Festen recommencé

Nadja Pobel | Mardi 5 juin 2018

Photo : © Simon Gosselin



Festen

De Thomas Vinterberg et Mogens Rukov, ms Cyril Teste et le Collectif MxM, 1h50
Célestins, théâtre de Lyon 4 rue Charles Dullin Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Il y a des années sans lui. Et fort heureusement, de nombreuses avec : Thomas Ostermeier sera aux Célestins en mai, avec un Professeur Bernhardi créé en décembre 2016 sans sa Schaubühne berlinoise. Alors que l'on apprend qu'il dirigera la Comédie française dans La Nuit des Rois, il adapte pour la première fois Schnitzler dans un décor-tableau signé de son éternel scénographe Jan Pappelbaum qui ressemble furieusement à ceux d'Un ennemi du peuple et de sa Mouette. Au TNP, la nouvelle coqueluche australienne associé à l'Odéon, Simon Stone présente sa version des Trois sœurs en attaque de saison. Reste à voir si elle a la magnificence de son Ibsen huis. Le Britannique Simon McBurney, qui nous avait laissé à distance avec The Encounter mais dont le Mnemonic infuse toujours seize ans après s

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Cyril Teste aux Célestins : "Nobody" knows

Théâtre | Son nom est Personne. Et probablement que le nôtre aussi. Dans cette performance filmique captant un open space déshumanisé, Cyril Teste renvoie dos à dos et face caméra celles et ceux qui travaillent, ordonnent, obéissent. Vertigineux.

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Cyril Teste aux Célestins :

C'est en pente ascendante que se termine la saison des Célestins et du TNG avec Nobody, spectacle co-accueilli qui a déjà traversé la France entière depuis sa création au Printemps des Comédiens de Montpellier en juin 2015, d'après les textes du dramaturge allemand Falk Richter. Adepte de l'utilisation de la vidéo pour grands et petits (voir son délicat Tête haute), Cyril Teste a embarqué toute la promotion de l'École nationale supérieure d'art dramatique de la ville héraultaise dans un espace de travail clos, mais entièrement vitré. Jean Personne, consultant en restructuration d'entreprise organise la vie des autres, l’évalue et est lui-même noté par ses pairs, scruté, emprisonné dans cette bulle de verre qui sépare le public du plateau. À Noël, il est là et ne reçoit de courrier que de son conseiller financier. Et un appel de sa mère : « Comment ça va ? - Je sais pas, bien. » Cette réponse à double sens est l'essence du propos de cette création qui se fait miroir d'une société pol

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"La Communauté" : Toit, émois…

Le film de la semaine | Thomas Vinterberg renoue avec son thème de prédilection — l’étude des dynamiques de groupes en vase clos — en exhumant des souvenirs de sa propre enfance au sein d’une communauté. Chroniques sans filtre d’un passé pour lui révolu.

Vincent Raymond | Mardi 17 janvier 2017

Les années 1970, au Danemark. Plutôt que de revendre la vaste demeure familiale qu'ils ont héritée, Erik, Anna et leur fille Freja la transforment en une communauté ouverte à une poignée d’amis ainsi qu’à quelques inconnus démocratiquement sélectionnés. Le concept est splendide, mais l’idéal se heurte vite aux murs de la réalité… À l’inverse de Festen (1998), film adapté en pièce de théâtre, La Communauté fut d’abord un matériau créé pour les planches à Vienne avant d’être transposé pour l’écran. Pourtant — et bien que le sujet s’y prête — Vinterberg ne se laisse jamais enfermer par le dispositif du huis clos. Prétexte de l’histoire, ce foyer partagé ne fusionne pas les personnages en une masse compacte façon “auberge espagnole” à la sauce nordique : il aurait plutôt tendance à les individualiser, à diffracter leurs trajectoires. À sa manière, la communauté agit en effet comme un accélérateur sur ces particules élémentaires que sont les individus, provoquant collisions et (ré)percussions, mais également des créations "d’espèces chimiques" inconnues — en l’occurrence, des situations inenvisageables auparavant… pour le

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Jeux d’enfants

SCENES | Basé sur un fait divers récemment survenu en Allemagne, "Sun" est un spectacle sensitif sur l’enfance interprété par deux enfants. Une très belle réussite à mettre au crédit du metteur en scène Cyril Teste. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Lundi 3 décembre 2012

Jeux d’enfants

«C’est l’histoire de deux gamins de 5 et 7 ans issus d’une famille recomposée qui, le soir du jour de l’an, ont décidé d’aller se marier en Afrique. Ils ont pris leurs valises, embarqué la petite sœur comme témoin, et ont voulu prendre le train. Mais ils ont été interceptés à la gare par la police qui les a ramenés chez eux. Deux semaines après, ils ont recommencé, mais sans la petite.» Voilà comment le metteur en scène Cyril Teste, du collectif MxM, résume le fait divers à la base de Sun. Une histoire de gosses qui veulent s’échapper, parce que le monde est sans doute plus doux ailleurs, plein d’espoir et de promesses. «Nous, adultes, sommes nostalgiques, alors qu’eux ne le sont pas et n’ont pas à l’être.» Pourtant, Sun est tout sauf une bluette aseptisée façon Disney, recélant une face plus sombre. «C’est l’enfance dans toute sa complexité et sa noirceur. La plus belle critique que l’on m’ait faite est que je n’oubliais pas que tout ne se passe pas bien dans l’enfance.» De l’histoire au conte Sur scène, deux enfants et peu de mots. Mais beaucoup d’images, de sensations... «Ce projet, ce sont les

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