qui est celle de l’aventurier qu’était Berlioz. D’autant plus que Berlioz vouait un amour profond à l’Angleterre, un amour de cœur. Il découvrit Shakespeare à 24 ans, qui le fascina, et se découvrit en même temps une passion pour une actrice irlandaise, Harriet Smithson, qui sera le deuxième grand coup de foudre de sa vie et pour laquelle il écrira la Symphonie fantastique. C’est aussi cette histoire que l’on va raconter. Son voyage au pays de Shakespeare a l’air de l’avoir beauco

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Un Festival Berlioz impérial

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Philippe Yves | Mercredi 24 juin 2015

Un Festival Berlioz impérial

Pas facile d’imaginer été après été un festival dédié à un même compositeur sans risquer de tourner en rond. Le Festival Berlioz réussit pourtant à surprendre avec un programme à l’inspiration chaque fois renouvelée, grâce à une maline approche thématique. Sans oublier les tubes berlioziens tels la Symphonie fantastique, le festival nous emmène cette année sur la route Napoléon (qui relie les Alpes et la Côte d’Azur), en Corse et sous la figure impériale de… Napoléon. Bonaparte est au centre des choix musicaux des invités, dont le chef Daniel Kawka avec trois évocations napoléoniennes (Schönberg, Castérède, Honegger), ainsi que d’une création mêlant les polyphonies corses d’A Filetta et un orchestre signée Bruno Coulais. Et comme on ne saurait fêter Berlioz sans ses œuvres XXL pour masses orchestrales et chorales, le festival investira le Théâtre antique de Vienne pour une nuit autour du monumental Te Deum dirigé par François-Xavier Roth réunissant près de mille pros et amateurs. Une nuit symboliquement ouverte aux jeunes et clôturée par une relecture jazz avec Louis Sclavis,

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Serge Baudo, comme en quarante

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Pascale Clavel | Mardi 3 février 2015

Serge Baudo, comme en quarante

Evénement : Serge Baudo revient à l’Auditorium avec la Symphonie Fantastique de Berlioz sous le bras. Pour qui ne mesure pas l’immensité de la chose, il faut rappeler que le même Baudo a dirigé ce chef-d’œuvre romantique le 14 février 1975 dans un Auditorium alors flambant neuf. De quoi boucler la boucle ? Non. Car même si ces retrouvailles à la tête de l’ONL ont une saveur particulière, Baudo fait partie de ces chefs qui donnent un sens esthétique nouveau à chaque fois qu’ils prennent la baguette. Qui mieux que lui a su redonner vie à la Jeanne au bûcher d’Arthur Honegger, faire entendre les couleurs inouïes du ballet Daphnis et Chloé de Maurice Ravel, immortaliser le Stabat Mater de Poulenc sur un disque inégalé depuis son enregistrement en 1985 ? La Symphonie Fantastique, où Berlioz déploie tout son génie de l’orchestration, ne peut que se trouver magnifiée sous sa direction. Les péripéties à l’origine de cette œuvre sont bien connues : un coup de foudre du compositeur pour la jeune actrice anglaise Harriett Smithson. Les cinq mouvements de l’œuvres sont de fait autant d'épisodes d'une romance portée par une "idée fixe" mél

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Harold en Amérique

MUSIQUES | Après les Bleus, c'est au tour du Festival Berlioz de s'envoler pour l'Amérique du Sud à l'occasion de sa vingt-et-unième édition, ordonnée par Bruno Messina sous l'intitulé imaginaire "Berlioz en Amérique au temps de la révolution industrielle". En point de mire : le Brésil et la ville de Rio de Janeiro, dont Hector Berlioz fut membre correspondant de l'Académie impériale des Beaux-Arts. Régis Le Ruyet

Benjamin Mialot | Jeudi 26 juin 2014

Harold en Amérique

Ça commencera fort : lors de sa journée inaugurale, le jeudi 21 août, le Festival Berlioz reprendra le concert monstre qu'Hector Berlioz échafauda à Paris le 1er août 1844 dans le cadre de l'Exposition de l’Industrie. Ce jour-là, devant un parterre de 8 000 spectateurs, le fils du docteur de la Côte-Saint-André mobilisa l'essentiel des forces musicales de la capitale dans une grande œuvre qu’il dirigea pour mille exécutants. Un désir que Berlioz caressa d'abord comme un rêve, mais qu'il put répéter à quatre reprises dans la salle du vaste Cirque Olympique. Afin de réitérer cet exploit, le festival se déploiera à grande échelle et investira l'Usine-pensionnat Girodon. Cité ouvrière édifiée à Saint-Siméon-de-Bressieux dans les années 1870, l'établissement réunissait, dans un même espace, lieu de production et d'habitation. Pour cette odyssée monumentale, le jeune chef français Nicolas Chalvin dirigera, outre son Orchestre des Pays de Savoie, l'Orchestre Symphonique de Mulhouse, le Chœur Emelthée et les amateurs rhône-alpins ayant voulu

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Un soir en France

MUSIQUES | Amoureuse inconditionnelle de la langue française, la mezzo soprano suédoise Anne Sofie von Otter vient de sortir chez Naïve un double disque intitulé Douce (...)

Pascale Clavel | Vendredi 22 novembre 2013

Un soir en France

Amoureuse inconditionnelle de la langue française, la mezzo soprano suédoise Anne Sofie von Otter vient de sortir chez Naïve un double disque intitulé Douce France : l'un dédié à la mélodie française du XIXe siècle, l'autre, plus étonnant, consacré à la chanson, de Léo Ferré à Georges Moustaki en passant par Barbara. Anne Sofie von Otter avait déjà habitué son public aux grands écarts musicaux, passant allègrement de l’univers baroque le plus éclatant aux mélodies romantiques les plus tragiques. «Je n’ai jamais considéré aucune musique comme taboue. J’aime travailler, découvrir des partitions, changer de style, d’atmosphère…», déclarait-elle à ce propos à RFI. Le récital qu'elle donnera à l’Opéra cette semaine,  accompagnée par son complice de longue date, le pianiste Bengt Forsberg, redouble cette véritable déclaration d’amour à la France. Des mélodies savantes de Ravel, Saint-Saëns et Hahn y flirteront allègrement avec des chansons de Brel, Barbara, Trenet... Un heureux mélange, même si certaines de ses interprétations peuvent dérouter, à l'image de son Padam Padam, qui ne ressemble en rien à celui de Piaf - il est tout autre, lége

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Slatkin trouve l’ouverture

MUSIQUES | Le nouveau directeur musical de l’Orchestre national de Lyon, Leonard Slatkin, a mijoté une saison qui tranche avec le passé. Pour l’ouverture, il a pris le pari audacieux de faire sonner le Requiem de Berlioz. Œuvre d’une puissance exceptionnelle et d’une religiosité toute singulière. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Vendredi 24 août 2012

Slatkin trouve l’ouverture

On ne l’attendait pas là ce Requiem. Peut-être pouvions-nous l’imaginer quelque part dans la saison, entre une œuvre symphonique et un concerto pour piano... Mais c’est peut-être cela le style Slatkin : un langage direct, un geste musical vigoureux et subtil à la fois. On connait son amour pour la musique américaine contemporaine, son penchant pour la musique française du début du XXe siècle. Nous ne connaissions pas encore le chef d’orchestre amoureux d’oratorio, prenant à bras le corps l’un des monuments de la musique religieuse d’une époque romantique en pleine révolution orchestrale. Slatkin et Berlioz réunis, c’est 350 musiciens sur scène, une masse orchestrale imposante, une fanfare de cuivres et des choristes comme s’il en pleuvait : le Chœur de Lyon-Bernard Tétu, un ensemble de Washington, un chœur de Londres. Que connaissent les mélomanes de Berlioz ? Son extravagante chevelure, son tempérament volcanique, sa Symphonie fantastique, son Traité d’harmonie, mais son Requiem, beaucoup moins. En pleine époque romantique, là où les sentiments les plus exacerbés s’expriment, Berlioz apparait comme LE compositeur providentiel même s

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Un cru exceptionnel

MUSIQUES | La nouvelle édition du Festival Berlioz, sis depuis 17 ans à la Côte Saint-André, lieu de naissance du grand compositeur français Hector Berlioz, reprend la formule de l’édition passée qui avait séduit plus de 20 000 spectateurs. Georges Renau

Dorotée Aznar | Mercredi 16 juin 2010

Un cru exceptionnel

Du 18 au 29 août, plusieurs événements jalonneront les journées du festival Berlioz : en début d’après-midi, des rencontres et conférences seront proposées au Musée Hector Berlioz autour du compositeur qui fut également écrivain et voyageur. Plus tard dans l’après-midi, le festival se décentralisera et voyagera dans les environs, avec notamment l’excellent Quatuor Debussy, les sœurs serbes Bizjak pour un concert de piano à quatre mains, un quatuor original de saxophones, ainsi que l’Orchestre européen de cuivres dirigé par Sylvain Cambreling. Enfin, tous les soirs à 21h, dans le très beau Château Louis XI de la Côte Saint-André se produiront dix grands orchestres dirigés par des chefs prestigieux. Pour l’ouverture du festival, le 18 août, les Musiciens du Louvre-Grenoble sous la baguette de Marc Minkowski nous offriront un programme Berlioz 100% italien : Le Carnaval romain, Cléopâtre (interprétée par l’excellente mezzo Anne Sofie von Otter - photo) et Harold en Italie (avec l’altiste Lise Berthaud). Morceaux choisisLe musée Hector Berlioz offre une exposition relatant l’influence de Berlioz sur les compositeurs russes : Glinka et Rimski-Korsakov, mais aussi Tchaïkovsk

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