Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

MUSIQUES | De mémoire de rats de salle de concert, cette rentrée musicale est l'une des plus chargées que la ville ait connue. Qu'à cela ne tienne, ce ne sont pas dix concerts que nous vous avons tagués comme "incontournables" cette année, mais une vingtaine. Faites chauffer les boules Quiès.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 septembre 2015

Aline / Tigran / Jay Jay Johanson / Is Tropical

Après avoir bu et dansé jusqu'à plus soif, bien profité de la belle hype initiée par Regarde le ciel, les Ex-Young Michelin ont pris la route du studio ICP de Bruxelles (temple du rock contemporain) à la rencontre de Stephen Street, mythique producteur et/ou ingénieur des Smiths (il fut le sage-femme de The Queen is Dead, t'as qu'à voir !), de Morrissey et de quatre albums de Blur. Le résultat, bien inspiré (et intitulé La Vie électrique), dégouline forcément de guitares cristallines et de rythmiques 80's dévalées en frenchy dans le texte. Quelque part entre les Smiths donc, les Triffids et un Daho d'époque moins daté. Aline est là, manquerait plus qu'elle revienne. Stéphane Duchêne

Le 9 octobre au Marché Gare


C'est un fait, le Tigran est un genre de prodigieux caméléon musical dont le génie serait profondément agaçant s'il n'avait pas la mansuétude d'en faire profiter les autres. Ce pianiste jazz (sur le papier uniquement), on l'a connu sous toutes les coutures et on est même tombé de notre chaise à l'écoute de l'indomptable Shadow Theater. Tout cela sans jamais rompre avec ses racines arméniennes. Comme ici, lorsqu'il s'accompagne d'un chœur de chambre de Yerevan pour commémorer – entre archi-tradition et post-modernité – le génocide de son peuple. Faisant se lever les poils aussi bien que le ferait un Philip Glass, le poids de l'Histoire en plus. SD

Le 9 octobre à l'Auditorium


Même tombé en amour total à l'époque de son Whiskey (1996), aurait-on pu prédire que l'escogriffe suédois, aux états d'âmes grands comme la Laponie, serait toujours là près de 20 ans et 10 albums plus tard ? Non, Jay Jay aurait dû se suicider, finir postier tatiesque à Trollhättan ou trompettiste au casino de Ribeauvillé (non loin de son ancien chez lui, Strasbourg). Passé par tous les états dont certains pas très éloignés d'un de ces Ohio musicaux dont on ne revient pas (l'hilarant Antenna), Jäje (puisque tel est son vrai prénom) est revenu à ses fondamentaux avec Opium (après un Whiskey c'est logique). Bonne nouvelle, car sans savoir pourquoi, on ne se lassera jamais de "Trois J", un type tordant. SD

Le 13 octobre au Transbordeur


En matière de poptronica – ah ! Les mots valises, c'est tellement pratique pendant les vacances du vocabulaire – on ne s'est guère remis du Lover's Cave d'Is Tropical. Le quatuor londonien non plus apparemment, tellement versé dans la pop à concept – en bon ressortissant du label Kitsuné – qu'il a choisi de sortir son nouvel album, enregistré sur cinq continents, en cinq fois (sur autant de vinyles). Rien de plus tête à claques qu'un groupe qui vire concept-store de lui-même, on en convient, mais quand les chansons sont là, qu'est-ce que vous voulez dire ? Il y a des mômes comme ça, on a sans doute tort, mais on leur passerait tout. Même le oinj'. SD

Le 14 octobre au Sonic

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Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Festival | Jazz à Vienne complète sa programmation avec quatre nouvelles soirées de choix.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Bien décidé à se tenir à peu près normalement, à partir de fin juin Jazz à Vienne avait annoncé la majeure partie de sa programmation début avril. La voici désormais complète avec l'ajout de quelques noms et non des moindres, qui avancent le début des festivités au 23 juin. Le festival allobroge vient en effet d'annoncer la tenue de quatre nouvelles soirées au théâtre antique. Le 24 juin d'abord, une soirée New Generation en compagnie du Portico Quartet et du Tigran Hamasyan trio (plus les talents Adami Jazz Gauthier Toux et Nils Petter Molvaer). Le 26 juin ensuite pour une soirée Brésil avec deux amis de longue date Seu Jorge & Rogê, enfin sur scène ensemble, et une carte blanche à Lucas Santana. Le samedi 3 juillet sera lui consa

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Aux Célestins et à l’Auditorium de Lyon, de lourds déficits

Crise Sanitaire | Certes très subventionnées, les structures culturelles en régie directe de la Ville de Lyon n’en sont pas moins fortement impactées par la crise sanitaire, car elles ne peuvent bénéficier d’aucun dispositif d’aide. Les Célestins tablent sur un déficit de 600 000€ en 2021, l’Auditorium affiche déjà un trou de 2M€ pour 2020. Toutes deux en appellent à l’État pour pallier la rupture d’égalité avec d’autres établissements aux missions similaires.

Nadja Pobel | Vendredi 12 mars 2021

Aux Célestins et à l’Auditorium de Lyon, de lourds déficits

« Même si on rouvre en mai et juin, avec une jauge dégradée d’environ 50%, fin décembre la perte de recette de billetterie du théâtre s’élèvera à 600 000€ » affirme Pierre-Yves Lenoir, co-directeur du Théâtre des Célestins. Du côté de l’Auditorium de Lyon, son homologue Aline Sam-Giao estime à un million d’euros ses pertes à la fin de l’année civile avec la même hypothèse de reprise — fatalement très aléatoire —, qui se cumuleront avec les deux millions de déficit sur 2020. Aux Célestins, le dernier exercice s’est terminé à l’équilibre notamment grâce au fonds de soutien de la Ville de Lyon ; et parce qu’ils n’avaient pas prévu de jouer dans la grande salle entre avril et

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Coralina Picos : « ils n’écrivent pas un article, ils dessinent un article »

Dessin de Presse | Organisatrice de deux éditions des Rencontres du Dessin de Presse à Lyon — événement qu'elle espère pérenniser —, figure de la Croix-Rousse, Coralina Picos devait inaugurer cet automne une expo sur le traitement de la crise sanitaire par les dessinateurs : reportée pour cause de... Covid. Rencontre, malgré tout, pour évoquer le rôle du dessinateur de presse, la sombre actualité et les projets futurs.

Sébastien Broquet | Mardi 8 décembre 2020

Coralina Picos : « ils n’écrivent pas un article, ils dessinent un article »

Vous m’avez envoyé un sms à 1h du matin, le soir de l'assassinat de Samuel Paty, pour me dire que l’interview ne pouvait pas attendre, que vous souhaitiez parler malgré le report de votre expo au Bistrot fait sa Broc que nous devions évoquer. Pourquoi ce besoin ? Coralina Picos : Déjà, évidemment, ça m’a mis les boules. On retombe encore dans le même schéma de privation de la liberté d’expression. Encore une fois, le dessin de presse va être l’objet qui cristallise. Ce qui m’agace profondément ! Parce que les dessinateurs de presse ne sont pas les seuls responsables de la liberté d’expression. Les profs ne le sont pas non plus. L’État est responsable de la liberté d’expression ! Je voulais en parler, pour ne pas qu’on retombe dans cette espèce de période où pendant quinze jours tout le monde va à nouveau parler du dessin de presse et des fantassins de la liberté d’expression. Un dessinateur de presse, il est là pour exprimer son regard sur l’actualité. Et l’actualité, ce n’est pas tout le temps le prophète : c’est beaucoup plus vaste que ça. Ce que j’aimerais, c’est que la presse ait un engagement au-delà des quinze jours post-attentat.

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Carmelo, on peut réserver

Pizzeria | Faut-il faire la queue près d’une heure pour une pizza margherita ? Non, mais réserver dans la nouvelle brasserie italo-branchée du groupe Big Mamma, pourquoi pas.

Adrien Simon | Mercredi 14 octobre 2020

Carmelo, on peut réserver

Un midi, l'hiver dernier, on échoua à se restaurer dans une nouvelle pizzeria de la rue Neuve. Quelques jours plus tôt, la soirée d’ouverture de ce Carmelo, garnie d’influenceuses, avait submergé Instagram. Pendant plusieurs semaines, la rue Neuve resta donc remplie d'affamés poireautant — comme nous ce jour-là. Alors qu’on nous annonçait une heure d’attente, un badaud osa la question qui ramène sur terre : « mais qu’a-t-elle donc de si spécial cette pizzeria ? ». Las, on rebroussa chemin, tout en pensant à la réponse : Carmelo est le nouvelle enseigne d’un malin groupe de restauration : Big Mamma. Une success story made in HEC. Ses deux fondateurs ont tous deux été élèves à Jouy-en-Josas. L’un, Tigrane Seydoux, est issu d'une famille bien connue dans le monde du cinéma, a poursuivi sa route aux côtés de Stéphane Courbit (Endemol, Betclic, mais aussi le palace Les Airelles à Courch’). Ce dernier a des parts dans My Major Company, start-up dont Victor Lugger, le second larron, fut le DG. Big Mamma c’est le blockbuster censé réconcilier la critique et le populo : une cuisine familiale a

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Agnieszka Holland : « sans médias indépendants courageux et objectifs, impossible d’assurer l’existence d’une démocratie »

L’Ombre de Staline | Un œil sur le passé, l’autre sur le présent, Agnieszka Holland a tourné "L’Ombre de Staline" avec, comme toujours, une conscience aiguë des problématiques historiques, humanistes et politiques. Rencontre éclairante avec la cinéaste, l’avant-veille du confinement…

Vincent Raymond | Mercredi 24 juin 2020

Agnieszka Holland : « sans médias indépendants courageux et objectifs, impossible d’assurer l’existence d’une démocratie »

Comment se fait-il que ce personnage, Gareth Jones, soit resté aussi longtemps dans l’ombre de l’Histoire et comment est-il arrivé sur votre table ? Agnieszka Holland : Ce n’était pas mon idée. Le film a été conçu par une jeune journaliste américaine, Andrea Chalupa, qui m’a contactée : elle avait un scénario assez bien achevé, et fait tous les travaux de documentation, de repérage. On l’a retravaillé pendant un certain temps. C’était son premier scénario mais elle écrivait pour plusieurs médias. Elle est d’origine ukrainienne par ses deux parents et son grand-père a été l’un des témoins principaux de l’Holodomor. Il a vécu cette famine, il en est presque mort, et il a aussi vu beaucoup d’événements qu’il a décrits — on en a montré certains, comme le char avec les cadavres dans lequel on jett

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Le premier qui dit la vérité : "L'Ombre de Staline" de Agnieszka Holland

Biopic | Comment la famine du Holodomor provoquée par le régime soviétique fut révélée par un journaliste au monde qui ne le crut pas… Agnieszka Holland réhabilite la mémoire de Gareth Jones, aventurier de la vérité, dans un biopic épique et à la Lean, point à la ligne.

Vincent Raymond | Mercredi 24 juin 2020

Le premier qui dit la vérité :

Londres, 1933. Ex-conseiller de l’ancien Premier ministre Lloyd George, le journaliste Gareth Jones décide d’aller à Moscou pour interviewer Staline sur les prodiges accomplis par l’économie soviétique, vantés par la presse. Sur place, il contourne la propagande et découvre la réalité… « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté », chantait jadis Guy Béart sur un air presque guilleret adoucissant le propos de sa cruelle morale. Tragique est la destinée des lanceurs d’alertes ! Soit ils sont moqués ou ostracisés ; soit on leur réserve un sort plus funeste en tentant de les museler voire de les éliminer. La condition actuelle de Chelsea Manning, de Julien Assange, de Edward Snowden ; la fin cruelle du docteur Li Wenliang prouvent que les choses n’ont guère changé depuis les temps archaïques. Ni depuis Gareth Jones (190

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À l'école de l'Anthropocène : Les Soucis de la terre

Réflexion | Pour sa deuxième édition, la déjà indispensable École de l'Anthropocène réinvestit les Halles du Faubourg pour passer notre ère à la question et – peut-être – sauver le monde.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 janvier 2020

À l'école de l'Anthropocène : Les Soucis de la terre

Au vu du succès rencontré par sa première édition et du délitement toujours plus inquiétant du monde (poke l'Australie), nous voici de retour À l'école de l'Anthropocène — cette époque, la nôtre, où les activités humaines ont un impact important sur la biosphère — pour une vaste semaine de réflexion portée par l'École Urbaine de Lyon. L'idée, défendue pa son directeur Michel Lussault : « débattre des questions liées aux défis que nos sociétés vont devoir affronter en raison des effets du changement global dont les manifestations sont de plus en plus flagrantes. » « Faire école » c'est bien ici ce dont il s'agit au rythme de cours, ouverts à tous, aussi denses que passionnants, dans le sillage de spécialistes pluridisciplinaires . À celà viennent s'ajouter débats ("A-t-on eu raison d'inventer l'agriculture ?", "Faut-il attendre un post-capitalisme réparateur ?"), ateliers et

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Les Chansons de l'Innocence

Pop | Confirmant, cinq ans après Mandarine, leur retour aux affaires, les Innocents font de 6 1/2 le terreau de la confrontation de talents plus habiles à se vivre dans l'exponentiel que dans la simple addition.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 janvier 2020

Les Chansons de l'Innocence

Quelle fut belle cette reformation des Innocents, du moins de ses deux têtes pensantes, Jipé Nataf et Jean-Christophe Urbain, il y a cinq ans maintenant. Parce qu'on retrouvait bien entendu avec joie et tendresse ces deux orfèvres pop, auteurs dans la confrontation de leurs innocences, de quelques unes des plus belles pages de la pop française de la fin du siècle dernier. Mais surtout parce qu'on sentait là un pas de deux précautionneux, quelque chose comme une parade amicale, une relation qu'il fallait retisser en douceur, sans maladresse. Cela avait donné Mandarine, plus proche de ces Innocents en demi-teinte dénichés jadis en regardant derrière l'évidence de ces tubes 90's qui avaient tant séduit les radios et colonisé les cerveaux. Il s'agissait alors pour le duo, en composant tout à deux, d'avancer dans le consensus, de

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Lo(u)ve actually

Chanson | Folkeuse au timbre sensible, Alma Forrer s'émancipe en louve pop sur L'Année du loup, disque au romantisme entreprenant qui ferait rimer "amour" avec "à mort", "adoration" avec "dévoration".

Stéphane Duchêne | Mardi 17 décembre 2019

Lo(u)ve actually

On a découvert l'existence, et instantanément le talent, d'Alma Forrer à force d'user le Peut-être que nous serions heureux d'un Baptiste W. Hamon, ce Townes Van Zandt français, la conviant au pas de deux. Là explosait l'évidence des plus vibrants duos country-folk : Porter Wagoner et Dolly Parton, Bob Dylan et Joan Baez et toutes les roucouleries mixtes jonchant la carrière de Bonnie "Prince" Billy. On pensait d'autant plus Alma, qui se réclame de la figure tutélaire de la Baez, confinée à un registre folk que ni Bobby, premier single publié en 2015, ni le mini-album Ne dis rien où figurait un autre duo avec Baptiste W. Hamon, ne venaient nous démentir. Encore moins ce vibrato inconsolé — et pour tout dire déchirant sur un titre comme La forêt nous protège — qui, à la manière de son do

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Au revoir mon amour : "L'Angle Mort"

Fantastique | Dominick possède depuis l’enfance l’étrange pouvoir de se rendre invisible. Une faculté dont il fait un usage modéré — chaque “passage“ lui coûtant cher en énergie vitale — car elle suscite aussi, surtout, moult quiproquos gênants avec ses proches. Est-ce un don ou une malédiction ?

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Au revoir mon amour :

Les histoires de couples perturbés par des interférences créées par des mondes parallèles — ésotériques ou psychiques — forment “l’ordinaire fantasmatique“ du cinéma de Bernard & Trividic, collectionneurs de discordances en tous genres. Dancing (2003) et L’Autre (2009) traquaient déjà en effet des irruptions singulières dans ce que l’on nomme la normalité, en adoptant des constructions cinématographiques volontiers elliptiques, mentales ou peu linéaires. Est-ce ici l’influence d’Emmanuel Carrère, qui leur a soufflé l’argument de L’Angle Mort ? Sans déroger à leur propension au fantastique, ce film manifeste un changement de forme radical, adoptant une narration plus posée et une structure de conte contemporain à morale philosophique — comme si Rohmer s’était aventuré dans le registre du super-héros décalé, ou Alphonse Daudet au cinéma. Drame à double niveau sur la question de la disparition du corps social — ce qu’il advient de l’individu lorsque sa présence physique s’évanouit au sens propre, mais aussi lorsque son ex

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Une rentrée très gourmande chez Weiss

GUIDE URBAIN | La Maison Weiss vous réserve tout ce qu'il vous faut pour aborder la rentrée avec le sourire aux lèvres. Une gamme de tablettes de chocolat bio qui s'enrichit, de nouveaux produits gourmands et l'arrivée d'un tout nouveau bar à chocolat chaud. Qui a dit que la rentrée était rasoir ?

Article Partenaire | Lundi 9 septembre 2019

Une rentrée très gourmande chez Weiss

La rentrée se fait sur les chapeaux de roues du côté de la Maison Weiss. Désireux d'apporter aux gourmandes et gourmands toujours le meilleur de son savoir-faire, les maîtres-chocolatiers ne dérogent pas à la règle avec l'arrivée de plusieurs petits nouveaux dans la gamme Weiss et l'ouverture en octobre d'un tout nouveau bar à chocolat chaud, au cœur des Ateliers Weiss. La gamme bio s'enrichit Depuis 137 ans, la Maison Weiss concocte intégralement ses chocolats, pralinés et confiseries dans ses ateliers de fabrication à Saint-Etienne. Elle sélectionne les meilleures matières premières et choisit des listes d’ingrédients nobles – pas de superflu, tous les chocolats sont 100% pur beurre de cacao, sans OGM, sans gluten et sans colorant artificiel – et favorise des approvisionnements de proximité. Soucieuse de travailler au plus près des producteurs, la Chocolaterie Weiss a noué des partenariats forts comme avec l’association Vietcacao au Vietnam, et a entamé un travail avec l’ONG Earthwrom pour

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3 questions à Marc Bonneton, boss de L'Officine

Cocktails | Après L’Antiquaire, Marc Bonneton ouvre au sein du Grand Hôtel-Dieu un nouveau bar à cocktails appelé à régner au-delà de la cité : L’Officine. Rencontre.

Adrien Simon | Mardi 30 octobre 2018

3 questions à Marc Bonneton, boss de L'Officine

Quel était l’état du cocktail à Lyon dans les années 2000, et qu’est-ce qui vous a poussé, avec Arnaud Grosset, à ouvrir le Soda Bar ? Marc Bonneton : J'avais pris une claque avec les bars à cocktails londoniens. Il n'y avait rien d'équivalent à l'époque à Lyon : des bars jeunes, sympas, ambiancés... Ici, on en était encore à boire soit de mauvais mélanges en boîte de nuit, soit des classiques dans des palaces. La fin des années 90 et le début des années 2000 en Angleterre et aussi à New York, c'est le second âge d'or du cocktail (le premier étant la période 1880-1919 aux USA) : il y a un vrai renouveau avec l'essor de plus petits bars, moins bourgeois, inventifs, plus liés à la street culture. Et ensuite ? Depuis dix ans, l'arrivée de ce genre de bar en France, ça a tiré tout le monde vers le haut. Maintenant on peut retrouver des classiques bien faits dans beaucoup d'endroit. Un moscow mule, il y a dix ans personne ne connaissait, maintenant on en trouve des bons en boîte de nuit. Il faut distinguer trois types de verres : les classiques, indémodables ; les tendances, notamment imposés par les grands gr

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Ça s'agite dans les verres

Cocktails | Si le mot cocktail vous évoque mojito, spritz ou pina colada, c'est que vous avez raté une étape. Rattrapage : les dix dernières années furent celles du renouveau mixologique. Les pionniers lyonnais, après avoir remis les classiques au goût du jour, avancent désormais en terra incognita, armés d’alcools pointus, de liqueurs et sirops maison et de leur inventivité. Tour d'horizon, à l'occasion de l'ouverture de L'Officine.

Adrien Simon | Mardi 30 octobre 2018

Ça s'agite dans les verres

Début 2000, alors qu'on s'enjaillait déjà à Londres, dans des bars dédiés aux cocktails, la France avait le shaker en berne. On sirotait encore façon James Bond : dry martini et smoking, au bar d'un hôtel international. Éventuellement façon Don Draper (sazerac, en costard et fauteuil club) ou Carrie Bradshaw (cosmopolitan, entre filles). Pas très original. C'est la jeunesse Easyjet de retour de week-ends outre-Manche qui a décrété qu'on s'ennuyait sec dans les rades français. Mais que ce n'était pas une fatalité. Cette jeunesse s'est appelée Experimental Cocktail Club à Paris, ouvert en 2007 dans le quartier de Montorgueil, et Soda Bar à Lyon, inauguré quelques mois plus tôt dans le quartier de La Martinière. On y venait (et on y vient toujours) pour l’ambiance funk mais cosy, et pour le contenu des verres, des classiques revisités pour pas très cher. Ses créateurs, Arnaud Grosset et Marc Bonneton, se sont depuis séparés. L’un a ouvert le Monkey Club, sa déco façon cabinet de curiosité et sa belle terrasse guinguette sur la place Tolozan. Et l’autre L’Antiquaire, son

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Kurt Vile : le flou du roi

Indie Rock | Petit roi de l'indie-rock dont chaque retour est attendu comme un couronnement, Kurt Vile sera à l'Épicerie Moderne pour présenter son tout frais Bottle It In. Du Kurt Vile pur jus.

Stéphane Duchêne | Mardi 16 octobre 2018

Kurt Vile : le flou du roi

Kurt Vile a toujours été un adepte des grands formats, de ces chansons qui, sur trois accords, s'étirent telles des chewing-gums fondus ou des adolescents sur un canapé. Il le prouve encore ici avec Bottle It in dont les 13 morceaux (si l'on compte l'appendice final à la durée dérisoire) s'étalent sur 80 minutes. Avec cet album sur le thème du voyage et du déplacement incessant (tournées, road trips familiaux) volontairement enregistré aux quatre coins des États-Unis (de New York à Los Angeles, du Connecticut à Portland), tout se passe comme si Kurt Vile avait voulu mettre en bouteille l'ensemble des grands espaces traversés mais aussi toute la musique, americana, indie-rock, folk – qu'ils contiennent, en une forme de boulimie tranquille que symboliserait à merveille la traînante déambulation d'un esprit qui ne tient pas en place qu'est Bassackwards : I was on the moon but more so, I was in the grass / So I was chilling out but with a very drifting mind (J'étais sur la lune mais plus encore, j'étais dans l'herbe / Ainsi je me détendais mais avec l'esprit complètement à la dérive).

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15 concerts à ne pas louper cet automne

Bons Plans | Coming Soon Cela fait dix ans que le Scooby Gang baptisé Coming Soon a publié son premier album. Un petit peu plus que (fin 2006) le groupe (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2018

15 concerts à ne pas louper cet automne

Coming Soon Cela fait dix ans que le Scooby Gang baptisé Coming Soon a publié son premier album. Un petit peu plus que (fin 2006) le groupe avait fait forte impression lors du tremplin Dandelyon. Sans doute à l'époque aviez-vous découvert ce groupe dans ces pages. Il a depuis fait du chemin, que ce soit à travers de nombreuses collaborations et en multipliant les projets parallèles. Surtout en ouvrant l'éventail de son anti-folk initial vers des esthétiques alors insoupçonnées dont leur dernier album Sentimental Jukebox semble être un concentré. Le passage de Coming Soon pour un French Kiss au Club Transbo (petit nom des release parties consacrées aux locaux et aux amis) est comme une manière de retour au bercail pour les plus Lyonnais des Anneciens. Au Club Transbo le mercredi 10 octobre The Apartments La date du très rare Peter Milton Walsh au Marché Gare à l'occasion d'un Petit Bulletin Live en 2016 aura sans doute contribué à débloquer le compteur lyonnais de celui qui incar

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Adel Abdessemed au MAC : à cœurs et à cris

L'exposition | Avec l’exposition L'Antidote, Adel Abdessemed signe son grand retour dans un bel engouement teinté de controverse.

Sarah Fouassier | Mardi 13 mars 2018

Adel Abdessemed au MAC : à cœurs et à cris

Thierry Raspail lui donna rendez-vous dans dix ans lorsqu’en 2008, Adel Abdessemed exposa au Magasin de Grenoble. Le directeur du MAC, aujourd'hui en fin de mandat, voit enfin cette exposition installée aux 2e et 3e étages du musée, la qualifiant « d'ode à la condition humaine. » Un hymne qui forme un corps, une totalité organique libérée de toute torpeur, de toute bienséance avec comme point de départ une flèche qui transperce le corps de l’artiste : « c’est la violence du monde qui me lance cette flèche » nous dit-il. Pas d'exposition sans polémique Au second étage, des vidéos rythment la visite, des boucles emplies de bruits qui tapent, cognent l’oreille et le cœur. Et qui les transpercent à la vue de Printemps, qui montre des coqs pendus par les pattes contre un mur, en train de brûler vifs. Une vidéo exposée à Doha et qui suscita l’indignation obligeant le Mathaf, Arab Museum of Modern Art, et aujourd’hui le MAC, à expliquer le geste de l’artiste et ses conditions de production. Dans un communiqué de presse datant du lundi 12 mars, le musée explique :

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Adel Abdessemed : « mon art est un art de la responsabilité »

Art Contemporain | L’artiste franco-algérien vient de fêter ses 47 ans. Celui que l’on appelait l’enfant terrible de l’art contemporain ne décolère pas. Et pour cause : la violence qui embrase le monde s’agite toujours, avec autant de férocité. Une violence qu’il regarde en face, droit dans les yeux, n’en déplaise à certains.

Sarah Fouassier | Mardi 13 mars 2018

Adel Abdessemed : « mon art est un art de la responsabilité »

Adel Abdessemed se clame homme libre dès l'adolescence. Amazigh, en langue berbère. Il se rapproche très vite d’artistes locaux et intègre l’École des Beaux-Arts d’Alger, au moment où le pays entre dans une décennie noire traumatisée par le terrorisme. Cette institution qualifiée par les intégristes « d'école du pêché » parce qu'ouverte sur le monde, subira un événement terrible en mars 1994 : son directeur Ahmed Asselah, défenseur de la démocratie et opposant à l'intégrisme, est assassiné avec son fils, dans l’enceinte même de l’école. Sous la menace, Adel choisit de gagner sa liberté au prix de l’exil. La violence s’immisce alors dans le corps de son œuvre. Résister pour mieux œuvrer Lyon et plus particulièrement son École des Beaux-Arts accueille le jeune artiste, qui se fera remarquer rapidement de par sa pratique et son culot. Il se souvient de ses années d'études durant lesquelles « j’ai donné autant que j’ai reçu » et où il a rencontré Julie, sa future épouse et mère de ses cinq enfants, « un soir dans un pub du Vieux-Lyon, l’Antidote, autour d’un verre de Guinness

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Jay Jay Johanson : another self-portrait

Pop | Comme revenu de tout, et avec cette manière bien à lui de transformer la mélancolie en bonheur d'être malheureux, Jay Jay Johanson livre avec Bury The Hatchet, onzième album en 21 ans de carrière, un album pudique et sensible. Où le Suédois semble vouloir se réconcilier avec ses démons sans jamais s'excuser d'être qui il est : lui-même.

Stéphane Duchêne | Lundi 20 novembre 2017

Jay Jay Johanson : another self-portrait

À force d'écouter sa musique, il faut imaginer Jay Jay enfant. En petit Jäje (son vrai prénom) timide et timoré, s'excusant d'exister, sans doute plus solitaire que la moyenne, perché dans des rêveries sans fin entre onirisme onaniste et fantasmes cinématographiques. Ce n'est peut-être pas tout à fait la réalité, mais c'est en tout cas l'image que le Suédois renvoie depuis à peine plus de deux décennies – il a fêté ses vingt ans de carrière l'an dernier. On n'est donc guère étonné, sur son dernier album, d'entendre celui qui avait déjà livré un disque baptisé Self-Portrait (2009) adresser quelques conseils à celui qu'il fut enfant. Le titre s'appelle Advice to my younger self et les conseils, entre deux occurrences d'un refrain qui dit « Je regrette les choses que je n'ai pas faites mais pas celles que je n'aurais pas dû faire », sont les suivants : « Essaie de ne pas être trop timide », « Dis la vérité », « Essaie tout ce que tu peux, au moins une fois ou deux », « N'écoute pas quand ils disent que les grands garçons ne pleurent pas », « Ne laisse jamais mourir l'enfant qui est en toi ».

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La patte de Tigran Hamasyan au Radiant

Jazz | Toujours au sommet, cette fois du Mont Ararat où son dernier disque puise son inspiration, Tigran Hamasyan revient après plusieurs années hors des sentiers battus au piano solo, formule qui l'a révélé comme un prodige du jazz et de la musique contemporaine.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 avril 2017

La patte de Tigran Hamasyan au Radiant

Tigran Hamasyan construit souvent ses disques en opposition aux précédents, comme s'il s'agissait de ne jamais reproduire la même formule et de changer sinon de visage – son style reste néanmoins reconnaissable entre tous –, du moins de masques, qui sont chez lui autant de nuances. Ainsi avait-on eu droit avec Shadow Theater à ce qui ressemblait beaucoup à un album de pop, contribuant à extraire pour de bon Tigran de son image de pianiste jazz et à magnifier ses talents de mixeur de genres : musique classique, contemporaine, traditionnelle, jazz, rock... Un disque qui reste sans doute à ce jour le plus impressionnant du jeune Arménien. Le suivant Mockroot revenait un peu plus aux basiques : le jazz, la musique arménienne, une expression du piano solo qui n'appartient qu'à lui, mais avec des intrusions rock très tendues, à la fois héritières du métal, mais aussi des expressions folkloriques du Caucase. Puis Tigran avait reculé de quelques siècles pour se produire dans des églises avec un chœur de chambre afin d'interpréter de la musique religieuse arménienne du Ve siècle (ce qui donna l'album Luys i Luso).

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"Les P'tits explorateurs" : espace de jeux

ECRANS | de Mercedes Marro, Sylwia Szkiladz, Aline Quertain, Loïc Bruyère & Stéphane Piera (Fr, 0h49min) animation…

Vincent Raymond | Mardi 4 avril 2017

Grâce au robot bricoleur extraterrestre qu’il a découvert et baptisé Clé à molette, un enfant sourd s’intègre dans un groupe de gamins de son âge et partage avec eux de sidérantes aventures… Donnant son titre à ce programme de courts-métrages conçus chez Folimage, ce joli film d’animation n’est pas sans évoquer le merveilleux Géant de Fer de Brad Bird. Il s’interroge de manière simple et poétique sur la question de la communication et de l’intégration de la différence, qu’elle vienne d’ailleurs ou d’ici-bas : parfois, il suffit d’un rien pour briser la glace et forger de fantastiques amitiés. Complétant ce “long” film bref, trois autres réalisations rythmées célèbrent à leur façon la question de l’amitié. On retiendra surtout le sautillant La Cage, avec son trait rappelant le graphisme anguleux des cartoons Warner Bros. ou Hanna-Barbera pour la MGM de la fin des années 1950.

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Aline Sam-Giao, nouvelle directrice générale de l’ONL et de l'Auditorium

Auditorium Maurice Ravel | C'est donc Aline Sam-Giao qui devient directrice générale de l’Orchestre national de Lyon et de l’Auditorium Maurice Ravel, en remplacement de Jean-Marc (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 29 décembre 2016

Aline Sam-Giao, nouvelle directrice générale de l’ONL et de l'Auditorium

C'est donc Aline Sam-Giao qui devient directrice générale de l’Orchestre national de Lyon et de l’Auditorium Maurice Ravel, en remplacement de Jean-Marc Bador, comme l'a annoncé ce jeudi Audrey Azoulay, la ministre de la Culture. Depuis 2008, Aline Sam-Giao était administratrice générale de l’Orchestre des Pays de Savoie, aux côtés du chef Nicolas Chalvin, après avoir accompagné l’ensemble baroque Le Poème Harmonique du côté de Paris. Âgée de 40 ans, chevalier des Arts et des Lettres, elle a également été partie prenante du Festival Berlioz. Selon le communiqué envoyé par le ministère conjointement avec la mairie de Lyon, « son projet est fondé sur la recherche de l’excellence artistique, de l’ouverture à la diversité des publics de la musique et des esthétiques les plus variées. Elle entend miser sur le dynamisme et l’innovation (...). Elle poursuivra ainsi le travail de diffusion et d’animation de la vie musicale aux côtés des autres institutions et festivals lyon

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Les 10 concerts à voir en septembre

Musique | La concurrence (ou les confrères) prenant leur temps pour redémarrer la saison en mode diesel, c'est une certaine péniche du quai des Étroits, qui ce mois-ci fait figure de bon élève boulimique, alignant comme des perles les concerts de musique pas comme les autres. Septembre sera (surtout) Sonic ou ne sera pas.

La rédaction | Jeudi 1 septembre 2016

Les 10 concerts à voir en septembre

Daniel Romano Les fans hardcore de l'ancien Daniel Romano ont sans doute eu du mal à reconnaître leur protégé canadien lorsqu'ils ont posé l'oreille sur Mosey, son dernier album, puis constaté qu'il avait troqué le costume de dandy à Stetson – et les chansons crincrin qui allaient avec – pour une veste de jogging. Finie (pour le moment) la country pliant (magnifiquement) le genou devant les figures d'Hank Williams ou Merle Haggard, Romano a ici sorti le couteau suisse musical et donne l'impression de balayer d'un revers de main sa discographie précédente à coups de pop cinématographique, emphatique ou intime, reliant par la grâce du fil invisible d'un songwriting impressionnant Morricone, Dylan, Newman, Hazlewood. Et surtout l'ancien Daniel avec le nouveau, génial dans toutes les configurations. Au Sonic le mardi 13 septembre

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Les 10 concerts à voir en mai

Sélection | Harold Martinez Alors que l'on vient d'apprendre la venue à l'automne du Wovenhand de David Eugene Edwards, on pourra patienter durant ce mois de mai (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 mai 2016

Les 10 concerts à voir en mai

Harold Martinez Alors que l'on vient d'apprendre la venue à l'automne du Wovenhand de David Eugene Edwards, on pourra patienter durant ce mois de mai avec son plus proche cousin, pour ne pas dire frère en blues et visqueux. Visqueux au bon sens du terme car cette musique plus habitée qu'une masure aux mille fantômes se nourrit aussi à des milliers de kilomètres de distance (Harold Martinez vient de Nîmes) du même vibrato indécrottable de maître vaudou que celui de Mr Edwards. Une fois qu'elle vous a piqué, vous voilà zombifié. Au Kraspek Myzik le jeudi 12 mai Me First and the Gimme Gimme Gimmes Il y a des super-groupes, des groupes à concepts, des cover band, eh bien Me First and the Gimme Gimme Gimmes est les trois à la fois, poussant les trois bouchons dans leurs plus improbables extrémités. Qu'on s'accroche, ce punk band (formé de membres de Lagwagon, No Use for a Name ou NOFX) a sorti des albums des reprises thématiques (les comédies musicales, le r'n'b, les divas), enregistré un liv

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Erratum n°817

MUSIQUES | Le programme du festival Itinérances Tsiganes comportait quelques erreurs géographiques. Sa programmation complète et corrigée est disponible Par (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 26 novembre 2015

Erratum n°817

Le programme du festival Itinérances Tsiganes comportait quelques erreurs géographiques. Sa programmation complète et corrigée est disponible Par ailleurs, le journal contient un article consacré à Autour de Lucie, dont l'annulation du concert au Kao ne nous a pas été communiquée à temps. Que cela ne vous empêche pas de vous intéresser à ce chouette groupe, ni de vous rendre au concert en question, où se produiront malgré tous les excellents Baden Baden.

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À Chaplin, la pop inépuisable des Zombies

MUSIQUES | Surgis des terres britanniques à l'aube du Summer of Love, les Zombies avaient tout pour être les égaux des Beatles et des Beach Boys... s'ils ne s'étaient pas décomposés en l'espace de cinq ans. Ils le sont devenus au début du siècle, leur pop mangeuse de cerveaux n'ayant entre temps rien perdu de sa voracité.

Benjamin Mialot | Mardi 24 novembre 2015

À Chaplin, la pop inépuisable des Zombies

Au moment de se lancer dans l'écriture de The Walking Dead (la BD, pas sa trahison télévisuelle), le scénariste Robert Kirman ne faisait aucun mystère sur sa volonté d'en faire le «zombie movie that never ends». Depuis 2004, Rod Argent et Colin Blunstone semblent lancés dans une entreprise approchante : une tournée de reformation sans fin, celle des Zombies, mythe de la pop psychédélique que ces deux natifs de St Albans, respectivement claviériste et chanteur, animèrent au début des années 60. Et elle est d'autant moins critiquable que, bien que leurs traits prosthétiques ne fassent aucun doute quant à la lourdeur des années qu'ils portent, les deux font montre sur scène d'une incontestable fraîcheur. Sans doute parce que leur musique, elle, n'a pas vieilli d'un iota. Du moins celle couchée sur Odessey & Oracle, deuxième album qui fit pour leur postérité autant que Pet Sounds et Sgt Pepper's pour celles des Beach Boys et des Beatles – en dépit de la faute d'orthographe éborgnant son titre, signe que les bols qui coiffaient les jeunes gens de l'époque ne devaient pas être remplis que de liquide cérébro-spinal.

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Kurt Vile décoiffe la pop

MUSIQUES | Kurt Vile a une petite manie, celle d'amputer les titres/paroles de ses chansons de certaines de leur lettres comme on retranscrirait une oralité ou un (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 17 novembre 2015

Kurt Vile décoiffe la pop

Kurt Vile a une petite manie, celle d'amputer les titres/paroles de ses chansons de certaines de leur lettres comme on retranscrirait une oralité ou un accent. Ainsi son Wakin(g) on a pretty daze ouvrait-il l'album du même nom. Pretty Pimpin(g), l'histoire d'un type qui ne se reconnaît plus dans le miroir et décide de s'arranger un peu, invite cette fois à entrer dans b'lieve i'm goin down, sur lequel Vile semble revoir ses ambitions à la baisse (ce qui reste à prouver). C'est anecdotique, mais cela traduit merveilleusement ce qui fait tout le charme et la grandeur de la pop de Kurt Vile, son homophonie fameuse, ses cheveux jamais coupés, ses mélodies faussement mal attifées : une sensation d'inachèvement, une sorte de tantalisme qui fait que lorsque l'on croit toucher au moment de grâce, il fait un pas de côté ou de recul, lentement, si lentement que l'on a pourtant tout loisir de le voir venir. Comme une course à la défonce qu'aucune descente ne viendrait pénaliser, on court après les morceaux polymorphes de Vile sans jamais avoir aucune chance de les attraper, sans jamais toucher à la satisfaction ultime qui finirait par

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Prohibition : retour des parrains du post-rock français

MUSIQUES | On ne choisit pas les trottoirs de Manille ou d'Alger pour apprendre à marcher, comme disait le poète. On ne choisit pas non plus les caves de Chicago ou (...)

Benjamin Mialot | Mardi 10 novembre 2015

Prohibition : retour des parrains du post-rock français

On ne choisit pas les trottoirs de Manille ou d'Alger pour apprendre à marcher, comme disait le poète. On ne choisit pas non plus les caves de Chicago ou de Paris pour désapprendre à balancer et rouler : si c'est dans les recoins les moins éclairés de la Ville Lumière que les frères Laureau ont fondé Prohibition au début des années 90, c'est de la Windy City qu'ils auraient dû rayonner, là où, au même moment, Gastr Del Sol, Tortoise et quelques autres s'attelaient comme eux à redessiner, à coups de rythmiques anguleuses et de textures périodiques, les contours du rock. Post-rock, puisque c'est de cette musique mouvementée qu'il s'agit, Prohibition ne le fut toutefois pas au sens strict, cultivant d'abord une urgence toute fugazienne, avant de se déporter dans une direction plus jazzy suite à l'arrivée du saxophoniste Quentin Rollet. Cinq albums sont nés de ces frictions, avant que le groupe ne se sépare en 1998. La postérité, cette ingrate, n'a quasiment retenu que le dernier, le bien nommé 14 Ups and Downs, grand disque alambiqué et revêche qui acheva de faire du groupe une figure culte de la scène indé française (au même titre que Sloy, Ulan Bator ou Bästard

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Les Foo Fighters, prêts à emplâtrer Tony Garnier

MUSIQUES | Alors qu'il était le type à cheveux long assis au fond de la classe nirvanesque sans trop broncher – se souvenir de sa mise un peu gauche lors du fameux (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 novembre 2015

Les Foo Fighters, prêts à emplâtrer Tony Garnier

Alors qu'il était le type à cheveux long assis au fond de la classe nirvanesque sans trop broncher – se souvenir de sa mise un peu gauche lors du fameux unplugged – le type sur lequel on n'aurait pas forcément parié notre chemise à carreaux, Dave Grohl, est le seul véritable survivant du mythe Nirvana. D'une parce qu'il est encore vivant, lui, de deux, parce qu'il aura su rebondir plus que bien après la tragédie qui a mis fin au groupe phare du grunge. Cela il le doit autant à lui-même qu'à ses Foo Fighters, dont on n'aurait pas forcément parié non plus qu'ils seraient encore là 20 ans et huit albums plus tard, à transformer des Halle Tony Garnier, comme ce 17 novembre, en maisons de Foo. Oh, ce n'est pas que les Foo aient apporté quoi que ce soit de décisif à l'histoire du rock – surtout après Nirvana – en dehors de quelques bons albums, mais Grohl & co continuent de perpétuer une certaine idée du noise rock catchy qui semble ne jamais vouloir vieillir et tenir la vaillance pour valeur cardinale – on ne vous reparle pas de l'affaire du concert suédois terminé dans le plâtre après un passage aux urgences du chanteur. Dif

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Father John Misty, un mari pop idéal

MUSIQUES | C'est avec son personnage de Father John Misty que le dénommé Josh Tillman s'est véritablement trouvé. Et avec son deuxième album sous ce nom, dédié à sa femme, qu'il le confirme à coups d'incertitudes grandioses et de crooning auto-dérisoire.

Stéphane Duchêne | Mardi 10 novembre 2015

Father John Misty, un mari pop idéal

«Wouldn't I make the ideal husband ?» «Ne ferais-je pas un mari idéal ?» interroge Father John Misty sur le huitième titre de I Love You, Honeybear, album-déclaration à la femme qu'il aime, Emma. Certes, on imagine assez peu ce crooner au sobriquet paternalisto-brumeux, toison en arrière, barbe de 40 jours et costume serré sur chemise ouverte, en mari. Lui le premier, mais c'est sans doute là l'ultime questionnement d'un homme à qui l'amour a fait fendre l'armure et rendre les armes, à la fois épiphanie et résurrection – énième renaissance le concernant, après avoir tâté des baguettes chez les Fleet Foxes (l'affaire tourna mal) et joué les folkeux, misérabilistes à souhait, en tant que J. Tillman. Et voilà donc le père Misty, sur la pochette d'I Love You, Honeybear, en enfant Jésus tirant le lait de la tendresse humaine au sein d'une madone – femme, mère et amante – entouré d'animaux fabuleux figurant à coup sûr les démons qui l'habitent. Il y a bien sûr de l'auto-dérision dans cette déclaration d'amour sincère, magnifique et (Father John) mystique – comme par hasard, cet album sort l'année du trente-troisième anniversaire de cet hom

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Jon Spencer, le roi de New York

MUSIQUES | Sur son dernier album, au prétexte de célébrer une liberté retrouvée symbolisée par la "Freedom Tower", le Jon Spencer Blues Explosion déclare son amour inextinguible à cette vieille femme qu'est la Grosse Pomme. Et le lui dit par tous les trous fumants. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 3 novembre 2015

Jon Spencer, le roi de New York

Jamais aussi à son affaire que lorsqu'il s'agit de jouer les Screamin' Jay Hawkins efflanqués, prêcheur de bon temps à prendre avant que l'Apocalypse ne vienne nous gratter la viande et nous ronger les os, Jon Spencer et son duo d'acolytes qui font trois ravalent leur précédent Meat & Bone pour nous jouer la grand-messe commémorative d'un New York renaissant et néanmoins, pour une part, révolu. Freedom Tower – No Wave Dance Party 2015, voilà l'affaire. La Freedom Tower, c'est donc cette tour de Babel post-moderne célébrant la Liberté autant que son fantôme, le souvenir de la catastrophe et le devoir de redresser la puissance érectile américaine jadis portée par les jumelles déchues. Le superphallus enfin érigé sur l'ancienne béance de Ground Zero, c'est surtout cette vieille hydre de Blues Explosion qui bande comme un démon, un os non pas dans le nez, comme le précité Screamin', mais bien dans le pantalon. Car s'il s'agit de rendre hommage – «Come on fellas, we gotta pay respect» commande Spencer sur l'inaugural Funeral – c'est bien le pantalon sur les genoux, éructant et écumant d'énergie vitale jusqu'au bout

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The Drones et USA Nails : blues rock fangeux contre punk noise bétonnée

MUSIQUES | Le Marché Gare accueille le même soir le rouleau-compresseur noise USA Nails et les ravaleurs de façade blues de The Drones. Un sacré chantier en perspective.

Benjamin Mialot | Lundi 26 octobre 2015

The Drones et USA Nails : blues rock fangeux contre punk noise bétonnée

«De la musique d'héroïnomanes.» C'est ainsi que notre Grand Duduche à nous qualifie, avec la proverbiale et cocasse franchise qui est la sienne, la musique des Drones. On préfère pour notre part voir en ces Australiens des soupirants maudits, comme Verlaine parlait de poètes maudits. Ce qui revient un peu au même quant au romantisme exacerbé de leur musique – Mano Solo considérait ainsi la drogue qui précipita sa contamination par le virus de Vénus comme «la femme de ceux qui n'en ont pas» – mais souligne dans le même temps l'injuste confidentialité qui est la leur, en tout cas hors de leur continent natal. Car en matière de blues rock tortueux et tonitruant, les Drones se posent là. À la droite du terraformeur de désert Neil Young, sur les épaules voûtées par le poids du monde de Nick Cave – de l'alcoolisme au suicide, tout l'abécédaire de la murder ballad écrite d'une plume trempée dans de la bile y passe – et légèrement en retrait du pétaradant Gun Club. Une place qu'ils ont su prendre le temps de se faire : formé en 1997, le groupe n'a publié qu'en 2005 son premier véritable album, Wait Long by the River and the Bodies of Your Enemies

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Dix concerts qui vont faire du bruit

MUSIQUES | Dans le landerneau des organisateurs de concerts, ce mois d'octobre 2015 est si dense en propositions qu'il est surnommé "Octobrute". Un nickname d'autant plus approprié qu'une bonne partie d'entre elles fait plus dans le jean élimé que dans la dentelle. Exemples contractuels.

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

Dix concerts qui vont faire du bruit

Valient Thorr / Broken Water On a découvert Valient Thorr par hasard, au détour d'un abattoir reconverti en squat de vikings. C'était à l'été 2014, on avait une bonne douzaine d'années de retard sur le reste de la population mondiale – du moins celle assez sensible au high energy rock'n'roll pour s'organiser en chapitres – mais qu'importe : rarement a-t-on vu musiciens faire montre d'autant d'engagement que ces Américains aux bonnes trognes... ben d'Américains. Au point de descendre, entre deux riffs taillés pour faire imploser les jukeboxes des restoroutes, faire du rameur dans la fosse. [+ Child + Black Bone] Au Warmaudio jeudi 15 octobre On a déploré la brouille de Frank Black et Kim Deal. On a chouiné à l'idée que Thurston Moore et Kim Gordon les imitent – et ils ont fini par le faire, les salauds. Puis est apparu Broken Water. C'était en 2010 avec Whet, un premier album qui voyait ce très revendicatif trio mixte d'Olympia (des droits des femmes à la surveillance généralisée, ce ne sont pas

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Le beau geste frère des Innocents

MUSIQUES | Loin du tapage, JP Nataf et Jean-Christophe Urbain ont ravivé avec l'impeccable "Mandarine" la flamme mélomane des Innocents. Réhabilitant au passage le souvenir parfois faussé d'un groupe qui compte au final beaucoup plus que l'enfilade de tubes pop livrée deux décennies durant.

Stéphane Duchêne | Mardi 13 octobre 2015

Le beau geste frère des Innocents

Chienne de vie. Vraiment. Quand on voit la vitesse à laquelle s'est rempli le Transbordeur à l'annonce d'un concert surprise des Insus (soit Téléphone reformé en mode clando pour faire genre) et qu'on constate avec quelle discrétion est accueilli le retour des Innocents, eh bien messieurs dames, on vous le dit comme on le pense, quelque chose branle dans le manche, il y a du mou de veau dans l'hygiaphone et le monde est décidément «aussi parfait qu'il est plat» – c'est-à-dire surtout plat. Parce que, si on peut se permettre de parler un peu musique, les Innocents c'est quand même un autre Finistère que Téléphone. Ironique, quand on songe que les deux groupes ont été portés par une ribambelle de tubes dopés par les radios. Sauf que. Concernant Téléphone, il y a les tubes, taillés pour les stades ou les soirées quadras qui dégénèrent après minuit, mais c'est tout. Du côté des Innocents, il y a les tubes aussi, mais ceux-ci cachent un énorme malentendu. Geste frère, frères de geste Car lorsqu'on écoutait, dans les années 80-90, tous leurs hits (on vous fait grâce de la liste), on n'écoutait pas vraiment. On se laiss

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The Chap, candidat aux érections européennes

MUSIQUES | On avait déjà allègrement identifié The Chap comme un groupe anti-crise, dont la désinvolture et la foutraquerie fait quasiment office de manifeste politique, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 octobre 2015

The Chap, candidat aux érections européennes

On avait déjà allègrement identifié The Chap comme un groupe anti-crise, dont la désinvolture et la foutraquerie fait quasiment office de manifeste politique, canal je-m’en-foutiste mais néanmoins radical – cf. les éructations de quasi-dégoût de leur dernier single, le très garage Jammer. Mais aussi comme un concentré de cette Europe à laquelle ils mettaient le feu sur la pochette de Well Done Europe – ses membres venant des quatre coins du continent. De ce point de vue, leur disque à paraître le 25 octobre enfonce le clou. Son titre : The Show Must Go. Et le show go on, surtout, malgré la crise, entre electronica sucrée, krautrock assassin et pop ondulatoire, en fait entre tout et à peu près n'importe quoi. C'est que les membres de The Chap savent, eux, constituer une union sacrée aux services de problématiques diverses et même contradictoires – notamment quand ils appellent à un «capitalisme socialement conscient» (insérer ic des éclats de rire du Medef et/ou d'Emmanuel Macron). Cela n'est pas plus exotique pour eux que de mélanger grosses guitar

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Sur la piste d'Alamo Race Track

MUSIQUES | Comme le soulignait il y a peu notre rédac' chef, on adore le Kraspek, micro-salle qui pourrait sans rougir porter à son fronton le vieil adage (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 octobre 2015

Sur la piste d'Alamo Race Track

Comme le soulignait il y a peu notre rédac' chef, on adore le Kraspek, micro-salle qui pourrait sans rougir porter à son fronton le vieil adage amanda-learien selon lequel «l'important ce n'est pas la taille mais le goût». Mais à imaginer la musique d'Alamo Race Track confinée dans un lieu aussi confidentiel, on a un peu mal à notre rock 'n' roll et la jauge à notoriété dans les choux. Certes, du temps de leur splendeur – celle de Black Cat John Brown – les amstellodamois étaient venus début 2007 se produire en pareil catimini au Sirius. Certes, en dehors des frontières néerlandaises et aussi un peu allemandes, l'ancien protégé du label Fargo n'est, à l'échelle du rock indé, qu'une puce qui, malgré ses efforts (parfois discutables) pour rendre sa musique plus exportable est retombée dans l'anonymat presque total duquel l'avait sorti Black Cat. C'est injuste, car sur le disque suivant, certes un peu en dedans, se trouvaient des pépites chorales (Unicorn Loves Deers) que beaucoup auraient pu jalouser. C'est la même chose sur Hawks, sorti cette année en toute discrétion et qui accouche d'une sorte de

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À l'Auditorium, le requiem de Tigran

MUSIQUES | Habitué des festivals de jazz (notamment lyonnais) découvert par Stéphane Kochoyan de Jazz à Vienne, on a tendance à oublier que Tigran Hamasyan a étudié en (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 octobre 2015

À l'Auditorium, le requiem de Tigran

Habitué des festivals de jazz (notamment lyonnais) découvert par Stéphane Kochoyan de Jazz à Vienne, on a tendance à oublier que Tigran Hamasyan a étudié en premier lieu cette musique à Erevan, où sa famille déménagea lorsqu'il était enfant (il est né à Giumri). On est donc peu étonné que ce pianiste-caméléon ait eu besoin de rendre au pays de ses racines plus encore qu'il ne l'a fait par le passé. On est encore moins étonné qu'il fasse en cette année 2015 qui marque le centenaire du début du génocide arménien – reconnu à ce jour et sous ce terme par 23 pays dans le monde en dépit de ses 1, 5 millions de victimes. Or, c'est bien le devoir de mémoire qui est au cœur du projet de Tigran : livrer un «requiem contre l'oubli». Pour cela, il s'est attaché les services du Yerevan Chamber State Choir (un choeur de chambre traditionnel arménien) et a adapté solennellement des pièces musicales arméniennes traditionnelles ou religieuses. Réunies sur un disque, leur destin principal est d'être joué dans cent lieux de culte à travers le monde. À l'Auditorium, le 9 octobre, Tigran fera une petite entorse à cette i

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Aline, des Smiths à la française

MUSIQUES | «Johnny Marr, j'en ai marre.» Il n'y a pas si longtemps, un groupe que nous avions mis en Une de ce journal, The Rebels of Tijuana, chantait (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 octobre 2015

Aline, des Smiths à la française

«Johnny Marr, j'en ai marre.» Il n'y a pas si longtemps, un groupe que nous avions mis en Une de ce journal, The Rebels of Tijuana, chantait ironiquement son ras-le-bol de l'ancien guitariste des Smiths, dont les arpèges cristallins ont fait rêver tant d'apprentis gratteux. De Johnny Marr, visiblement, Aline n'a pas marre. C'est même lui qu'on croit entendre dès les premières notes de La Vie électrique, le deuxième album des ex-Young Michelin – que les Rebels précèderont au Marché Gare. Quelque chose de This Charming Man. Sans doute ce qu'ils cherchaient en s'attachant les services de Stephen Street, ingénieur du son sur Meat is Murder et The Queen is Dead et producteur de Strangeways, Here We Come des Smiths. Or, c'est autant Aline qui ressuscite Street que Street qui enrobe Aline. Car encore faut-il avoir en magasin des choses à emballer. Et des mélodies, Aline en a à revendre, chaque titre se révélant, avec ses synthés typés "Jeunes gens modernes", un petit bijou de pop ligne claire 80's et hybride. Et comme S

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La rentrée musique côté jazz et world

MUSIQUES | Du côté de l'AOC "world, soul, jazz, etc.", le fourre-tout est de rigueur, les talents pluriels et les esthétiques en quinconce. Si bien qu'on ne sait plus où donner de la tête. Eh bien c'est juste ici, un peu partout.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté jazz et world

C'est comme souvent le Rhino jazz qui va donner le tempo de la rentrée jazz. Mais tel le rhinocéros, l'événement, une fois lancé, court dans tous les sens et c'est dans trois départements que le spectateur doit se mettre en mode safari. Tout le monde n'étant pas équipé d'une jeep, contentons-nous ici des haltes lyonnaises : outre Tigran (voir page 4), se présenteront l'étrangeté électro-jazz-blues Yom (à l'Opéra le 12 octobre), Vincent Perrier qui va «bopper avec Django» à la Clé de Voûte le 23 ou encore le duo Donkey Monkey, croisement de jazz et de rock japonais, oui madame, le 24 au Périscope. Un Périscope qui garde son cap de chaudron expérimental. Citons pêle-mêle : Emmanuel Scarpa et François Raulin (aucun lien) pour leur Tea Time le 1er octobre, le violoniste Régis Huby et son projet Equal Crossing dont on a lu, sans rire, qu'il promettait une «ambiance frottis» ; ou encore le 13 novembre le chelou Finlandais Mikko Innanen. Et pour la bonne bouche, Cannibales et vahinés, où l'on ret

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La rentrée musique côté chanson et french pop

MUSIQUES | Ah, la France et sa diversité. Elle sera belle cette année, entre piliers indéboulonnables, y compris de nos salles lyonnaises, comebacks attendus, jeunes gens modernes (indé ou pas) pétris de talents et éternels relous. Rien que de très classique dans un paysage toujours très ouvert. Pour ne pas dire trop.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté chanson et french pop

Si la rentrée musicale "française" est surtout affaire de reformation (voir page 4), la programmation saisonnière est aussi le théâtre du retour perpétuel de figures qui, elles, ne se sont jamais séparées. Et pour cause : elles sont seules. Un exemple ? Stephan Eicher ? Visiblement pas tant que ça, en tout cas il doit rapporter puisqu'on le reverra du côté du Radiant (7 octobre), mais cette fois-ci pour rejouer ses tubes à grands renforts étranges de carillons, de tuyaux d'orgues et de bobines Tesla. Changement de formule également pour Jean-Louis Murat (au Théâtre de Villefranche le 12 octobre) qui poursuit sa tournée Babel sans le Delano Orchestra. Cela ne devrait pas décourager ses fans, qui sont hardcore ou ne sont pas. Un peu comme ceux de Corbier qui, lui, fait des infidélités à A Thou Bout d'Chant pour se payer un Transbo (le 10 octobre). Cap sur Belin Tout cela ne rajeunissant personne, penchons nous sur la génération montante qui se taillera la part du Lyon, entre

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La pop "made in France" a RDV aux Belles Journées

MUSIQUES | Sis du côté de Bourgoin-Jaillieu, le tout nouveau festival Les Belles Journées pose sur le papier des bases solides pour cette rentrée rock avec un plateau 100 % frenchy qui permet de faire le diagnostic, partiel mais aveuglant, d'une pop hexagonale absolument radieuse.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 septembre 2015

La pop

Il eut été difficile au festival berjallien Les Belles Journées de constituer un plateau plus attrayant, qui plus est pour son coup d'essai. C'est qu'outre Autour de Lucie, dont le statut d'icône d'une certaine pop indé en fait sans doute un peu le grand frère (ou la grande sœur) de l'événement ; les cautions "soulisantes" que sont Lull et le Lyonnais Sly Appolinaire, à qui on ne la fait plus ; 49 Swimming Pools dont les membres (menés par l'ancien critique Emmanuel Tellier), bien qu'ils n'aient plus l'âge de la conduite accompagnée, produisent une musique fraîche comme une rose qui éclorait à l'infini ; et bien sûr H-Burns (voir nos archives à son sujet) ; c'est bien la jeune garde de la nouvelle (oui, encore) pop française que l'on mène ici aux Abattoirs – du moins pas très loin, au Parc de Lilattes. Une jeune garde qui aime le travail chiadé, détient le secret de la chanson qui tue aussi sûrement que le cri du Dr Justice et porte beau sous l

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Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

MUSIQUES | Entre éternels retours et renouvellement forcenés des talents, Jazz à Vienne continue pour sa 35e édition de puiser aux sources du jazz tout en se posant en laboratoire de la musique de demain. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

On pourrait dire cela de chacune des éditions de Jazz à Vienne, mais c'est particulièrement vrai pour celle-ci : elle marque un retour aux sources, et même plusieurs. D'abord avec une ouverture en forme d'hommage et de déclaration d'amour à la ville-mère du jazz, La Nouvelle Orléans. Où l'on croisera entre autres Dee Dee Bridgewater, mais aussi la fascinante Leyla McCalla, et dont le point d'orgue sera la présence, peu commune, du pianiste, chanteur, auteur-compositeur et surtout producteur de R'n'B originel Allen Toussaint. Comme chaque année, c'est un retour aux sources en chaîne qui s'opère derrière. Retour un peu permanent avec l'éternel comeback de figures comme George Benson ou Didier Lockwood, mais aussi de genres oubliés, avec le légendaire Golden Gate Quartet, qui prêche le gospel depuis 80 ans, et Gilberto Gil et Caetano Veloso, ce couple inspiré qui mit le feux aux poudres de la musique brésilienne (et de la musique tout court) à la fin des années 60 pour accoucher d'un mouvement qu'on appela tropicalisme. Dans le genre all-stars, ne pas manquer n

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Les Foo Fighters à Tony Garnier

MUSIQUES | La date avait été annoncée précipitamment au moment de la présentation des festivités du centenaire de la Halle Tony Garnier, c'est désormais officiel : l'icône rock (...)

Benjamin Mialot | Samedi 25 avril 2015

Les Foo Fighters à Tony Garnier

La date avait été annoncée précipitamment au moment de la présentation des festivités du centenaire de la Halle Tony Garnier, c'est désormais officiel : l'icône rock Dave Grohl et ses Foo Fighters, dont le huitième album est paru à fin 2014, s'y produiront le 17 novembre (et la veille à Paris, seule autre date française de la tournée). Ouverture de la billetterie mardi 28 avril à 10h.

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Ez3kiel, prophètes en leur pays

MUSIQUES | Ez3kiel fête ses vingt ans de carrière avec un album, Lux, qui allume des feux plus qu'il n'éteint des bougies. A l'occasion de la présentation de son pendant scénique cette semaine au Transbordeur, retour sur le parcours, superbement anachronique, du plus électrique des groupes de dub – ou du plus vaporeux des groupes de rock. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 décembre 2014

Ez3kiel, prophètes en leur pays

«La marche des vertueux est semée d'obstacles» dit le dixième verset du vingt-cinquième chapitre du livre d’Ézéchiel – celui que récite d'un ton vengeur Samuel L. Jackson dans Pulp Fiction, référence primordiale du groupe. Celle d'Ez3kiel débute logiquement de manière mouvementée, à Tours en 1993. D'abord power trio, Ezekiel (alors avec un e) s'agrandit rapidement d'un deuxième guitariste et d'une chanteuse... qui mettra les voiles en 1999, emportant avec elle l'un des fondateurs de ce qui n'est alors qu'un succédané adolescent de Rage Against the Machine et Fishbone. Ce retour circonstanciel à la case trio, Yann Nguema (basse), Matthieu Fays (batterie) et Johann Guillon (guitare) le convertissent en nouveau départ, taciturne celui-ci, ainsi que l'explique ce dernier : «Cet épisode a coïncidé avec l'achat de notre premier sampler et de notre première groovebox. La transition vers des morceaux instrumentaux s'est donc faite de manière instinctive. D'autant que derrière les musiques qu'on commençait à écouter à l'époque, il n'y avait pas de "gens

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La Halle Tony Garnier a 100 ans

MUSIQUES | C'était en 1914, souvenez-vous (mais si, faites un effort) : sur une commande du maire Edouard Herriot, Tony Garnier mettait la touche finale à la fameuse (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 2 octobre 2014

La Halle Tony Garnier a 100 ans

C'était en 1914, souvenez-vous (mais si, faites un effort) : sur une commande du maire Edouard Herriot, Tony Garnier mettait la touche finale à la fameuse halle qui porte aujourd'hui son nom, censée abriter abattoirs et marché aux bestiaux. La Première Guerre mondiale en décida temporairement autrement. Réquisitionnée, elle  casernes et usine d'armement avant de retrouver sa fonction. Devenu à terme une salle de spectacles, l'endroit fête donc ses cent ans. Et c'est nous qui sommes bien contents. Déjà parce que la Halle en profitera, comme vous le savez, pour "investir" toutes les salles qui comptent à Lyon (Breton au Marché Gare le 21 novembre, Deltron 3030 au Transbordeur le 27, Owen Pallett à l’Épicerie Moderne le 6 décembre...). Mais aussi parce que la fête se prolongera en 2015 avec l'accueil de belles pointures parmi lesquelles le duo blues-rock The Black Keys (7 mars), les vieilles gloires du nu-metal System of a Down (14 mars, date unique en France qu'on espère plus calme que celle de 2005), Ennio Morricone (18

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Lois et aléas du désir

ARTS | L'Espace d'arts plastiques de Vénissieux accueille la plasticienne belge Aline Bouvy et ses œuvres explorant les contradictions et les paradoxes du désir. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 juin 2014

Lois et aléas du désir

Une main approche d'un pénis pour le caresser ou s'en saisir. A travers cette grande photographie, Aline Bouvy (née en 1974 en Belgique) nous donne une image possible du désir. Mais, en regardant plus attentivement, on s'aperçoit que le désir lui-même est mû, attisé, par une image : la main (un moulage de celle de l'artiste) qui semble approcher le pénis (une sculpture), s'approche en réalité d'une représentation plane, d'une image de cette sculpture. Dans le domaine du désir, les frontières se brouillent, les contraires ne se contredisent plus forcément et le réel danse avec l'imaginaire. Faut-il alors une loi pour mettre un peu d'ordre dans ce capharnaüm ambigu de l'érotisme qui rend dur le mou, entraîne la vie jusque dans la mort (selon la formule de Georges Bataille), fabrique des caresses avec des fantasmes ? C'est ce que semble suggérer Aline Bouvy dans une autre œuvre, une vidéo projetée à l'abri d'une grande "cabane" de parpaings construite pour l'occasion. L'intime en orbite Dans cette vidéo, on voit et on entend un scientifique discourir sur la gestion des déchets spatiaux (vieux satellites abandonnés,

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L’œil du Tigran

MUSIQUES | En clôture de Saint-Fons Jazz et en co-production avec Jazz à Vienne, l’Auditorium accueille Tigran Hamasyan et son Shadow Theater. L’occasion d’assister à l’impressionnante métamorphose d’un jeune prodige jazz en créature pop ubiquiste, dotée d’une vision panoramique de son art. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 24 janvier 2014

L’œil du Tigran

En une poignée d’années et quelques albums, Tigran Hamasyan s’est posé en figure incontournable et indispensable du paysage musical. On devrait dire du jazz puisque c’est de là qu’il vient, mais ce serait par trop réducteur. Car dès le départ, tous ceux qui ont croisé sa route ou ses disques ont supposé que le jeune Arménien allait vite déborder du cadre (on le découvrira ainsi prochainement à l’œuvre sur le deuxième album de la pépite pop Cascadeur), arracher le costume d’interprète virtuose et d’improvisateur génial, trop étroit pour un tel talent. Un talent qui en sus vient du punk et ne l’a jamais vraiment quitté. Pas plus qu’il ne se défait de la marque culturelle de son pays. Matière volatile Son Shadow Theater est bien, comme son nom l’indique un théâtre d’ombres – discipline qui plus est partie prenante de la culture arménienne – éclairant l’évolution esthétique permanente du musicien. Un théâtre où viennent s’agiter dans un époustouflant jeu de cache-cache le folklore arménien, enseigné par son mentor Vahagn Hayrapetyan ; l’épouvantail rock, musique du père ; le vieux spectre jazz, découvert grâce à son oncle ; la "freakerie"

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Pas tristes tropiques

MUSIQUES | A une certaine époque, François Mitterrand aurait sans doute qualifié le groupe Is Tropical de «câblé» (comprendre, en langage Tonton : branché). On le serait à (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 20 septembre 2013

Pas tristes tropiques

A une certaine époque, François Mitterrand aurait sans doute qualifié le groupe Is Tropical de «câblé» (comprendre, en langage Tonton : branché). On le serait à moins. Les Anglais sont l'un des groupes phares du label-fringueur Kitsuné, dont les compilations s'arrachent dans tout ce que la Terre compte de bars à eau (essentiellement, des capitales où l'on a accès à l'eau potable donc) et de concept stores (ces magasins où il n'y a guère plus de produits à vendre que dans un supermarché polonais circa 1985, sauf que là c'est cool). En matière d'indietronica et de new rave (oui, c'est comme ça qu'on dit), Is Tropical s'est vite imposé comme une belle machine à singles – le terrible Lover's Cave sur le récent I'm Leaving – remixés avec gourmandise par tous les "cablés" du métiers. Kanye West lui-même les aurait oints de sa Sainte approbation pour l'audace - une constante chez eux - du clip de The Greeks, extrait de l'album Native To en 2011. Tout ça parce que ce trio d'ex-punks de Bournemouth (Dorset), considérée comme la ville la plus heureuse d'Angleter

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Le freak, c’est chic

MUSIQUES | Du freak, du fou, de la créature cramée, de l’inclassable, de l’incassable, du fragile, du fracassé, du fracassant, du marginal, du réfractaire, du réfracté, du revenant, du rêveur, du malade, du rageux, cet automne musical va en faire pleuvoir de partout. Du chelou comme à Gravelotte, qu’il va tomber. De belles tronches de vainqueur et des paluches pleines de talent, des noms à coucher dehors, du génie à la pelle, attaqué à la pioche. Ah, inquiétante étrangeté quand tu nous tiens ! Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Le freak, c’est chic

Comme pour toute saison, tout événement, tout lancement, il nous faut un parrain, un type dont la stature et l'aura donnent immédiatement le ton. C'est Florent Pagny en total look peau de zobi à la Star Academy ou Alain Delon tenant des propos contre-intelligents sur l’homosexualité dans C à vous. Car oui, souvent, on a affaire à un type qui peut partir en vrille à tout moment, se mettre à dire n'importe quoi, comme n'importe quel parrain dans n'importe quel événement familial, ou comme un parrain de la mafia un peu sur les nerfs. C'est très bien, ça fait parler. Nous aurions pu assez logiquement choisir le parrain rock Don Cavalli, d’origine italienne et d’aspiration amerloque, comme tout parrain qui se respecte, et dont Les Inrocks qualifient avec raison la production de «rock tordu et primitif», quelque part entre la sève de Johnny Cash et les débordements d’un Beck. Bref, l’éternelle histoire du type né au mauvais endroit au mauvais moment et qui s’en accommode par le voyage intérieur (sur son dernier disque il va même jusqu’en Asie). En plus, dans le civil,

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Made in french

MUSIQUES | Dans le sillage de Granville et La Femme, de passage à Lyon cette semaine, une poignée de groupes hexagonaux se réapproprient la langue française en miroir d'une certaine idée de la France, fantasmée comme un paradis perdu qu'il faudrait rapatrier. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 avril 2013

Made in french

«Le rock français, disait John Lennon, c'est comme le vin anglais». Y ajouter du français, ce serait donc comme le couper à l'eau, on le sait depuis toujours, voire à l'huile de moteur. A son inimitable manière, Jean-Louis Murat résumait ainsi le problème dans Les Inrocks de la semaine passée : «Dès que tu as basse-batterie, ta chanson est dépassée. Tu voulais faire une berline et tu te retrouves avec un semi-remorque». C'est pourtant avec une certaine légèreté de ton et la langue nullement chargée d'un trop lourd héritage – littéraire côté français, rock côté anglo-saxon – qu'une nouvelle génération de popeux a réinvesti la très casse-gueule combinaison mélodies anglophones/idiome francophone. La chose n'est pas nouvelle, a connu des tendances, des écoles (les labels Village Vert et Lithium), mais à vrai dire on n'avait pas vu pareil (épi-?) phénomène depuis l'agonie prématurée de baby rockers (Naast, Brats, Second Sex, Plastiscines...) trop vites portés aux nues d'une France qui rock et qui roll et précipités tout aussi rapidement dans les oubliettes

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Dark Dark Dark

MUSIQUES | Victime du grand dilemme du 24 mars 2011, vous n'aviez pu choisir entre The Chap au Clacson et Dark Dark Dark et Matt Elliott au Marché Gare et errez (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 30 août 2012

Dark Dark Dark

Victime du grand dilemme du 24 mars 2011, vous n'aviez pu choisir entre The Chap au Clacson et Dark Dark Dark et Matt Elliott au Marché Gare et errez toujours entre les deux salles en hurlant à la mort. Ou plus simplement vous aviez choisi The Chap et depuis ce petit doute vous torture d'avoir fait le mauvais choix. Soyez rassurés – et arrêtez un peu de hurler –, l'Epicerie Moderne vient de tout arranger en annonçant la venue de Dark Dark Dark lundi 3 décembre. Quoi, et Matt Elliott ? Et un merci, non ?

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