Au bout des contes : et pour les enfants, quelles pièces réserver ?

Conte | Loin du théâtre collé à l’actu, d’autres artistes ont choisi les contes et s’adressent aussi aux petits. Mais leur propos n’est pas si déconnecté du réel qu’il n’y paraît.

Nadja Pobel | Mardi 10 septembre 2019

Photo : Blanche-Neige, histoire d'un prince © Venkat Damara


Drôle, sombre, grinçant et pour tout dire ébouriffant est la Blanche-Neige, histoire d'un prince (au Théâtre de la Croix-Rousse en janvier) de Michel Raskine qui a fait les beaux jours du In d'Avignon cet été. L'autrice Marie Dilasser y a incorporé ses préoccupations sur l'écologie, a détourné le genre et avec un castelet de marionnettes (101 nains dont Lèche-botte), l'ancien directeur du théâtre du Point du Jour livre aux enfants une fable parfaite.

Joël Pommerat lui ne signe pas la suite de Ça ira mais sa nouvelle création, Contes et légendes (au TNP en décembre), se fera avec des enfants confrontés aux adultes et androïdes pour tenter de comprendre de quoi demain sera fait. Autre conte pour les grands cette fois, celui de Desplechin, Un Conte de Noël (au Radiant, via une programmation Célestins et Théâtre de la Croix-Rousse, en février) sera créé par Julie Deliquet. Le plus brillant des cinéastes français qui se délecte de mises en scène théâtrales occasionnellement, à la Comédie-Française (Père en 2015, Angels in America en 2020) est une matière fantastique à travailler sur les planches.

L'enfance sous pression

Le tout nouvellement nommé au CDN de Valence, Marc Lainé, met lui l'enfance sous pression sur scène avec La Chambre désaccordée et retrouve le Théâtre de la Croix-Rousse où il avait présenté le très convaincant Vanishing point. Avec son récit écologique créé à la suite du spectacle de Michel Raskine à Avignon cet été, Céline Schaeffer transforme ses acteurs en insectes dans La République des abeilles (au TNG, en décembre). Dernière preuve s'il en fallait encore que l'enfance n'est épargnée par rien : le très réussi, complexe et ambitieux Vilains ! d'Alexis Armengol (au Théâtre de la Renaissance et à celui de Vénissieux en janvier).

Enfin, maîtres en adaptations réalistes (vidéos bruitées en direct comprises) de contes, la compagnie La Cordonnerie se voit offrir une mini rétro au Théâtre de la Croix-Rousse avec son Hansel et Gretel, (Super)Hamlet et sa Blanche-Neige ou la chute du Mur de Berlin redonnée à l'occasion des trente ans de cet événement historique.


Blanche-Neige, histoire d'un prince

De Marie Dilasser, ms Michel Raskine, dès 8 ans, 1h
Théâtre de la Croix-Rousse Place Joannès Ambre Lyon 4e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Un conte de Noël

D'après le film d'Arnaud Desplechin, ms Julie Deliquet, par le Collectif In Vitro, 2h20
Radiant-Bellevue 1 rue Jean Moulin Caluire
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


La chambre désaccordée

Théâtre musical de Marc Laîné, musique François Praud
Théâtre de la Croix-Rousse Place Joannès Ambre Lyon 4e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Julie Deliquet : le théâtre, hors caméra

Entretien | Alors qu’elle est en short-list pour succéder à Jean Bellorini à la tête du Théâtre Gérard-Philipe à Saint-Denis, la metteuse en scène Julie Deliquet prend le temps de revenir pour nous sur son adaptation théâtrale du magistral film d’Arnaud Desplechin, Un conte de Noël.

Nadja Pobel | Mardi 4 février 2020

Julie Deliquet : le théâtre, hors caméra

Vous avez précédemment monté des textes de théâtre (Tchekhov, Brecht, Lagarce), un téléfilm de Bergman (Fanny et Alexandre à la Comédie Française), qu’est-ce qui vous a poussé à vous pencher sur le film d’Arnaud Desplechin ? Julie Deliquet : C’est parce que j’ai travaillé sur Fanny et Alexandre que j’ai eu cette idée. Cette pièce commence par un Noël et Un conte de Noël débute par un hommage à Fanny et Alexandre, avec un petit théâtre d’ombre. Ça m’a vraiment passionnée de travailler sur les différents supports de Fanny et Alexandre, car ça a effectivement d’abord été un scénario novellisé, puis un téléfilm en quatre épisodes, puis remonté en film. Et l’auteur, Ingmar Bergman, est un homme de théâtre. Je me suis interrogée sur l’émergence d’adaptations cinématographiques qui ont un peu envahi nos scènes ces dernières années et j’ai eu envie de poser la question à un réalisate

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De l'écran aux planches

Adaptés du cinéma | Longtemps Shakespeare a fait les beaux jours d’Orson Welles et Elia Kazan fit un Tramway nommé désir plus fort que bien des adaptations scéniques. (...)

Nadja Pobel | Mardi 4 février 2020

De l'écran aux planches

Longtemps Shakespeare a fait les beaux jours d’Orson Welles et Elia Kazan fit un Tramway nommé désir plus fort que bien des adaptations scéniques. D’où vient que ces dernières années, la matière filmique — ou plus exactement scénaristique — se répand dans les salles de théâtre ? La puissance des films adaptés intrigue les metteurs en scène qui cherchent souvent un récit choral fort. Ainsi Julie Deliquet, après Fanny et Alexandre, a-t-elle sondé l’âme de la famille Vuillard qui n’a rien à envier aux héros shakespeariens. En ce mois de janvier, Maud Lefebvre qui a pour habitude de travailler des textes originaux avec le Collectif X, a adapté Une femme sous influence. « Ma pièce n’a rien à dire sur Cassavetes, disait-elle. Il ne s’agit pas de faire un discours sur son œuvre mais de l’interpréter comme on le fait d’une partition mus

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Blanche-Neige, #SheToo

Théâtre | Garder la noirceur initiale du conte, y injecter les tragédies modernes, déconstruire le genre... Une pièce à thèse ? Non ! Avec Blanche-Neige, son premier spectacle jeune public, Michel Raskine excelle à réunir tout les éléments foutraques dans ce qui fut un des temps forts d'Avignon l'été dernier.

Nadja Pobel | Mardi 14 janvier 2020

Blanche-Neige, #SheToo

« Spectacle pour adulte à partir de 8 ans » préférait-il dire cet été dans la Cité des Papes. Ainsi Michel Raskine se détachait de l'étiquette "jeune public" dans laquelle il était programmé. C'est une manière détournée d'affirmer que se trouvent dans cette création des nœuds sociétaux qui embrassent les considérations de chacun. Ainsi Blanche-Neige est-elle interprétée par un homme grimé (Tibor Ockenfels) et le Prince — d'habitude escamoté — par Magali Bonat (qui remplace pour cette série de représentations une Marief Guittier momentanément blessée). Il est question de libération de la femme d'un joug masculin d'arrière-garde. De son mariage malheureux, elle s’échappe avec ce mot totem de l'époque « j'étouffe » et envoie valdinguer « la morale judéo-chrétienne » d'un mari qu'elle vouvoie mais à qui elle n'est pas fidèle, lorgnant du côté de Monsieur Seguin tout en regrettant de ne pas avoir accepté les avances de Peau d'âne. Travaillant fréquemment avec des aut

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La Cordonnerie, des contes en triple

Théâtre | Toujours en vadrouille à travers la France, les Lyonnais de la compagnie La Cordonnerie sont régulièrement rappelés par le théâtre de la Croix-Rousse qui leur offre un jubilé début novembre avec la reprise de trois de leurs ciné-concerts : des contes distordus avec brio.

Nadja Pobel | Mardi 15 octobre 2019

La Cordonnerie, des contes en triple

Depuis le début des années 2010, les tubes s'enchaînent pour La Cordonnerie. Ils ont leur recette qui, loin de s'affadir, prouve de création en création qu'elle contient les bons ingrédients. Ainsi Métilde Weyergans et Samuel Hercule fabriquent-ils des ciné-spectacles à partir des contes, voire en tirant Shakespeare et Cervantès par la manche ((Super) Hamlet repris dans cet hommage et Dans la peau de Don Quichotte). En 2015, ils livraient Blanche-Neige ou la chute du mur de Berlin, qui sera joué ici le jour même de la célébration de ce trou percé dans la capitale allemande le 9 novembre 1989. Le Théâtre de la Croix-Rousse y adjoint judicieusement dans la foulée un concert de Rostropovitch par le Quatuor Debussy. En ce jour historique, le Russe avait attrapé son violoncelle pour interpréter Bach au pied de ce pan de la honte. Il était une fois Mais pour entamer cette rétrospective du duo lyonnais, Hansel et Gretel reviennent. Ce ne sont pas les enfants de Grimm mais un couple de vieux. Ils ont été magiciens, stars de l'émission La Piste aux étoiles

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À Avignon, Blanche-Neige dynamitée

Théâtre | Michel Raskine, ancien directeur du théâtre du Point du Jour, s'offre une cure de jouvence avec son premier spectacle jeune public, "Blanche-Neige histoire d'un prince". Dans le In d'Avignon, il convoque le rire lié à une noirceur dont s'enduisent tous les autres spectacles vus au cours du festival. Pour l'occasion, il retrouve l'autrice Marie Dilasser dont il avait déjà monté "Me zo gwin ha te zo dour" ou "Quoi être maintenant ?". "Blanche-Neige" sera longuement en tournée dans les prochains mois et notamment au Théâtre de la Croix-Rousse, en janvier prochain. Le metteur en scène nous amène à la genèse de ce projet détonnant et la folle caisse de résonance que produit le festival.

Nadja Pobel | Mardi 20 août 2019

À Avignon, Blanche-Neige dynamitée

Vous connaissiez bien déjà Marie Dilasser dont vous aviez déjà monté des textes. Quelle est l'origine de ce nouveau projet ? Michel Raskine : Un projet s'est cassé la gueule et ça m'avait un peu atteint et j'ai dit à Marief Guittier [NdlR, comédienne avec qui il fraye depuis plus de trente ans] que depuis le temps qu'on voulait faire un spectacle jeune public, on allait le faire. Claire Dancoisne que je connais bien a un lieu sublime de résidence, le Théâtre de la Licorne, à Dunkerque. Elle nous a accueilli, mais il fallait intégrer des objets au spectacle car son lieu est axé sur la recherche pour la marionnette contemporaine et le théâtre d'objets. Ces contraintes ont été bénéfiques manifestement... Évidemment que c'est bien. On n'a pas trouvé la pièce que l'on voulait. Je ne voulais plus faire de duos avec Marief, il fallait minimum un trio. On a décidé de faire Blanche-Neige et qu'elle serait le prince. J'ai voulu un personnage de Blanche-Neige qui soit le plus loin possible de celui du prince. Je connaissais Tibor Ockenfels de l'École de la Comédie de Saint-Étienne. Si il y avait beaucoup d

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Dans la peau de Don Quichotte : lutter contre les moulins à vent

Théâtre | C'est un ciné-spectacle sans cesse recommencé que la compagnie La Cordonnerie déroule depuis vingt ans. Avec des contes, puis aujourd'hui Don Quichotte, elle signe des fables plus politiques qu'elles en ont l'air. En musique live, vidéo, bruitages de doublage de voix au plateau. As usual.

Nadja Pobel | Lundi 30 avril 2018

Dans la peau de Don Quichotte : lutter contre les moulins à vent

Hansel et Gretel étaient de vieilles personnes mises au ban de la société avant même que Macron ne rabote les petites retraites, Blanche-Neige se barrait de sa tour HLM et trouvait refuge loin de la cité. Don Quichotte est sorti du livre d'une bibliothèque de Picardie (tiens tiens, région du président en chef de notre beau pays) lors du supposé bug du passage à l'an 2000 et parcourt les routes sur sa Rossinante de bicyclette accompagné d'un Sancho Panza bienveillant face à la douce folie de cet homme amoureux d'une médecin psychiatre. Au départ, il est pourtant Michel Alonzo qui a entrepris de résumer tous les livres de la médiathèque où il travaille afin de les préserver. Mais au XXIe siècle, devenu cet énergumène du Moyen-Âge, il est transformé en bête de foire, un SDF un peu dérangeant, moqué voire humilié par un édile peu amène qui dirige sa commune comme une entreprise et esti

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Michel Raskine débroussaille les chants aux Subsistances

Théâtre | « Lautréamont Les Chants de Maldoror / Tu n'aimes pas moi j'adore », tentait de chanter avec sa voix accidentée Jane Birkin dans l'ultime album (...)

Nadja Pobel | Mardi 10 octobre 2017

Michel Raskine débroussaille les chants aux Subsistances

« Lautréamont Les Chants de Maldoror / Tu n'aimes pas moi j'adore », tentait de chanter avec sa voix accidentée Jane Birkin dans l'ultime album studio que Gainsbourg lui écrivait en 1990. Un leitmotiv basique pour ce Et quand bien même sublime, forcément sublime. Michel Raskine s'élève heureusement au-dessus de ces paroles, démontrant qu'avec ce texte ardu (on aurait facilement tendance à le repousser), il y a tout de même une matière à théâtre et à jeu, notamment parce que Mervyn, un adolescent énigmatique, se lance dans une chevauchée nocturne. Et d'emblée, plutôt que nous relater les cinq chants précédents, le metteur en scène s'attache à nous donner une clé d'entrée à ce récit opaque avec la fameuse phrase du début de ce 6e chant qui inspira tant les surréalistes : « la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie », qui définit ici la beauté du jeune Mervyn, « 16 ans et 4 mois », auquel Maldoror, « ce sauvage civilisé », écrit. Jeu de poupées russes entre la personnalité de Lautréamont lui

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Hansel et Gretel : la crise des contes

Théâtre de la Croix-Rousse | Et si Hansel et Gretel étaient de vieilles personnes mises au ban d'une société individualisée parce qu'en crise ? La compagnie La Cordonnerie amène ce succulent – quoiqu'amer - spectacle créé en 2015 à la Croix-Rousse, et c'est une bonne nouvelle !

Nadja Pobel | Mardi 13 décembre 2016

Hansel et Gretel : la crise des contes

Ça s'appelle une recette. Ce pourrait être rébarbatif, paresseux ; c'est tout le contraire. Il en va de la compagnie La Cordonnerie comme des grands chefs : ils perfectionnent leur savoir-faire. Les ingrédients ? Des personnages connus de tous (Hamlet, Blanche-Neige, Hansel & Gretel), une réécriture contemporaine, un film muet, avec mise en parole, bruitage et musique en live sur un plateau de théâtre pendant qu'est projetée la vidéo. Déjà passé avec Blanche-Neige ou la chute du mur de Berlin fin juin à la Croix-Rousse (voir ci-dessous) et cet automne à la Renaissance avec la formidable et très étonnante Udo, version décalée et réduite de Blanche-Neige, centrée sur le père de cette héroïne Disney, voici que cette compagnie revient avec son spectacle précédent, cet Hansel et Gretel, presque deux ans au compteur et toujours bien arrimé au réel. Chaussures à leurs pi

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Tous à Oullins !

KIDS | C'est à l'heure de partir à l'imprimerie que nous découvrons le magnifique Udo complètement à l'est, prequel de Blanche-Neige ou la chute du mur de Berlin. La (...)

Nadja Pobel | Mardi 18 octobre 2016

Tous à Oullins !

C'est à l'heure de partir à l'imprimerie que nous découvrons le magnifique Udo complètement à l'est, prequel de Blanche-Neige ou la chute du mur de Berlin. La Cordonnerie, qui s'est fait une spécialité de transposer des contes sur scène avec vidéos bruitées, dialoguées en direct, fabrique là un court spectacle de moins d'une heure épatant. Mentionné dans le livre mais jamais raconté, le roi, père de Blanche-Neige, livre sa vie de circassien en Russie, loin de sa fille adorée. Trouvailles vidéo, recherches sonores, voici un condensé de ce que cette compagnie sait faire de mieux. Au théâtre de la Renaissance d'Oullins, du 25 au 27 octobre à 16h (dès 8 ans).

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Spectacles jeune public : Le futur, c'est maintenant

Avec les kids | Rien ne sert de gaver les petits (comme les grands) de théâtre au risque de faire une indigestion. Mieux vaut piocher astucieusement du côté du retour de (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 septembre 2016

Spectacles jeune public : Le futur, c'est maintenant

Rien ne sert de gaver les petits (comme les grands) de théâtre au risque de faire une indigestion. Mieux vaut piocher astucieusement du côté du retour de L'Après-midi d'un foehn de Phia Ménard (La Mouche, 23 novembre) ou de Petit bain (du 7au 11 février) du très inventif Johanny Bert capable de faire un spectacle pertinent même avec des post-it®. Ici, il reconstitue une montagne de mousse avec une petite marionnette, allégorie d'un jeu éphémère pour les enfants dès 2 ans. Le spectre de l'enfance se fait de plus en plus large : Joris Mathieu accueille au TNG le très délicat spectacle (dès 16 ans) de Myriam Marzouki, Ce qui nous regarde, où est interrogé avec délicatesse (oui c'est possible) le port du voile. Le jeune directeur lance également son festival biennal, Nos futurs, qui s'étalera jusqu'à Noël avec des spectacles — souvent à l'adresse des ados — ayant trait à demain pour « mieux affronter le r

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Cocotte au CCN

Danse | Nouveau rendez-vous au CCN de Rillieux-la-Pape (ce samedi 11 juin à partir de 19h), Cocotte fait bouillir la danse dans sa dimension performative (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 juin 2016

Cocotte au CCN

Nouveau rendez-vous au CCN de Rillieux-la-Pape (ce samedi 11 juin à partir de 19h), Cocotte fait bouillir la danse dans sa dimension performative avec pas moins de 16 performances proposées durant cette soirée : des six minutes interprétées par le metteur en scène Michel Raskine sur une proposition chorégraphique de Yuval Pick, aux cinq heures (et jusqu'à épuisement) de la danseuse et chorégraphe japonaise Mikiko Kawamura...

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La fin des utopies

SCENES | Sans être désenchantée, la génération de Julie Deliquet regarde dans le rétroviseur via Brecht et Lagarce, avant de se coltiner à sa réalité dans un triptyque peu novateur sur le fond, mais épatant dans sa forme.

Nadja Pobel | Mardi 15 mars 2016

La fin des utopies

Trentenaire passée par le Conservatoire de Montpellier, l’École du Studio Théâtre d’Asnières et l’école de Jacques Lecoq, Julie Deliquet a trouvé en route des compagnons avec lesquels créer en 2009 ce collectif portant en lui la notion d’expérimentation, In Vitro. D’emblée, ils montent Derniers remords avant l’oubli dans lequel Jean-Luc Lagarce signe la fin des utopies : un trio amoureux ayant acheté une maison se retrouve flanqué et d’un nouveau conjoint, et de leur solitude, pour clore ce chapitre. Sans éclat, entre cynisme et lassitude, ces personnages sont justement interprétés ; sans trop en faire, par une troupe qui une heure plus tôt a démontré à quel point elle savait jouer collectif. En effet, à cette échappée dans les années 80, Julie Deliquet a trouvé un prequel avec la pièce de Brecht, La Noce, qui tourne comme dans un film de Vinterberg, au règlement de compte à mesure que les verres d’alcool se vident et que le mobilier, construit par l’époux, se dézingue. La metteuse en scène parvient habilement à établir une tension au long court, évitant les trous d’air grâce à ses ac

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Michel Raskine divise son "Quartett" par deux

SCENES | Et soudain surgit Winnie. Tout au long des 90 minutes de Quartett, mis en scène par Michel Raskine d'après Les Liaisons dangereuses, Marief (...)

Nadja Pobel | Mardi 12 janvier 2016

Michel Raskine divise son

Et soudain surgit Winnie. Tout au long des 90 minutes de Quartett, mis en scène par Michel Raskine d'après Les Liaisons dangereuses, Marief Guittier sera juchée et engoncée dans un talus de terre. Immobile, comme l’héroïne de Oh les beaux jours, la voilà qui elle aussi monologue. Elle sait parfaitement le faire, de surcroît avec les mots intemporels d’Heiner Müller évoquant «le gaspillage de jouissance qu’entraîne la fidélité d’un mari», ses propos féministes assurant que «l’homme n’est que l’instrument de la jouissance des femmes». Bien sûr, l'alchimie prend. Thomas Rortais est beaucoup plus jeune que Valmont ? Qu’importe. Les liens physiques n’en ont que faire, la torture du désir aussi. D'autant que les deux comédiens ont déjà parfaitement rodé leur duo dans Le Triomphe de l’amour et Au cœur des ténèbres en septembre dernier. Le décor, lu

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Marief Guittier illumine "Au cœur des ténèbres"

SCENES | Chez ceux qui ne l’ont jamais vue comme chez ceux qui la connaissent déjà bien, son talent hors norme et sans cesse renouvelé provoque le même étonnement. Marief Guittier le confirme à l'Elysée sous la houlette de son éternel acolyte Michel Raskine : elle est une très grande comédienne.

Nadja Pobel | Mardi 15 septembre 2015

Marief Guittier illumine

C’est un petit bout de femme, pourrait-on dire vulgairement. Elle est en vérité bien plus. Quand le prologue se termine, elle apparaît, toute mince, là où on ne l’attend pas : hissée en haut de gradins, assise, au premier plan d’une peinture d’océan un peu kitsch, scénographie resserrée dans laquelle elle trouve sa place avec évidence. Petites lunettes rondes, bonnet lui ôtant tout cheveu, cardigan noir sur chemise blanche, pantalon : elle est cet homme, héros de Conrad, Charles Marlow. Elle est cet homme plus que bien des acteurs masculins ne pourraient l’être. Marief Guittier a déjà été Max Gericke et Rousseau, elle sait que tout est possible au théâtre. Avec sa voix grave, son souffle travaillé et, surtout, sa capacité à faire passer dans sa prononciation un mélange d’ironie, de passion et de surprise, elle sait démultiplier mieux que quiconque les nuances des états d’âme de son personnage. Et donne à ce jeune officier de marine marchande britannique qui remonte le cours d'un fleuve au cœur de l'Afrique noire une fraîcheur absolue. Mi

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L'Apocalypse selon Raskine

SCENES | À quoi ça tient, le projet d’une mise en scène de théâtre ? Au visionnage d’un documentaire parfois, comme celui vu par Michel Raskine au dernier (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

L'Apocalypse selon Raskine

À quoi ça tient, le projet d’une mise en scène de théâtre ? Au visionnage d’un documentaire parfois, comme celui vu par Michel Raskine au dernier festival Lumière, Hearts of Darkness, tourné sur le plateau d’Apocalyse Now. Ce documentaire lui remet en mémoire le récit de Joseph Conrad auquel il empreinte son titre, Au cœur des ténèbres. Alors que Quartett est déjà sur les rails, il décide de monter ce texte avec son éternelle Marief Guittier, dans une salle qu’il fréquente souvent et «que nous envie d’autres villes de province», le Théâtre de l'Élysée. Du 10 au 25 septembre, c’est de fait la petite salle de la Guill’ qui créera l’événement de cette rentrée théâtrale. Le texte, qui tient en une heure, est avant tout un monologue de Guittier dans la peau de Charles Marlow, le narrateur qui remonte le fleuve Congo durant la colonisation. Autour de l’actrice rôde l'éblouissant Thomas Rortais, déjà impeccablement dirigé par Raskine dans Le Triomphe de l’amour. Quoi d’autre ? Un prologue vraisemblablement de haut vol, «des fragments de décor, des bougies, Britten et Jim Morrison» compl

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Les locaux de la saison 2015/2016

SCENES | La crème des artistes internationaux (Lepage, Stein, Jarzyna pour une variation sur "Opening Night"...) a beau fouler nos planches cette saison, on aurait tort d'en oublier les pointures rhônalpines. Zoom sur les prochains spectacles de Richard Brunel, Michel Raskine et cie.

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Les locaux de la saison 2015/2016

Une fois n’est pas coutume, c’est à l’Élysée (quand bien même l’Espace 44 a rattaqué dès le 1er septembre) que débute en fanfare la saison théâtrale : Michel Raskine y adapte Au cœur des ténèbres de Conrad avec l’éternelle Marief Guittier et l’excellent Thomas Rortais qu’il avait déjà mis à l’épreuve dans son (forcément) triomphal Triomphe de l’amour en 2014. Plus tard, il prendra les mêmes et recommencera, cette fois aux Célestins, pour une adaptation de Quartett d’Heiner Müller (6 au 24 janvier) qui lui-même écrivait là sa version des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos – «une comédie» selon les mots du sulfureux écrivain. Le travestissement ne devrait jamais être loin, l’amusement non plus. La nouvelle création de Gilles Pastor s'annonce elle plus caustique que ludique puisque, après avoir brillamment mis en scène l’Affabulazione

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Laurent Brethome donne le ton de la saison jeune public

SCENES | Des spectacles à venir, "Riquet" (délesté de sa houppe) est sans conteste le plus émouvant et le plus abouti. Retour sur ce travail de Laurent Brethome qui passera par le Toboggan et tour d’horizon des propositions jeune public de la saison. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 9 septembre 2015

Laurent Brethome donne le ton de la saison jeune public

C’est quoi être différent ? Comment faire avec ce qui manque ? La beauté pour cette fille laide mais intelligente, la jugeote pour sa ravissante sœur, que leur père fatigué de porter la couronne veut marier à un prince repoussant ? De toutes ces aspérités handicapantes, il émane une humanité qu’Antoine Herniotte a su magnifiquement retranscrire dans son adaptation de Riquet et que Laurent Brethome a transposé sur le plateau en éléments très concrets. Les robes de princesse sont en papier froissé, le château se dessine en direct, les baguettes magiques sont des brosses à WC... À cette apparente économie de moyens correspond une débauche de créativité et, surtout, un goût pour une forme artisanale de théâtre qui ramène à des émotions très enfantines. Invité à ouvrir rien moins que le In d’Avignon cet été, Brethome a une nouvelle fois livré un spectacle très organique (la peinture dans Les Souffrances de Job, l'eau dans

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La saison 2015/2016 des Célestins

ACTUS | Toujours plus internationale et comptant 8 créations et 9 co-productions, la nouvelle saison des Célestins, au cours de laquelle sa co-directrice Claudia Stavisky se mesurera au très caustique "Les Affaires sont les affaires" de Mirbeau, s'annonce prometteuse. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 2 juin 2015

La saison 2015/2016 des Célestins

Belgrade, l'un de leur meilleur spectacle de la saison en cours, n'a pas encore été joué que déjà les Célestins dévoilent déjà leur programmation 2015-2016. Bien que des mastodontes nationaux et internationaux soient à l'affiche, la jeunesse s'y fait une place avec : Piscine (pas d'eau) (du 3 au 13 février), pièce trash de Mark Ravenhill et inspirée de la biographie de la photographe Nan Goldin, récemment passée (plus que furtivement) à Nuits Sonores. La metteur en scène Cécile Auxire-Marmouget travaille par ailleurs avec Claudia Stavisky sur le projet La Chose publique, médiation avec les habitants de Vaulx-en-Velin. Pour Piscine, elle a notamment convié l'excellent David Ayala, l'amant un peu rustre de En roue libre cette année. Un beau ténébreux (du 10 au 13 mars) du très précieux mais pas si populaire Julien Gracq, mis en scène par Matthieu Cruciani, déjà aux manettes de Non réconciliés de François Bégaudeau, vu à la Célestine La fidélité qui caractériste par ailleurs le théâtre permettra cette saison de revoir des artistes particuli

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La saison 2015/2016 du Théâtre de la Croix-Rousse

ACTUS | Ludique et politique est le visuel de la nouvelle plaquette (une croix faite de craies fragilisées) du Théâtre de la Croix-Rousse. Ludique et politique (et du coup franchement excitante) sera sa saison 2015/2016. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 31 mai 2015

La saison 2015/2016 du Théâtre de la Croix-Rousse

Des Fourberies de Scapin décapées au karcher par Laurent Brethome, le crépusculaire Mon traître d'Emmanuel Meirieu, David Bobée et son Lucrèce Borgia à (trop) grand spectacle... L'entame de la saison 2014/2015 du Théâtre de la Croix-Rousse fut l'une des plus fulgurantes qu'on ait connue depuis l'arrivée à sa direction de Jean Lacornerie. La rentrée 2015/2016 est bien partie pour soutenir la comparaison, ne serait-ce que parce qu'elle s'ouvrira sur la reprise du Bigre de Pierre Guillois, comédie muette «à voir et à revoir» (du 29 septembre au 3 octobre) selon la formule consacrée car aussi hilarante qu'ingénieuse. Suivront : une prometteuse transposition des conseils pour accéder à un trône et le conserver de Machiavel dans l'univers férocement contemporain du stage de formation par Laurent Guttmann (Le Prince, du 6 au 16 octobre) ; le retour, sous bannière Nimis Groupe, d'une partie des singuliers Belges du Raoul collectif (Le Signal du promeneur) avec Ceux que j'ai rencontrés ne

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Bien chaussés

SCENES | Depuis 1996, la Cordonnerie de Samuel Hercule s’illustre dans la confection de spectacles tout public originaux : des ciné-concerts théâtralisés pensés de A à (...)

Aurélien Martinez | Mardi 25 mars 2014

Bien chaussés

Depuis 1996, la Cordonnerie de Samuel Hercule s’illustre dans la confection de spectacles tout public originaux : des ciné-concerts théâtralisés pensés de A à Z, de la réalisation du film à sa transposition musicale sur scène. Un travail qui s’est affiné avec le temps, les dernières propositions (sur Hamlet et Frankenstein par exemple) conservant paradoxalement l'esprit artisanal des débuts tout en faisant montre d'un souci de précision incroyable. Les images sont ainsi tournées en amont, suivant un schéma détaillé. Un prémontage est ensuite établi, qui sert de base pour les répétitions. Là, les musiciens-acteurs précisent la narration et le découpage, jusqu'à un résultat d'une grande habileté, où ce qu’il se passe sur le plateau ne sert jamais de faire-valoir à ce que diffuse l’écran. Ainsi de la narratrice Métilde Weyergans, arrivée tardivement dans l’aventure, qui parvient toujours à capter le regard des spectateurs et à le guider vers ses camarades de jeu, leurs instruments et leurs objets sonores en tout genre. Tout ce petit monde sera au Théatre de Villefranche samedi 29 mars (et jeudi 17 avril à Bron) avec Hänsel et Gretel, la faim de

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Le Triomphe de Raskine

SCENES | Constamment jubilatoire, drôle, tendu et vif, "Le Triomphe de l'amour" signe les retrouvailles de Michel Raskine avec la si brillante écriture de Marivaux. Une très grande mise en scène, comme il en a déjà tant derrière lui. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 4 février 2014

Le Triomphe de Raskine

Sartre, Manfred Karge, Duras, Dea Loher, Marie Dilasser, Strindberg, Lagarce, Bernhard, Pinget, Shakespeare, Marivaux… Le moins que l’on puisse dire est que Michel Raskine, depuis ses débuts de metteur en scène en 1984 avec l’inoubliable et maintes fois repris Max Gericke, s’est confronté à des registres tellement différents qu’il parait compliqué d’y déceler un fil rouge. Toutefois, si on se doute bien qu’il ne s’acharne pas à établir une continuité dans son travail, il n’en demeure pas moins que dès les premières minutes du Triomphe de l’amour, nous nous sentons autant chez lui que chez Marivaux par un savant décalage : les personnages sont costumés mais se trimballent avec un sac plastique Lidl ; le décor est massif, juste mélange de références antiques et modernistes, mais à jardin trône une table en formica avec bières, cagettes et vieille téloche qui sera le lieu de détente de l’un des comédiens à l’entracte. Chez Raskine, le spectacle ne s’arrête jamais vraiment, la vie et la comédie se mélangent, le factice et le réel ne font qu’un. Il en était notamment ainsi en 2009 avec Le Jeu de l’amour et du hasard, qu'il laissait en suspen

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Les moments forts de la saison théâtre 2013/2014

SCENES | Sélection réalisée par Nadja Pobel, Benjamin Mialot et Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison théâtre 2013/2014

Regards Née avec une malformation au visage, Séverine Fontaine a dû composer avec pendant toute son enfance. La jeune femme devenue comédienne a décidé de se nourrir de cette expérience pour livrer ce solo présenté comme «un manifeste pour la différence». Dans une scénographie convoquant une série de lampes, elle joue habilement avec le regard du spectateur. Un spectacle sincère et fort.Au Centre Albert Camus, Bron, du 1er au 4 octobre Le Président C’est grinçant et marquant comme… du Thomas Bernhard. Michel Raskine a su adapter cet immense dramaturge autrichien avec le

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Rencontre au sommet

SCENES | 10 mars 1975 : Jacques Chancel reçoit Michel Foucault dans son émission Radioscopie, sur France Inter. 10 septembre 2012 : au Lavoir, on rejoue la (...)

Dorotée Aznar | Lundi 10 septembre 2012

Rencontre au sommet

10 mars 1975 : Jacques Chancel reçoit Michel Foucault dans son émission Radioscopie, sur France Inter. 10 septembre 2012 : au Lavoir, on rejoue la scène. Une table, deux micros, une rencontre inédite entre deux acteurs ; Michel Raskine prête sa voix à Michel Foucault tandis qu’Ivan Gouillon se livre à un rôle dans lequel il excelle : l’animateur. Un magnifique entretien, où Foucault défend la notion de plaisir dans le savoir («la politesse de celui qui écrit est de provoquer un plaisir physique chez celui qui le lit»), parle de folie, de punition, de pouvoir, de peine de mort. On y entend aussi un Jacques Chancel bien décidé à faire parler Foucault de sa vie privée («avez-vous des enfants ?», tentant de simplifier la parole du penseur à l’extrême mais lui laissant également … le temps (et on réalise à quel point cela est devenu rare !) Il y aura scandale, mais… est à voir mardi 11 et mercredi 12 septembre à 20 heures au Lavoir public - Club Théâtre. Dorotée Aznar

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Racé !

SCENES | Le pouvoir pour quoi faire ? Pour son retour aux Nuits de Fourvière, et en pleine période électorale (pas seulement en France !), Michel Raskine a l’audace de choisir la pièce cinglante de Thomas Bernhard, Le Président. À la hauteur de ce texte incandescent, il signe une mise en scène qui a du chien ! Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 26 septembre 2013

Racé !

Ça fait sens. Au bout de l’heure quarante de ce spectacle, il est évident qu’il arrive au bon moment (période électorale avec des enjeux plus importants encore en Grèce et en Égypte que dans l’Hexagone), au bon endroit (un chapiteau de cirque) et qu’il est entre les mains de la bonne personne, Michel Raskine. Il avait déjà brillamment mis en scène Thomas Bernhard en 2000, replié dans un coin de la scène du Point du jour avec Au but. Paru en 1975, Le Président fait polémique dès sa création car il fut joué à Stuttgart où se déroulait alors le premier procès de la Fraction Armée Rouge, ces anarchistes emmenés par Andreas Baader et Ulrike Meinhof. Or Le Président, c’est précisément le récit de ce clivage entre un pouvoir autocrate et vain qui s’amenuise face à l’adversité - en l’occurrence des anarchistes. Fiction ou réalité ? Peu importe. Thomas Bernhard s’est toujours délecté de ces parallèles et ne cesse d’incriminer son pays et les puissants. Ici, un couple présidentiel vient de réchapper à un attentat. Un colonel et leur chien ont succombé. Pour la Présidente, c’est un drame absolu que d’avoir perdu son animal, son mari a droit à bien moins d’égards. Dans la deuxième

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Ciel, mon théâtre !

SCENES | Changements de direction à la tête des théâtres, nouvelles infrastructures, orientations artistiques différentes pour les lieux existants… Ces bouleversements vont-ils modifier en profondeur le paysage théâtral lyonnais ? Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 5 septembre 2011

Ciel, mon théâtre !

Rarement les institutions culturelles lyonnaises, et notamment les théâtres, auront connu de tels bouleversements. Dans un milieu dans lequel les directeurs ont la réputation (et souvent l’habitude) de rester en fonction autant que faire ce peut, parfois bien au-delà du raisonnable, on a assisté la saison dernière à des changements profonds. À l’échelle locale, le plus médiatique fut sans doute celui occasionné, en juillet 2010, par le décès de Philippe Faure, directeur du Théâtre de la Croix-Rousse depuis 1994 et dont la succession a été le révélateur d’un malaise profond chez les metteurs en scène de la région. Dans les semaines qui ont suivi l’annonce de la disparition de Philippe Faure, dix-sept candidats ont fait connaître leur volonté de prendre la direction du lieu. Une grande partie d’entre eux était composée de metteurs en scène à la recherche d’un lieu dans lequel établir leur compagnie, un lieu dans lequel créer leurs spectacles et, finalement, un moyen de sortir d’une forme de précarité. Et le tollé provoqué par la décision de la Ville de Lyon (propriétaire du théâtre) de ne pas lancer d’appel à candidatures pour le recrutement d’un nouveau directeur ne dit pas autre ch

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Michel Raskine

SCENES | Comédien, metteur en scène, directeur du Théâtre Le Point du Jour. DA

Dorotée Aznar | Mercredi 8 décembre 2010

Michel Raskine

Petit Bulletin : Si vous deviez choisir un spectacle qui vous a touché ces dernières années, quel serait-il ? Michel Raskine : Kontakthof, pour adolescents de 14 ans et plus de Pina Bausch. Ce spectacle m'a bouleversé. Un “événement“ qui a modifié la vie culturelle ? Dans le milieu du théâtre, l'arrivée de l'École Nationale Supérieure d'Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT) à Lyon en 1997 a beaucoup compté. Cela a apporté du sang neuf à un moment où cela était nécessaire. Quelles sont les qualités de cette ville sur le plan culturel ? Il y a une offre culturelle énorme ! Des théâtres, un opéra, une Maison de la Danse, des salles de concert... À quelques exceptions près, les spectateurs lyonnais sont très chanceux. Quelles sont ces exceptions ? Quelques grands metteurs en scène étrangers n'ont jamais été, ou très peu, programmés à Lyon. Quels sont les défauts récurrents de Lyon ? C'est une chance pour Lyon d'avoir deux biennales, mais en ce qui me concerne, je pense qu'il manque un vrai grand musée dédié à l'art contemporain. Je pense également que Lyon a beaucoup de retard par rapport à d'autres villes européenn

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Raskine-Guittier, la fidélité

SCENES | Comédienne / Marief Guittier et Michel Raskine, une fidélité par vingt fois renouvelée. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 15 mars 2010

Raskine-Guittier, la fidélité

Depuis sa première mise en scène en 1984 (Max Gericke ou pareille au même de Manfred Karge), Michel Raskine a crée 26 autres spectacles. Le point commun entre ces créations ? La présence de la comédienne Marief Guittier dans vingt d’entre eux, du premier au dernier en date.

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Scènes de la non vie conjugale

SCENES | Critique / Voilà un couple pour qui ça ne va plus du tout, un couple où l’amour est mort, ce que tous deux constatent au cours d’une scène de ménage dépassionnée, (...)

Dorotée Aznar | Samedi 13 mars 2010

Scènes de la non vie conjugale

Critique / Voilà un couple pour qui ça ne va plus du tout, un couple où l’amour est mort, ce que tous deux constatent au cours d’une scène de ménage dépassionnée, en attendant un événement qui les sortirait de leur impasse. Edgar, militaire, boit ; Alice, ancienne actrice, joue du piano. Ils rejouent sur scène ce quotidien figé qu’ils connaissent par cœur. Au début de la pièce, ils sont même déjà lassés par leur propre lassitude. Surprise : cela fait rire. On rit, mais les dents grincent face à ces petites vacheries qui, on le devine, cachent de bien grandes frustrations. Elles éclateront lorsqu’un dénommé Kurt viendra passer quelques temps dans leur maison : possibilité d’un adultère vengeur pour elle, face-à-face avec l’alcoolisme et la maladie pour lui. Kurt représente une promesse de vérité au sein d’un environnement asphyxié par des mensonges dont personne n’est dupe. En adaptant «La Danse de mort», Michel Raskine explore lui aussi les possibles du texte de Strindberg : un théâtre du surplace qui ressemble à du Beckett, où la rancune et l’aigreur se projettent en saillies verbales dignes d’un Thomas Bernhard, mais qui peut aussi aller vers l’émotion pure sous la forme d’une tr

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L’amour à mort

SCENES | Théâtre / La Danse de mort, remarquable adaptation d’August Strindberg, permet à Michel Raskine de signer un de ses spectacles les plus accomplis, où le perfectionnisme et l’intelligence de sa mise en scène s’expriment avec une évidente sérénité. Rencontre. Propos recueillis par Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Samedi 13 mars 2010

L’amour à mort

Petit bulletin : Où situez-vous August Strindberg par rapport aux auteurs que vous avez déjà mis en scène ?Michel Raskine : D’abord une parenthèse : ce n’est pas un auteur que je connais très bien. Ensuite, une parenthèse dans la parenthèse : je ne suis pas quelqu’un qui lit beaucoup de théâtre, ça me barbe assez, par contre, je vais beaucoup au théâtre. J’avais vu du Strindberg, mais je me tenais à une distance respectable et respectueuse, et je trouvais que la plupart des metteurs en scène le tenaient à une distance respectable et respectueuse. Ce qui fait que je ne me sentais pas si proche de lui… Par ce vieux réflexe, qui est en train de changer depuis le spectacle de Lagarce à la Comédie Française, je n’osais pas m’approcher de ça car j’avais mieux à faire avec des auteurs d’aujourd’hui pour parler du monde d’aujourd’hui. Avec cette première scène à l’humour très noir, on a le sentiment d’entendre du Thomas Bernhard…Il est certain que Bernhard connaissait Strindberg. Mais ce qu’on entend dans la première scène, c’est mon humour à moi. Sans aller jusqu’à dire qu’il s’agit d’un autoportrait, je crois que je suis très profondément dans ce spectacle.

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Amour monstre

SCENES | Spectacle / Un film muet et une bande-son en direct, c’est la signature de la compagnie La Cordonnerie. Cette fois, Samuel Hercule et sa fine équipe (...)

Dorotée Aznar | Lundi 12 octobre 2009

Amour monstre

Spectacle / Un film muet et une bande-son en direct, c’est la signature de la compagnie La Cordonnerie. Cette fois, Samuel Hercule et sa fine équipe s’attaquent au mythe de Frankenstein avec «L’Éternelle fiancée du Docteur Frankenstein», une création librement inspirée du roman de Mary Shelley et du film de James Whale. Sur scène, cinq acteurs, bruiteurs, musiciens et chanteurs assurent la bande-son, jonglant avec les instruments et un joyeux bric-à-brac. Sur l’écran, on retrouve le fameux docteur, vivant seul avec son fidèle assistant. Son temps est tout entier occupé par un projet fou : redonner la vie à des créatures qui l’ont perdue. Après un premier succès sur une grenouille, Frankenstein décide de donner une ampleur nouvelle à ses travaux en s’emparant de la dépouille encore tiède d’une jeune chanteuse de variété à succès, Anna Doray. La «nouvelle» Anna sera donc la créature du docteur, elle devra réapprendre à manger, à parler, à se déplacer, à chanter et surtout accepter son visage, marqué par une large cicatrice. La créature parviendra-t-elle à devenir humaine ? Et ceux qui ont pleuré la disparition de la chanteuse seront-ils prêts à accepter de la voir revenir ? Pas de ‘c

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Fais-moi peur !

SCENES | Coup de cœur spectacle / La compagnie La Cordonnerie présente «L’Éternelle fiancée du Docteur Frankenstein» au Théâtre de Villefranche. Un travail mêlant vidéo sur l’écran et musiciens, bruiteurs et chanteurs sur scène. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Vendredi 9 octobre 2009

Fais-moi peur !

Les petits d’aujourd’hui ne connaissent pas Frankenstein. Pourtant, quand le film réalisé par la compagnie La Cordonnerie commence, tous plongent immédiatement dans l’histoire du docteur bravant le plus grand des tabous en ressuscitant les morts. Nul besoin de maîtriser la filmographie de James Whale, ni même de connaître par cœur l'œuvre de Mary Shelley pour appréhender ce travail, La Cordonnerie propose sa vision toute personnelle de Frankenstein. Le docteur Frankenstein, abandonné par ses parents alors qu’il n’était qu’un bébé, passe tout son temps enfermé dans son cabinet de travail. Il parvient à ressusciter une grenouille, mais ses travaux de recherche sont ignorés par les autres médecins. Bouleversé par la disparition d’une jeune chanteuse de variété, Anna Doray, Frankenstein décide de lui redonner la vie en secret. Créateur et créatureComment la créature va-t-elle s’adapter ? Sa différence pourra-t-elle être acceptée par les autres et par elle-même ? Que faire des sentiments qui attachent le créateur à sa créature ? Qu’est-ce qui fait un être humain ? Autant de questions que La Cordonnerie pose aux plus jeunes (et aux autres) en ne versant jamais dans la fa

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Amours des feintes

SCENES | Théâtre / Après avoir travaillé la matière de Rousseau, Michel Raskine reste fidèle au XVIIIe siècle pour sa nouvelle création. Il offre une version électrisée de la plus célèbre pièce de Marivaux, Le Jeu de l'amour et du hasard. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 27 février 2009

Amours des feintes

Le texte est là comme un pilier sur lequel vont s'adosser les comédiens 2h30 durant. Une longueur qui laisse aux acteurs le temps de respirer sans le débiter à la mitraillette. L'histoire est sans suspense : Orgon veut marier sa fille Silvia à Dorante, le fils d'un de ses amis. Peu encline à ce genre d'engagement, Silvia se méfie et préfère endosser les habits de sa servante Lisette pour mieux observer en cachette son futur mari. Mais de son côté Dorante a eu la même idée et troqué son rôle contre celui de son valet, le fantasque et comique (quoiqu'un peu lourdingue) Arlequin. La langue est d'une fluidité impeccable et totalement transparente mais Marivaux dilue parfois l'intrigue et retarde longuement la découverte de cette usurpation des identités. Orgueilleuse au plus haut point, la vraie Silvia fait durer le jeu avant de révéler in extremis qu'elle est une maîtresse, quand elle est assurée que Dorante l'aime même dans la basse condition de son déguisement. La bienséance est respectée, l'amour véritable triomphe pendant que les rangs hiérarchiques reprennent leur place. Dans ce canevas serré, Michel Raskine trouve le bon tempo et détourne les codes avec parcimonie mais efficacit

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L'Amer Rousseau

SCENES | Théâtre / Michel Raskine tire le portrait d'un «Jean-Jacques Rousseau» vieillissant et aigri dans un spectacle intelligent, drôle et mordant, emporté par une fantastique Marief Guittier. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 28 mars 2008

L'Amer Rousseau

Allongé sur un banc, emmitouflé dans des couvertures alors que l'aube se lève sur sa maison à la campagne, Jean-Jacques Rousseau se réveille lentement. Que ce soit Marief Guittier qui lui prête ses traits féminins ne choque pas longtemps - surtout quand l'actrice atteint un tel sommet de maîtrise de son jeu - car toute la scénographie, entre moquette vert fluo et arbre en carton-pâte, joue le faux-semblant. Et le spectacle ? Il montre d'abord un Rousseau illuminé, en plein trip exalté face à la nature, évoquant ses siestes en barque et ses promenades en forêt. On se demande, pendant ce premier quart d'heure à la lisière de l'ennui, où Raskine veut en venir, quel intérêt il peut bien trouver à ce Rousseau des champs à la naïveté surannée... Le Misanthrope suisseSoudain, le valet un peu effacé du philosophe (Bertrand Fayolle, impeccable de flegme et de présence discrète face au monstre), le rappelle à l'ordre : «Le Théâtre !» lui crie-t-il. C'est alors un tout autre Rousseau qui apparaît, Raskine révélant enfin l'objectif du spectacle : casser l'image d'un Jean-Jacques Rousseau humaniste et généreux, et en faire un personnage de Thomas Bernhard, un monstre d'amertume ru

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S'accrocher aux branches

SCENES | Théâtre / Le titre de la nouvelle création de Michel Raskine donne le ton : Me zo gwin ha te zo dour ou Quoi être maintenant ? Amateurs de simplicité : fuyez ! Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Mercredi 7 février 2007

S'accrocher aux branches

Le premier quart d'heure de Me zo gwin ha te zo dour peut laisser perplexe. Des motifs floraux abominables partout (des costumes aux papiers peints, jusqu'à l'écœurement), des personnages aux noms tellement imprononçables qu'on se demande régulièrement qui est qui, des dialogues à la limite de l'absurde ou pseudo-lyriques, et des choix de mise en scène étonnants (les animaux sont soit des peluches, soit des personnages qui portent des peluches sur la tête !). Pourtant, il serait dommage de lâcher prise, et ce, même si une brebis carnivore vous rote et vous pète à la tête, ce qui est aussi moyennement agréable que moyennement drôle. Le texte de Marie Dilasser pose pourtant de vraies questions et de manière plutôt judicieuse. La jeune auteur issue de l'Ensatt interroge en effet l'identité mais à un simple «qui suis-je ?» elle préfère un «qu'est-ce que je vais être d'autre que ce que je suis maintenant ?». Elle refuse le traitement cérébral pour jeter ses personnages dans une quête concrète, brutale, presque animale. Veau, vache, cochon angora à poil roux Sur scène, trois tableaux, trois volets se succèdent, ayant chacun pour héros central un des trois personnages de la pièce. À sav

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«La Comédie-Française fascine»

SCENES | Entretien / Michel Raskine, metteur en scène et directeur du Théâtre Le Point du Jour depuis 1995 nous parle de sa folle saison 2007-2008. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Mercredi 12 septembre 2007

«La Comédie-Française fascine»

Petit Bulletin : Cette saison, vous êtes sur tous les fronts : reprise de votre Huis Clos, une création sur Jean-Jacques Rousseau et surtout Juste la fin du monde de Lagarce à la Comédie-Française...Michel Raskine : C'est effectivement une année très pleine et c'est la première fois pour moi que les spectacles s'enchaînent autant. Cela va d'ailleurs à l'encontre de ce que j'ai pu dire, à savoir que les directeurs de théâtre ne devaient pas trop en faire. Cependant, c'est un peu des hasards de calendrier et j'ai une grande envie de faire des spectacles en ce moment. Mon Périclès, joué à Fourvière (en 2006, NdlR) a réactivé mon envie de théâtre et je n'éprouve pas de lassitude en tant que metteur en scène. Vous êtes également le metteur en scène invité à l'Ensatt cette année, quelle pièce allez-vous monter avec les étudiants ?Pour l'instant, je suis encore à la recherche d'un texte. C'est mon troisième rendez-vous avec cette école ; un travail très réjouissant et très contraignant d'autant plus que logiquement je ne choisis ni les acteurs, ni les techniciens. Même s'il ne faut pas faire ce genre d'exercices trop souvent, je pense que ce travail est essen

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