Nuits transfigurées

ARTS | Lectrices, lecteurs, passons la nuit ensemble. Passons-la en revue, avec la sortie du dernier numéro d’Hippocampe, et en exposition, avec «Tout s’éteindra» à la galerie Besson. Une nuit multiple, pas forcément obscure, mais toujours interrogatrice, déstabilisatrice, décentrant le sujet… Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 29 avril 2012

Photo : Anne-Laure Sacriste/Eric Corne/Frédéric Khodja


En 1952, Robert Rauschenberg fait œuvre, scandale et date en effaçant un dessin de Willem De Kooning. En 2012, le jeune artiste parisien Nicolas Aeillo révèle, à travers une vidéo constituée de 127 photographies, le fantôme de ce dessin : un buste, quelques surfaces sombres, des traits dispersés… S'il fallait encore le rappeler, la création contemporaine consciente d'elle-même est «condamnée» au fragment, aux souvenirs fêlés, aux représentations inachevées, au montage d'images et de récits épars. C'est sur ce principe de montage sans unité, cher à Walter Benjamin, que se compose, au fil du temps, la revue Hippocampe dont le 7e et magnifique numéro est consacré à «la nuit». «Évitant de s'en tenir à des propositions illustratives, trop évidentes, nous avons cherché au contraire à réunir des contributions susceptibles de démontrer la complexité de cet espace/temps particulier : la Nuit», écrit Gwilherm Perthuis, responsable de la revue. Gwilerm Perthuis est aussi le commissaire de l'exposition collective Tout s'éteindra qui accompagne la sortie de ce numéro. «Le fil conducteur que nous avons tenté de suivre, sans s'interdire d'écarts, consiste à placer en résonance des images traversées par la question de la mémoire, de l'oubli, de l'effacement, de la recomposition ou de l'épuisement. Peu de représentations de scènes nocturnes strictes, il s'agit plutôt de considérer la nuit comme une matrice active qui ingurgite, digère, associe, recompose ou recycle les images».

Des toiles de nuit

On découvrira à la galerie Besson la vidéo de Nicolas Aeillo, des toiles d'Abel Pradalié assemblant des figures anachroniques dans une veine proche du surréalisme, les paysages aux espaces «épais», opaques, de Karine Hoffman, un grand «radeau blanc» se profilant dans l'ombre peint par Claire Tabouret… La disjonction, le départ vers des rives inconnues appartiennent tout autant à «la nuit» que les très beaux dessins d'Anne-Laure Sacriste, épuisant au crayon un même sujet : des chutes d'eau laiteuses au milieu de rochers baignés d'obscurité… Maurice Blanchot distinguant successivement deux nuits écrivait que «l'autre» nuit «est ce avec quoi l'on ne s'unit pas, la répétition qui n'en finit pas, la satiété qui n'a rien, la scintillation de ce qui est sans fondement et sans profondeur». Et l'on voit là quel appel créatif à la fois désespéré, fertile et infini, cette «autre» nuit peut susciter chez l'écrivain, l'artiste, le penseur. Sans prétendre à l'exhaustivité, la revue Hippocampe rassemble des essais ou réflexions sur l'œuvre de W.G. Sebald, le cinéma post-Tarkovski du hongrois Béla Tarr, les photographes Brassaï et Gregory Crewdson, la performeuse Gina Pane ou… les maisons hantées. La revue comporte aussi de nombreux inédits d'écrivains ou de poètes, consacre tout un dossier à Jean-Christophe Bailly et de nombreux portfolios à des artistes présents ou non dans l'exposition…

Labyrinthes de la psyché

Maurice Blanchot termine son écrit sur la nuit en se référant au Terrier de Kafka où «construire le terrier, c'est ouvrir la nuit à l'autre nuit». Marqué par l'œuvre de Kafka et par la littérature en général, l'artiste lyonnais Frédéric Khodja semble lui aussi ouvrir dans ses dessins à la plume quelques vertigineux terriers : celui, abyssal et spiralé, de notre «voix intérieure» («Ce que la bête pressent dans le lointain, cette chose monstrueuse qui vient éternellement à sa rencontre, qui y travaille éternellement, c'est elle-même», écrit encore Blanchot à propos de Kafka), ou celui, enveloppé sur lui-même et comme sur sa propre absence, de la mélancolie… Les terriers et les architectures de Frédéric Khodja ne cessent de se mouvoir (petits traits de plume insufflant un mouvement), de s'enrouler sur eux-mêmes, de se fonder sur rien ou si peu, d'ouvrir en leur sein leurs propres perspectives ou lignes de fuite. L'artiste présente seulement trois dessins, mais ô combien fascinants !, et réinvente toute une topologie singulière de la psyché humaine.

Tout s'éteindra
À la galerie Françoise Besson, jusqu'au dimanche 3 juin 
Hippocampe, «La Nuit», numéro 7 avril 2012, 12 euros (en vente en librairie)

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Librairie Michel Descours : plus de galerie... mais des expos

Librairie | Michel Descours lâche sa galerie et recentre son activité de marchand d'art à Paris, mais la librairie affiliée continuera d'organiser des expositions. Explications.

Stéphane Duchêne | Vendredi 11 septembre 2020

Librairie Michel Descours : plus de galerie... mais des expos

En juin dernier, la Librairie Michel Descours, spécialisée dans les arts, a mis un terme à son activité de galerie – entendre par là de vente d'art. Michel Descours ayant ouvert une galerie à Paris sur laquelle il entend recentrer cette activité. C'est donc la librairie, jusqu'ici secondaire, qui va constituer le gros de l'activité lyonnaise, sous l'impulsion de Gwilherm Perthuis, passé de la galerie à la librairie il y a un an en... traversant la rue (comme quoi...). Mais cela ne signifie pas que les expositions vont pour autant déserter le lieu. Comme nous l'explique Gwilherm Perthuis, « pendant au moins un an, le temps d'expérimenter des projets variés, la librairie impulsera des projets d'expositions ». Une manière de prolonger l'activité librairie autour des « liens entre l'image et la littérature ». Chaque mois, Descours proposera un rendez-vous à la galerie qui présentera des formes plastiques, des archives, des documents, des estampes... C'est

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Dame nature est morte à la Galerie Michel Descours

Peinture | « Je ne crois pas aux paysages. Parfaitement. » écrit, en refusant de se justifier, le poète Fernando Pessoa. Sans se justifier beaucoup plus, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 octobre 2019

Dame nature est morte à la Galerie Michel Descours

« Je ne crois pas aux paysages. Parfaitement. » écrit, en refusant de se justifier, le poète Fernando Pessoa. Sans se justifier beaucoup plus, la Galerie Michel Descours a invité trois artistes contemporains sous l'égide de cet athéisme paysager. C'est curieux pour Marc Desgrandchamps qui ne fait, depuis bien des années, quasiment que cela : peindre des paysages ! Mais ça l'est moins lorsqu'on découvre concrètement ses toiles qui ne cessent de faire dégouliner les perspectives, trembler les lignes d'horizon et les motifs, rendre aussi fantomatique que vaporeuse toute réalité, qu'elle relève de dame nature ou de ses excroissances humaines. C'est aussi assez curieux pour Frédéric Khodja qui dessine, surtout, des architectures imaginaires et des espaces improbables, en ouvrant des fenêtres quasi "paysagères" ou (plutôt) cinématographiques sur le monde. L'artiste se révèle être aussi, par la bande, un post-romantique : certes moins versé vers le rendu paysager scrupuleux de l’Éco

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Cinq expositions à voir dans les galeries ces prochains mois

Bons Plans | Voici cinq petites expositions en galeries qu'il vous faut cocher sur votre agenda.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

Cinq expositions à voir dans les galeries ces prochains mois

S'inspirer de Pessoa Je ne crois pas au paysage rassemble trois artistes à la galerie Descours. Le titre est du poète Fernando Pessoa, extrait du Livre de l'intranquillité. Une intranquillité qui sied si bien avec le travail de chacun des artistes : l'évanescence et l'incertitude ontologique des peintures de Marc Desgrandchamps, les topologies imaginaires et les géométries alternatives de Frédéric Khodja, les formes végétales incertaines entre douceur et angoisse de Mélanie Delattre-Vogt... Je ne crois pas au paysage À la galerie Michel Descours jusqu'au 31 octobre Voir enfin l'URDLA La nouvelle exposition de l'URDLA a un double intérêt : nous faire redécouvrir ce lieu atypique et nous faire découvrir un artiste méconnu, Mark Geffriaud. Le plasticien (performeur, vidéaste, sculpteur...) s'approprie les espaces du centre international de l'estampe et ses impressionnantes presses ou autres objets. Il invite le spectateur à un parcours entre fiction et réalité, objets réels et artefacts artistiques... Mark Geffriaud À l'URDLA ​jusqu'au 30 octobre

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Où l'on reparle de Françoise Dolto

Sciences Humaines | Renaître de ses cendres Disparus les centaines de milliers de lecteurs (enfin, n'allons pas trop vite, d'acheteurs) des livres de Foucault et de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 2 octobre 2018

Où l'on reparle de Françoise Dolto

Renaître de ses cendres Disparus les centaines de milliers de lecteurs (enfin, n'allons pas trop vite, d'acheteurs) des livres de Foucault et de Lacan dans les années 1960 ? Mortes les sciences humaines dont les noms des auteurs n'évoquent rien à personne au cours d'un dîner, ou sur un plateau TV ? Disons que philosophes et universitaires se font peut-être d'autant plus discrets qu'ils se font plus "travailleurs" ! Et des cendres du 20e siècle, l'on peut renaître comme avec la réédition des écrits esthétiques de l'américain W. J. T. Mitchell, ou avec le court essai roboratif et explosif de Pierre-Henri Castel (Le Mal qui vient, Cerf) portant justement sur les cendres, celles-ci très concrètes et à venir, d'un monde humain voué inéluctablement à son autodestruction ! Des femmes psy On vous a déjà parlé ici de l'ouvrage de la psychanalyste lyonnaise Anne Brun sur les origines du processus créateur sorti récemment. D'autres p

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Livraisons : « On observe une recrudescence des revues papier »

Festival | Du 26 au 29 avril prochain se tiendra, pour la quatrième année consécutive, le festival de la revue Livraisons. Rencontre avec son instigateur, Gwilherm Perthuis.

Elliott Aubin | Mardi 24 avril 2018

Livraisons : « On observe une recrudescence des revues papier »

D’où est née cette idée de construire un festival des revues ? Gwilherm Perthuis : Au départ, nous étions quelques revues de la région à vouloir se réunir pour s’aider et mettre en commun nos forces. La revue est peu identifiée, c’est un petit lectorat, donc on ressentait le besoin de s’entraider, et de nous mettre également en lien avec des professionnels des métiers du livre pour rendre davantage visible ce medium. Comment distingue-t-on la revue du magazine ? La revue se distingue du magazine qui est plus sur le traitement d’actu. La revue, elle, prend plus de recul avec une parution moins régulière. Quand le magazine est généraliste, la revue est peut-être parfois plus spécialisée. C’est donc deux rapports au temps bien différents. Ou trouve-t-on ces revues ? Les revues les plus importantes peuvent se retrouver en kiosque. Je pense notamment à la Revue des Deux Mondes ou à Esprit, mais la majorité est disponible en librairie ou par abonnement. Cette volonté de faire

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Traces et tracés de Frédéric Khodja à la galerie Besson

Dessin | Aujourd'hui, tout est "tracé" : produits, patients, sujets, actes professionnels et privés... Faut-il en être réellement rassurés ou s'en alarmer ? Cette (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 juin 2017

Traces et tracés de Frédéric Khodja à la galerie Besson

Aujourd'hui, tout est "tracé" : produits, patients, sujets, actes professionnels et privés... Faut-il en être réellement rassurés ou s'en alarmer ? Cette conception de la trace, cette tra(n)sparence objective est à mille lieux de celle d'un artiste comme Frédéric Khodja. La trace ou le vestige visuel devient chez lui un fragment à partir duquel créer, inventer, dessiner... Ses œuvres se veulent les rémanences, mi-réelles mi-fictives, de paysages vécus, d'images rencontrées, d'architectures rêvées, de fantômes de sensations. À la galerie Françoise Besson, il présente pour l'essentiel trois nouvelles séries de dessins dont les titres parlent d'eux-mêmes : Paysages mentaux, Architectures fantômes et Rêve d'exposition... Dans ce dernier ensemble, l'artiste semble comme déplier l'espace et les objets énigmatiques (encadrements vides, rideaux, panneaux...) d'un petit studio de peinture ou de photographie : rémanences et circulations visuelles centrées ici surtout sur le cadre, le voilé-dévoilé, l'espace et le dispositif de vision. Pour un peu, on se c

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Les 5 expos à voir en juin

Art | 1/ Frédéric Khodja à la galerie Françoise Besson, jusqu'au 31 juillet L'artiste lyonnais présente trois nouvelles séries de dessins à partir de réminiscences (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 1 juin 2017

Les 5 expos à voir en juin

1/ Frédéric Khodja à la galerie Françoise Besson, jusqu'au 31 juillet L'artiste lyonnais présente trois nouvelles séries de dessins à partir de réminiscences d'images et de souvenirs personnels : des Paysages mentaux, des Architectures fantômes. Ou encore des Rêves d'expositions, notre série favorite, où Frédéric Khodja met en scène une sorte de studio photo où rideaux, cadres vides, figures géométriques s'ouvrent sur de nouveaux espaces énigmatiques. Ces rêves s'avèrent être d'ailleurs étonnamment proches de l'univers d'un David Lynch et des prémices de la troisième saison de Twin Peaks ! 2/ Frédéric Houvert à Néon, jusqu'au 24 juin Frédéric Houvert a invité au centre d'art Néon trois autres artistes (Daniel Mato, Laurent Proux et Fabio Viscogliosi) pour une exposition épurée aux confins de l'abstraction, de l'ornementation et du minimalisme. Les formes et les sensation

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Des expos qui feront bouger les lignes

Expositions | Qu'elle prenne pour origine un souffle indistinct ou au contraire une limpidité idéale, l'image artistique tente de faire bouger nos perceptions, nos émotions et nos manières de penser. Et va parfois, pour cela, jusqu'à "s'encanailler" avec la littérature, le cinéma et le design.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 janvier 2017

Des expos qui feront bouger les lignes

« Le rêve sait à sa façon que l'image est chaos » écrit le psychanalyste Pierre Fédida dans un article au titre évocateur : Le souffle indistinct de l'image. Rêves et œuvres artistiques, selon Fédida, auraient pour origine fluctuante et floue une sorte d'haleine, de brume d'images mouvantes, charriant quelques fantômes et réminiscences ancestrales... C'est dans cette "ambiance", sous ce point de vue, que l'on peut appréhender les tableaux si singuliers du jeune peintre lyonnais Frantz Metzger que la galerie Anne-Marie et Roland Pallade présentera pour la deuxième fois, du 19 janvier au 11 mars. Les corps de ses personnages y semblent composés autant de chair que d'air brumeux, et revisitent avec force et trouble quelques scènes classiques : annonciation, mythe de Diane et Actéon, descente de la croix... Dans un tout autre genre (installations, environnements...), l'artiste belge Ann Veronica Janssens (née en 1956) travaille elle aussi à partir de matériaux informels comme la lumière, le son, ou ses fameux brouillards col

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Plongée dans les carnets de Jean-Guy Coulange

Création radiophonique | « Je rencontre Claire Bouteloup et commence la lecture de Mémoires vives, son recueil d'entretiens et d'analyses sur la marée noire de l'Amoco. Je (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 décembre 2016

Plongée dans les carnets de Jean-Guy Coulange

« Je rencontre Claire Bouteloup et commence la lecture de Mémoires vives, son recueil d'entretiens et d'analyses sur la marée noire de l'Amoco. Je note. La mer comme une tôle ondulée avec une espèce de bruit métallique. On n'entend pas un oiseau. Hululements des rouleaux de pétrole. C'est frappant le silence. Tracteurs, tonnes à lisier, pompes, pelleteuses » écrit Jean-Guy Coulange en 2010, dans l'un de ses carnets sonores et photographiques. Chaque carnet évoque ainsi, dans un style elliptique et sobre, le processus de création d'une œuvre sonore ou, plus rarement, d'un projet photographique. Et le lecteur le suit ainsi de Bretagne en Californie, du Havre en Grèce, au plus près de matières sonores et sensibles qui déboucheront ensuite sur des "essais radiophoniques", des "contes radiophoniques", des portraits, des entretiens, diffusés sur France Culture, la RTBF... Après avoir été compositeur et multi-instrumentiste pour la chanson, le théâtre et le cinéma, Jean-Guy Coulange se consacre, depuis 2008, entièrement à la création sonore et radiophonique.

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Anne Maurel sur les traces de Giacometti

CONNAITRE | Déjà journal bimestriel, revue pluridisciplinaire semestrielle, Hippocampe devient aussi éditeur avec la publication ce mois-ci de Je descends la rue de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 novembre 2016

Anne Maurel sur les traces de Giacometti

Déjà journal bimestriel, revue pluridisciplinaire semestrielle, Hippocampe devient aussi éditeur avec la publication ce mois-ci de Je descends la rue de Siam (carnets sonores et photographiques) du créateur sonore Jean-Guy Coulange, et Avec ce qu'il resterait à dire (sur une figurine d'Alberto Giacometti) de Anne Maurel. Cette dernière se lance dans une sorte de fiction-documentaire sur une minuscule sculpture de Giacometti, représentant une femme aimée. « L'émotion ressentie à la vue de la figurine sous sa vitrine est revenue m'envahir, comme si elle me mettait en cause, moi et le sentiment de l'espace devant moi. Dans la distance me séparant d'un autre corps, il y avait comme un élan interrompu. » dit Anne Maurel, dont l'écriture tente de prolonger cet élan avec des mots. Pour lancer sa nouvelle activité d'éditeur et cet ouvrage, Hippocampe organise une soirée avec Anne Maurel à la galerie Michel Descours le mercredi 30 novembre à 19 heures.

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K., le procès des images

URDLA | Plutôt que de s'en méfier, Frédéric Khodja nous invite à faire confiance aux images, et se lance à l'URDLA sur leur(s) piste(s), explorant leurs métamorphoses, leurs devenirs, leurs présences énigmatiques.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 juin 2016

K., le procès des images

À Villeurbanne, au fronton de la porte d'entrée d'une maison, sont gravés les mots : « Mon rêve ». Est-ce le rêve de l'architecte, celui du propriétaire ? Le rêve est-il la maison ou est-il contenu entre ses murs ? Ou bien, hypothèse plus incongrue, est-ce là simplement un tag ancestral, le rêve se réduisant alors à l'inscription elle-même, à la gravure qui évide la pierre ? Si le rêve est puissance créatrice d'images, il peut ainsi se décliner en contenant (l'écran du rêve) et en contenu (les images du rêve qui s'y projettent), en recto (voir) et en verso (être vu), en plein et en creux, en présence et en absence... Toutes interrogations qui traversent et irriguent l'exposition de Frédéric Khodja à l'URDLA, réunissant des estampes, des dessins, des volumes, des croquis... On y retrouve aussi la présence forte de l'architecture, motif quasi obsessionnel chez l'artiste. Il y est question par exemple de la Villa Malaparte (où Godard tourna Le Mépris en 1963), de fenêtre (celle notamment à travers laquelle

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La Revue des revues

Festival | Pour sa 2e édition, le festival Livraisons réunit une vingtaine de revues (de sciences humaines, littérature, arts...) à travers des débats, des lectures et des spectacles. Gwilherm Perthuis (co-organisateur de l'événement avec Paul Ruellan) nous en confie la teneur.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 mai 2016

La Revue des revues

Qu'est-ce qu'une revue ? On peut la différencier du livre avec ses contenus plus courts ; du mook qui, lui, concerne plutôt les grands reportages et qui est venu pallier certains manques dans la presse ; et du magazine avec, en ce qui concerne la revue, une périodicité moins fréquente, des textes plus approfondis et plus distanciés d'avec l'actualité. Ceci dit, le "médium revue" peut prendre des formes extrêmement variées, de la revue de poésie MUSCLE qui contient deux textes et se présente sous la forme d'une feuille pliée quatre fois, à la toute nouvelle revue Apulée dirigée par Hubert Haddad qui compte quelque 400 pages. La revue se caractérise aussi par un soin particulier apporté à la typographie, à la mise en page, aux liens entre les textes et les images. En ce sens, il n'existe pas vraiment de revue sur Internet, où les contenus ne sont pas travaillés de la même manière. Comment se portent les revues aujourd'hui ? L'association Livraisons est centrée sur les revues de sciences humaines, d'art et de littérature. En ce qui les concerne, en France, il existe environ un millier de revues (en comptant

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Hippocampe explore l'enjeu migratoire

CONNAITRE | La revue lyonnaise qui donne à penser est de retour sur les étals des libraires : pour 2€50, Hippocampe offre tous les deux mois un sommaire touffu. Ce (...)

Sébastien Broquet | Mardi 15 mars 2016

Hippocampe explore l'enjeu migratoire

La revue lyonnaise qui donne à penser est de retour sur les étals des libraires : pour 2€50, Hippocampe offre tous les deux mois un sommaire touffu. Ce n°25 ne déroge pas à la règle : dossier sur l'enjeu migratoire, entretien poussé avec l'écrivain islandais Eiríkur Örn Norddahl (en photo) ou l'historien Patrick Boucheron, critiques d'Histoire de la Littérature d'Olivier Cadiot et d'expositions (Dubuffet, etc). La revue, à la maquette aussi sommaire qu'est dense le contenu, est menée par Gwilherm Perthuis. À dénicher chez Passages, rue de Brest.

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Le Démon d'or vous entraîne au bout de la nuit

MUSIQUES | «L’accès au festival se fait uniquement par la commune de Limonest car la route de la Glande est en sens unique» prévient le site du Démon d'or. (...)

Benjamin Mialot | Mardi 23 juin 2015

Le Démon d'or vous entraîne au bout de la nuit

«L’accès au festival se fait uniquement par la commune de Limonest car la route de la Glande est en sens unique» prévient le site du Démon d'or. Indirectement, le ton est donné : on ne se rend pas là-haut pour se tourner les orteils, surtout que la programmation de l'édition 2015 de cette chasse aux fantômes de l'ennui en milieu bucolique est particulièrement gratinée. Notamment en matière de musiques à danser, via la présence d'une flopée de Lyonnais bien connus de nos services, selectors au goût sûr (Fabylicious, Freakistan, Boulimix...) ou jeunes talents à bon droit (Submarine FM et son post-dubstep aux reflets d'argent, le dompteur de beats Groove Sparkz, le quatuor de trip-hop de chambre Wild Wild Waves), mais aussi et surtout grâce à une carte blanche au collectif Encore au cours de laquelle la techno se déclinera sur tous les tons, du hardcore cybernétique de Manu le Malin à l'ambient molletonnée de Benjamin Damage. C'est toutefois côté hip-hop, qu'on l'aime détendu

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Des images au balcon

ARTS | Depuis la rentrée de septembre, nous traquons dans nos papiers l'étrange et passionnant devenir des images à travers certaines expositions. Images réinterrogées (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 novembre 2014

Des images au balcon

Depuis la rentrée de septembre, nous traquons dans nos papiers l'étrange et passionnant devenir des images à travers certaines expositions. Images réinterrogées dans leur essence par Céline Duval à Vénissieux, images remixées et stratifiées à travers plusieurs médiums chez Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize à l'URDLA, collages et montages d'images jusqu'à la démence chez Erró au MAC... Quelques spectacles récents nous ont saisi aussi par l'utilisation singulière des images dans leur mise en scène. C'est Pierrick Sorin, par exemple, qui en juin dernier à l'Opéra montrait la "fabrique artisanale" des images dans sa Flûte enchantée. C'est Philippe Vincent qui, aux Ateliers le mois dernier, fait circuler les spectateurs d'une salle de cinéma à… une salle de théâtre où l'on tourne en direct le film projeté (Rêves Kafka). C'est, enfin, la chorégraphe Michèle Noiret qui, dans Hors champ, parvient parfois à un

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A l'ombre des tableaux : les expos de l'été

ARTS | Dans les musées comme dans les galeries, l'amateur d'art contemporain aura la chance de pouvoir découvrir cet été à Lyon un grand nombre d'expositions de haute tenue. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 juillet 2014

A l'ombre des tableaux : les expos de l'été

Depuis le début de sa longue carrière, le photographe Georges Rousse réalise d'étonnants trompe-l’œil en investissant des lieux déshérités, les transformant, les repeignant, en redéfinissant leur structure pour composer ses images. Celles-ci entremêlent abstraction et architecture, poésie et réalité concrète. L'exposition qui lui est consacrée au Plateau (jusqu'au 26 juillet) rassemble une quarantaine d'images à travers un bel accrochage retraçant les grandes lignes de son œuvre.   Le plus jeune plasticien Guillaume Leblon s'empare lui des espaces de l'Institut d'Art Contemporain (jusqu'au 24 août) pour inviter le visiteur à «une promenade visuelle» donnant de nouvelles perspectives sur l'architecture et les objets. Les premières salles sont les plus réussies, avec un immense cube d'argile frais ouvert à toutes les figures possibles, des fantômes d'anima

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A ciel ouvert

ARTS | Frédéric Khodja expose à la galerie Besson des dessins et des collages récents, traçant des topographies imaginaires à la fois étranges et inquiétantes. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 juillet 2014

A ciel ouvert

Au milieu de l'accrochage de ses dessins, Frédéric Khodja nous dit espérer «que ces images tissent entre elles, pour le regardeur, une sorte de langage commun». Jetant un coup d'oeil rapide et circulaire, nous remarquons la présence, la récurrence, d'une œuvre à l'autre, de "trous". Trous oculaires dans les masques ou les visages, cercles géométriques "creusés" dans des rochers se faisant face, trous dans le sol de certains espaces... On pourrait presque s'imaginer passer d'un dessin à l'autre par ces ouvertures, ou y plonger telle Alice dans un terrier ouvrant à une logique incongrue, à une dimension irrationnelle. Mais peut-être que, plus précisément, ces vides se posent ici comme autant de "sites de l'étranger", de lieux d'accueil du manque, de l'absence, de la perte. Si langage il y a, si les images "parlent" d'une certaine façon, c'est pour nous inviter à les ouvrir, à les approfondir de nos propres failles, angoisses et représentations intempestives. Une idée très proche de la thèse du critique d'art Georges Didi-Huberman qui, dans Ce que nous voyons, ce qui nous regarde, attribue à l'image «le pouvoir d'imposer sa visualit

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Sur la route des expos

ARTS | Qu'ils voyagent dans des espaces fictifs ou réels, les (bons) artistes opèrent toujours chez nous un déplacement du regard. Petite sélection, non exhaustive, des expositions attendues en ce début d'année 2014. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 janvier 2014

Sur la route des expos

Après avoir accueilli une partie de la Biennale, le Musée d'art contemporain semble vouloir décompresser avec la curieuse et vrombissante exposition Motopoétique (du 21 février au 20 avril). Soit 200 œuvres signées par 38 artistes (BP, Alain Bublex, Ange Leccia, Xavier Veilhan...) et réunies par le critique d'art Paul Ardenne (auteur notamment du très intéressant Art, l'âge contemporain), toutes en rapport avec... la moto ! Les non bikers auront quelques doutes sur l'intérêt de ladite thématique, mais Paul Ardenne nous assure percevoir et ressentir la moto comme «un outil essentiel mis au service d'un sensualisme total». «La moto condense tout à la fois le mécanique, le viscéral, l'animal, le brut» et le critique fonceur n'hésite pas à y voir jusqu'à un «objet transitionnel» en citant le psychanalyste Winnicott ! A moto, en auto ou en bus, le photographe Bernard Plossu a depuis longtemps fait de l'errance une ligne à la fois éthique et esthétique. Après ses voyages au Mexique ou aux Etats-Unis, il présentera au Réverbère (du 18 janvier au 12 avril) des photographies glanées au Portugal et en G

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À propos de "Zorzi"

ARTS | Seul artiste contemporain exposé dans la belle exposition "Le Dessin en couleurs", parmi des œuvres d’artistes illustres (Le Douanier Rousseau, Roberto Matta, Oskar Bergman, Jean Tinguely, Pierre Tal-Coat…), Frédéric Khodja se livre ici au difficile exercice du commentaire (détaillé) de sa propre création intitulée "Zorzi".

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 18 avril 2013

À propos de

«Zorzi est un dessin aux crayons de couleur, dessin dessiné sur vélin de Rives au printemps 2011, dessin dessiné également, dès ses débuts et à la toute fin de sa construction, avec de petites gommes blanches taillées comme des silex. La feuille épaisse mesure un mètre soixante par un mètre vingt, l'image est installée au centre du papier et mesure cent deux centimètres par soixante treize centimètres. Les plans colorés sont distincts et fondus, les passages des verts, des bruns, des gris et des bleus sont visibles et mêlés. Un événement amplifie la composition du récit interne de ce paysage doté d'arbres, de rochers et d'un ciel : un volume crayeux dans la partie droite, en suspension quasiment au premier plan, élément percé d'un oculus le faisant masque et ossement tout à la fois.  L'événement se répercute de l'autre côté du dessin avec la présence d’une cascade gelée qui modifie l'arbre en surplomb : trois masses de stalactites se forment entre les branches. Zorzi est un montage atmosphérique. Si je reprends le carnet sur lequel j'ai tracé les prémisses du dessin, je lis : "Un jour de

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Revue des revues

ARTS | Malgré leur mort clinique annoncée, les revues d’art bougent encore. Mieux, à Lyon, "Initiales" vient de naître à l’Ecole des Beaux-Arts. Et d’autres, guère plus anciennes (Hippocampe, Specimen, Rodéo), nous donnent rendez-vous pour une rencontre avec leurs responsables à la galerie Descours. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 7 février 2013

Revue des revues

Désuet le papier ? Enterrées les revues ? Passée de mode la critique d’art prenant son temps et son souffle ? A Lyon, en l’espace de quelques mois et à contre-courant de toutes les idioties proférées sur le tout numérique, trois revues d’art de qualité ont vu le jour. Et c’est loin d’être l’affaire de "vieux cons" hors de l’époque et ne sachant pas manier une souris… Gwilherm Perthuis, qui n’a pas passé la barre de la trentaine, a fondé il y a quelques années la belle revue semestrielle et pluridisciplinaire Hippocampe (arts, littérature, sciences humaines), dont nous avons déjà fait l’éloge dans ces colonnes et qui sortira ces jours-ci un nouvel opus consacré au Liban. Non content de cela, l’agitateur d’idées a lancé en octobre dernier un mensuel du même nom : quatre grandes pages débordant de textes où l’on peut lire de longues critiques d’expositions, des chroniques de spectacles, de livres ou de disques. Dans un premier édito tonitruant, il écrit : «De plus en plus de médias publient des papiers généraux sur des expositions qui n’ont pas encore ouvert leurs portes et sur lesquelles ils proposent simplement quelques arguments tirés des dossiers de presse. Les mag

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Podcast / Entretien avec Emilie Renard et Emmanuel Tibloux (ENSBA Lyon)

ARTS | L’exposition ‘De nombreuses mains colorées’ à l’Ecole des Beaux-arts de Lyon est l’occasion de rencontrer le commissaire Emilie Renard

Dorotée Aznar | Mercredi 30 mai 2012

Podcast / Entretien avec Emilie Renard et Emmanuel Tibloux (ENSBA Lyon)

Date de première diffusion:  29 Mai 2012 Emission n°111  Durée: 31’30 minInvité: Emilie Renard, commissaire d’exposition; Emmanuel Tibloux, directeur Ecole Nationale Supérieure Beaux-Arts Lyon.Contenu: L’exposition ‘De nombreuses mains colorées’ qui se tient à l’Ecole des Beaux-arts de Lyon jusqu’au 30 Juin 2012 est l’occasion de rencontrer le commissaire Emilie Renard, missionné pour animer le lieu d’exposition de l’école; ainsi que le nouveau directeur Emmanuel Tibloux afin de voir quels sont ses projets pour l’école. Chroniques: Simon Feydieu et Marie Bassano se penchent sur New York Stories pour leur capsule cinématographique; Gwilherm Perthuis s’intéresse à John Baldessari. Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine  Liens utiles : Le site web de l’ENSBA de Lyon

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Podcast / Entretien avec Stéphane Couturier

ARTS | La fondation Salomon, située tout près d’Annecy, propose jusqu’au 3 Juin 2012 une exposition de photographies et de vidéos de Stéphane Couturier

Dorotée Aznar | Jeudi 3 mai 2012

Podcast / Entretien avec Stéphane Couturier

Date de première diffusion:  1er Mai 2012 Emission n°107 Durée: 31’12 minInvité: Stéphane Couturier, artisteContenu: La fondation Salomon, située tout près d’Annecy, propose jusqu’au 3 Juin 2012 une exposition de photographies et de vidéos de Stéphane Couturier. Le photographe revient pour nous sur les travaux qu’il présente à cette occasion. Chroniques: Michel Nuridsany dresse un bilan de ‘Drawing Now’, nouveau nom du salon du dessin d’art contemporain de PAris; Gwilherm Perthuis édifie une revue de presse de la Triennale de Paris. Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine  Liens utiles : Le site de la fondation Salomon

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Podcast / Entretien avec Gyan Panchal

ARTS | Le sculpteur Gyan Panchal expose jusqu’au 28 Avril 2012 à Lyon dans la vitrine Bikini.

Dorotée Aznar | Mercredi 11 avril 2012

Podcast / Entretien avec Gyan Panchal

Date de première diffusion:  10 Avril 2012Emission n°105 Durée: 31’45 minInvité: Gyan Panchal, artisteContenu: Le sculpteur Gyan Panchal expose jusqu’au 28 Avril 2012 à Lyon dans la vitrine Bikini. Ce lieu d’art, aussi petit dans ses dimensions que grand dans sa programmation, nous propose une nouvelle fois de découvrir un artiste d’envergure. Entretien. Chroniques: Gwilherm Perthuis présente ‘Conversations’ de Manuel Fandat; Solenne Livolsi nous parle du photographe Malgache Pierrot Men. Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine  Liens utiles : Le site de la galerie Frank Elbaz, galerie de Gyan Panchal

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Podcast / Entretien avec Bertrand Lacombe et Sophie Dejode

ARTS | Sophie Dejode et Bertand Lacombe exposent leur travail à la galerie Roger Tator à Lyon jusqu’au 4 Mai 2012.

Dorotée Aznar | Mercredi 28 mars 2012

Podcast / Entretien avec Bertrand Lacombe et Sophie Dejode

Date de première diffusion:  27 Mars 2012Emission n°103 Durée: 31’36 minInvité: Bertrand Lacombe, Sophie Dejode, artistesContenu: Sophie Dejode et Bertand Lacombe exposent leur travail à la galerie Roger Tator à Lyon jusqu’au 4 Mai 2012. Il s’agit d’une exposition en plusieurs étapes, la galerie Tator accueillant la deuxième, intitulée “Cadavre Exquis – Épisode 2 : Michelle”. Les artistes, qui signent ensemble leur production depuis la fin des années 90, reviennent sur les grandes lignes de leur production artistique. Chroniques: Marie Bassano et Simon Feydieu proposent une nouvelle capsule cinématographique issue du dernier film de Polanski; Gwilherm Perthuis se penche sur le nouvel ouvrage du MAMCO qui interroge les liens entre art et science-fiction. Liens utiles :  Le site de la galerie Roger Tator Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine 

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Podcast / Entretien avec Jan Fabre

ARTS | Le Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne expose l’artiste Jan Fabre pour une rétrospective intitulée ‘les années de l’heure bleue’

Dorotée Aznar | Mercredi 14 mars 2012

Podcast / Entretien avec Jan Fabre

Date de première diffusion:  13 Mars 2012Emission n°101 Durée: 31’32 minInvité: Jan Fabre, artiste; Pauline Faure, responsable service exposition MAMSEContenu: Le Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne expose l’artiste Jan Fabre pour une rétrospective intitulée ‘les années de l’heure bleue’ jusqu’au 28 Mai 2012. Cette exposition propose une importante collection de pièces produites entre 77 et 92, mais aussi une nouvelle proposition pour l’entrée du musée, toutes réalisées avec des stylos BIC bleus inlassablement épuisés sur leur support plan ou sculptural. Jan Fabre a accepté de répondre à quelques questions. Chroniques: Gwilherm Perthuis se penche sur les revues de dessin, Solenne Livolsi s’attache au système des artothèques à travers la nouvelle exposition du centre photographique de Lectoure ‘L’espace de l’autre’. Liens utiles :  Vidéo amateur d’une des oeuvres les plus monumentales de l’artiste Jan Fabre lors de la Bienn

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Podcast / Entretien avec Lili Reynaud - Dewar

ARTS | Le Magasin de Grenoble invite l’artiste Lili Reynaud-Dewar à investir son espace jusqu’au 24 Avril 2012.

Dorotée Aznar | Mercredi 15 février 2012

Podcast / Entretien avec Lili Reynaud - Dewar

Date de première diffusion:  7 Février 2012Emission n°97 Durée: 35’38 minInvité: Lili Reynaud-Dewar, artisteContenu: Le Magasin de Grenoble invite l’artiste Lili Reynaud-Dewar à investir son espace jusqu’au 24 Avril 2012. La jeune plasticienne a accepté de répondre à nos questions sur ‘Ceci est ma maison’, l’exposition complexe qu’elle propose.     Chroniques: Califragilisticse penche sur la notion d’habitat au micro de MattCoco; Gwilherm Perthuis introduit une nouvelle somme française sur Joseph Beuys. Liens utiles : Texte de Florence Dérieux à propos de L. Renaud-Dewar sur le site de la Zoo Galerie Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine 

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Vent du sud

ARTS | Arts visuels, philosophie, littérature... Sous la houlette de Gwilerm Perthuis et dans le sillage de l'idée de montage chère à Walter Benjamin, la revue (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 février 2012

Vent du sud

Arts visuels, philosophie, littérature... Sous la houlette de Gwilerm Perthuis et dans le sillage de l'idée de montage chère à Walter Benjamin, la revue Hippocampe brasse large. Embrasse beaucoup, bien étreint. Ses numéros proposent alternativement une thématique générale et une thématique géographique. Le sixième consacré à la Catalogne n'avait, a priori, rien de très excitant. Mais comme ce fut déjà le cas pour la Nouvelle-Zélande, la revue aux tonalités catalanes nous surprend encore par la diversité des angles de vue, l'originalité et la qualité de la plupart des articles. On y croise George Orwell à l'engagement relu par Roger Dadoun, le photographe irrévérencieux Joan Fontcuberta, un portrait littéraire de Salvador Dali par Josep Pla, un texte inédit de l'écrivain espagnol Enrique Vila-Matas... Et aussi une passionnante interview, longue et fouillée, de l'artiste Jordi Colomer dont on avait pu découvrir le travail dans une superbe exposition monographique à l'Institut d'Art Contemporain. En m

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Les rendez-vous de la création contemporaine #91

ARTS | Podcast / De passage à Lyon pour une conférence à l’école des Beaux-arts, Clément Rodzielski a accepté de répondre à quelques questions concernant son travail. Gwilherm Perthuis s’intéresse à l’ouvrage ‘Ecorces’ de Georges Didi-Huberman; Michel Nurisdany part en Hongrie et évoque la situation de l’art et ses rencontres artistiques.

Dorotée Aznar | Mercredi 4 janvier 2012

Les rendez-vous de la création contemporaine #91

Date de première diffusion:  4 Janvier 2012Emission n°91Durée: 30’52 minInvité: Clément Rodzielski, artiste. Contenu: De passage à Lyon pour une conférence à l’école des Beaux-arts, Clément Rodzielski a accepté de répondre à quelques questions concernant son travail. Il s’agit d’une opportunité de découvrir la démarche d”un artiste qui agit loin de la facilité.   Chroniques: Gwilherm Perthuis s’intéresse à l’ouvrage ‘Ecorces’ de Georges Didi-Huberman; Michel Nurisdany part en Hongrie et évoque la situation de l’art et ses rencontres artistiques. Liens utiles: Site web de la galerie française de C. Rodzielski, la galerie Chantal Crousel. Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine 

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Sous le signe d'Hippocampe

CONNAITRE | Revue / Un phallus blanc pénétrant une femme à tête d'épinards dont le cœur fait «ah !». Telle est la couverture plutôt osée du nouveau numéro de la revue (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 27 mai 2010

Sous le signe d'Hippocampe

Revue / Un phallus blanc pénétrant une femme à tête d'épinards dont le cœur fait «ah !». Telle est la couverture plutôt osée du nouveau numéro de la revue "Hippocampe", consacré au thème de la signature. Il s'agit en l'occurrence d'un cadavre exquis de 1929 signé par André Breton et quelques autres. Mais ce qui est osé surtout avec "Hippocampe", c'est de se lancer dans l'aventure d'une revue dense, «sérieuse», ne répondant à aucune sirène de la mode, et touchant à toutes les disciplines (arts, littérature, philosophie, sciences humaines). L'initiative en revient à Gwilherm Perthuis, jeune doctorant lyonnais en histoire de l'art. La revue a fait des débuts balbutiants sous forme de fascicules, avant de se lancer dans une nouvelle série de numéros plus étoffés. Ce troisième opus est une véritable réussite, avec une pagination augmentée, une maquette remaniée, et des textes et une iconographie souvent passionnants. À partir de l'idée de montage chère à Walter Benjamin, "Hippocampe" se compose d'images et d'écrits aux contenus très divers : une interview de Jacques Aubert qui a dirigé la dernière traduction d'"Ulysse" de Joyce et qui travailla avec Lacan, une courte nouvelle de l'espag

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Œuvres ouvertes

ARTS | Dans son nouveau et très beau lieu d'exposition, la galerie Françoise Besson consacre sa troisième exposition au dessinateur Frédéric Khodja. Ses œuvres, âpres au premier abord, révèlent peu à peu des espaces étranges et énigmatiques, stimulant les sens et l'imagination. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 11 mars 2010

Œuvres ouvertes

Quoi de pire qu'une image qui cherche à tout prix à produire un effet précis sur le spectateur ? Quoi de plus asphyxiant, assommant et manipulateur qu'une œuvre d'art, une musique, un film à «effets». «Vraiment l'émancipation commence lorsque justement il y a rupture entre la cause et l'effet. C'est dans cette béance que s'inscrit l'activité du spectateur», déclare le philosophe Jacques Rancière dans un entretien. Et les dessins de Frédéric Khodja s'inscrivent, selon nous, au sein de cette béance. Il faut du coup prendre un peu de temps pour se les approprier, les peupler, les associer à nos propres préoccupations ou désirs, les «habiter» en quelque sorte. Leur relative austérité au premier abord invite aussi à cela, et risque de laisser les plus pressés indifférents... Parmi les motifs essentiels de l'artiste, il y a celui, crucial «des lieux vides ou vidés, en tout cas occupés par peu de choses. Je souhaite qu'il y ait peu d'éléments, pas d'exubérance, pas de baroque. Cela permet au regardeur de s'approprier l'image, une image en creux en quelque sorte», nous confie Frédéric Khodja. Au stylo à bille ou au crayon de couleur (avec une grande économie de moyens donc), il ouvre une s

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