Les sorties cinéma à Lyon du 1er au 14 décembre

En salles | Les films à voir au cinéma cette quinzaine : notre sélection.

Vincent Raymond | Jeudi 2 décembre 2021

Photo : La Méthode Williams © Telepool


★★☆☆☆ La Méthode Williams

Qu'est-ce que ça bouge sur les écrans ! Espérons toutefois conserver un peu de stabilité pour les films, certains sortant à la vitesse d'un service des sœurs Williams (207 km/h). Celles-ci sont justement au cœur de La Méthode Williams, biopic autorisé de Reinaldo Marcus Green dans lequel Will Smith incarne leur père et coach Richard, promoteur d'une méthode destinée à faire dès le berceau de ses filles des championnes. La nécessité de créer des role models aux États-Unis, alliée au politiquement correct, abrasent les rugosités du personnage. Certes, il apparaît déterminé et doué d'une formidable vista, mais ses zones d'ombres avérées sont soit à peine évoquées, soit “arrangées” en extravagances de caractère. Dommage, car en instillant ces nuances dans le rôle, il y aurait eu davantage d'enjeu pour Will Smith. Et plus d'intérêt à coller à la vérité.

Un film de Reinaldo Marcus Green (EU, 2h18) avec Will Smith, Saniyya Sidney, Demi Singleton ; sortie le 1er décembre


★★★☆☆ Lingui, les liens sacrés

Autre relation parent-enfant forte faite de valses-hésitations, celle de Lingui, les liens sacrés de Mahamat-Saleh Haroun, où une mère tchadienne célibataire doit, contre ses convictions et la loi, aider son adolescente de fille à avorter. Elle ira même bien au-delà dans ce combat illustrant la situation des femmes : toujours en légitime défense face à l'emprise masculine. Net et sans bavure.

Un film de Mahamat-Saleh Haroun (Tchad, 1h27) avec Achouackh Abakar, Rihane Khalil Alio, Youssouf Djaoro ; sortie le 8 décembre


★★☆☆☆ Animal

Revenons en Europe… pour en repartir avec Animal dans lequel Cyril Dion promène autour du monde deux ados militant en faveur de l'environnement à la rencontre de scientifiques, agriculteurs, éleveurs, politiques, etc. afin d'illustrer leurs craintes et colères, et démontrer globalement la co-dépendance de l'humain en tant qu'animal dans un “grand tout”… À ranger dans la collection des documentaires concernants-mais-emplis-de-bonnes-ondes dont la surproduction actuelle mériterait une compensation carbone.

Un documentaire de Cyril Dion (Fr, 1h45) ; sortie le 1er décembre


★★★☆☆ La Pièce rapportée

On lui préférera à la même date le burlesque et virevoltant La Pièce rapportée du Grenoblois Antonin Peretjatko tourné à Lyon, où un fils de famille benêt épouse une guichetière du métro, au grand dam de sa douairière de mère qui manigance pour faire capoter l'union. La belle s'ennuyant, elle musarde ici et là… Une comédie dans la lignée de Pierre Etaix, avec un supplément politique très appréciable.

Un film de Antonin Peretjatko (Fr, 1h36) avec Anaïs Demoustier, Josiane Balasko, Philippe Katerine ; sortie le 1er décembre


★★★☆☆ Les Amants sacrifiés

On conclura en Asie et dans le passé avec l'étonnant Les Amants sacrifiés. Derrière la promesse romanesque de ce titre désuet se dissimule une histoire risquant de déconcerter celles et ceux qui prisent la bizarrerie chez Kiyoshi Kurosawa : le cinéaste s'inspire ici en effet du drame d'un couple de Japonais durant la Seconde Guerre mondiale ayant cherché à dénoncer auprès de l'Occident les crimes de son pays. Amour, amitiés, confiance, trahison, tortures, rebondissements sont magnifiés dans ce mélo d'espionnage raffiné. Il faut toujours finir en beauté…

Un film de Kiyoshi Kurosawa (Jap, 1h55) avec Yû Aoi, Issey Takahashi ; sortie le 8 décembre


Animal

De Cyril Dion (Fr, 1h45)

De Cyril Dion (Fr, 1h45)

salles et horaires du film


Bella et Vipulan ont 16 ans, une génération persuadée que leur avenir est menacé. Changement climatique, 6ème extinction de masse des espèces... d’ici 50 ans leur monde pourrait devenir inhabitable. Ils ont beau alerter mais rien ne change vraiment. Alors ils décident de remonter à la source du problème : notre relation au monde vivant.

Animal est à  l'affiche dans 2 salles le mercredi 12 janvier

Écully Cinéma

21 avenue E. Aynard 69130 Écully
Mer 18h, jeu 19h15, dim 17h15, lun 14h

Lumière Fourmi

68 rue Pierre Corneille 69003 Lyon
Mer-ven-lun-mar 18h40, jeu 19h (vfstf), sam 18h20, dim 20h50
Animal est à  l'affiche dans 3 salles le jeudi 13 janvier

Cinéma Rillieux

81b avenue de l'Europe 69140 Rillieux-la-Pape
Jeu 20h30
CYCLE Les jeudis du doc

Écully Cinéma

21 avenue E. Aynard 69130 Écully
Mer 18h, jeu 19h15, dim 17h15, lun 14h

Lumière Fourmi

68 rue Pierre Corneille 69003 Lyon
Mer-ven-lun-mar 18h40, jeu 19h (vfstf), sam 18h20, dim 20h50
Animal est à  l'affiche dans 1 salle le vendredi 14 janvier

Lumière Fourmi

68 rue Pierre Corneille 69003 Lyon
Mer-ven-lun-mar 18h40, jeu 19h (vfstf), sam 18h20, dim 20h50
Animal est à  l'affiche dans 1 salle le samedi 15 janvier

Lumière Fourmi

68 rue Pierre Corneille 69003 Lyon
Mer-ven-lun-mar 18h40, jeu 19h (vfstf), sam 18h20, dim 20h50
Animal est à  l'affiche dans 2 salles le dimanche 16 janvier

Écully Cinéma

21 avenue E. Aynard 69130 Écully
Mer 18h, jeu 19h15, dim 17h15, lun 14h

Lumière Fourmi

68 rue Pierre Corneille 69003 Lyon
Mer-ven-lun-mar 18h40, jeu 19h (vfstf), sam 18h20, dim 20h50
Animal est à  l'affiche dans 2 salles le lundi 17 janvier

Écully Cinéma

21 avenue E. Aynard 69130 Écully
Mer 18h, jeu 19h15, dim 17h15, lun 14h

Lumière Fourmi

68 rue Pierre Corneille 69003 Lyon
Mer-ven-lun-mar 18h40, jeu 19h (vfstf), sam 18h20, dim 20h50
Animal est à  l'affiche dans 1 salle le mardi 18 janvier

Lumière Fourmi

68 rue Pierre Corneille 69003 Lyon
Mer-ven-lun-mar 18h40, jeu 19h (vfstf), sam 18h20, dim 20h50

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Antonin Peretjatko fait la tournée des salles du GRAC

Rencontres | Non content d’avoir partiellement tourné son film à Lyon (et dans sa périphérie) et d’avoir assuré l’avant-première au Comœdia, le réalisateur de La Pièce rapportée (...)

Vincent Raymond | Mercredi 15 décembre 2021

Antonin Peretjatko fait la tournée des salles du GRAC

Non content d’avoir partiellement tourné son film à Lyon (et dans sa périphérie) et d’avoir assuré l’avant-première au Comœdia, le réalisateur de La Pièce rapportée Antonin Peretjatko revient à proximité des lieux de ses formidables forfaits avec une tournée dans les salles du GRAC en guise d’étrennes anticipées. Ce stakhanoviste accompagnera donc son film le 18 décembre à 21h au Strapontin de Sain Bel, le 19 à 15h à l’Espace culturel de Craponne et à 19h30 à La Passerelle de Trévoux, le 20 au cinéma Gérard-Philipe de Vénissieux, le 21 à 20h au CinéMourguet de Sainte-Foy et le 22 à 20h45 Cinéma Paradiso de Saint-Martin-en-Haut. À moins d’être entravé par Mme Château-Têtard mère, plus rien ne vous empêche d’y aller.

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Antonin Peretjatko : « je suis prêt à remettre le couvert avec Josiane Balasko »

La Pièce rapportée | Une guichetière épouse un fils de famille et éprouve l’hostilité continue de la revêche “Reine Mère” déçu par cette mésalliance. Tel est le point de départ de la nouvelle comédie burlesque du Grenoblois Antonin Peretjatko, en partie tournée à Lyon avec Josiane Balasko. Rencontre…

Vincent Raymond | Mercredi 24 novembre 2021

Antonin Peretjatko : « je suis prêt à remettre le couvert avec Josiane Balasko »

Était-ce facile pour vous de composer un personnage aussi détestable que celui de cette “Reine Mère” ?Josiane Balasko: Oh, c’est amusant ! Faire “semblant de”, comme les enfants qui jouent au gendarme, ou au théâtre où l’on gueule sur scène, c’est pas pour de vrai… Entrer dans un personnage qui n’est pas le mien et jouer ce qu’il y a à jouer, c’est ça que j’aime. Mais il faut qu’on ait l’impression que c’est pour de vrai ! Le truc amusant en plus ici, c’est que c’est un personnage de bourgeoise, très riche, avec des bijoux, qu’elle vit dans une maison incroyable. Justement, cette maison, plus qu’un décor, est un élément central du film…Antonin Peretjatko : On l’a trouvée vers Lyon, après une recherche basée autour de l’époque. Et ce n’était pas du tout ce que j’imaginais au départ — à

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Animali : l'arc-en-ciel de la gravité

Critique | Lorsqu'on a découvert l'existence d'Animali au milieu de la décennie passée avec deux EP aux titres échevelés, The spark, and three others poorly-produced (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 juin 2020

Animali : l'arc-en-ciel de la gravité

Lorsqu'on a découvert l'existence d'Animali au milieu de la décennie passée avec deux EP aux titres échevelés, The spark, and three others poorly-produced pieces of music et This plane's going down, are we all gonna die ?, on avait été immédiatement frappé, et très fort, par le sentiment de voir germer une sorte de jumeau français des flamboyants et détraqués Flaming Lips. Ainsi que par le naturel déconcertant, et surtout le talent, avec lequel le groupe assumait la chose sans jamais risquer de souffrir de la comparaison. Mais au fond, ses membres l'avouent bien volontiers aujourd'hui, tout ceci n'était pas bien sérieux. Les années passant, Julien Jussey et Benjamin Richardier ont su et voulu se dégager de cette tutelle à l'ombre de laquelle ils allaient forcément tourner en rond.

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Animali : « on nous a souvent traité de branleurs »

Pop | Après sept ans d'existence, le duo lyonnais Animali, composé de Julien Jussey et Benjamin Richardier vient juste de publier son premier album, Mary D. Kay, prenant le temps nécessaire pour trouver son équilibre. Et d'entamer une réflexion sur ce qu'est être un groupe émergent en 2020 et la pertinence de continuer à sortir... des albums.

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 juin 2020

Animali : « on nous a souvent traité de branleurs »

Animali a été fondé en 2013, a publié deux EP, pourquoi autant de temps avant ce premier album ? Benjamin Richardier : en fait, on a commencé à enregistrer il y a longtemps, il existe plusieurs versions des morceaux du disque, le temps de trouver un son qui nous convienne. On a beaucoup recommencé. Julien Jussey : On avait aussi moins de temps pour travailler ensemble. Ben a eu un enfant. Moi, j'ai pas mal tourné, notamment avec Erotic Market, j'ai monté un deuxième studio, ce qui a pris beaucoup de temps [NdlR, il a aussi repris la direction exécutive du studio villeurbannais Mikrokosm, fondé et toujours supervisé par Benoït Bel]. Il y avait là une volonté de sortir le groupe du cycle de l'intermittence où il faut tourner pour avoir des cachets, sortir des disques rapidement pour pouvoir tourne

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Glass Animals : la vie des autres

Pop | Surpris par le succès de son premier album, le quatuor Glass Animals, s'est lancé pour le second, How to be a human being, dans une sorte d'épopée pop du quotidien.

Stéphane Duchêne | Mardi 25 avril 2017

Glass Animals : la vie des autres

L'affaire devrait plaire à l'écrivain François Beaune, lui qui, depuis quelques années, passe la majeure partie de son temps à recueillir comme un entomologiste des histoires vraies de vrais gens tout autour de la Méditerranée et un peu partout en France – initiative qui a produit deux ouvrages remarquables : La Lune dans le puits et le roman Une histoire de Gérard en Occident – comme s'il s'agissait de répondre par petites touches, comme on compose un puzzle, à une question qui pourrait être : « Comment être un être humain ? » C'est en effet le titre, How to be a human being (en anglais et sans point d'interrogation), du second album de Glass Animals sur lequel ils ont peu ou prou tenté de livrer un manuel de l'être humain. L'idée est venue au leader chanteur Dave Bailey, alors que le groupe goûtait à peine le succès de leur premier disque Zaba : des centaines de milliers d'albums vendus, des centaines de millions de streams sur Spotify, des scènes parfois énormes marquant les étapes d'une de ces tournée dont les temps morts sont propices à

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Animal Collective : re-Pet Sounds

MUSIQUES | Les disques d'Animal Collective évoquent quelque chose de Beach Boys chantés par une chorale d'enfants hyperactifs, amatrice de danse du robot. Ce (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 22 mars 2016

Animal Collective : re-Pet Sounds

Les disques d'Animal Collective évoquent quelque chose de Beach Boys chantés par une chorale d'enfants hyperactifs, amatrice de danse du robot. Ce Painting with que vient de nous livrer le collectif animalier ne déroge guère à la règle : beachboysien au plus haut point dans son ultra-sophistication Fun Fun Fun et sa profusion d'harmonie vocale tribale. Rendez-vous est pris sur la scène du Transbordeur le 5 juin pour le grand pow wow.

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Animali : des Flaming Lips à la Lyonnaise

MUSIQUES | Déroutante créature néopsychédélique, Animali a développé une sorte de vérité quantique, donc paradoxale, en s'affichant, volontairement ou non mais à coups d'invraisemblables chausse-trappes pop, comme le jumeau d'expression d'un groupe pourtant inimitable : les Flaming Lips.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 décembre 2015

Animali : des Flaming Lips à la Lyonnaise

This Plane Is Going Down, Are We All Honna Die? demande Animali en titre de son second EP. Voilà qui rappelle une blague née de la théorie d'Everett sur les univers multiples (ou "mondes parallèles") : «Deux physiciens quantiques prennent un avion. En route, les deux moteurs s'arrêtent et l'avion pique vers le sol. "Crois-tu que nous allons nous en sortir ?" demande le premier au second qui lui répond : "Sans aucun problème : il existe une infinité d'univers où nous ne sommes même pas montés dans cet avion" [elle est bonne, hein ?, NdlR].» Or c'est un peu à ces univers autres, à la fois superposés et indifférents les uns des autres, qu'appartient la pop d'Animali, lyonnaise par accident : dans de nombreux mondes parallèles – et tant pis si la comparaison est envahissante – Animali se nommerait Flaming Lips et projetterait sa pop cosmique depuis Oklahoma City. Il n'est d'ailleurs même pas besoin, dans un premier temps du moins, de poser une oreille sur sa musique pour identifier ce cousinage. La simple lecture de titres comme The Song That Changed Your Life, This Plane Is Too Loaded, How Is It Ever Gonna Land?

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L'Animalerie, les futurs rois de la jungle hip-hop

MUSIQUES | Fait rarissime, un groupe local s'apprête à remplir la grande salle du Transbordeur quasiment à lui seul. Un groupe, ou plutôt une meute : L'Animalerie, qui rassemble une vingtaine de rappeurs et musiciens unis par un même appétit pour le homemade, seul gage de fraternité et d'authenticité dans l'ère du tout-à-l'ego.

Benjamin Mialot | Mardi 24 novembre 2015

L'Animalerie, les futurs rois de la jungle hip-hop

La chose a des airs d'aberration historique : contrairement à la plupart des autres villes de sa stature, Paris et Marseille en tête, Lyon n'a jamais enfanté de rappeurs en capacité d'en découdre avec l'étiquette "artiste local". Ce n'est pas faute d'avoir essayé. Depuis l'importation du genre au milieu des années 80, ils sont en effet des centaines à avoir tenté de s'extraire de l'anonymat à la force du mic. Secrets trop bien gardés (à l'instar du groupe IPM, actif tout au long de la décennie 90) ou légendes urbaines au sens strict (c'est le cas de Casus Belli, retiré du jeu en 2011 après quinze ans de labeur), tous s'y sont cassés les dents, écrasés par le poids des traditions bourgeoises puis victimes de la mode électronique. Peut-être leur fallait-il tout simplement des crocs. Une bande de fauves est en effet en passe de changer la donne. Fiers de leur territoire et défiants à l'égard des charognards à gros biscottos qui se disputent le gros du temps d'écoute disponible, ils ont pour emblème un lion et pour credo l'équivalent d'une devise républicaine. Et depuis quelques années, leur nom, L'Animalerie, est sur toutes les babines des amateurs de rap hors de

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L'Animalerie en cinq rugissants

MUSIQUES | Impossible de tirer le portrait de tous les MCs affiliés à L'Animalerie autrement que sur un poster format sucette Decaux : ils sont une petite quinzaine, pour autant de personnalités bien affirmées. Voici, en conséquence, ceux qui se taillent la part du lion.

Benjamin Mialot | Mardi 24 novembre 2015

L'Animalerie en cinq rugissants

Lucio Bukowski Le membre plus emblématique de ce crew qui n'en est pas un est aussi le plus prolifique – ceci expliquant sans doute cela. Depuis 2010, Lucio Bukowski a sorti pas moins de quatre albums et une petite vingtaine d'EPs, généralement en collaboration avec ses camarades (comme Anton Serra, sur le récent La Plume et le Brise-glace) ou des beatmakers aussi curieux que lui (notamment Kyo Itachi, sur l'encore plus récent Kiai sous la pluie noire). Leur dénominateur commun : un boom bap à la prose soutenue – on n'emprunte pas son nom au vieux dégueulasse par hasard – pleine d'amertume, de prises de position anar' et d'oxymores bien senties, qu'il déroule d'un phrasé limpide.

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TOPS of the pop

MUSIQUES | «Un simple disque de pop», voilà à quoi la bible des tendances musicales Pitchfork, numéro 1 sur la prescription (et la mauvaise foi), réduit le dernier (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 2 juin 2015

TOPS of the pop

«Un simple disque de pop», voilà à quoi la bible des tendances musicales Pitchfork, numéro 1 sur la prescription (et la mauvaise foi), réduit le dernier album en date de TOPS, quatuor de Montréal hiberné en pleine nostalgie eighties. Même s'il s'agit là d'un compliment déguisé, les choses sont un peu plus complexes que cela. Car TOPS se tient sur un fil où camperait une pop croisant, sur le quasi parodique Outside, aussi bien Julee "Twin Peaks" Cruise que Tom "Top Gun" Cruise faisant le sexe avec Kelly Mc Gillis sur fond de Take My Breath Away (le fameux Love Theme du film, signé Giorgio Moroder et minaudé par Berlin). Ici, les synthés irradient comme la photographie en mode Tequila Sunrise de Tony Scott dans ledit film justement, mais ils enveloppent comme une atmosphère à la David Lynch. De fait, le terme "dream pop", souvent utilisé pour qualifier ce genre d'exercice planant à la rythmique léthargique, semble avoir été inventé pour TOPS. Mais là encore, c'est un rien réducteur, car les compositions en forme de perles (ou de bulles) des Canadiens, si elles peuvent à l'occasion

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Lucio Bukowski et Anton Serra, tous crocs dehors

MUSIQUES | "Cocorico !", ou plutôt "roar !", l'un des meilleurs disques de rap de l'année est lyonnais. Lucio Bukowski et Anton Serra en sont les vindicatifs et lettrés auteurs. Et ils sont de sortie cette semaine au Marché Gare. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 19 mai 2015

Lucio Bukowski et Anton Serra, tous crocs dehors

C'est quoi être hip-hop en 2015 ? C'est quoi être hip-hop à l'heure où même ceux qui ont édicté les valeurs fondatrices (solidarité, respect et grosse marrade) de cette culture d'en bas devenue business d'en haut sont convaincus des pires bassesses libérales – en l'occurrence le pionnier du deejaying Grandmaster Flash, dont les anciens camarades du Furious Five viennent d'affirmer qu'il avait passé beaucoup plus de temps à faire fructifier son nom qu'à bosser sur leurs morceaux ? C'est faire comme Lucio Bukowski et Anton Serra, deux des bestiaux les plus affamés et vénérables du crew lyonnais L'Animalerie, sur leur egotrip commun La Plume et le brise-glace, produit par l'omniprésent Oster Lapwass et paru début avril. Les bons règlements de compte... C'est considérer ses punchlines non pas comme des actes isolés autour desquels broder des rodomontades anatomiques pourtant sans queue ni tête, mais comme les phonèmes d'un langage sans cesse réinventé, au service de véritables autofictions syllabiques – une personal favorite, parmi la bonne centaine que doit compter ce bazar ency

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L'âge de déraison

MUSIQUES | «- Ce soir-là..., - vous rentrez aux cafés éclatants, / Vous demandez des bocks ou de la limonade... / - On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans / Et (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 9 septembre 2014

L'âge de déraison

«- Ce soir-là..., - vous rentrez aux cafés éclatants, / Vous demandez des bocks ou de la limonade... / - On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans / Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.» écrivait Arthur Rimbaud du haut de sa fringante et géniale précocité. Bon, pour les tilleuls sur la promenade on n'est pas sûr. Mais pour le reste, le café éclatant, les bocks, la limonade maison, et l'envie de faire les foufous, on peut penser qu'on tient là une description assez fidèle de ce que pourraient être les 17 ans du Ninkasi. A ceci près qu'il y aura aussi un bœuf – musical, s'entend – pour ouvrir des festivités qui dureront pas moins de cinq jours (du 10 au 14 septembre). Et qui comprendront l'un de ces fameux et surréalistes blind tests d'Harry Cover et DJ Stéphane – champions du monde de rébus – une journée enfants à la Guitoune, la présence de la résidente Maggy Smiss et de la référence hip-hop DJ Sly. Mais aussi, et surtout, un concert qu'on annonce assez dingue avec les électro-rocko-classieux marseillais de Nasser et une révélation pop multicolore lyonnaise, An

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Bien frappé

MUSIQUES | Cette année encore, le festival d'été de la Ville de Grenoble a frappé très fort en termes de programmation : l'éventail est non seulement toujours aussi large, (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 26 juin 2014

Bien frappé

Cette année encore, le festival d'été de la Ville de Grenoble a frappé très fort en termes de programmation : l'éventail est non seulement toujours aussi large, mais en plus le beau linge est de la plus belle étoffe. Question éventail, une belle tranche sera notamment donnée au maloya avec la présence de Maya Kamati et de la grande Christine Salem – cette dernière dans un exercice d'hybridation avec ses amis de Moriarty. Pour le reste, toutes les esthétiques imaginables sont représentés ou presque : reggae (Ki-Mani Marley, fils de qui vous savez, Meta & the Cornerstones), blues sous toutes ses déclinaisons, du swing à l'électro (Stracho Temelkovski, They Call Me Rico, St.Lô), électro, elle-même en tous genres, avec une forte inclination tout de même pour ses versants pop et indie rock (As Animals, Natas Love You, As a New Revolt)... Au-delà de ce brassage, le Cabaret Frappé n'a pas son pareil pour attirer dans ses filets ces jeunes chanteuses irrésistibles qui nous font perdre tout sens commun et nous rendent plus prosélytes qu'un témoin de Jéhovah, à l'instar de l'éblouissante Joe Bel et de la ténébreuse Lou Ma

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Insomniaque - Semaine du 4 au 10 juin

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : James Murphy au Sucre, le Festival All Together et la deuxième 45°N x 4.85°E. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 3 juin 2014

Insomniaque - Semaine du 4 au 10 juin

08.06 Reality Avec LCD Soundsystem James Murphy a, en trois albums d'une classe typiquement new-yorkaise et un concert d'adieu plus proche d'un enterrement de vie de garçon que d'une mise en bière, redonné un coup de lustre aux tunnels creusés de garages en clubs par ses compatriotes des Talking Heads. En solo, quand son éternel regard hébété ne sublime pas les productions d'autres pointures indé (comme le Reflektor d'Arcade Fire dernièrement), il est un DJ d'un redoutable bon goût. On a pu le constater à Nuits Sonores en 2012. On pourra le vérifier au Sucre ce dimanche. 08.06 F.A.T. Lyon 2014 La Holi a la cote en ce moment : deux semaines avant Les Invites, c'est au tour du Festival All Together – événement littéralement œcuménique, puisqu'il est le fait d'un mouvement interreligieux – de s'appuyer sur une bataille de pigments inspirée par cette tradition indienne. Celle-ci, qui se déroulera au

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Insomniaque - Semaine du 16 au 22 avril

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Eddie Fowlkes au DV1, Moodoid au Marché Gare et la troisième nuit du festival Reperkusound. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 15 avril 2014

Insomniaque - Semaine du 16 au 22 avril

18.04 I'm Eddie FowlkesL'an passé, le documentaire Twenty Feet from Stardom a rendu un peu de lumière aux choristes afro-américaines qui, dans l'ombre des Rolling Stones et de tant d'autres, ont écrit la légende de la musique populaire anglo-saxonne. Si d'aventure un réalisateur menait pareille entreprise dans le milieu de la techno, il lui faudrait accorder une place de choix à Eddie Fowlkes, DJ natif de Detroit dont l'histoire a préféré retenir qu'il a été le colocataire de Derrick May alors qu'il a offert au genre l'un de ses premiers hits (Goodbye Kiss en 1986). Justice lui sera rendue cette semaine par le DV1. 19.04 Disquaire Day 2014Dédicaces de John Densmore (le batteur des Doors), DJ sets chez une partie des disquaires participants, concerts gratuits en fin d'après-midi... Cette année, le canal lyonnais du Record Store Day a mis les petits plats dans les grands, jusqu'à ponctuer le tout d'une soirée au

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Monstres et cie

MUSIQUES | En attendant la venue du désormais trésor national Sigur Rós à Fourvière, l'Islande nous envoie sa nouvelle petite pépite : Of Monsters and Men. Soit une fanfare mi-pop mi-folk aux chansons enivrantes, en passe de conquérir le monde. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 20 juin 2013

Monstres et cie

Faut-il y voir un signe de reprise économique après la terrible crise qui a mis l'Islande à genoux il y a de cela quatre ans ? Une crise telle que le pays de Björk a bien failli ne jamais s'en relever, perdant trois banques nationales et laissant une dette équivalente à dix fois son PIB – mais c'est mal connaître, loin de tout cliché nordique, la capacité de résilience des Vikings de la Terre de glace. Toujours est-il qu'après avoir connu un hiatus musical spectaculaire – les groupes islandais n'étant tout simplement plus en mesure de financer leurs tournées sur le continent – les affaires semblent reprendre comme jamais. Et l'on ne parle pas ici du retour triomphal de Sigur Rós – panthéonisé par Les Simpsons – ou des récentes extravagances scéniques de Björk. Mais plutôt d'une nouvelle génération de groupes du cru déjà ultra-populaires sur leur île et qui arrivent enfin sous nos latitudes. Symbole de ce "printemps islandais", p

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Insomniaque - Semaine du 10 au 16 avril

MUSIQUES | 12.04 Carte blanche à Anton SerraAprès celui de Lucio Bukowski, c'est au tour du premier album d'Anton Serra de certifier la bonne santé de L'Animalerie, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 5 avril 2013

Insomniaque - Semaine du 10 au 16 avril

12.04 Carte blanche à Anton SerraAprès celui de Lucio Bukowski, c'est au tour du premier album d'Anton Serra de certifier la bonne santé de L'Animalerie, collectif rapologique multicéphale que nous n'avons de cesse de brosser dans le sens du poil (soyeux le poil). Il en fêtera la parution au Marché Gare, en compagnie de ses acolytes à crinière bien sûr (et de La Microfaune, autre chouette bande de kickeurs lyonnais), le temps d'une carte blanche qui, connaissant la sympathie et la vitalité de tout ce petit monde, devrait rapidement virer à la teuf entre potes.   12.04 Club 69Prenez un magazine culturel de qualité (Snatch) et un organisateur de neverending parties au goût sûr (Mercredi Production). Enfermez-les dans une salle de réunion sans fenêtre, laissez-les tempêter du c

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Sin Fang

MUSIQUES | Flowers (Morr Music)

Stéphane Duchêne | Lundi 25 février 2013

Sin Fang

Où l'on reparle de l'Islande. Si vous avez déjà suivi le dossier, on vous a déjà présenté Sindri Már Sigfússon (en Islande, c'est un nom très commun) également leader des excellents Seabear. Sindri (en Islande, on appelle les gens uniquement par leur prénom ou leur diminutif, on vous expliquera pourquoi une autre fois) est un être à la fois complexe et d'une rare simplicité, un homme-enfant multi-facettes, à l'image de sa musique, retorse mais toujours d'une grande efficience. Petit génie pop passionné de skate (un sport juste un peu plus répandu en Islande que la pelote basque), pluri-tatoué au visage infantile (au point qu'on se demande s'il ne s'agit pas de décalcomanies), ses airs de Droopy boréal – dont il use sans retenue en concert – semblent lui faire porter toute la misère du monde sur les épaules quand il est en réalité, derrière ce masque délavé aux yeux tombant, d'une drôlerie rentrée, tendance british, absolument désarmante - là encore, le voir en concert. Barbe fleurie On l'aura

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Avenirs d'un pas grand-chose

MUSIQUES | Des rappeurs qui peuvent improviser deux-trois tacles rigolos et un ou deux clins d'œil pas trop appuyés, on en connait des tonnes. Des rappeurs qui (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 10 janvier 2013

Avenirs d'un pas grand-chose

Des rappeurs qui peuvent improviser deux-trois tacles rigolos et un ou deux clins d'œil pas trop appuyés, on en connait des tonnes. Des rappeurs qui peuvent bâtir un vrai morceau, sensé et percutant, à partir d'une cinquantaine de mots proposés par des internautes chafouins (pléonasme), on n'en connait qu'un seul : le Lyonnais Lucio Bukowski qui, l'automne passé, a trouvé le moyen de trousser trois killer tracks de poche avec des termes aussi disparates et piégeux que «jurassique», «Apollinaire», «hémophile», «palimpseste», «Fonzie» ou «démocratie» - et la complicité, notamment, du producteur stakhanoviste Oster Lapwass. Sans signature, son premier album, autoproduit et fraîchement sorti des presses de l'Animalerie, collectif aussi connecté que débrouillard sous la bannière féline duquel il foulera cette semaine la scène du Marché Gare, est à l'avenant : lettré et référencé sans jamais virer à la pignole (exemple : «Il est ton seul pays natal, en voici la comptine / Un texte à pH neutre, comme ton gel intime / Si j'étais Courbet, j'en aurais fait des fresques / Car ses mystères sont impénétrables ou pres

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On tire la langue, on tape dans les mains

SCENES | Festival d'Avignon (9) / 1927. The Animals and Children took to the Streets. Steven Cohen. The Cradle of Humankind

Dorotée Aznar | Mercredi 25 juillet 2012

On tire la langue, on tape dans les mains

Le Off tire la langue. Croisé dans la rue, un comédien lyonnais nous confirme la rumeur qui circule entre les remparts depuis plusieurs jours : il y aurait environ 30% de festivaliers en moins cette année à Avignon. Résultat, pas mal de compagnies jettent l'éponge et plient bagages. Dans le In, tout va bien, les files d'attente sont toujours aussi longues et les spectacles affichent encore complet. Vus depuis la mise en ligne du dernier blog : un fabuleux spectacle tout public à partir de 9 ans (le meilleur spectacle vu depuis notre arrivée ici), The Animals and Children took to the Streets de la compagnie 1927 qui mélange théâtre, animation et musique live dans une ambiance très Triplettes de Belleville. On en reparlera très prochainement. Vu également, le dernier Steven Cohen The Cradle of Humankind où l'artiste, que l'on croise fréquemment à Lyon et qui avait fait scandale (notamment) en déambulant devant le Musée de la Résistance et de la Déportation presque nu, couvert d'une pancarte "Juif", part sur les traces des origines du monde. Dans ce spectacle, on découvre un artiste plus d

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Animal Kingdom

ECRANS | De David Michôd (Aus, 1h52) avec James Frecheville, Jacki Weaver…

Dorotée Aznar | Jeudi 21 avril 2011

Animal Kingdom

Un ado de 17 ans, Josh, regarde un jeu télévisé quelconque, sa mère dans les vapes à côté de lui sur le canapé. Les pompiers débarquent, tentent de la réanimer ; Josh continue à suivre l’émission. Apparemment, la routine ; sauf que cette fois-ci, la junkie trépasse. Toujours aussi impassible, l’ado appelle sa grand-mère pour lui annoncer la nouvelle et lui demander de l’héberger. Et Josh de rallier cette famille dont sa mère l’avait préservé : la fratrie de ses oncles criminels, chaperonnée avec une bienveillance équivoque par une effrayante matriarche (l’incroyable Jacki Weaver). Comme le montre cette introduction déstabilisante, le personnage auquel le spectateur est censé s’identifier est une surface plane, un miroir vide d’émotions, dont le jeu tout en réserve de l’étonnant James Frecheville traduit à merveille la retenue. Une carapace naturelle contre un vécu qu’on devine chaotique, et que la suite des événements ne va pas apaiser. Ce retrait assumé de notre principal repère, plongé au beau milieu de figures infiniment plus charismatiques, pourrait plomber le récit : il en deviendra au contraire la véritable raison d’être. Lions et agneaux

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Corps et têtes brûlés

SCENES | À lier / La danse c'est aussi quelques chorégraphes barrés qui tordent et remuent le corps en tous sens pour mieux dégoupiller l'âme. Passage en revue de nos têtes brûlées de prédilection. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 12 septembre 2007

Corps et têtes brûlés

Le chorégraphe le plus cinglé et casse-cou de la scène contemporaine est belge et se nomme Wim Vandekeybus. Courses effrénées de danseurs-amoks, lancers de javelots sur le plateau, constructions de briques pulvérisées en poudres fiévreuses, portés à l'arrache (où les filles soulèvent les mecs comme des poids plumes), prises de risques inconsidérés, percussions des interprètes comme des crash-tests : c'est peu dire de la danse de Vandekeybus qu'elle est physique, énergique, sulfureuse, indispensable. Elle vous claque au visage comme une explosion de muscles, et secouera la Maison de la Danse à l'occasion de la présentation de Spiegel (du 25 au 27 mars), une sorte de compilation de vingt années de créations signées Vandekeybus... Autre enfant terrible de la danse, au tempo plus apaisé mais aux créations tout aussi iconoclastes : Jérôme Bel. L'ancien assistant de Decoufflé pour la cérémonie des Jeux Olympiques de 1992 et l'ex-danseur de Preljocaj ou Daniel Larrieu, prend un malin plaisir à déboulonner les us et coutumes de la danse contemporaine pour en renouveler de fond en comble les formes. Danse en tubes, chimie d'émotionsÀ la poubelle donc virtuosité, technique, hiér

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