Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Les théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont de nouveau dégainé des programmations bourrées de propositions qu'on avait envie de défendre. Suivez-nous ! Par Aurélien Martinez et Nadja Pobel

La rédaction | Mercredi 14 octobre 2020

Photo : Willy Vainqueur (photo du spectacle Désobéir de Julie Berès)


Western !

À Grenoble et aux alentours (ce que l'on appelle de par chez nous le Dauphiné), Serge Papagalli est une légende qui foule les scènes de la région depuis maintenant 50 ans. Pour célébrer cet anniversaire comme il se doit, et avant de le croiser fin novembre sur grand écran dans le film Kaamelott (le fameux Guethenoc le paysan, c'est lui) d'Alexandre Astier, notre homme se lance dans le western-spaghetti et théâtral, lui qui revendique fièrement ses origines italiennes. Avec une douzaine de comédiennes et comédiens à ses côtés (dont pas mal de fidèles de chez fidèles toutes générations confondues), son Western ! était forcément très attendu par un paquet de monde. Dont nous.

AM

À la MC2 du mardi 13 au jeudi 22 octobre
Au Théâtre Jean-Vilar (Bourgoin-Jallieu) vendredi 6 et samedi 7 novembre
Au Coléo (Pontcharra) vendredi 20 et samedi 21 novembre
Au Diapason (Saint-Marcellin) vendredi 27 et samedi 28 novembre
Au Grand Angle (Voiron) vendredi 18 décembre


Contes et légendes

Joël Pommerat est l'un des metteurs en scène et auteurs français actuels les plus intéressants et novateurs : ça, ce n'est (presque) pas discutable. Alors quand son nouveau spectacle, créé la saison passée, débarque enfin à Grenoble (il était initialement programmé en mai dernier, sauf qu'il y a eu ce satané coronavirus), on se précipite. Et on flippe un peu du monde robotisé qu'il imagine dans une série de saynètes portées par des comédiennes incroyables – à se demander si elles ne sont pas vraiment des ados comme leurs personnages. Bonus : après cette soirée, vous n'écouterez plus Mourir sur scène de Dalida aussi naïvement…

AM

À la MC2 du mardi 27 au samedi 31 octobre


À la vie

La MC2 aime beaucoup la metteuse en scène Élise Chatauret et son théâtre qui questionne avec finesse notre présent – notamment grâce à des enquêtes réalisées avant l'écriture dramaturgique. On ira donc découvrir son nouveau spectacle, créé justement à la MC2, avec intérêt, surtout que son thème (la fin de vie) est vaste et propice à de nombreuses réflexions. Et puis on n'est jamais contre (bien au contraire) voir sa comédienne Justine Bachelet sur scène, tant elle nous semble pièce après pièce être une immense interprète à suivre de près – elle était par exemple d'une grande justesse ce printemps à l'Odéon (Paris) aux côtés d'Isabelle Huppert dans le spectacle La Ménagerie de verre.

AM

À la MC2 du mardi 3 au samedi 7 novembre


La Morsure de l'âne

Il y a douze ans, la metteuse en scène grenobloise Émile Le Roux créait Le Pays de Rien sur un texte de l'autrice jeunesse Nathalie Papin. En résulta un spectacle d'une grande poésie sur un royaume sans émotions ; et surtout un acte artistique qui installa la compagnie Les Veilleurs en bonne place dans le vaste monde du théâtre jeune public exigeant. Après, entretemps, d'autres spectacles très réussis (dont le très juste Mon frère, ma princesse), Émilie Le Roux va remonter une pièce de Nathalie Papin qui, cette fois, se concentre « sur la fragilité et la finitude de l'humain » (le personnage principal est dans le coma). Une « œuvre mordante, légère et fondamentale sur ce qui nous rend vivant » (extrait de la note d'intention) qu'on a hâte de découvrir.

AM

À la MC2 du mardi 3 au samedi 7 novembre


Désobéir

À Aubervilliers (banlieue parisienne), le Théâtre de la Commune soumet à différents artistes un concept original : les pièces d'actualité. « On leur demande : la vie des gens d'ici, qu'est-ce qu'elle inspire à votre art ? Ce sont des manières nouvelles de faire du théâtre », expliquait en 2014 la directrice des lieux Marie-José Malis. La metteuse en scène Julie Berès, dont on a souvent loué dans ces pages le travail à la fois onirique et ancré dans son temps, en a proposé une en 2017, qui tourne depuis partout en France avec succès. Elle a ainsi récolté en Seine-Saint-Denis les paroles « de jeunes femmes issues de la première, seconde et troisième génération de l'immigration pour questionner chacune sur son lien à la famille, la religion, l'avenir » (extrait de la note d'intention) et les a travaillées pour la scène avec les auteurs Kevin Keiss et Alice Zeniter. En découle un spectacle passionnant et très drôle porté par quatre jeunes comédiennes investies. On en parlera beaucoup plus longuement en temps voulu !

AM

À l'Heure bleue (Saint-Martin-d'Hères) mardi 24 novembre


Le Discours

Qu'on est heureux que le metteur en scène et comédien Grégory Faive revienne au seul-en-scène après son immense réussite Pourvu qu'il nous arrive quelque chose (2011) sur un texte de Philippe Torreton ! Et qu'on est encore plus heureux qu'il ait choisi d'adapter cette fois le roman du génial auteur de bande dessinée français Fabcaro sur un homme à qui son futur beau-frère fait une demande (« Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie ») qui déclenchera une série de problèmes non désirés… et très drôles ! Voilà une alliance qui devrait faire des merveilles, surtout que Grégory Faive est l'un des comédiens grenoblois qui nous fait le plus rire avec son humour très Fabcaro-compatible !

AM

Au Théâtre 145 (Grenoble) du mardi 24 au jeudi 26 novembre
Par le Grand Angle (hors les murs) du mardi 15 au jeudi 17 décembre
À la Faïencerie (La Tronche) vendredi 7 mai


Causer d'amour

Dans ce spectacle, le conteur Yannick Jaulin nous cause d'amour, du grand, du fort, avec son fameux « parlange vendéen ». Et aussi – surtout – des ratés, des échecs du cœur… Un spectacle sensible parfait pour se frotter une première fois à l'univers jaulinesque comme pour y demeurer. La MC2 a très bien fait de le reprogrammer après son annulation l'an passé du fait du confinement – il devait passer dans le cadre du festival des Arts du récit.

AM

À la MC2 mardi 1er décembre


Rebibbia

Directrice du théâtre des Clochards célestes à Lyon, Louise Vignaud est une metteuse en scène qui monte – elle a été invitée par la Comédie-Française, a longtemps été associée au TNP de Villeurbanne… C'est d'ailleurs ici qu'elle a adapté le texte de l'écrivaine activiste italienne Goliarda Sapienza qui relate ce qu'est le quotidien (qu'elle a vécu) dans la plus grande prison pour femmes d'Italie : la Rebibbia. Le sujet est passionnant et permet de saisir cette a-temporalité perturbante, les actrices sont impeccables (dont Magali Bonat, qui est à elle seule Le Quai de Ouistreham de la journaliste Florence Aubenas adapté au plateau par la même Louise Vignaud), mais il manque tout de même un peu de rugosité à une mise en scène sage dans un décor trop propre. Peut-être cela a-t-il été trouvé depuis la création il y a deux ans…

NP

Au Grand Angle (Voiron) mardi 1er et mercredi 2 décembre


Le Rouge éternel des coquelicots

Comédienne et clown (sous le nom d'Arletti) passionnante que l'on suit avec plaisir de spectacle en spectacle, Catherine Germain sera cette saison à la Rampe avec un solo mis en scène par François Cervantes (ces deux-là travaillent depuis des années ensemble) qui semble mettre pas mal de monde d'accord sur ses qualités. Soit l'histoire de Latifa Tir, propriétaire d'un snack dans les quartiers Nord de Marseille qui va être détruit. Elle tente donc de résister… On va tout faire pour découvrir cette pièce avant sa venue à Échirolles tant tout ceci nous donne très envie.

AM

À la Rampe (Échirolles) jeudi 3 décembre


La Migration des canards

En 2018, la metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux, de la compagnie les Veilleurs, revenait avec une nouvelle proposition tout public (à partir de 12 ans) centrée sur le parcours d'une jeune fille d'immigrés. Un spectacle qui démontrait une fois de plus que le théâtre peut, avec les codes, les mots (ceux de l'autrice Élisabeth Gonçalves) et la poésie qui lui sont propres, se faire l'écho des chamboulements du monde. Le Théâtre municipal de Grenoble et le Coléo de Pontcharra font donc très bien de le reprendre.

AM

Au Théâtre municipal de Grenoble jeudi 3 décembre
Au Coléo (Pontcharra) vendredi 29 janvier


Gus

Sébastien Barrier a l'art de faire théâtre de tout : l'œnologie dans un spectacle fleuve, dégustation comprise (Savoir enfin qui nous buvons) ; puis les méandres de son imaginaire avec le formidable Benoît Bonnemaison-Fitte et ses dessins au fusain en arrière-scène (Chunky Charcoal). Là rodait déjà un chat qui fait toutes les tournées avec l'équipe. Depuis trois ans, Gus – c'est son nom – a une production à son attention. Arrivé par hasard dans la vie du musicien Nicolas Lafourest, ami de la troupe, l'animal voit ici sa vie retracée, fantasmée dans un road movie musical joyeux. Et abyssal : comment va réellement ce chat ?

NP

Au Théâtre municipal de Grenoble mercredi 9 décembre


Les (Pas tant) Petits Caraoquet (de Conserve)

Si vous nous lisez assez régulièrement, vous savez que nous avons quelques chouchous sur la scène théâtrale grenobloise. Et que la compagnie des Gentils du metteur en scène Aurélien Villard en fait partie ! Nous ne pouvions donc pas ne pas noter la reprise à Seyssins et au Pont-de-Claix de leur spectacle Les (Pas tant) Petits Caraoquets (de Conserve) auquel nous avions décerné un PB d'or enthousiaste en décembre dernier. Une sorte de karaoké géant et théâtralisé plein d'airs très connus, le but étant d'aider une drôle de famille à remplir son accélérateur à particules. Bien barré, comme tout ce que font les Gentils !

AM

Au Prisme (Seyssins) mardi 15 décembre
À l'Amphithéâtre du Pont-de-Claix vendredi 18 décembre


La Nuit sera calme

La musicienne Rokia Traoré et le metteur en scène Moïse Touré main dans la main pour un spectacle entre chant et théâtre sur la notion d'hospitalité avec notamment des textes du philosophe Jacques Derrida ? Comme ça, sur le papier, on dit un grand oui. Comme on n'en sait pas plus, on ira voir le résultat cet automne à Paris avant le passage de ce projet par la MC2 en décembre. Patience donc…

AM

À la MC2 du mercredi 16 au samedi 19 décembre


Harvey

Au Petit Bulletin, du temps où il dirigeait le feu Centre dramatique national des Alpes (de 1997 à 2007), on a beaucoup aimé le théâtre du metteur en scène Laurent Pelly, souvent grandiose et divertissant au sens noble du terme. Si on l'a moins revu en terres grenobloises les années suivantes (son grand retour n'a eu lieu qu'en 2015 avec le féérique Oiseau vert), savoir qu'il créera son prochain spectacle à la MC2 a une jolie saveur. Ça s'appelle Harvey (du nom d'un lapin très connu des Anglo-Saxons que seul le héros de la pièce voit), c'est sur un texte à succès de la dramaturge états-unienne Mary Chase, et c'est visiblement bien barré (le personnage principal, campé par Jacques Gamblin, passe de salons bourgeois en asile d'aliénés). Vivement le nouveau retour de Pelly !

AM

À la MC2 du mercredi 6 au samedi 9 janvier


Taïga [comédie du réel]

Ce n'est pas peu dire que c'est une chance que de jeunes artistes comme le metteur en scène Sébastien Valignat et l'autrice Auriane Abécassis se penchent sur des affaires importantes mais trop tues dans notre chère démocratie. Comme l'affaire dite de Tarnac, qui a vu l'État accuser une dizaine de personnes pour avoir dégradé en 2008 des caténaires de la SNCF. La relaxe quasi-générale dix ans plus tard illustre la fiction que s'est inventé un État aux abois. Le théâtre de la compagnie Cassandre relate tout ça avec précision, efficacité, maîtrise – et tant pis si, parfois, le spectacle veut tout faire, trop montrer en lorgnant vers la comédie, une « comédie du réel » selon le sous-titre de cette création de la saison dernière.

Au Grand Angle (Voiron) mercredi 26 janvier


Qui a tué mon père

En trois romans (En finir avec Eddy Bellegueule en 2014, Histoire de la violence en 2016 et Qui a tué mon père en 2018), l'auteur Édouard Louis s'est installé comme l'une des voix qui comptent en France. Une voix politique (il est clairement engagé à gauche) que le magnétique metteur en scène et comédien Stanislas Nordey a décidé de porter au plateau. Ce Qui a tué mon père évoque ainsi l'enfance difficile d'Édouard Louis avec un père n'acceptant qu'un modèle masculin (le moins féminin possible, au contraire ce qu'est le jeune garçon) tout en proposant en parallèle une réflexion sur le corps de ce père ouvrier punching-ball comme d'autres du libéralisme et des politiques. De quoi bien débattre après le spectacle.

AM

À la MC2 du mercredi 27 au vendredi 29 janvier


La Chambre d'Isabella

C'est l'un des spectacles qui nous a le plus conquis ces dernières années : on est donc plus que ravis qu'il repasse à la MC2 pour la troisième fois depuis sa création en 2004 au Festival d'Avignon. Soit l'histoire d'Isabella, une vieille femme aveugle magistralement interprétée par Viviane De Muynck, qui se retourne sur son passé. De ce postulat narratif, le metteur en scène flamand Jan Lauwers tisse une création chorale d'une immense générosité mêlant théâtre, danse et musique, où celles et ceux, vivants comme morts, qui ont côtoyé Isabella se retrouvent sur scène. Vous l'aurez compris avec ces quelques lignes, on est vraiment fans – et on écoute en boucle le morceau Song for Budhanton depuis qu'on a découvert le spectacle.

AM

À la MC2 du mercredi 3 au vendredi 5 février


Électre des bas-fonds

Nous n'avons pas encore pu voir ce spectacle écrit et mis en scène par Simon Abkarian (acteur souvent aperçu au ciné et à la télé par ailleurs), mais il nous donne très envie grâce à un bouche-à-oreille très positif – et également, même si les récompenses n'engagent que celles et ceux qui leur accordent de l'importance, grâce au fait qu'il a remporté trois Molières au printemps dernier (dont celui du meilleur spectacle issu du théâtre public). Soit, à ce que l'on en a compris, une vision contemporaine du mythe antique d'Électre ; comme une sorte de tragédie d'aujourd'hui. On essaiera de voir le résultat avant sa venue à Grenoble pour vous en parler plus largement en temps voulu.

AM

À la MC2 du mercredi 24 au vendredi 26 février


L'Amour vainqueur

Mais que ce spectacle d'Olivier Py fait du bien (et nous a enthousiasmés lorsque nous l'avons découvert en 2019 au Festival d'Avignon qu'il dirige) ! En s'inspirant d'un conte des frères Grimm, l'homme de théâtre a concocté une opérette tout public faussement désuète nichée dans un décor grandiose évoquant les théâtres de marionnettes. On suit alors avec délectation les aventures d'une princesse qui, après une longue captivité, se rend compte que le monde ne va plus très bien. Mais l'amour qu'elle porte à son prince sera plus fort que tout, non ? Porté par une incroyable distribution ainsi qu'une partition et un livret signés Py lui-même, cet Amour vainqueur est une pure réussite généreuse.

AM

À la MC2 du jeudi 25 au samedi 27 février


Le Roi Lear

Troisième fois que le metteur en scène Georges Lavaudant, immense nom du théâtre français, va monter Le Roi Lear, immense pièce du répertoire britannique (et mondiale) que l'on doit à Shakespeare. Et dans le rôle "bigger than life" du patriarche qui divise son royaume entre ses trois filles (en s'assurant vaniteusement en amont qu'elles l'aiment bien toutes – forcément, tout ne sera pas si simple !), on aura droit à ni plus ni moins que Jacques Weber. « – Me connais tu camarde ? – Non, mais vous avez dans votre mine quelque chose qui me donne envie de vous appeler maître. – Quoi donc ? – L'autorité. » Grand moment de théâtre classique en perspective.

AM

À la MC2 du mercredi 17 au samedi 20 mars


Black Boy

Paru en 1945, Black Boy est un roman autobiographique de l'auteur noir Richard Wright qui dépeint ses conditions de vie difficiles dans le Sud ségrégationniste des États-Unis (à l'époque l'un des premiers récits du genre). La compagnie Le Théâtre du Mantois en a proposé une adaptation scénique en forme de spectacle-concert dessiné – avec donc, au plateau, un comédien, un musicien-chanteur et un dessinateur. Un proposition originale emplie de blues et d'Histoire qui nous plonge dans un triste passé tout en laissant l'espoir s'immiscer.

AM

À l'Ilyade (Seyssinet-Pariset) jeudi 25 mars


L'Étang

Difficile de ranger Gisèle Vienne dans une case tant elle s'évertue à brouiller les pistes avec des spectacles tantôt théâtraux, tantôt chorégraphiés, tantôt les deux à la fois (et même plus). Est-ce bien grave ? Oh que non, bien au contraire, tant son langage artistique est puissant, dépassant les frontières de genre. « En mettant en jeu des sujets ou des motifs très stimulants de par leur noirceur ou leur beauté, en essayant de mettre en tension – voire en contradiction – nos idées et nos sensations, j'invite le spectateur à se questionner », nous avait-elle déclaré en 2018 lors de la venue à Grenoble pour son spectacle Crowd. Elle reviendra à la MC2 en mai prochain avec une pièce du Suisse Robert Walser pour deux comédiennes (dont Adèle Haenel, tout de même) sur une histoire de jeune garçon mal aimé qui simule un suicide pour alerter sa mère. La création est prévue pour novembre à Rennes : on ira découvrir ça pour vous en parler ensuite !

AM

À la MC2 du mercredi 26 au vendredi 28 mai


La Mécanique du hasard

Olivier Letellier est de ces artistes qui ont parfaitement compris ce que c'était que de faire du spectacle jeune public : à savoir un théâtre intelligent à la portée de toutes et tous, enfant comme adulte, et surtout pensé avec la même rigueur que n'importe quel autre théâtre. On est donc ravis de le revoir dans l'agglo, surtout avec son spectacle La Mécanique du hasard, fabuleuse aventure (à partir de 9 ans) sur un ado envoyé au fin fond des États-Unis pour creuser des trous et soi-disant devenir meilleur. Mais un ado qui va déterrer beaucoup plus que des cailloux… On vous reparlera plus longuement en temps voulu de cette histoire d'amitié et d'héritage qui nous a vraiment emballés !

AM

À l'Espace Aragon (Villard-Bonnot​) samedi 29 mai

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

"La Morsure de l’Âne" par Émilie Le Roux : « Ce texte nous a attendus »

Théâtre | La nouvelle création de la compagnie Les Veilleurs, mise en scène par la Grenobloise Emilie Le Roux, aborde le sujet de la vie et la mort. Pensée aussi bien pour les enfants que pour leurs parents, La Morsure de l’Âne, issue d’un texte de Nathalie Papin, sera jouée du 30 novembre au 4 décembre à la MC2 de Grenoble.

Valentine Autruffe | Lundi 22 novembre 2021

« Vivez, mourez, mais choisissez enfin ! » Tout au long du spectacle, accompagné d’un âne malicieux, Paco oscille entre pulsions de vie et de mort, visité par des créatures, des personnages, des membres de sa famille, dans un univers onirique. Que faire ? Emilie Le Roux s’attaque, avec la compagnie Les Veilleurs, à un thème aussi difficile qu’universel : la mort, et comment on vit avec la conscience de cette inéluctable fin. Après Le Pays de Rien, c’est une nouvelle fois un texte de Nathalie Papin qui est mis en scène, coproduit par la MC2, en partenariat avec l’Espace 600. « C’est sûrement le seul texte de Nathalie Papin qui n’a pas été monté ! On doit le faire depuis 12 ou 13 ans ; on attendait que ce soit le moment, que la compagnie soit capable de porter le projet. Ce texte nous a attendus », commente Emilie Le Roux. Sujet ardu, mais abordé avec l’intelligence et la finesse que l’on connaît à Nathalie Papin, et « beaucoup de malice. Ce ne sont pas des blagues, mais une forme d’humour qui permet de prendre de la distance. Son écriture est très concise, sans bavardage ; cela peut paraître simple au premier abord, mais si l’on s’y penche

Continuer à lire

Sapin phallique et discours nuptial

SCENES | Allez voir les yeux fermés ce seul en scène du Grenoblois Gregory Faive, adaptation du roman de Fabcaro Le Discours : promis, vous allez vous marrer !

Valentine Autruffe | Lundi 29 novembre 2021

Sapin phallique et discours nuptial

«Je suis là, à manger du gigot et du gratin, alors que l’objet de mon tourment est ailleurs, et qu’une fourchette menace de grincer dans l’assiette à tout moment ! » Coup de génie du comédien grenoblois Grégory Faive que cette adaptation au théâtre du roman à succès de Fabrice Caro, Le Discours. Seul en scène pendant plus d’une heure et demie, le comédien déborde d’énergie, passant d’un état dépressif désopilant à l’exultation à peine exagérée quand son téléphone vibre, tout fébrile qu’il est d’espérer ardemment un texto de sa belle. Nous sommes dans un dîner de famille, avec tous ses aléas ; le beau-frère et ses qualités d’aménageur, la sœur qui va se marier, les reliques de son enfance conservées précieusement par maman, quitte à en devenir gênants comme ce porte-manteau-sapin-pénis… Et le mariage sororal, avec des variations du fameux discours qu’on lui intime de prononcer, et moult digressions plus drôles les unes que les autres - l’inévitable danse de la ch

Continuer à lire

"A la vie", la mort aux trousses

SCENES | Ce qui demeure ; Saint-Félix, enquête sur un hameau français : on a souvent vu à la MC2 la metteuse en scène Élise Chatauret et son théâtre construit à (...)

Aurélien Martinez | Mardi 16 novembre 2021

Ce qui demeure ; Saint-Félix, enquête sur un hameau français : on a souvent vu à la MC2 la metteuse en scène Élise Chatauret et son théâtre construit à partir d'enquêtes sur le terrain. Avec À la vie, nouveau spectacle qui vient tout juste d'être créé (nous ne l'avons pas vu), elle s'intéresse à la douloureuse question de la fin de vie. Accompagnée de son équipe, elle a ainsi passé plusieurs semaines en milieu hospitalier et dans un centre d’éthique clinique. En découlera sans doute un théâtre original dans sa forme et souvent fort dans ce qu'il convoque, à découvrir du mardi 30 novembre au samedi 4 décembre. Avec notamment sur scène, Justine Bachelet, comédienne littéralement magnétique – même si tout ceci est très subjectif, on vous l'accorde. A la vie du 30 novembre au 4 décembre à la MC2, Grenoble

Continuer à lire

Grégory Faive : « Quand je lisais "Le Discours", je voyais le spectacle en même temps »

Théâtre | C'est l’histoire d'un homme largué qui soliloque en plein dîner de famille... Après l'avoir répété de longs mois sans public du fait de la crise sanitaire, le comédien et metteur en scène grenoblois Grégory Faive tourne enfin son excellent spectacle "Le Discours" d'après le roman à succès de Fabcaro. Ça valait bien une interview.

Aurélien Martinez | Mardi 5 octobre 2021

Grégory Faive : « Quand je lisais

Pourquoi avez-vous choisi de monter ce roman ? Grégory Faive : Parce que quand je le lisais, je voyais le spectacle en même temps. Ça m'avait fait la même chose avec Pourvu qu'il nous arrive quelque chose [son précédent solo sur un texte de Philippe Torreton racontant le monde du théâtre – NDLR]. Je me suis tout de suite reconnu dans l'écriture, le style de Fabcaro. Et j'ai tout de suite ressenti le plaisir que j'aurais à le partager avec le public. Le fait d'être seul en scène a-t-il été une évidence ? C'est la première intuition que j'ai eue. Après, en travaillant, je suis brièvement passé par l'idée d'adapter le texte avec plusieurs comédiens qui joueraient les autres personnages. Mais ce n'était pas une bonne idée car tout passe par le prisme du narrateur, par sa mauvaise foi à lui. Par exemple, le public voit bien que le beau-frère est peut-être autre chose que ce que lui en dit, et ça crée un décalage intéressant.

Continuer à lire

Quand la saison 20/21 joue les prolongations

SCENES | Depuis le 19 mai, les lieux de culture peuvent rouvrir et accueillir du public. Beaucoup de théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont donc annoncé des spectacles à enfin voir dans leurs murs avant la traditionnelle pause estivale. Mais où aller ? Tentatives de réponses subjectives en 11 points – dont un très gros et très alléchant.

Aurélien Martinez | Lundi 17 mai 2021

Quand la saison 20/21 joue les prolongations

La MC2 en fête Quand l'immense MC2 revient dans le jeu après une longue période sans public (elle était fermée, comme tous les lieux de culture en France, depuis fin octobre), c'est avec un mois qui envoie du lourd ! « Plus de 20 propositions regroupant 50 représentations gratuites ou payantes vous seront ouvertes pour notre plus grande joie et votre plus grand plaisir », annonce le directeur Arnaud Meunier, qui proposera certains des spectacles et concerts de la saison ayant du être annulés. Et non des moindres : L'Étang de la passionnante metteuse en scène Gisèle Vienne avec Adèle Haenel sur le plateau ; 31 rue Vandenbranden du génial collectif bruxellois de danse-théâtre Peeping Tom en collaboration avec le prestigieux Ballet de l’Opéra de Lyon ; ou e

Continuer à lire

"Harvey" : Laurent Pelly, avec plaisir

Théâtre | Théâtre. Un homme et son ami imaginaire... qui se trouve être un lapin : c'est le nouveau spectacle de Laurent Pelly qu'on pourra découvrir à la MC2 début janvier.

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2020

« Bien sûr que le théâtre est avant tout du plaisir, je ne vois pas pourquoi il en serait autrement », nous avait déclaré un jour en interview Laurent Pelly (que l’on connaît bien à Grenoble pour avoir dirigé le feu Centre dramatique national des Alpes il y a une quinzaine d’années et offert un paquet de créations inoubliables). Voilà, résumé en quelques mots, pourquoi le metteur en scène est de ceux qui font du bien à un monde théâtral français parfois vraiment trop prise de tête. Avec lui, la scène devient le réceptacle à tout un imaginaire débridé, le sien comme celui du public qu’il n’enferme pas, au contraire, chacun étant libre de s’évader à ses côtés. Début janvier, on sera donc dans la grande salle de la MC2 pour la première de son nouveau spectacle justement créé à la MC2, avec pas mal de monde au plateau, dont le très connu Ja

Continuer à lire

Actifs malgré tout

SCENES | Témoignages. Ils auraient dû retrouver leur public en novembre, mais le second confinement les en a empêchés. On a pris des nouvelles de trois de nos artistes grenoblois préférés.

La rédaction | Mardi 8 décembre 2020

Actifs malgré tout

Grégory Faive On a adoré sa prestation en Kid survolté et bavard dans Western !, la pièce chorale de Serge Papagalli. Grégory Faive (photo) aurait dû être seul sur la scène du Théâtre 145 du 24 au 26 novembre, pour présenter Le discours, une adaptation du roman-monologue de Fabcaro. Il a finalement dû se contenter d’un filage devant un public professionnel, restreint et masqué. Une aubaine cependant pour le comédien, avide de retours sur son travail et ravi de remonter sur scène, même dans ces conditions particulières. Le spectacle devait partir en tournée : quelques dates ont pu être reportées en mai et juin 2021. Avant cela, il sera finalement joué à Grenoble pour trois autres représentations au 145, les 18, 19 et 20 février prochains. On espère avoir l’occasion d’en reparler avec Grégory, tant il a su nous embarquer dans cette histoire folle autour d’un quadra largué par sa copine et qui psychote sévère au cours d’un repas de famille. Assez en tout cas pour nous faire rire, nous émouvoir et nous suggérer que toute ressemblance avec des personnes réellement existantes n’est pas fortuite. / MK Émilie Le Roux

Continuer à lire

"Contes et légendes" : portraits robots par Joël Pommerat

Théâtre | Après l’immense réussite "Ça ira (1) Fin de Louis" passée par Grenoble en 2016, la MC2 accueille de nouveau le metteur en scène Joël Pommerat avec son "Contes et légendes" créé l’an passé. Un titre faussement doux pour un spectacle qui s’intéresse autant à l’adolescence comme période de construction violente qu’à notre monde contemporain déshumanisé. Une immense réussite qui prouve une fois de plus, s’il en était encore besoin, que Joël Pommerat est un artiste qui fera date dans l’histoire du théâtre français.

Aurélien Martinez | Mardi 20 octobre 2020

Nous avons de la chance, nous pauvres êtres du début du XXIe siècle qui glorifions notre passé théâtral avec, parfois, une nostalgie mortifère, de pouvoir suivre de près la carrière d’un homme de théâtre comme Joël Pommerat. Un metteur en scène qui, depuis trente ans, développe un langage artistique singulier, à la fois contemporain (il écrit ses textes, lui l’« écrivain de spectacle »), engagé (il questionne sans cesse notre monde, avec finesse) et, ce qui n’est pas la moindre des qualités, populaire. Il n’y a qu’à empiriquement faire le test en amenant à l’une de ses représentations une personne qui penserait que le théâtre n’est pas pour elle : c’est presque gagnant à coup sûr ! Un savoir-faire de plus en plus affirmé avec le temps (et le succès) qui transparaît une nouvelle fois dans son dernier spectacle en date, Contes et légendes. Un Pommerat pur jus, notamment visuellement (quel travail sur les clairs-obscurs !), mais tout de même surprenant dans son propos… Humain après tout Il était une fois notre société ultratechnologique, presque déshumanisée. C’est en son sein que Joël Pommerat va d

Continuer à lire

Mardi 3 novembre, la metteuse en scène Émilie Le Roux dévoilera son nouveau spectacle "La Morsure de l’âne"

SCENES | Si vous nous lisez souvent, vous avez dû remarquer que nous avons quelques artistes grenoblois fétiches. La metteuse en scène Émilie Le Roux en est, elle (...)

Aurélien Martinez | Mardi 20 octobre 2020

Mardi 3 novembre, la metteuse en scène Émilie Le Roux dévoilera son nouveau spectacle

Si vous nous lisez souvent, vous avez dû remarquer que nous avons quelques artistes grenoblois fétiches. La metteuse en scène Émilie Le Roux en est, elle qui développe depuis une quinzaine d’années un théâtre tout public ouvert sur la jeunesse ; un théâtre poétiquement fort en plein dans notre époque et ses questionnements – le genre, l’identité, les migrations… Bonne nouvelle : du mardi 3 au samedi 7 novembre sur la scène de la MC2, elle dévoilera son nouveau spectacle La Morsure de l’âne d’après un texte de l’autrice Nathalie Papin. « Nathalie Papin nous propose d’explorer notre rapport à la mort, à travers une œuvre mordante, légère et fondamentale sur ce qui nous rend vivant, sur ce que c’est qu’être en vie », écrit-elle en note d’intention. On a hâte de découvrir ça.

Continuer à lire

Serge Papagalli : « Il n'y a pas d'humour intéressant sans tragique »

Théâtre | Pour célébrer ses 50 ans de carrière, le comédien, metteur en scène et auteur Serge Papagalli, comique dauphinois par excellence, propose un western-spaghetti de 2h20 avec, à ses côtés, 13 comédiennes et comédiens de la scène grenobloise qui lui sont fidèles. Avant la première de cet intrigant "Western !" mardi 13 octobre sur la scène de la MC2 (et la tournée iséroise qui suivra), on lui a posé quelques questions.

Aurélien Martinez | Mardi 6 octobre 2020

Serge Papagalli : « Il n'y a pas d'humour intéressant sans tragique »

Fêter ses 50 ans de scène, ça doit être vertigineux ! Serge Papagalli : Ce n’est pas anodin, en effet. Ça peut même être vertigineux, certes, mais comme j’ai fait un peu d’escalade dans ma jeunesse, je me cramponne aux rochers pour tenir ! Plus sérieusement, disons que quand on démarre dans ce métier à hauts risques, surtout à l’époque où j’ai commencé, on le fait avec passion, sans calcul et donc sans savoir réellement où l’on va. Être encore vivant après ce demi-siècle de théâtre, c’est génial ! Quand vous vous retournez sur ces 50 ans de carrière, que vous dites-vous ? Vous en êtes fier ? Vous avez des regrets ? Bien sûr que j’en suis fier, surtout que je suis encore là comme on le disait, avec un public toujours aussi fidèle. C’est incroyable ! Après, puisqu’on parle de regrets, je pense à l’époque où nous étions à Paris au début des années 1980. J’avais 33-34 ans, le Café de Gare était plein, des gens comme Patrice Leconte venaient nous voir sans qu’on ait un attaché de presse qui s’en occupe, nous faisions l’Olympia, je remplaçais Desproges sur France Inter dans Le Tribunal des flagrants d

Continuer à lire

Théâtre : quinze pièces pour une saison parfaite

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Des créations très attendues, des succès enfin à Grenoble, des découvertes... Suivez-nous dans les salles grenobloises et de l'agglo.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Théâtre : quinze pièces pour une saison parfaite

La Buvette, le tracteur et le curé Et voici la nouvelle pièce de l’inénarrable humoriste dauphinois Serge Papagalli, qui sera créée début octobre et tournera ensuite dans pas mal de villes autour de Grenoble. Avec toujours cette fameuse famille Maudru, dont Aimé, le chef de famille (Papagalli lui-même, parfait), et Désiré, le neveu un peu attardé (Stéphane Czopek, grandiose). Où cette fois, visiblement, il sera question d’une énième reconversion de cet agriculteur à la retraite, mais aussi d’un curé un peu strict nouvellement venu. Vivement les retrouvailles ! À partir d’octobre dans de nombreuses villes de l’Isère Tournée complète sur www.papagalli.fr Incertain Monsieur Tokbar

Continuer à lire

Émilie Le Roux : « Regarder ensemble le monde d’aujourd’hui »

Spectacle | Du théâtre, de la musique, quelque 90 artistes professionnels et amateurs au plateau… "Et tout ce qui est faisable sera fait", nouvelle création de la metteuse en scène grenobloise, dont la première est prévue samedi 4 mai à la MC2, a de quoi fortement intriguer. On vous en dit un peu plus en sa compagnie.

Aurélien Martinez | Lundi 29 avril 2019

Émilie Le Roux : « Regarder ensemble le monde d’aujourd’hui »

« Qu’est-ce qui s’oppose à Auschwitz dès lors que c’est faisable ? De n’importe quelle façon, n’importe quand et par n’importe qui, tout ce qui est possible est aussi faisable et tout ce qui est faisable sera fait. » Utiliser comme point de départ d’un projet artistique une phrase aussi forte que celle du dramaturge allemand Heiner Müller a de quoi plomber. Pourtant, à ce qu’on a pu en voir en répétition, et, surtout, connaissant bien le travail d’Émilie Le Roux (une artiste qui questionne frontalement notre monde sans toutefois sombrer dans le défaitisme), on imagine que Et tout ce qui est faisable sera fait sera plutôt porteur d’un espoir, même infime, même décalé… Rien que son titre, d’ailleurs, peut le laisser penser, qui revêt un sens très lourd remis dans la citation initiale mais qui peut aussi se lire, seul, comme une injonction à changer tous ensemble. Ce que le cœur de cette drôle d’aventure artistique confirme : une entreprise menée conjointement par la compagnie Les Veilleurs d’Émilie Le Roux, le « collectif de musiciens jazz et musiques improvisées » le Tricollectif et, surtout, de nombreux amate

Continuer à lire

"Tout va s’arranger" : délit de suite

Théâtre | On attendait beaucoup de Tout va s’arranger (à voir du mercredi 10 au vendredi 12 avril à 20h l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères), spectacle que le (...)

Aurélien Martinez | Mardi 9 avril 2019

On attendait beaucoup de Tout va s’arranger (à voir du mercredi 10 au vendredi 12 avril à 20h l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères), spectacle que le metteur en scène et comédien Grégory Faive présente comme une suite possible de son seul-en-scène à succès (et immense réussite) Pourvu qu’il nous arrive quelque chose, qu’il avait construit d’après un texte de Philippe Torreton sur les coulisses du théâtre. Un prolongement sur le même thème (« un metteur en scène décide de monter La Mouette de Tchekhov à la manière des comédies musicales de Broadway… mais en France… avec les moyens qu’il possède… c’est-à-dire modestes ») avec cette fois Grégory Faive au texte et de nombreux comédiens et comédiennes à ses côtés sur le plateau. Alors certes, tout ceci est sympathique à suivre par moments (le côté vaudeville contemporain notamment), mais l’ensemble n’a jamais vraiment pris le soir où nous l’avons découvert (cet automne), la faute au manque de co

Continuer à lire

Aurélien Villard (cie des Gentils) : « Baba est quelqu'un qui n’a pas les mêmes codes que nous »

Théâtre | "Les Puces de Baba", c’est le nouveau spectacle de la compagnie des Gentils d’Aurélien Villard. Un solo du comédien et clown Jérémy Buclon dont on a vu quelques prometteurs extraits avant la création début mars à l’Autre rive d’Eybens. Alors interview pour en savoir plus.

Aurélien Martinez | Mardi 26 février 2019

Aurélien Villard (cie des Gentils) : « Baba est quelqu'un qui n’a pas les mêmes codes que nous »

Qui est Baba ? Aurélien Villard : C’est un clown que Jérémy Buclon m’a présenté il y a deux ans, qui m’a beaucoup touché et avec qui on a essayé de communiquer, d’inventer une histoire, un spectacle… Après, je ne le connais pas tant que ça, il est vraiment mystérieux. On a commencé par une séance d’impro pendant laquelle j’ai tellement été impressionné par ce clown et sa présence que je n’ai pas du tout su quoi lui dire et quoi lui faire faire. J’étais juste spectateur ! Puis on s’est remis à bosser, sans trop savoir où l’on allait… Je le filmais pendant les impros, pour garder une trace. Et en voyant le visage de Baba en gros plan, avec ce regard émouvant, je me suis dit que ça serait la première image. D’où la présence de la vidéo sur ce spectacle – alors qu’il y a deux ans encore, je disais qu’il n’y aurait jamais de vidéo dans un spectacle des Gentils ! Il y a de la vidéo comme Baba se lance dans la vente en ligne, d’où le titre du spectacle Les Puces de Baba… Avec Jérémy, on voyait tous ces gens qui, sur Internet, se filment en train de faire tout et n’importe quoi,

Continuer à lire

"Saint-Félix, enquête sur un hameau français" : made in France

Théâtre | La metteuse en scène Élise Chatauret présente jusqu'au vendredi 1er février à la MC2 un drôle de spectacle centré sur ce qu'il est coutume d'appeler la France profonde.

Aurélien Martinez | Lundi 28 janvier 2019

Saint-Félix, enquête sur un hameau français : voilà un titre qui a le mérite d’être explicite. Car le travail de la metteuse en scène Élise Chatauret est proche de celui des journalistes ou des anthropologues. À savoir se confronter au réel, puis en faire matière à théâtre en décalant le regard, que ce soit par la scénographie (le hameau en question est reconstitué par bribes, notamment avec des petites maisons en bois façon maquettes d’architecte) ou le jeu (qui s’éloigne fortement du naturalisme). Résultat d’une enquête sur place de plusieurs semaines, cette aventure s’intéresse ainsi à un petit bout de France (ici l’Oise) qui en représente de nombreux autres : ces villages au cadre magnifique mais fortement isolés, ce qui n’est pas sans peser sur leurs habitants – une vingtaine dans ce cas précis. Ce sont eux (dont une trentenaire morte mystérieusement) qui sont au cœur de la première partie du spectacle ; eux qui évoquent leur vie quotidienne, leurs questionnements, leurs joies, leurs peurs… Élise Chatauret et son équipe de deux comédiens et deux comédiennes ne les prennent pas de haut (au contraire, on sent beaucoup de te

Continuer à lire

"Soleil blanc" : soleil pâle pour Julie Bérès

Théâtre | On attendait avec impatience la nouvelle pièce de Julie Bérès, metteuse en scène qui, depuis une quinzaine d’années, construit avec onirisme un théâtre en plein (...)

Aurélien Martinez | Mardi 8 janvier 2019

On attendait avec impatience la nouvelle pièce de Julie Bérès, metteuse en scène qui, depuis une quinzaine d’années, construit avec onirisme un théâtre en plein dans son temps et ses questionnements. Bonne nouvelle : elle sera donnée jeudi 10 et vendredi 11 janvier à l’Hexagone de Meylan. Moins bonne nouvelle : nous n’avons pas retrouvé dans ce Soleil blanc tout ce qui faisait le sel des précédents spectacles de l’artiste – Sous les visages, Notre besoin de consolation, Lendemains de fête… Certes, le travail plastique est comme toujours grandiose (c’est ultra léché et technologiquement solide), et notre monde est une nouvelle fois interrogé (Julie Bérès a adapté un conte de Joël Jouanneau centré sur l’écologie, où un enfant abandonné est recu

Continuer à lire

PB d'or 2018 : spectacle vivant

C'était 2018... | Où l'on sacre une comédienne et une metteuse en scène.

La rédaction | Mardi 18 décembre 2018

PB d'or 2018 : spectacle vivant

Le PB d’or de la comédienne qu’on pourrait récompenser chaque année : Émilie Geymond Agnès Jaoui a bien reçu six César, alors pourquoi Émilie Geymond ne pourrait-elle pas avoir deux PB d’or ? Surtout que son premier remonte à 2012, soit l’année où nous avons créé ces récompenses très subjectives. On l’avait ainsi dinstiguée dans la catégorie « meilleur espoir ». Six ans plus tard, Émilie Geymond est une comédienne reconnue sur la scène théâtrale locale ; et qui illumine pas mal de spectacles avec son approche fine du registre comique. Voire même clownesque, comme dans son seule-en-scène Cléopâtrak qu’elle tourne depuis un an. On peut dire qu’on est fans, oui. Le PB d’or de la metteuse en scène

Continuer à lire

"Pourquoi ? Parce que !" : Papagalli façon puzzle

Humour | L'humoriste dauphinois sera au Théâtre municipal de Grenoble du jeudi 29 novembre au samedi 1er avant de repartir en tournée iséroise.

Aurélien Martinez | Mardi 27 novembre 2018

« Pourquoi les danseuses classiques marchent-elles sur la pointe des pieds alors qu’il serait plus simple d’en faire danser des plus grandes ? » : voilà l’une des nombreuses questions posées par Serge Papagalli dans son nouveau spectacle baptisé Pourquoi ? Parce que ! en grande tournée iséroise depuis sa création. Une question toute aussi saugrenue et savoureuse que d'autres à laquelle il ne donne pourtant pas de réponse – d’où le titre. Car l’aventure a plutôt pour but de laisser la verve et les capacités comiques du plus dauphinois des humoristes s'épanouir une nouvelle fois sur scène. Un solo qui a donc tout pour satisfaire les fans de l’homme à accent qui, sur scène et par moments accompagné du génial (mais sous-exploité ici) Stéphane Czopek (qui, pour info, joue le neveu de la famille Maudru, le personnage le plus fort des pièces de groupe de Papagalli), alterne absurde, humour potache et réflexions plus personnelles – sur son père italien et sa maman dauphinoise par exemple. Rien de bien nouveau sous le soleil papagallien donc (on a même l'impression que l'homme est en mode automatique

Continuer à lire

"La Rose et la hache" : soudain, Ariel Garcia-Valdès

Théâtre | Le metteur en scène Georges Lavaudant reprend son spectacle culte créé à Grenoble en 1979. Avec toujours le fascinant Ariel Garcia-Valdès dans le rôle-titre de Richard III. À (re)découvrir à la MC2 jusqu'au samedi 17 novembre.

Aurélien Martinez | Lundi 12 novembre 2018

Un acteur à la puissance magnétique : voilà comment l’on pourrait qualifier Ariel Garcia-Valdès en sortant de l’heure passée en sa compagnie grâce à La Rose et la hache. Un spectacle mythique qui a vu le jour en 1979 et que le metteur en scène et ancien directeur de la MC2 (du temps où elle s’appelait Maison de la culture) Georges Lavaudant a décidé de reprendre pour les 50 ans de cette même MC2. Ou comment le monstre shakespearien qu’est Richard III, revu ici par le dramaturge italien Carmelo Bene, accéda au pouvoir en tuant tous ceux qui lui barraient le chemin, et en premier lieu les membres de sa famille. Richard III, sur scène, c’est donc Ariel Garcia-Valdès, qui ne fait qu’un avec le personnage monstrueux tant physiquement que moralement. À ses côtés, quatre comédiens (dont Lavaudant lui-même) se répartissent les autres rôles de cette tragédie de poche donnée dans une scénographie glaçante – une table couverte de verres de vin (ou plutôt de sang). On comprend alors po

Continuer à lire

"Papagalli chante ! (mais cause toujours)" : et Papagalli chantera à la MC2

Spectacle | « Dans une autre vie, j’aurais aimé être Mick Jagger. Ou même Bruce Springsteen. » Voilà ce que le facétieux comédien et metteur en scène Serge Papagalli, figure (...)

Aurélien Martinez | Mardi 12 juin 2018

« Dans une autre vie, j’aurais aimé être Mick Jagger. Ou même Bruce Springsteen. » Voilà ce que le facétieux comédien et metteur en scène Serge Papagalli, figure dauphinoise par excellence vue sur toutes les planches de la région mais aussi ailleurs (comme dans la série Kaamelott), a déclaré à nos confrères du Dauphiné libéré. Une interview-portrait pour promouvoir le drôle de projet qu’il présentera vendredi 15 et samedi 16 juin à la MC2 : Papagalli chante ! (mais cause toujours). Visiblement, il chantera large (sont annoncés des morceaux de figures aussi variées que Sinatra, Dylan, Bashung, Cabrel, Stromae…), tout ça saupoudré d’adresse (forcément décalée) au public comme l’annonce le titre. « Il faut toujours parler ; même pour ne rien dire » (extrait de sa note d’intention). D’accord !

Continuer à lire

"En attendant le Petit Poucet" : le chant du départ

Jeune public | Mardi 3 et mercredi 4 avril, la metteuse en scène Émilie Le Roux proposera à la Bobine ce spectacle créé notamment pour « ouvrir une discussion sur les migrations et l’immigration avec les plus jeunes ».

Aurélien Martinez | Mardi 27 mars 2018

C’est l’un des enjeux les plus forts du monde actuel, à partir duquel les générations futures nous jugeront (sans doute durement au vu de ce que l’on fait – ou l’on ne fait pas) : le sort réservé aux réfugiés. « Nous voulions permettre d’ouvrir une discussion sur les migrations et l’immigration avec les plus jeunes » a écrit la metteuse en scène Émilie Le Roux dans la note d’intention de son En attendant le Petit Poucet. Un spectacle créé en 2016 qui a permis à la compagnie grenobloise Les Veilleurs de lancer son cycle "Migrations [passer & demeurer]" – La Migration des canards, sa dernière création vue en janvier dernier à l’Espace 600, en est le deuxième volet, centré sur le "demeurer". Et donc ce En attendant le Petit Poucet évoque lui le "passer", avec deux gamins (campés par Kim La

Continuer à lire

"Le Grand jeu de l’ouïe" : ceci est un blind test théâtral

Spectacle | La compagnie grenobloise des Gentils tourne avec un nouveau spectacle participatif et, surtout, très drôle. Prochaine date : dimanche 11 mars à l'Espace 600.

Aurélien Martinez | Mardi 6 mars 2018

Nous voici convoqués au pilote d’une future émission visant à tester les connaissances musicales des téléspectateurs. Aux commandes du show, un duo au sourire ultra bright accompagne un pianiste qui enchaîne les airs issus de grands films – ça brasse large, tant en style qu’en période. À la clé pour l’équipe gagnante, un chèque – enfin, si la prod veut bien le signer, ce qui ne semble pas évident. Le Grand jeu de l'ouïe est ainsi une drôle de mise en abyme qui permet à la compagnie grenobloise des Gentils de livrer une proposition à deux niveaux de lecture, comme le public est véritablement amené à participer au jeu tout en assistant à un véritable spectacle. Et dans le rôle des présentateurs Georges et Corine, on retrouve deux des jeunes comédiens grenoblois les plus intéressants, que ce soit avec les Gentils ou en dehors : Colin Melquiond et Doriane Salvucci. Avec l’excellent (et taiseux) François Marailhac au piano, et le metteur en scène

Continuer à lire

Gisèle Vienne : 50 nuances de sombre

Portrait | Mardi 27 et mercredi 28 février, la MC2 programme le spectacle "Crowd" de la metteuse en scène Gisèle Vienne. Soit quinze danseurs et danseuses, habillés comme à la ville et aux mouvements soigneusement "retravaillés" (ralentis, saccades …) qui, sur une bande-son techno pointue, se lancent dans une longue rave-party ; ou plutôt dans une longue fin de rave, la terre et les détritus parsemant le plateau matérialisant cet après impalpable. Un choc esthétique signé par l’une des artistes françaises les plus passionnantes, à l’univers sombre et protéiforme. Portrait.

Aurélien Martinez | Mardi 20 février 2018

Gisèle Vienne : 50 nuances de sombre

Septembre 2010. Nous nous rendons dans une maison au fin fond du quartier grenoblois de l’Île verte afin de découvrir Jerk, solo pour un marionnettiste (Jonathan Capdevielle) qui bénéficie d’un incroyable bouche-à-oreille depuis sa création en 2008. Et ce malgré la dureté du propos – « une reconstitution imaginaire des crimes perpétrés par le serial killer américain Dean Corll qui, avec l’aide de deux adolescents, a tué plus d’une vingtaine de garçons dans l'État du Texas au milieu des années 1970 » comme l’a écrit en note d’intention la metteuse en scène Gisèle Vienne, qui a imaginé cette pièce forte et dérangeante d’après une nouvelle de l’écrivain étasunien Dennis Cooper. Voilà qui plante le décor. Ce soir-là, nous étions donc chez un particulier et non, au pif, sur la scène de la MC2 ou de l’Hexagone de Meylan. Pourtant, Gisèle Vienne, qui a passé une grande partie de son enfance et le début de sa vie professionnelle à Grenoble, était déjà à cette période une artiste de renommée nationale voi

Continuer à lire

Grégory et Lagarce, à table

Soirée lectures | Mercredi 14 février, le metteur en scène et comédien grenoblois Grégory Faive proposera une soirée de lectures autour de textes de Jean-Luc Lagarce, l'un des auteurs contemporains de théâtre les plus joués en France.

Aurélien Martinez | Mardi 6 février 2018

Grégory et Lagarce, à table

Le collectif grenoblois Troisième bureau aime bien défendre les auteurs contemporains de théâtre. L’Université Grenoble Alpes aussi. Du coup, pour la quatrième fois consécutive, les deux se sont associés pour une soirée de lectures, cette année consacrée à Jean-Luc Lagarce (photo), comète de la fin du siècle dernier (il est mort du sida en 1995, à 38 ans) qui a laissé derrière lui une œuvre très appréciée par le monde du théâtre – et même au-delà, sa pièce Juste la fin du monde ayant été adaptée au cinéma en 2016 par Xavier Dolan. Aux commandes de ce projet, le metteur en scène et comédien grenoblois Grégory Faive qui, cela tombe bien, a « une affec

Continuer à lire

"La Migration des canards" : fille de bonne famille

Théâtre | La metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux, de la compagnie les Veilleurs, revient avec une nouvelle proposition tout public (à partir de 12 ans) centrée sur le parcours d'une jeune fille d'immigrés. Un spectacle fort à découvrir mercredi 24 et jeudi 25 janvier à l'Espace 600.

Aurélien Martinez | Lundi 22 janvier 2018

Une phrase dans la note d'intention de La Migration des canards, nouveau spectacle de la compagnie grenobloise Les Veilleurs (à qui l'on doit notamment la réussite jeune public Mon frère, ma princesse), résume parfaitement l’ambition de cette proposition issue de leur cycle "Migrations [passer & demeurer]". « Loin des clichés, nous découvrons de l’intérieur [au sein d’une famille] les conséquences de ce que l’on pourrait nommer "l’injonction d’exemplarité" faite aux immigrés, comme si pour légitimer leur présence, ils ne devraient pas seulement faire bien, ils devraient faire mieux. » Une "injonction d'exemplarité" que l'auteure Élisabeth Gonçalves a fait porter, dans un monologue dont la metteuse en scène Émilie Le Roux s'est emparée, à la jeune fille d'un couple de gardiens. Seule en scène, au cœur d'une scénographie et d'une bande-son contrecarrant avec le côté quotidien du récit, la comédien

Continuer à lire

"La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi" : fantastiquement fantasque

Théâtre | La compagnie grenobloise les Gentils va reprendre sa création à succès du mardi 19 au jeudi 21 décembre au Théâtre 145. Et c'est immanquable.

Aurélien Martinez | Lundi 11 décembre 2017

C’est le spectacle le plus fédérateur de la compagnie théâtrale grenobloise les Gentils, répondant au doux nom de Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi. Soit six comédiens qui, sur scène et accompagnés d’un (excellent) pianiste, tissent une histoire en interprétant (plus ou moins bien – c’est d’ailleurs ce que fait le charme de l’aventure) différents vieux morceaux français au canevas très narratif – Annie Cordy qui, dans Six Roses, ne comprend pas le surnom (cirrhose) qu’on lui a attribué ; Tino Rossi qui, dans Écris-moi, vocalise tout son amour ; les Frères Jacques qui, dans Le Complexe de la truite, narrent les aventures d’une jeune fille découvrant les plaisirs de la chair… Une sorte de comédie musicale déglinguée que la troupe guidée par son metteur en scène Aurélien Villard avait un peu délaissée depuis sa création en 2012 et le grand nombre de représentation qui avait suivi, pour développer d’autres projets ; mais qu’elle a finalement décidé de reprendre au Théâtre 145 pour trois dates exceptionnelles (du mardi 19 au jeudi 21 décembre), avant une possible nouvelle tournée. Un conseil d’amis : si vous ne l’ave

Continuer à lire

PB d'or 2016 : musique

C'était 2016... | Avec du changement côté Cabaret frappé, des images fortes ou encore une confirmation.

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : musique

Le PB d’or de la bonne surprise : la nouvelle configuration du Cabaret frappé En janvier 2016, la Ville de Grenoble convoquait la presse pour annoncer un changement de taille : le Cabaret frappé, festival musical qu’elle organise chaque été au Jardin de Ville, passerait en gratuité totale – contre, auparavant, une première partie sous le kiosque en accès libre et, ensuite, une série de concerts payants sous chapiteau. Une décision politique motivée par un souci de faire évoluer le festival né en 1999, mais surtout par des considérations financières, cette gratuité permettant paradoxalement de réduire pas mal de coûts – plus de chapiteau par exemple. Pourquoi pas, même si, du coup, nous pouvions craindre une édition 2016 au rabais… Sauf que ça ne s’est pas produit, grâce justement à cette nouvelle organisation qui a redonné du souffle au dispositif. Le Jardin de Ville fut ainsi judicieusement repensé par l’équipe organisatrice autour d’une grande scène et d’un bar sous le kiosque, ce qui ne donnait

Continuer à lire

Théâtre : les temps forts de la saison grenobloise

Panorama 2016/2016 | Pour cette saison 2016/2017, on vous a concocté un programme varié entre spectacles coups de poing, aventures atypiques et classiques rassurants. Suivez-nous, que ce soit à la MC2, à l'Hexagone, au Théâtre de Grenoble, à la Rampe, à la Faïencerie, au Théâtre en rond...

Aurélien Martinez | Jeudi 13 octobre 2016

Théâtre : les temps forts de la saison grenobloise

LA 432 « Un spectacle intelligent pour ceux qui ne veulent pas réfléchir » : voilà comment les légendaires Chiche Capon présentent leur LA 432, que l’on a classé en théâtre parce qu’il faut bien le mettre quelque part. Sauf que c’est beaucoup plus que ça : un déferlement burlesque et musical (leur ritournelle Planète Aluminium reste très longtemps en tête) porté par des comédiens clownesques survoltés qui n’hésitent pas à secouer le public (ou à lui taper dessus). Joyeusement régressif ! Au Théâtre municipal de Grenoble mardi 22 novembre ________ Fables Un spectacle où certaines fables de Jean de La Fontaine (1621 – 1695) sont mises en scène par deux joyeux comédiens qui s’amusent véritablement à camper les différents animaux

Continuer à lire

Grégory Faive : « On arrive à la centième représentation ! »

SCENES | Cette semaine est programmé à la Basse cour "Pourvu qu’il nous arrive quelque chose", excellent et très drôle seul-en-scène sur les coulisses du théâtre qui tourne depuis cinq ans. Une des dernières occasions de le voir, avant de découvrir la suite. N’est-ce pas Grégory Faive ?

Aurélien Martinez | Lundi 5 septembre 2016

Grégory Faive : « On arrive à la centième représentation ! »

Le spectacle a vu le jour à l’automne 2011 à Eybens. Cinq ans plus tard, vous le jouez toujours : un succès qui doit être agréable ? Grégory Faive : Ce n’est pas désagréable, en effet ! Surtout qu’à chaque fois, on le réinvente : on passe d’un petit à un grand plateau, d’une petite à une grande jauge… C’est toujours une nouvelle aventure. Et puis dans le parcours d’une compagnie où l’on a souvent joué des spectacles quatre ou cinq fois, c’est appréciable de jouer autant, d’avoir un tel accueil où qu’on aille. Vous en êtes à combien de représentations ? On arrive à la centième ! Ce sera à Champ-sur-Drac le 14 octobre pour être précis. Et ensuite ? Là il y a une saison qui est pas mal remplie, mais je pense qu’on arrive progressivement vers la fin de la vie de ce spectacle. Un spectacle qui a permis de poser les jalons pour la suite que je suis en train de préparer… Vous l’écrivez vous-même (Pourvu qu’il nous arrive quelque chose est basé sur un texte de Philippe Torreton) ? Oui. Et ça y est, je m’y suis mis ! La suite

Continuer à lire

Éric Piolle et Corinne Bernard répondent à Joël Pommerat

ACTUS | Le jeudi 2 juin, le quotidien Libération publiait une tribune du metteur en scène Joël Pommerat baptisée « Grenoble, la déception de l’écologie culturelle ». Un (...)

Aurélien Martinez | Lundi 13 juin 2016

Éric Piolle et Corinne Bernard répondent à Joël Pommerat

Le jeudi 2 juin, le quotidien Libération publiait une tribune du metteur en scène Joël Pommerat baptisée « Grenoble, la déception de l’écologie culturelle ». Un texte qui avait fait grand bruit à Grenoble. On attendait donc la réponse du maire de Grenoble Éric Piolle et de son adjointe aux cultures Corinne Bernard, directement visés par le metteur en scène. C’est chose faite depuis ce dimanche 12 juin (même si Éric Piolle s’était rapidement exprimé le 3 juin sur France Culture), avec une tribune là aussi publiée par Libération et intitulée « À Grenoble, une culture ni populiste ni libérale ». Les deux élus reviennent notamment sur les dossiers polémiques – la MC2, les Musiciens du Louvre, le Tricycle, le Ciel – évoqués par Pommerat. On vous laisse

Continuer à lire

Politique culturelle : Pommerat attaque la Ville de Grenoble

ACTUS | Le metteur en scène qui vient de présenter son fabuleux "Ça ira (1) Fin de Louis" à la MC2 (c'était notre une du numéro du 18 mai) publie une tribune dans le quotidien "Libération". Son titre ? « Grenoble, la déception de l’écologie culturelle ». L'action du maire Éric Piolle et de son adjointe aux cultures Corinne Bernard est directement visée.

Aurélien Martinez | Jeudi 2 juin 2016

Politique culturelle : Pommerat attaque la Ville de Grenoble

Son spectacle Ça ira (1) Fin de Louis, tout juste présenté à Grenoble (et tout juste "molièrisé"), est d'une intelligence folle. L'homme l'est également, comme on peut s'en rendre compte depuis vingt-cinq ans avec ses textes ciselés et ses créations percutantes auscultant le monde d'aujourd'hui comme celui d'hier (la Révolution française dans Ça ira). Alors quand il prend la parole sur la situation grenobloise, et plus particulièrement sur la politique culturelle menée par l'équipe Piolle aux commandes de la Ville depuis deux ans, c'est forcément avec un long texte argumenté (sur les Musiciens du Louvre, sur

Continuer à lire

Joël Pommerat fait sa Révolution avec "Ça ira (1) Fin de Louis"

SCENES | À force d’ausculter le travail, les rapports de hiérarchie et les questions de libre arbitre, il fallait bien qu’un jour l’auteur et metteur en scène Joël Pommerat ose affronter les prémices de la liberté et de l’égalité des droits. En 4h30, il revient aux origines de la Révolution française avec "Ça ira (1) Fin de Louis". Un exceptionnel moment de théâtre.

Nadja Pobel | Mardi 17 mai 2016

Joël Pommerat fait sa Révolution avec

« Il n’y a pas de point de vue » reprochent à Ça ira (1) Fin de Louis les rares qui osent critiquer aujourd’hui Joël Pommerat, devenu en quinze ans une figure absolument singulière et, pour tout dire, monumentale du théâtre français actuel, de surcroît plébiscitée par les spectateurs partout sur le territoire. À Nanterre, où il est artiste associé, il a affiché complet durant tout novembre et les malchanceux dont la représentation tombait sur les deux jours d’annulation post-attentats ont dû jouer sévèrement des coudes pour rattraper au vol des billets sur Le Bon Coin. Cette supposée absence de point de vue – aucun personnage n’étant désigné comme bon ou mauvais – est en fait la preuve qu’il y en a une multitude. Tout le monde s’exprime au cours de cet épisode de l’Histoire dont le choix constitue en lui-même un acte politique fort – Pommerat en signe depuis ses débuts. Comme il le précise souvent, « il ne s’agit pas d’une pièce politique mais dont le sujet est la politique », soit la vie de la cité, selon l’étymologie du mot. Plutôt que de proposer un manifeste, Pommerat amène à mieux comprendre la naissance de la Révolution et même

Continuer à lire

Serge Papagalli : Dauphinois gratiné

Portrait | Alors qu’il est en ce moment à la MC2 à l’affiche de "Presque Falstaff… et les autres", pièce écrite par son complice Gilles Arbona, on est allés à la rencontre de Serge Papagalli, le plus dauphinois des comédiens, auteurs et metteurs en scène de France. Histoire de revenir avec lui sur une très longue carrière (du théâtre, des sketchs, la série "Kaamelott"…) qui est visiblement loin d’être terminée. Tant mieux.

Aurélien Martinez | Mardi 10 mai 2016

Serge Papagalli : Dauphinois gratiné

« J’ai toujours eu la chance de travailler avec des gens que j’aime bien et qui m’aiment bien. Je ne les choisis jamais en fonction de leurs qualités intrinsèques ou je ne sais pas quoi. Bien sûr, s’ils sont bons, ce n’est pas plus mal ! » Voilà comment le Grenoblois Serge Papagalli, 69 ans, résume sa foisonnante carrière qui pourrait perdre plus d’un biographe. On le retrouve dans les studios de France Bleu Isère, radio sur laquelle il tient une chronique matinale depuis 15 ans, pour évoquer tout ça, et notamment le fait qu’il soit difficilement classable. « Mon éclectisme a été une difficulté au départ, indéniablement – je parle de temps plus anciens comme j’ai commencé le théâtre en 1971 ! Il fallait choisir d’être dans le music-hall burlesque ou dans le théâtre dit public. En gros, choisir entre Coluche et Shakespeare. Pas mal d’amis ont pris une rubrique et y sont restés toute leur carrière, ce qui leur a financièrement sans doute mieux réussi qu’à moi. Sauf que moi, j’aime autant le hard rock que le baroque ! » « Rire d

Continuer à lire

Les Gentils : la nuit ils chantent

SCENES | La jeune compagnie grenobloise adepte du théâtre musical présente sa nouvelle création. On a pu en apercevoir des bouts prometteurs.

Aurélien Martinez | Mardi 9 février 2016

Les Gentils : la nuit ils chantent

Ce qu’il y a de bien avec les artistes basés à Grenoble, c’est qu’on peut suivre de près leur processus de création fait de doutes, de tentatives, de changements de direction… Et puis, parfois, de réussites. Jeudi 11 et vendredi 12 février, on pourra ainsi découvrir à l’Odyssée d’Eybens Le Carnaval des somnambules, nouvelle proposition de la jeune compagnie Les Gentils dont on a plus que souvent dit du bien dans ces colonnes – on adore leur Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi ! Cette fois-ci, il sera donc question de sommeil, de nuit, mais aussi de peurs à ce que l’on a pu constater lors deux étapes de travail auxquelles nous avons assisté. Si on ne peut en dire plus sur le fond (le metteur en scène Aurélien Villard essayant plusieurs pistes), la forme, elle, contient déjà les nombreux ingrédients qui font la spécificité des Gentils, entre chansons (ici écrites principalement autour d’autres connues – leur C'est la mère Michel version rockabilly est grandiose) et humour (ah, le running gag autour de la laitièr

Continuer à lire

PB d'or 2015 : théâtre et danse

SCENES | Cette année, deux spectacles de théâtre nous ont fait un bien fou. Et un ponte de la danse a dû faire ses cartons.

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : théâtre et danse

Le PB d’or des spectacles grenoblois qui font du bien : Rue des voleurs (Bruno Thircuir) et Mon frère, ma princesse (Émilie Le Roux) Que ce soit avec le roman Rue des voleurs de Mathias Énard (sur un jeune ­Marocain qui finira à Barcelone) ou la pièce jeune public Mon frère, ma princesse de Catherine Zambon (sur un gamin de cinq ans qui veut simplement porter des robes), deux metteurs en scène grenoblois (Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies et Émilie Le Roux des Veilleurs) ont, cette année, embrassé avec finesse des thèmes sociétaux forts pourtant sujets aux crispations et aux délires les plus dingues – la question des migrants pour l’un et celle des études de genre pour l’autre. En a résulté deux spectacles dépassionnés et, surtout, passionnants qui illustrent parfaitement comment des artistes peuvent défendre un discours humaniste et intelligent simp

Continuer à lire

Que faire à Grenoble pendant les vacances de Noël ?

CONNAITRE | Si cette période de l’année n’est pas la plus riche culturellement parlant (doux euphémisme), il y a tout de même moyen de s’occuper intelligemment. Le PB vous propose un programme jour par jour, fait de visites, de cinéma, de musique, de spectacles… Libre à vous de le suivre ou non, dans l’ordre ou dans le désordre. La rédaction

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

Que faire à Grenoble pendant les vacances de Noël ?

Mercredi 23 décembre Avant-dernier jour pour foncer au fameux Marché de Noël de Grenoble et ainsi se mettre dans l’ambiance fêtes si ce n’est pas encore fait. Un journée qui se terminera avec un concert gratuit du groupe Funky Caravane à 18h square du Docteur Martin. Jeudi 24 décembre Si de la famille et/ou des amis viennent vous rendre visite à Grenoble pendant les fêtes, emmenez-les absolument au Musée archéologique de Grenoble. Oui, on en a déjà souvent parlé, mais comme pas mal de monde ne semble pas encore connaître l’un des lieux les plus fascinants de la ville… En plus, l’entrée est gratuite, donc vous pouvez y aller en nombre. Attention tout de même : le musée est fermé le mardi et les 25 décembre et 1er janvier. Vendredi 25 décembre

Continuer à lire

Notre sélection de Noël : le cadeau à offrir à…

ACTUS | À Noël, tout le monde pense à mettre sous le sapin le dernier gadget technologique à la mode ou la bonne et rassembleuse bouteille de vin. Et si on misait sur un spectacle ou un concert, comme ça, pour changer un peu ? Le PB s’est donc lancé dans une sélection thématique : si vous suivez bien nos recommandations, on parie sur un taux de satisfaction de 100%. Oui, on est optimistes. La rédaction

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2015

Notre sélection de Noël : le cadeau à offrir à…

Ceux qui ne voient pas d’inconvénient à rire souvent Celui qui campe une Catherine hilarante dans la pastille quotidienne du Petit Journal Catherine et Liliane est également l’auteur et l’interprète d’un one-man-show épatant et très théâtral à placer tout en haut dans la vaste catégorie humour. Sur scène, Alex Lutz est une ado en crise, Karl Lagerfeld ou un directeur de casting odieux : des personnages plus vrais que nature pour un comédien remarquable. Alex Lutz, samedi 9 avril au Grand Angle (Voiron). De 31 à 37€. Ceux qui aiment autant la danse que le rire Tutu, c’est un petit ovni savoureux. Six danseurs jouent sur les codes de la danse (la classique, la contemporaine, l’acrobatique…) en une vingtaine de tableaux pour un spectacle solidement construit et, surtout, très drôle. Car jamais les interprètes au physique d’Apollon (d’où un rendu très queer) ne se prennent au sérieux, au contraire – en même temps comment rester sérieux dans un costume de cygne ? Même si, paradoxalement, leur maîtrise technique est éclatante.

Continuer à lire

Émilie Le Roux : « Le jeune public ? Du tout public ! »

Théâtre | Émilie Le Roux, metteuse en scène grenobloise à la tête de la compagnie Les Veilleurs, proposera cette semaine un drôle de spectacle avec 106 interprètes (106, oui) pour marquer la fin de sa résidence à l’Espace 600, la scène jeune public de Grenoble. On en a profité pour évoquer avec elle tout un tas de sujets allant du théâtre jeune public en général à sa grande réussite "Mon frère, ma princesse" en passant par les relations difficiles entre les artistes et la Ville de Grenoble. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2015

Émilie Le Roux : « Le jeune public ? Du tout public ! »

Vous terminez cette semaine plus de trois ans de résidence à l’Espace 600 de Grenoble avec le spectacle Allez, Allez, Allons qui n’a pas l’air d’être une toute petite chose ! Émilie Le Roux : C’est un spectacle multidisciplinaire avec du chant, de la musique, du théâtre de texte qui réunit 106 interprètes au plateau, dont des comédiens fidèles de la compagnie mais aussi une bonne partie de non-professionnels âgés de 10 et 90 ans ! Car on avait la volonté de créer une rencontre entre les générations… Que verra-t-on sur scène ? Ce sera un cabaret avec des textes qui vont de Tchekhov à Falk Richter en passant par Kafka, Olivier Py ou encore Calaferte. Et musicalement, on entendra des choses qui vont de Chopin à Philippe Katerine en passant bien évidemment par Camille [le titre du spectacle est emprunté à l’un de ses morceaux – NDLR]. Et ce sera un spectacle exceptionnel, un "one shot"… Forcément, car on n’emmènera pas ces 106 personnes en tournée ! Et puis on voulait finir cette résidence p

Continuer à lire

Grégory Faive : la mort lui va si bien

SCENES | Alors que son seul-en-scène "Pourvu qu'il nous arrive quelque chose" est toujours en tournée quatre ans après sa création, Grégory Faive dévoile une nouvelle fantaisie : "On aurait dû laisser un mot". Une histoire de défunts qui reviennent sur leur vie passée pour un spectacle joyeux, foisonnant et habilement construit. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 13 octobre 2015

Grégory Faive : la mort lui va si bien

« Pas d'anges, pas de harpes, pas de vertes prairies fleuries, c'est des craques que racontait le curé, que des craques. » Amandine Delput, 1856-1919. À ses côtés dans le cimetière de Moret-sur-Raguse, il y a du monde. Tiens, cette tombe, c'est celle d'une femme qui, visiblement, a été très proche de nombreux villageois de sexe masculin. Là, c'est celle d'un homme qui a fini sa vie au fond d’un fossé à purin à cause d’une vache percutée en solex. Et ici, celle d'un jeune révolté mort bêtement, son cocktail explosif en main. Comment le savons-nous ? Parce qu’ils ont tous décidé de se confier. De raconter leur vie, leur mort, leurs rapports les uns aux autres ou, tout simplement, ce qui leur passe par la tête – « Je suis née un 18 mai, je suis morte le 18 mars, comme quoi ! » C'est Patrick Kermann, auteur de théâtre de la fin du XXe siècle, qui a composé cet « oratorio in progress », cette « polyphonie de l’au-delà » qui, en plus d'être souvent jouée, est devenue un incontournable pour tout apprenti comédien – l’écriture atypique, souvent très orale, change de couleur selon le mort aux commandes et offre donc un éventail infini de poss

Continuer à lire

Une saison théâtrale du côté de la scène locale

SCENES | Plusieurs compagnies grenobloises (ou apparentées) reprennent cette saison des spectacles créés les années précédentes. Mais comme ils sont excellents, pourquoi se priver de les (re)découvrir ?

Aurélien Martinez | Mardi 15 septembre 2015

Une saison théâtrale du côté de la scène locale

Ces dernières années, les metteurs en scène grenoblois ont livré des spectacles qui ont connu un succès considérable ici et là. On va passer rapidement sur le cas Grégory Faive et de son Pourvu qu’il nous arrive quelque chose dont on a dit du bien maintes fois – en gros, c’est du théâtre généreux et drôle sur les coulisses du théâtre. Créée en 2011, la pièce sera de retour dans l’agglo pour deux dates : le vendredi 11 décembre à la Faïencerie (La Tronche) et le jeudi 14 janvier au Grand Angle (Voiron). Une autre aventure théâtrale qui risque de suivre la même voie (celle du succès), peut-être même en encore plus grand : Mon frère, ma princesse (photo) d’Émilie Le Roux. Du jeune public pour tous sur un petit garçon qui veut porter des robes créé en 2014 à l’Espace 600 et repris le mercredi 20 janvier à l’Odyssée d’Eybens. À noter que cette saison, l’Espace 600 pro

Continuer à lire

Théâtre : les dix pièces à voir cette saison

SCENES | Du théâtre contemporain, du classique ; des metteurs en scène stars, des plus confidentiels ; des pièces avec plein de comédiens, d'autres avec beaucoup moins de monde... Voici les coups de cœur et les attentes du "PB" pour cette saison 2015/2016.

Aurélien Martinez | Vendredi 18 septembre 2015

Théâtre : les dix pièces à voir cette saison

L’Avare Dans le très vaste répertoire théâtral français, Molière est l’un des auteurs qui a écrit les plus efficaces machines à jouer. D’où le fait que ses pièces soient si souvent montées. Le metteur en scène Ludovic Lagarde, directeur de la comédie de Reims, a décidé de se confronter à l’efficace Avare, où il est question d’un vieux père qui n’a pas que des qualités – il est on ne peut plus proche de ses sous ! Un rôle monstre que Lagarde a décidé de confier à son comédien fétiche : le fascinant et explosif Laurent Poitrenaux, qui marque de sa présence chaque mise en scène, au risque qu’on ne voie que lui. Ça tombe bien, c’est ce que le rôle veut – au cinéma, Louis de Funès l’avait aussi très bien compris. On espère donc passer un bon moment devant cet Avare rajeuni (Poitrenaux n’a même pas 50 ans) que nous n’avons pas pu découvrir avant sa venue à Grenoble, mais dont on a eu plein de bons échos. AM Du mardi 17 au samedi 21 novembre à la MC2 La Liste de mes envies

Continuer à lire

"L’Oiseau vert" : du très grand Pelly !

Théâtre | 2h20 qui ne souffrent d’aucun temps mort : avec "L’Oiseau vert" de Carlo Gozzi, Laurent Pelly a mis sur pied une fable visuellement fantastique défendue par des comédiens excellents. Du très bon théâtre, généreux et source de plaisir. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mercredi 6 mai 2015

« Quand on travaille sur des plateaux de la dimension de celui de la MC2, c’est indispensable selon moi de perdre le spectateur dans une image. J’aime bien, quand le spectacle démarre, ne plus savoir où est la réalité concrète, géographique. D’ailleurs, L’Oiseau vert nécessite cette rêverie, cette poésie de l’image. » Voilà ce que nous déclarait la semaine passée le metteur en scène Laurent Pelly juste avant de faire son grand retour à Grenoble avec ce fameux Oiseau vert, spectacle créé à Toulouse que nous n’avions pas pu voir avant sa venue à la MC2. On est donc allés le découvrir le soir de la première grenobloise, dans une salle blindée : ô joie, on a retrouvé Laurent Pelly sous son meilleur jour. Le directeur du Théâtre national de Toulouse est ainsi parfaitement arrivé à « perdre le spectateur dans une image » comme il l’a si souvent fait du temps où il dirigeait

Continuer à lire

Laurent Pelly : « Perdre le spectateur dans une image »

SCENES | La légende raconte qu’un jour, dans la bibliothèque du Cargo (le nom de la MC2 au siècle dernier, avant les travaux), le metteur en scène Laurent Pelly tomba (...)

Aurélien Martinez | Mardi 28 avril 2015

Laurent Pelly : « Perdre le spectateur dans une image »

La légende raconte qu’un jour, dans la bibliothèque du Cargo (le nom de la MC2 au siècle dernier, avant les travaux), le metteur en scène Laurent Pelly tomba par hasard sur la pièce L’Oiseau vert de Carlo Gozzi. Coup de foudre immédiat pour cet auteur italien du XVIIIe siècle aujourd’hui oublié, l’histoire ayant plutôt retenu son rival Carlo Goldoni. Pelly trouva pourtant dans ce texte une matière propice à déployer son univers théâtral grandiose – il est question de princes qui s’ignorent, de tentative de mariage entre un père et sa fille et, forcément, d’un animal étrange. Laurent Pelly : « L’œuvre de Gozzi ne ressemble à aucune autre. Son théâtre est joyeux, burlesque, violent, extrêmement poétique… » Pourtant, à l’époque, alors qu’il était au Centre national des Alpes, il n’a jamais touché à la pièce. C’est chose faite aujourd’hui, puisqu’il l’a mise en scène il y a quelques mois au Théâtre national de Toulouse qu’il dirige depuis 2008 avec la dramaturge et metteuse en scène Agathe Mélinand. E

Continuer à lire

La "rêvolution" des Gentils

SCENES | Alors que leur "Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi" est toujours sur les routes, les Gentils dévoilent cette semaine à Eybens une nouvelle création baptisée "Et que vive la Reine !". Une joyeuse petite forme un brin politique autour de la fameuse Alice au Pays des merveilles. Et une réussite. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 24 mars 2015

La

Au Pays des merveilles, c'est un peu comme en Corée du Nord : pour son grand « jubilage », la terrible Reine Rouge-Noire-Rouge a commandé à ses ouailles un grand show la mettant à l'honneur, quitte à réécrire l'histoire pour que celle-ci en mette plein la vue. C'est au Chapelier que la mission revient ; chapelier qui est du coup terrorisé de peur de décevoir et de se retrouver la tête tranchée – c’est la mode là-bas. Au Fond du Gouffre, du nom du bar clandestin que son pote Le Lièvre tient, il essaie de faire de son mieux, utilisant ses camarades d'infortune comme comédiens d’une journée : Le Lièvre, mais aussi l'excentrique Miss Le Loir et le taiseux La Carpe, préposé au piano. Et que vive la Reine !, la nouvelle création de la compagnie grenobloise Les Gentils, transpire Les Gentils de tous ses pores : une fantastique scénographie bricolée (et cette fois-ci immersive, le public étant dispersé dans plusieurs coins de la taverne), des chansons ici et là (mais beaucoup moins que dans la

Continuer à lire

Et revoilà Cyrano

SCENES | Pour qui a vu la version survoltée de Cyrano de Bergerac par Dominique Pitoiset avec le sidérant Philippe Torreton (en mars 2013 à la MC2), celle de Georges (...)

Nadja Pobel | Mardi 27 janvier 2015

Et revoilà Cyrano

Pour qui a vu la version survoltée de Cyrano de Bergerac par Dominique Pitoiset avec le sidérant Philippe Torreton (en mars 2013 à la MC2), celle de Georges Lavaudant (du 27 au 31 janvier à la même MC2) risque de paraître fade. Costumes d'époque, décor naturaliste... : l'époque et le cadre de l'action sont respectés mais rien ne  bouscule le spectateur. Bien sûr, avec un texte aussi puissant et une troupe d'acteurs expérimentés emmenée par un fidèle parmi les fidèles de Lavaudant (Patrick Pineau), ce n’est pas bâclé, ni même raté. D'où vient alors cette forme d'ennui qui s'installe dans un spectacle – il faut le préciser – naissant lorsque nous l'avons découvert à sa création à Lyon lors des Nuits de Fourvière 2013 ? Il manque un point de vue fort. Lavaudant est un parfait homme-orchestre qui colle trop au texte. Il l'a d'ailleurs souvent fait dans des productions absolument remarquables comme les Labiche et Feydeau dont il est un grand metteur en scène (mémorables Un chapeau de paille d'Ital

Continuer à lire

Famille je vous aime

SCENES | C’est la grande réussite de la fin d’année dernière à Grenoble : la mise en scène de Mon frère, ma princesse, excellent texte de l’auteur jeunesse Catherine (...)

Aurélien Martinez | Mardi 6 janvier 2015

Famille je vous aime

C’est la grande réussite de la fin d’année dernière à Grenoble : la mise en scène de Mon frère, ma princesse, excellent texte de l’auteur jeunesse Catherine Zambon, par la metteuse en scène Émilie Le Roux. Centré sur un petit garçon qui veut simplement mettre des robes, sans comprendre pourquoi cela peut tant choquer, le spectacle est surtout une ode formidable aux liens familiaux, la grande sœur d’Alyan défendant coûte que coûte son petit frère face à tous ceux qui lui veulent du mal. La création a déjà de nombreuses dates de tournée prévues dans toute la France, dont une en janvier au Coléo de Pontcharra. Avant, on l’imagine, un retour à Grenoble la saison prochaine au vu du succès rencontré lors des premières représentations à l’Espace 600 en décembre. Mon frère, ma princesse, vendredi 23 janvier au Coléo (Pontcharra)

Continuer à lire

Awards 2014 théâtre

SCENES | L’award de celui qui aurait dû recevoir un award depuis longtemps : Grégory Faive Octobre 2011 : le CLC d’Eybens, lieu notamment tourné vers la création (...)

Aurélien Martinez | Mardi 23 décembre 2014

Awards 2014 théâtre

L’award de celui qui aurait dû recevoir un award depuis longtemps : Grégory Faive Octobre 2011 : le CLC d’Eybens, lieu notamment tourné vers la création contemporaine locale, propose un cycle consacré au monologue. Parmi les trois propositions, on découvre celle de Grégory Faive autour du Petit lexique amoureux du théâtre de Philippe Torreton, qui évoque avec humour tous les à-côtés de son art. Alors qu’on s’attendait à une petite forme bien sympathique à la durée de vie limitée, on assiste à l’éclosion d’une aventure théâtrale passionnante (baptisée Pourvu qu'il nous arrive quelque chose) qui grandira et s’épanouira au fil des mois dans des salles toujours plus grandes. Après quinze jours de représentation en mai dernier à la MC2 et un festival d’Avignon cet été, le spectacle continue encore sa tournée – il sera au Grand Angle et à la Faïencerie la saison prochaine. Un vérita

Continuer à lire

Les projets des Gentils en cours

SCENES | « Un jour, Lucie Duriez [la directrice de l’Espace 600] nous a dit que les Gentils, c’était comme La Comédie humaine de Balzac : une grande fresque qui se (...)

Aurélien Martinez | Mardi 16 décembre 2014

Les projets des Gentils en cours

« Un jour, Lucie Duriez [la directrice de l’Espace 600] nous a dit que les Gentils, c’était comme La Comédie humaine de Balzac : une grande fresque qui se déclinerait en plein de spectacles. C’est ça, oui ! Du coup, peut-être que dans trois ans, on verra la galette, le Brésilien ou l’ange [des personnages de La Carriole – NDLR] passer dans un autre spectacle. On va créer une grande famille. » (Aurélien Villard) La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi On en a déjà parlé 1258 fois, toujours en des termes on ne peut plus élogieux. On l’a déjà vue de nombreuses fois, si bien que l’on connaît maintenant les chansons par cœur – le CD édité par la compagnie nous a aussi aidés. Oui, cette Carriole est l’un des spectacles "made in Gre" (enfin, "made in Saint-Antoine-l’Abbaye") les plus enthousiasmants de ces dernières années, avec surtout des comédiens excellents, dont certains ont d

Continuer à lire

Les Gentils, petits plaisirs entre amis

SCENES | Bienvenue dans le monde déjanté des Gentils, jeune compagnie iséroise adepte d’un théâtre généreux, non intimidant et très drôle fait avec à peu près tous les matériaux textuels possibles – dont beaucoup de chansons. À l’occasion de son passage par Eybens avec "La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi", sa plus grande réussite, zoom sur l’une des bandes d’acteurs les plus enthousiasmantes du moment. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 16 décembre 2014

Les Gentils, petits plaisirs entre amis

Depuis quelque temps, on entend beaucoup parler de la compagnie des Gentils. À Grenoble et dans l’agglo d’abord : du côté de l’Espace 600, salle qui leur a très vite ouvert les portes ; d’Eybens, une ville qui commence à bien les aimer, de Saint-Égrève où ils sont attendus en avril… Et en dehors de l’Isère aussi : du côté de Lyon où un grand théâtre jeune public (le TNG) leur a donné de beaux moyens l’an passé, d’Avignon cet été pendant le fameux festival, de plusieurs autres villes (Saint-Étienne, Macon, …) où ils sont programmés dans d’importants théâtres. Oui, pour les Gentils, ça commence à bien marcher même si, comme dirait l’autre, nul n’est prophète en son pays : il est par exemple assez dingue de constater que, finalement, très peu de professionnels grenoblois de la culture connaissent cette compagnie à qui l’on avait pourtant décerné l’an passé le "PB award" du meilleur espoir théâtral ! En même temps, pas sûr que le statut de prophète intéresse tant que ça Aurélien Villard et toute sa petite bande. « Populaire et

Continuer à lire

"Mon frère, ma princesse" : mauvais garçon

Théâtre | Avec "Mon frère, ma princesse", la metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux signe un spectacle poignant sur un enfant «qui ne veut pas être un garçon». L'une des plus belles réussites de l'année écoulée, et assurément le futur succès d'un théâtre jeune public ouvert à tous les publics. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 9 décembre 2014

C'est l'histoire d'un gamin aux envies de robe de fée qui exprime ses désirs avec l'innocence de ses cinq ans, sans comprendre pourquoi ces désirs peuvent tant déranger – ses parents, ses camarades de classe... C'est l'histoire d'une sœur prête à tout pour protéger « son frère, sa princesse », du nom de la pièce jeunesse de Catherine Zambon publiée en 2012, avant qu'une partie rance de la France décide de se braquer contre tout ce qui touche de près ou loin aux études de genre. C'est surtout une histoire à serrer le cœur dont s'est emparée la metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux. Au centre du récit, Alyan et sa grande sœur. Leurs scènes communes sont les plus justes, les plus émouvantes, Catherine Zambon ayant su trouver les mots pour décrire toute la tendresse d'une sœur pour son petit frère. Leurs monologues en avant scène sont désarmants, illustrant comment un monde est capable de briser un gosse au nom de raisons obscures expliquées comme évidentes, voire naturelles. « La nature elle s’est trompée, je le sais bien elle s’est trompée, j’ai pas su me concentrer alors elle a mis dessus moi des morceaux qui ne sont

Continuer à lire