Réalité

ECRANS | Un caméraman qui veut tourner son premier film d’horreur, un producteur instable, un animateur atteint d’un eczéma imaginaire, une petite fille nommée Réalité… Avec ce film somme et labyrinthique, aussi drôle que fascinant, Quentin Dupieux propulse son cinéma vers des hauteurs que seul un David Lynch a pu atteindre ces dernières années. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

Photo : © Realitism films


Vient toujours un moment, dans la carrière d'un cinéaste digne de ce nom, l'envie de tourner son Huit et demi, c'est-à-dire un grand film réflexif sur la manière dont il aborde le cinéma : Truffaut avec La Nuit américaine, Almodovar avec Étreintes brisées, David Lynch avec Mulholland Drive… Quentin Dupieux, qui avait déjà approché la question dans Rubber à travers des spectateurs regardant avec des jumelles le film en train de se dérouler sans caméra, ni équipe, ni projection, en fait le cœur de Réalité.

Le titre lui-même est un leurre sublime : ici, la réalité est sans doute ce qu'il y a de plus incertain et fluctuant, toujours contaminée et reformulée par le cinéma et la fiction. En fait, ce n'est pas la réalité que le film cherche à capturer, mais une petite fille prénommée Réalité, que l'on filme en train de dormir et dont on veut atteindre le subconscient — autrement dit, la capacité à produire de l'imaginaire. Dans la boucle folle que le scénario finira par créer, on comprendra que cet imaginaire-là n'est rien d'autre que celui de Dupieux lui-même ; dans les rêves de Réalité, il y avait ce long rêve éveillé qu'est Réalité, le film.

Cri et chuchotements

Pour en arriver là, Dupieux multiplie les personnages ayant leur propre problème à résoudre : au centre, Jason, un cameraman timide qui cherche à tourner son premier long métrage, un film d'horreur où les télévisions émettent des ondes capables d'abrutir puis de tuer ceux qui les regardent. Il propose son projet à un producteur instable qui accepte de lui confier un budget, à une condition : lui ramener sous quarante-huit heures le cri le plus terrifiant de l'histoire du cinéma.

C'est la partie la plus hilarante de Réalité et c'est aussi pour Dupieux l'occasion de renouer avec la langue française qu'il avait abandonnée depuis Steak. Le film se déroule à Los Angeles, transformée en un paysage ordinaire fait de collines, de routes et de pavillons, nimbé de smog, loin de toute représentation hollywoodienne glamour et on y parle aussi bien français qu'anglais, sans aucune raison scénaristique — le «no reason» théorisée dans Rubber est plus que jamais mis à profit. Cela donne donc un fabuleux affrontement entre un Alain Chabat parfait d'hébétude lunaire et un Jonathan Lambert prodigieux de précision dans ses innombrables ruptures d'humeur et de concentration.

Débarquent aussi dans le récit un animateur télé persuadé, malgré les apparences, de souffrir de crises d'eczéma aiguës, un directeur d'école qui aime se travestir, un cinéaste dont le génie bordure l'escroquerie… Impossible de ne pas penser, dans cette structure chorale dont les charnières restent invisibles, au travail de Lynch dans Mulholland Drive : même plaisir de tourner des séquences d'anthologie, même sourde tonalité des ambiances — il faut dire que Dupieux, à rebours de ses films précédents, n'a recours qu'à une seule source musicale, un morceau de Philip Glass tiré de Music with Changing Parts dont la répétition entêtante participe au climat mélancolique général — et, surtout, même envie de faire exploser le scénario en cours de route pour en offrir une nouvelle configuration, dont la cohérence échappe à toute logique classique.

Magnéto détraqué

Le film se détraque alors dans tous les sens, les séquences se dupliquent de manière folle, les mêmes scènes se répètent dans des décors différents, la temporalité est soumise à des tsunamis inexpliqués, les personnages deviennent à la fois eux-mêmes et un autre… Tout converge cependant vers la fameuse Réalité qui semble seule détenir le plan de ce labyrinthe cinématographique dont l'idée la plus démente est sans doute celle d'un film qui existe déjà avant même d'avoir été tourné. Dans une des premières séquences, elle voit sortir des entrailles d'un sanglier tué par son père une antique VHS — comment cette cassette est arrivée là, évidemment, cela relève encore du «No reason»…

Son contenu reste le mystère le plus longuement décalé par Dupieux, mais ce n'est pas tant sa révélation que son existence même qui donne la clé du film. La réalité comme une bande-vidéo que l'on pourrait copier, effacer, ralentir, accélérer ou rembobiner à l'infini, dont chaque lecture produirait à la fois de l'identique et de la différence — à l'inverse d'un numérique "inusable" dont Dupieux est pourtant un pionnier et un des meilleurs ambassadeurs — voilà l'idée du monde que nous propose Réalité. Un monde ludique, libre et innocent, pas encore pollué par le besoin de rationalité, proche de l'art brut, de l'écriture spontanée ou des jeux de l'enfance. Ce film somme est donc autant un pur plaisir de spectateur qu'un magnifique manifeste de son auteur : la rencontre entre Buñuel et Lynch dans un magnétoscope détraqué.

Réalité
De Quentin Dupieux (Fr-ÉU, 1h28) avec Alain Chabat, Jonathan Lambert, Élodie Bouchez…


Réalité

De Quentin Dupieux (Fr-Bel, 1h27) avec Alain Chabat, Jonathan Lambert...

De Quentin Dupieux (Fr-Bel, 1h27) avec Alain Chabat, Jonathan Lambert...

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Jason Tantra, un cameraman placide, rêve de réaliser son premier film d'horreur. Bob Marshall, un riche producteur, accepte de financer son film à une seule condition : Jason a 48 heures pour trouver le meilleur gémissement de l'histoire du cinéma…


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“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

Comédie | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusion — et avec leur distribution originale — des aventures conçues pour la récurrence télévisuelle. Mais elles ressemblaient surtout à des épisodes de luxe. Jusqu’à Kaamelott - Premier Volet, excep

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Alexandre Astier : « vous croyiez connaître Arthur… »

Kaamelott | Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de "Kaamelott - Premier Volet". Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Attention, spoilers ! Vous viendrez pas nous dire qu’on vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Alexandre Astier : « vous croyiez connaître Arthur… »

Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l’équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu’il a été celui de la préparation du film… Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l’arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n’a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d’Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « je pars ; non, je déconne, en fait je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte. L’autre avantage concerne l’écriture. À part quelques grands traits, je ne pouvais pas s

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À mouche que veux-tu : "Mandibules" de Quentin Dupieux

Comédie surréaliste | À force de tourner autour de récits kafkaïens ou de métamorphoses, il était fatal que Quentin Dupieux aboutisse à une histoire d’insecte géant. Réunissant un aréopage de comédiens de haut vol (dont une Adèle… battante), Mandibules fait à nouveau mouche.

Vincent Raymond | Mercredi 19 mai 2021

À mouche que veux-tu :

Semi-clochard et 100% benêt, Manu a été choisi pour livrer une mystérieuse mallette. Comme il lui faut une voiture, il en fauche une, embarquant au passage son pote Jean-Gab, aussi éveillé que lui. Mais en découvrant à son bord une mouche géante, ils décident de changer leurs plans et de l’apprivoiser… Voici presque deux décennies que le musicien Quentin Dupieux a débuté sa diversification sur les plateaux de tournage. D’abord annexe, l’activité semble aujourd’hui prendre le pas sur toutes les autres ; et saisi par une fièvre créatrice, le prolifique réalisateur a même accéléré sa production puisqu’il dévoile désormais tous les ans une nouvelle facette de son cosmos. Entre ses longs-métrages, les liens de consanguinité s’avèrent manifestes — une revendication d’appartenir à une famille très singulière —, chaque opus s’affranchit cependant du précédent par un léger décalage : comme un saut de puce évolutif dans l'embryogénèse de leur structure narrative. Parti du magma abstrait de

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"En réalité(s)" remporte le Prix Célest'1

Théâtre | Pièce remarquée et remarquable de la saison, "En réalit(é)" de la toute jeune compagnie Courir à la Catastrophe a logiquement été primé lors de la première édition du prix Célest'1.

Nadja Pobel | Mercredi 26 juin 2019

Le Théâtre des Célestins organisait les week-ends du 14-15 et 21-22-23 juin la première édition du Prix Célest'1. Lors du grand format, la pièce En réalité(s) a reçu le prix du jury (*), et Quatorze celui du public à l’issue des représentations de huit pièces présentées sur le grand plateau. En réalité(s) est menée par une équipe tout récemment sortie de l’ENSATT et a déjà été primée par le Théâtre 13 à Paris. Elle était récemment sélectionnée au festival Théâtre en Mai du CDN de Dijon. À Lyon, la metteuse en scène Alice Vannier avait déjà montré cette pièce aux Clochards Célestes en mars et avait complètement séduit par sa rigueur, son sens de l’espace et sa maitrise de la dramaturgie au service de l’ouvrage coordonné par Pierre Bourdieu La Misère du monde. En réalité(s) sera donné cet été dans le Off d'Avignon dans la salle du Train Bleu. Le jury du public (composé de 47 abonnés des Célestins) a très largement plébiscité Quatorze, mise en scène par Sébastien Valignat (compagnie Cassandre), un récit de

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Peau d’âme : "Le Daim"

Le Film de la Semaine | Revenant de quelques infortunes artistiques, Jean Dujardin se prend une belle veste (au sens propre) taillée sur mesure par Quentin Dupieux en campant un monomaniaque du cuir suédé. Un conte étrange et intriguant totalement à sa place à la Quinzaine des Réalisateurs.

Vincent Raymond | Mardi 18 juin 2019

Peau d’âme :

Ça a tout l’air d’une tocade, et pourtant… Georges, 44 ans, a tout quitté pour acheter une fortune la veste en daim de ses rêves, au fin fond d’une région montagneuse. Ainsi vêtu, il se sent habité par une force nouvelle et se lance dans un projet fou, aidé par Denise, la barmaid du coin… Propice aux films de zombies (plus nombreux que des doigts sur un moignon de mort-vivant), l’année serait-elle aussi favorable aux récits de fringues maudites ? Après In Fabric de Peter Strickland (la déclinaison sur-diabolique de La Robe de Van Warmerdam vue notamment au festival Hallucinations Collectives), Le Daim renoue avec cette vieille tradition héritée de la mythologie où l’habit influe sur l’humeur ou la santé de celui qui le porte. À l’instar de la tunique de Nessus fatale à Hercule, ou de la tiare d’Oribal pour les lecteurs d’Alix, le blouson ocre va conditionner Georges, le menant à supprimer ses semblables — comprenez ceux du porteur de daim ainsi que tous les autres blousons du monde. Vaste programme, aurait pu dire de Gaulle.

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Mise à prix

Théâtre | C’est une première et c’est peu dire qu’elle est réjouissante. Le Théâtre des Célestins lance la première édition d’un prix Celest’1 qui vise à faire de (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 juin 2019

Mise à prix

C’est une première et c’est peu dire qu’elle est réjouissante. Le Théâtre des Célestins lance la première édition d’un prix Celest’1 qui vise à faire de la place à ceux qui n’en trouvent pas. Et ainsi permettre l’émergence si souvent réduite à la portion congrue sur ces grands plateaux, quoique les Célestins aient toujours été attentifs - la compagnie La Meute de Thierry Jolivet peut en témoigner. Dotées d’écoles nationales (ENSATT, Comédie de Saint-Étienne), régionales (conservatoires…), la région est un véritable vivier d’artistes que l’on ne voit que trop peu. D’où cette idée qu’ils puissent montrer leur travail au cours de deux week-ends. Celui des 14 et 15 juin sera l’occasion de voir des maquettes : quatorze projets (parmi 136 !) ont été retenus et des extraits sous forme de lecture, vidéo, morceaux de scènes seront visibles. Du 21 au 23 juin, huit créations seront jouées en intégralité. 110 candidats à ces grands formats se sont faits connaitre. À chaque fois, un jury de professionnels (non rhônalpins pour éviter toute collusion) et un autre constitué de trente abonnés volontaires du théâtre remettront des prix amenant

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Bourdieu déminé aux Clochards Célestes

Théâtre | Tous jeunes et déjà primés pour un travail remarquable, les membres de la compagnie Courir à la catastrophe s'attaquent à la somme bourdieusienne La Misère du monde. Courez-y !

Nadja Pobel | Mercredi 13 février 2019

Bourdieu déminé aux Clochards Célestes

Ils ont tout récemment reçu les prix conjoints du jury et du public du Théâtre 13 parisien, ils seront présents bientôt au renommé festival Théâtre en Mai à Dijon. Ces récompenses ne sont pas volées, car En réalités, créé en juin, a la modestie des premiers travaux (sans esbroufe, fabriqué avec des bouts de ficelle) et l'ambition de ceux qui montent sur scène avec un réel propos à défendre (ce n'est pas si courant). Ici, les six acolytes issus du Conservatoire d'Art Dramatique parisien du 5e arrondissement ou de l'ENSATT, comme la metteuse en scène Alice Vannier, alternent les séquences d'entretiens analytiques des sociologues à leurs débats de professionnels quant à l'organisation de ce livre piloté par Pierre Bourdieu et paru en 1993. Ces intermèdes, qui pourraient être un peu plus nombreux, se révèlent jubilatoires (l'auto-dérision du sociologue sur sa fonction) et très pertinent car ils permettent d'appréhender une réflexion en train de s'élaborer : celle d'articuler politiquement ce qui émane des témoignages. Oui, les couches populaires ont quelque chose à enseigner aux dirigeants.

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Une aussi longue attente : "Pupille"

Drame | de Jeanne Herry (Fr, 1h47) avec Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche, Élodie Bouchez…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Une aussi longue attente :

Une jeune femme arrive pour donner naissance à un petit garçon dont elle ne veut pas et qui aussitôt est pris en charge par toute une chaîne d’assistantes sociales et d’assistants maternels. Au bout du compte, ce bébé né sous X sera confié à une mère célibataire en souffrance d’enfant… De l’amour irraisonné à l’amour inconditionnel. Tel est le chemin que la réalisatrice Jeanne Herry a suivi, troquant l’obsession érotomane destructrice de la fan de Elle l’adore contre le bienveillant désir d’une mère méritante, son opposée exacte. Documenté à l’extrême, suivant une procédure d’adoption dans ses moindres détails psycho-administratifs aux allures parfois ésotériques (le cérémonial de rupture entre la mère biologique et l’enfant peut ainsi laisser dubitatif), Pupille s’échappe heureusement du protocole jargonnant par la mosaïque de portraits qu’il compose. Diversité d’approches, de caractères ; espoirs et désespoirs ordinaires meublent l’existence des personnages intervenant dans la lente chaîne menant le bébé à sa future maman ; autant d’accidents heu

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Police parallèle : "Au poste !"

Polar surréaliste | Si le script de "Garde à vue" avait eu un enfant avec le scénario de "Inception", il aurait sans doute le visage de "Au poste !", cauchemar policier qui commence par un concert et s’achève par un éternel recommencement. Du bon Quentin Dupieux avec Poelvoorde et Ludig.

Vincent Raymond | Mardi 3 juillet 2018

Police parallèle :

Un commissariat. Une déposition. Celle d’un homme entendu par un policier après la découverte d’un cadavre au pied de son immeuble. Mais l’audition ne se déroule pas comme prévu. Quant au récit trop banal du témoin, il en devient étrange. Voire carrément bizarre… Quentin Dupieux est peut-être la seule personne au monde à s’être demandé à quoi pouvait ressembler la réaction chimique de Buñuel sur Verneuil catalysée par du Jessua saupoudré de Pierre Richard. En même temps, le produit obtenu est du pur Dupieux : un concentré de comédie absurde où précipitent des cristaux d’onirique et floculent des particules théoriques. Une comédie au premier degré et demi, qui ne lésine pas sur les effets basiques de situations, de gestes (chutes, grimaces etc.) ou de répétition (comme le tic verbal récurrent, « c’est pour ça » ), et qui vrille volontiers vers l’insolite, emboutissant les dimensions. Il suffit ici que l’interrogatoire convoque le passé à l’oral pour qu’il soit aussitôt réactivé à l’image, permettant aux protagonistes d’y effectuer des allers-retours, de visiter l’espace mental des souvenirs et l’habiter.

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Lutins de sa glace ! : "Santa & Cie"

Comédie de Noël | de & avec Alain Chabat (Fr, 1h35) avec également Pio Marmaï, Golshifteh Farahani, Audrey Tautou…

Vincent Raymond | Mardi 5 décembre 2017

Lutins de sa glace ! :

Comme par un fait exprès, la Saint-Nicolas tombe cette année le jour de la sortie de la nouvelle comédie d’Alain Chabat consacrée au Père Noël. Un Père Noël à sa hotte, c’est-à-dire prêt à transgresser les conventions. En l’occurence de quitter le pôle Nord en avance afin de venir chercher de quoi soigner la soudaine épidémie frappant ses lutins. Sauf que Santa Claus n’ayant pas l’habitude des usages du monde réel, ni des enfants éveillés, va un peu patiner… Chabat ne cesse de se bonifier avec le temps. Au départ très inféodé aux ZAZ — ces stakhanovistes du gag visuel/référentiel le distribuant à la mitraillette dans Y a-t-il un pilote dans l’avion et compagnie —, le réalisateur-comédien s’est depuis affranchi de ces tutelles d’outre-Atlantique hurlantes pour travailler un registre où la connivence demeure, mais à un niveau plus souterrain : la parodie n’étant plus une finalité, il dispose de plus de place pour sa vaste fantaisie. Ses multiples niveaux de lecture font de ce film une authentique comédie grand public et familiale, dépourvue de ce kitsch fa

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Eydolon : la technologie de la sensation

Réalité Virtuelle | La démocratisation de la VR (pour virtual reality, la réalité virtuelle) a de l’avenir : Eydolon en est l’exemple lyonnais, précurseur et prometteur.

Anaïs Gningue | Mardi 14 février 2017

Eydolon : la technologie de la sensation

Votre mission ? Tenter d’attraper 32 donuts en cinq minutes. Pour de l’inédit, enfilez les housses de protection aux pieds comme à la tête et testez les interfaces immersives aux univers multiples, comme ce Hexamster Running 2000 : un jeu dynamique où l’on sautille pour se déplacer tel un hamster dans une maison aux couleurs très pop. Pour choper des donuts, donc. Plus statique et contemplatif, Hexatemple fait ressortir l’aventurier qui est en nous : explorez les quatre salles de jeux (tir à l’arc mouvant, tennis artisanal, chamboule-tout enflammé, reconnaissance ludique des planètes) qui se terminent sur une vue époustouflante mettant votre vertige à l’épreuve. Pas de perdant ni de gagnant : l’exploration est vôtre. Et les dernières nouveautés fraîchement installées vous confronterons à des montagnes russes ou vous feront voler avec Joe's Taxi 3200... ► Ouvert mi-décembre 2016, Eydolon est un espace partenaire du parc

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"Hibou" : le style Dupieux se devine à chaque recoin

ECRANS | Un film de & avec Ramzy Bedia (Fr, 1h23) avec également Élodie Bouchez, Etienne Chicot, Philippe Katerine…

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Si vous avez vu Frank (2015) de Lenny Abrahamson, portrait du leader d’un groupe de rock recouvrant sa tête d’une sphère pour parvenir à affronter le monde extérieur ; si vous avez lu/vu La Moustache (2005) d’Emmanuel Carrère, l’histoire d’un malheureux qui, après avoir rasé son attribut pileux, constate avec effroi que personne ne remarque la différence, et finit par s’interroger sur sa propre existence, alors vous pouvez faire l’impasse sur Hibou racontant comment un type ignoré par tous soigne sa self-estime en enfilant un costume de grand-duc — l’oiseau, pas l’artisto. Le style de Quentin Dupieux, dont Ramzy Bedia

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L'Œil du Petit Bulletin #3

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous recommande ses coups de cœur cinéma ! Au sommaire de ce troisième numéro (...)

Christophe Chabert | Lundi 2 février 2015

L'Œil du Petit Bulletin #3

Chaque mois, Le Petit Bulletin vous recommande ses coups de cœur cinéma ! Au sommaire de ce troisième numéro : Spartacus et Cassandra de Ioanis Nuguet Réalité de Quentin Dupieux Vincent n'a pas d'écailles de Thomas Salvador Birdman d'Alejandro Gonzalez Iñarritu Hungry hearts de Saverio Costanzo

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L’Amérique au firmament…

ECRANS | Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas : de janvier à juin, c’est le retour des super auteurs du cinéma américain avec des films qu’on dira, par euphémisme, excitants. À l’ombre de ces mastodontes vrombissants, une poignée de cinéastes d’ici devraient leur donner le change. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 6 janvier 2015

L’Amérique au firmament…

Les Wachowski, Eastwood, Gonzalez Iñarritu, Paul Thomas Anderson, Michael Mann, Tim Burton, George Miller, à qui on ajouterait bien James Wan et Josh Whedon : le premier semestre 2015 se pose en miroir inversé du dernier semestre 2014. Fini le renouvellement générationnel, les cinéastes du monde entier qui arrivent à une forme de maturité créative, les francs-tireurs décidés à faire trembler le cinoche mainstream ou son frère jumeau, le world cinéma… Certes, il y en aura quelques-uns d’ici à fin mai ; mais ce sont bien les superauteurs américains qui risquent de faire la pluie et le beau temps sur l’actualité cinématographique d’ici là. Après un mois de janvier en forme de tour de chauffe, ce sont donc Larry et Lana Wachowski qui ouvrent le bal avec leur Jupiter Ascending le 4 février — que son distributeur français a, de manière particulièrement débile, rebaptisé Jupiter : le destin de l’univers. Après la fresque spatio-temporelle de Cloud Atlas, génial puzzle d’une ambition folle, les Wachowski s’envoient en l’air pour

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Quentin Dupieux, artiste hors-la-loi

ECRANS | Que ce soit au cinéma avec "Wrong cops", sa nouvelle folie, ou dans la musique électronique en tant que Mr Oizo, Quentin Dupieux confirme qu’il est désormais une figure incontournable et en même temps insituable, ne répondant qu’à une seule loi : la sienne. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 18 mars 2014

Quentin Dupieux, artiste hors-la-loi

L’adage est connu : tout succès repose sur un malentendu. Dans le cas de Quentin Dupieux, le malentendu tient du hold-up : après avoir bricolé une entêtante boucle électronique intitulée Flat Beat — le «rythme plat» — illustrée avec une marionnette grossière, Flat Eric, il est contacté par Levi’s qui souhaite reprendre ce tube minimaliste et le personnage qui l’accompagne pour vendre ses jeans. La pub deviendra culte et Dupieux, qui se fait alors appeler Mr Oizo, va être emporté sans le vouloir par le courant French Touch. Son premier album, Analog Worms Attack, creuse cette veine de techno bricolée, bizarre et rugueuse qui, quand on l’écoute de près, est tout sauf commerciale. Dupieux ramasse le magot empoché grâce à la pub, aux ventes de disques et à ses prestations de DJ, puis part en Espagne tourner un film autofinancé défiant les règles de la narration : Nonfilm, moyen métrage de 44 minutes qui annonce, de façon visionnaire, la disparition du cinéma traditionnel et de ses outils. Un Steak dans ta face Ça pourrait ressembler au suicide d’un type dont la consécration précoce aurait entraîné une mégalomanie furieuse

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Wrong Cops

ECRANS | Avoir une double vie, de nos jours, n’a rien d’extraordinaire. Et si avant on trompait sa femme, c’est surtout la routine que l’on cherche à tromper (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 mars 2014

Wrong Cops

Avoir une double vie, de nos jours, n’a rien d’extraordinaire. Et si avant on trompait sa femme, c’est surtout la routine que l’on cherche à tromper aujourd’hui. Faire de la musique électronique, poser pour des revues porno gays, trafiquer de la drogue cachée dans des rats crevés, creuser son jardin pour y déterrer un trésor : rien de bien méchant, dans le fond, que ces petits secrets-là. Chez Quentin Dupieux, cependant, ces hobbies sont ceux d’une bande de flics ripoux et dégénérés, dont la bêtise satisfaite va entraîner une cascade de quiproquos graduellement absurdes et tragiques. Duke, le plus tordu de tous, après avoir abattu sans le faire exprès son voisin, harcèle un adolescent en l’obligeant à écouter de la musique pendant qu’il se détend en slip sur son canapé ; Sunshine, pour éviter l’infamie familiale d’une révélation sur ses activités pornographiques, doit céder au chantage de sa collègue Holmes ; quant à De Luca, il laisse s’exprimer pleinement son penchant pour le harcèlement sexuel des femmes à forte poitrine… Sous le soleil écrasant de Los Angeles et avec ce style désormais reconnaissable, Quentin Dupieux croise les histoires de cette brigade corrompue ju

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Turf

ECRANS | De Fabien Onteniente (Fr, 1h42) avec Édouard Baer, Alain Chabat, Lucien Jean-Baptiste…

Christophe Chabert | Mardi 5 février 2013

Turf

Dire du mal de Turf revient à tirer sur une ambulance. Quoique, comme la plupart des comédies commerciales françaises, il affiche une insolente santé, trop bien nourri aux euros sonnants et trébuchants. Cela ne masque pas le recyclage poussif et transparent qui lui sert de pitch : Un éléphant ça trompe énormément dans le milieu du tiercé. Soit quatre potes dont un avec une mère juive (Marthe Villalonga, pour être original), l’autre qui trompe sa femme jusqu’à ce qu’elle en ait marre et le foute dehors, un troisième plus effacé mais solide dans les affaires comme en amitié, et un quatrième qui expose le tout en voix off et se met à l’équitation pour séduire une jeune et jolie demoiselle. Au milieu, Onteniente projette ses vannes pourries, sa mythologie beauf (on a du fric, on fait la fête sur la côte) et son absence totale de direction artistique, pour un résultat sinistre qui a l’air de durer trois plombes. C’est nul donc, et seul un Depardieu d’une sincérité totale s’échappe du marasme. Qui d’autre que lui pourrait faire sonner juste une réplique comme : «Tiens, voilà tes deux places pour Lady Gaga !» ? Christophe Chabert 

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Wrong

ECRANS | Quentin Dupieux a de la suite dans les idées : après "Steak" et "Rubber", "Wrong" poursuit son exploration d’un univers absurde dont il invente, avec le plus grand sérieux, les règles délirantes, tout en creusant une vraie vision du monde moderne. Et s’il était un de nos meilleurs cinéastes ? Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 29 août 2012

Wrong

Au début de Wrong, il y a un camion qui brûle et un pompier qui défèque au milieu de la chaussée. Une scène plus loin, un réveil passe de 7h59 à 7h60. Plus loin encore, un palmier se transforme en sapin. Et, entre autres situations défiant la logique, un jardinier revient d’entre les morts, il pleut à torrent à l’intérieur d’un bureau mais il fait soleil à l’extérieur… On se souvient qu’au début de Rubber, le précédent film de Quentin Dupieux, un flic se plantait face caméra pour expliquer que le cinéma était truffé de «no reason», ces moments où le spectateur doit mettre de côté la crédibilité des choses et accepter sans se poser de questions de se laisser raconter une histoire improbable. Mise en pratique avec l’odyssée de Robert, un pneu tueur télépathe et amoureux ; mais Rubber était aussi marqué par de fréquents retours à la "réalité" où des spectateurs commentaient l’action avant de mourir empoisonnés. Wrong n’a pas besoin de cette béquille un peu maladroite et, en cela, marque un pas de géant dans la carrière, courte mais déjà passionnante,

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Sur la piste du Marsupilami

ECRANS | Soyons honnêtes avec le nouveau film d’Alain Chabat : on a pris plaisir à retrouver l’humour délicatement absurde du meilleur survivant des Nuls. Malgré de (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 30 mars 2012

Sur la piste du Marsupilami

Soyons honnêtes avec le nouveau film d’Alain Chabat : on a pris plaisir à retrouver l’humour délicatement absurde du meilleur survivant des Nuls. Malgré de gros retards à l’allumage et des baisses de rythme dommageables, ce délire filmique marche sur des plates-bandes réservées jusqu’ici aux productions Pixar et, dans une moindre mesure, Dreamworks – soit le mélange périlleux entre un humour slapstick orienté cartoon (pour les plus jeunes) et de multiples références très “esprit Canal“ (pour les plus âgés), la fusion des deux s’opérant lors de deux futures scènes cultes mettant en scène un surprenant Lambert Wilson. Si cette atmosphère potache fonctionnait parfaitement dans Astérix et Obélix Mission Cléopâtre grâce à un casting aussi riche que cohérent et à un tempo comique destructeur, l’impression globale qui se dégage de Sur la piste du Marsupilami est à ces deux égards bien plus mitigée. Les quelques autocitations de Chabat laissent suggérer que ce dernier se repose sur les acquis de son précédent succès, sans développer une once de parti pris de mise en scène – voir pour s’en convaincre la scène finale, expédition chaotique de tou

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Rubber

ECRANS | De Quentin Dupieux (Fr, 1h25) avec Stephen Spinella, Roxane Mesquida…

Dorotée Aznar | Jeudi 4 novembre 2010

Rubber

À la lecture du synopsis du nouveau film de Quentin Dupieux (alias Mr Oizo, talentueux réalisateur du trop mésestimé Steak), une question s’impose : comment une histoire de pneu tueur peut-elle tenir la route (AH AH AH AH AH - pardon) pendant une heure et demi ? Le malicieux auteur nous répond dès la fulgurante introduction, petit chef-d’œuvre en soi. L’un des personnages principaux y assène face caméra un hilarant monologue sur la suspension d’incrédulité au cinéma, avant qu’un contrechamp nous dévoile un parterre de spectateurs sur le point s’assister à la même histoire que nous. Le postulat de Rubber se dévoile de façon moins énigmatique, et pose son ambition de mise en abyme permanente de ce qui va nous être donné à voir. Mais même là, on n’est pas encore totalement rassurés sur la potentielle prétention de l’objet, ce que la suite se chargera heureusement de contredire. Rubber n’entend pas offrir de réflexion définitive sur le 7e art et sa perception, mais joue de la façon la plus ludique possible avec ses codes, sans prendre pour autant le spectateur pour un con - ça aurait été tellement facile de jouer le démissionnaire jusqu’au bout en prenant

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Happy few

ECRANS | D’Antony Cordier (Fr, 1h47) avec Roschdy Zem, Marina Foïs, Élodie Bouchez…

Christophe Chabert | Mardi 7 septembre 2010

Happy few

Qu’ont donc les cinéastes français trentenaires avec la question de la liberté sexuelle ? Après "Peindre ou faire l’amour" des frères Larrieu, Antony Cordier, qui avait signé le déjà surestimé "Douches froides", en remet une couche : deux couples se rencontrent, et échangent leur partenaire tout en restant ensemble. Peu de drames, pas de vagues, tout cela est montré avec une normalité qui sent le volontarisme. Cette banalité contamine tous les étages du film : l’image est affreuse, la caméra à l’épaule produit plus de flous que de nets, les dialogues sont exsangues… On nage dans l’auteurisme le plus creux, jusqu’au dernier tiers où Cordier se rend quand même compte qu’il va falloir faire entrer un peu de scénario dans son film. D’où une série de renversements qui non seulement sont totalement factices, mais finissent par produire un discours réactionnaire bien de son temps, comme un sursaut moralisateur dans un film plus faux-cul que vraiment cul. CC

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Théâtres de femmes

CONNAITRE | Pour sa dixième édition, le festival Théât'Réalité nous invite à réfléchir à la question du regard porté sur les femmes dans notre société. Tout au long de la journée du 27 (...)

Dorotée Aznar | Mardi 23 mars 2010

Théâtres de femmes

Pour sa dixième édition, le festival Théât'Réalité nous invite à réfléchir à la question du regard porté sur les femmes dans notre société. Tout au long de la journée du 27 mars, théâtre, danse, expositions, se succèderont au CCO de Villeurbanne. L'après-midi commence par une balade à vélo pour découvrir plusieurs créations au fil des rues de la ville : au programme, chanteuses d'opéra, créations de danse mêlant contemporain et hip-hop, une série de peinture sur la thématique de la naissance, ou encore, une performance de scotchage sauvage. Dès 17h, c'est autour et à l'intérieur du centre que se dérouleront les treize spectacles de la soirée. Des pièces de théâtre qui nous parlent du quotidien des femmes, de leurs questionnements, de leurs rôles. Mais aussi des spectacles construits autour de la parole d'anonymes, comme la pièce «Bulles d'elles» ou la création musicale et théâtrale «Ne pas pleurer, ne pas me taire». Entre deux représentations, plusieurs installations, expositions, une projection de gestes, ou encore une caravane transformée en chambre photographique parlante... Un festival hétéroclite, où tous les moyens sont bons pour penser et interroger nos représentations des f

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Sept artistes rêvent le réel

ARTS | Expo / C’est devenu maintenant une petite tradition : chaque été, le musée Paul Dini organise une exposition collective d’art contemporain placée sous une (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 12 juin 2008

Sept artistes rêvent le réel

Expo / C’est devenu maintenant une petite tradition : chaque été, le musée Paul Dini organise une exposition collective d’art contemporain placée sous une thématique large et grand public. Après le portrait et le paysage, l’été contemporain 2008 est consacré à l’ «Irréel (de la réalité au rêve)», avec Philippe Favier, Gordon Hart, Frédéric Khodja, Isabelle Jarousse… «À partir du réel donné comme expérience, sept artistes proposent des modes d’expression –entre figuration, collage, vidéo et abstraction- qu’ils interprètent sous forme onirique ou métaphorique», écrit Sylvie Carlier, directrice du musée. À travers ses vidéos et ses images numériques, le Grenoblois Samuel Rousseau nous livre sa vision humoristique de la cosmologie : une terre vue du ciel s’enfle et se déforme comme le ventre d’une femme enceinte, des surfaces rondes de fromages deviennent des astres orangés au milieu du vide intersidéral, de simples plaques de gazinière allumées font figures d’éclipses de soleil… Le photographe Éric Roux-Fontaine poursuit quant à lui son travail auprès des communautés tsiganes, préférant au réalisme et au documentaire classique la création d’images symboliques ou surréalistes. Ainsi, s

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La Personne aux deux personnes

ECRANS | De Nicolas et Bruno (Fr, 1h30) avec Daniel Auteuil, Alain Chabat, Marina Foïs…

Christophe Chabert | Mercredi 11 juin 2008

La Personne aux deux personnes

On gardait un chien de sa chienne envers Nicolas et Bruno pour avoir réussi l’exploit de foirer l’adaptation française plan par plan de The Office sur Canal +. Leur premier long-métrage entame un début de réconciliation ; pas que le film soit génial, loin de là, mais il démontre un (double) regard singulier dans le paysage français. Le pitch intrigant (une gloire has been de la variétoche 80’s se retrouve dans le corps d’un employé de bureau sans qualité) conduit à une œuvre elle-même schizo. Il y a la comédie, qui ne sait trop où elle va (voir le dernier tiers, du grand n’importe quoi scénaristique) ni quel ton adopter (mélancolique ? Grinçant ? Scato ? Complice ?). Et il y a le sous-texte, passionnant. La Personne aux deux personnes peut se voir comme une pertinente réflexion sur la persistance et le retour des années 80. Car entre le mauvais goût de la variété karaoké et la grisaille normative du monde de l’entreprise, Nicolas et Bruno pointent une correspondance troublante, une même négation du temps qui passe, un même jeu de codes factices et inhumains. Voir Auteuil, bourré après une bringue bling bling, soliloquer dans la rue en vomissant dans les p

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