Des expos qui feront bouger les lignes

Expositions | Qu'elle prenne pour origine un souffle indistinct ou au contraire une limpidité idéale, l'image artistique tente de faire bouger nos perceptions, nos émotions et nos manières de penser. Et va parfois, pour cela, jusqu'à "s'encanailler" avec la littérature, le cinéma et le design.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 janvier 2017

Photo : © DR


« Le rêve sait à sa façon que l'image est chaos » écrit le psychanalyste Pierre Fédida dans un article au titre évocateur : Le souffle indistinct de l'image. Rêves et œuvres artistiques, selon Fédida, auraient pour origine fluctuante et floue une sorte d'haleine, de brume d'images mouvantes, charriant quelques fantômes et réminiscences ancestrales... C'est dans cette "ambiance", sous ce point de vue, que l'on peut appréhender les tableaux si singuliers du jeune peintre lyonnais Frantz Metzger que la galerie Anne-Marie et Roland Pallade présentera pour la deuxième fois, du 19 janvier au 11 mars. Les corps de ses personnages y semblent composés autant de chair que d'air brumeux, et revisitent avec force et trouble quelques scènes classiques : annonciation, mythe de Diane et Actéon, descente de la croix...

Dans un tout autre genre (installations, environnements...), l'artiste belge Ann Veronica Janssens (née en 1956) travaille elle aussi à partir de matériaux informels comme la lumière, le son, ou ses fameux brouillards colorés invitant le spectateur à s'y perdre. Ses œuvres explorent les rapports du corps à l'espace, tentant à chaque fois de bouleverser nos repères perceptifs habituels. Du 24 mars au 7 mai, l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne lui consacrera une importante exposition monographique réunissant pièces anciennes et nouvelles productions.

Vers l'utopie

Du souffle indistinct de l'image à la clarté de la ligne et des formes, il y aura cette année à Lyon comme un mouvement aboutissant en juin à un nouvel événement à la Sucrière aux lignes franches : une Biennale internationale d'architecture sur le thème de l'utopie du 8 juin au 9 juillet. D'ici là, la galerie Françoise Besson s'intéressera à "la ligne" (avec, notamment, l'architecte Gilles Perraudin et la peintre abstraite et géométrique Aurélie Nemours), le centre d'art la BF15 continuera à explorer l'idée de trame (exposition Joséphine Kaeppelin du 27 janvier au 18 mars), et la galerie Snap au devenir du minimalisme chez de jeunes artistes internationaux.

Mais cette dichotomie entre distinct et indistinct sera elle-même brouillée par quelques artistes oscillant entre ces deux pôles. On retrouvera par exemple avec bonheur l'artiste lyonnais Frédéric Khodja (à la galerie Besson du 2 juin au 1er juillet) dont l'intérêt pour l'architecture et les formes géométriques le dispute à la création de "lieux impossibles" ou paradoxaux.

Et la galerie Michel Descours nous invitera, à partir du 6 avril, à redécouvrir le peintre franco-suisse Pierre De Maria (1896-1984) qui fut fasciné par le monde industriel des machines pour mieux le métamorphoser sur ses toiles en figures surréalistes et hybrides.

Vers l'Ouest

L'année artistique 2017 sera marquée aussi par deux événements brouillant les lignes cette fois-ci entre différentes disciplines. En mars (du 10 mars au 9 juillet), au Musée d'Art Contemporain de Lyon, Los Angeles, une fiction se proposera rien moins que de revisiter le rêve américain et hollywoodien à travers les productions artistiques et littéraires de L.A. L'exposition réunira quatre-vingt quatre écrivains (T.C. Boyle, Charles Bukowski, John Fante, Bret Easton Ellis, James Ellroy...) et trente-quatre plasticiens. Avec, parmi ces derniers, des figures historiques comme David Hockney, Edward Ruscha, John Baldessari, Larry Bell, et nombre de jeunes artistes : Ryan Trecartin, Lizzie Fitch, Alex Israel...

Nos voisins du Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne, dans le cadre de la 10e Biennale internationale de design, entremêleront, quant à eux, art, design et cinéma, dans l'exposition Popcorn (du 9 mars au 17 septembre). En quatre grandes séquences, elle montrera les influences réciproques du cinéma et du design, tout en traversant le monde du travail tayloriste de Chaplin ou le western.

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Cinq expos à voir à Lyon en septembre

Bons Plans | De l’onirisme, des espaces étranges, de l’art singulier, de l’abstraction… Nous avons sélectionné pour vous cinq expositions à ne pas rater ce mois-ci !

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 17 septembre 2021

Cinq expos à voir à Lyon en septembre

Johanna Perret et Dorian Feraud La peintre Johanna Perret et le photographe Dorian Feraud exposent leurs œuvres à la galerie Regard Sud, dans un dialogue thématique et formel. Ces deux artistes explorent l’impalpable des ambiances atmosphériques, la dissolution des figures parmi les brumes, les espaces indistincts et évanescents. Une très belle découverte ! Johanna Perret et Dorian Feraud, Ether À la galerie Regard Sud jusqu’au 23 octobre Delphine Balley Pour sa première exposition muséale personnelle, Delphine Balley nous immerge dans le clair-obscur de ses photographies et ses films vidéo, mettant soigneusement et baroquement en scène des rites ancestraux (mariage, funérailles, partie de chasse…). Tout y est silencieux, étrange, onirique, sans oublier ici et là un soupçon d’humour. Parallèlement à cette exposition fort réussie, le MAC

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Dame nature est morte à la Galerie Michel Descours

Peinture | « Je ne crois pas aux paysages. Parfaitement. » écrit, en refusant de se justifier, le poète Fernando Pessoa. Sans se justifier beaucoup plus, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 octobre 2019

Dame nature est morte à la Galerie Michel Descours

« Je ne crois pas aux paysages. Parfaitement. » écrit, en refusant de se justifier, le poète Fernando Pessoa. Sans se justifier beaucoup plus, la Galerie Michel Descours a invité trois artistes contemporains sous l'égide de cet athéisme paysager. C'est curieux pour Marc Desgrandchamps qui ne fait, depuis bien des années, quasiment que cela : peindre des paysages ! Mais ça l'est moins lorsqu'on découvre concrètement ses toiles qui ne cessent de faire dégouliner les perspectives, trembler les lignes d'horizon et les motifs, rendre aussi fantomatique que vaporeuse toute réalité, qu'elle relève de dame nature ou de ses excroissances humaines. C'est aussi assez curieux pour Frédéric Khodja qui dessine, surtout, des architectures imaginaires et des espaces improbables, en ouvrant des fenêtres quasi "paysagères" ou (plutôt) cinématographiques sur le monde. L'artiste se révèle être aussi, par la bande, un post-romantique : certes moins versé vers le rendu paysager scrupuleux de l’Éco

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Cinq expositions à voir dans les galeries ces prochains mois

Bons Plans | Voici cinq petites expositions en galeries qu'il vous faut cocher sur votre agenda.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

Cinq expositions à voir dans les galeries ces prochains mois

S'inspirer de Pessoa Je ne crois pas au paysage rassemble trois artistes à la galerie Descours. Le titre est du poète Fernando Pessoa, extrait du Livre de l'intranquillité. Une intranquillité qui sied si bien avec le travail de chacun des artistes : l'évanescence et l'incertitude ontologique des peintures de Marc Desgrandchamps, les topologies imaginaires et les géométries alternatives de Frédéric Khodja, les formes végétales incertaines entre douceur et angoisse de Mélanie Delattre-Vogt... Je ne crois pas au paysage À la galerie Michel Descours jusqu'au 31 octobre Voir enfin l'URDLA La nouvelle exposition de l'URDLA a un double intérêt : nous faire redécouvrir ce lieu atypique et nous faire découvrir un artiste méconnu, Mark Geffriaud. Le plasticien (performeur, vidéaste, sculpteur...) s'approprie les espaces du centre international de l'estampe et ses impressionnantes presses ou autres objets. Il invite le spectateur à un parcours entre fiction et réalité, objets réels et artefacts artistiques... Mark Geffriaud À l'URDLA ​jusqu'au 30 octobre

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Traces et tracés de Frédéric Khodja à la galerie Besson

Dessin | Aujourd'hui, tout est "tracé" : produits, patients, sujets, actes professionnels et privés... Faut-il en être réellement rassurés ou s'en alarmer ? Cette (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 juin 2017

Traces et tracés de Frédéric Khodja à la galerie Besson

Aujourd'hui, tout est "tracé" : produits, patients, sujets, actes professionnels et privés... Faut-il en être réellement rassurés ou s'en alarmer ? Cette conception de la trace, cette tra(n)sparence objective est à mille lieux de celle d'un artiste comme Frédéric Khodja. La trace ou le vestige visuel devient chez lui un fragment à partir duquel créer, inventer, dessiner... Ses œuvres se veulent les rémanences, mi-réelles mi-fictives, de paysages vécus, d'images rencontrées, d'architectures rêvées, de fantômes de sensations. À la galerie Françoise Besson, il présente pour l'essentiel trois nouvelles séries de dessins dont les titres parlent d'eux-mêmes : Paysages mentaux, Architectures fantômes et Rêve d'exposition... Dans ce dernier ensemble, l'artiste semble comme déplier l'espace et les objets énigmatiques (encadrements vides, rideaux, panneaux...) d'un petit studio de peinture ou de photographie : rémanences et circulations visuelles centrées ici surtout sur le cadre, le voilé-dévoilé, l'espace et le dispositif de vision. Pour un peu, on se c

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Les 5 expos à voir en juin

Art | 1/ Frédéric Khodja à la galerie Françoise Besson, jusqu'au 31 juillet L'artiste lyonnais présente trois nouvelles séries de dessins à partir de réminiscences (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 1 juin 2017

Les 5 expos à voir en juin

1/ Frédéric Khodja à la galerie Françoise Besson, jusqu'au 31 juillet L'artiste lyonnais présente trois nouvelles séries de dessins à partir de réminiscences d'images et de souvenirs personnels : des Paysages mentaux, des Architectures fantômes. Ou encore des Rêves d'expositions, notre série favorite, où Frédéric Khodja met en scène une sorte de studio photo où rideaux, cadres vides, figures géométriques s'ouvrent sur de nouveaux espaces énigmatiques. Ces rêves s'avèrent être d'ailleurs étonnamment proches de l'univers d'un David Lynch et des prémices de la troisième saison de Twin Peaks ! 2/ Frédéric Houvert à Néon, jusqu'au 24 juin Frédéric Houvert a invité au centre d'art Néon trois autres artistes (Daniel Mato, Laurent Proux et Fabio Viscogliosi) pour une exposition épurée aux confins de l'abstraction, de l'ornementation et du minimalisme. Les formes et les sensation

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Les 5 expos à voir en mai

Art | Cinq expos qu'il faut voir ce mois-ci.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 2 mai 2017

Les 5 expos à voir en mai

1. Vagabondages, au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu'au 17 septembre Chaque année, le Musée Dini présente une exposition thématique rassemblant plusieurs artistes contemporains de la région. Cette nouvelle édition est consacrée aux '"vagabondages", errances tant physiques dans le paysage que psychiques dans l'imaginaire ou le rêve... On y découvre de très belles œuvres signées Marc Desgrandchamps, Jacques Truphémus, Jacques Monory, Max Schoendorff, Djamel Tatah, Carole Benzaken... 2. Pierre de Maria, Figuratif de l'imaginaire à la galerie Michel Descours jusqu'au 17 juin

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Ann Veronica Janssens : ouvrir l'œil à l'IAC

Art Contemporain | À travers un parcours simple et ouvert à tous, Ann Veronica Janssens propose de multiples expériences artistiques désorientant et élargissant nos perceptions visuelles.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 avril 2017

Ann Veronica Janssens : ouvrir l'œil à l'IAC

Traverser un frêle rideau de vapeur d'eau, contourner une surface bleue pailletée comme jetée sur le sol du musée, regarder au ralenti des particules blanches et cotonneuses s'échappant d'un vaporisateur... Telles sont quelques-unes des nombreuses expériences visuelles, et plus largement perceptives, que propose l'artiste d'origine britannique Ann Veronica Janssens (née en 1956 et vivant actuellement à Bruxelles) à l'Institut d'Art Contemporain. Depuis la fin des années 1970, Ann Veronica Janssens réalise principalement des œuvres in situ à partir de matériaux très simples (bois, verre, béton...) qui provoquent chez le spectateur des sensations physiques directes, en relation avec l'architecture du lieu. Pour son exposition monographique à Villeurbanne, l'artiste explique s'être focalisée en particulier sur des œuvres, récentes ou anciennes, « où il y a peu de choses préhensibles, et beaucoup d'idées de mouvement, de transformation.. » L'impalpable (la lumière et son spectre de couleurs, la

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Pierre De Maria : vie et œuvre des machines

Peinture | La galerie Descours consacre une exposition monographique au peintre méconnu Pierre De Maria, et à son univers atypique peuplé de "monstres" mi-organiques mi-mécaniques.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 11 avril 2017

Pierre De Maria : vie et œuvre des machines

Fils unique issu d'une famille très fortunée, Pierre De Maria (1896-1984) coule une enfance tranquille à Paris. Les De Maria possèdent l'une des rares industries produisant des appareils d'optique pour la photographie et la cinématographie. À dix-huit ans, la fleur au fusil, il s'engage dans l'armée et est envoyé au front comme artilleur. Il traversera la Première guerre mondiale sans blessure, mais non sans trauma psychique : « Je me suis engagé en 1914 par goût du spectacle rare. Celui-ci fut long et atroce mais j’ai appris l’amour des paysages calcinés, des monstres de fer et d’acier crachant du feu » déclare-t-il dans un entretien en 1980. Le monde industriel, la guerre et ses machines à tuer marqueront durablement Pierre De Maria et trouveront bientôt une place essentielle dans son œuvre picturale. À l'ombre des surréalistes Au retour du front, Pierre De Maria travaille comme peintre décorateur, retrouve sa vie de dandy, se lie d'amitié avec Henri-Pierre Roché, l'auteur du roman Jules et Jim. Il fré

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Frantz Metzger peint les mystères de l'existence

Peinture | Dans un grand souffle atmosphérique, les figures peintes par Frantz Metzger naissent et disparaissent dans des paysages. L'artiste revient sur ce devenir tragique et déchirant de ses figures, ainsi que sur sa conception de la peinture.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 février 2017

Frantz Metzger peint les mystères de l'existence

Qu'est-ce qui vous a amené à la peinture, quelles sont les grandes œuvres qui ont pu vous marquer à un moment ou à un autre de votre parcours ? Frantz Metzger : Pour évoquer les circonstances qui m'ont amené à la peinture, il faut, je crois, plutôt parler de processus ou de maturation que de parcours. J'ai toujours eu recours à l'imagination, et peut être qu'une certaine nécessité m'a conduit à des tentatives et à des balbutiements artistiques qui m'ont lentement fait découvrir la peinture et ses possibilités. Il y a eu simultanément les premiers chocs artistiques : Francis Bacon, Florence et la rencontre avec la peinture italienne, Titien surtout. Et Rembrandt. Tout cela m'a laissé entrevoir des possibilités de réconciliation d'avec la réalité, ainsi qu'une certaine façon de composer son existence, et cela s'est cristallisé dans l'acte de peindre quotidiennement. Qu'est-ce qui déclenche chez vous la composition d'un tab

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Matière grise : le laboratoire espace cerveau à l'IAC

IAC | En 2009, l'artiste belge Ann Veronica Janssens et la directrice de l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne, Nathalie Ergino, inventaient un drôle (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 2 novembre 2016

Matière grise : le laboratoire espace cerveau à l'IAC

En 2009, l'artiste belge Ann Veronica Janssens et la directrice de l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne, Nathalie Ergino, inventaient un drôle de lieu de recherche : le Laboratoire espace cerveau. L'idée est de réunir des scientifiques (des sciences dures aux sciences humaines en passant par la philosophie, voire par des savoirs un peu borderline comme la télépathie ou l'hypnose) et des artistes pour réfléchir, au regard des découvertes et recherches les plus récentes, sur les liens entre espace, temps, corps et cerveau. Expositions et journées de réflexion se déclinent en "stations" et la prochaine (la "station (1)0" les 4 et 5 novembre à l'IAC) ouvre un nouveau cycle autour de l'idée de monde cosmomorphe : soit une expérience étendue de l'environnement, entre infiniment grand et infiniment petit. Ces deux journées d'étude (entrée libre sur réservation) réuniront notamment les philosophes Didier Debaise

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K., le procès des images

URDLA | Plutôt que de s'en méfier, Frédéric Khodja nous invite à faire confiance aux images, et se lance à l'URDLA sur leur(s) piste(s), explorant leurs métamorphoses, leurs devenirs, leurs présences énigmatiques.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 juin 2016

K., le procès des images

À Villeurbanne, au fronton de la porte d'entrée d'une maison, sont gravés les mots : « Mon rêve ». Est-ce le rêve de l'architecte, celui du propriétaire ? Le rêve est-il la maison ou est-il contenu entre ses murs ? Ou bien, hypothèse plus incongrue, est-ce là simplement un tag ancestral, le rêve se réduisant alors à l'inscription elle-même, à la gravure qui évide la pierre ? Si le rêve est puissance créatrice d'images, il peut ainsi se décliner en contenant (l'écran du rêve) et en contenu (les images du rêve qui s'y projettent), en recto (voir) et en verso (être vu), en plein et en creux, en présence et en absence... Toutes interrogations qui traversent et irriguent l'exposition de Frédéric Khodja à l'URDLA, réunissant des estampes, des dessins, des volumes, des croquis... On y retrouve aussi la présence forte de l'architecture, motif quasi obsessionnel chez l'artiste. Il y est question par exemple de la Villa Malaparte (où Godard tourna Le Mépris en 1963), de fenêtre (celle notamment à travers laquelle

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A l'ombre des tableaux : les expos de l'été

ARTS | Dans les musées comme dans les galeries, l'amateur d'art contemporain aura la chance de pouvoir découvrir cet été à Lyon un grand nombre d'expositions de haute tenue. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 juillet 2014

A l'ombre des tableaux : les expos de l'été

Depuis le début de sa longue carrière, le photographe Georges Rousse réalise d'étonnants trompe-l’œil en investissant des lieux déshérités, les transformant, les repeignant, en redéfinissant leur structure pour composer ses images. Celles-ci entremêlent abstraction et architecture, poésie et réalité concrète. L'exposition qui lui est consacrée au Plateau (jusqu'au 26 juillet) rassemble une quarantaine d'images à travers un bel accrochage retraçant les grandes lignes de son œuvre.   Le plus jeune plasticien Guillaume Leblon s'empare lui des espaces de l'Institut d'Art Contemporain (jusqu'au 24 août) pour inviter le visiteur à «une promenade visuelle» donnant de nouvelles perspectives sur l'architecture et les objets. Les premières salles sont les plus réussies, avec un immense cube d'argile frais ouvert à toutes les figures possibles, des fantômes d'anima

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A ciel ouvert

ARTS | Frédéric Khodja expose à la galerie Besson des dessins et des collages récents, traçant des topographies imaginaires à la fois étranges et inquiétantes. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 juillet 2014

A ciel ouvert

Au milieu de l'accrochage de ses dessins, Frédéric Khodja nous dit espérer «que ces images tissent entre elles, pour le regardeur, une sorte de langage commun». Jetant un coup d'oeil rapide et circulaire, nous remarquons la présence, la récurrence, d'une œuvre à l'autre, de "trous". Trous oculaires dans les masques ou les visages, cercles géométriques "creusés" dans des rochers se faisant face, trous dans le sol de certains espaces... On pourrait presque s'imaginer passer d'un dessin à l'autre par ces ouvertures, ou y plonger telle Alice dans un terrier ouvrant à une logique incongrue, à une dimension irrationnelle. Mais peut-être que, plus précisément, ces vides se posent ici comme autant de "sites de l'étranger", de lieux d'accueil du manque, de l'absence, de la perte. Si langage il y a, si les images "parlent" d'une certaine façon, c'est pour nous inviter à les ouvrir, à les approfondir de nos propres failles, angoisses et représentations intempestives. Une idée très proche de la thèse du critique d'art Georges Didi-Huberman qui, dans Ce que nous voyons, ce qui nous regarde, attribue à l'image «le pouvoir d'imposer sa visualit

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Sur la route des expos

ARTS | Qu'ils voyagent dans des espaces fictifs ou réels, les (bons) artistes opèrent toujours chez nous un déplacement du regard. Petite sélection, non exhaustive, des expositions attendues en ce début d'année 2014. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 janvier 2014

Sur la route des expos

Après avoir accueilli une partie de la Biennale, le Musée d'art contemporain semble vouloir décompresser avec la curieuse et vrombissante exposition Motopoétique (du 21 février au 20 avril). Soit 200 œuvres signées par 38 artistes (BP, Alain Bublex, Ange Leccia, Xavier Veilhan...) et réunies par le critique d'art Paul Ardenne (auteur notamment du très intéressant Art, l'âge contemporain), toutes en rapport avec... la moto ! Les non bikers auront quelques doutes sur l'intérêt de ladite thématique, mais Paul Ardenne nous assure percevoir et ressentir la moto comme «un outil essentiel mis au service d'un sensualisme total». «La moto condense tout à la fois le mécanique, le viscéral, l'animal, le brut» et le critique fonceur n'hésite pas à y voir jusqu'à un «objet transitionnel» en citant le psychanalyste Winnicott ! A moto, en auto ou en bus, le photographe Bernard Plossu a depuis longtemps fait de l'errance une ligne à la fois éthique et esthétique. Après ses voyages au Mexique ou aux Etats-Unis, il présentera au Réverbère (du 18 janvier au 12 avril) des photographies glanées au Portugal et en G

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Contre nature, tout contre

ARTS | «Mais ils faisaient signe ; les feuilles étaient vivantes ; les arbres étaient vivants. Et les feuilles, parce qu'elles étaient reliées par des millions de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 5 septembre 2013

Contre nature, tout contre

«Mais ils faisaient signe ; les feuilles étaient vivantes ; les arbres étaient vivants. Et les feuilles, parce qu'elles étaient reliées par des millions de fibres à son propre corps, là sur le banc, l'éventaient ; lorsque la branche s'étirait, il faisait de même. Les moineaux qui voletaient, montant et retombant en jets dentelés, faisaient partie de l'ensemble ; le blanc et le bleu étaient barrés de branches noires. Des sons formaient des harmonies préméditées ; les intervalles entre eux avaient autant de sens que les sons eux-mêmes.», écrit Virginia Woolf à propos de Septimus, personnage schizophrène, dans Mrs Dalloway. Cette absence (ou perte) de limites, cette vie brut qui sourd des prés comme dans les poèmes de Rimbaud, ce mélange des règnes (végétal, animal, humain) enfantant des corps inouïs, font partie intégrante de l’œuvre du peintre lyonnais Frantz Metzger (né en 1980). Proche de l'univers de Francis Bacon, l'artiste (dé)compose des métamorphoses autant que des hallucinations visuelles. Celles-ci, ainsi que dans la psychose, sont tout autant réell

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À propos de "Zorzi"

ARTS | Seul artiste contemporain exposé dans la belle exposition "Le Dessin en couleurs", parmi des œuvres d’artistes illustres (Le Douanier Rousseau, Roberto Matta, Oskar Bergman, Jean Tinguely, Pierre Tal-Coat…), Frédéric Khodja se livre ici au difficile exercice du commentaire (détaillé) de sa propre création intitulée "Zorzi".

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 18 avril 2013

À propos de

«Zorzi est un dessin aux crayons de couleur, dessin dessiné sur vélin de Rives au printemps 2011, dessin dessiné également, dès ses débuts et à la toute fin de sa construction, avec de petites gommes blanches taillées comme des silex. La feuille épaisse mesure un mètre soixante par un mètre vingt, l'image est installée au centre du papier et mesure cent deux centimètres par soixante treize centimètres. Les plans colorés sont distincts et fondus, les passages des verts, des bruns, des gris et des bleus sont visibles et mêlés. Un événement amplifie la composition du récit interne de ce paysage doté d'arbres, de rochers et d'un ciel : un volume crayeux dans la partie droite, en suspension quasiment au premier plan, élément percé d'un oculus le faisant masque et ossement tout à la fois.  L'événement se répercute de l'autre côté du dessin avec la présence d’une cascade gelée qui modifie l'arbre en surplomb : trois masses de stalactites se forment entre les branches. Zorzi est un montage atmosphérique. Si je reprends le carnet sur lequel j'ai tracé les prémisses du dessin, je lis : "Un jour de

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Nuits transfigurées

ARTS | Lectrices, lecteurs, passons la nuit ensemble. Passons-la en revue, avec la sortie du dernier numéro d’Hippocampe, et en exposition, avec «Tout s’éteindra» à la galerie Besson. Une nuit multiple, pas forcément obscure, mais toujours interrogatrice, déstabilisatrice, décentrant le sujet… Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 29 avril 2012

Nuits transfigurées

En 1952, Robert Rauschenberg fait œuvre, scandale et date en effaçant un dessin de Willem De Kooning. En 2012, le jeune artiste parisien Nicolas Aeillo révèle, à travers une vidéo constituée de 127 photographies, le fantôme de ce dessin : un buste, quelques surfaces sombres, des traits dispersés… S’il fallait encore le rappeler, la création contemporaine consciente d’elle-même est «condamnée» au fragment, aux souvenirs fêlés, aux représentations inachevées, au montage d’images et de récits épars. C’est sur ce principe de montage sans unité, cher à Walter Benjamin, que se compose, au fil du temps, la revue Hippocampe dont le 7e et magnifique numéro est consacré à «la nuit». «Évitant de s’en tenir à des propositions illustratives, trop évidentes, nous avons cherché au contraire à réunir des contributions susceptibles de démontrer la complexité de cet espace/temps particulier : la Nuit», écrit Gwilherm Perthuis, responsable de la revue. Gwilerm Perthuis est aussi le commissaire de l’exposition collective Tout s’éteindra qui accompagne la sortie de ce numéro. «Le fil conducteur que nous avons tenté de suivre, sans

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Cinq regards contemporains sur le passé

ARTS | La galerie Anne-Marie et Roland Pallade a proposé à cinq artistes lyonnais de revisiter des œuvres du Musée des Beaux-Arts et de les réinterpréter en fonction (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 15 décembre 2011

Cinq regards contemporains sur le passé

La galerie Anne-Marie et Roland Pallade a proposé à cinq artistes lyonnais de revisiter des œuvres du Musée des Beaux-Arts et de les réinterpréter en fonction de leurs propres style, univers, point de vue (jusqu'au 28 janvier). Une vanité de Picasso prend ainsi du relief avec Bernard Bovagnet, un Rubens est "éclaté" en trois fragments quasi cinématographiques par Claude Gazier, La Fuite en Égypte de Poussin prend un caractère actuel et autobiographique avec Viviane Sermonat... Cette exposition est aussi l'occasion de découvrir deux univers artistiques particulièrement étranges : celui de Lionel Stocard réinterprétant le cauchemar de Louis Janmot dans un univers bleuté et vertigineux de thermes imaginaires ; celui du jeune Frantz Metzger (né en 1980) où les corps sont traités de manière fantomatique et évanescente, pures apparitions plastiques et inquiétantes parmi des paysages déchirés faits de blancs et de bruns... Ce peintre, proche par certains aspects de Francis Bacon, travaille à contre-courant de la mode dominant les arts plastiques et l'on vous renvoie à son site (www.frantzmetzger.com) pour

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Œuvres ouvertes

ARTS | Dans son nouveau et très beau lieu d'exposition, la galerie Françoise Besson consacre sa troisième exposition au dessinateur Frédéric Khodja. Ses œuvres, âpres au premier abord, révèlent peu à peu des espaces étranges et énigmatiques, stimulant les sens et l'imagination. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 11 mars 2010

Œuvres ouvertes

Quoi de pire qu'une image qui cherche à tout prix à produire un effet précis sur le spectateur ? Quoi de plus asphyxiant, assommant et manipulateur qu'une œuvre d'art, une musique, un film à «effets». «Vraiment l'émancipation commence lorsque justement il y a rupture entre la cause et l'effet. C'est dans cette béance que s'inscrit l'activité du spectateur», déclare le philosophe Jacques Rancière dans un entretien. Et les dessins de Frédéric Khodja s'inscrivent, selon nous, au sein de cette béance. Il faut du coup prendre un peu de temps pour se les approprier, les peupler, les associer à nos propres préoccupations ou désirs, les «habiter» en quelque sorte. Leur relative austérité au premier abord invite aussi à cela, et risque de laisser les plus pressés indifférents... Parmi les motifs essentiels de l'artiste, il y a celui, crucial «des lieux vides ou vidés, en tout cas occupés par peu de choses. Je souhaite qu'il y ait peu d'éléments, pas d'exubérance, pas de baroque. Cela permet au regardeur de s'approprier l'image, une image en creux en quelque sorte», nous confie Frédéric Khodja. Au stylo à bille ou au crayon de couleur (avec une grande économie de moyens donc), il ouvre une s

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Ann Veronica Janssens

ARTS | Née en 1956 à Folkestone (Royaume-Uni), vivant actuellement à Bruxelles, Ann Veronica Janssens est connue notamment pour ses environnements de brumes colorées (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 juillet 2009

Ann Veronica Janssens

Née en 1956 à Folkestone (Royaume-Uni), vivant actuellement à Bruxelles, Ann Veronica Janssens est connue notamment pour ses environnements de brumes colorées où le visiteur vient à se perdre ou, en tout cas, à éprouver quelques nouvelles sensations (à Lyon lors de la Biennale d'art contemporain 2005, par exemple). De manière plus générale, l'artiste, à partir de matériaux pauvres, explore la diversité de nos perceptions et sensations, et leurs rapports à l'espace. À l'Institut d'art contemporain de Villeurbanne (jusqu'au 16 août), Ann Veronica Janssens et Nathalie Ergino inaugurent la première étape d'un laboratoire artistique et scientifique, confrontant espace et cerveau.

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