"Boire pour éteindre, fumer pour rallumer" : mission pour Mars

Street Art | Gilles Ducloux avec ce documentaire rend hommage à Martial Noury, street artiste des Pentes plus connu en tant que Mars, retrouvé mort en 2019.

Vincent Raymond | Mardi 9 février 2021

Photo : Capture d'écran © Clou & Lili Production


Le 16 août 2019, le corps sans vie de Martial Noury est retrouvé dans le Rhône en Ardèche. Street artiste plus connu sous le nom de Mars, cette figure pittoresque (et tatouée) de ce qui reste de marges punk croix-roussiennes menait l'existence des gens vivant dans la rue : soumise aux aléas du quotidien et exposée à mille dangers. Sa disparition fut donc moins une surprise qu'un choc pour ses amis et ses proches. L'autopsie ne révélant aucune trace d'eau dans ses poumons (excluant donc la noyade), ceux-ci manifestèrent le désir qu'une enquête approfondie soit menée afin de connaître les circonstances exactes de la mort de Mars : accidentelle ou… criminelle.

Gilles Ducloux, qui avait le projet de consacrer un documentaire à Martial Noury, a ainsi changé son fusil d'épaule et sa démarche. S'ouvrant sur une quinzaine de minutes d'images du disparu plein cadre, pantin désarticulé et poétique expliquant sa philosophie artistique, son film Boire pour éteindre, fumer pour rallumer tente ensuite, avec une maladresse touchante et dans un brouhaha affectif, de cumuler mémorial à Mars et mise en place du collectif réclamant justice pour le défunt. De bonnes intentions qui ne donnent pas un grand film, loin s'en faut — d'autant qu'il s'arrête (après le générique, qui plus est) juste quand cela devient intéressant d'un point de vue judiciaire — mais témoignent de la sincérité et de la fidélité des amis de Martial, réunis au sein du bien nommé collectif Non Omnias Mortis, je ne meurs pas tout à fait.

Boire pour éteindre, fumer pour rallumer
En VOD sur le site de la maison de production www.clou-lili-production.com

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Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Festival | Jazz à Vienne complète sa programmation avec quatre nouvelles soirées de choix.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Bien décidé à se tenir à peu près normalement, à partir de fin juin Jazz à Vienne avait annoncé la majeure partie de sa programmation début avril. La voici désormais complète avec l'ajout de quelques noms et non des moindres, qui avancent le début des festivités au 23 juin. Le festival allobroge vient en effet d'annoncer la tenue de quatre nouvelles soirées au théâtre antique. Le 24 juin d'abord, une soirée New Generation en compagnie du Portico Quartet et du Tigran Hamasyan trio (plus les talents Adami Jazz Gauthier Toux et Nils Petter Molvaer). Le 26 juin ensuite pour une soirée Brésil avec deux amis de longue date Seu Jorge & Rogê, enfin sur scène ensemble, et une carte blanche à Lucas Santana. Le samedi 3 juillet sera lui consa

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Hérisson carré contre Carrey hérissant : "Sonic le film"

Aventure | Exilé sur la planète Terre, le hérisson bleu Sonic vit heureux caché dans une petite ville, jusqu’au jour où il déclenche accidentellement une gigantesque décharge énergétique. Le gouvernement dépêche un savant fou, le Dr Robotnik, pour tirer les choses au clair…

Vincent Raymond | Mercredi 12 février 2020

Hérisson carré contre Carrey hérissant :

La nostalgie n’ayant pas d’âge, chacun éprouve une douce mélancolie à la remembrance des décors de sa jeunesse. Quand les septuagénaires susurrent Âmes fifties, les quinqua beuglent L’Île aux enfants et les trentenaires s’emparent de leur console pour se taper des parties de Sonic. Point commun à tous ces comportements innocents : la recherche d’un plaisir régressif et irénique ; le retour à ce fameux paradis perdu à l’âge adulte, auquel ils accèdent par saccades lors de ces plongées dans le bleu des souvenirs… ou du logo Sega, en l’occurrence. Sonic le film illustre bien cette quête sans fin (n’est-ce d’ailleurs pas le propre d’un jeu vidéo d’être construit en quête ?) en révélant le désir un brin réactionnaire des fans de tout retrouver intact — la polémique sur l’évolution morphologie de leur personnage fétiche née de la première bande-annonce en témoigne. Le scénario également suit cette idée, puisqu’on y voit un policier de bourgade rêver de s’épanouir à San Francisco… avant d’y renoncer parce que le home town de son enfance est plus taillé à ses dimensio

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Festilac

Musilac | Ailleurs, il y a Rock en Seine, les Eurockéennes, les Vieilles Charrues ou le Main Square. En Auvergne-Rhône-Alpes, il y a Musilac, son lac (donc), ses milliers de festivaliers et ses quatre jours de programmation bourrés jusqu'à la gueule. Revue au jour le jour.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

Festilac

11 juillet : Les enfants terribles S'il fallait tenter de donner un semblant de cohérence à cette soirée d'ouverture de Musilac, on la placerait sous le signe des golden boys (and girls), puisque l'on verra se succéder sur les scènes du festival les jeunes stars montantes que sont l'électro-explorateur Thylacine, le collectif de hip-hop rennais Columbine, le rock sans voyelle de la révélation Mnnqns, et l'énigmatique météore Boulevard des Airs. Ajoutez à cela une double fille de en la personne de Lou Doillon, le sidekick préféré du prince Orelsan, Gringe, dont la carrière musico-cinématographique décolle en flèche, l'acteur le plus punk d'Hollywood : Jared Leto et son groupe Thirty Seconds to Mars (pluie d'évanouissements à prévoir) et l'idole hip-hop US Macklemore. L'on peut se demander ce que le totem 90's Garbage fait au milieu de ce jardin d'enfants terribles. Jardin complété par Maïsman que l'on nous présente comme un savant mélange d'Henri Dès et de Slipknot. Ah... 12 juillet : Génération 90 C'est ici que l

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Mise à prix

Théâtre | C’est une première et c’est peu dire qu’elle est réjouissante. Le Théâtre des Célestins lance la première édition d’un prix Celest’1 qui vise à faire de (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 juin 2019

Mise à prix

C’est une première et c’est peu dire qu’elle est réjouissante. Le Théâtre des Célestins lance la première édition d’un prix Celest’1 qui vise à faire de la place à ceux qui n’en trouvent pas. Et ainsi permettre l’émergence si souvent réduite à la portion congrue sur ces grands plateaux, quoique les Célestins aient toujours été attentifs - la compagnie La Meute de Thierry Jolivet peut en témoigner. Dotées d’écoles nationales (ENSATT, Comédie de Saint-Étienne), régionales (conservatoires…), la région est un véritable vivier d’artistes que l’on ne voit que trop peu. D’où cette idée qu’ils puissent montrer leur travail au cours de deux week-ends. Celui des 14 et 15 juin sera l’occasion de voir des maquettes : quatorze projets (parmi 136 !) ont été retenus et des extraits sous forme de lecture, vidéo, morceaux de scènes seront visibles. Du 21 au 23 juin, huit créations seront jouées en intégralité. 110 candidats à ces grands formats se sont faits connaitre. À chaque fois, un jury de professionnels (non rhônalpins pour éviter toute collusion) et un autre constitué de trente abonnés volontaires du théâtre remettront des prix amenant

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Casse vermeil : "Gentlemen cambrioleurs"

Comédie | De James Marsh (G-B, 1h46) avec Michael Caine, Tom Courtenay, Jim Broadbent…

Vincent Raymond | Mardi 26 mars 2019

Casse vermeil :

Peu après la trépas de son épouse, le septuagénaire Brian Reader est tenté de reprendre du service dans le corps de métier où il a excellé en toute discrétion : la cambriole. Tuyauté par un jeunot, Brian réunit sa troupe d’experts vieillissants pour un ultime coup d’éclat… Pas besoin d’être grand clerc pour voir dans cette *comédie policière* un dérivé pour public senior de Ocean Eleven, avec une distribution appropriée — elle réunit la crème des vieilles barbes anglaises (qui jadis furent, pour certains, les jeunes premiers britanniques). En l’absence de Peter O’Toole, Oliver Reed, Alan Bates et Richard Harris excusés pour cause de décès, Winston, Gambon et Broadbent font le job — c’est-à-dire cabotinent selon les exigences d’un scénario poussif quand il n’est pas entortillé comme un fil de téléphone à cadran. Gags rhumatisants, répliques arthritiques et action asthmatiforme pimentent le casse et l’enquête parallèle menée par la police : tous les ingrédients sont donc réunis pour accompagner une bonne sieste de fin d’après-midi.

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Semaine sur mars : le réel à l'épreuve des Subs

Spectacles Vivants | En une Semaine (sur Mars), les Subsistances proposent un tour d'horizon du travail des compagnies accueillies en résidence dans ses murs : danse, cirque, arts numériques et le théâtre méconnu à Lyon du très talentueux Adrien Béal.

Nadja Pobel | Mardi 12 mars 2019

Semaine sur mars : le réel à l'épreuve des Subs

Les questionnements qui nourrissent les spectacles d'Adrien Béal et la compagnie du Théâtre Déplié sont a priori inépuisables et bien loin d'un théâtre narratif. Le Pas de Bême (passé à La Mouche) se penchait sur ce que cela entraîne d'objecter, Récits des événements futurs était une façon d'envisager différentes catastrophes. Perdu connaissance interroge notre besoin d'établir la vérité. Philosophiques, ces préoccupations sont au plateau une matière brute totalement incarnée avec des situations de jeu – inventées en improvisation – lestées par des histoires. Le titre Perdu connaissance n'est pas à lire au premier degré : six personnages se retrouvent dans la loge d'une gardienne d'école primaire et constatent l'absence de cette dernière qui a perdu connaissance. Créé au CDN de Dijon puis passé par le T2G de Gennevilliers, cette pièce intrigue, tant précédemment Récits... avait séduit par sa capacité à poser avec simplicité dans un décor aussi réaliste que banal - et donc commun - des réflexions abyssales. Pieds au plancher Alexander Vantournhout connaî

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Les festivals se dévoilent

Rentrée Festivals | Pour les festivals comme pour la météo, il n'y a plus de saison : zoom sur les noms d'ores et déjà dévoilés de Nuits sonores et Nuits de Fourvière, et sur la programmation de Transfer et des Chants de Mars.

La rédaction | Mardi 8 janvier 2019

Les festivals se dévoilent

Transfer Pour sa troisième édition, qui s'étale sur trois soirs entre Transbordeur et Épicerie Moderne, le festival Transfer « de musiques indépendantes et intrépides » va en faire voir de toutes les couleurs aux indie fans. Celles du psychédélisme d'abord à travers ses deux principales têtes d'affiche que seront Jacco Gardner, qui vient présenter Somnium, son troisième album entièrement instrumental, et les très perchés Temples. Mais aussi Toy et dans une certaine mesure les Norvégiens azimutés de Pom Poko. Ajoutez à cela, entre autres, la cold wave classieuse de Lebanon Hanover, la pop ombrageuse et élégiaque de Marble Arch, le trio de Leeds Drahla, les Bristoliens de Lice protégés du label d'Idles, le noise expérimental des Américains de Health, et, plus proche de nous, le garage punk de Johnny Mafia, l'indie rock des Valentinois d'Off Models, et la folk vaporeuse du lyonnais Raoul Vignal et vous obtenez les ingrédients d'un festival qui s'annonce en effet intrépide. Au Transbordeur et à l'Épicerie Moderne les 8, 9 et 10 mars

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Emily Blunt : « Mary Poppins est une super-héroïne »

Le Retour de Mary Poppins | Suite lointaine d’un des plus grands triomphes des Studios Disney qui avait glané cinq Oscar (dont celui de la meilleure actrice pour Julie Andrews), "Le Retour de Mary Poppins" est le Disney de Noël 2018. Rencontre avec le réalisateur et l’interprète de la nounou magique…

Vincent Raymond | Lundi 24 décembre 2018

Emily Blunt : « Mary Poppins est une super-héroïne »

Signer la suite d’un film considéré comme un classique depuis un demi-siècle a de quoi impressionner, non ? Rob Marshall : À chaque étape, cela a été impressionnant. Et un travail colossal. Mais si quelqu’un devait s’atteler à la tâche, je voulais que ce soit moi, car ce film signifie énormément pour beaucoup de personnes de ma génération. Il fallait que cette suite reflète dignement l’esprit du film de 1964, même si la barre était particulièrement haute. Avec mes co-scénaristes Dave Magee et John de Luca, nous avons dû créer un script pour lier les parties musicales entre elles. Car les livres de P. L. Travers fonctionnent par épisodes ; il n’y a pas vraiment de narration liant les chapitres les uns aux autres. Puisque Le Retour de Mary Poppins dépeint l’époque de la Grande Dépression à Londres, il fallait comprendre les difficultés de cette période, qui trouve un écho très contemporain. C’était un exercice

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Mary à tout prix (et pareille à elle-même) : "Le Retour de Mary Poppins"

Comédie Musicale | De Rob Marshall (É-U, 2h10) avec Emily Blunt, Lin-Manuel Miranda, Ben Whishaw…

Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

Mary à tout prix (et pareille à elle-même) :

Trente ans se sont écoulés depuis le départ de Mary Poppins. La voici de retour, quasi identique pour s’occuper des enfants de Michael Banks, alors que leur père, jeune veuf, s’emploie à sauver leur maison d’une saisie. Heureusement, sa magie sera le sucre qui aidera la médecine à passer… Disons-le tout net, cette suite est une délicieuse mine de paradoxes. Tout d’abord parce qu’elle s'applique davantage à répliquer l’opus initial qu’à le prolonger, histoire de montrer l’immutabilité de la nounou — laquelle pourtant à changé de physionomie en changeant d’interprète. Ainsi le ramoneur est-il ici remplacé par un allumeur de réverbères (même genre de monte-en-l’air, en plus propre sur lui), l’oncle Albert s'envolant au plafond troqué par une cousine Topsy vivant tête-bêche, la séquence champêtre en animation par… une séquence champêtre en animation (avec une touche de cabaret en sus). Bénéficiant des évolutions techniques contemporaines, cette Mary Poppins est donc plus une 2.0 qu’une n°2. Mais si la trame se conforme à l’original, cet épisode se distingue

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Checkford Boogie : "A Bread Factory, Part 2 : Un petit coin de paradis"

Drame | De Patrick Wang (É-U, 2h) avec Nana Visitor, James Marsters, Jessica Pimentel, Tyne Daly…

Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

Checkford Boogie :

Ayant triomphé de justesse "d'artistes contemporains“ chinois prêts à leur ravir leurs subventions, les deux patronnes de La Fabrique de Checkford montent leur version d’Hécube. Pendant ce temps, le jeune Max reprend au débotté le journal local et d’étranges visiteurs s’invitent en ville… Il y a vingt-cinq ans, Patrick Wang aurait fait un malheur avec ce diptyque en quatre heures (parties 1 & 2 additionnées) narrant les déboires d’une structure culturelle municipale installée dans une usine désaffectée, dirigée par deux lesbiennes et luttant contre des suppôts du libéralisme globalisé — entre deux saynètes à la Woody Allen détaillant les petites misères de la communauté ou des anecdotes de vieux témoins. Et comme l’heure n’est pas encore aux mini-séries de niche sur les plateformes — comprenez, sans braquage spectaculaire ni dystopie ni suicide d’adolescente traumatisée — la salle de cinéma reste le meilleur endroit pour découvrir ce genre de projet tenant de la jolie chimère. Ou du lieu polyculturel puisqu’il incorpore des séquences de claquettes, des numéros chantés, de l’art contempo

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Vol suspendu : "Otages à Entebbe"

Reconstitution | de José Padilha (G-B, 1h47) avec Daniel Brühl, Rosamund Pike, Eddie Marsan…

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

Vol suspendu :

1976. Convergence des luttes terroristes : des membres du Front Populaire de Libération de la Palestine reçoivent le soutien de gauchistes allemands des Cellules Révolutionnaires afin de détourner un vol Athènes-Tel Aviv vers l’Ouganda et de protester contre la politique israélienne… À certains égards, José Padhila signe ici une double reconstitution historique. Il fabrique un “film d’époque” assez convaincant, avec ses coupes de vêtements ajustées et ses cheveux gras seventies. Dans le même temps, il renoue avec ces euro-puddings qui faisaient jadis florès sur les écrans : des coproductions internationales causant dans une langue véhiculaire (donc l’anglais), farcies de stars représentant chacun des pays contributeurs. Douce aberration, qui nous donne ici à entendre Rabin et Peres échanger dans l’idiome de Churchill — l’un des deux interprètes étant britannique. Pas rédhibitoire, mais légèrement contrariant. Cela étant dit, Otages à Entebbe a le mérite d’ouvrir une brèche en abordant un événement peu relaté, et dévoile quelque

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Printemps en orbite aux Subsistances

Week-end sur mars | C'est un week-end sur Mars qui ressemble tant aux Subsistances : des spectacles expérimentaux mais qui promettent d'être accessibles, des ateliers gratuits, et des tarifs défiants toute concurrence (pas plus de 10€). Et si le printemps commençait sur les bords de Saône ?

Nadja Pobel | Mardi 20 mars 2018

Printemps en orbite aux Subsistances

À la croisée des arts, le week-end sur Mars des Subs est un condensé de curiosité. Parce qu'il réunit l'autrice Pauline Peyrade, la circassienne spécialiste du main-à-main Justine Berthillot vue dans Noos notamment au festival UtoPistes et l'acteur (sorti du Cons' supérieur de Paris s’il vous plaît), auteur et musicien Antoine Herniotte. Dirigé plusieurs fois par Laurent Brethome pour qui il avait aussi ré-écrit le très juste Riquet, cet artiste complet aime emprunter des chemins de traverse et présente ici la première de Poings, ce texte dont Pauline Peyrade parle comme d'un « espace mental », sombre (le sujet du viol est là) mais avec des objets du quotidien et un solo de roller... Quand on vous dit que de nouvelles formes s'inventent en permanence. Les Divins animaux, qui depuis dix ans ont été initié par ce jeune comédien sorti du cours Florent, Florian Pautasso, explorent ce qu'avoir un objectif veut dire et questionne cette société qui intime à chacun d'en avoir un. Sa troupe, dans une maison (le spectacle s'intitule Notre foyer

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Label des chants

Chanson | C'est avec Côme ce samedi 17 mars à Léo Ferré, puis Klô Pelgag à l'Odéon le lendemain que débute le festival Les Chants de Mars, labellisé chanson française (au sens très (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 mars 2018

Label des chants

C'est avec Côme ce samedi 17 mars à Léo Ferré, puis Klô Pelgag à l'Odéon le lendemain que débute le festival Les Chants de Mars, labellisé chanson française (au sens très large). Une 12e édition premium puisqu'elle accueillera jusqu'au 24 mars figures en pleine bourre (Juliette Armanet, Eddy de Pretto, Tim Dup) et grands anciens (Steve Waring, Anne Sylvestre) au milieu d'une poignée de jeunes espoirs du crû (MPL, Nazca, Thaïs Té, Sarah Mikovski...). Et en guise d'étrange étranger le rock garage catalan et irrésistible de The Limiñanas. On en reparle très vite.

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Elle fut la première : "Numéro Une" de Tonie Marshall

Le Film de la Semaine | Jusqu’où doit aller une femme pour conquérir un fauteuil de PDG ? Forcément plus loin que les hommes, puisqu’elle doit contourner les chausse-trapes que ceux-ci lui tendent. Illustration d’un combat tristement ordinaire par une Tonie Marshall au top.

Vincent Raymond | Mardi 10 octobre 2017

Elle fut la première :

Cadre supérieure chez un géant de l’énergie, Emmanuelle Blachey est approchée par un cercle de femmes d’influence pour briguer la tête d’une grande entreprise — ce qui ferait d’elle la 1ère PDG d’un fleuron du CAC40. Mais le roué Beaumel lui oppose son candidat et ses coups fourrés… Si elle conteste avec justesse l’insupportable car très réductrice appellation “film de femme” —dans la mesure où celle-ci perpétue une catégorisation genrée ostracisante des œuvres au lieu de permettre leur plus grande diffusion —, Tonie Marshall signe ici un portrait bien (res)senti de notre société, dont une femme en particulier est l’héroïne et le propos imprégné d’une conscience féministe affirmée. Peu importe qu’un ou une cinéaste ait été à son origine (« je m’en fous de savoir si un film été fait par une femme ou un homme », ajoute d’ailleurs Marshall) : l’important est que ledit film existe. Madame est asservie Comme toute œuvre-dossier ou à thèse, Numéro Une ne fait pas l’économie d’un certa

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Tonie Marshall : « avec une réelle mixité, les répercussions seraient énormes sur la société »

Entretien | Dans Vénus Beauté (Institut), elle avait exploré un territoire exclusivement féminin. Pour Numéro Une, Tonie Marshall part à l’assaut d’un bastion masculin : le monde du patronat, qui aurait grand besoin de mixité, voire de parité…

Vincent Raymond | Mardi 10 octobre 2017

Tonie Marshall : « avec une réelle mixité, les répercussions seraient énormes sur la société »

Comment en êtes-vous venue à vous intéresser à la (non-)place des femmes dans les hautes sphères du pouvoir ? Tonie Marshall : J’avais pensé en 2009 faire une série autour d’un club féministe, avec huit personnages principaux très différents. Chaque épisode aurait été autour d’un dîner avec un invité et aurait interrogé la politique, l’industrie, les médias, pour voir un peu où ça bloquait du côté des femmes. J’allais vraiment dans la fiction parce que ce n’est pas quelque chose dans lequel j’ai infusé. Mais je n’ai trouvé aucune chaîne que ça intéressait — on m’a même dit que c’était pour une audience de niche ! Et la vie passe, on fait autre chose… Et j’arrive à un certain moment de ma vie où non seulement ça bloque, mais l’ambiance de l’époque est un peu plus régressive. Moi qui suis d’une génération sans doute heureuse, qui ai connu la contraception, une forme de liberté, je vois cette atmosphère bizarre avec de la morale, de l’identité, de la religion qui n’est pas favorable aux femmes. De mes huit personnages, j’ai décidé de n’en faire qu’un et de le situer dans l’industrie. Parce qu’

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La galerie qui entend démocratiser l’art contemporain

Artophilia | Un nouveau shop d’art contemporain a pointé le bout de son nez du côté de la fameuse rue des galeries.

Julie Hainaut | Mardi 14 février 2017

La galerie qui entend démocratiser l’art contemporain

Après avoir tenu la Galerie des Pentes pendant un an, Romuald et Pierre-Jean ont ouvert Artophilia (littéralement « l’addiction à l’art », en grec ancien), une mini-galerie et shop d’art contemporain accolé à la galerie Elizabeth Couturier, qui est associée au projet. « Il devenait difficile de gérer deux locaux, cette collaboration arrive à point nommé ! Nous nous aidons mutuellement pour les accrochages. Romuald et Pierre-Jean ont compris qu’il faut arrêter de penser l’art comme quelque chose d’élitiste » explique la galeriste. Et c’est là tout le concept d’Artophilia : « Démocratiser pour de vrai l’art contemporain, proposer à un public le plus large possible soit des œuvres de jeunes artistes – et donc à prix abordable – soit des œuvres d’artistes confirmés en édition, numérotés et signés. » Les tarifs varient d’une trentaine d’euros à mille euros (grand maximum !). Tous les quarante-cinq jours, l’ensemble des propositions est renouvelé. « Ce duo est ouvert à beaucoup de tendances, il ne se cantonne pas à un seul style » note Elizabeth Couturier. Parmi les œuvres propos

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Les Chants de Mars

Festival | Mathieu Boogaerts, Carmen Maria Vega, Karimouche, Pomme, Adrien Soleiman, Gaël Faye, Rodolphe Burger… Voici quelques-uns des noms qui viendront (...)

Lisa Dumoulin | Vendredi 3 février 2017

Les Chants de Mars

Mathieu Boogaerts, Carmen Maria Vega, Karimouche, Pomme, Adrien Soleiman, Gaël Faye, Rodolphe Burger… Voici quelques-uns des noms qui viendront enjoliver le silence et sublimer les notes de musique pendant la semaine des Chants de Mars, du 18 au 25 mars. Les mots et les voix se poseront un peu partout dans Lyon, au Marché Gare, à la salle Léo Ferré et à la salle des Rancy, les organisateurs du festival, mais aussi au Périscope, à l’Épicerie Moderne, à l’Auditorium, chez Bizarre!, Sous le Caillou, Agend’arts et au Transbordeur. À suivre !

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"Chouf" : vendetta éventée

ECRANS | de Karim Dridi (Fr, 1h48) avec Sofian Khammes, Foued Nabba, Zine Darar…

Vincent Raymond | Mardi 4 octobre 2016

Son frère trafiquant ayant été assassiné dans une cité marseillaise, Sofiane abandonne ses études de commerce pour le venger. Plus à l’aise avec les chiffres que les calibres, il va gagner sa place dans le “réseau” en modernisant le bizness… Karim Dridi s’essaie à l’inépuisable “film de revanche familiale en milieu mafieux” mais souffre d’arriver après que Cronenberg, Matteo Garrone ou Stefano Sollima ont réactualisé/revitalisé le genre, et sans rien proposer d’original sur le traitement du trafic de drogue en banlieue — surtout pour qui vient de voir Divines. Sa peinture de la cité s’apparente à un chromo sur les quartiers nord : kalashnikov dans les terrains vagues, flics corrompus, mères en colère, petite amie du héros façon Kay Corleone pas ravie qu’il tombe du mauvais côté, Simon Abkarian en margoulin libanais, une séquence de

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Supermunk, digne rejeton de Sebadoh

Punk Rock | Et revoilà l'insatiable Forest Pooky, à la fois incubateur de groupes de punk rock à lui tout seul et songwriter en série (et pressé), entouré de quelques figures du genre pour fêter l'avènement de l'album d'un énième avatar musical : Supermunk.

Stéphane Duchêne | Lundi 5 septembre 2016

Supermunk, digne rejeton de Sebadoh

Il fallait que ce soit du côté de Peaugres (et son fameux safari) que s'opère le croisement, sous le nom de Supermunk, de diverses formations punk rock connues seulement des plus pointus des zoologues du binaire : Annita Baby Face & The Tasty Poneys (tout un programme) avec le dénommé Ben Bacon, No Guts No Glory et Not Scientists avec Le Bazile (un type pas si négatif que ça) et enfin Sons of Buddhas, Napoleon Solo, Opium du Peuple, Forest Pooky (et on en passe) pour... Forest Pooky, qu'on qualifiera de chef de la meute. On a déjà salué par ici la capacité, pour ne pas dire la facilité de ce métamorphe frappé de bougeotte à trousser des chansons qui dérouillent l'âme. Que ce soit en format rockissime ou lorsque Forest (petit frangin des Uncommonmenfrommars) s'était essayé en solo à l'exercice acoustique

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Jean Labadie, ou le 7e art délicat de la distribution

Festival de Cannes | Sa société Le Pacte présentait cette année douze films à Cannes, dont la Palme d'Or, Moi, Daniel Blake de Ken Loach. Distributeur de Desplechin, Jarmusch, Kervern & Delépine, Jean Labadie est un professionnel discret mais loquace. Parcours d’un franc-tireur farouchement attaché à son indépendance.

Vincent Raymond | Dimanche 22 mai 2016

Jean Labadie, ou le 7e art délicat de la distribution

N’était l’affiche de Médecin de campagne, le dernier succès maison placardé sur le seul bout de mur disponible — les autres étant recouverts de bibliothèques — on jurerait la salle de réunion d’un éditeur. Rangées dans un désordre amoureux et un total éclectisme, des dizaines de livres s’offrent à la convoitise du visiteur : ici les BD (Jean Graton, Hergé, Larcenet…), là Péguy et Zola côtoyant Hammett et des essais historiques ; ailleurs Tomber sept fois se relever huit de Philippe Labro… « Une fois que j’ai fini des livres, je les amène ici. J’aime l’idée que les gens peuvent se servir », explique le maître des lieux, Jean Labadie. La soixantaine fringante, le patron de la société de distribution Le Pacte confesse « passer aujourd’hui davantage de temps à lire qu’à voir des films. » À voir. Animé d’une curiosité isotrope et d’une énergie peu commune dissimulée sous la bonace, l’homme suit avec acuité l’actualité et la commente, pince-sans-rire, sur son très actif compte twitter

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Laurent Garnier : "Lil Louis, c'est le patron"

Nuits Sonores | Douze ans que Laurent Garnier se pointe à chaque édition de Nuits Sonores, renouvelant sans cesse sa participation, d'un closing d'anthologie à un set pour les enfants, marquant de son empreinte l'histoire du festival. Cette année, le voilà curateur de trois scènes en une journée forcément à l'image de ce maître absolu de la techno en France : éclatée, pointue, festive, diverse. De Chassol à Jackmaster, la palette est aussi large que la curiosité de l'ancien résident de l'Hacienda. Suivez le guide.

Sébastien Broquet | Mercredi 4 mai 2016

Laurent Garnier :

#Afrique On sait d’où vient la musique électronique, et plus précisément la techno : ses racines, si l’on n'évoque pas l’Afrique... on oublie beaucoup de choses. On attendait un mouvement de ce continent depuis ces dix dernières années, avec des gens comme Buraka Som Sistema, comme Frédéric Galliano. Toute cette mouvance kuduro, ça a commencé à gratter les oreilles des gens ici. Depuis cinq ans, l'échange est beaucoup plus important : forcément, des choses reviennent à nos oreilles. C’est le bon moment. Et c’est tout à fait logique : ça fait longtemps que l’on se dit que c’est là-bas que ça va se passer, qu’il faut regarder. C’est à la fois un retour aux sources et une avancée. On a été tellement loin dans le côté extrêmement synthétique, très Blanc, qu'il faut revenir à un truc beaucoup plus Black. Je trouve ça très sain. #Chassol Je l’ai fait jouer en concert privé pour la soirée de mes 50 ans. On était 100, uniquement mes proches venus passer deux jours pour fêter ce moment forcément important pour moi. J’avais envie de leur offrir quelque chose : quel est le groupe qui va mettre tout le monde d’accord ? L’idée de Cha

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Marseille

ECRANS | de et avec Kad Merad (Fr, 1h39) avec Patrick Bosso, Venantino Venantini…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Marseille

Si Kad Merad était un post-adolescent imbu de son importance capillaire, on se gausserait de lui comme de son film maladroit, emberlificoté dans ses bonnes intentions et au finale spectaculairement avorté. Mais l’homme, plus encore son absolue sincérité ou son absence de cynisme, désarment toute intention médisante. Alors, on s’abstient. À l’inventeur du Kamoulox, il sera beaucoup pardonné. VR

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La pop infinie d'Aloa Input

MUSIQUES | Aloa Input, c'est un peu Notwist à Saint-Tropez. Ou plutôt à Hawaïï, tant la paternité de ces compatriotes (allemands donc), génies de l'électro-pop et du tube de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 27 octobre 2015

La pop infinie d'Aloa Input

Aloa Input, c'est un peu Notwist à Saint-Tropez. Ou plutôt à Hawaïï, tant la paternité de ces compatriotes (allemands donc), génies de l'électro-pop et du tube de poche généré à la console de jeu, est prégnante. Dans les similitudes vocales bien sûr – une certaine douceur blanche – des chanteurs des deux groupes mais, au-delà, Aloa Input partage avec ses aînés la passion du bricolage sur des bases pop (voire carrément symphoniques avec 21st Century Tales, sur le dernier album Marc Etc.) qui donnent toujours un peu l'impression de faire passer le test de Turing aux grands classiques ; de servir de la choucroute dans un resto californien des 60's sans que cela paraisse inapproprié ou anachronique. Comme le groupe des frères Archer, avec lequel il entretient par ailleurs d'étroits rapports de travail (studios, collaborations, panouilles diverses), Aloa Input donne dans l'inépuisable pop à mélodies réversibles et remixables à l'infini – une version entièrement revue et corrigée/modifiée/augmentée d'une partie du formidable Anysome, fort intelligemment baptisée Anysome RMX avait ainsi vu le j

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Seul sur Mars

ECRANS | “Dans l’espace, personne ne vous entendra crier“ menaçait l’affiche d’"Alien". Trente-six ans plus tard, Ridley Scott se pique de prouver la véracité du célèbre slogan, en renouant avec l’anticipation spatiale. Et met en orbite son meilleur film depuis plusieurs années sidérales.

Vincent Raymond | Mardi 13 octobre 2015

Seul sur Mars

Ridley Scott est du style à remettre l’ouvrage sur le métier. Obsessionnel et perfectionniste, sans doute insatisfait de ne pas avoir repris à Cameron le leadership sur la SF spatiale avec Prometheus (2012) — qui ressuscitait les mannes (toujours très vivaces) d’Alien en lui offrant une manière de préquelle — le cinéaste semble cette fois avoir voulu en remontrer à Cuarón et Nolan, les nouveaux barons du genre. Deux auteurs qui, comble de l’impudence, lui avaient emprunté (l’un dans Gravity, l’autre dans Interstellar) son approche réaliste des séjours cosmiques, très éloignée du traitement ludique propre au space opéra. Et qui fait de l’espace un contexte original dans lequel s’instaurent des événements générateurs de tension, d’un suspense — et non une fin en soi. Cette rivalité implicite (on pourrait parler d’émulation) entre cinéastes, rappelant la course à la Lune entre les grandes puissances de la Guerre froide — chacune rivalisant de conquêtes et d’annonces narquoises pour affirmer sa suprématie — ne s’effectue pas dans la surenchère, décidément trop tape-à-l’œil. Mais au contraire dans la sob

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Une belle fin

ECRANS | D’Uberto Pasolini (Ang-It, 1h27) avec Eddie Marsan, Joanne Froggatt…

Christophe Chabert | Mardi 7 avril 2015

Une belle fin

Fonctionnaire gris dans une banlieue grise de Londres, John May est chargé de retrouver les proches des personnes décédées dans l’anonymat. Un travail qui le passionne, si tant est que ce petit bonhomme à la vie monacale et monotone puisse être qualifié de passionné. Aussi, quand il apprend que son job est menacé, il met toute son énergie pour réunir famille et amis de son voisin, Billy Stoke. Uberto Pasolini — rien à voir avec Pier Paolo — n’a pas peur du pléonasme visuel pour illustrer cette histoire au demeurant originale, même si un bon court-métrage aurait sans doute suffit à en faire le tour. Cadres au cordeau dont la répétition donne le la d’une existence désespérante, interprétation monoexpressive du pourtant excellent Eddie Marsan, petite musique triste qui revient à intervalles réguliers sur la bande-son ; tout est fait pour conférer une ambiance de crépuscule funéraire à cet objet dont la mélancolie est purement fabriquée. Sans parler d’un scénario programmatique, dont l’enjeu est cousu de fil blanc : comment ce John May va retrouver le goût de la vie en redonnant sa dignité à un mort. La fin est en cela une petite leçon de cynisme tire-larmes, rep

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Un sacré printemps de danse

SCENES | C'est pour le moins un sacré début de printemps qui s'annonce à Lyon dans le domaine de la danse avec, notamment, la reprise de May B, chef-d’œuvre de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 mars 2015

Un sacré printemps de danse

C'est pour le moins un sacré début de printemps qui s'annonce à Lyon dans le domaine de la danse avec, notamment, la reprise de May B, chef-d’œuvre de Maguy Marin, au Ramdam (du 7 au 11 avril) et la transmission de Drumming Live, pièce majeure d'Anne Teresa de Keersmaeker, au Ballet de l'opéra (du 7 au 11 avril). Auparavant, deux festivals regroupés sous l'intitulé "Printemps de la création" permettront aux amateurs de découvrir une multitude de chorégraphes émergents ou d'artistes proches de la danse. Á la Maison de la danse et hors ses murs, Sens dessus dessous nous fera voyager de l’œuvre choc de Christian Rizzo inspirée du folklore turc à la mémoire de l'Afrique du Sud chorégraphiée par Gregory Maqoma en passant par le plus local mais toujours drôle et truculent Denis Plassard. Le Lyonnais reprend Chalet d'après un texte d'André Baillon, œuvre dépeignant avec humour le quotidien d'un hôpital. Aux confins de la danse, le duo Your Majesties met lui en mouvements le discours de Barack Obama pour la réception du Prix Nobel de la paix en 2009, tandis que le trublion Antoine Defoort se lancera dans une désopilante conférence

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Au Zola, l’Espagne sera au coeur des Reflets

ECRANS | Si sa superbe programmation va beaucoup fureter du côté de l’Amérique latine, c’est bien l’Espagne qui va faire plusieurs fois l’événement lors des 31e Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola. Ou comment une production touchée par la crise survit grâce à sa diversité et l’inventivité de ses cinéastes. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 10 mars 2015

Au Zola, l’Espagne sera au coeur des Reflets

Aux derniers Goya, l’équivalent espagnol de nos César, deux films se tiraient la bourre dans la course aux récompenses finales : La Isla Minima (qui sortira en France sous le titre Marshland) et La Niña de Fuego. Deux films de genre, l’un tirant vers le cinéma criminel, l’autre vers le thriller. Cela fait longtemps qu’on loue dans nos colonnes la force des cinéastes espagnols lorsqu’ils s’attaquent à des territoires squattés par les productions anglo-saxonnes, mais cette reconnaissance par les professionnels — ainsi que par le public, les deux films ayant été de gros succès au box-office national — montre que, loin de s’être commué en académisme ou en opportunisme commercial, le cinéma de genre made in Spain est encore en pleine effervescence. Et ce malgré la crise qui a touché le pays et, par voie de conséquence, le financement de son industrie cinématographique ainsi que sa distribution — nombre de salles ont fermé leurs portes ces dernières années. Marshland : un thriller post-franquiste La Niña de Fuego et Marshland seront les deux événements majeurs de la nouvelle édition des Reflets du ci

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One Mic, le bon numéro

MUSIQUES | Pour inspirer le respect, certains rappeurs n'ont d'autre recours que la menace. C'est le cas de Necro, chez qui elle prend la forme d'un bodyguard (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

One Mic, le bon numéro

Pour inspirer le respect, certains rappeurs n'ont d'autre recours que la menace. C'est le cas de Necro, chez qui elle prend la forme d'un bodyguard chargé de mettre au pas les spectateurs ayant l'impudence de ne pas pogoter au rythme des instrus pré-enregistrés du graisseux New-yorkais. A ce propos, si vous avez eu l'heur de subir les assauts de ce sosie arriéré de La Boule sur nos conseils, nous vous présentons nos plus plates excuses. D'autres, c'est heureux, se contentent de faire valoir leur farouche volonté de sortir du lot. C'est le cas de One Mic, le collectif à six têtes (Marshall'Ombre, Kefyr, Medric, Sp, Smad, 6ktrice, plus trois paires de petites mains à la prod' et aux platines) qui a ouvert pour ledit Necro au Transbordeur, et tout ce que vous risquez à son prochain concert, c'est de lâcher un billet pour faire l'acquisition de son premier EP éponyme, paru à l'automne 2014. Car dans ce sympathique exercice d'équilibriste entre purisme boom bap – scratchs façon rembobinage, samples vocaux utilisés comme des fils d'Ariane, accords de piano brumeux – et éclectisme post-trap – Fisher, Beckett ou Cooke, un Sam reste un Sam sur l'imparabl

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Une merveilleuse histoire du temps

ECRANS | La vie de Stephen Hawking transformée en mélodrame très anglais par James Marsh, dans un film qui vise de façon ostentatoire les récompenses, de la performance de son acteur Eddie Redmayne à l’académisme de sa mise en scène. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 20 janvier 2015

Une merveilleuse histoire du temps

«C’est sans doute la phrase la plus anglaise que j’ai jamais entendue» dit Jane Hawkins (la très belle et très douée Felicity Jones) à sa mère (la revenante Emily Watson) qui lui propose d’aller chanter dans la chorale de sa paroisse. Une merveilleuse histoire du temps est, de même, le film le plus anglais qui soit, du moins selon une image internationale faite de patrimoine littéraire et de patrimoine tout court. Pourtant, cette bio filmée du cosmologiste Stephen Hawking, atteint de la maladie de Lou Gehrig (popularisée récemment par les pitreries humanitaires des stars lors du Ice Bucket challenge), paraissait bien éloignée de ce programme. Or, le film ne s’attarde guère sur les racines de son génie, sa passion des trous noirs, du big bang et de l’origine du temps, et son infirmité est surtout un formidable véhicule pour que le comédien qui l’incarne, Eddie Redmayne, offre une performance remarquable au sens où, des spectateurs aux votants de l’académie des oscars, tout le monde se plaira à la remarquer. Non, ce qui intéresse Anthony McCarten, le scénariste, et James Marsh, réalisateur du très fort

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Tu veux ou tu veux pas

ECRANS | De Tonie Marshall (Fr, 1h28) avec Sophie Marceau, Patrick Bruel, André Wilms…

Christophe Chabert | Mardi 30 septembre 2014

Tu veux ou tu veux pas

Le pitch de Tu veux ou tu veux pas n’est, si l’on est honnête, pas plus stupide que ceux de la plupart des comédies américaines trash régulièrement louées dans nos colonnes : une nymphomane tente de faire craquer son nouveau patron, un ancien sex addict abstinent depuis un an. On doit même reconnaître à Tonie Marshall l’envie de donner à son film un rythme soutenu et une précision dans la gestion de ses effets comiques, situations comme dialogues. Un énorme handicap pèse cependant sur la mise en scène : Patrick Bruel. Il erre dans les plans en marmonnant son texte, ne punche jamais aucune de ses répliques et traîne son regard de poisson mort durant tout le film comme s’il se demandait s’il joue dans une comédie ou une tragédie. Il offre ainsi un boulevard à une Sophie Marceau épatante, et pas que par contraste, alliant naturel et folie délurée avec une décontraction irrésistible. Ce déséquilibre finit par avoir raison du film tout entier, lorsque se profile une hypocrite et rassurante résolution de comédie romantique lestée de quelques idées auteurisantes complètement hors de propos. Comme si Marshall voulait rappeler in extremis qu’ell

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Nouvel Erre

CONNAITRE | Pour la plupart des lecteurs, le 8 avril fut un mardi comme les autres. Pour ceux, dont nous sommes, qui estiment que la bande dessinée d'humour mérite (...)

Benjamin Mialot | Mardi 22 avril 2014

Nouvel Erre

Pour la plupart des lecteurs, le 8 avril fut un mardi comme les autres. Pour ceux, dont nous sommes, qui estiment que la bande dessinée d'humour mérite mieux que des bouffonneries corporatistes - 70% du catalogue Bamboo - et des études de mœurs gaillardes - à l'image, récemment, de l'insignifiant Mâle occidental contemporain de François Bégaudeau et Clément Oubrerie - c'est une date à marquer d'une pierre (tombale) blanche. Celle sous laquelle repose Mauvais esprit, «revue hebdomadaire drôle» et gratuite fondée par de jeunes chiens fous (B-Gnet, Fabcaro, Terreur Graphique...) qui, au terme de 75 numéros, ont décidé de circonscrire leur absurdité et leur irrévérence aux pages de journaux plus tangibles, du luxueux AAARG! au plus modeste Alimentation Générale. Dans le lot, s'il en est un à ne pas perdre de vue, c'est Fabrice Erre, auteur de la série la plus dingue du défunt hebdo : Guide Sublime, ou les caprices et sautes d'humeur d'un dictateur excessivement puéril et coléreux, racontés dans des strips aussi minimalistes que survoltés. Ce sera chose aisée cette semaine, puisqu'il vient présenter à Lyon Une année au lycée

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Alléchants de mars

MUSIQUES | Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mars 2014

Alléchants de mars

Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson française, à boire et à manger. De la variété benête à la Renan Luce à la grande Françoiz Breut ou Barcella, sorte d'Henri Dès pour adultes qui n'a pas son pareil pour vous forer une mélodie dans le crâne. Des talents installés, comme les french countrymen de La Maison Tellier, mais surtout une invraisemblable armada lyonnaise (et environnante) qui permet de se rendre compte de la richesse quantitative et qualitative de la chanson locale d'expression française.  Le tremplin "Et en plus elles chantent", bien sûr, qui chaque année révèle sa chanteuse d'avenir (ou pas), mais aussi cette année les inévitables Max Lavegie (homme lige de Carmen Maria Vega et figure de Gourmets Recordingz), Reno Bistan, Balmino, Pan (from Grenoble) et comme une cerise sur ce drôle de gâteau, notre chouchou Daisy Lambert, qui ne manque pas de dénoter positivement – mais où diable Daisy ne dénote-t-il pas ? 

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Insomniaque - Semaines du 24 décembre au 7 janvier

MUSIQUES | Les trois RDV nocturnes à ne pas manquer pendant les fêtes : Marshall Jefferson au DV1, Clara Moto au Sucre et Claptone au Kao. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 18 décembre 2013

Insomniaque - Semaines du 24 décembre au 7 janvier

28.12 I'm Marshall Jefferson Question musique. Indice visuel ci-contre. Top ! Né à Chicago, je débute comme producteur, enregistrant en 1985 un morceau qui préfigurera l'acid house : l'hilare et clignotant I've Lost Control de Sleezy D. Move Your Body, mon premier tube, considéré avec ses chœurs quasi-évangéliques et ses piqués de basse funky comme une pierre fondatrice de la house, paraitra l'année suivante. La suite de ma discographie aura beau rester un cran en dessous de ces classiques, elle fera honneur à ma réputation de pionnier. C'est d'ailleurs en cette qualité que me reçoit le DV1. Je suis ? Marshall Jefferson ! Bravo, vous savez lire.   03.01 InFiné Label Night

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Bien léché

SCENES | 4, 3, 2, 1, top ! Maggie entre en scène et se lance dans un monologue assourdissant. Elle dit tout : sa douleur de ne plus être aimée par son mari adoré, son (...)

Nadja Pobel | Vendredi 27 septembre 2013

Bien léché

4, 3, 2, 1, top ! Maggie entre en scène et se lance dans un monologue assourdissant. Elle dit tout : sa douleur de ne plus être aimée par son mari adoré, son inquiétude que les beaux jours soient autant de lointains souvenirs, et en même temps son immense optimisme, presque maniaque, que tout revienne à la normale. Sans faux-semblant, la divine Laure Marsac se jette sur ce texte éblouissant de Tennessee Williams comme son personnage s’accroche vaille que vaille à son homme, Brick (Philippe Awat, plus proche de Bruce Willis dans Piège de cristal que de Paul Newman dans le film de Richard Brooks). Pour ce huis-clos étouffant, créé et joué 44 fois en plein air à Grignan cet été, Claudia Stavisky signe une mise en scène appliquée, sans grande surprise et de facture classique, mais portée par des acteurs investis, notamment Alain Pralon, qui sait donner les nuances nécessaires à l’expression de la complexe personnalité du beau-père de Maggie. Du lit au bar, du bar au lit en passant par un canapé et un mini dressing, les personnages ont beau s’agiter, aller et venir, c’est b

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Les Miller, une famille en herbe

ECRANS | De Rawson Marshall Thurber (ÉU, 1h50) avec Jason Sudeikis, Jennifer Aniston…

Christophe Chabert | Lundi 16 septembre 2013

Les Miller, une famille en herbe

On commence à bien connaître la petite mécanique de la comédie américaine à tendance provoc’, avec ses écarts de langage et de représentation, son propos à vocation subversive et ses personnages piochés dans les marges plutôt que dans le rang. C’est tout l’enjeu des Miller, justement : prendre des "infréquentables" — un dealer, une strip teaseuse, une ado SDF, un puceau — et leur faire endosser, pour les besoins d’un convoyage de drogue, les habits de la famille américaine propre sur elle. L’intérêt du film tient alors à ce costume mal ajusté, qui craque de partout et qui laisse échapper, par giclées comiques, de vrais mauvais instincts. Si l’ensemble manque de tenue pour vraiment convaincre, Rawson Marshall Thurber réussit au moins ses rendez-vous burlesques — la rencontre avec le flic homo, la tarentule dans le caleçon, la leçon de french kiss en famille — et se repose sur l’abattage du tandem Sudeikis-Aniston, rattrapant quelques erreurs grossières de casting — Tomer Sisley en parrain de la drogue mexicain, c’est très drôle, mais pas volontaire. Chr

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Fils de punk

MUSIQUES | Une fois débranchés, les punks se révèlent souvent d'excellents songwriters. Après Chuck Ragan (Hot Water Music), Dustin Kensrue (Thrice) ou Frank Turner (Million Dead), c'est au tour de l'américano-ardèchois Forest Pooky (Sons of Buddha) de le prouver. Benjamin Mialot & Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Vendredi 6 septembre 2013

Fils de punk

Lyon n'est pas seulement une capitale de la musique électronique (fut-elle matinée de dub ou non), elle est aussi, et on a trop tendance à l'oublier, un épicentre du punk rock. En tout cas par procuration : car cette confidentielle réputation, la ville la doit à trois frangins – dont deux jumeaux - américains expatriés en Ardèche qui, sous le nom "pigiste-friendly"de Uncommonmenfrommars et avec le concours d'un quatrième larron taillé comme une action figure, ont donné à la région Rhône-Alpes des airs de Californie, cet État où chaque riff semble composé en vue d'illustrer une gamelle sur un half-pipe et où l'on discute biture et autodétermination en harmonies vocales.

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California über alles

MUSIQUES | Des figures majeures du punk rock, Lyon en a vu défiler plus d'une cette saison. Voici venue la plus indispensable en la personne de Bad Religion, formation californienne qui, depuis plus de trente ans, incarne l'opiniâtreté mieux qu'aucune autre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 14 juin 2013

California über alles

Quand un musicien met en chantier un label, il le fait généralement dans l'idée de s'auto-éditer et d'offrir le gîte discographique à quelques connaissances ou découvertes fortuites. Bien sûr, les exceptions, autrement dit les gratte-nylon (ou frappe-plastique, ou bouffe-métal, vous voyez l'idée) qui se découvrent une vocation de directeur artistique, abondent. Mike Patton, le hurleur à cordes vocales ductiles de Faith No More, en est une, lui qui a fait d'Icepac Recordings un révéré laboratoire de rock déviant. Jello Biafra, le truculent frontman des Dead Kennedys qui, a la tête d'Alternative Tentacles, fait les beaux jours des musiques très sonores, aussi. Mais c'est à une autre figure du punk rock californien que l'on doit l'une des maisons les plus emblématiques : Greg Gurewitz, le guitariste de Bad Religion, fondateur en 1980 d'Epitaph, où ont un jour ou l'autre signé tous les groupes ayant comp

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Cannes - Jours 5 et 6 : Mauvais genres

ECRANS | "Shield of straw" de Takashi Miike. "The Last days on mars" de Ruairí Robinson. "Blue Ruin" de Jeremy Saulnier. "Borgman" d’Alex Van Warmerdam.

Christophe Chabert | Mardi 21 mai 2013

Cannes - Jours 5 et 6 : Mauvais genres

C’est une question qui revient chroniquement sur le tapis concernant les sélections cannoises. Doivent-elles s’ouvrir au cinéma de genre, et éviter ainsi de vivre repliées sur un cheptel d’auteurs qui ont vite fait de s’enfermer dans la formule du film pour festivals ? Il faut reconnaître à Thierry Frémaux d’avoir réussi quelques beaux coups en la matière dans le passé : on se souvient de l’accueil triomphal réservé au Labyrinthe de Pan ou à Drive. Le polar de Takashi Miike devait servir de caution genre au sein de la compétition cette année, mais l’affaire a tourné à l’eau de boudin pure et simple. Shield of straw a même quelque chose d’une grosse erreur de casting, comme un film du marché qui se serait égaré sur le tapis rouge du Grand Théâtre Lumière… Miike est un cinéaste inégal et éclectique, mais au cours de sa longue carrière, on ne l’avait jamais vu

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Il chante la vie, il danse la vie

MUSIQUES | Consacré à la "chanson actuelle", le festival des Chants de Mars a le bon goût de recevoir Mathieu Boogaerts, doux swinger dont le récent album éponyme, son sixième, est un modèle de sobriété et de sensibilité. Laetitia Giry

Benjamin Mialot | Jeudi 14 mars 2013

Il chante la vie, il danse la vie

Matthieu Boogaerts «n’aime pas ressembler aux autres». Autant dire que le festival des Chants de Mars, qui a vocation à mettre en lumière la diversité la chanson française contemporaine, ne pouvait trouver meilleur client que lui. Son récent album éponyme, qui retourne aux bases mélodiques de ses premières productions (J’en ai marre d’être deux, Michel) après le détour original opéré avec I Love You, composé à la batterie, chanté dans un anglais décoré d’un accent français des plus francs, ne dit pas autre chose. Comme à peu près tout le monde, le monsieur y parle d’amour, des joies et des peines, mais il le fait sans excès de drame et avec des mots simples : «je t’aime, j’en suis sûr, je le crie sur les toitures», «pourquoi tu réponds plus ? Pourquoi t’as disparu ?», «t’as menti, c’est pas joli-joli»…Moins sophistiqué et mélancolique qu’un Benjamin Biolay, moins fantaisiste qu’un Thomas Fersen et moins sérieux qu’un Bertrand Belin, Boogaerts s’impose aussi comme l’homme qui a réussi à distiller avec succès du reggae dans la chanson française.

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Shadow dancer

ECRANS | Excellente surprise que ce thriller glacial signé James Marsh. Le cinéma anglais, dans la lignée du canon Ken Loach (Hidden agenda) / Paul Greengrass (...)

Christophe Chabert | Mardi 29 janvier 2013

Shadow dancer

Excellente surprise que ce thriller glacial signé James Marsh. Le cinéma anglais, dans la lignée du canon Ken Loach (Hidden agenda) / Paul Greengrass (Bloody sunday), nous avait habitué à traiter la question du terrorisme irlandais sous un angle réaliste, sinon hyper-réaliste. Marsh en prend le contre-pied, lorgnant plutôt du côté des fictions paranoïaques 70’s façon Alan Pakula. La scène d’ouverture (après un prologue posant le traumatisme initial) donne le ton : un attentat raté dans le métro de Londres, filmé entièrement du point de vue de la poseuse de bombe, Collette — extraordinaire Andrea Riseborough — que la caméra accompagne en longs plans méticuleusement composés en scope et baignés d’une lumière froide et métallique. Arrêtée, elle doit se plier au contrat proposé par un agent du MI5 (Clive Owens, qui se coule avec modestie dans ce second rôle fantomatique) : dénoncer ses frères, tous terroristes, et les têtes pensantes de l’IRA pour éviter d’aller croupir en prison. Marsh ne fait jamais retomber la tension et le suspense qui accompagnent les louvoiements de son personnage, privilégiant la durée des séquences et l’ambiance qui en découle plutôt que le

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Corps étrangers

SCENES | Créée au théâtre de l’Instant T. il y a presque deux ans, La Théorie de mars est une pièce qui s’étoffe au fil des représentations. Lors de son ripolinage en mai (...)

Nadja Pobel | Mercredi 5 septembre 2012

Corps étrangers

Créée au théâtre de l’Instant T. il y a presque deux ans, La Théorie de mars est une pièce qui s’étoffe au fil des représentations. Lors de son ripolinage en mai dernier, elle nous a bluffés. Confiné dans un espace étroit, un couple bien sous tout rapport (bel appartement, belle situation, sourires de façade) se fissure quand deux individus pénètrent chez eux. Ces corps étrangers agissent comme un virus et les gangrènent. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Quel danger représentent-ils ? Le texte de Claude Monteil manie avec une habileté d’équilibriste les couplets sur la sphère intime et la sphère publique, les deux s’imbriquant de manière de plus en plus serrée jusqu’à ce que le couple implose. Sur scène, les deux comédiens principaux glissent avec maîtrise, et sans avoir l’air d’y toucher, dans la folie, les gestes se répétant jusqu’à une aliénation qui ne dit pas son nom. Loin du maniérisme ou d’un quelconque effet de style, tout ici est fluide et la tension qui va crescendo laisse le spectateur sonné. À noter que le metteur en scène, Meissoune Majri-Pegeot, créera en janvier une variation sur la Marilou gainsbourienne. Nadja Pobel

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Oh happy Days !

MUSIQUES | «On essaye de faire venir un public toujours plus large. L'ouverture, la diversification, le mélange nous semble être un enjeu de politique culturelle des (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 2 mai 2012

Oh happy Days !

«On essaye de faire venir un public toujours plus large. L'ouverture, la diversification, le mélange nous semble être un enjeu de politique culturelle des plus pertinents. Il n'y a rien de pire que la logique des chapelles et le cloisonnement. Le fait est que le public de Nuits Sonores est très jeune. De fait, si on pouvait attirer un public plus âgé de manière plus significative, on s'en réjouirait», nous confiait récemment Vincent Carry. Dont acte, avec les tout nouveaux tout beaux NS Days, séries de concerts diurnes programmées dans les cours de l'Hôtel Dieu qui, si elles pourront être suivies sans enquiller les shots de guarana, n'en mettront pas moins les articulations à rude épreuve. Ne serait-ce parce qu'y seront mises à l'honneur deux institutions teutonnes de la techno, à savoir Ostgut Ton, bras discographique du Berghain Club de Berlin, réputé pour la martialité et la froideur de ses productions, et Kompakt, bastion colognais de la minimale, fusse-t-elle tribale (Mathias Aguayo), abstraite (Dj Koze) ou sensuelle (Sascha Funke). Pour le reste, bien qu'émoustillés à l'idée de faire connaissance avec la

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Tyrannosaur

ECRANS | Au fin fond de la misère sociale britannique, un homme cuve sa misanthropie et cherche une impossible planche de salut dans ce premier film de l’acteur Paddy Considine, impressionnant de noirceur, pas exempt de complaisance, mais très maîtrisé. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 19 avril 2012

Tyrannosaur

Bourré comme un coing, écumant de colère contre son bookmaker, Joseph sort d’un pub en gueulant et décoche un méchant coup de pied à son chien, qui claquera peu de temps après. Pas de chance, car l’animal qui lui a servi de défouloir était son seul compagnon, son dernier repère. C’est ainsi que le spectateur découvre le protagoniste de Tyrannosaur : non pas en pleine chute, mais déjà au fond du trou, en harmonie avec le bout d’Écosse sinistre et sinistrée qui lui sert de décor. La politique est passée par là, a tout détruit, et ceux qu’elle a laissés sur le carreau n’ont même plus l’idée de se révolter — et à quoi bon, de toute façon ? Abandonnés de tous, livrés à leur misère, à la maladie et à la mort, ils ne croient plus en rien. Quand Joseph, après avoir agressé de paisibles employés pakistanais, se réfugie dans un magasin de brocante tenu par Hannah, une gentille fille qui ne jure que par Dieu, il la conspue en la ramenant à sa stupide bigoterie et à sa bonne conscience gluante. Détruire, dit-il Face à ce personnage, pur bloc de haine et de ressentiment, Paddy Considine trouve la bonne distance (et le bon acteur, Peter Mull

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Sur la piste du Marsupilami

ECRANS | Soyons honnêtes avec le nouveau film d’Alain Chabat : on a pris plaisir à retrouver l’humour délicatement absurde du meilleur survivant des Nuls. Malgré de (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 30 mars 2012

Sur la piste du Marsupilami

Soyons honnêtes avec le nouveau film d’Alain Chabat : on a pris plaisir à retrouver l’humour délicatement absurde du meilleur survivant des Nuls. Malgré de gros retards à l’allumage et des baisses de rythme dommageables, ce délire filmique marche sur des plates-bandes réservées jusqu’ici aux productions Pixar et, dans une moindre mesure, Dreamworks – soit le mélange périlleux entre un humour slapstick orienté cartoon (pour les plus jeunes) et de multiples références très “esprit Canal“ (pour les plus âgés), la fusion des deux s’opérant lors de deux futures scènes cultes mettant en scène un surprenant Lambert Wilson. Si cette atmosphère potache fonctionnait parfaitement dans Astérix et Obélix Mission Cléopâtre grâce à un casting aussi riche que cohérent et à un tempo comique destructeur, l’impression globale qui se dégage de Sur la piste du Marsupilami est à ces deux égards bien plus mitigée. Les quelques autocitations de Chabat laissent suggérer que ce dernier se repose sur les acquis de son précédent succès, sans développer une once de parti pris de mise en scène – voir pour s’en convaincre la scène finale, expédition chaotique de tou

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Dark Angels

MUSIQUES | À ceux qui en ont soupé du néo-folk ou du folk tout court – et Dieu sait s'il y en a – Dark Dark Dark est la réponse adéquate. Car il y a dans cette musique (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 15 mars 2012

Dark Angels

À ceux qui en ont soupé du néo-folk ou du folk tout court – et Dieu sait s'il y en a – Dark Dark Dark est la réponse adéquate. Car il y a dans cette musique quelque chose d'à la fois extrêmement simple et pourtant infiniment sophistiqué qui déborde du cadre. Et c'est dans cette articulation même que réside toute l'ambiguïté de la promesse d'un groupe qui comme son dernier EP, aurait pu tout aussi bien s'appeler Bright Bright Bright. Tandis que de ce côté-ci de l'Atlantique, les artistes folk tentent de raviver, parfois à coups de clichés, le Grand Esprit d'une Americana aussi vénérée que fantasmée, c'est vers la vieille Europe, au cœur des ténèbres, que l'Amérique folk de Dark Dark Dark vient chercher ses propres racines. Car, comme Beirut, Devotchka ou même Arcade Fire, le quintet de Minneapolis a compris que c'est de toute façon là, en Europe, qu'en creusant le terreau des musiques américaines, on finit toujours, en partie du moins, par atterrir. Répartis aux quatre co

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Le Marsupilami en IMAX avant tout le monde !

ECRANS | Sur la piste du Marsupilami d'Alain Chabat sera le premier film français à sortir en IMAX (le format cinématographique le plus spectaculaire qui soit, cf (...)

Christophe Chabert | Jeudi 8 mars 2012

Le Marsupilami en IMAX avant tout le monde !

Sur la piste du Marsupilami d'Alain Chabat sera le premier film français à sortir en IMAX (le format cinématographique le plus spectaculaire qui soit, cf Inception, Avatar, Mission Impossible : Protocole fantôme). À cette occasion, le Pathé Carré de Soie, seule salle de l'agglomération équipée en la matière, organise une semaine avant la sortie nationale une journée "IMAXUPILAMI". Ce sera le mercredi 28 mars, avec trois séances exceptionnelles pour découvrir le film en avant-première et en IMAX à 14h15, 16h30 et 20h30.

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Fier comme "Rooster"

SCENES | S'il fait référence à un roman de l'écrivain yiddish Isaac L. Peretz et à En attendant Godot de Beckett, c'est surtout pour la qualité fougueuse de sa danse et (...)

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 21 janvier 2012

Fier comme

S'il fait référence à un roman de l'écrivain yiddish Isaac L. Peretz et à En attendant Godot de Beckett, c'est surtout pour la qualité fougueuse de sa danse et le rythme entraînant, teinté parfois de mélancolie, de la musique klezmer que l'on vous conseille le spectacle de Barak Marshall (du 25 au 29 janvier à la Maison de la danse). Douze excellents danseurs y évoluent comme mus par des ressorts vitaux et urgents, avec une gestuelle acérée et rapide proche de celle du chorégraphe israëlien Ohad Naharin (dont Barak Marshall a été l'artiste associé pendant deux ans), mêlée de quelques figures plus folkloriques. Rooster, titre de la pièce, signifie "coq" en anglais, qui se dit aussi "Gever" en hébreu, soit aussi l'homme... «Le coq traduit la fierté et la fragilité, des caractéristiques propres à l’espèce humaine» déclare Barak Marshall. La danse y est entrecoupée de scènes théâtrales ou chantées développant quelques récits éclatés. «La narration m’aide à exprimer le mouvement. Je n’utilise pas l’improvisation. Je prépare la danse en amont puis je la transmets. J’essaie de créer mon langage». Un langage lyrique, baigné par de superbes lu

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Happy New Year

ECRANS | de Garry Marshall (USA, 1h58) avec Hilary Swank, Michelle Pfeiffer, Robert De Niro, Zac Efron, Katherine Heigl…

Jerôme Dittmar | Vendredi 16 décembre 2011

Happy New Year

Echec permanent, le nouvel an avait peu de chance de trouver un salut au cinéma. Pas plus que la Saint-Valentin, déjà prétexte à un film people pour Garry Marshall. Regroupant une brochette de stars dans le creux de la vague ou à l'avenir incertain, Happy New Year tente pourtant l'impossible : le film choral sur la Saint-Sylvestre. Suivant le patron de Love Actually, Marshall assemble dix intrigues bidons pour n'en traiter aucune, veillant seulement au temps de présence du casting et justifier l'événement qui lui sert d'alibi. Jumeau en tout mais moins honteux que Valentine`s Day, Happy New Year tient du pudding de Noël, de la comédie romantique sucrée et eucharistique, entièrement prisonnière de son concept marketing sur la rédemption. Du néant, assez linéaire, s'échappe malgré tout Michelle Pfeiffer. En duo improbable avec Zac Efron, l'actrice erre ébahie, fragile, insaisissable, Catwoman malade fissurant d'un regard la formule insipide pour lui offrir un peu de sublime.Jérôme Dittmar    

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Devil

ECRANS | De John Erick Dowdle (ÉU, 1h20) avec Chris Messina, Logan Marshall-Green…

Dorotée Aznar | Mercredi 13 avril 2011

Devil

Dowdle, déjà responsable d’En quarantaine, la copie conforme américaine de Rec, prête désormais son absence de talent et de point de vue à un scénario que M. Night Shyamalan n’a même pas osé tourner (c’est dire). Soit le calvaire de cinq personnes coincées dans un ascenseur et confrontées à l’éventualité que l’une d’entre elles soit le Diable en personne. De ce postulat débile, John Erick Dowdle tire un produit invraisemblable, bêtement moralisateur et mollasson, même pas assez rythmé pour obtenir le titre de nanar. FC

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Maison de poupée

SCENES | Théâtre / La matière de départ, «La Théorie de Mars», texte de Claude Monteil, n'est pas un joyau. Mais à force de le malaxer, de le découper, Meissoune (...)

Nadja Pobel | Vendredi 11 février 2011

Maison de poupée

Théâtre / La matière de départ, «La Théorie de Mars», texte de Claude Monteil, n'est pas un joyau. Mais à force de le malaxer, de le découper, Meissoune Majri-Pégeot a réussi à construire un spectacle intriguant, ambitieux et, in fine, maîtrisé. Sur scène, un couple de trentenaires, bien sous tout rapport, est perturbé par l'arrivée de deux personnes sans voix qui les envahissent, s'infiltrent dans leurs quotidien comme un venin, et perturbent leur petit confort bourgeois. Le propriétaire de l'appartement les méprise à la seconde où il les découvre. Ils sont chez lui, lui qui, pour en arriver à sa belle situation (femme-appartement-bon salaire, dans un ordre importance aléatoire), a «trimé». Donc il l'a mérité. Aux autres de faire de même. Avec ses personnages antipathiques (auxquels les comédiens prêtent de bonne grâce et avec justesse leur talent), Meissoune Majri-Pégeot séduit en prouvant intelligemment que le théâtre n'est pas qu'un exercice de diction. Elle utilise subtilement la lumière (fondus au noir, lumières stroboscopiques), le son (des nappes rock folk planantes placées astucieusement comme des virgules) et aussi les corps (des parenthèses chorégraphiées façon «Petit ba

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