Julien Gasc, beau gibier pop

Stéphane Duchêne | Mardi 21 avril 2015

Attention, nuage de petits génies au Café du Rhône. On ne présente plus ici François Virot, multi-activiste d'une scène qu'on n'oserait qualifier d'indé locale, puisque François est bien plus qu'indé et un peu plus que local, mais c'est l'idée. Quant à Odessey & Oracle, ce fut fait il y a quelques mois à la sortie de leur invraisemblable tirage épo(p)nyme. On nous rétorquera que Julien Gasc aussi, puisqu'on vous l'avait introduit à l'occasion de Plug & Play, le petit raout cosmique du Kraspek. Mais ce fut par trop chiche.

Depuis l'an dernier, Gasc se balade avec un drôle de truc baptisé Cerf, biche et faon. Ce truc étant un disque qui achève de polir sa déjà belle réputation dans les milieux autorisés. Son style, c'est autre chose, de proprement insaisissable. Majesté du cerf, grâce bondissante de la biche et maladresse espiègle du faon, Gasc c'est tout cela. A la fois Tellier lo-fi pas fatigué (ni surtout fatigant), Daniel Johnston lettré, Katerine des bois, Stereolab propulsé à l'éco-carburant.

L'avantage de l'approche lo-fi, authentiquement low profile puisqu'on trouve peu d'exemples d'albums de pop progressive enregistrés sur 4-pistes cassette, c'est que Gasc peut passer du baroque à la pop 60's ou du punk au tropicalisme. Non pas sans coutures apparentes, mais en faisant au contraire en sorte que celles-ci soient un élément à part entière de la frusque. Mieux : que cette frusque ne soit qu'une grosse couture qui tient tout ensemble et qui, lorsqu'elle lâche, ouvre le cœur.

Stéphane Duchêne

Julien Gasc [+ François Virot + Odessey & Oracle]
Au Café du Rhône jeudi 23 avril

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On commence par l'apéro au Transbo, on finit par rouler sur des patins

Les Bons Plans de la Semaine | Un bon plan par jour jusqu'à la rentrée : fuyez l'ennui, suivez le guide. Direction le Transbordeur mercredi soir pour la Summer Session du Petit Bulletin, on clôture ensuite le Bal des Fringants, avant un final endiablé dimanche sur des patins à roulettes.

La rédaction | Mercredi 4 juillet 2018

On commence par l'apéro au Transbo, on finit par rouler sur des patins

Mercredi 4 juillet - Summer Session L’apéro avec l’équipe du Petit Bulletin Chaque année, c’est désormais une tradition, toute l’équipe du Petit Bulletin vous convie à fêter son dernier numéro couvrant tout l’été (on sera de retour le 5 septembre) en sirotant quelques mojitos et mauresques au Transbordeur, où nous investissons la scène extérieure pour deux concerts de pépites à découvrir : Perez en premier lieu, qui vient de sortir son second album, où la pop électronisante du Bordelais enchante les fans de ce Daho post-house. Et en ouverture, on savourera le retour aux couleurs new wave tout aussi 80’s de la paire lyonnaise Spitzer. Il est probable que quelques membres de notre équipe se saisissent également des platines… On compte sur vous ! Au Transbordeur à 19h Jeudi 5 juillet - rock Dernière danse aux Fringants Un dernier bal comme une dernière danse. Le 6 juillet, comme nous vous l'annoncions le mois dernier, le Bal

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Aquaserge : présent progressif

Pop | En dignes héritiers de l'école de Canterbury, Aquaserge livre l'une des musiques les plus aventureuses du moment. Où désir de danse et penchants dada épousent ambition musicale et penchants révolutionnaires, conjuguant le passé décomposé au présent progressif.

Stéphane Duchêne | Mardi 26 septembre 2017

Aquaserge : présent progressif

Quelque chose dans le mode de fonctionnement et le syncrétisme musical opéré par Aquaserge (Barbagallo, Gasc, Glibert et consorts réunis en un collectif parfaitement démocratique) rappelle les riches heures des maîtres de Canterbury (Soft Machine, Caravan, Gong, Hatfield and the North...), entre les années 68 et 78, décennie en grand huit. Car ce que l'école de Canterbury a permis – à savoir réconcilier, et même plus que cela, marier sous les meilleures hospices, ce drôle de machin boursouflé que fut le rock progressif, la musique psychédélique et ses transpositions musicales de l'expérience lysergique, et le jazz-rock, enfant bâtard de deux grands courants qui n'ont jamais ménagé leur peine pour le renier – Aquaserge le reprend à son compte tout personnel. N'oubliant jamais aussi d'enjamber l'esprit de sérieux que cette musique a trop souvent donné l'impression de brandir malgré elle. Où le rock progressif fend la douceur d'une atmosphère complexe où viennent flotter avec grâce des textes minimalistes souvent clairsemés mais nourrissant, en une poésie naïve, une certaine forme, pour ne pas dire une forme certaine de

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Who's (Born) Bad ?

MUSIQUES | Quand on lui parle de la tournée anniversaire qui vient couronner la belle décennie musicale du label Born Bad, JB Guillot avoue qu'il se serait bien passé (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 2 mai 2017

Who's (Born) Bad ?

Quand on lui parle de la tournée anniversaire qui vient couronner la belle décennie musicale du label Born Bad, JB Guillot avoue qu'il se serait bien passé d'un tel raout, que son emploi du temps est bien assez chargé et qu'il se serait plutôt fait un cadeau à lui-même. Pourtant cette tournée est bien là, elle existe - « il y avait beaucoup de demandes » avoue-t-il. Comme existe encore Born Bad, le label phare du renouveau rock et pop français, en réalité né en 2006. Parfois au grand étonnement de son fondateur, rocker alternatif qui souhaite à l'origine remettre à l'heure les pendules de l'indépendance déréglées par son expérience de directeur artistique en major (voir interview). Premier groupe signé, comme un symbole : Frustration – « meilleur groupe de post punk français », précise-t-il – dont le batteur est propriétaire de la boutique Born Bad à laquelle s'adosse le label sur les modèles de Rough Trade ou New Rose. D'entrée, Born Bad se veut « très cocardier », soucieux de défendre la contre culture française : de rééditions de pépites françaises 60's, 70's, 80's, oubliées (« une façon de revendiquer une f

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Sathönay en concert secret

MUSIQUES | Un duo, un solo et un trio pour réviser ses mathématiques et ses esgourdes : c’est d’abord Arnaud Rivière & Rodolphe Loubatière qui marient bidouillage (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 17 janvier 2017

Sathönay en concert secret

Un duo, un solo et un trio pour réviser ses mathématiques et ses esgourdes : c’est d’abord Arnaud Rivière & Rodolphe Loubatière qui marient bidouillage électronique et percussions, puis Cyril M. et ses objets improbables qui offrent une expérience musicale chaque fois renouvelée, enfin Sathönay qui rassemble Nico Poisson, François Virot et Léonore Grollemund et fusionne musiques traditionnelles proche-orientales et psyché-pop à l'occidentale. Une soirée surprenante s’annonce ce jeudi 19 janvier (écrire à jesuisanxieux@gmail.com pour connaître le lieu, qui est secret).

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François Virot : « Les aberrations techniques ont leur rôle »

Indie Pop | François Virot (Clara Clara) fait son grand retour en solo avec Marginal Spots, paru en décembre sur Born Bad Records : à savourer live dans le cadre d'une sublime soirée du label au festival Plug & Play, le 23 janvier.

Gabriel Cnudde | Mardi 10 janvier 2017

François Virot : « Les aberrations techniques ont leur rôle »

Peux-tu nous présenter ce dernier album, Marginal Spots ? François Virot : Je pourrais le présenter par rapport à mon premier album, Yes or no (2008), mais ce ne serait pas forcément une bonne idée vu le temps qui sépare les deux. Entre-temps, il y a quand même eu deux albums de Clara Clara et deux albums de Réveille. J'ai assez peu de recul sur cet album pour le moment. C'était juste des morceaux que je jouais au local, à un moment où je n'avais pas trop d'actualité. J'étais assez libre de faire ce que je voulais. Quand j'ai vu que j'avais quatre ou cinq morceaux qui tournaient bien, j'ai commencé à penser à un album. Avec certains morceaux, j'ai volontairement tenté d'aller voir ailleurs pour donner un peu d'air au disque. J'ai du mal à en parler dans son ensemble, j'arrive plus à parler des morceaux. La critique avait été très bienveillante envers ton premier album solo. As-tu ressenti une pression particulière en écrivant le second ? Non, justement parce que c'était longtemps après. Je pense que certains se rappellent du premier, d'autres n

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La Souterraine au grand jour

MUSIQUES | La Souterraine nous gâtait déjà bien avec ses concerts au Café du Rhône, en exploration d'une pop française souvent francophone et psychédélique. Voilà qu'on a droit à un festival réunissant quelques-uns de ses chouchous, des nôtres, et bientôt des vôtres.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 octobre 2015

La Souterraine au grand jour

Au départ, il y a des compilations disponibles en téléchargement libre qui font la part belle – et d'ailleurs exclusive – à une certaine idée de la pop auto-produite, marginale au bon sens du terme et, surtout, en français décomplexé. Puis des concerts sis, pour leur partie lyonnaise, en tout cas la plupart du temps, au Café du Rhône. Puis La Souterraine s'est piquée d'organiser sur ce modèle ces compilations live que l'on nomme festival et qu'elle baptise STRN FEST. Voici ce dernier au Centre Culturel Charlie Chaplin, plus habitué à accueillir les barons du jazz que les jeunes ducs de la pop décalée. Et c'est peu de dire que la Souterraine nous chouchoute pour cette première étape avec, d'abord, expo de vinyles et conférences sur le psychédélisme – autre marotte de la Souterraine –, animées par le spécialiste David Rassent. L'une consacrée à Ken Kesey, auteur de Vol au dessus d'un nid de coucous et l'un des pères du mouvement avec ses Merry Pranksters, l'autre au renouveau psychédélique et progressif en France. Möölesse psyché Un renouveau qui s'incarne en des groupes comme Moodoïd, Aqu

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Cosmic trip

MUSIQUES | En quasi queue de comète de Plug & Play, les étoiles vont filer dans le petit ciel du Kraspek, et ce deux soirs de suite. Au programme, pas mal de rétro-futurisme, de lo-fi ancienne ou plus ou moins assumée, et aussi pas mal de nostalgie roborative et cosmique. Soyez là : les étoiles, comme la grâce, ça file vite. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 20 janvier 2015

Cosmic trip

Ambiances à l'éther et en flottaison mi-saison, lo-fi et lyrique tout à la fois, Julien Gasc qui a oeuvré, ce n'est guère étonnant, auprès de gens très bien comme Hyperclean et Stereolab, nous emmène sur les quatre pistes d'une drôle de forêt à «géométrie variable spontanée» comme le dirait ce bon Alexandre Astier : tantôt punk naïf (pléonasme), tantôt prog rock fascinant (pas pléonasme) ; tantôt (bonne) variété 70's, souvent et presque toujours (faussement) affectée mais recouverte d'un voile – c'est aussi cela, la philosophie lo-fi. Gasc, dont Cerf, biche et faon – ce titre ! – est le premier album solo, s'affiche ainsi comme une sorte d'anti-Tellier qui n'aurait pas le temps de se regarder composer, écrire, enregistrer et réussirait pourtant le prodige de plaire autant aux fans du mage Sébastien qu'à ceux qui sont définitivement revenus de ses simagrées. Gasc sera, superbement on l'imagine, précédé par Tara King Th., qui rejoue à notre époque les savoureuses passes d'armes livrées en leur temps par Lee Hazelwood et Nancy Sinatra. Avec en prime la présence, en femme fatale et flottante, de Béatrice Morel Journel, la

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Biotop(e) pop

MUSIQUES | Ah, cette scène locale et sa fâcheuse tendance à rester figée dans ce circuit court que chérissent tant les épiciers bio, sans parvenir à mener une carrière durable au-delà du périph’. On s’en est presque fait une raison tout en ayant choisi d’en ignorer les raisons. D'autant que ce n'est qu'à moitié vrai. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Biotop(e) pop

C’est un fait, il y a fort longtemps que la scène pop lyonnaise ne s’est pas aussi bien portée, qualitativement comme quantitativement. Les anciens sont toujours là et n’en finissent plus de se renouveler, à l’image des Purple Lords, qu’on n’attendaient plus, avec leur splendide Slow Motion Trip d'il y a quelques mois, de Prohom dont la sortie ces jours-ci de l’album Un Monde pour soi sera fêtée le 10 novembre au Périscope, et de Denis Rivet (King Kong Vahiné) dont on avait vanté les mérites du Tout Proches. Après avoir connu les honneurs des Inouïs du Printemps de Bourges, il verra sa tournée française passer par le festival Just Rock ? en compagnie d’Emily Jane White. Le Chic Type Daisy Lambert, toujours alangui dans les bacs, y sera également à l’affiche en soutien de Cascadeur et Rover (classe !), le 23 octobre au Club Transbo. Ses camarades d’Erotic Market, eux, s’en iront érotiser le festival Nouvelles Voix en Beaujolais, et les Taïni et Strongs le "sadiser" (respectivement les 22 et 23 novembre)

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Le Plaisir de chanter

MUSIQUES | Musique / François Virot, chanteur-musicien, sort ces jours-ci un premier album folk aussi intelligent qu’accessible, simple et direct comme son auteur. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 17 octobre 2008

Le Plaisir de chanter

On attrape François Virot au réveil. Il est pourtant 14 heures… Mais il donnait la veille un concert à Berlin, et l’embarquement était à 5 heures ce matin. Merci Easy Jet… François Virot nous raconte d’ailleurs qu’à cause d’eux, il a dû changer de guitare, la première ayant été définitivement égarée lors d’un précédent voyage. Pas beaucoup dormi donc, un peu hirsute aussi. Café et cigarettes roulées nécessaires pour mettre en route l’interview. Et voilà François Virot prêt à défendre son premier album, Yes or no. Enfin, défendre… Quand on lui demande le moment où il a eu l’impression d’écrire des chansons abouties, il répond : Jamais. Et il ajoute : C’est toujours un peu mieux qu’avant. Mais j’ai du mal à écouter l’album aujourd’hui, je trouve ça un peu pourri… En retraçant avec lui sa courte biographie (il n’a que 24 ans), on comprend que cette insatisfaction est surtout le fruit d’un désir d’apprendre et de désapprendre. D’où lui vient l’envie de faire de la musique ? J’avais un grand frère, j’ai juste fait comme lui.Quand ce mimétisme a-t-il débuté ? Assez tôt, j’avais sept ans. J’ai essayé de jouer de la guitare, et j’ai arrêté à neuf ans. Je n

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