Voilà l'été : un jour, une sortie #2

Saison Estivale | Durant toutes les vacances, c'est un bon plan par jour : concert ou toile, plan canapé ou expo où déambuler.

La rédaction | Vendredi 15 juillet 2016

Photo : Rihanna © DR


8 / Mercredi 13 juillet : cinéma

Juillet-Août

Chaque été, au milieu du lot de films de vacances, il en est toujours un qui prend la tangente en allant au-delà du périmètre étriqué des premiers émois d'adolescent(e)s. L'an dernier, c'était Microbe et Gasoil de Gondry ; Juillet-Août assure peut-être la relève. La saison chaude semble favorable à Diastème. (lire la suite de l'article)

9 / Jeudi 14 Juillet : fête nationale

Le Bal

« Allez donc le trouver leur pompier dans la fin d'un bal » aurait dit Céline, dont on est à peu près sûr qu'il n'a pas dû beaucoup fréquenter le bal des pompiers. Marre de courir après du pompier pour votre crush de mid-summer ? Marre de danser pour la 7e année consécutive sur du Gérard Blanc ? L'alternative est au Bal du Transbo. Du beau monde dans l'assemblée (ça ne fait aucun doute) et sur scène, avec l'ancien folkeux Gaspard Royant opérant désormais en mode crooner 60's/northern soul. Northern ou pas, de toute façon c'est ainsi que ça finira : soul.
Au Transbordeur dans le cadre des Summer Sessions

10 / Vendredi 15 juillet : art contemporain

Derniers jours pour l'exposition Yoko Ono

La rétrospective consacrée à Yoko Ono propose un parcours des plus stimulants où le visiteur est invité à activer une œuvre, à expérimenter une situation, à oser un geste incongru et poétique... Il n'y a rien à “contempler” à proprement parler, mais un esprit à partager, esprit simple, et même parfois naïf, incitant à intensifier son existence et à libérer sa créativité.
Au Musée d'art contemporain jusqu'au 17 juillet

11 / Samedi 16 juillet : cyclisme

14e étape du Tour de France

Après avoir croisé les ours de la caverne du Pont d'Arc où Chris Froome y a reconnu les siens (à 55 km/h quand même, c'est un contre-la-montre, faut pas déconner), il déboule au Parc des oiseaux de Villars-les-Dombes tout auréolé du Maillot Jaune conquis sur les pentes de Peyresourde une semaine plus tôt. Fair-play comme un Anglais pour qui le Brexit ne serait qu'une passade, lui, le natif de Nairobi a laissé le frenchy Julian Alaphilippe s'envoler à la cool.
À Villars-les-Dombes (Ain) ou depuis votre canapé sur France 2

12 / Dimanche 17 juillet : cinéma

L'Âge de Glace : les Lois de l'univers

Scrat et son gland ayant pris les commandes d'un vaisseau spatial abandonné dans les glaces, ils percutent un astéroïde volant en éclats en direction de la Terre, et c'est rebelote pour les mammifères tentant de leur échapper… Le cinquième opus de la franchise du studio Blue Sky lancée par Chris Wedge reprend peu ou prou une trame narrative identique aux précédents, les mêmes personnages... (lire la suite de l'article)

13 / Lundi 18 juillet : chanson

Francis Cabrel

C'aurait pu être « un samedi soir sur la terre » et ça tombe un lundi. On ne doit même pas « être hors-saison », tu as dû emprunter des « chemins de traverse » pour venir (le funiculaire était « encore et encore » HS) et à l'entrée du Théâtre, on t'a confisqué tes fioles d'Evian « lourdes commes des bouteilles de butane. » « Pas besoin de phrase ni de long discours », ça commence mal, mais bon, « nu(e) sur les galets » (bon allez, en short sur les cailloux), te voilà enfin sur « les murs de poussière », face à la scène, pour voisine une « dame de Haute-Savoie » qui « écoute pousser les fleurs » mais « personne devant, personne. » Et puis, « c'est écrit », il entre sur scène « seul dans la lumière des phares. » Et, toi « petite Marie » (ou Cynthia ou Joël), « te revoilà » bout de fan, « comme soufflée d'une sarbacane. »
Au Grand Théâtre dans le cadre des Nuits de Fourvière

14 / Mardi 19 juillet : r'n'b

Rihanna

Contrairement à certains stades (suivez mon doigt que vous ne voyez pas), le Parc OL a eu la bonne idée d'attendre la fin du championnat et de l'Euro pour autoriser le défonçage en règle de sa pelouse. Ça valait le coup de patienter : on pourra se refaire la scène de l'hôtel du poignant Bande de filles (Céline Sciamma) en reprenant en cœur Diamonds. Souriez, Rihanna est là !
Au Parc OL


Yoko Ono, Lumière de l'aube

Première rétrospective en France des plus de 60 ans de création de l'artiste : installations, performances, instructions, films, musique, écriture...
Musée d'Art Contemporain Cité Internationale, 81 quai Charles de Gaulle Lyon 6e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


L'âge de glace : les lois de l'univers

De Mike Thurmeier, Galen T. Chu (EU, 1h35) animation La quête permanente de Scrat pour attraper son insaisissable noisette le catapulte dans l'espace, où il déclenche accidentellement une série d'événements cosmiques qui vont transformer et menacer le monde de l'Âge de Glace. Pour sauver leur peau, Sid, Manny, Diego et le reste de la bande vont devoir quitter leur foyer et embarquer dans une nouvelle aventure pleine de comédie, parcourant de nouvelles terres exotiques et rencontrant une galerie de personnages hauts en couleur.
Le Scénario Place Charles Ottina Saint-Priest
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Francis Cabrel

Théâtres romains de Fourvière 6 rue de l'Antiquaille Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Les Fleurs du Bal, espace dédié aux expos et au livre d'occasion

Librairie | Depuis 2003, la librairie Le Bal des Ardents — et son fonds de quelque 25 000 livres — est devenue un véritable sanctuaire pour les (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 décembre 2021

Les Fleurs du Bal, espace dédié aux expos et au livre d'occasion

Depuis 2003, la librairie Le Bal des Ardents — et son fonds de quelque 25 000 livres — est devenue un véritable sanctuaire pour les amateurs de bonne littérature, de revues alternatives, de livres d’art et de sciences humaines… Le Bal propose aussi des ouvrages d’occasion mais, avec le temps, l’espace est venu à manquer. Francis Chaput-Dezerville (qui dirige le Bal) vient donc d'ouvrir, depuis la fin du mois de novembre, un nouvel espace situé dans la même rue, à quelques mètres de la maison mère. Les Fleurs du Bal (y aurait-il dans le nom du lieu une référence à un recueil de poèmes de Charles Baudelaire ?) sont consacrées aux livres d’occasion et aussi à des expositions d’artistes liés aux goûts du libraire (artistes participant par exemple aux Cahiers Dessinés, ou bien à des revues d’art brut ou d’art alternatif). Actuellement, c’est Nylso qui présente des paysages singuliers et assez hypnotiques en noir et blanc. Côté l

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Un Vélo dans la tête

PLAYLIST | A l’occasion du tour de France, on vous a concocté une playlist 100% vélo !

La rédaction | Lundi 7 septembre 2020

Un Vélo dans la tête

D'éloge du Tour de France et de ses champions fameux ou anonymes en simple célébration des joies (et des peines) de la bicyclette, une playlist pour patienter en attendant l'arrivée de la Grande Boucle à Lyon le 12 septembre. En 21 étapes, forcément, comme le nombre d'étapes qui relient Nice à Paris. Le profil de la course : des boucles, grandes et petites, de Kraftwerk aux descentes vertigineuses de Judas Priest, quelques classiques (Montand par Belin, Queen, Red Hot Chili Peppers, Beach Boys...) et trésors cachés (Lukas Bloom, Ralph McTell, The Dukes of Stratosphear...) toujours haletants, presque toujours perchés.

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Kraftwerk : 33 tours de France

Dans les oreilles | Qu'écouter pendant que l'on attend le passage du peloton sur les pentes de la Croix-Rousse ?

Stéphane Duchêne | Vendredi 11 septembre 2020

Kraftwerk : 33 tours de France

Huitième album du Katalog de Kraftwerk, pionnier de la musique électronique (qui regroupe ses huit albums officiels), Tour de France est à part mais pas si surprenant à l'aune de l'œuvre des hommes (-robots) de Florian Schneider, très portée sur les modes de circulation (Autobahn, Trans-Europ Express) mais aussi sur le cyclisme, passion pas si secrète de Schneider, décédé en mai dernier. À part, parce qu'il s'agit d'une commande dans le cadre du centenaire de la Grande Boucle en 2003 mais qui s'inscrit bel et bien dans une continuité. En réalité, Tour de France est le prolongement d'un hommage bien plus ancien de Kraftwerk à la course avec le single... Tour de France en 1983 – maintes fois réédité et qui énumèrait différents lieux mythiques du Tour. L'album contient, lui, un Prologue, plusieurs étapes, des considérations sur les Vitamin, l'Aéro Dynamik ou l'Elektro Kardiogramm et le fameux morceau originel remixé. Ici les boucles musicales finissent par se confondre avec la répétition des tours de pédaliers ou des ascensions si

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Lyon : un Tour de France dans le rétro

#Velotaf | Ce 12 septembre le Tour s'arrête à Lyon pour la 17e fois seulement (en 107 éditions). Retour sur l'Histoire de la Grande Boucle à Lyon, riche, malgré tout, de quelques grands moments.

Stéphane Duchêne | Jeudi 10 septembre 2020

Lyon : un Tour de France dans le rétro

1903-1904 : Maurice Garin, à jamais le premier Lyon est la première ville étape de l'Histoire du Tour. Y triomphe le premier vainqueur d'une course bientôt mythique : Maurice Garin. C'est la préhistoire de la Grande Boucle (six étapes pouvant excéder les 450 km, sur des vélos de facteur, dopé à la vinasse). Celle qui sépare Montgeron de Lyon en fait 467. Maurice Garin et son compagnon d'échappée Émile Pagie font le choix gagnant de ne pas s'arrêter au ravitaillement dans une auberge de la Nièvre. Pagie chutant à 200m de la ligne après 18h de course (ce qu'on appelle communément la poisse) Garin l'emporte à Lyon. Il gagnera le Tour. L'année suivante il regagne à Lyon et le général d'un Tour devenu fou où les spectateurs attaquent les adversaires de leurs favoris. Garin et quelques autres seront d'ailleurs rayés des tablettes de cette édition. La fin des 1900's : des années pas folles De 1907 à 1910, le tracé du Tour est immuable et réserve peu de suspens (il longe les frontières et fait un crochet à Lyon). Solide coureur, Marcel Cadolle l'e

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Si vous n’aimez pas la ville, si vous n’aimez pas la montagne…

Tour de France | Par où arrivent-ils ? Où s’en vont-ils ? Décryptage des routes qu’empruntera le peloton à Lyon. Et projection de victoires.

Nadja Pobel | Vendredi 11 septembre 2020

Si vous n’aimez pas la ville, si vous n’aimez pas la montagne…

Un Tour c’est un grand chambardement. Éviter donc de prévoir votre déménagement ce week-end des 12 et 13... Voici où il faudra vous poser pour être aux avant-postes. Et voir, s'il est encore en course, Thibaut Pinot, notre Ocaña à nous, la classe et la scoumoune égales à l’Espagnol gersois. Samedi 12 : 14e étape – Clermont / Lyon – 194 km Parti de Clermont-Ferrand, le peloton va traverser Tassin et aborder Lyon par la côte de La Duchère aux alentours de 17h40. Une bonne bosse toute courte (1, 4 km) et un pourcentage décent (5, 6 %). Voilà de quoi culminer à 264m d’altitude, exactement comme quelques minutes plus tard sur la côte de la Croix-Rousse (via la montée de l’Observance), elle aussi en 4e catégorie, histoire que Benoit Cosnefroy grappille quelques pois supplémentaires. Reste le boulevard des Canuts, le cours d’Herbouville et une arrivée devant Boulanger. C’est Peter Sagan qui chope en premier la timbale de la ménagère. Dimanche 13 : 15e étape – Lyon / Grand-Colombier - 174, 5 km Exit le marché du dimanche, rendez-vous à Gerland, entre Palais des Sports et Ninkasi, pour un village départ verroui

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Djamolidine Abdoujaparov, abdou fessiers

Tour de France | Onze consonnes et dix voyelles. Djamolidine Abdoujaparov, c'est d'abord un patronyme digne d'un alphabet au quasi complet et c'est aussi une géographie. (...)

Nadja Pobel | Vendredi 11 septembre 2020

Djamolidine Abdoujaparov, abdou fessiers

Onze consonnes et dix voyelles. Djamolidine Abdoujaparov, c'est d'abord un patronyme digne d'un alphabet au quasi complet et c'est aussi une géographie. Celle de l'Ouzbékistan qui réapparaît quand Gorbatchev accepte de laisser tomber le rideau de fer. Abdou est l'un des rares non-européens du vélo à l'époque. C'est aussi, enfin, des jambes. Une paire de mollets qui auraient pu le mener à tourner en rond sur les pistes de son Tashkent natal. Mais non, avec l'équipe de l'URSS il découvre l'Italie — où il vit encore — et décide qu'il sera un pro de la route. Abdou se souvenait lors d'un entretien en 2013, dans l'indispensable Pédale, « on disait que je faisais tomber tout le monde, alors que je n'ai jamais fait de mal à personne. La route est grande, si tu veux passer à gauche vas-y. Si tu veux passer à droite vas-y ». Il s'est pris les pieds tout seul dans la balustrade sur les Champs en 91 quand il ramène le premier de ses trois maillots verts à Paris. Ce nostalgique du communisme « où les gens étaient égaux et la vie plus belle » a décroché 9 étapes sur le Tour, contre 12 à son rival aussi beau parleur qu'il est taiseux, Mar

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Ça métisse dans les cuisines !

Refugee Food Festival | « Certaines régions sont en train de se déconstruire parce qu'elles sont submergées par les flux de demandeurs d'asile », déclare un ancien maire devenu ministre. OMG : la gastronomie lyonnaise va finir démantelée, éparpillée ? À moins que des initiatives comme le Refugee Food Festival offrent un nouveau sens au titre, un poil périmé, de capitale mondiale de la bonne bouffe...

Adrien Simon | Lundi 11 juin 2018

Ça métisse dans les cuisines !

Après une première édition française en 2016, une seconde européenne l’année dernière, les parisiens de Food Sweet Food, Marine Mandrila et Louis Martin, auteurs d’un remarqué Very Food Trip (Planète+ pour la série, La Martinière pour l’ouvrage), internationalisent cette année leur Refugee Food Festival. En ce mois de juin – le 20 étant la journée mondiale des réfugiés – des restaurants de New York, Athènes, Bologne, San Francisco ou Cape Town bouleversent leurs menus et accueillent des cuistots en exil. Certes, Brooklyn c’est un peu loin pour aller manger afghan [on invente : le programme n’est pas encore disponible au moment où nous bouclons], mais heureusement, Lyon accueille aussi l’événement. S'engager Ceci grâce à Claire Fournier et Clara de La Fonchais qui portent le projet bénévolement – c’est ainsi que fonctionne le RFF – et la collaboration de restaurateurs qui invitent, l’espace d’un ou deux soirs, des chefs étrangers ayant récemment obtenu l’asile en France. Ainsi,

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Quirky : l'étrange festival au Bal des Fringants

Quirky Festival | Insolite, biscornue, étrange, voici comment l'on pourrait qualifier la programmation de l'édition printanière d'un Quirky Festival, si riche de révélations et de talents, mêmes confirmés, à découvrir, qu'elle méritait bien une petite sélection suggestive et subjective.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 mai 2017

Quirky : l'étrange festival au Bal des Fringants

Raoul Vignal Derrière ce patronyme peu glamour se cache l'une des révélations lyonnaises de ces derniers mois : un artiste folk aux doigts de fées dont l'art du picking et le goût pour la mélancolie évoquent de loin en loin un Nick Drake à moustache. Loin d'être un débutant, Raoul a déjà à son actif trois EP, une BO de film et une petite réputation berlinoise consécutive à un séjour de deux ans dans la capitale allemande. Mais c'est bien son premier album, The Silver Veil (Talitres) qui voit sa côte exploser. Enregistré à Berlin, le disque dont le titre évoque pour le coup le ciel posé comme un drap sur la capitale allemande, lève paradoxalement ce même voile sur un talent au potentiel immense qui fait le lien entre diverses écoles : celle de l'American primitive de John Fahey et Robbie Basho, celle du revival folk contemporain (José Gonzalez, Kings of Convenience) et celle, donc, unique de Nick Drake, décédé à l'âge où Vignal sort son premier album. Comme un signe d'héritage. Raoul Vignal

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"Juillet-Août" : la saison chaude inspire Diastème

ECRANS | Un film de Diastème (Fr, 1h40) avec Patrick Chesnais, Luna Lou, Pascale Arbillot…

Vincent Raymond | Mercredi 6 juillet 2016

Chaque été, au milieu du lot de films de vacances, il en est toujours un qui prend la tangente en allant au-delà du périmètre étriqué des premiers émois d’adolescent(e)s. L’an dernier, c’était Microbe et Gasoil de Gondry ; Juillet-Août assure peut-être la relève. La saison chaude semble favorable à Diastème — son premier long, Le Bruit des gens autour, (2008), était déjà une évocation drôle et pleine de vie de l’intérieur du festival d’Avignon — ; elle l’inspire pour ce portrait de deux sœurs (dont une au tournant de la puberté), ainsi que de leurs parents, lesquels ont refait leur vie chacun de leur côté. Juillet avec la mère sur la Côte d’Azur, août avec le père en Bretagne… L’existence des frangines est décousue, mais elle se suit dans ses péripéties estivales, et se raccommode dans cette succession de villégiatures. Comme si la famille éclatée se reformait par-delà la distance et le protocole calendaire afin de résoudre toutes les crises — qui ne sont pas propres au jeune âge. Chacun ment ou dissimule un petit secret à ses proches, mais en définitive, c’est ce qui permet à la roulotte d’

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Le Bal des Ardents, ou l'art de la singularité

Librairie | Si vous n’avez pas encore poussé la porte — une arche de livres — du 17 de la rue Neuve, c’est le moment. S’y niche une librairie généraliste pointue et étonnante.

Julie Hainaut | Mardi 17 mai 2016

Le Bal des Ardents, ou l'art de la singularité

Objectif : dégoter un bouquin rare sur le graphisme pour surprendre son nouveau mec bibliophile. Risque : feuilleter avec ardeur Selle de Ch’val (revue de critique sociale & d’expériences littéraires), se plonger dans Le Matricule des Anges (revue de littérature contemporaine), rester baba devant l’immense fonds de littérature et de sciences humaines, se découvrir une passion pour Chestov, se perdre dans L’Ancêtre de Juan José Saer, repartir avec l’intégralité d’Orwell (les quatre volumes de correspondance et ses deux bios, et non pas seulement sa fameuse Ferme des animaux et son roman d’anticipation 1984), s’enfermer chez soi, lire, s’évader, oublier l’anniversaire de son nouveau mec bibliophile. Bref, vous l’aurez compris, le Bal des Ardents fait perdre la tête. Jusqu’en 2003, le 17 de la rue Neuve abritait La Musardine, une librairie érotique. Salarié du lieu, Francis Chaput-Dezerville la rachète pour en faire une librairie généraliste, « comme antan », à savoir une librairie de fonds. Le Bal des Ardents, clin d’œil au texte de Pierre Bettencourt (poète et plasticien), voit le jour avec un fonds de 3000 ouvra

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Quirky Festival, le petit bal retrouvé

MUSIQUES | Perdu dans une rue non passante du sommet des pentes, le Bal des Fringants pourrait n'être qu'un rade associatif parmi d'autres. Géré par une alumnus du (...)

Benjamin Mialot | Mardi 19 janvier 2016

Quirky Festival, le petit bal retrouvé

Perdu dans une rue non passante du sommet des pentes, le Bal des Fringants pourrait n'être qu'un rade associatif parmi d'autres. Géré par une alumnus du Kraspek Myzik, c'est en vérité un café-concert tout ce qu'il y a de plus intime et chaleureux (et un cabaret burlesque, un atelier de couture ou encore un théâtre jeune public, selon les jours) où se pressent local heroes et indie darlings – à l'instar, récemment, du céleste Anonymous Choir. Pour le faire savoir et du même coup souffler sa première bougie, il organise du 26 janvier au 14 février le Quirky Festival, qui rassemble une petite dizaine de concerts défricheurs. Côté Lyonnais, on y retrouvera notamment l'étonnante électro-pop arabique de Säthonay, l'irrésistible early krautrock de La Société Étrange et les belles expérimentations médiévalo-psyché d'Odessey & Oracle. Côté foreigners, il faudra compter avec le folk plein de terre et de peine de Butch McKoy (frontman du survolté trio post-punk I Love UFO) et le songwriting tout en lignes brisées d’Éric Pasquereau, a.k.a. The Patriotic Sunday,

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Poulidor : La victoire en perdant

CONNAITRE | Après deux quintuples vainqueurs du Tour, Bernard Hinault et Eddy Merckx, le festival Sport, Littérature et Cinéma rend hommage à une autre légende du cyclisme : Raymond Poulidor, éternel second et perdant paradoxal, car unique coureur de l'Histoire dont le plus grand exploit est de n'avoir jamais gagné le Tour.

Stéphane Duchêne | Mardi 16 février 2016

Poulidor : La victoire en perdant

« Cela faisait si longtemps que nous attendions ça. Et enfin ce 15 juillet 1975, dans les premiers lacets de la montée du Pla d'Adet de la 17e étape du Tour de France, Raymond Poulidor s'est échappé. Il avait 38 ans. » Ainsi démarre, par cet épisode tardif de sa carrière, bercé par la voix de François Morel, Poulidor premier, documentaire de Patrick Jeudy sur l'éternel second. « C'est l'une de ses plus belles victoires », ajoute le commentaire sans ironie. Au sujet de l'épisode, l'écrivain et journaliste cyclophile Christian Laborde abonde : « En 1974, des types pleuraient de joie dans le Pla d’Adet, après qu’il eut démarré dans le premier virage, laissant sur place Eddy Merckx et tout le gratin des pentes. (...) Mon père chialait : ce démarrage, il l’attendait depuis 1964, depuis l’envol de Raymond dans le col du Portillon. » Le Pla d'Adet ou la dernière salve victorieuse de l'homme qui ne gagnait jamais. En France, les seconds sont éternels, les perdants magnifiques et toujours pardonnés : les Verts 1976 et leurs poteaux carrés, les Bleus de Séville 1982, Fignon et ses 8 secondes manquantes, on s'en fait jusqu'à l'écoeure

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Un Français

ECRANS | De Diastème (Fr, 1h38) avec Alban Lenoir, Samuel Jouy, Patrick Pineau…

Christophe Chabert | Mardi 9 juin 2015

Un Français

Un peu à la manière de La Loi du marché, Diastème s’est emparé d’un sujet hautement abrasif et d’actualité (la mouvance skinhead, des années 80 à aujourd’hui) qu’il approche avec une sècheresse narrative payante : l’itinéraire de Marco (Alban Lenoir, enfin dans un rôle à sa mesure au cinéma) est raconté caméra à l’épaule, sans musique, sans affèterie mais sans masquer non plus la violence de ses actes, puis découpé en blocs séparés par d’énormes ellipses. Le procédé permet au personnage de rester jusqu’au bout une énigme : qu’est-ce qui le fait peu à peu revenir dans le droit chemin ? Une étincelle de conscience ? Son dégoût vis-à-vis des méthodes de ses camarades ? Son envie de devenir un bon père et un bon mari ? Ou sa rencontre avec un pharmacien qui refuse de le juger ? Peut-être rien de tout cela en définitive, et si Marco traverse ainsi 28 années où l’extrême droite est passée de la violence clandestine à une façade de respectabilité, il le fait comme un fantôme en équilibre précaire, mal armé pour affronter les enjeux politiques de son temps, porté par un besoin d

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Les soirées du 6 au 12 mai

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : la release party du numéro 100 du magazine "Hétéroclite" au Lavoir, Tolouse Low Trax au Terminal et la label night Moonrise Hill Material au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 5 mai 2015

Les soirées du 6 au 12 mai

07. 05 Hétéroclite fête son n° 100 Pour une fois, débutons cette sélection par un peu de copinage. Nos amis d'Hétéroclite, «mensuel gay et lesbien mais pas que» qui depuis bientôt dix ans réussit le pari de décrypter et défendre la culture LGBT tout en s'affranchissant de ses clichés, fête leur centième numéro. En ces temps de désaveu du papier et de la pensée, ce n'est pas un mince exploit. Ils le fêteront dignement au Lavoir Public avec une résurrection de Pressing, le talk-show théâtral itinérant qui précéda le lieu et, surtout, un mix de la plantureuse et érudite Rihanna Foutre, l'égérie du magazine. On y sera.

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Poupées de son

MUSIQUES | Nuits Sonores reçoit enfin le groupe par lequel tout a commencé : Kraftwerk, quatuor allemand dont les compositions matricielles ont été aux musiques électroniques ce que les chansons des Beatles furent à la pop. Retour sur quarante ans d'une carrière visionnaire. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Poupées de son

Dans Adieu au langage, Jean-Luc Godard (voir en page 6), équipé d'un dispositif stéréoscopique de son invention, nous fait redécouvrir le monde comme on ne sait plus le regarder. Autre bricoleur de génie, Ralf Hütter s'apprête lui à nous montrer celui de demain comme on ne l'a jamais vu, du fond d'un tout autre type de salle obscure : une halle de l'ancien Marché de gros, où il donnera ce dimanche avec Kraftwerk un concert en 3D, à la fois conclusion de Nuits Sonores 2014 et synthèse de quatre décennies d'incubation des musiques que le festival défend. Retour vers le futur Synthétiser justement, composer, donner matière à ce qui n'en a pas, est une obsession qu'a cultivée ce claviériste dès le conservatoire. Celui de Düsseldorf, où il rencontre au tournant des années 70 le flûtiste Florian Schneider dans un cours d'improvisation, pratique alors considérée comme un vecteur d'affranchissement de la pop anglo-saxonne par toute une génération de musiciens teutons – ironie du sort, c'est la presse musicale britannique qui baptisera ces expérimentations germanocentrées "krautrock

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La danse, le ballet de l’Opéra de Paris

ECRANS | De Frederick Wiseman (Fr, 2h38) documentaire

Dorotée Aznar | Vendredi 2 octobre 2009

La danse, le ballet de l’Opéra de Paris

Près de quinze ans après avoir suivi l’American Ballet Theater de New York, Frederick Wiseman se confronte à nouveau à sa passion de la danse classique en plongeant dans les arcanes de la fameuse institution française. Son modus operandi demeure le même : une immersion totale, en équipe restreinte, jusqu’à ce que la caméra soit oubliée par ses sujets. Le tout pour un rendu sec, à la distance savamment calculée, dont le montage kaléidoscopique se charge d’étayer le point de vue. En l’occurrence, ici, dévoiler le fonctionnement autarcique de ce rouleau compresseur artistique sous la férule de sa directrice, l’imposante Brigitte Lefèvre. Si Wiseman dispense avec générosité des extraits de répétitions ou de représentations en un sidérant who’s who de la chorégraphie contemporaine (Wayne McGregor, Rudolf Noureev, Angelin Preljocaj, Pierre Lacotte, Sasha Waltz, Mats Ek, Pina Bausch, rien que ça), il scande sa narration de pauses nous montrant l’envers du décor, de l’élaboration des costumes au nettoyage - sans oublier de nous rappeler l’écrasante machine administrative et ses impératifs, derrière le rêve. L’ensemble exprime certes la déférence du réalisateur pour l’institution, mais W

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