Dix expos à (re)voir pour un été au frais

Un été en ville peut se vivre à l’air libre, comme on vous le conseille dans les premières pages de ce numéro. Mais il peut aussi se vivre dans un musée, en parfaite connexion avec des œuvres d’art. Alors zoom sur dix expositions que nous avons déjà chroniquées avec enthousiasme et qui sont toujours à l’affiche pendant ces vacances.

La plus événementielle

Immense figure du street art, l’États-unien Shepard Fairey présente à l’Ancien Musée de peinture plus de 600 œuvres qui reviennent sur trente ans de carrière militante. Un gros morceau qui en met plein la vue ! Et un art syncrétique nourri de nombreuses influences allant du constructivisme russe au pop art, saupoudré d’un goût prononcé pour les formes autoritaires de propagande – car pour faire passer certains messages politiques, Shepard Fairey n’hésite pas à faire dans l’efficacité simpliste. Malheureusement, ceux qui sont à l’aise avec les valeurs qu’il brocarde (consumérisme, nationalisme, militarisme) sont bien meilleurs en la matière – en atteste les élections récentes de Trump et Bolsonaro.

Obey : 30 years of resistance
À l’Ancien Musée de peinture jusqu’au dimanche 27 octobre


La plus barrée

Ancien galeriste grenoblois, fondateur de la Maison rouge à Paris, Antoine de Galbert possède une des collections d’art contemporain les plus enthousiasmantes de France. C’est un parcours passionnant à travers celle-ci que nous propose le Musée de Grenoble. Chaque salle offre une entrée thématique qui permet aux pièces de dialoguer de manière réjouissante. Un parcours où chaque œuvre est comme un souvenir ramené d’un voyage, celui d’un collectionneur dont le goût singulier témoigne d’une fascination pour l’étrange, le bizarre voire le franchement dégueulasse – mais pas que !

Souvenirs de voyage, la collection Antoine de Galbert
Au Musée de Grenoble jusqu’au dimanche 28 juillet


La plus vertigineuse

Bédéiste reconnu grâce à des succès comme Le Transperceneige ou Ailefroide, altitude 3954, Jean-Marc Rochette présente au Musée de l’Ancien Évêché non seulement toute une série de planches originales, mais également de nombreux storyboards, des aquarelles de paysages alpins et de gigantesques peintures quasi abstraites qui évoquent des parois rocheuses. C’est en effet sur le versant de sa production dédiée à l’univers montagnard que se penche l’exposition avec, plus particulièrement, les planches originales de sa dernière bande dessinée Le Loup.

Jean-Marc Rochette, artiste au sommet
Au Musée de l’Ancien Évêché jusqu’au dimanche 22 septembre


La plus enivrante

Le Musée dauphinois s’attaque à un pan culturel majeur de la région : la fabrication des liqueurs. Et vu leur nombre, il y a de quoi faire ! Le parcours chronologique montre ainsi comment ces alcools initialement produits par les religieux dans un cadre médicinal ont peu à peu accompagné nos moments de loisirs. On y découvre l’usage des plantes alpines, de géniales affiches publicitaires, quelques objets saugrenus ou encore des extraits de film d’actualité des années 1950 dans lesquels on apprend que l’alcool était jusque-là autorisé dans les cantines scolaires !

L’Ivresse des sommets
Au Musée dauphinois jusqu’au lundi 29 juin 2020


La plus animale

Légère et amusante, la dernière exposition du Centre du graphisme est idéale à visiter en famille, et plus particulièrement accompagné des grands-parents. Ils y retrouveront, avec un brin de nostalgie, tout un tas d’animaux publicitaires qui ont inconsciemment peuplé leur enfance et orné les murs de la France des Trente Glorieuses : le Poulain du chocolat, la Vache qui rit ou encore le fameux tigre Esso. Cette dimension ludique n’empêche pourtant pas de nous questionner sur les stéréotypes et les injonctions consuméristes que ces images publicitaires véhiculent.

Bêtes d’affiches, une saga publicitaire
Au Centre du graphisme d’Échirolles jusqu’au vendredi 30 août (fermeture estivale du 5 au 18 août)


La plus historique

Une exposition passionnante pour quiconque s’intéresse à la période de l’Entre-deux-guerres. La montée des nationalismes, la passivité des acteurs politiques ou encore les enjeux diplomatiques sont autant de sujets dont le photographe et journaliste Marinus s’est emparé dans les années 1930 pour réaliser de subtils photomontages dans lesquels les dirigeants politiques de l’époque sont souvent caricaturés comme de grands enfants réjouis dont la cour de récréation serait le monde. Naturellement, toute ressemblance avec la période actuelle est fortuite…

Marinus, photomontages satiriques 1932-1940
Au musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère jusqu’au lundi 21 octobre


La plus sportive

Ouverte l’an passé pour célébrer les 50 ans des Jeux olympiques d’hiver grenoblois mais prolongée jusqu’au début de cet automne au vu du succès rencontré, l’exposition du Musée dauphinois sobrement intitulée Grenoble 1968, les Jeux olympiques qui ont changé l'Isère est une petite merveille qui s’adresse à tous, passionnés ou non de sports d’hiver. Car en plus de présenter divers objets et témoignages reliés à la compétition, elle démontre de manière accessible (et ludique) comment les JO ont transformé notre territoire. Et puis on peut aussi s’essayer au bobsleigh grâce à un simulateur alors !

Grenoble 1968, les Jeux olympiques qui ont changé l'Isère
Au Musée dauphinois jusqu’au lundi 7 octobre


La plus scientifique

Déployée dans trois lieux (le Muséum, la Casemate et l’Observatoire des sciences de l’univers), l’exposition Les Mondes inconnus permet de découvrir « l’univers et ses mystères ». Une proposition richement documentée mais tout de même accessible à tous, et surtout au jeune public dans les deux premiers lieux cités.

Les Mondes inconnus
À la Casemate, au Muséum de Grenoble et à l’Observatoire des sciences de l’univers de Grenoble jusqu’au dimanche 28 juillet (vendredi 26 juillet pour l’Osug)


La plus politique

Et voici une exposition avec pas mal de vidéo-performances à dimension symbolique dans lesquelles les artistes (souvent des femmes et des non-occidentaux) battent en brèche toutes les formes de domination – du patriarcat infantilisant au post-colonialisme insidieux. Une belle occasion, par exemple, de voir le film iconique de Gordon Matta-Clark Conical intersect, de découvrir le travail fascinant d’Heidi Bucher ou encore de se rappeler que, si l’on souhaite que certaines choses changent, il faut accepter qu’à un moment ce soit le bazar.

Entropie j’écris ton nom
Au Magasin des horizons jusqu’au dimanche 28 juillet


La plus précise

C’est un travail minutieux que le peintre hollandais Rembrandt réalisa au XVIIe siècle avec ses gravures. Un travail qui a fasciné le Fonds Glénat puisqu’il en a acquis 72 qu’il présente de manière permanente dans son Couvent Sainte-Cécile. À voir pour la finesse et l’expressivité du trait (des loupes sont à disposition), pour la parfaite maîtrise des jeux de lumière (des noirs intenses à d’éblouissantes zones non-gravées) ou encore pour cette étonnante capacité à suggérer beaucoup avec très peu.

Cabinet Rembrandt
Au Couvent Sainte-Cécile de manière permanente (fermeture estivale du 28 juillet au 19 août)

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