Ce que vous allez voir en salle en 2022

Rentrée cinéma / Sauf impondérables ou nouveau variant — touchons du bois — les sorties devraient reprendre une cadence "à peu près" normale dans les salles. Petit tour d’horizon de ce qui nous attend dans les premiers mois de 2022…

Vous leur échapperez difficilement

Les films MCU ou DC ? Oui, mais pas que. Elsa Zylberstein, Gérard Depardieu, Alban Ivanov, Laetitia Dosch, Rebecca Marder ou Pio Marmaï seront chacun à l’affiche d’au moins trois ou quatre films ce premier semestre : entre l’embouteillage de ceux non sortis en 2020 et 2021 et la boulimie de tournages de certains, on arrive à cette illusion de surprésence. Donc, pas de panique…

Vus et à voir

Un monde de Laura Wandel (26 janvier) : un choc absolu. Interprété par deux enfants prodigieux de vérité, ce film portant sur la mécanique pernicieuse du harcèlement scolaire est une merveille de délicatesse et la future référence sur le sujet. Une jeune fille qui va bien, premier long-métrage réalisé par Sandrine Kiberlain (26 janvier), narrant le destin d’une apprentie comédienne juive en 1942, avec en toile de fond l’obscurcissement progressif de son présent… et de son avenir. Sobre et subtil.

Les Promesses de Thomas Kruithof (26 janvier) : une plongée dans les arcanes du pouvoir politique et de ses petites trahisons ordinaires, avec Isabelle Huppert en mairesse et Reda Kateb en dircab. Dans l’esprit de L’Exercice de l’État.

Red Rocket de Sean Baker (2 février) : un ancien acteur X retourne, la queue entre les jambes, dans son Texas natal… et navigue entre son ex et une jeune serveuse. Une métaphore douce-amère de l’Amérique vivant dans la dèche, sur sa réputation et dans l’espoir de se refaire la cerise.

Arthur Rambo de Laurent Cantet (2 février) : une star montante de la littérature est rattrapée par de vieux tweets provocateurs et voit sa gloire naissante torpillée en quelques heures. Inspirée de l’affaire Medhi Meklat, une tragédie moderne respectant la triple unité de temps, de lieu et d’action.

La Vraie Famille de Fabien Gorgeart (16 février) : une comédie dramatique déchirante (et superbement réalisée) sur le (dé)placement d’un enfant dans une famille d’accueil et le lien qu’il a tissé avec sa mère nourricière.

Plus léger et totalement absurde est Zaï Zaï Zaï Zaï de François Desagnat (23 février), nouvelle adaptation d’une BD de Fabcaro, après Le Discours, récit surréaliste de la cavale jusqu’en Lozère d’un comique, tout ça parce qu’il a oublié sa carte de fidélité en faisant ses courses. Drôlement acerbe derrière le burlesque.

Un peuple (23 février) de Emmanuel Gras suit avec un regard de sociologue (et non de militant) un groupe de Gilets jaunes de Chartres au fil du mouvement, dans un documentaire édifiant sur les dynamique de groupe. Un nouvel exploit du cinéaste, toujours au-dessus du lot.

Dans Robuste, Constance Meyer (2 mars) confronte Gérard Depardieu à une "ange-gardienne"/garde du corps campée par Déborah Lukumuena pour un portrait indirect de l’acteur massif vieillissant qui, ici, oublie d’en faire trop — et c’est parfait.

À plein temps de Éric Gravel (16 mars) offre à Laure Calamy un emploi de mère célibataire sur le point de perdre le sien et jonglant avec les grèves, son ex, les imprévus pour garder la tête hors de l’eau. Rien à dire, si ce n’est qu’elle est stupéfiante.

Enfin, Retour à Reims (Fragments) de Jean-Gabriel Périot (30 mars) illustre avec des images d’archives le texte d’Eribon lu par Adèle Haenel. Un objet singulier mais étonnamment vivant.

Pas vus, on verra…

Nightmare Alley, où Guillermo del Toro (19 janvier) creuse le sillon stylistique de La Forme de l’eau ; Adieu Paris de Édouard Baer (26 janvier) parce que c’est de lui ; The Souvenir Part I & II de Joanna Hogg (2 février) parce que curiosité pour le projet ; Mort sur le Nil de Kenneth Branagh (9 février) pour retrouver Poirot et patienter avant son autobiographique Belfast (2 février) ; Enquête sur un scandale d’État de Thierry de Perretti qui renoue avec le cinéma politique (9 février) ; Un autre monde où Stéphane Brizé renoue, lui, avec Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain (16 février) ; The Batman de Matt Reeves même si la bande-annonce laisse craindre qu’ils aient oublié de vérifier le diaph’ ; Ana Girardot dans l’horrifique Ogre de Arnaud Malherbe (9 mars) L’Histoire de ma femme de la Hongroise Ildiko Einedi avec Louis Garrel et Léa Seydoux (16 mars) ; les retrouvailles de Cédric Klapisch, Pio Marmaï et François Civil pour En corps (30 mars) ; celles très attendues entre Fabrice du Weltz et Benoît Poelvoorde dans Inexorable (6 avril) ; la rencontre entre Gérard Depardieu et Maigret devant la caméra de Patrice Leconte (6 avril) ; le retour de Pierre Salvadori pour La Petite Bande (13 avril) ; de Pascal Rabaté avec Les Sans-dents (21 avril) et de Viggo Mortensen dans Treize vies de Ron Howard (21 avril). On se rapprochera alors de Cannes 2022, l’occasion de découvrir le diptyque Suis-moi je te fuis (11 mai)/Fuis-moi je te suis (18 mai) de Kôji Fukada nanti du label… Cannes 2020. Le 25 avril on décollera (enfin) avec Top Gun : Maverick de Joseph Kosinski avant de retrouver le Elvis de Baz Luhrmann le 22 juin…


Six mois de festivals !

Sortez vos calepins ! La Métropole fourmille de festivités cinématographiques qui vous invitent d’ores et déjà à prendre date…

On aurait dû commencer avec Un poing c’est court, le 14 janvier, dédié au film court francophone à Vaulx-en-Velin mais il est reporté en avril pour cause de Covid. Ce sont donc les 30e Drôle d’endroit pour des rencontres (26 au 30 janvier) aux Alizés de Bron (en présence de Thierry de Peretti, Laurent Cantet, Jean-Gabriel Périot etc.) qui ouvrent le bal. On saute février et place au 12e rendez-vous du cinéma queer Écrans Mixtes (du 2 au 10 mars) et aux 38e Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola. On enchaîne avec le 22e Festival du cinéma européen de Meyzieu (du 1er au 10 avril) et 14e Hallucinations collectives au Comœdia (avril — résurrection pour Pâques ?) ; le retour également en avril, pour sa 21e édition, des Cinémas du Sud consacrés aux production du Maghreb et du Moyen-Orient à l’Institut Lumière. En revanche, le 26e Ciné O’Clock du Zola dédié au cinéma britannique et irlandais se fait désormais printanier (du 27 mai au 5 juin). L’été s’annonce enfin sur cette biennale dont la précédente édition s’était tenue en… 2018 : la 16e Caravane des cinémas d’Afrique du Ciné Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon (du 10 au 19 juin).

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